Var
France 0,82
On interprétera facilement ces données d'après les exemples suivants : Si, par exemple, dans le déparlement du Rhône, la différence est 3,20, cela signifie que 1000 jeunes hommes de 20-30 ans fournissent chaque année 3,2 décès déplus qu'un même nombre d'hommes de 30-40 ans ; que ce même excédant est de 3,78 et 3,88 (ou bien près de 4) décès annuels de plus dans les Hautes-Pyrénées et les Hautes-Alpes, mais qu'il s'élève à 8 ou 9 dans le Var! Quelle peut être la cause de cette énorme aggravation ? Nous l'ignorons absolument !
On remarquera que cet excès de la mortalité des jeunes hommes de 20-30 ans semble frapper indistinctement les départements à forte mortalité de ces mêmes âges (20-30 ou 30-40), tels le Var, les Hautes-Alpes et les Hautes-Pyrénées, le Rhône, etc., etc.; ou ceux à faible mortalité : comme le Tarn, le Tarn-et-Garonne. Et inversement, ceux qui sont affranchis de cet excédant peuvent être des départements à forte mortalité, comme la Corse, la Seine, ou à faible mortalité, tels Ja Gironde et la Haute-Marne. On constatera aussi que le département de la Seine et celui du Rhône qui, par leurs grandes villes, ont tant de points de ressemblance, sont pourtant aux deux extrémités de la sériation : dans la Seine les deux groupes d'âge sont à peu près également frappés, tandis que dans le Rhône, c'est celui de 20-30 qui est plus particulièrement atteint. 11 est manifesie cependant que ces recherches sommaires ne lèvent pas le voile nous cachant les causes mystérieuses qui déciment ainsi nos jeunes hommes de 20 à 25 et 30 ans ; il faudrait sans doute des enquêtes spéciales ou, bien mieux, b fonctionnement régulier d'une statistique des décès selon les professions et les maladies causes de mort.
La possibilité d'y trouver quelques indications pour diminuer le tribut do 10 000 jeunes hommes qui, chaque année, nous sont enlevés comme en excédant des nécessaires fatalités mortuaires, disent assez haut que ce ne serait pas là une œuvre de luxe, mais de précieuse économie et de haute humanité !
Mortalité de 30 à 40 ans. La mortalité générale est de 9,28 décès par 1000 habitants. Elle est au minimum dans les départements : l« Eure-et-Loir, 6,1 ; 2' Tarn, 6,6 ; 3' Lot-et-Garonne et 4° Yonne, 6,7 ; 5" Aube et 6*^ Gers, 6,8 ;
526 FRANCE (démographie).
T Haute-Garonne et 8^ Tarn-et-Garonne, 6,9 ; 9° Ilaute-Saône, 7,12; 10' Eure, 7 14, etc. Elle est au maximum dans... 80^ Côtes-du-Nord, I 1,6; 81° Hautes- Alpes et 82^ Morbihan, 12 ; 83" Seine et 84" Var, 12,24; 85° Bouches-du-Rhône, 12,58; 86" Haute-Vienne, 12,8 ; 87° Corrèze, 13,2, et 88° Corse, 13,3, et 89' Finistère, 13,4. Ainsi à cet âge, précieux entre tous, de 30 à 40, il y a dos départements : Haute-Vienne, Corrèze, Corse, Finistère, etc., où la mortalité est constamment double de ce qu'elle est dans d'autres, et nous ne le soupçonnions pas! Qu'est-ce donc que la science médicale? n'est-ce pas elle qui doit connaître les sévices delà mort et les combattre? son existence serait-elle un mythe? non sans doute; elle existe, mais à peu près exclusivement comme connaissance des états pathologiques des individus, nos médecins tâtent avec zèle le pouls de leurs malades, mais nulle étude d'ensemble ; on ignore la collectivité sociale, et pourtant c'est sa santé, sa longévité, qui importe à la patrie en quête d'hommes. Nous avons bien une société de médecine publique, mais en vérité la science de la médecine publique n'existe pas encore, car sa pierre angulaire, la démographie, n'a pas encore conquis sa place officielle !
Mortalité comparée des sexes de 30 à 40 ans. La mortalité des hommes est de 8 ï ; celle des femmes de 9,8, d'où il résulte que, la mortalité des femmes étant prise pour lOO, celle des hommes n'est que de 89. Mais il est des départements où cette mortalité relative des hommes est bien moindre : r Basses-Alpes, SI (c'est-à-dire 6 1 décès masculins sur le même nombre de vivants de chaque sexe qui produisent 100 décès féminins); 2° Drôme, 62,7 ; 3° Lozère, 63,8 ; 4" Deux- Sèvres, 71,2; 5° Haute-Loire, 71,7 ; 6° Tarn, 72,6 ; 7° Creuse, 74,3; 8° Ardèche, 74,5 ; 9° Gers, 75,7 ; 10° Hautes-Alpes, 75,8 ; 11° Gard, 77, etc.
Il en est d'autres où la mortalité des hommes dépasse celle des femmes : W Haute-Marne, 101 ; 80° Seine-Inférieure, 102 ; 8r Meurtlie, 102,1 ; 82° Seineet-Marne, 102,2 ; 83° Eure, 102,3; 84° Corse, 103,5 ; 85° Gironde, 105,9; 86° Calvados, 108,5; 82° Manche, 1 1 1,5 ; 88° Seine-et-Oise, 1 13,4; 89° Var, 1 15,6.
Distribution géographique et mortalité relative des sexes de 30 à 40 ans. Cette répartition a ceci de remarquable, qu'on y retrouve plusieurs faits qui nous avaient frappés aux âges précédents, tels, par exemple, que la forte mortalité relative du sexe féminin dans la basse vallée du Rhône; même à cet âge, la différence de léthalité en faveur des hommes s'étend et se prononce, tandis que la moindre mortalité se maintient et' se prononce dans l'Hérault, l'Aude, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, le Gers.
On remarque encore vers le Centre-Ouest, ayant pour noyau Deux-Sèvres avec Charente, Haute-Vienne et Creuse avec Vendée, une agglomération à mortalité acrcrravée des femmes ; mêmes faits pour les départements de la frontière francobelo^e : Nord et Pas-de-Calais, Ardennes, Moselle et Bas-Rhin. Enfin, à l'âge précédent comme à celui-ci, le Jura et l'Orne accusent aussi une mortalité relative plus lourde pour le sexe féminin.
Encore comme à l'âge pi'écédent, la mortalité relative des hommes l'emporte au plus liant point dans la Corse et surtout dans le Var où, comme précédemment, elle est au maximum, alors que, par un contraste et singulier et constant, elle est au minimum chez son voisin adjacent, les Basses-Alpes ! La Bretagne (avec la même exception que précédemment pour la Vendée et Ille-et-Vilaine) continue à être le siège d'une lourde mortalité dont les hommes portent encore la plus grosse part; mais ce sont surtout les départements normands côliers qui
FRANCE (démographie). 527
présentent une mortalité relative aggravée pour les liommes. Même l'ait en Seineet-Marne, Oise, Meuse, Haute-Marne, Meurthe et Uoubs.
Mortalité de 40 à 50 ans. La mortalité générale de cet âge est de 11,88 décès annuels par 1000 vivants.
Les départements les plus épargnés sont :
!<= Lot-et-Garonne, 7,95: 2' Tarn-et-Garonne, 3' Gers, 8,3; i" Yonne, 8,3; B' Aube, 6' Eure-et-Loir, 7' Haute-Garonne, 8,6; 3' Tarn, 8,8; r Aube, 8,7; 1()<^ Haute-Marne, et ir Meuse, 8,8 ; etc.
Les plus décimés sont : 79° Lozère, 15; 80' Hautes-Alpes, 15,1 ; 81" Loire, 15,3; r Isère et 83" Côtes-du-Nord, 5,4; 84"- Seine, 16,35; 85" Finistère, 17,25; X6" Morbihan, 87" Haute- Vienne, 17,7; 88" Corse, 17,75; 89", 19,3. Ainsi la mortalité de la Corrèze (19,3) est plus du double de celle du Lot-et-Garonne (7,95) et même du Lot (9,56) qui lui est contigu!
Distribution géographique de la mortalité de 40 à 50 ans. Elle est presque précisément celle que nous avons constatée aux âges précédents : deux agglomérations de départements à faible mortalité : V une au norrf-esf, dans le bassin de la Seine, auquel il convient d'ajouter au sud l'Eure-et-Loir, la Sartbe, l'Indreet-Loire; au nord la Meuse, les Ardennes, excepté le Pas-de-Calais, le Nord, la Seine -Inférieure et la Seine, à mortalité élevée; l'autre agglomération à faible mortalité se compose encore du bassin de la Gironde et de l'Aude, non compris le département de la Dordogne ni celui de la Lozère, ni ceux des Landes et des Basses-Pyrénées. Ces deux régions h. faible mortalité sont séparées, comme aux âges précédents, par une large zone partant et comjirenant la Bretagne avec la Manche à mortalité des plus élevées, et traversant la France diagonalement de l'ouest à l'est, du nord au sud, pour venir se terminer aux Alpes et aux trois départements méditerranéens : Bouches-du-Rhône, Var et Alpes-Maritimes avec la Corse. Cependant cette zone est presque interrompue par la Sartbe et Indreet-Loire à faible mortalité et par les départements de la Basse Loire (Maine-et- Loire, Loire-Inférieure, Vienne et Deux-Sèvres, à mortalité moyenne), et plus loin aussi par la Drôme, Basses-Alpes, Vaucluse; le Gard a aussi une mortalité moyenne. On remarque encore que la Corrèze et la Haute-Vienne, ici comme aux âges piécédents, ont la mortalité la plus élevée malgré leur voisinage avec le Lot et le Lot-et-Garonne, le Tarn-et-Garonne, qui l'ont la moins élevée !
Mortalité comparée des deux sexes de 40 à 50 ans. La mortalité des hommes est de 18,85 décès par an et par 1000 habitants de cet âge; celle des femmes est de 11,54, d'où il suit que, si la mortalité des femmes est prise pour lOO, celle des hommes est de 106,1. Il y a cependant, 28 à 29 départements où la mortalité des hommes est inférieure. Ceux où cette infériorité est la plus prononcée sont : 1'= Basses-Alpes, 74,1 ; T Isère, 74,6; 3" Corrèze, 75; 4" Ariége, 83,1 ; 5<= Haute-Loire, 84,7; 6' Lozère, 85,4; T Drôme, 87,2 ; 8" Tarn, 88,1 ; 9" Moselle, 88,3 ; d'autres, au contraire, sont remarquables par l'excédant considérable de la mortalité masculine ; ce sont : 82" la Haute-Marne, 121 (décès masculins contre 100 féminins pour un même nombre de vivants de cet âge) ; 83" Seine, 121,5; 84" Cher, 123,2 ; 85" Seine-et-Marne, 123,3; 86" Calvados, 124; 87" Gironde, 125,2 ; 88" Seine-et-Oise, 137,1 ; 89" Var, 151.
Répartition géographique de la mortalité relative des deux sexes. Ainsi, encore à cet âge, l'opposition singulière de ces deux départements contigus : le
528 FRANCE (démographie).
Var, chez lequel la mortalité des hommes est une fois et demie celle des femmes, et les Basses-Alpes, où elle n'en est que les 3/4. D'ailleurs, on retrouve à cet âge, pour l;i mortalité relative des deux sexes, une répartition assez voisine de celle précédemment signalée : même agglomération de département à forte mortalité relative des femmes dans la basse vallée du Rhône et les départements circonvoisins, telles la Haute-Loire, la Lozère, puis toute la région au sud-ouest de celle-ci constituant le versant septentrional des Pyrénées et comprenant les Pyrénées-Orientales, l'Aude, l'Hérault, l'Ariége, le Tarn, la Haute-Garonne, le Gers et les Hautes-Pyrénées, tandis que les Basses-Pyrénées, les Landes, le Lot-et-Garonne, le Tarn-et-Garonne,le Lot, le Gard, les Bouches-du-Rhône, sont le siège d'une mortalité relative ou moyenne (Lot-et-Garonne, Gard) ou élevée (Gironde, Bouches-du-Rhône) du sexe masculin. On remarquera encore, comme précédemment, une autre agglomération de départements à faillie mortalité relative du sexe mâle occupant le centre occidental de la France entre la Dordogne et la Loire, ou mieux le Cher, et comprenant la Vendée, les deux Charente, les Deux-Sèvres (non la Vienne) , l'Indre, Maine-et-Loire (non la Loire-Inférieure), la Creuse, la Haute-Vienne, la Corrèze, la Dordogne. Il faut encore ajouter à ces départements l'Ille-et-Vilaine et l'Orne, puis au nord-est la Moselle, également remarquable sous ce rapport à l'âge précédent. Au contraire, les départements où la mortalité masculine l'emporte décidément sont : outre le Var déjà signalé et son voisin les Bouches-du-Rhône, la Gironde comme à l'âge précédent, puis le Lot, le Cher et son voisin l'Allier, la Bretagne, moins lUe-et-Vilaine, et plus particulièrement à cet âge : la Mayenne ni la Loire-Inférieure; enfin la plupart des départements du bassin de la Seine (moins la Seine- Inférieure et l'Aube, tous deux à mortalité masculine relative moyenne) sont notables par la forte mortalité masculine relative et plus notamment : Calvados, Eure, Eure-et-Loir, Seine-et-Oise, Seine, Seine-et-Marne; puis viennent la Haute- Marne et ses contigus : la Meuse, la Côte-d'Or avec la Haute-Saône et la Meurthe, suite de celte bande à forte mortalité relative des hommes de 40 à 50 ans.
En général, la mortalité relative des hommes est plus élevée dans le Nord à partir de la Loire, et celle des femmes au sud du bassin de ce fleuve. On remarquera que cette disposition, qui commence à se manifester à l'âge précédent, s'accentue encore à l'âge suivant (50 à 60 ans).
Mortalité de 50 à 60 ans. Pour la France entière, la mortalité de 50 à 60 ans est de t»,î par 1000 habitants (lî de 50 à 55 et 22, î de 55 à 60).
Les dé[)artcments où elle se rencontre au minimum sont : r Yonne, 14,25; 2* Aube et 3' Lot-et-Garonne avec 4" Eure, 14,5 ; 5" Meuse, 14,6; 6" Côte-d'Or et 7"^ Eure-et-Loir, 14,7; 8" Hérault et 9° Tarn-et-Garonne, 15 ; 10" Haute-Marne et U"- Orne, \5 ; etc. Les départements où elle est au maximum sont : 80° Loire, 25,4; srHaut-Rhin, 25,4; 82= Corse, 25,6; 83= Corrèze et 84° Morbihan, 26;85" Isère, 26,4; 86° Seine, 26,6; 87° Hautes-Alpes, 28,7; 88° Finistère, 28,7 ; 8rllaute- Vienne, 30. Ainsi la chance de mort des Français du Finistère, de la Haute- Vienne, est double de celle qui pèse sur les Français de l'Yonne, de l'Aube, du Lot-et-Garonne, de l'Eure, de la Meuse, etc. ! On découvrirait une différence aussi formidable entre les chances de mort des Français et des Ilottentots, qu'on en serait bien surpris et que cela passerait pour une découverte anthropologique importante : qu'est-ce donc entre Français et Français?
Distribution (jéographique. Elle est la même que celle indiquée précédem-
FRANCE (démographie). oSO
ment : faible dans la vallée de la Seine (Seine et Seine-Inférieure exceptées), et dans la Meuse, les Ardennes ; faible encore dans la vallée de la Gironde (excepté dans l'Ariége et dans la Dordogne où elle est moyenne) et dans l'Hérault. Seulement ces deux agglomérations de faible mortalité, au lieu d'être nettement séparées comme aux âges de 15 à 20, de 20 à 30 ans, communiquent par une bande de départements (Sartlie, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire et même Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Vienne, les deux Charente), aussi à faible mortalité et qui interrompent la zone oblique allant de la Bretagne (comprise) aux Alpes, et composée! presque exclusivement de départements à forte mortalité. En outre cette zone est encore entamée par les départements de la basse vallée du Rhône : Ardèche, Drôme, Gard et Vaucluse avec Bouches-du-Rhône à morlalité moyenne.
Quant aux départements h forte mortalité, il y a d'abord ceux qui composent la susdite zone, et notamment les départements Bretons et la Manche avec la Mayenne; toujours la Corrèze et la Haute-Vienne, puis la Creuse, le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire et le Rhône, l'Isère et les Hautes-Alpes avec les deux Savoie et même le Jura. En dehors de cette agglomération, les deux départements alsaciens, et même la Moselle avec les Vosges forment encore un petit groupe à notable mortalité. Ailleurs, les Landes et surtout la Corse sont encore parmi les déparlements mal partagés.
Mortalité comparée des deux sexes de 50 à 60 ans. Elle est en France de ao,8 décès par 1000 hommes de 50 à 60 ans; et de 18,58 sur 1000 femmes du même âge. Alors cette dernière mortalité étant prise pour lOO, la mortalité relative des hommes devient lia.
Les départements où elle est la moins élevée sont : d'abord les deux départements alpins f Hautes-Alpes, 80,8; 2' Basses-Alpes, 84; puis 3'= Ariége, 86; i"- Isère, 87,6, etc. Ceux où elle est la plus forte sont : 84" Bouches-du-Rhône, 130,5; 85° Seine, 135 ; 86" Haute-Marne, 135,5; 87' Seine-et-Marne et %r Eureet-Loir, 137; 8r Seine-et-Oise, 140.
Répartition (jéographique de la mortalité relative des deux sexes de 50 ù 60 ans. Même remarque qu'à l'âge précédent : forte mortalité relative des hommes au nord de la Loire (l'Aube exceptée) avec la Bretagne, et surtout la Loire inférieure avec la Loire ; mais non compris la Haute-Loire; et inversement forte mortalité relative des femmes au sud du bassin de la Loire (à trois ou quatre exceptions près : toujours le Yar, les Bouches-du-Rhône, les Landes) ; pourtant la Gironde, la Corse, l'Aude et le Gard ont une mortalité relative moyenne.
Mortalité au-dessus de 60 ans. La mortalité générale est de îo,» décès annuels par 1000 vieillards de plus de 60 ans. Les départements où elle est le moins élevée sont : r la Marne, 55,5 ; 2" Bouches-du-Rhône, 56 ; 3' Hérault, 57 ; i" Ardennes et 5= Côte-d'Or, 6'' Yonne et 7'= Aube, 60,7 ; r Seine-et-Marne, 62 ; r Charente-Inférieure, 62, 1 ; 10' Marne et ir Ardèche, 62,4, etc. On remarquera que le bassin de la Seine plus deux départements contigus : la Meuse, les Ardennes (moins la Seine et la Seine-Inférieure) sont encore de beaucoup les plus favorisés, et que le bassin de la Gironde qui, aux âges précédents, partageait ce privilège avec celui de la Seine, a maintenant presque complètement perdu cet avantage, il ne reste plus, comme trace de ce privilège, que Lot-et- Garonne et surtout Tarn-et-Garonne dont la mortalité est encore au-dessous de DICT. ENC. 4* s, V. 34
550 FRAiNCE (démographie).
la moyenne, et puis les Bouches-du-Rhône et l'Hérault, très-remarquables par leur faible mortalité (56 à 57). 11 y a quelques départements singuliers (Bouchesdu-Rhône, Hérault, Charente-Inférieure, Ardèche) qui détonnent avec ce qu'ils étaient aux âges précédents, et avec leur entourage à celui-ci, de sorte que l'on peut se demander si les faibles mortalités qu'ils accusent sont bien réelles ou si elles ne seraient pas le résultat de quelque erreur? H y a aussi lieu de remarquer que la Manche, le Nord et le Pas-de-Calais et même la Loire-Inférieure, la Corse, jusqu'ici mal placés, se relèvent singulièrement, tandis que l'Indre-et- Loire, la Gironde, la Creuse, le Gers, etc., ont notablement perdu. En résumé, ce sont les départements au nord de la Loire qui offrent de beaucoup la moindre mortalité avec les Bouches-du-Rhône, l'Hérault, etc.
Mortalité comparée des sexes chez les vieillards au delà de 60 ans. La mortalité des hommes de plus de 60 ans est de 70,a par an et par 1000 et celle des femmes de "70,7 ; on voit que celle des femmes dépasse de fort peu celle des hommes dans le rapport de 100 : 99,3, différence que j'estime au-dessous de celle pouvant résulter des causes d'erreur, ou des causes accidentelles. Cependant, il y a des départements dont la mortalité des hommes est décidément inférieure à celle des femmes, ce sont : 1^ l'Isère, 80,6 ; 2' Alpes Hautes, 81,6 ; 3« Haute-Savoie, 85,9 et 4° Indre-et-Loire, 86,1; 5° Savoie, 86,9; 6' Basses- Alpes, 87,6; T Var, 87,8; 8" Ariége, Aveyron et Lot, 90, etc. ; tous départements à forte mortalité générale, et d'autres où c'est la mortalité des femmes qui reste la moindre, ce sont : 8r Pas-de-Calais, 107,2 ; 82" Haute-Marne, 107,6; 83« Seine-Inférieure, 107,8; 84" Seine-et Oise, 108; 85° Haute-Saône, 108,8; 86^ Manche, 109,6 ; 87° Seine, 1 10,2 ; 88'' Orne, 1 13 ; &r Aisne, 1 14.
Distribution géographique de la mortalité relative des deux sexes après la 60' année d'âge. Elle est extrêmement remarquable, puisque, à quatre exceptions près, tous les départements du nord de la Finance, à partir et y compris le bassin de la Loire, sont atteints d'une forte mortalité relative des hommes. Les exceptions sont : d'abord Indre-et-Loire, puis Indre, Morbihan, Ain, et quelque peu la Moselle.
Vers les irontières sud de la France, il y a bien encore plusieurs départements à mortalité masculine élevée : Basses-Pyrénées, Pyiénées-Orientales, Bouches-du- Rhône ; mais tous les autres, et notamment : Ariége, Aveyron et Lot, etc. sont remarquables par l'infériorité relative de la mortalité masculine. Cependant le fait le plus intéressant à signaler est incontestablement cette constante agglomération du sud-est de départements alpins à forte mortalité relative du sexe féminin ; elle est ici très-nette, très-prononcée et sur deux rangs du nord au sud; on sait d'ailleurs, que la mortalité générale de ces départements est constamment très-élevée ; mais c'est surtout et constamment au préjudice des femmes. Pour cet âge de 60 ans et plus, il n'y a pas même d'exception pour le Var ni même pour la Coi-se qui, aux âges précédents, se signalaient au contraire par leur forte mortalité masculine ; ici, l'exception est seulement pour les Bouches-du-Rhône.
Mortalité générale, ou de tout âge, en chaque département. Nous avons péremptoirement démontré, dans notre article Mortalité, combien étaient médiocres et insuffisantes les indications provenant du rapport D/P. Cette mortalité générale est, en effet, une résultante complexe de deux éléments sans
FRANCE (démographie). 551
rapport nécessaire : d'une part, l'intensité réelle de la mortalité à chaque âge, et de l'autre, le nombre des nouveau-nés qui, par leur haute mortalité normale et leur grand nombre, augmentent le nombre total des décès, et par suite la mortalité générale; il en résulte que si la mortalité générale augmente, on ne peut savoir si c'est l'aggravation des chances de mort ou l'accroissement du nombre des nouveau-nés qui produit ce résultat, ou si c'est une résultante complexe de ces deux mouvements. En effet, la présente étude va nous fournir des exemples très-nets de ce qu'il y a de fallacieux dans cette appréciation. Voilà, par exemple, la Creuse qui, à presque tous les âges de la vie, présente une mortalité bien au-dessus de la moyenne; il n'y a d'exception marquée que pour la première année de vie et de 1 à 5 ; et pourtant, à s'en rapporter à la mortalité générale, ce dép;irtement est un des six oîi la mort serait la moins exigeante! C'est là un résultat incontestable du calcul, et pourtant des plus fallacieux. Même remarque pour la Corse. D'après l'évaluation de la mortalité générale, ie danger de mort en Corse est de 23,2 par 1000 habitants, c'est-àdire justement celui de la France entière, de sorte que les chances de vie et de mort seront les mêmes en France et en Corse !
Combien la réalité est loin de cette égalité apparente ! La vérité est qu'en Corse la mortalité de la première année de la vie est la seule qui soit un peu au-dessous de la mortalité moyenne de ce premier âge ; de 1 à 5 ans, le danger de mort en France et en Corse est à peu près le même ; mais pendant tout le reste de la vie, sauf pour le petit nombre de ses vieillards ayant dépassé la 60% le danger de mort qui pèse sur les habitants de la Corse est extrême et lui assigne un des derniers rangs parmi les départements français, ce qui est bien loin de ce que ferait présumer la moyenne mortalité que lui attribue la mortalité générale. C'est un résultat inverse qui est obtenu pour le département de l'Eure. A en croire le rapport D/P de mortalité générale, le danger de mort couru par ses habitants (23, 5j serait plutôt un peu au-dessus du danger moyen de mort eu France 23,2. Or, c'est absolument le contraire qui est vrai. Dans l'Eure, la mortalité n'est, ou ne paraît élevée, que pour la première année de la vie, encore est-ce un résultat tout factice dû aux nourrissons parisiens, à tous les autres âges cette mortalité est des moindres; il en est à peu près de même (et pour les mêmes causes) de Seine-et-Marne, et surtout d'Eure-et-Loir, de Tarn-et-Taronne, etc. Ainsi l'expérience, d'accord avec la théorie, montre combien peuvent être fallacieuses les inductions que l'on pourrait être tenté de tirer de la mortalité générale. C'est pourquoi nous nous sommes efforcé de trouver une autre méthode d'appréciation, des sévices généraux et comparés de la mort en chaque département. Sans doute on peut faire avec succès ces comparaisons âge par âge; mais une telle étude comporte trop de chiffres pour nos facultés mentales, la mémoire ne peut se. charger d'un tel bagage. Pour y réussir, il faudrait parvenir à résumer en un seul nombre, en chaque année, les méfaits de la mort. Il y a, à la vérité, une bonne méthode c'est le calcul de la vie moyenne ou espérance mathématique de vie (ne pas confondre avec l'âge moyen des décèdes à peu près dépourvu de valeur), mais cette longueur de la vie moyenne exige préalablement la construction des tables de survie (ou de mortalité) lesquelles fort laborieuses à établir, et de plus, vu la mauvaise qualité des documents, d'une précision douteuse. Eu outre, nous avons constaté que la mortalité, générale ou moyenne, était une valeur insuffisante et souvent fallacieuse.
Nous avons indiqué une autre méthode [Voy. Démographie figurée de la
SS^ FRANCE (démografhie).
France, carte xxxii). Supposons qu'en chaque année ou groupe dage, on calcule pour chaque département la mortalité, et que pour chacun de ces âges, les départements soient rangés par ordre croissant du danger de mort ; chaque déparlement aura donc, pour chaque âge, un numéro d'ordre indicateur de la force relative de la mortalité à cet âge. De la sorte, tout département sera affecté au plus de 100 numéros d'âge (un pour chaque année d'âge depuis 0-1 ans jusqu'à lOO-w, mais comme le^ documents sont seulement par périodes quinquennales d'âge, il en résulte que l'on n'aura que 20 numéros d'ordre plus un pour la première année de la vie : en tout 21 numéros d'ordre déterminant chaque département. On pourra dès lors calculer le rang moyen que cette série de 21 numéros d'ordre assigne à chaque département en chaque âge (il suffira de faire la somme de ces numéros et de diviser cette somme par leur nombre). On rangera ensuite ces départements d'après la force de ce rang moyen, et îes numéros d'ordre de cette nouvelle succession donneront une notion exacte des sévices comparé et moyen de la mort à chaque âge, car ici les numéros d'ordre seront sous la seule influence du danger relatif à chaque âge sans égard du nombre sur lequel il s'exerce. Ou pourrait encore en chaque département, additionner la mortalité de chaque âge, et divisant la somme par le nombre des mortalités totalisées en chaque département, on aurait encore mieux, je crois, une mortalité vraiment moyenne, la vraie moyenne des mortalités propres à chaque âge, encore indépendante des nombres de vivants qui la supportent.
C'est en calculant ainsi le rang moyen des dix groupes d'âges dans lesquels nous étudions la mortalité assignée à chaque département, puis en sériant ensuite les départements d'après la force de ce rang moyen, que nous avons obtenu la succession suivante notablement différente de celle que donne la mortalité générale.
Numéros d'ordre du rang moyen : 1'' Aube, f Ardennes, 3^ Haute-Marne, i" Meuse, 5' Orne, 6' Lot-et-Garonne, T Yonne, 8' Haute-Saône, 9' Eure, lO'Cùled'Or, ir Tarn-et-Garonne, 12' Tarn, 13" Indre-et-Loire, 14" Marne, 15' Haute- Garonne, 16" Gers, 17' Eure-et-Loir, 18' Hautes-Pyrénées, 19' Aisne, 20' Lot
61' Morbihan, 62' Puy-de-Dôme, 63' Gard, 64' Saône-et-Loire, 65' Haute-Loire, 66' Haut-P«hin, 67' Seine-Inférieure, 68' Dordogne, 69' lUe-et-Yilaine, 70' Lozère, 71' Ain, 72' Ardèche, 73' Jura, 74' Basses-Alpes, 75' Nièvre, 76«Bouches-du-Rhône, 77' Savoie, 78' Alpes-Maritimes, 79' Corse, 80' Côtes-du-Nord, 81' Var, 82' Rhône, 83' Loire, 84' Isère, 85' Seine, 86' Haute- Vienne, 87' Corrèze, %r Finistère, 89' Hautes- Alpes. Il suffira de comparer ces numéros d'ordre de la mortalité générale pour constater les différences. Ainsi, l'Eure occupe un rang assez élevé (le 54') selon la mortalité générale et pourtant sa mortalité est des plus faibles à chaque âge, aussi son rang moyen (moyenne du rang que lui assigne la mortalité de chaque âge ^) est 9' ; de même Loir-et-Cher auquel la mortalité générale assigne le
*Ces rangs étant 86« pour la 1" année de vie, puis (8= d'après sa mortalité de 1-5 ans 59» de 5 à 10 ans; 14= de 10 à 15 ans; 44" de 15 à '20 ; 14» de 20 à 50 ans ; puis 10»; 13»; 4 de 50 à 60 ans, et enfin 14' de 60 à la fin de la vie, la somme de ces dix années numéros d'ordre est 224; par conséquent le rang moyen = 2,24. On calcule ainsi le rang mmjen de chaque département. On remarquera que par ce modus faciendi on attribue une valeur égale à chaque groupe d'âge, par conséquent au rang qui résulte f\e la mortalité de 0 à 1 an et à celui de la mortalité de 20 à 30 ans, etc.. Lien que la première ne s'exerce que pendant une année, et la seconde pendant dix années. Il serait sans doute plus rigoureux de prendre le rang de chaque année d'âge. On pourrait peut-être encore, pour éviter les cal-
56° rang, n'est plus qu'au IT d'après le rang moyen ce qui représente infiniment mieux la faible mortalité des adultes en ce département. Il en est de même de Yaucluse, qui par la mortalité moyenne de ses adultes mérite un meilleur rang que le 75° que lui assigne la mortalité générale : de même pour le Nord, pour Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, l'Oise, l'Aisne, la Marne, l'Yonne et généralement tous les départements à nourrissons. Inversement, voilà un déparlement déjà cité, la Corse, qui à presque tous les âges (sauf aux deux extrêmes) est le siège de la plus cruelle mortalité (79% 82° et 88" rang) et pourtant la mortalité générale le place dans un rang moyen ; il en est de même de la Vendée, de l'Ain, de la Gironde, des Landes des Deux-Sèvres, de la Vienne, de l'Indre, de la Creuse, de l'Allier, et généralement de tous les départements à faible mortalité du premier âge qui, tous, voient leur rang de mortalité devenir moins bon. On voit, par ces exemples, que le rang moyen, convenablement déterminé, paraît un meilleur moyen d'appréciation que la mortalité générale.
Mortalité par état civil, i'^ Des célibataires adultes (a) des garçons de plus de 18 ans, dont l'âge moyen en France est de 29,2 ans.
La mortalité générale de ce groupe (1857-1866) 14,34 par an et par 1000 célibataires mâles. Les déparlements qui sont les plus épargnés sont : r Aube", 9,4; 2° Marne, 10,7; 3° Yonne, 10,9; r Eure-et-Loir, 11,2; 5° Ardennes, 11,4; (," Moselle, 1 1 ,4 ; 7° Tarn et 8° Nord, 11,5; 9" Cliarente, Il ,6 ; 10' Landes, et if
Tarn-et-Garonne, 1 1,7, etc {b) des filles de plus de 15 ans ; l'âge moyen de
ce groupe en France est de 28,42 ans.
ba mortalité générale de ce groupe est de 13,41 décès par 1000 et par an. Les départements dont la mortalité est la moindre sont : r Yonne, 10,8; 2" Loii-etCher, 10,9; 3° Landes et 4° Pyrénées-Orientales, Il ; 5° Tarn, 6° Loire- Inférieure et T Haute-Saône, 1 1 , 1 ; 8° Allier et 9* Corse, 11,2; 10' Seine-et-Marne, et ir Aube 11,3; etc. On remarquera que pour les célibataires de chaque sexe : Yonne, Tarn, Aube et même Marne, Charente, Landes, Seine-et-Marne se rencontrent parmi les moins frappés. Au contraire, les Pyrénées-Orientales favorables aux célibataires femmes ne le sont plus aux célibataires hommes; on pourrait en dire autant de la Loire-Inférieure et presque de la Haute-Saône ; au contraire les Ardennes favorables aux célibataires hommes ne le sont guère aux filles.
Les départements qui accusent la plus haute mortalité des célibataires sont :
a. Pour les hommes : 80° Jura et 81° Rhône, 1 7 ; 82° Haute-Vienne et 83° Hautes- Alpes, 17,2; 84° Finistère, 17,4; 85' Isère, 18,6; 86" Nièvre, 18,8; 87° Var, 20,6? 88° Alpes-Maritimes, 20,7; 89° Corrèze, 20,9.
culs formidables de la détermination et du classement de la mortalité par année d'âge en chaque département, supposer que le rang de mortalité de chaque groupe d'âge est aussi celui qui convient à chaque année d'âge de ce groupe, et répéter ce rnng autant de fois qu'il y a d'années dans ce groupe, c'est-à-dire 1 fois pour la 1'= année, 4 fois pour le groupe suivant de 1-5 ans, 5 fois pour les trois groupes suivant : 5-10, 10-15, 15-20, et 10 fois pour les cinq groupes après : 20-50, 30-40, 40-50, 50-60 et aussi 60 à w ; car, bien que ce dernier groupe comprenne au moins une période de 40 ans, il ne nous paraît pas nécessaire de donner une telle grande importance à la mortalité des vieillards; cela fait, on totalise tous ces numéros d'ordre et on divise ce total par leur nombre qui est (l-t-4-)-5x54-5xl0) = 75 et l'on a le rang moyen annuel des mortalités annuelles pour chaque département; puis on range ces départements, ainsi numérotés, par ordre de grandeur croissante de ces numéros, et l'on a le rang des dommages comparés que la mortalité a causés à chacun d'eux. En procédant ainsi, on trouve que l'Eure prend le 13,8 pour numéro du rang moyen de mortalité annuel, ce qui assigne dans la série des départements le 5« rang de mortalité.