‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 61 sur 126 · FUSAIN · texte numérisé non relu

FUSAIN

mines, enchâsse plus ou moins dans sa portion centrale l'ovaire, qui est 5-5-loculaire, surmonté d'un style parfois très-court. Dans chaque loge de l'ovaire, le placenta axile supporte deux ovules, ou ascendants, avec le micropyle inférieur et extérieur ; ou descendants, avec le micropyle dirigé en haut et en dedans; quelquefois aussi ils sont à peu près horizontaux. Ailleurs le nombre des ovules devient un peu plus considérable ; ils sont disposés sur deux séries parallèles; ou bien encore, les loges ovariennes sont uniloculaires. Le fruit est une capsule, à quatre angles, parfois aliformes ; loculicide, avec une ou plusieurs graines dont l'albumen charnu entoure un embryon souvent vert, à radicule inférieure et à cotylédons foliacés, et dont les téguments sont recouverts d'un arille charnu, ordinairement coloré en rouge, né simidtanément du micropyle et ordinairement du hile. Les Fusains sont des arbres ou des arbustes de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique du Nord, plus rarement de l'Amérique tropicale et de l'Océanie. Leurs feuilles sont opposées, persistantes, avec deux petites stipules caduques. Leurs fleurs sont axillaires, solitaires, pédonculées, ou plus ordinairement disposées en cymes, souvent bipares.

Le plus connu des Fusams indigènes est le F. d'Europe {Evonyniiis eiiropœus L.), souvent désigné sous les noms vulgaires de Bonnet de prêtre, Bois carré, Bois à lardoires, Garas, Garais. Son bois sert, en effet, notamment en Lorraine et eu Suisse, à confectioiuier des instruments domestiques; il est employé en marqueterie. Brûlé incomplètement, il forme un charbon léger qu'on dit employé à la fabrication de lu poudre et qui passe pour un absorbant puissant des gaz: ou l'a donc préconisé contre les pneumatoses, les flatulences, les dyspepsies. Celui des jeunes rameaux constitue les fusains des dessinateurs. On dit les feuilles de cet arbuste vénéneuses, acres, de même que ses fruits et ses graines. Celles-ci sont purgatives. Elles servent à tuer la vermine, et infusées dans du vinaigre elles sont vantées dans le traitement de la gale de certains animaux. Leur albumen fournit de l'huile, et leurs téguments, des substîinces tinctoriales. On attribue les mêmes propriétés au Fusain galeux {E. ve r r ucosiis Jxcq.) et au F. à grandes feuilles {E. latifolius)^ espèces européennes, souvent cultivées et dont le bois même passe pour vénéneux. On peut saponifier l'huile des Fusains. On a nommé Evonymine un principe mal défini et impur que renferment les diverses parties de ces plantes. L'écorce fraîche et jeune des Fusains provoque des vomissements et même la mort. Trois ou quatre graines purgent assez énergiquement. On s'en est même servi pour expulser le Ver solitaire. On a vanté aussi contre les ulcères rebelles et sordides l'usage externe des décoctions aqueuses de Fusain d'Europe; ce sont des préparations peu employées. Mais l'effet que produisent la plupart d'entre elles prouve que les Fusains sont des plantes acres, dangereuses, et qu'on ne saurait laisser impunément employer par les paysans, comme cela se fait encore dans quelques campagnes.

Les Evonymus americanvsL. elobovatus Nutt. ont, en Amérique, les mêmes propriétés que nos espèces indigènes. Aux Etats-Unis, on cite VE- atvopurpureus Jacq. comme drastique antisyphilitique. Dans l'Inde, VE. tingens Wall, est recherché pour sa belle matière colorante jaune. H. B.^.

Bibliographie. — T., hist., 6!7, t. 588. — G*iitn., Fruct., II, 149, t. 113. — Méb. et Del., Dict. Mat. méd., III, 294. — DC, Proclr., Il, 4. — Rosenth., Syii. pi. diaphor., 791. — A. GiiAY, Gen. illustr., t. 171. — Gaz., PL med. indicj. (éd. 3), 460. — H- Bi\, in Pmjev Fam. nul., 525; Eist. des plant., YI, 1, '26, 50, fig. 1-7. Bn.

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