‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 37 sur 126 · C-^'TI'^Âz^ + 60 = C2*LF«xVzM> H- U · texte numérisé non relu

C-^'TI'^Âz^ + 60 = C2*LF«xVzM> H- U

Aniline. Fuchsine.

De sorte que sous l'innuence d'un corps réducteur la fuchsine peut régénérer l'aniline. Une pareille réduction ne me semble pas impossible dans l'organisme.

Usage en médp:cine. Jusqu'à présent une seule application a été signalée, et c'est le hasard qui l'a fait découvrir. En étudiant l'action physiologique de la fuchsine chez un sujet atteint d'albuminurie, Bergeron et Clouet constatèrent à plusieurs reprises en analysant son urine, la disparition complète de l'albumine après l'ingestion de l'agent en expérience. Ils virent dans ce fait une relation de cause à effet et conclurent qu'il était indiqué d'instituer des recherches cliniques pour fixer la science sur la valeur réelle du chlorhydrate de rosaniline dans l'albuminurie.

Le docteur Feltz, de Saint-Denis, entra le premier dans cette voie. 11 fit prendre à un albuminurique âgé de cinquante-huit ans, atteint en même temps d'anasarque, do la fuchsine à la dose quotidienne de 5 centigrammes et constata que pendant la durée de l'expérience (quatre jours), l'albumine disparut à peu près de l'urine. Cette observation, toute insuffisante qu'elle était, car le malade fut perdu de vue, n'en avait pas moins un intérêt réel, aussi bien devint-elle le point de départ de recherches non relies. Par ordre chronologique, je citerai la suivante, due au docteur Périquet, de Beuzeville.

Une fille de dix-neuf ans, affectée de maladie de Bright depuis déjà longtemps, ayant de l'anasarque, rendait environ 20 grammes d'albumine par litre. Les traitements classiques avaient échoué complètement chez elle, c'est pourquoi on résolut d'essayer la fuchsine. La jeune fille en prit 10 centigrammes par jour avec un succès réel. En effet, au bout de quarante-huit heures, la quantité d'albumine n'était plus que de 16 grammes, et sous l'influence de doses de 20 à 30 centigrammes elle tomba au-dessous de 14 grammes. Malheureusement, l'observation s'est arrêtée là ; elle ne permet donc qu'une seule conclusion à savoir que la fuchsine restreint l'excrétion de l'albumine chez les albuminuriques. J'en dirai autant d'une seconde observation de Feltz, de Saint-Denis, qui nous montre l'alhumine disparaissant en partie ou reparaissant à la volonté du médecin qui donnait la fuchsine, chez une femme de soixante-cinq ans, affectée d'albuminurie très-avancée.

Au docteur Bouchut revient le mérite d'avoir rapporté les faits les plus pro bants en faveur de la valeur thérapeutique de la fuchsine dans l'albuminurie.

FUCHSINE (emploi). 267

Suivant lui, non-seulement le symptôme capital cède pendant le traitement, mais encore la maladie proprement dite s'amende et guérit. Voici, en effet, plusieurs cas cités par ce médecin distingué, qui me paraissent probants. Je les résume aussi brièvement que possible.

Chez une petite fille de six ans, albuminurique depuis dix mois à la suite d'une scarlatine, on obtint en quinze jours la disparition complète de l'albumine à l'aide de doses de fuchsine comprises entre 10 et 20 centigrammes.

Une autre fillette de huit ans, ayant 25 pour 1000 d'albumine dans l'urine, fut traitée avec un succès complet par l'enveloppement dans une couverture chauffée, par les fumigations de benjoin et la fuchsine à doses variables de 5 à 20 centigrammes. Au bout d'un mois, l'urine ne renfermait que des traces d'albumine, et six semaines plus tard celle-ci avait complètement disparu. Cette observation est encore une preuve à ajouter cà celles déjà citées de l'innocuité de ce médicament, puisqu'il fut administré à la dose de 12 grammes dans l'espace de soixante-dix jours sans déterminer le moindre accident.

Quatre autres jeunes malades furent guéris de la même façon dans un espace de temps qui varia de six jours à quatre mois et demi. Chez aucun d'eux on n'eut à constater d'autre phénomène qu'une coloration rouge de la langue et des lèvres.

C'est pourquoi l'auteur termine son élude en disant que la fuchsine est un médicament très-inoffensif.

« Que la fuchsine, ajoule-t-il, soit arsenicale ou pure mes conclusions sont les mêmes. Je n'ai pas eu plus d'accidents avec l'une qu'avec l'autre. »

Nous souhaitons beaucoup que l'expérimentation clinique de la fuchsine dans l'albuminurie soit poursuivie sur une large échelle. Dans une question de cette importance, il faut des faits nombreux, précis et bien observés, pour permettre d'étabhr la valeur curative du médicament préconisé. L'albuminurie prête ce me semble, merveilleusement à ce genre d'expérimentation ; elle est fréquente, facile à reconnaître et apprécier, enfin nous pouvons suivre presque mathématiquement son évolution. Dans ces conditions, la lumière se fait vite sur les points obscurs d'un sujet. La fuchsine résistera-t-elle à cet examen que j'appelle de mes vœux? C'est ce que je ne saurais dire, vu l'ignorance où nous sommes encore de sa véritable action pharmacodynamique. Naturellement, nous ne connaissons pas les formes cliniques les mieux adoptées à ce mode de traitement; c'est encore une question que le temps se chargera d'élucider, si tant est que les succès anciens se i-enouvellent.

Correction du daltonisme. Cette application est restée purement théorique jusqu'ici. Elle est due à la remarque suivante de Delbeuf : Quand on invite un daltonien à regarder à travers une solution de fuchsine, on constate qu'il voit juste, si j'ose ainsi m'exprimer, c'est-à-dire que ses aberrations visuelles ont disparu. Or, le docteur Javal a pensé qu'on pouvait mettre à profit cette observation dans la pratique en substituant à la solution de Delbeuf, une petite lamelle de gélatine colorée par la fuchsine. La dite lamelle est interposée entre deux lames de verre qui peuvent être montées en lunette. On n'a pas, que je sache, publié de faits favorables au traitement palliatif proposé par Javal.

Modes d'emploi et doses. La fuchsine est généralement administrée en pilules argentées ; mais rien n'empêche de la prescrire eu solution dans l'eau ou . l'alcool, de pareilles solutions pouvant être prises sans répugnance; toutefois elles ont le petit inconvénient de colorer en rouge les lèvres et la langue. Je

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