‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 103 sur 126 · GARENGEOT · texte numérisé non relu

GARENGEOT

sous la direction de son père, il suivit les cours de la faculté' de Vienne et se fit recevoir docteur en 1696. Il lut de'signéen 1705, par l'archiduc Charles, pour l'accompagner dans ses voyages en qualité de médecin, et fut nommé, au retour, conseiller de l'empire. En 1720 il devint membre de l'Académie des curieux de la nature, où il prit le nomdeCalligènes; en 1723, il fut nommé premier bibliothécaire de l'empereur, ou directeur de la bibliothèque de Vienne, et en 1732 il succéda à son père dans son emploi de premier médecin. II est mort à Vienne le 21 juillet 1759. Outre quelques notices insérées dans le Journal des savants ou dans les Mémoires de l'Académie des curieux de la nature, on lui attribue l'opuscule suivant :

De vivipara generattone. Vienne, 1696, in-8°. A. D.

GAREXCiÈRi-s (THÉOPHILE de). Né à Paris, vers 1615, étudia la médecine à l'Université de Caen et y prit le grade de docteur à l'âge de -vingt ans, le 27 octobre 1654. Il se rendit ensuite en Angleterre, abjura le catholicisme, fut reçu licencié du Collège des médecins de Londres, et agrégé à l'Université d'Oxford en 1657. Plus tard, nous le retrouvons à Londres, où il fut pendant quelque temps médecin de l'ambassadeur de France. Il mourut dans la pauvreté, à Covent Carden, vers 1670, laissant :

I. Angliœ flagellum, sive tabès anglica numeris omnibus absolula. Londini, 1647, in-1'2 — II. A Mui casl inio ihe Treasury of the Famous Cihj of London, heing a Briefand Metlwdical Diicourse uf the Nalwe, Causes, Symptoms, Remédies and Préservation from ihe Plague in lliis Calamiious Year. London, 1665, in- 8°. — III. The Admirable Virfues ofthe True and Genuine Tinclur of Coral. London, 1068, in-8°. — IV. The True Prophecies or Pronostics of Michel Nostradamus, etc. Trad. London, lô?^, in-fol. L. Un.

GAREXGEOT (René-Jacques-Ci!Oissakt de). Célèbre chirurgien français, né le 30 juillet 1688, à Vitré, en Bretagne, où son père était chirurgien royal et chirurgien de l'hôpital. Son éducation fut très-soignée, et après avoir reçu de son père les premiers éléments de l'art chirurgical, il fut eipployé à l'hôpital d'Angers pendant cinq ans, puis dans les grands hôpitaux de h marine en Bretagne. Après avoir fait deux campagnes sur mer, il vint, en 1 711, à Paris, et ne trouva à se placer que chez un chirurgien-barbier, demeurant dans l'École de médecine et employé par la Faculté. Garengeot profita de cette situation pour suivre les cours professés dans l'école; il s'attacha d'abord à l'anatomiste Winslow, qui le remarqua, et suivit en même temps la pratique de Méry à l'Ilôtel-Dieu, puis celle de son successeur Thibaut. En ville, il prit pour maîtres en chirurgie successivement Arnaud et J.-L. Petit.

Garengeot s'était fait connaître avantageusement par plusieurs ouvrages de mérite, avant même d'être agrégé à la communauté des chirurgiens de Paris; ses ressources pécuniaires avaient été insuffisantes pour se procurer ce titre; Mareschal leva cette difficulté et Garengeot fut reçu en 1725. Il fit alors à l'École de médecine des cours d'anatomic qui eurent un grand succès, et en 1728 il fut nommé démonstrateur royal de matière médicale, puis d'opérations à l'École de chirurgie, membie de l'Académie royale de chirurgie de Paris et de la Société royale de Londres. L'Académie de chirurgie le chargea de l'office de commissaire pour les extraits; il conserva cet emploi jusqu'en 1742, où il fut nommé chirurgien-major du régiment du roi, infanterie. Il fit avec ce corps plusieurs campagnes, durant l'une desquelles il mourut subitement d'apoplexie à Cologne, le 10 décembre 1759, à l'âge de soixante-onze ans.

GARET. 731

Garengeot jouit de son temps d'une réputation méritée, mais il eut de nombreux ennemis et fut en butte à des critiques acerbes, tant en France qu'à l'étranger. « 11 en aurait fallu bien moins à beaucoup d'autres, dit Morand, pour lui faire abandonner la plume , mais Garengeot était ferme ; il s'était attendu à celte guerre littéraire et dès 1728 il avait annoncé, dans sa Myotomie, que son parti était pris, et que sans faire attention aux contradictions, il écrirait avec une honnête liberté tout ce qu'il aurait fait et vu faire, quand cela pourrait être utile aux jeunes chirurgiens. Il a amplement tenu sa parole. 11 n'est pas possible de refuser des éloges à un zèle si soutenu; aussi en arracha-t-il de ses adversaires mêmes, j'ai pensé dire de ses ennemis. Et quoique cet homme imperlubable ait quelquefois prêté le flanc à de justes critiques, je ne crois rien avancer de trop en disant (|ue ceux qui voudront savoir l'iiistoire moderne et les progrès de la chirurgie d'une partie de ce siècle, seront obligés de consulter les ouwages de Garengeot ».

Notre savant chirurgien fit de grands efforts pour réhabiliter la chirurgie, pour la soustraire à la domination que la médecine exerçait sur elle, pour rendre en un mot le chirurgien l'égal du médecin. A l'exemple de Scultet, il a décrit les instruments de la chirurgie usités alors ; il a si bien perfectionné la clef dentaire que son nom demeura attaché à cet instrument. Il a modifié heureusement plusieurs opérations importantes (fistule lacrymale, polypes des fosses nasales, bec-de-lièvre, hernie étranglée, hydrocèle, etc.).

Nous n'énumérerons pas toutes les autres modifications qu'il introduisit dans les pi'océdés opératoires et dont quelques-unes, imaginées par d'autres auteurs, ont été décrites par lui, il faut bien le reconnaître, sans mention de leurs inventeurs.

Ses ouvrages portent généralement l'empreinte d'une certaine originalité. Nous citerons :

I. Traité des opérations de chirurgie, fondé sur la mécanique des organes de l'homme et sur la théorie et la pratique la plus autorisée. Paris, 17'20, 2 vol. in-12; 2* édit., ibid., 1731, ô vol. in-S"; ibid., 1748, 3 voi. in-12 [Ce traité renferme les préceptes des meilleurs chirurgiens de l'époque : Arnaud, Thibaut, Petit, Lapeyronie, Guérin, etc. — II. Nouveau traité des instruments de chirurgie les plus utiles et de plusieurs nouvelles machines propres pour les maladies des os. Paris, 1725, 2 vol. in-12. Nouv. édit. La Haye, 1725, 2 vol. in-12 (Excellent ouvrage vivement critiqué par Vigneron, fabiicant d'instruments de chirurgie, qui accusa Garengeot de s'être approprié plusieurs de ses inventions). — III. Myotomie humaine et canine, ou la manière de disséquer les muscles de l'homme et du chien. Paris, 1724, in-12; 2° édit., aiigm. d'une Myologie ou histoire abrégée des muscles. Paris, 1728, in-12; 5° édit., ibid., 1750, 2 vol. in-12. — lY. Splanchnologie, ou l'analomie des viscères, etc., suivie d'une Dissert, sur l'origine de la chirurgie. Paris, 1728, in-12; ibid., 1759, in-12; ibid., 1742, in-12. La Diss. sur l'orig. de la chir. est aussi tirée à part (ouvrage renfermant un certain nombre de faits, nouveaux alors, sur les artères intercostales, sur les tissus de la dure-mère, etc.). — V. L'opération de la taille par l'appareil latéral, ou la méthode de frère Jacques, corrigée de tous ses défauts. Paris, 1730, in-12. — VI. Diversmémoires ou observations dans les Mém. de l'Acad. des se. et dans les Mém. de l'Acad. de chirurgie. L. Hn,

GARET (Hknri). Médecin belge de la fin du seizième siècle, était de Louvain. Il étudia la médecine à l'Université de sa ville natale, ainsi qu'en Italie, se fit recevoir docteur à Padoue, puis alla exercer l'art de guérii à Bruxelles. L'archevêque-électeur de Mayence, Wolfgang von Dalberg, le nomma son premier médecin; à la mort de ce piince, en 1601, Garet revint dans sa ville natale, où il mourut le 5 avril 1602. On n'a de lui qu'un recueil d'obser-

752 GARGARISME (phaumacie).

valions sur la goutte, qui constituaient de son temps le meilleur traité sur la matière :

De Arthtitidis prœsei-vatione et curalione, clarorum doctissimorumquc nosh-ce œlatis medicorum consilia. Francofurti, 1592, in-8°- L. Hx.

GARGARIS.7IE. g I. Pharmacie. Le mot gargarisme vient de yxpyxpiljv^ (gargariser), opération qui consiste à agiter un liquide dans l'arrière-bouche et dans la gorge {voy. plus loin). Les gargarismes sont en général des solutions aqueuses ou des infusions, ou des décoctions faites avec l'eau, que l'on utilise pour combattre les maladies de la bouche et de la gorge : il faut avoir soin de les rejeter après un contact plus ou moins prolongé, et ne pas les avaler, car souvent ils renferment des médicaments très-actifs. Le véhicule des gargarismes est presque toujours de l'eau, quelquefois, mais assez rarement, un autre liquide, tel que le vin, le vinaigre, ou le lait ; ils contiennent en solution très-fréquemment des sels, des extraits, etc. ; ou bien ce sont des infusions de plantes ou d'espèces émoUientes ou astringentes ; ces solutions et ces infusions sont ordinairement édulcorées avec du mellite simple, plus rarement avec du sirop simple, mais assez fréquemment avec des mellites ou des sirops qui contiennent des principes médicamenteux qui passent ainsi dans la composition du gargarisme ; on emploie souvent cà cet usage le mellite de roses rouges, le sirop (le mûres, le sirop d'opium, etc.

Les gargarismes peuvent être rangés parmi les médicaments employés pour l'usage externe.

Toutes ou presque toutes les substances médicamenteuses peuvent être employées sous forme de gargarismes; néanmoins, nous allons donner ici les formules de ces médicaments, les plus usitées :

1° Gargarisme acidulé :

2C Vinaigre 25 grammes.

Mellite simple 50 —

Décoclion d'orge 200 —

Mêlez.

{Foriniil. des hôpit. milit .]

Une autre formule de gargarisme acidulé ou détersif est la suivante :

2r Alcool sulfurique 2 grammes.

Miel rosat 60 —

Eau d'orge 230 —

{Coder ]

2° Gargarisme antiscorbiitique :

'4 Espèces amères 5 grammes.

Eau bouillante 250 —

Faites intuser une heure, passez et ajoutez :

Sirop de miel 60 grammes.

Teinture antiscorbulique 30 —

(Codex.)

Autre formule :

Z' Alcoiilat de cochléaria composé 15 grammes.

Mellite simple 30 —

InfHsion araère 20O —

Mêle7,

'Fonnul. des hôpit. milit.)

GARGARISME (pharmaciiî). 7>3

Autre formule :

■if. Sauge 20 grammes.

Vin rouge, pour obtenir 240 grammes de colla-

lure Q. S.

Ajoutez :

Acide chlorliydrique 4 grammes.

Miel rosat 30 —

(Itorlum.)

Gargarisme antiseptique

2C Quinquina rouge 8 grammes.

Eau.' 250 —

Faites bouillir, passez et ajoutez :

Miel rosat 30 grammes.

Alcool camphré 1 —

Eau de Babel 1 —

(Guibourt.)

L'écorce de quinquina rouge peut être remplace'e par l'écorce de quinquina

gris.

4° Gargarisme astringent :

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