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GARGOUILLEMENT

Joint au son hydro-aériquc fourni par la percussion de i'e'pigastre, aux vomissements, etc., il peut acquérir une grande importance pour le diagnostic nonseulement de l'ectasie stomacale, mais aussi du rétrécissement pylorique dont cette ectasie est le plus souvent la conséquence (Racle).

d. Ganjouillement intestinal. L'intestin est souvent, lui aussi, le siège de gargouillements tantôt spontanés et perceptibles à distance, tantôt ressentis uniquement par l'observateur pendant qu'il comprime la paroi abdominale et qui les perçoit alors plutôt par le doigt que par l'oreille.

Pour provoquer le gargouillement intestinal à l'aide de la pression, on doit appliquer les deux mains sur la paroi abdominale à peu de distance l'une de l'autre ; pendant que l'une des mains reste immobile, l'autre déprime la paroi par de petits mouvements saccadés, mais doux, afin de ne pas les rendre douloureux pour le malade. Le gargouillement ainsi obtenu peut persister plus ou moins, mais le plus souvent il disparaît et ne se reproduit que par la compression d'une autre portion de la paroi abdominale. Si cette paroi est distendue par une tympanite ou par une ascite, le gargouillement est difficile, sinon impossible à constater.

Tantôt il est composé de bulles fines rappelant le râle crépitant, tantôt ses bulles sont de grosseur moyenne ou très-volumineuses. Dans ce dernier cas, les gaz prédominent sur les liquides et le ventre est très-sonore à la percussion, tandis qu'il donne de la submatité avec un bruit hydro-aérique, lorsqu'il n'y a que de la crépitation.

Le gargouillement intestinal se rencontre dans l'indigestion, dans l'entérite, dans la colite, dans la fièvre typhoïde, dans la dysenterie et en général dans toutes les affections intestinales qui provoquent une sécrétion abondante de gaz et de liquides. Dans toutes ces maladies, sauf dans la fièvre typhoïde, son siège est très-variable. Il n'est fixe que dans la dotliinentérie où il occupe la fosse iliaque droite et la région iléo-coecale. Très-gros, sonore et disséminé dans V indigestion, il est plus rare et plus fin dans l'entérite simple ou tuberculeuse et dans la diarrhée. Dans la colite et dans la dysenterie, il occupe plus spécialement le trajet du gros intestin, mais sans se localiser dans un point déterminé. En somme, dans tous ces cas il n'a pas de siège fixe et de plus il diminue ou disparaît par la diète. Dans la fièvre typhoïde, au contraire, outre qu'il reste limité à la fosse iliaque droite, il dure tant que dure la diarrhée typhoïde, se reproduit malgré les évacuations intestinales et persiste alors même que les malades restent à la diète. Au demeurant, il peut faire défaut même quand l'intestin contient des liquides, et lorsqu'il existe il ne saurait, en l'absence d'autres symptômes et de la fièvre en particulier, caractériser à lui seul la fièvre typhoïde.

Le borborygme, résultat des mouvements spontanés des liquides et des gaz intestinaux, diffère du gargouillement en ce qu'il se produit sans le secours de la pression abdominale. Très-commim chez les femmes, grâce à la gêne que le corset apporte à la circulation des gaz intestinaux, il s'entend dans l'état de santé et surtout à jeun. Il est fréquent dans la dyspepsie flatulente, dans l'hystérie et l'hypochondrie, et en général dans les affections qui s'accompagnent d'une sécrétion exagérée de gaz intestinaux ou d'une gêne dans le cours normal des matières fécales. Au reste, ce phénomène n'a aucune valeur diagnostique.

Le gargouillement est susceptible de se produire aussi dans les abcès de la fosse iliaque, dans les abcès par congestion et dans les abcès du rein qui tous peuvent, dans certaines circonstances, renfermer à la fois des gaz et des liquides.

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