‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 106 sur 126 · GARGOUILLEMENT · texte numérisé non relu

GARGOUILLEMENT

résultat soit aussi facile à acquérir que l'affirme M. Guinier, avec la presque totalité des malades.

Quoi qu'il en soit, le liquide étant dans la cavité vestibulaire, quelle barrière s'opposera à sa pénétration dans les voies respiratoires? L'occlusion énergique de la glotte, comme dans l'acte de l'effort et comme dans la déglutition où elle n'a qu'un rôle de précaution, tandis qu'elle prend dans le gargarisme laryngien nu rôle capital acquis par une éducation et une gymnastique spéciales.

Krishaber.

C!ARG9TKT>LO. Voy. CaSAMICCIOLA.

GiiRGOifiLrKmiEiVT. On appelle ainsi une sorte de râle à bulles groîses , inégales et humides, qui se produit toutes les fois que des liquides contenus dans une cavité d'une certaine dimension sont agités par le passage de l'air ou d'un gaz quelconque. Le gargouillement qui rappelle jusqu'à un certain point le bruit produit dans l'arrière-gorge par nu gargarisme, peut donc siéger non-seulement dans le poumon où il a été désigné plus particulièrement sous le nom de gargouillement, mais aussi dans l'estomac, dans l'intestin, dans le péricarde et en général dans toute cavité renfermant des liquides en même temps qu'un gaz ou bien de l'air provenant d'une communication avec les bronches.

a. Gargouillement pulmonaire. Le gargouillement que l'auscultation fait percevoir dans le poumon n'est autre chose que le râle caverneux, lequel s'entend au niveau des excavations pulmonaires, quelle que soit leur origine patliologique. (j'est un râle gros-sous-crépitant qui se distingue de celui des bronches en ce que ses bulles grosse-:, inégales et visqueuses, sont mêlées presque toujours de souffle caverneux. D'autant plus intense que la cavité où il se produit est plus grande, le gargouillement se perçoit aux deux temps de la respiration et quelquefois à distance ; parfois il est entendu par le malade lui-même, et dans quelques cas le doigt appliqué sur la peau au niveau des cavernes le perçoit sous forme d'une crépitation. Le gargouillement pulmonaire peut disparaître après une expectoration abondante, ou lorsqu'un obstacle quelconque vient à intercepter l'entrée de l'air dans la cavité. Les secousses de toux le rendent plus sensible et le renforcent.

Le gargouillement ne peut apparaître qu'à condition que la caverne communique librement avec une bronche et que cette bronche ne s'ouvre pas au-dessus du niveau des liquides qui dès lors, cela se conçoit, ne seraient plus susceptibles d'être soulevés et d'éclater sous forme de bulles.

Le gargouillement pulmonaire ou râle caverneux ne saurait indiquer par luimême la nature de la lésion dont il relève, car il se produit avec des caractères identiques, non-seulement dans les cavernes tuberculeuses, mais aussi dans les foyers apoplectiques et gangreneux, dans les abcès du poumon et dans la dilatation des bronches en ampoule. Les causes physiques qui engendrent le gargouillement sont les mêmes dans tous ces cas et la nature des liquides renfermés dans la cavité est seule avarier. Le diagnostic repose sur le siège du phénomène et sur les symptômes locaux et généraux qui lui font cortège. Ainsi dans la tuberculose, le gargouillement occupe généralement le sommet des poumons et s'accompagne d'un certain nombre de symptômes trop bien connus pour qu'il soit utile de les énumérer ici ; dans tous les autres cas le bruit peut siéger dans un point quelcojique du poumon. Dans la gangrène pulmonaire, le diagnostic se lire en

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partie de la fétidité des crachats ; dans l'apoplexie, de leur état sanglant; dans la dilatation bronchique, de leur extrême abondance ainsi que de la marche de la maladie, etc.

Earlh et Roger ont observé le gargouillement dans un abcès prévertébral qui s'était ouvert dans les bronches et dont le pus s'était évacué par la bouche ; Lacnnec l'a entendu au niveau d'un abcès du foie communiquant avec les bronches par une fistule et ayant donné lieu à des crachats bilieux.

Chomel a signalé un gargouillement particulier siégeant dans une grande étendue du poumon et présentant une intensité progressivement décroissante. D'après lui, ce bruit se produit lorsque des cavernes tuberculeuses sont entourées d'un tissu pulmonaire induré qui propage au loin le bruit anormal.

Le même auteur a décrit un gargouillement siégeant dans tout un côté de la poitrine, mais avec une intensité partout la même. Ce bruit indiquerait l'existence simultanée d'un épanchement pleurétique et d'une caverne pulmonaire séparée de la plèvre par une cloison tiès-mince et transmettant le bruit dont elle est le siège par l'intermédiaire de l'épanchement pleural.

En somme ce ne sont là que des cas exceptionnels, et le gargouillement mêlé de soufde caverneux et siégeant au sommet des poumons est de beaucoup le plus commun. Il indique presque à coup sur l'existence d'une caverne tuberculeuse.

b. Gargouillement péricardique. Vhydropneumopéricarde, c'est-à-dire l'épanchement simultané de gaz et de liquides dans l'enveloppe du cœur, peut donner lieu à un bruit de gargouillement à timbre métallique, perceptible à l'oreille dans la région précordiale. Jaccoud, dans ses annotations à \a.Clinique de Graves, rapporte deux faits empruntés l'un à Stokes, l'autre à Sorauer, où ce bruit a été entendu p?r ces observateurs. Le gargouillement péricai'dique à timbre métallique n'est autre chose que le bruit de moidin de Bouillaud et de Bricheteau, sorte de clapotement sonore dû à l'agitation des gaz et des liquides du péricarde, sous l'influence des mouvements du cœur. Lorsque dans le cours d'une péricardite apparaît le gargouillement en même temps qu'une sonorité exagérée de la région précordiale et un affaiblissement des bruits normaux du cœur, on pourra songer à l'existence dans le péricarde de gaz nés sur place ou provenant d'une communication fistuleuse de la poche avec le poumon, l'œsophage ou l'estomac.

c. Gargouillement stomacal. Le gargouillement pathologique de l'estomac peut être provoqué, mais non sans difficulté, par la compression rapide de la région épigastrique. Certains malades, en se déplaçant, l'entendent sous la forme d'un clapotement qui leur donne la sensation d'un liquide agité dans une bouteille. 11 ressemble à un glouglou peu prolongé, ra|)pelant celui qu'on entend en faisant avaler lentement de l'eau à certains individus. Tantôt il s'entend à une grande distance, tantôt il n'est perceptible que si on approche l'oreille de la paroi abdominale pendant qu'on imprime un mouvement de va-et-vient au corps du malade.

Ce glouglou qui peut s'entendre à Vétat normal, n'acquiert une grande intensité et n'occupe une grande étendue qu'autant que l'estomac forme une grande cavité renfermant à la fois des gaz et des liquides. C'est ce qui arrive lorsque cet organe se trouve dans un état de dilatation considérable par suite du relâchement pathologique de ses parois. Le gargouillement stomacal intense et occupant une certaine étendue est donc un des signes de la dilatation morbide de l'estomac.

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