TOTAUX
généraux.
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Ces mariages ont-ils la nocuité que MM. Ménière, Devay, Boudin, Liebreich, Maurice Binet et maints autres observateurs ont cru leur reconnaître? détermi-
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nent-ils chez les enfants issus de ces unions la snrdi-rautité, certaines maladies nerveuses graves, la rétinite pigmentaire et plnsieurs autres affections chroniques? (Jlénière, Du mariage entre parents comme cause de surdi-mutité congénitable : Acad. de méd., 29 avril 1856. — lUIliet, de Genève, Monit. des hôpit., 5 juin 1856, p. 533 et suiv. — ^Devay, de Lyon, Du danger des mariages consanguins, 1856, 2° éd., 1862; Traité d'hygiène des familles, 1858. — Bemiss, du Kentucky, The North American Med.-Chir. Review, p. 97, 1857. — L. Liebreich, Du mariage entre consanguins comme cause de rétinite pigmentaire: Gaz. hebd. de méd. et ch/'r., 7 juin 1861, d'après Deutsche Klinik, 1861, n" 1. — Boudin, Danger des mariages consanguins : Bull. Soc. d'anthr., t. III, p. 99-102, 158 et suiv., 1862; Du croisement des familles, des races et des espèces : Mém. de la Soc. d'anthr., t. I, p. 505- 557, 1860-1863. — Maurice Binet, Idiotisme et consanguinité : Ann. méd. psych., 1874-1875, extr. Rev. d'anthr., t. V, p. 702, 1876).
Incontestablement , ces observateurs ont constaté des faits plus ou moins nombreux de ces maladies chez des enfants nés de parents consanguins. Mais ces maladies étaient-elles proportionnellement plus nombreuses chez ces enfants que chez ceux issus d'autres mariages? Les faits, les documents historiques et statistiques recueillis ou rassemblés par MM. Bourgeois, N.-J. Périer, Daily, Voisin, Bertillon, Sanson, Lacassagne, Saint-Martin de Madrid, Jacques Bertillon et plusieurs autres observateurs, paraissent tendre à montrer que les enfants issus de mariages consanguins ne sont pas plus fréquemment que d'autres atteints de ces dernières maladies (Bourgeois , De l'influence des mariages consanguins sur les générations. Thèse. Paris, 1859, in-4. — Périer, Influence des mariages consanguins : Jiull. Soc. d'anthr., t. 1, p. 146-155, 1860, et Essai sur les croisements ethniques : Mém. de la Soc. d'anthr., t. I, p. 69-92, 187-236; t. Il, p. 261-374; t. III, p. 211-306. — Daily, Sur les mariages consanguins et les races pures : Bull. Soc. d'anthr., t. IV, p. 515- 575, 1863. — Daily, Trelat, Lagneau, Boudin, Broca, Bertillon, Sanson, etc., Bull. Soc. d'anthr., t. III, p. 172-181, 192-198, 2^ sér.; t. VI, p. 283-304, 1871; t. VII, p. 129-153, 1872, etc. — Lacassagne, Consanguinité : Dict. encycl. des se. méd. — Saint-Martin, Gaz. hebd. de méd., 9 juin 1876, et Rev. d'anthr., t. V, p. 703, 1876. — Jacques Bertillon, Mariages consanguins : La Réf. Écon., 1875-1876 et suiv.).
Il semble ressortir des nombreux travaux publiés sur la consanguinité , ainsi que l'ont très-bien mis en lumière ces observateurs, que l'on a confondu l'hérédité morbide avec la consanguinité. En effet, d'une part, si des parents consanguins sont tous deux atteints de maladies ou de malformations héréditairement transmissibles , leurs enfants auront de très -grandes chances d'être atteints de ces maladies. C'est ainsi que, suivant la remarque de M. Devay, la plupart des habitants du village d'Eycaux, dans le département de l'Isère, étaient anciennement atteints de sexdigitisme (Devay, Arch. gén. de méd., 1863, t. I, p. 763). Mais de même, si deux conjoints nullement consanguins sont atteints de maladies héréditaires, pareillement leurs enfants auront grandes chances d'être affectés de ces "maladies. D'autre part, si des parents consanguins sont tous deux parfaitement sains et indemnes de toutes affections héréditairement transmissibles, leur progéniture a les plus grandes chances d'être saine et indemne, tout autant que pourrait l'être la descendance de deux conjoints sains et indemnes non consanguins. Il faut donc redouter les maladies héréditaire-
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menttransmissibles, il faut redouter riiérédité morbide ; mais la consanguinité', lorsqu'elle est indemne de toute hérédité morbide, n'est nullement nuisible. Les zoologistes savent que certaines espèces animales comme les chevreuils, comme les pigeons, n'ont ordinairement à la fois que deux petits qui s'accouplent à leur tour pour produire également deux petits, etc. Ces accouplements entre frères et sœurs ont lieu depuis l'origine de ces espèces. Cette consanguinité rapprochée et constante ne leur est nullement préjudiciable. En zootechnie, on sait que la plupart de nos belles espèces d'animaux domestiques, chevalines, bovines, ovines, sont dues à ces accouplements consanguins, à ces croisements en dedans [hreeding in and in).
Dans notre pays, de nombreuses populations circonscrites s'unissent ordinairement entre parents, et semblent souvent beaucoup plus saines, plus indemnes d'infirmités que bien d'autres beaucoup plus mêlées. M. Aug. Voisin, dans une étude assez étendue sur les habitants de la commune de Batz, dans le département de la Loire -Inférieure , a montré que ces paludiers , qu'ils soient ou non d'origine saxonne , se mariant entre eux , portant presque tous les mêmes noms, constituent une belle et saine population (Contribut. à l'hist. des mariages consanguins; Et. sur la comm. de Batz (Loire-Infér.) : Mém. de la Soc. d'anthr., t. II, p. 433 et suiv., 1865). M. Dally a remarqué la beauté, l'activité et le bon état de santé des habitants de l'île de Bréhat, s'unissant fréquemment entre cousins. Palassou et Gubler auraient remarqué la longévité et la beauté des habitants du hameau de Goust, dans la vallée d'Ossau, dans les Basses-Pyrénées, quoique s'unissant presque toujours entre eux. Et M. Périer aurait fait des remarques analogues relativement aux habitants d'Uchizy, entre Tournus et Mâcon, dans le département de Saône-et-Loire, regardés comme descendants de SaiTasins, ainsi que sur les Forétins, Ecossais de Saint-Martin d'Auxigny, près de Bourges, dans le département du Cher. Antérieurement il a été fait mention de ces diverses populations distinctes. Suivant M. Maximin Legrand, il en serait de même des habitants du bourg d'Ecuelles, près de Verdun-sur-Saône, dans le département de Saône-et-Loire (Gubler, Périer, Maximin Legrand, cités par Dally, Bidl. Soc. d'anthr., t. IV, p. 564- 565, 1863, et t. VI, p. 292, 1865. — Palassou, Suppl. aux mém. pour servir à l'hist. nat. des Pyrénées, p. 71). Pareillement M. Huzard me disait que les ardoisiers des environs de Rocroi, dans le département des Ardennes, au teint peu coloré, quoique jouissant d'une bonne santé, ne s'unissaient qu'entre eux. Ils seraient notablement ditférents des autres habitants. A la suite de ces petites populations distinctes, on pourrait encore rappeler les pêcheurs de Giboure, près de Saint-Jean de Luz, dans le département des Basses-Pyrénées. Ces pêcheurs, vraisemblablement d'origine tsigane ou bohémienne, dont les femmes, connues sous le nom de Cascarottes, avant l'établissement d'une voie ferrée, toujours courant, allaient à Bayonne porter leurs-poissons, et faisaient preuve d'une si grande agilité, constituent également une belle et saine population (Bataillard, Sur les origines des Bohémiens ou Tsiganes, p. 7, note 2, 1875. — Mag. pittor., p. 203 et 408). La population forte et énergique des pêcheurs du Portel, près de Boulogne, dans le département du Pas-de-Calais, qu'elle soit ou non d'origine ibérienne ou espagnole, pourrait également être indiquée (De Quatrefages, Rev. des Deux Mondes, 15 mars 1850, p. 1083. — Duchenne, de Boulogne, Aixh. gén. de méd., 6« sér., t. VIII, p. 543 et suiv., 1866, et Bull. Soc. d'anthr., t. II, p. 407, 1861, et 2^ sér., t. I, p. 633, 1866).
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D'ailleurs, outre les petites populations semblant se différencier etlmologiquement des populations ambiantes ou circonvoisines, on en voit également d'autres se distinguant à la fois par la race et par la religion, qui limitent encore davantage leurs unions matrimoniales. Tel est le cas des Juifs souvent disséminés en très-petit nombre dans certaines régions de la France. A plus forte raison doit-il en être ainsi pour les Anabaptistes menonistes, anciennement venus de Frise à Montbéliard dans le département du Doubs ; petite population d'agriculteurs qui, suivant M. Muston, semblerait belle et saine physiquement pt moralement (Recli. anthr. sur le pays de Montbéliard, 1" partie, p. 59, in-8).
Enfin, indépendamment des limites que la diversité des races et la différence des l'eligions peuvent mettre aux unions matrimoniales, dans bien des hameaux ou des villages, eu France, comme vraisemblablement dans la plupart des pays, bien que la population appartienne soit à une seule race professant une seule religion, soit à des races multiples depuis longtemps mêlées, certaines conditions sociales, certains degrés d'indigence ou de fortune, certaines professions, paraissent amener les mêmes familles à s'unir habituellement entre elles, et à contracter ainsi durant des siècles des alliances consanguines réitérées sans cependant que leur descendance paraisse en souffrir. En parcourant des livres de l'état civil d'un village du département de l'Aisne depuis 1668, je fus ainsi frappé de lu fréquence des alliances de certaines familles. Or, quoique ces familles habitassent le pays bien antérieurement, ainsi que l'attestait un terrier fait en 1555, leurs arrière-petits-fils, actuellement existants, n'en paraissaient pas moins bien constitués, et ne présentaient ni surdi-mutité, ni épilepsie, ni la plupart des autres affections qu'on a cru devoir attribuer à la consanguinité, dans les unions matrimoniales. Deux familles, P. et M., qui s'étaient unies huit fois dans l'espace de quatre-vingt-sept ans, de 1694 à 1781, avaient encore de vigoureux représentants dans ce village.
Sans insister davantage sur l'exposé de documents plus nombreux, il était bon de montrer qu'on France, comme ailleurs, les unions matrimoniales consanguines ne sont nullement nuisibles pour la descendance, pour la race, si, comme pour toutes autres unions, les conjoints ne sont pas atteints de maladies héréditaires.
Les lois modernes et, en particulier, notre code civil, tout en étant plus prohibitifs que les lois ou usages de nombreux peuples orientaux, grecs, perses, etc., qui autorisaient le mariage entre frères et sœurs, ont donc parfaitement raison, au point de vue anthropologique, de ne pas interdire les unions entre cousins germains, ainsi que le prescrivent certains principes religieux, qui heureusement admettent de faciles et fréquentes dispenses. Seulement, pour les mariages consanguins, comme pour tous autres non consanguins, il serait désirable qu'on se montrât plus soucieux des conditions de santé des conjoints que de leurs conditions de fortune et de position, afin d'éviter d'unir ensemble des individus atteints des mêmes affections ou prédispositions morbides, hérédilaii'ement transmissibles.
De la puerpéralité. Après avoir parlé de la matiùmonialité, et surtout avoir montré que, vu la croissance tardive et prolongée de certains de nos compatriotes appartenant à des races peu précoces, il importait, par une législation soit civile, soit militaire, de faire obstacle à une matrimonialité prématurée, il est logique de s'occuper de la puerpéralité et de la natalité.
La puerpéralité, l'aptitude plus ou moins grande à accoucher ne paraît
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guère offi'ir de différences dans nos diverses races occidentales ; cependant, suivant Lenoir, « les femmes de la tige germanique accouchent avec plus de facilité que les femmes de la tige celtique » (Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchement, p. 52, 1''^ coll., 1860). Si cette facilité dans la parturitiou venait à être statistiquement démontrée, elle serait d'autant plus remarquable que la parturitiou paraît être très-préjudiciable pour les femmes de race germanique qui se marient trop jeunes. On a vu précédemment que les jeunes mariées hollandaises de 15 à 20 ans présentaient une mortalité double de celles des jeunes filles de mêmes âges. Dans cette race à développement tardif, l'enfantement, parfois funeste pour les trop jeunes mariées, serait alors remarquablement facile pour les femmes suffisamment développées.
On a vu précédemment que les femmes ligures du sud-est de notre pays accouchaient bien facilement, à en juger par le récit de Posidonius rapporté par Strabon et Diodore de Sicile, relatif à cette Ligurienne qui, employée à cultiver la terre du riche Marseillais Gharmolaus, se trouvant prise des douleurs de l'enfantement, alla accoucher à l'écart et, s'ctant délivrée, revint se mettre à l'ouvrage (Strabon, 1. III, cap. iv, g 17, coll. Didot. — Diodore, 1. IX, g 20, coll. Didot). Les femmes ibériennes devaient également accoucher sans grandes souffrances et sans grandes fatigues, puisque, selon Strabon (1. 111, cap. iv, § 17, p. 136-157), immédiatement après l'accouchement elles se levaient et servaient leurs maris, qui se mettaient à leur place dans le lit; étrange coutume, qui, sous le nom de Coubade ou Couvade, s'observerait encore, selon Eug. Cordier, dans quelques familles de la Navarre, de la Soûle et de la Biscaye (De l'organisation de la famille chez les Basques. Paris, 1869, ext. de la Rev. hist. du droit français et étranger, \mS-lSQ9).
Il semblerait résulter de ces remarques anciennes et récentes que nos femmes du Midi, principalement d'origine ligure et d'origine aquitano-ibérienne, ainsi que celles du Nord-Est en partie d'origine germanique, jouiraient d'une plus grande facilité dans l'accouchement que les femmes des régions centrales et Nord-Ouest principalement peuplées de descendants de Celtes.
Cette question ne semblerait guèi"e pouvoir être élucidée que par la comparaison de nombreuses statistiques relatives à la mortalité des accouchées dans les diverses régions ligure, aquitanique, celtique, belgo-germanique de notre territoire ; mais quand on jette les yeux sur les documents statistiques, la plupart relatifs aux maternités ou aux hôpitaux, recueilhs par M. Léon Le Fort, on est obligé de reconnaître que la race ne paraît guère avoir d'influence sur la proportion de cette mortalité ; et quant aux documents relatifs aux femmes accouchées chez elles, ils sont insuffisants, quand on veut les comparer dans les diverses régions de la France (Le Fort, des Maternités, p. 24-35. Paris, 1866).
De la natalité. La natalité dans nos populations ne paraît nullement être influencée par leur origine ethnique, mais presque uniquement par les conditions sociales dans lesquelles elles se trouvent. Cette déduction semble ressortir du rapprochement des faits suivants. On sait que Jornandès, l'historien des Goths, considère la Scanzia, la Scandinavie, pays d'où ils sortaient, comme l'officine des peuples et la matrice des nations (De Getar., cap. iv, p. 427). On voit Dudon de Saint - Q uentin , Guillaume de Jumiéges , Paul Diacre et Robert Wace insister sur l'exubérante population du Danemark et des autres pays Scandinaves (Dudon de Saint-Quentin et Vilhelm Gemmie-
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teiisis, Ilistor. Normann. , dans Andréas Duchesnius : Histor. Norman, script., p. 62, 1619. — Pauli Diaconi Historia Longobard., 1. I, ch. ii. — Robert Wace, le Roman de [>ou, t. I, p. 38, v. 771, etc., éd. de Pluquet, 1876. — Depping, Hist. des expéditions maritimes des Normands, p. 268, 272, éd. de 1826). On observe encore de nos jours la grajide fécondité de certaines femmes du Nord, de certaines Suédoises que Rudbeck dit avoir fréquemment 10 à 12 et parfois même jusqu'à 50 enfants (Maygrier, Menstruation, p. 382, t. XXXIl, de l'ancien Dicl. des sciences médicales, Panckoucke, 1819). Avec M. Bertillon on sait qu'en Suède et en Norvège de 1861 à 1870, en Prusse de 1868 à 1874, 1000 femmes mariées de 15 à 50 ans donnent annuellement 252, 249, 286 enfants, mort-nés compris, alors qu'en France, de 1856 à 1865, 1000 femmes mariées n'en donnent que 181 (Natalité : Dict. encycl. des se. méd., 2" sér., t. XI, p. 455). A pnori on est donc porté à présumer que la plus grande natalité doit s'observer chez les habitants des régions de notre pays principalement peuplées par les descendants des immigrés wisigoths, burgundions, nordmanns et autres peuples venus soit de la Scandinavie, soit du nord de la Germanie. Cependant nos départements qui correspondent à la Septimanie, région maritime, située entre les Pyrénées orientales et le bas Rhône, où paraissent s'être principalement portés les ^\^isigoths après la défaite de Vouillé, et nos départements du Doubs, du Jura, de la Côte-d'Or et autres du voisinage oià, au cinquième siècle, paraissent s'être surtout établis les Burgundions, ne paraissent pas se faire remarquer par une natalité exceptionnelle. Quant aux départements correspondant à la partie de l'ancienne Neustrie occupée par les Nordmanns, quant à notre Normandie, si belle, si riche et si fertile, alors que l'ensemble de la population de la France s'accroît, trop faiblement, il est vrai, de 48 sur 10 000 habitants en 1872, année de fécondité exceptionnelle (Stat. de France, nouv. série, t. Il, p. xlii), quant à nos départements du Calvados , de l'Eure , de l'Orne , de la Manche , leur natalité depuis longtemps est tellement restreinte qu'elle est moindre que leur mortalité. En 1860 les décès y ont excédé de 2575 les naissances sur 1894 424 habitants, soit de 12 sur 10 000 habitants; en 1872 cet excédant des décès sur les naissances s'est élevé à 3298 sur 1 774 912 habitants, soit à 18 sur 10 000 habitants (Stat. de France, t. XIII, p. 94-5, tabl. 14, et nouv. sér., t. Il, tabl. 10, p. 47, etc. — Population de la France, décret 1562, du 31 déc. 1872, Bull, des lois, n» 114, p. 557, 544, 554 et 559).
Cette persistance dans l'excédant des décès sur les naissances, sur laquelle la rédaction de la Statistique de France a déjà attiré l'attention (t. XI, p. 54), constitue un fait grave, très-grave au point de vue de la prospérité anthropologique de la nation, mais démontre que, dans nos pays très-civilisés, la race n'a aucune influence sur la natalité plus ou moins grande.
Ainsi que je l'ai f;ùt remarquer en diverses occasions, en particulier dans une discussion soulevée à la Société d'anthropologie par M. d'Abbadie, la natalité dans l'état social actuel de nos nations civilisées est limitée non par une infécondité relative spéciale à telles ou telles races, mais par le désir des parents d'assurer à leurs enfants une situation au moins aussi heureuse que celle dont ils jouissent eux-mêmes (G. Lrtgneau, Situation de la population de la France : Gaz. hebdom. de méd., 1873; et De l'inlluence des professions sur l'accroissement de la population : Gaz. hebd. de méd., 1872. — D'Abbadie, Lagneau, Coudereau, Lunier, Sanson, Clémence Royer, Delasiauve, etc., Sur la
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fécondité relative des différentes classes de la société : Bull. Soc. d'anthr.,'^^ sér., t. IX, p. 575-585, 594-599, 1874. — Lagneau, Du mouvement de la population en 1872 : Ann. dliyglène, 2^ sér., t. XLVI, p. 9-12, 1876).
La natalité est ordinairement plu« nombreuse chez les pauvres que chez les riches, car l'obtention de la position que les parents désirent assurer à leurs enfants est beaucoup plus facile dans les familles d'ouvriers que dans la plupart des familles riches. Pour assurer à de nombreux enfants une position semblable à la sienne, l'ouvrier n'a besoin que de leur apprendre à travailler, le travail de chaque jour devant subvenir aux besoins quotidiens de ses enfants comme il a suffi aux siens propres. Tandis qu'au contraire le riche, s'il n'est riche que de son patrimoine, de ses rentes, de ses revenus fixes, peu susceptibles d'accroissement, s'il vit sans travailler d'une manière lucrative, ou s'il exerce des professions libérales souvent peu productives, ne peut assurer une position semblable à la sienne qu'à quelques enfants, le partage de sa fortune, de son revenu fixe à de nombreux enfants devant les laisser dans une position bien inférieure à la sienne.
Cependant la natalité est loin d'être toujours en raison inverse de la fortune. Les parents désirant assurer à leurs enfants une situation au moins aussi heureuse que la leur, la natalité devient proportionnelle au nombre des carrières ou professions permettant aux parents d'assurer à leurs enfants cette situation. Le petit vigneron, propriétaire de quelques ares de terre qu'il peut cultiver seul, quoique peu riche, n'a souvent qu'un ou deux enfants, car il préfère ne pas trop morceler sa petite propriété, afin de leur conserver le degré de bienêtre dont il jouit. L'employé, dont les appointements constituent presque l'unique fortune lui permettant de subvenir aux exigences de la position sociale qu'il occupe, a peu d'enfants, car il appréhende de ne pouvoir les élever, les doter, ou leur faire donner l'instruction qui peut les mettre à même d'obtenir une place ou une position analogue à la sienne.
Certains riches herbagers de la Normandie ont peu d'enfants, car ils n'ont pas besoin du concours de nombreux enfants pour élever leurs bestiaux. Les personnes exerçant des professions libérales, surtout les rentiers vivant de leurs revenus et n'exerçant aucune profession, n'ont également qu'une famille peu nombreuse, parce qu'ils sont peu à même d'ouvrir à leurs enfants de nombreuses carrières.
Contrairement, le riche agriculteur, le grand industriel ou négociant, ne craint pas d'avoir de nombreux enfants : car en les employant dans son exploitation agricole, en les associant dans ses travaux industriels, à ses entreprises commerciales, il se trouve à même de leur assurer par le travail des moyens d'existence identiques à ceux qui lui ont permis de vivre laborieusement, mais largement. Les patrons et ouvriers agriculteurs, voire même industriels et commerçants, trouvant dans l'agriculture, l'industrie et le commerce de nombreuses occupations, ne craignent pas d'avoir de nombreuses familles. Dans le Cher, remarque M. Coudereau, « le fermier a en général une famille nombreuse parce que chaque enfant trouvera son emploi dans la ferme, suivant son sexe ou son âge, pour la garde des bestiaux, les soins de la culture, l'entretien du ménage, etc. » [Bull. Soc. d'anthrop., 2^ sér., t. IX, p. 580, 1874-). Tandis que 100 familles de patrons agriculteurs sont composées de 555 personnes, 100 familles de patrons industriels et commerçants comprennent 298 et 275 individus, et 100 familles d'hommes livrés aux professions libérales ou vivant de leurs revenus n'en présentent que 174 (Stat. de
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France, 2^sér., t. XYII, p. xlvii; voir aussi p. 156-7, 144-5, 154-155). Ainsi les familles des patrons agriculteurs sont supérieures de près d'un sixième à celles des patrons industriels, de plus d'un cinquième à celles des patrons commerçants, mais de plus de moitié à celles des rentiers ou des hommes vivant de professions libérales. De même, quoique à un moindre degré, tandis ^jue 100 familles d'ouvriers agricoles sont composées de 240 personnes, 100 familles d'ouvriers industriels ne le sont que de 186, les familles des premiers étant supérieures de près d'un quart à celles des seconds. Il est bon de remarquer ici que, contrairement à l'influence restrictive assez généralement attribuée à la richesse sur la natalité, les familles riches des patrons sont plus nombreuses que les familles pauvres des ouvriers ; ce qui d'ailleurs peut aussi tenir à une moindre mortalité chez les premiers que chez les seconds.
Malthus, économiste anglais, partant de ce principe que les subsistances ne peuvent s'accroître que suivant une proportion arithmétique, tandis que la population peut s'accroître suivant une proportion géométi'ique, et par suite appréhendant de voir la population, par un accroissement trop rapide, tomber •dans la misère et arriver à la famine, conseillait de limiter la natalité, en traçant certains devoirs, plus applicables à quelques chastes ou continentes individualités qu'à des populations entières, mais notablement différents de ceux qu'on lui prête généralement (Essai sur le principe de population, trad. par Pi'évost sur la 5^ édit. Paris - Genève , 4 vol., 1825). Cette appréhension de Malthus de voir la population s'accroître plus vite que les subsistances ne me paraît pas entièrement fondée, surtout pour les peuples arrivés à un certain •degré de civilisation. Cette crainte de manquer des subsistances s'est montrée aux «poques les plus reculées, alors même que les populations étaient, sinon peu nombreuses, au moins d'une densité spécifique peu considérable. Au sixième siècle avant notre ère, un certain roi des Bituriges, Ambigat, trouvant que la population de la Gaule celtique, cependant très-fertile, était trop nombreuse, aurait engagé ses neveux, selon Titc-Live, à emmener avec eux tous ceux qui voudraient les suivre. Bellovèse, à la tête de nombreux Arvernes, Bituriges, Senons, iEduens, Ambarres, Carnutes, Aulercs, c'est-à-dire d'Auvergnats, d'habitants des environs de Bourges, de Sens, d'Autun, d'Araberieux, de Chartres, du Mans, alla s'établir dans la haute Italie. Sigovèse gagna la forêt hercynienne : « Hic(Ambigatus)... exonerare praegravante turba regnum cupiens,Bellovesum ac Sigovesum, sororis fdios, impigros juvenes, missurum se esse in quas Dii dédissent auguriis sedes ostendit : quantum ipsi vellent numerum hominum excirent... » {Tile-Li\e,Hist., l. V, §xxxiv, p. 151, etc., texte et trad. de Bureau de Lamalle).
A une époque plus récente, au dixième siècle de notre ère, l'arrivée desNordmanns des pays Scandinaves sur le littoral de la Neustrie, depuis appelée Normandie, a été attiibuée également à l'exubérante population de ces pays du Nord, ainsi qu'il a été dit précédemment. Cette crainte de manquer de subsistances a donc préoccupé, à diverses époques, certains émigrants et immigrants de notre pays. Cependant une population peut s'accroître dans une proportion considérable, et néanmoins trouver parfaitement à subsister, soit qu'elle multiplie elle-même les subsistances qui lui sont nécessaires par une culture végétale et animale de plus en plus parfaite, de plus en plus intensive, soit que sa fabrication croissante d'objets d'échange lui procure le numéraire nécessaire à une importation de plus en plus considérable de subsistances de provenance étrangère. Aussi peut-on remarquer que les populations spécifiques les plus
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denses, c'est-à-dire celles qui comptent le plus grand nombre d'habitants pour une surface territoriale donnée, sont loin d'être les moins bien pourvues de subsistances. La population spécifique est de 152 habitants par kilomètre carré en Angleterre ; elle n'est que de 68 habitants en Irlande, environ de moitié moindre (Stat. de la France, 2^ sér., t. XIII, p. xxi, et tabl. 5, p. 4649). Et cependant la ration alimentaire de l'ouvrier anglais est bien autrement riche en matières azotées que celle de l'ouvrier irlandais, ingérant principalement des pommes de terre, et parfois souffrant de la faim. Selon M. Goulier, les ouvriers anglais employés aux travaux du chemin de fer de Rouen mangeaient en moyenne par jour 2410 grammes d'aliments contenant 5l8^9 d'azote, ration qui vraisemblablement leur était habituelle dans leur pays. Les ouvriers irlandais ingéraient l'énorme quantité de 68-48 grammes d'aliments ne contenant que 188%50 d'azote. En France, tandis que dans le département du Nord, dont la population spécifique est de 229 habitants par kilomètre carré, l'ouvrier laboureur mange 3740 grammes d'aliments contenant ols^oO d'azote, dans le département de la Corrèze, dont la population spécifique est de 52 habitants, l'ouvrier agriculteur mange 2680 grammes d'aliments contenant 246'", 26 d'azote ; enfin dans le département de Yaucluse, dont la population spécifique est de 75 habitants, l'ouvrier agriculteur ne mange que 1972 grammes contenant 22?% 15 d'azote (Coulier, Aliments : Dict. encycl. des se. méd., t. III, p. 225, tableau, 1865).
L'appréhension de voir les populations très-nombreuses manquer de subsistances n'est donc pas suffisamment motivée. D'une manière générale, au point de vue alimentaire, limiter la natalité, ainsi que le croyait prudent Malthus, e;t donc inutile. Et au point de vue national, toute cause restrictive de l'accroissement de la population est regrettable, surtout quand cette population ne présente qu'un très-minime accroissement comme la population de la France, dont un cinquième du territoire labourable, 19,57 pour 100, restait encore en jachère en 1862 (Stat. de la France, 2<^ séi., t. XVI, p. xl, § vu).
En effet, actuellement et vraisemblablement à plus forte raison dans l'avenir, l'importance politique d'un État européen dépendra beaucoup du nombre plus ou moins considérable de ses habitants. Si durant la paix la prépondérance d'une nation résulte du développement intellectuel, commercial, industriel et agricole, développement grandement favorisé par la densité de la population, dans la guerre, par suite de la généralisation du service militaire à tous les jeunes hommes, le nombre des combattants devenant proportionnel à celui de la population, de l'accroissement plus ou moins rapide de cette population dépendra en grande partie la prépondérance d'une nation. « Le nombre des Français, disait Prévost-Paradol, doit s'augmenter assez rapidement pour maintenir un certain équilibre entre notre puissance et celle des autres grandes nations de la terre » [La France nouvelle, 3* éd., p. 413. Paris, 1868).
L'accroissement annuel de notre population, inférieur à celui de toutes les autres nations de l'Europe, de 22, voire même de 20 sur 10 000 habitants d'après les dénombrements de 1851 et de 1856, après s'être élevé à 38 sur 10 000 de 1861 à 1865, proportion près de deux fois moindre que celle de 63 sur 10 000 offerte par la population de l'Autriche, la plus mal partagée après la nôtre sous ce rapport, a été remplacé par une notable diminution de population, à la suite de la guei-re meurtrière de 1870, abstraction faite des Alsaciens-Lorrains arrachés à la France. Depuis ces cruelles épreuves notre population a repris sa marche ascensionnelle un peu moins lente, mais toujours bien faible. En 1872,
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son accroissement a été de 48 sur 10 000 habitants. Mais cet accroissement paraît loin d'être constant. D'après l'excédant des naissances sur les décès il n'aurait été que de 28 en 1873, pour remonter à 48 sur 1000 habitants en 1874. Conséquemment la période de doublement de notre population serait d'environ 144 ans (Stat. de la France, 2^ sér., t. XVII, p. xi; t. XVIII, p. ex; nouv. série, t. II, p. XLH, 1875 ; t III, p. xxxni, et t. IV, p. xxxni). Or, si la Russie, la Prusse et l'Angleterre continuent à présenter, comme antérieurement, un accroissement annuel de 139 à 126 sur 10 000 habitants, et une période de doublement de 50 à55 ans (Stat. de laFrance, 2* sér., t. XVIII, p. ex), dans cinquante-cinq années, ■dans un peu plus d'un demi-siècle, alors que les nations anglaise et prussienne, devenues deux fois plus nombreuses, pourront lever des armées deux fois plus considérahles , la nation française, ne s'étant guère accrue que d'un tiers, quelque généralisé que soit le service militaire, ne pourra lever une armée que d'un tiers supérieure à ce qu'elle peut être actuellement.
Puisque d'une part la natalité restreinte est ordinairement la conséquence, non de conditions ethniques particulières, mais d'une affectueuse prévoyance des parents désirant assurer à leurs enfants une position au moins aussi bonne que celle où ils se trouvent eux-mêmes ; et puisque, d'autre part, une natalité considérable ne doit nullement faire appréhender la famine, et au contraire est avantageuse au maintien de la situation politique d'une grande nation comme la France, pour accroître la natalité et par suite augmenter la population, il faut pouvoir rassurer ce sentiment de prévoyance paternelle en multipliant autant que possible les carrières, métiers ou professions qui, par le travail, fournissant largement les moyens d'existence, permettent aux célibataires de se marier promptement, et aux mariés de ne pas redouter d'avoir une nombreuse progéniture. Dans le choix d'une carrière pouvant faii'e vivre laborieusement, mais largement, l'initiative individuelle peut beaucoup ; mais pour multiplier ces carrières l'initiative des gouvernants et des législateurs importe également aussi. Qu'ils cherchent donc à placer notre population dans les conditions sociales oià se trouvent certains États européens, qui, comme l'Angleterre, aussi heureux, aussi riches, aussi civilisés que la France, présentent une natalité et par suite un accroissenient de population beaucoup plus considérable. De iSGÏ à 1865, l'Angleterre, qui, comme la France, présentait une mortalité annuelle de 228 décès sur 10 000 habitants, avait une natalité annuelle de 554 naissances, alors que la France ne comptait que 266 naissances (Stat. de la France, 2^ sér., t. XVIII, p. ex et cxvi). Que nos gouvernants cherchent donc à multiplier les carrières plus ou moins accessibles à tous, en favorisant la culture des terres improductives qu'on a vues représenter près d'un cinquième de notre territoire, en montrant les avantages de la culture de plus en plus intensive des terres déjà cultivées, en développant les industries anciennes et important les nouvelles dans les meilleures conditions hygiéniques, en établissant le libre échange international toujours favorable aux consommateurs, en créant de nouveaux débouchés au commerce, en entretenant des relations maritimes avec des peuples de plus en plus nombreux, en laissant nos colonies actuelles se gouverner davantage selon leurs intérêts particuliers, et en en fondant de nouvelles dans des régions, dans des îles lointaines jouissant d'une salubrité reconnue. Quand on sait que l'émigration et la colonisation, en offrant un vaste débouché à la force d'expansion d'une nation, en lui fournissant des subsistances et surtout <les moyens d'échange qui permettent de s'en procurer, concourent considérable-
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ment à accroître sa natalité, on se reporte tristement par le souvenir à l'époque où la France possédait les belles et prospères colonies du Canada, de la Louisiane, de l'île de France, des Indes, etc., et l'on constate avec peine l'état peu florissant de quelques-unes de nos trop rares colonies, entre autres de la Guadeloupe, de la Martinique. Ainsi que me le faisait remarquer un membre de l'Institut, connu par ses lointains voyages, on est porté à chercher dans l'imperfection de notre régime colonial trop militaire, trop autoritaire, un des motifs qui déterminent à se porter vers l'Amérique méridionale, au lieu d'aller dans notre Algérie, les Basques de nos Pyrénées occidentales, qui presque seuls de nos compatriotes fournissent actuellement de nombreux émigrants. Et rappelons encore que cette émigration presque exclusivement masculine, ainsi que l'ont fait observer MM. Fuster et de Ranse, doit être peu profitable à l'accroissement de notre population : car dans nos pays monogames l'émigration exclusive des hommes condamne les filles au célibat, ou du moins peut restreindre la matrimonialité et la natalité légitime (Fuster, Congrès scientifique de Pau de 1873. — De Ranse : BitU. Soc. (Vanthr., 2'^ sér.,t. VIII, p. 481, 1874).
A propos de la natalité, on peut remarquer que dans certains pays dont la population est composée en partie, comme la nôtre, des races celtique et germanique, des différences considérables ont été observées dans la natalité illégitime, suivant que les diverses régions observées étaient peuplées par l'une ou l'autre de ces races. Selon M. Legoyt, « le docteur Thompson a remarqué que le nord-ouest de l'Ecosse, habité par la race celtique, ne donne que 5,8 naissances naturelles pour 100, tandis que le nord-est, habité par les Saxons et les Norlhmen, en fournit 15 » (La France et l'étranger, Et. de stat. comparée, t. Il, p. ^oS, 1864-1870. Les naissances illégitimes en Europe).
M. Bertillon a également montré que la natalité illégitime est encore plus considérable dans certains Etals qui, comme la Bavière, la Saxe, sont principalement peuplés par la race germanique (Natalité (Démographie) : Dlct. encycl. des se. méd., 2^ sér., t. XI, p. 460, 1875). Mais cette natalité illégitime considérable paraît dépendre de certaines conditions sociales, professionnelles, de certaines situations de fortune, de certaines coutumes, de lois civiles ou militaires faisant plus ou moins obstacle au mariage, non des conditions ethniques.
Delà gémellité. Suivant M. Depaul et M. Bertillon, alors que sur 1000 naissances on compte en France moins de 10 naissances doubles (9,9 ou 9,87), dans la plupart des Etats allemands et germaniques on en compte de 12 à 15 (Depaul, Clinique>bstétricale, ext. dans Gaz. hehd. de méd., 7 février 1873, p. 95, col. 2. Bertillon, Natalité, /. c, p. 480).
« Les races issues du Franc teutonique se signalent par un excès de gémellité )),dit ce démographe. Pareillement, lorsque dans notre Normandie en partie peuplée de Scandinaves immigrés au dixième siècle, particulièrement dans le département de la Seine-Inférieure, M. Bertillon constate également une gémellité assez élevée de 10,9, croit-il devoir l'attribuer à l'immixtion de la « race normande » (Bertillon,, Démographie de la Seine-Inférieure : Compte rendu de la sess. du Havre de VAssoc. pour Vavanc. des sciences, 29 août 1877, p. 749).
Or, on a vu précédemment que, malgré la grande fécondité des habitants des pays Scandinaves, la natalité de nos Normands actuels est très-minime par
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suite d'une restriction volontaire de la procro'ation. Cette gcmellite conside'rable montre donc que, si nos Normands volontairement peuvent limiter leurs conceptions, ces conceptions peu nombreuses n'en continuent pas moins à être fréquemment doubles, ainsi que cela s'observe ordinairement chez les peuples de race germanique septentrionale.
Suivant M. Tchcuriloff, qui a comparé la répartition proportionnelle des naissances gémellaires dans nos départements, et dans diverses provinces de pays étrangers, avec la répartition des exemptés du service militaire pour défaut de taille, « la gémellité paraît croître et décroître avec la taille. » Sachant, d'une part, que les accoucheurs ont reconnu l'hérédité des grossesses doubles et constatant, d'autre part, qu'elles sont d'autant plus nombreuses que la mortalité des jumeaux est moindre, ce statisticien pense « que les femmes de haute taille ont plus de chance pour mener à bien leur double conception, » et que dans les nations de haute stature les jumeaux nés en plus grand nombre vivants transmettent cette aptitude héréditaire aux grossesses doubles (Sur la statist. des naissances gémellaires et leur rapport avec la taille : Bull. Soc. d'anthr., 2« sér., t. XII, p. 440-445, 1877).
En France, selon M. Bertillon, la gémellité se distinguerait de celle des nations étrangères par la proportion considérable et surtout remarquablement constante des couples unisexués. Sur 100 grossesses gémellaires on compterait 6 5,1 couples d'enfants du même sexe, tandis que dans les États allemands et surtout en Hongrie on en compterait de 62,5 à 61,3 (Des combinaisons de sexes dans les grossesses gémellaires : Bull. Soc. (Vanthr.,'^^ sér., t. IX, p. 271, 1874).
De la sexualité. A propos ou à la suite de la natalité, après cette remarque sur la proportion des couples unisexués dans les grossesses gémellaires, il pourrait paraître opportun de dire quelques mots de la sexualité ou du rapport des sexes des nouveau-nés selon les races. Mais jusqu'à ce jour l'influence ethnique sur la proportion de l'un ou de l'autre sexe a fort peu attiré l'attention. Tous les statisticiens savent que parmi les nouveau-nés les garçons sont plus nombreux que les filles. En France pour 1872 le rapport des filles aux garçons est de 100 à 104,87 (Stat. de la France, t. II, année 1872, p. xxxv, 1875). D'après M. Legoyt ce rapport serait notablement plus considérable chez les Israélites de notre pays, il s'élèverait à 110, 66 pour les enfants en général, et à 111, 25 pour les enfants légitimes en particulier. Cette proportion élevée des garçons, selon ce statisticien, dépendrait « peut-être de ce fait que les juifs se marient plus jeunes que les chrétiens. On sait, en effet, que dans les campagnes, oii les mariages sont contractés à un âge moins élevé que dans les villes, le rapport sexuel est plus caractérisé ». (De certaines immunités biostatiques de la race juive en Europe : Journ. de la Soc. de statist. de Paris, p. 115, 1869).
Les causes déterminantes de ce rapport entre enfants des deux sexes sont difficiles à trouver. Toutefois, sans rejeter la possibilité d'une influence ethnique, les recherches statistiques de Sadler en Angleterre, d'Hofacker à Tubino^ue, de Gœhlert de Vienne, de Boulanger de Calais, de Boudin, de M. Groom- Napier, ainsi que les observations zootechniques de Girou de Buzareingues, de M. Sanson et de quelques autres observateurs, tendent à montrer que la proportion des sexes chez les produits dépend principalement de l'inégale puissance génésique des reproducteurs due à leur âge, à leurs conditions physiologiques durables ou passagères, le procréateur le plus vigoureux paraissant avoir plus de
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chances que son conjoint de procréer un produit de son sexe (Hofacker, Ueber die Eigenschaften welche sich bei Menschen und Thieren auf die nachkommen vererben. Tubingue, 1828. — Sadlcr, Gœhlert, Boulanger, Boudin, De l'influence de l'âge relatif des parents sur le sexe des enfants : Bull. Soc. d'anthr., t. III, p. 591, etc., 18 décembre 1862; Acad. des sciences, 25 fév. 1863, ext. : Arch. gén. de méd., 6^ sér., t. I, p. 500, 1865, etc. — Groom-Napier, Des sexes des enfants suivant l'âge des parents : Anthrop. Review, 1867, ext. dans Bidl. Soc. d'anthr., 2^ sér., t. III, p. 666, 1868. — Giron de Buzareingues, Expér. sur la reproduction des animaux domestiques, Acad. des sciences, 2 avril et 21 mai 1877 : Ann. des sciences nat., t. XI, p. 145-149, 514-524, et De la génération, ch. vu, § II : Obs. sur le rapp. des sexes des produits avec l'état relatif du père et de la mère à l'époque de l' accouplement, p. 135 etsuiv. Paris, 1828. — Bertillon, De l'influence de la primogéniture sur la sexualité; Lagneau, Sanson, De l'influence des sexes sur le produit delà gestation : Bull. Soc. d'anthr., 2^ sér., t. XI, p. 32, 56, 256, etc., 1876).
Cette prédominance du sexe masculin sur le sexe féminin paraît se montrer dans les différentes nations, en proportion plus ou moins élevée, ainsi que l'a fait voir M. Bertillon (Natalité : Dict. encycl. des se. méd., p. 461).
Cependant l'on constate parfois des exceptions, mais tenant à des causes trop souvent indéterminées. M. Schnepp a donné une statistique toute locale, portant sur des nombres insuffisants, qui tendrait à montrer que dans les communes de Laruns, de Bagès et des Eaux-Bonnes, dans le département des Basses-Pyrénées, durant les années 1862-1865, les naissances féminines auraient de beaucoup excédé les naissances masculines (Schnepp, Arch. gén. de méd., 6* sér., t. V, p. 655, 1865).
De la morbidité. Quoiqu'il soit souvent fort difficile de discerner les alfections, prédispositions ou immunités morbides devant être attribuées à telle ou telle influence ethnique et celles devant être rapportées à des causes climatologiques et sociales parfois peu déterminables, on peut espérer trouver les principales, quoique très-minimes notions relatives à la morbidité ethnique différentielle de notre population dans les comptes rendus des opérations du recrutement de l'armée, qui permettent de reconnaître la répartition géographique proportionnelle des maladies et infirmités considérées comme causes d'exemptions du service militaire. Néanmoins il faut également tenir grand compte de quelques remarques recueillies par des médecins frappés de notables différences présentées par les individus de diverses races, au point de vue de la morbidité, de la prédisposition ou de l'immunité morbide.
M. J. Guérin, à propos de l'immunité dont, selon M. Caillât, avaient joui des étrangers au milieu d'une épidémie de suette miliaire, a rappelé, ainsi que plus tard Boudin, qu'en 1518, lors d'une épidémie semblable, les Anglais avaient seuls été atteints à Calais, en Flandre, en Espagne, les Écossais, les Irlandais étant complètement épargnés (J. Guérin, Bapp. sur la suette miliaire: Mém. de l'Ac. de méd., t. XYII, p. 22, 1855. — Boudin, Traité de géogr. et stat. méd., 1857, t. II, p. 706).
A propos du typhus contagieux. Chauffard disait « que les émanations et odeurs caractéristiques des diverses races d'hommes ne sont pas sans importance sur la détermination des maladies particulières à chacune d'elles » (Soc. de méd. des hôpitaux, 10 mars 1871 : Gaz. hehd. de méd., 7 avril 1871, p. 170-171).
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Les guerres qu'à diverses époques les Européens firent en Amérique, en Afrique, en Asie, ont mis à même de reconnaître la force de résistance, le courage stoïque, l'impassibilité de certains Peaux-Rouges, de certains Kabyles, surtout de certains Chinois et autres habitants de l'extrême Orient, supportant avec une énergie remarquable, avec une apathie apparente, les plus graves opérations, voire même les plus cruels supplices. (Rodolphe Lindau, Souvenii's d'un séjour au Japon : Rev. des Deux Mondes, p. 954, etc., 15 avril 1872.) Chez nos habitants de l'Europe occidentale, quoiqu'il soit loin d'en être de même, ou a remarqué de notables différences dans l'aptitude à supporter de grands traumivtismes. Dans la discussion académique sur la gravité relative de résection de la hanche : « Y a-t-il, disait Velpeau, une différence entre les malades anglais et nos malades? Cela est possible; il peut y avoir une différence tenant à la constitution des deux nations. La chair des Anglais, par une sorte de privilège physiologique, serait plus réfractaire que la chair des Français aux accidents qui suivent les grandes opérations. » {Bull, de VAc. de méd., 5 décembre 1861, t. XXYII, p. 174, et Gaz. hehd. de méd., 6 décembre 1861, pp. 777 et 785.)
La race anglo-saxonne, selon M. Chauffard, possède à un plus haut degré que la nôtre la faculté de supporter sans y succomber les grands traumatismes. « L'intluence des races est souvent décisive. Chez ces natures où les forces organiques et stables sont prédominantes, et qu'une sensibilité exagérée ne tourmente pas, les grandes opérations, les graves accidents traumatiques en favorisent la guérison. Cette impassibilité n'est pas seulement apparente et superficielle, mais réelle et radicale; l'organisme lésé résiste aux surexcitations funestes, aux réactions compromettantes.... Quelle diflerence avec ce que d'autres races éprouvent !... Chez nous toute émotion physique, tout désordre local retentit bruyamment sur tout l'ensemble organique ; les réactions s'allument avec une promptitude singulière.... notre imagination vibre à l'unisson de notre système nerveux et en accroît le désordre — Là, la chirurgie peut être à bon droit active, hardie, téméraire même ; ici elle doit demeurer prudente, timide conservatrice. » (Considérât, touchant l'influence des races sur le résultat des opérations chirurgicales : Gaz. hehd. de méd. et dur., 50 octobre 1865, feuill., p. 714, 717 et 719.)
Pareillement M. Legouest pense qu'il faut « prendre en considération l'influence que peut exercer sur le succès des opérations la race d'hommes qui les supporte. » (Traité de chirurgie d'armée, p. 714. Paris, 1865.)
« Les divers groupes de la famille humaine, dit M. Proust, diffèrent considérablement dans leur aptitude à supporter le traumatisme. Les Français sont au nombre des moins favorisés. Les hommes du Nord paraissent offrir une résistance vitale bien plus grande pour ce qui touche aux lésions chirurgicales, n (Traité d'hygiène publique et privée, p. 700, 1877.)
Ces différences existant au double point de vue de la pathologie médicale et du traumatisme chirurgical entre les Anglais ou autres peuples du nord et ks Français, ne peuvent être ;ittribuées qu'à la prédominance du sang germanique sur les autres éléments celtique et ibérique constituant également la nation anglaise, que Tacite dit être composée de colons venus des Gaules, de Silures venus d'Hispanie, et de Calédoniens venus de Germanie. {Agricolœ vita, XL) Or il est vraisemblable que ces mêmes différences de pathologie ehtnique et cette même résistance au traumatisme chirurgical se montrent également chez
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les descendants de nos immigrés germains, soit Galato-Belges, soit Francks, soit Burgiuules, soit Normands habitant le nord-est de notre pays.
Les nombreux succès d'ovariotomie obtenus en Alsace par M. Kœberlé, rapprochés de ceux obtenus en Angleterre par MM. Baker-Bro\vn , Spencer Wells, Clay, de Manchester, pourraient paraître foui'nir une nouvelle preuve de cette résistance aux grands traumatismes chirurgicaux des descendants de race germanique, si actuellement les succès, obtenus également à Paris et dans d'autres villes à population peu ou nullement germanique, ne devaient être attribués plus à l'habileté des opérateurs qu'à cette résistance elhnique des opérées.
On pourrait être porté à attribuer à une immunité elhnique, propre aux peuples germaniques immigrés en deçà du Rliin, la rareté des affections calculeuses des voies uriii aires signalée par MM. Stœber et Tourdes chez les Alsaciens, par 'M. Golding Bird chez les habitants des provinces rhénanes, et par M. Janssens chez ceux de Bruxelles. Mais avec MM. Stœber, Tourdes et Mialhe peut-être serait-il plus juste de rechercher la cause de cette immunité relative dans l'alimentation ordinairement végétale, et dans l'usage devins légers contenant beaucoup de bitartrale de potasse, ou d'autres boissons diurétiques, bières, etc. (Stœber et Tourdes, Topogr. et hist. méd. de Strasbourg, ext. dans Arch. gén. de méd., mai 1865, t. Y, p. 659. — .lanssens. Et. sur les causes nosologiques de décès dans la ville de Bruxelles, 1865-1866, p. J52. — Golding-Bird, De l'urine et des dépôts urinaires, trad. par O'Rorke, p. 195. — Mialhe, De la destruction des acides organiques dans l'économie animale envisagée au point de vue du régime à suivre à Yichy : Annales de la Soc. d'hydrologie méd. de Paris, t. Xll, p. 114, 1864-1865.)
Quelques faits différentiels relatifs à la proportion des infirmités considérées au point de vue ethnologique peuvent être fournis par les opérations du recrutement de l'armée. Mais avant d'exposer quelques-uns de ces faits différentiels relatifs à telle ou telle infirmité, peut-être n'est-il pas inutile d'indiquer quelques-unes des causes paraissant influer sur la proportion générale des exemptés pour intirmités parmi nos jeunes hommes.
Quoique Boudin ait montré qu'en France les jeunes gens aptes au service militaire, c'est-à-dire ceux ayant une taille suffisante, et n'étant pas inflrmes, sont deux fois plus nombreux que ceux de plusieurs États allemands, comme la Saxe et la Prusse, dans le rapport de 6824 à 2590 et 2850 sur 10 000 examinés, la proportion des exemptions pour inaptitude, c'est-à-dire pour insuffisance détaille et infirmités, est encore de 5176 de 1858 à 1860, conséquemment assez considérable ; car on range au nombre des motifs d'exemption bien des infirmités extrêmement légères. Remarquons d'ailleurs que, bien que cette comparaison de l'aptitude militaire dans les divers Etats ne jette que peu de lumière sur la morbidité relative des différentes races, car les conditions d'exemption peuvent différer dans le recrutement des armées de ces divers Étals, cette aptitude militaire moindre des jeunes gens de l'Allemagne du Nord semble d'autant plus admissible que l'aptitude de nos jeunes compatriotes est généralement moindre dans les départements de la France en partie peuplés de descendants d'immigrés de race germanique septentrionale, comme ceux du nord-est, particulièrement comme ceux de la Normandie, que dans les départements principalement peuplés par les descendants des Celtes, comme ceux du Centre et de la Bretagne. En effet, tandis que les cinq départements bretons du Finisterre, du Morbihan, d'ille-et- Vilaine, des Cùtes-du-Nord et de la Loire-Inférieure ofliiraient 7050 jeunes
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hommes aptes au service militaire sur 10 000, les cinq départements normands de la Manche, de l'Orne, de la Seine-Inférieure, du Calvados et de l'Eure n'en auraient que 6510; différence de plus d'un dixième.
Boudin a constaté de 1851 à 1860 l'accroissement de l'aptitude militaire en France. La proportion des jeunes gens aptes au service militaire, c'est-à-dire ayant une taille supérieure à la taille réglementaire de 1",56 et n'ayant pas d'infirmités, de 6500 en 1851, s'était élevée à 6995 en 1858, à 6755 en 1860 sur 10 000 examinés, soit en moyenne pour les trois dernières années à 6820. (De l'accroissement de la taille en France : Mém. de la Soc. d'anthrop., t. II, p. 252, 257 et 258.)
Cet accroissement tient principalement à une grande diminution des exemptés pour défaut de taille, ainsi qu'il a été dit précédemment; cependant les exemptés pour infirmités paraissent avoir aussi un peu diminué.
Le tableau suivant, extrait d'un plus étendu donné par M. Morache (Militaire (hygiène) : Dict. encycl. des sciences me'd . , 2« sér., t. YII, p. 7-44, 1875), per met de reconnaître que sur 10 000 jeunes hommes examinés, de 1844 à 1868, la proportion des exemptés pour infirmités de 5926 est descendue à 5459, différence de près d'un huitième en vingt-cinq ans, et si pour plus d'exactitude on compare les deux périodes quinquennales du commencement et de la fin de la série, en rapprochant la moyenne annuelle de 5788 exemptés pour infirmités durant la période 1844-1848 inclusivement de la moyenne de 5456 exemptés durant la période 1864-1868 inclusivement, on trouve que la diminution a été de près d'un onzième. D'ailleurs si la diminution des exemptions pour infirmités a été moindre que celle des exemptions pour défaut de taille, réduites de près d'un tiers en vingt-cinq ans, peut-être, ainsi que le remarque M. Broca, doit-on l'attribuer en partie à l'instruction plus grande des médecins militaires, spécialement pour le diagnostic de certaines affections commençantes, comme la phthisie, certaines prédispositions morbides. (Broca, Sur la prétendue dégénérescence de la popul. fi^ançaise : Acad. de méd., 1867, extr. du Bull., p. 28.)