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EXEMPTÉS POUR INFIRMITÉS, SUR 10 OOO EXAMINÉS

Ainsi que le remarque M. Morache, durant cette période de trente années sur 10 000 jeunes hommes de vingt à vingt et un ans, on en trouve donc approximativement 5500 atteints d'infirmités, 600 ayant une taille inférieure à l'n,56 e 5800 ou 5900 étant physiquement aptes au service militaire.

Depuis, la classe de 1871, recrutée conformément à la loi dul"février 1868, a fourni une beaucoup moindre proportion d'infirmités; 2156 jeunes gens, sur 10 000 examinés, ont été exemptés pour infirmités, 505 l'étant pour défaut de taille, c'est-dire pour taille inférieure à l'",55, et 7559 étant déclarés aptes au service militaire. A propos de cette diminution de plus d'un tiers dans la proportion des exemptés pour infirmités, on fait observer, dans le compte rendu du recrutement, que la plupart des conseils de révision appelés à statuer en 1871 sur les réclamations pour infirmités ont mis à la disposition de l'autorité mili-

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taire, eu vue Je rendre mobilisables toutes les forces vives du pays, beaucoup de jeunes gens que, en temps ordinaire, ils n'auraient pas hésité à exempter ; mais qui, n'étant point tout à fait impropres au service, leur ont paru pouvoir être utilisés dans un service sédentaire. On trouvera une preuve de cette opinion dans le nombre des jeunes gens de la classe de 1871 réformés en 1872 : 2450, chiffre de beaucoup supérieur à la moyenne annuelle des réfoi-mes. (Compte rendu du recrutement de l'armée pendant les années 1870, 1871, 1872, p. 8, 9 et 70, tableau G.) En effet, il est naturel que les conseils de révision aient été plus sévères cette année-là, et qu'on ait été amené à réformer ultérieurement plus de jeunes gens reconnus véritablement inaptes au service militaire; mais la différence entre 58 195 exemptés pour infirmités celte année- là, et les 50000 approximativement exemptés pour ce motif chaque année, est de plus de H 000 hommes. La plupart de ces jeunes hommes maintenus à l'armée ont donc été reconnus parfaitement aptes au service militaire. Cette remarque semble autoriser à penser que bien des infirmités légères pourraient ne plus être considérées comme des motifs d'exemption du service militaire, ainsi qu'il sera plus loin indiqué, au grand avantage de la population.

Mais, sans nous arrêter davantage à ces considérations relatives aux infirmités en général, jetons les yeux sur la répartition proportionnelle de ces infirmités dans les régions de noire pays ethnologiquement différentes.

Dans cette étude ethnologique de la répartition proportionnelle des infirmités dans nos divers départements, pour beaucoup d'états morbides et d'infirmités qui, outre l'influence prédisposante propre à telle ou telle race, recon^ naissent des causes étiologiques très-diverses et souvent fort obscures, on doit s'attendre à trouver non pas une concordance générale, mais seulement une concoi'dance partielle avec les éléments ethniques de notre population. D'ailleurs, par suite du croisement de races diverses à prédispositions morbides différentes, dans les départements limitrophes de deux régions ethnologiquement différentes, suivant qu'on étudiera la répartition de telle ou telle infirmité, on verra se modifier le contour et l'étendue de ces régions qui cependant conserveront toujours leur situation approximative. Ces modifications de contour et d'étendue s'expliquent facilement : car souvent dans le croisement de deux races distinctes le produit hérite inégalement des caractères ethniques des deux producteurs, et représente une race sous certains rapports, tandis qu'il rappelle l'autre race pour certaines conformations, aptitudes ou prédispo.-itions. Pour faire ressortir l'influence que paraît avoir la race sur le degré de prédisposition à telle ou telle infirmité, bornons-nous à exposer ici quelques analogies pathologiques présentées par des groupes de départements habités par des populations de même race, et quelques différences pathologiques présentées par ^des groupes de déparlements habités par des populations de races distinctes.

Les bègues sont moins nombreux, selon M. Chervin, dans nos départements du Nord, où les écoles sont généralement fréquentées, que dans nos départements du Midi où. l'on parle avec une très-grande précipitation. (Rapp. au minist. de l'instr. publ.,p. 17.) Cette précipitation de langage et le bégayement seraient-ils en relation avec certaines conditions ethniques? Depuis longtemps on a remarqué la volubilité, la facilité d'élocution de nos compati iotes du Midi, descendants des Aquitains et des Ligures.

Les recherches de MM. Dévot et Boudin ont montré qu'en France la proportion des jeunes gens exemptés du service militaire pour myopie, de 1857 à 1849

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inclusivement, varie de 51 sur 100 000 examinés dans le département d'Indreet-Loire, à 1181 dans celui des Bouches-du-Rhône. Ne pouvant attribuer au climat la moindre proportion de myopes en Bretagne et dans le Centre de la France que dans les départements du Nord et surtout du Midi, Boudin disait : « Nous croyons ici beaucoup plutôt à une influence de race qu'à une influence géographique proprement dite. » (Dévot, Essai de statist. médic. sur les principales causes d'exemptions du service militaire, et rech. sur leur fréquence et leur distribution : Thèse, Paris, 29 août 1855. — Boudin, Traité de Géog. et Stat. méd., t. Il, p. 589.)

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