Acide sull'urique dilué au 10* 10 grammes
Mellite simple 50 —
Décoclicu d'orge '200 —
.Mêlez.
(Formul. (les liûpii. milil.)
1 6" Gargarisme térébenthine :
2r Mutilape de gomme arabique iSO gramme*.
fluiie essentielle de térébenthine 10 —
I),ins la salivation mercurielle (Geddings). E. Burcker.
g 11. Thorapeutique. A l'action me'dicamenleuse tofique du gargarisme, variant naturellement avec sa composition, se joint une action mécanique exercée également sur les muqueuses et due au.\ mouvements dont le liquide doit être animé; c'est une des différences essentielles entre le gargarisme et le bain local. L'ébranlement par la colonne d'air expiré des molécules liquides donne lieu à la. production d'un bruit particulier de glouglou, d'où provient la formation par onomatopée des mots yapyapiiZîvj, se laver la bouche, ya/iya-
Envisagé exclusivement par son côté médical et thérapeutique, le gargarisme est toujours employé eu vue d'une action purement locale, contre les affections de la bouche, de l'arrière-boucue, de l'isthme du gosier (piliers antérieurs, piliers postérieurs, amygdales), du voile du palais ou du pharynx. 11 peut même, dans des conditions particulières, èlre dirigé jusque dans la partie supérieure du pharynx et postérieure des fosses nasales (gargarisme pharyngonasal), voire même jusque dans la cavité vestibulaire du larynx (gargarisme laryngien).
Les considérations relatives à la forme, à la composition, aux propriétés médicinales des gargarismes seront exposées dans la pharmacologie. Nous rappellerons seulement que ces médicaments appartiennent à la classe des préparations pour l'usage externe, et qu'ils doivent, pour cette raison, être intégralement rejetés de la bouche après qu'on s'en est servi. Toutefois, il peut arriver que, par suite d'un mouvement imprévu, une quantité du liquide vienne à s'engager dans les voies digestives ou respiratoires ; cette éventuahté doit toujours être présente à l'esprit du médecin au moment de la prescription du médicament, de cette façon il évitera d'y faire entrer des principes pouvant devenir nuisibles par ingestion.
Modes d'emploi. Il y en a plusieurs, suivant l'effet à obtenir et la région à atteindre. Le liquide introduit dans la cavité malade est soumis à des mouvements de va-et-vient qui concourent à détacher plus facilement les mucosités
GARGARISME (thérapkutiquk). 737
ou les exsudais adhérents à la muqueuse. Ces mouvements sont produits d'une part, par l'impulsion de la colonne d'air expiré, et d'autre part, par la contraction des plans musculaires des parois. L'expulsion des produits contenus dans les cryptes glandulaires est singulièrement Cacilitée parles contractions musculaires, et les amygdales, en particulier, se vident souvent à l'occasion de mouvements plus ou moins énergiques des piliers et du voile du palais.
En revanche, il est des formes d'inflammations aiguës de ces organes avec tuméfaction considérable, où malgré la nécessité d'une application sédative locale, les gargarismes ne peuvent être employés à cause des douleurs excessives que provoqueraient le.s contractions musculaires et qui rendiaient la médication plus nuisible qu'utile. Il vaut mieux se borner alors à prescrire un simple bain des parties enflammées que le malade prend en conservant le liquide médicamennteux dans la bouche ou dans le pharynx, sans lui communiquer aucun mouvement.
La gargarisation nécessite une certaine éducation ; bien des malades ne retirent de cette médication aucun avantage à cause de leur inexpérience ou de leur inhabileté. On ne gargarise pas la bouche comme le pharynx, etc. ; il faut, pour chaque région, recourir à des manœuvres spéciales, ce qui permet de diviser le gargarisme en quatre variétés, suivant qu'on se propose d'agir sur la bouche, sur le pharynx, sur l'arrière-cavité des fosses nasales, ou enfin, selon M. Guinier, sur la portion sus-glottique de la cavité laryngienne.
A. Le gargarisme buccal est celui dans lequel le liquide reste contenu dans la bouche ; il n'a d'effet que sur les muqueuses gingivales, jugales, linguale, palatine, sur les piliers antérieurs et les amygdales, enfin sur la face antérieure du voile du palais. Il nécessite l'occlusion de l'orifice postérieur de la bouche, occlusion qui s'effectue par un mouvement combiné de la langue et du voile palatin : tandis que ce dernier se relâche et s'abaisse, la base de la langue se relève, et les deux organes s'accolent, fermant ainsi toute communication entre la bouche et le pharynx.
La respiration par le nez demeure entièrement libre et la manœuvre peut être longtemps prolongée. Du côté de la bouche, l'entrée de l'air est impossible dans l'inspiration, mais l'expiration se produit sans inconvénient. La luette couchée la pointe en avant dans la gouttière linguale est mise en vibration, et la collision de l'air expiré avec le liquide produit un bouillonnement bruyant. Il est nécessaire d'incliner fortement la tête en arrière pour éviter l'écoulement du liquide par l'ouverture labiale qui, sans cette précaution, serait en déclivité.
L'expiration n'est pas indispensable dans le gargarisme buccal pour mettre le liquide en mouvement ; les contractions alternatives des muscles des joues suffisent très-bien à lui imprimer des secousses d'un côté à l'autre; il faut seulement fermer les lèvres en avant pour retenir le liquide ; c'est le mode de gargarisation généralement employé pour les soins journaliers d'hygiène et de propreté. Bien des personnes, gênées par une inexplicable appréhension, retiennent le liquide dans la bouche au lieu de le porter dans le pharynx, sans se rendre compte de l'insuffisance de leur pratique.
En raison de la conservation intégrale delà respiration par le nez, si quelques gouttes venaient à s'échapper sous le voile du palais, elles pourraient être aspirées et tomber dans le pharynx ouvert ; elles provoqueraient les accidents de la toux et de l'étranglement, beaucoup plus rares dans les autres manières de gargarisme.
728 GARGARISME (tiiérapeutiquk).
Le collutoire est un médicament liquide ou demi-liquide destiné aussi à un usage topique sur les organes de la cavité buccale; mais il s'emploie d'une façon toute différente; il a généralement une consistance plus épaisse, il est plus actif et ou l'applique directement à l'aide d'un pinceau de charpie ou de blaireau sur les parties malades ; il est laissé en place et n'est pas rejeté. C'est un médicament employé contre les gingivites et parliculièremenl chez les enfants.
11 est vrai que quelques auteurs, adoptant le sens étymologique du mot colluere (laver), donnent aussi le nom de collutoires à des liquides médicamenteux destinés à rincer la bouche. Quant à nous, nous considérons cette pratique, ainsi que nous l'avons dit plus haut, comme une des variétés du
gargarisme.
B. La seconde manière de se gargariser, la plus employée en médecine, consiste à porter le liquide dans la cavité du pharynx. Après avoir pris dans la bouche une petite quantité du médicament, on renverse la tête en arrière, et, taudis qu'on ouvre largement l'arrière-bouche, le voile du palais se soulève énergiquement comme dans l'acte du vomissement; le voile prend la même position qu'au second temps de la déglutition. Ce qui importe ici, c'est de savoir que la voie de communication entre le pharynx et l'arrière-cavité est hermétiquement close, que le cloisonnement se fait par la tension du voile du palais (Moui'a) soulevé et tendu par ses élévateurs (muscles péristapliylins internes), contrairement à la théorie dite du pont-levis, attribuée à Bichat, contrairement aussi à l'opinion plus ancienne, puisqu'elle a été entrevue par Albinus, décrite par Sandifort, Gerdy, Dzondi, et mieux accréditée encore, puisqu'elle est admise de nouveau par Kuss, en vertu de laquelle l'occlusion de l'isthme naso-pharyngien serait due à la contraction des piliers postérieurs (muscles staphylo-pharyngiens) c< figurant à l'état de contraction la coide de l'arc qu'ils représentent à l'état de repos, et laissant entre eux une fente comblée en bas par les constricteurs moyens et inféiieurs du pharynx et en haut par la luette » [Cours de physiol., Kuss et Duval, A" édit., p. 544).
Le liquide est donc contenu dans la cavité du pharynx fermée en haut par le voile du palais, en bas par les fibres circulaires du constricteur inférieur, du côté de l'œsophage, par l'épiglotte et la base de la langue du côté du larynx. La communication avec la bouche reste béante, mais le liquide ne peut s'échapper par cette voie, à cause de la position de la tète renversée en arrière.
Dans ces conditions, l'inspiration est impossible, sous peine de pénétration du liquide dans le larynx et de suffocation ; mais l'expiration s'effectue, et c'est par elle que sont produits le mouvement et le bruit de glouglou.
Avant de prendre dans la bouche le liquide du gargarisme, on a instinctivement soin de faire une forte inspiration ; puis, après avoir renversé la tète en arrière, on chasse lentement l'air accumulé dans les poumons. En s'échappant, l'air imprime de légères secousses au liquide et produit le bruit caractéristique. Il faut que le larynx soit ouvert pour laisser passage à l'air, mais le liquide ne peut pénétrer, sauf une quantité négligeable, repoussé qu'il est par la colonne expirée.
Nous avons déjà dit qu'on ne peut pas toujours éviter de petits mouvements de déglutition qui font passer par gorgées dans l'estomac une partie du gargarisme. Cet accident est attribuable au' renversement exagéré de la tète, c'està-dire à l'excessive tension des muscles du cou, spécialement des mylo et des
GARGARISME (thkkapeutiqub). 759
slylo-hyoïdiens, donl les contractions provoquent le mouvement de bascule de la langue, point de départ du réflexe de la déglutition.
Dans la médecine infantile, les gargarismes seraient, à cause de la fréquence des maux de gorge, d'une application journalière, si l'inhabileté ou l'insubordination des petits malades ne forçaient d'y renoncer le plus souvent. On les remplace habituellement par des applications topiques au moyen de pinceaux ou d'épongés, mais le résultat n'est pas aussi bon. On relii'era plus d'avantages d'injections à grande eau poussées par la bouche du malade avec un irrigateuiou une seringue ordinaire. Le liquide poussé avec une certaine force est animé au fond du pharynx d'un remous qui a le même effet que les contractions musculaires. Les enfants se prêtent généralement bien à l'emploi de ce moyen qui n'est nullement douloureux si on n'injecte pas le liquide avec une force excessive; ils demandent même souvent les injections à cause du bien-être qu'ils en éprouvent. Yoici comment on doit procéder : l'enfant est assis, le cou tendu en avant et la face légèrement abaissée; la bouche est ouverte sans effort ou seulement entr'ouverte pour l'introduction de la canule et pour le passage en retour du liquide injecté. On pousse alors le liquide avec une force modérée. (1 n'y a pas lieu de craindre que des parties du médicament tombent dans le larynx ; en ouvrant la bouche, les enfants suspendent la respiration et ferment instinctivement l'entrée des voies de l'air. Jamais l'injection ne provoque d'accès de toux, ce qui prouve bien que l'occlusion du larynx a été parfaite. 11 faut seulement avoir soin de ne pas injecter une trop grande quantité de liquide, pour ne pas fatiguer le malade par une trop longue suspension de la respiration.
Ce même procédé, qui ne réclame pas l'intervention active des muscles, peut être avantageusement employé chez l'adulte comme chez l'enfant dans les cas où l'inflammation et le cronflement l'endent très-douloureuses les contractions musculaires.
C. On peut encore, grâce à un artifice, faire aller le liquide du gargarisme dans la partie supérieure du pharynx (arrière-cavité des fosses nasales) et jusque dans les fosses nasales. Cela revient à faire avec le médicament ce qui se fait si facilement avec la fumée du tabac ; c'est le gargarisme des fosses nasales et de l'arrière-cavité.
Pour le pratiquer, après avoir introduit le liquide dans le pharynx, on dirige l'air expiré dans les fosses nasales en laissant la bouche entr'ouverte. L'expiration nasale repousse le voile du palais et la luette qui viennent s'appliquer contre le dos de la langue, comme dans le gargarisme buccal. Un léger et brusque mouvement de tête d'arrière en avant, combiné avec la secousse expiratoire, fait aisément passer par l'orifice postérieur des fosses nasales le médicament qui est ensuite rejeté par les narines.
On peut faiie arriver le médicament sur les mêmes parties par une manœuvre inverse, c'est-à-dire en le faisant passer d'avant en arrière. Pour la pratiquer, il faut faire une forte inspiration après avoir introduit le nez dans le liquide qui traverse alors les fosses nasales et va passer par leur partie postérieure . Mais cette manœuvre ne laisse pas que d'être désagréable à cause de la diffusion qui se produit presque inévitablement et qui entraîne des gouttelettes dans toute la cavité des fosses. Ce qu'il y a de pénible dans la manœuvre peut être facilement supprimé, en injectant doucement par l'orifice antérieur des fosses nasales le liquide médicamenteux. Utile chez les enfants atteints de coryza.
740 r.ARGARISMK (thérai'kutiqlk).
cette me'dicalion a aussi de réels avantages dans toute les surdités tenant à un catarrhe de la trompe, surtout dans les cas, et ce sont les plus communs, oîi l'inflammation catarrhale s'est propagée du pharynx, des amygdales, etc. Par ce moyen, on peut donner à la muqueuse de l'arrière-cavité et des fosses ellesmêmes un véritahle bain ; il est facile eu effet de maintenir le liquide médicamenteux dans cette cavité dont le voile du palais tendu, comme au second temps de la déglutition, fait le fond ; seulement la disposition est inverse, le liquide est au-dessus de la cloison au lieu d'être au-dessous d'elle. Cette manœuvre ne demande qu'une précaution, c'est que le liquide soit introduit avec lenteur, graduellement; l'accès brusque d'une quantité trop forte surprend le voile du palais qui se relâche aussitôt et laisse tomber le liquide : l'inondation imprévue des orifices de l'œsophage et du larynx pi'ovoque alors de très-pénibles accès de toux et de suffocation.
D. Le quatiième procédé de gargarisme est de date relativement récente. C'est une innovation thérapeutique de M. Guinier, de Montpellier. Le gargarisme laryngien consiste, comme l'indique la dénomination admise, à introduire le médicament dans la cavité vestibulaire (cavité sus-glottique du larynx), par conséquent au delà de l'épiglotte et jusqu'à la glotte proprement dite, dans une loge, en un mot, dont le fond est formé parles cordes vocales inférieures réunies. Présentées à l'Académie de médecine et reproduites à Paris ^ devant un auditoire de médecins, parmi lesquels je me trouvais (I8C5), ces expériences donnèrent lieu à une polémique qui était basée non sur le fait même du gargarisme laryngien, mais sur certaines conclusions relatives à la déglutition que l'auteur crut pouvoir tirer d'une façon générale de faits particuliers et spéciaux, conclusions que j'ai combattues en ce qui concerne la déglutition normale qu'elles visaient alors. Abandonnant ce terrain, M. Guinier a plus judicieusement appliqué ses expériences au gargarisme. Elles démontrent qu'un liquide peut être introduit et conservé pendant un certain temps dans la cavité sus-glottique. Voici comment M. Guinier procède : il prend une petite gorgée d'eau et, renversant la tête légèrement en arrière, il la lait s'introduire par son propre poids le long de la base de la langue creusée en gouttière, dans la cavité sus-glottique. Avec le laryngoscope, on peut voir le liquide sous-jacent à l'épiglotte bouillonner dans le vestibule du larynx, sous l'intluence de petites bulles d'air expirées doucement. Si le liquide est transparent et sa couche peu épaisse, la eouleur blanche des ligaments vocaux est facilement perçue. Cette expérience, qui n'a lien de pénible, peut être maintenue aussi longtemps que la respiration peut être suspendue.
On pensait jusqu'alors que pendant la gargarisation l'épiglotte se renversait comme un couvercle de tabatière sur l'orifice du larynx et le fermait en s'opposant à la pénétration du liquide. L'expérience précédente prouve qu'il en peut être autrement, et que, avec une éducation particulière qui peimet de T^aincre à volonté les mouvements normaux et habituellement inconscients de la déglutition, on peut arriver à supprimer les mouvements réflexes et à immobiliser la base de la langue et l'épiglotte. 11 y a lieu de s'étonner cependant que ce
* Le dossier de ceUe polémique, qui ne saurait avoir ici sa ptace, se trouve aux indications suivantes : Union médicale, 1865, p. 428. — Montpellier médical, 18G0, p. 89. — Gazette des hôpit.,, 1805, 20 juin, 1" août. — Gazette hebdomadaire, 1865, n° 51, p. 480, 1869, n° du 28 mai. — Élude pratique du gargarisme lai-yngo-nasal, par le docteur Guinier. Taris, 1878. — Dict. prat. de méd. et de cliir , art. Déglutitiox, t X, p. 468.