‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 65 sur 126 · GADE · texte numérisé non relu

GADE

dre. Était-ce la goutte la plus violente? il pouvait l'emporter avec des cataplasmes ou avec un onguent ; il savait arrêter les accès d epilepsie par un collier, et guérir la paralysie à la langue avec de l'eau-de-vie, etc. Il semble avoir fait une collection de toutes les recettes qu'il avait pu trouver, on dont il avait ouï parler; et son livide contient l'histoire la plus complète des remèdes qui étaient en usage non-seulement parmi les médecins de ce temps, mais aussi parmi le peuple dans toutes les parties de l'Angleterre, et dans le genre empirique et dans le superstitieux » (Dezeim.). Voici le titre de l'ouvrage de Gaddesden :

Bosa angVica, quatuor lihris dhtmcta, de morbis parlicularibus, de febi-ibua, de chirurgica, de pharmacopœa. Ticini, 1492, iii-fol.; Venetiis, 1506, in-l'ol.; Neap., 1508, in-fol. Emniend. Nie. Sylvalico. Veneliis, 1516, in-fol. Poslrema edit. emendalior et in melior. redacta ordinem a Pldl. Schoffio... AugusUc Vindel., 1595, in-4'". L. Hn.

GÂDE (Heinrich-Moritz). Naturaliste danois, né à Kiel, le 26 mars J796. étudia la médecine et l'histoire naturelle à partir de 1814 dans sa ville natale et à partir de 1815, à Berlin. Il revint eu 1817 à Kiel, prendre son degré de docteur en philosophie, fut nommé, en 18J8, professeur d'histoire naturelle à Rotterdam et en 1819 à Liège. Il mourut prématurément diuis cette ville, laissant :

T. Beitrâge zur Anatomie der Iiisekten. Altona, 1815, gr. in-4'', 2 pi. — 11. Beilrâge zur Anatomie und Phi/siologle der Medusen. Berlin, 1816, gr. in-8°, 2 pi. — III. Diss. iiimig. observât ioties qiKcdam de insectorum vermiwnque structura. Kiliœ, 1817, in-4''. — IV. Oratio inaug. de vero nuturœ indagatore. Roterodami, 1818, in-S". — V. Discours sur le véritable but des différentes brandies appartenant à l'histoire naturelle. Liège, 1821, in-8^. — \I. Dieu dans la nature. Cinq discours déi'eloppaiit le véritable but de l'étude de l'iiistoirc naturelle. Bonn, 1825, gr. in-8°. — YII. Slillleben aus dem inneren Leben. Kiel, 1854, in-16. — \1II. Articles dans l'/sisd'Oken, dans Vcrliandl. d. K. Acad. d. Naturf. zu Brcslau et sur les vaisseaux biliaires des insectes (Gallgefâsse der Insecten) et l'anatomie des insectes dans les Nova Acla natiirœ Curiosoriim, 1821, 1823. L. Hx.

«A»E. Linné désignait sous le nom de Gades un groupe assez considérable de Poissons malacoptérygiens subbrachiens (foy. le mot Poissons) qui, plus récemment, a été élevé au rang de famille (Gadidés ou Gadoides) et dont un seul genre, le genre Morue {voy. ce mot), porte actuellement le nom scientifique de Gade {Gadus).

Dans la famille des Gadidés ou [^Gadoides prennent place les genres Morue {Gad m Art.), Merluche {Merluccius Cuv.), Lotte [Lota Art.), Motelle [MoteJla Cuv.), Brosme {Brosmius Cuv.), Grenadier {Lepidoleprus ^sso ou Macrunis Bl.) et quelques groupes moins importants sur lesquels nous n'avons pas à insister ici. Chez tous ces poissons, dont la structure extérieure est régulière et ne présente rien d'anormal, les nageoires ventrales sont pointues et insérées sous la gorge, la tète est bien proportionnée, le corps de longueur médiocre, revêtu d'une peau visqueuses et de petites écailles molles, et la bouche, largement fendue, est armée de plusieurs rangées de dents coniques.

Les Gadoides sont extrêmement voraces et vivent dans les mers froides ou tempérées. Ils sont particulièrement abondants sur les côtes de l'Islande et de la Norvège, dans les parages de Terre-Neuve et dans la Méditerranée, et sur tous ces points ils £ont l'objet d'une pêche très-active, à cause des qualités de leur chair.

Les Merlans, que plusieurs auteurs ne séparent point génériquement des Mo-

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rues {voy. ce mol), ressembleut en effet à ces dernières pnr le nombre et la disposition de leurs nageoires, mais ils n'ont point de barbillons à la mâchoire intérieure. A certaines saisons on prend en abondance, sur les côtes de l'Europe septentrionale, le Merlan commun {Gadiis merlangus L.), particulièrement renommé pour la délicatesse et la légèreté de sa cbair. C'est un poisson de 50 à 40 centimètres de long, d'un gris argenté passant au vert noirâtre en dessus, et facilement reconuaissable à sa mâchoire inférieure qui dépasse un peu la mâchoire supérieure. Dans l'océan Atlantique se trouvent encore deux aufres espèces : le Merlan noir, que nos pêcheurs appellent Colin, Grelin ou Charbonnier, et qui atteint souvent le double de la grandeur de res|)èce précédente, et le Merlan jaune, vulgairement Lieu, qui est de la taille du Merlan noir et qui a les flancs tachetés.

Les Merluches n'ont que deux nageoires dorsales et une nageoire anale; elles sont représentées dans la Méditerranée et dans l'Océan par le Merlus [Merluccius vulgaris Flem.) que les Anglais nomment A a/e et les Provençaux Merlan, et qui est de forme allongée, avec la tète déprimée, le dos grisâti'e, le ventre d'un blanc argenté.

Les Lottes ont pour type la Lotte commune {Lola vulgaris Cuv.), qui remonte dans les eaux douces et qui diffère des autres Gadoïdes par son corps presque cylindrique.

Les MoLcUes se distinguent par leur première nageoire dorsale réduite à un simple ruban frangé. Une de leurs espèces {Motella tricirrata Bl.) fréquente les côtes de l'Europe.

Les Brosmes, au corps légèrement comprimé et surmonté d'une seule dorsale, comptent dans les mers du Nord une espèce de grande taille, le Brosrae ordinaire {Brosmius brosme 0. F. Miill.), qui arrive parfois à un mètre de long et qui est remarquable par la forme en fer de lance de sa nageoire caudale.

Eniin les Lépidolèpres ou Greiiadiers sont revêtus d'écaillcs carénées et hérissées d'épines ; ils ont une première dorsale courte et haute, et une deuxième très-longue, arrivant presque jusqu'à l'extrémité de la queue; leur museau ressemble grossièrement à un bonnet de gi'cnadier, étant de forme conique, avec la bouche un peu rejetée sur la face inférieure. Ces poissons habitent pendant toute l'année les profondeurs de la mer, et ne peuvent être captures que par les temps calmes. On prétend que, comme les Trigles {voy. ce mot), ils font entendre un bruit sourd, une sorte de grognement quand on les sort de l'eau, lis se nourrissent de vers et de zoophytes.

Le Lépidolèpre Irachyrhynque (Lepidoleprus ti^achyrhynchiis Risso) et le Lépidolèpre cœlorhynque {L. cœlorhynchus Uisso), qui diffèrent assez peu l'un de l'autre, si ce n'est par la forme du museau, vivent tous deux dans la Méditerranée et sont péchés durant l'été, dans les mois de juin, de juillet et d'août. Leur chair est blanche et d'un goût agréable.

La plupart des Gadoïdes, Merlans, Merluches et Brosmes que l'on capture sur les côtes de l'Océan ne sont pas consommés sur place, mais sont salés et sécliés comme les Morues, pour être expédiés au loin. E. Oustalet.

«ADELIUS (Eric). Médecin suédois, mort le 2 février 1827. 11 étudia la médecine à Upsal a partir de 1795 et à Aabo à partir de 1798, puis en 1801, fut nommé médecin à l'Académie militaire de Carlsberg. Il obtint, l'année suivante, le prix d'hygiène proposé par le conseil de Suède, devint, en 1805, prosecteur à

41{> GADhMOL'E.

Stockholm, Gadelius reçut le titre de professeur de médecine; en 1825, il fut nommé président de l'Académie des sciences de Stockholm.

Outre un assez grand nombre de mémoires publiés dans le recueil de l'Académie, il a fait jaraître conjointement avec Berzélius le journal médico-chiiurgical intitulé : Vetenskaps- Journal for Llikare och Faltskàrer (Stockholm, 1806-18 10). L. Ha-.

G.%DE\ (Stephan von). Juif polonais, qui changea plusieurs fois de religion, et que le czar prit à son service en 1659, comme baibier-chirurgien, puis le nomma sous-docteur en 1667, et enfin le créa docteur en 1672; c'est le premier exemple de ce genre de nomination qui ait eu lieu en Russie. Gaden fut Stockholm, et, en 1808, fonda, dans cette capitale, la Société des médecins suédois. En 1811, lors de la fondation de l'Institut médico-chirurgical de même élevé à la dignité de médecin de la cour. Suspecté d'avoir piis part à l'empoisonnement du czar Feodor Alexjewitch en 1682, il fut mis à mort par les strelitz. Voltaire rapporte ce fait dans son Histoire de iempire de Russie sous Pierre-le-Grand (Amsterd., 1761, p. 89, 91), mais il prenait Gaden pour un médecin d'origine hollandaise et l'appelait Vongad, erreur que Leclerc a répété dans son Hi^toirede la Russie. Paris, 1785, t. III, p. 109, L. Hn.

«ADERMAXX (Joseph). Médecin allemand, né vers 1790, fut tout d'abord prosecleur et privat-docent à l'Université de Landshut en 1825, et plus tard se fixa à Tischcnrt^uth, en Bavière, où il devint successivement médecin pensionné et médecin du tribunal. Gadermann mourut vers 1852, laissant :

I. Uehe7- den Bruch durch das Hiiflbebiloch, iicbst einein selienen Fall hiei-uber. Landshut, '1823. gr. in-8°. — II. Einige Ideen ûber die Art Geburtshïdfe zu leliren. In Baier. Annal-, Bd, I, St. \, p. 151. — II(. Zwei Fàlle von g/ûcklich gelieillen Gekiruwunden. In Graefes II. Walt/ier's Joui-n., Bd. XIX, p. 607, 1855. — IV. L'ebei- GehiruerschûUei-ungen. Ibid., Bd. XXVI, p. 476, 1857. — V. Med. Gutacht. ûber eine umeitige Geburt. In Heiikes Zeitsch?: f. d. Sloutsarzn., B'I. XXV, p. 11'2, 1855. — VI. Ueber die Zurechniings/àhigkeit einer scincartgern Braïuhtifterin. lhid.,Bd. XLIl, p 170, 1S41. — VII. Ein Fallvun verlieimlicliler Schwanijerschaft. Ibid., Bd. XLV, p. 106, 1845. — VIII, Prûfiing der Miltel... um vorsâtzliche Frurhlnblreibung iw verhûlen Ibid. Ergânzungsh. XXXV, p. 32, 1846. — IV. Priifung der sli ajreckll. bestitnm. welche in Belreffverlieind. Schwangersch. gelten, Ibid., Bd. LU, p. 41, 1846. — X. Prùfung der be.i/eh. JSorw, ver/nôge welcher das med. Gutacht. aucli von dein bci der Seklion verwendcten Chirurgen mit unterzeichiiet werden niuss. Ibid., Bd.LVlI, p. 224, 1849. L. lis.

CiADlMÉKE (La). Voy. La Gadimère,

G.1DI\I\E ou GADL'IXE. Nom donné par Jongh {Pharmac. Cenlrabl., 1843, p. 689) à une matière brune, sans odeur ni saveur, qui se trouve dans l'huile de foie de morue et qui a pour lormule C''^11*^0''. La gadinine est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther, se dissout dans l'acide sulfurique en développant une belle coule\u' rouge et s'unit aux bases pour former des sels. Le sel de plomb a pour formule C"H^*O^Pb, L, [L\,

GADIXIQL'E (Acide). Luck a donné le nom d'acide gadinique à un acide gras, dont il observa le dépôt dans un résidu trouble d'huile de foie de morue à la température de 5 degrés. Il est peu soluble dans l'alcool froid, se dissout aiséaient dans l'alcool chaud et l'éther, fond entre 65 et 64 degrés et se prend

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en une masse cristalline à 60 degrés. La formule paraît en être C-^H'^^O* ; le gadinate de potassium cristallise en lamelles biillantes, le gaduiate de plomb est soluble dans l'élber; le gadinale d'argent a pour formule C^^P^O^Âg- [Clieni. Centrabl., 1857, p. 191j. L. ILn.

GAELS (Gaulois). Ancien peuple de l'Europe occidentale, ayant laissé leur nom aux Gaules, au pays de Galles {Voy. Celtes et FRA^CE). D.

GAGLIARDI. Nom de plusieurs médecins italiens, parmi lesquels : Gagliardi (Giova>ni-Giacomo). Médecin de Gênes, auteur d'un traité ou : Discursiis contra peslilentia' ?norbuiii. Gènes, lôbG. A. D.

Gagliardi (Uberto). Médecin de Milan, auteur d'un ouvrage intitulé :

Delta ragione e qualità del villo nelle febbri pestiféré, maligne ed acute. Milan, 1G45, in-4°. A. 0.

Gagliardi (Giovanni-Amonio). Médecin de Milan, auquel on attribue les ouvrages suivants :

\.?\ova ratio itniversalis medendi febribus Inimoralibus Milan, 1652, in-4°. — II. Consitltationes variœ. Cologne, 1GÔ7, in-4°. — III. Délia cognizionc e cura dei viorbi cominuni, estivi ed aulomnali. Milan, 1645, in-4°. — IV. Dell' acciaio in usu nella medicina. Milan, 1745, in-4". A. D.

Gagliardi (DoMEXico). Médecin de la fin du dix-septième siècle, professeur de médecine au collège de la Sapience et proto-médecin des Etats pontificaux, est conuu par plusieurs ouvrages, notamment par son anatomie des os, et son observation d'un cas de ramollissement de toute la charpente osseuse. Il a publié :

I. Analome ossium novis inventis illuslrala. Rome, 1C89, in-8° ; Leyde, 1793, in-8°, et dans la Bibliothèque analomique de Leclerc et Manget. — II. L'idea dcl vero medico fisico e morale, formata seconda g li document i ed operazioni d' Ippocrote, divisa in VI giornala, pcr commodo maggiore délia gioventu que désira d'ajiprofitarsi nella medicina per la via del virtu. Uomc, 1717. in-8\ — Itl. L'inf'ermo islruilo nella Scuola del desiganno, opéra composta a beneficio di chi desidera vivere longamente. Partie I. Rome, 1719, in-8°; partie II, 17'20, in-8°. — IV. Relazioni de niali di petto clie corrano jiresentamente, nelV archiospedale de S. Spirilo. Kome, 1720, iii-8°. — V. Educazione de Figliuoli morale e niedica. Rome, 1720, 2 vol. in-8°. A. D.

GAG\A (Pietro-Michele). Médecin italien du dix-huitième siècle, exerçait son art à Cherasco. Il était membre du Collège médical de cette ville et médecin des princesses Marie et Isabelle de Savoie-Carignan. On a de lui :

De peste. Tractatus historico-medicuif lalino ac italico idiomate descriptus. Tanrini, 1715, in-12. L. Un.

GABIV (Johann-Gottlieb). Célèbre chimiste et minéralogiste suédois, né le 19 août 1745, à Voxna, dans le Helsingland méridional, mort le 8 décembre 1818, mérite d'être cité dans ce dictionnaire pour sa découverte du phosphore dans les os. « Il étudia la minéralogie sous Bergmann. Un jour ayant laissé tomber un morceau de cristal de spath calcaire de l'espèce appelée dent de cochon, il remarqua que tous les fragments offraient essentiellement la forme rhomboïde, et reconnut que cette forme était la forme primitive de ce cristal.

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11 découvrit plus tard qu'il entrait du phosphore dans la composition des os, et que la magnésie contenait un métal qui pouvait être carbonisé à un feu trèsvif. Bergmann, à qui son élève avait communiqué ces découvertes, les fit connaître dans le monde savant, et en eut seul tout l'honneur. Gahn, doué d'un esprit d'observation et d'analyse, obtenait souvent ainsi d'heureux résultats, qu'il s'empressait de faire connaître à des tiers, qui se les appropriaient. Son mérite le lit nommer en 1784 assesseur au collège des mines, et en 1795 membre du comité général du royaume. Il fut député à la diète de 1819, et s'y fit remarquer par ces principes ultra-libéraux. Propriétaire de mines, de forges, il les administra avec avantage, non-seulement pour sa fortune, mais aussi pour la science et l'industrie, en y introduisant d'utiles perfectionnements. Gahn était membre de l'Académie des sciences et de la Société d'agriculture de Stockholm. 11 n'a malheureusement presque rien publié sur ses travaux scientifiques ; ses seuls ouvrages sont des Observations sur les règlements destinés à produire une bonne économie dans les forges: quelques Avis sur un appareil amélioré pour suroxygéner l'eau; un article Sur l'usage du chalumeau, instrument dont il a considérablement peri'ectionno l'emploi ; cet article est inséré dans le Rapport annuel de chimie de Berzélius, tome 11 ; enfin dans le tome 111 du même recueil, un article sur une Balance d'un grand mérite pour sa sensibilité [Biogr. Didot). L. Un

GAHRMEP vox DER mChlex' (Gustave-Casimir). Né à Grypsholm, près de Stockholm, le 25 décembre 1650, mortàAlt-Landsberg, près de Berlin, en 1715. Il étudia d'abord la jurisprudence à Francfort-sur-l'Oder, puis s'adonna à la médecine et vint prendre son bonnet doctoral à Leyde en 1662. Il fut d'abord médecin pensionné à Dantzig, puis en 1665, obtint une chaire extraordinaire d'anatoiïiie. créée pour lui, à Francfort-sur-l'Oder. Mais cette place n'étant pas lucrative, il se rendit en 1668 à Colberg, où il fut médecin de la garnison. En 1680, il se fixa à Berlin, y gagna la confiance de l'électeur Frédéric-Guillaume et fut l'un des instigateurs de la fondation, eu 1685, du Collège des médecins. Enfin, en 1690, il devint membre, sous le nom à'Aurèlianus, de l'Académie des Curieux de la nature. Nous citerons de Gahrliep :

I. Einfàlliger Entwurf chrisllicher zur Debung der Gottseligkeit gew'uhneter Gedanken. Berlin, 1710, 111-8°. — II. Teria quœdain Freijenwaldensis clujmice cxaminata. In Miscelh Acad. Nat. Curios., 1797-98. — III. De cryslallis salis marini singularibus . îbid., 1G9I.— lY. Autres ariicles dans le même recueil. !'• H-"'-

GAÏAC (Guaiacum Plum.). § 1. Botanique. Genre de plantes, de la famille des Rutacées, série des Zygophyllées, dont nous avons étendu les hmites plus que ne le font d'ordinaire les auteurs, en y comprenant les Porlieria, Guaiacidium, Larrea, Buhiesia,Pintoa, plus généralement considérés comme des genres distincts. En le concevant de cette façon, ce genre a pour caractères : des Heurs à quatre ou cinq parties, dont le réceptacle est plus ou moins convexe, parfois assez allongé, supportant quatre ou cinq sépales imbriqués et qui se détachent de bonne heure. La corolle est régulière, formée de quatre ou cinq pétales indépendants, plus ou moins longuement onguiculés, imbriqués dans le bouton, et tombant de bonne heure. L'androcée est formé de deux verticilles de quatre ou cinqétamines hypogynes. Leurs filets sont libres, munis on non en dedans d'une écailla basilaire, membraneuse ou épaisse et charnue, entière ou plus ou moins

GAIAC (botanique). 41^

profondément décliiquetée; et leurs anthères sont biloculaiies, inlrorses et déhiscentes par deux fentes longitudinales. Le gynécée est libre et supère, formé d'un ovaire que supporte une portion de réceptacle plus ou moins allongée au-dessus de l'insertion des étamines. Ses loges sont au nombre de deux à cim], et dans ce dernier cas, elles sont superposées aux pétales. Le style est subulé, et son extrémité stigmatifère est entière, tronquée, ou légèrement dilatée et lobée. Dans chaque loge ovarienne, il y a un nombre souvent indéfini d'ovules, quelquefois peu considérable. Ils sont disposés dans chaque loge sur deux séries verticales, et plus ou moins descendants, anatropes, avec le micropyle dirigé en haut et en dehors. Le fruit est coriace ou légèrement charnu à sa surface, avec des loges ou coques au nombre de deux à cinq, sèches ou légèrement drupacées, avec la ligne dorsale médiane obtuse, saillante en carène ou dilatée en aile verticale, parfois membraneuse. Leur surface extérieure est glabre, plus rarement velue, et elles se détachent de l'axe du fruit, demeurant individuellement indéhiscentes ; ou bien elles sont septicides ou même s'ouvrent longiludinalement suivant leur angle interne. Chacune d'elles renferme un nombre très-restreint de graines, et le plus souvent une seule semence, descendante, dont le mince tégument recouvre un embryon ténu, axile (souvent coloré en vert), à cotylédons plus ou moins allongés, entouré d'un albumen charnu ou plus souvent dur et corné, lisse à sa surface ou plus ou moins fendu. Les Guaiacum sont des arbres ondes arbustes résineux ou balsamiques, qui ont parfois un port spartioïde, avec des feuilles très-peu développées. Leur bois est souvent remarquable par sa dureté, et les branches sont noueuses et saillantes, articulées au niveau de l'insertion des feuilles. Celles-ci sont opposées, accompagnées de stipules, composées-pennées, avec une ou plusieurs paires de folioles qui sont entières, assez souvent excitables et mobiles, insymétriques, surtout à lu base. Les fleurs sont solitaires ou en cymes pauciflores, pédonculées, ordinairement situées au niveau des feuilles, mais latérales par rapport à elles. Il y en a de quinze à vingt espèces, avec les limites que nous avons attribuées au genre, et elles habitent toutes les régions tropicales et sous-tropicales des deux Amériques, principalement leurs portions montagneuses et, par suite, tempérées.

Les deux Gayacs proprement dits, qui ont le plus d'importance au point de vue médical, sont le Giiaiacum officinale et le G. sanctum (L., Spec, 546). On les distingue l'un et l'autre en ce que le premier n'a, dit-on, que deux paires de folioles à chaque feuille, tandis que le dernier en aurait de cinq à sept ; en ce que le premier est partout glabre, tandis que le dernier a ses pétioles et ses jeunes rameaux légèrement pubescents ; en ce que le premier a les folioles obovales ou ovales, obtuses, tandis que le dernier les aurait ovales-obtuses, mais mucronulées. Souvent le G. offi,cinale n'a que deux coques au fruit qui est, par conséquent, pourvu de deux angles seulement. Nous connaissons des échantillons appartenant d'une façon assez certaine au G. sanction pour pouvoh- affirmer qu'il est spécifiquement distinct du G. officinale. C'est ce dernier qui a été, d'après de Candolle, figuré par Sloane [Hist., t. 222, fig. 3) et par Lamarck (lUustr., t. 542). C'est cependant sous le nom de G. officinale (et avec raison) qu'est cultivé depuis bien longtemps en Europe le type que nous avons figuré dans V Histoire des plantes, et dont les folioles sont à peu près constamment au nombre de plus de deux paires ; de sorte que la diagnose donnée par de Candolle demande de toute façon à être rectifiée, soit pour le G. officin,ale, soit pour le G. sanctum. Lamarck ne figure que deux paires de folioles au G. officinale,

420 GAÏAC (botanique).

mais sur la coupe transversale du fruit (fig. 4), on voit que celui-ci a cinq loges. Sur un écliaiUillou venu de la Martinique et attribué au G. officinale, quoiqu'il eut le plus souvent plus de deux paires de folioles à chaque feuille, les fruits avaient de deux à cinq loges, de même que l'ovaire. Les fleurs du G. officinale sont assez grandes et, dit-on, d'un beau bleu de ciel; ce qui fait que cette espèce doit être ornementale ; mais je ne crois pas qu'elle ait encore fleuri en Europe. Le G. officinale a été observé à l'état spontané, à la Jamaïque, à la Trinité, à Saint-Dominque, à Sainte-Lucie, à Suint-Vincent; c'est lui qui a été figuré par Tussac dans sa Flore des Antilles (IV, t. 55) et par Descourtils, dans sa Flore (Vil, t. 466), et c'est le nom de G. officinale, qu'il faudra, malgré les dissemblances qui existent entre la plante représentée et la caractéristique des auteurs, appliquer à la figure de l'Histoire des plantes. C'esl lui que Plumier a nommé Gnaiacum flore cœruleo, fructu sribrotiindo [^ov. gen., 59). 11 croît, fleurit et fructifie bien à la Martinique, mais surtout auprès des habitations ; il y a peut-être été introduit. Grosourdy l'a récolté à Porto-Hico. Surian l'indique à Saint-Christophe. A la Guadeloupe d'où on l'envoie souvent, il n'est peut-être pas non plus spontané. C'est lui qui paraît fournir le principal et le véritable Bois de Gaiac employé pour l'usage médical et dans les arts et l'induïtrie. Ses folioles sont insymétriques, le plus souvent obovales, assez coriaces, glabres. Son fruit a presque la forme d'un cœur de carte à jouer, moins échancré cependant vers le sommet. Là il porte, au contraire, un double petit apicule, reste des deux moitiés de la base du style. Sa couleur est fauve et sa couche supeificielle est mince, charnue, molle et quelque peu visqueuse quand elle a été placée au contact d'un liquide. C'est presque uniquement pour son bois que cette plante est recherchée. Ce bois est lourd, dur, compact, plus ou moins pâle, jaunâtre ou blanchâtre dans les couches extérieures (aubier), brun ou noirâtre avec une teinte souvent verdâtre dans les couches profondes (cœur ou duramen). Cette teinte est due à la présence de la résine que l'on extrait souvent de ce bois en le traitant râpé par l'alcool rectifié, mais qui peut en sortir, soit par incisions, soit par l'action de la chaleur. Les fibres de ce bois sont courtes, ponctuées, et leur coupe transversale est polygonale. Dans le cœur elles sont beaucoup plus épaisses de paroi que dans l'aubier, en même temps que leur cavité est bien plus étroite, tomme de raison. Des canaux à peu près cylindriques qui se trouvent dans l'épaisseur des faisceaux ligneux, sont remplis de résine brunâtre. Le bois est coupé eu secteurs par des rayons médullaires minces, ordinairement lormés d'une seule rangée de cellules. 11 y a aussi de distance en distance, dans les faisceaux, des bandes étroites de cellules à coupe polygonale, bien visibles dans l'aubier, tandis que dans le cœur elles sont déformées, comprimées, plus ou moins détruites et remplacées par des fentes que remplit également la résine brunâtre ou plus ou moins verdâtre. L'écorce est formée de trois couches principales : la zone libérienne, avec faisceaux caractéristiques; la zone externe, formée de cellules irrégulières, aplaties, inactives, subérifiées, et entre les deux une zone de parenchyme à éléments polygonaux, inégaux, parsemée çà et là de bandes concentriques de cellules sclérenchymateuses. C'est cet arbre qui paraît êti'e le Guayacan mentionné par Oviedo (ce nom a été depuis appliqué à plusieurs autres Guaiacum) en 15'26, et qui avait été décrit eu Allemagne près de quinze ans plus tôt, d'après Ilanbury, qui dit que le premier auteur anglais qui ait donné une traduction de ces travaux allemands, notamment de celui d'U. von llutten, fut Thomas Paguel dont le livre porte le titre suivant : « Of the

GAÏAC (botanique). 421

woodcalled Guaiaatm thaï healed the Frenche Pockes and aJso helpeth tlie goûte in the feete, the stoone, the palsey, lepree, dropsy, faUynge euijll, and other diseuses « (1556).

Le Guaiaciim sanctum est le Gnïac à fruit télragone de Gnibourt. Cet auteur croit que c'est YHoaxacanàe Ileniaiidez. C'est eu efiet inic espèce uu peu plus septeulrionale que la précédente, puisqu'elle croit dans l'Amérique du Nord, notamment en Floride, dans les forêts de l'île de Key-West où l'a récoltée Rugel. Le G. Sloanei donné par Shuttlewort comme une espèce nouvelle, me semble identique au G. sanctum; son fruit a quatre ou cinq angles aliformes et autant de logos. Peut être eu doit-ou dire autant du G. verticale Orteg., si j'en juge par un éciiaulillon provenant de Candolle, qui cependant [Prodr..n. o) conserve celte espèce comme distincte. Mais réchantillon recueilli par Bertero, qui ligure dans son herbier, ne diffère guère, ce me semble, du G. sanctum de l'herbier de Jussieu, qui a été récollé par Desportes à Saint-Domingue et qui a aussi les fruits 4,5 angulaires. Celle espèce qui est figurée par Commelyn {Hist., t. 88), se retrouve jusqu'à Poito-Rico et aux Bahuma; elle est indigène aussi, dil-on, de Cuba, et c'est elle que, dans le Flora cubensis, Richard nomme G. verticale. Elle peut bien avoir à chaque feuille le même nombre de paires de folioles, c'est-àdire trois, qu'un grand nombre de branches du G. officinale; mais ces feuilles ont souvent aussi de huit à douze ou quatorze folioles, et celles-ci, moins rigides et moins luisantes que celles du G. officinale, plus pâles et plus jaunâtres sur les échantillons secs, sont à la fois plus insymétriques, plus étroites quant à leur longueur, plus longuement obovales, plus finement veinées, mucroisées, plus analogues en un mot aux fo.'ioles de certains Sénés. On dit que les Jleiirs sont également bleues; les sillons qui séparent les unes des autres les loges du fruit sont assez profonds, et l'ensemble de ce fruit rappelle assez bien par sa forme une masse d'armes. Les rameaux supérieurs et les pétioles grêles sont ordinairement finement pubescents ; ou dit le péricarpe rouge. Le bois paraît différent de celui du G- officinale, principalement par la pâleur de ses portions centrales ; on le dit « presque privé de cœur plus foncé « . L'aubier est fauve, dur, compact. (( Son aspect, dit Guibourt, est corné, et il est translucide sur les bords. Il ne change pas à la lumière. Sa coupe transversale polie présente la même rayure fine et rayonnante que le Gaïac officinal ; mais parsemée d'un très-grand nombre de points blanchâtres provenant de la coupe des vaisseaux. » Le même auteur a étudié l'écorce de cette espèce qu'il dit être « en morceaux plats ou cintrés, très durs, très-compacts, épais de 5 à 5 millimètres, couverts d'une croûte cellulaire un peu fongueuse et jaunâtre, se séparant souvent par plaques de dessus le liber et y laissant des taches vertes ou brunes. Le liber est jaune, amer, très-uni àl'iulérieur ». On extrait de celte écorce une résine qui n'est pas identique à celle du bois, car l'action de l'alcoo! sur l'écorce donne une teinture jaune qui ne verdit pas par l'acide azotique. Trommsdorf évalue à 2, 5 pour 100 la quantité de cette résine.

Le G. jamaicense Tausch n'était, pour Linné, qu'une vaiiété du G. officinale, ayant les mêmes propriétés.

Le G. arboreum DC, qui est le Zygophyllum arhoreum de Jacquin, et qui croît dans l'Amérique centrale, est remarquable par le développement que prennent les ailes dorsales des loges de son fruit. C'est le Gayacan des indigènes, dont on emploie le bois dans l'industrie, ainsi que celui des autres espèces du genre, mais qui n'est guère usité en médecine.

i22 GAÏAC (pharmacie).

Le Gaïac du Chili est fourni par le G. hygrometricum II. B-\ [Porliera hygrometrica R. et Pav., FL per. et chiL, 55, t. 9), arbuste à petites feuilles compose'es, dont les folioles s'étalent ou se rapprochent suivant que le temps est beau ou pluvieux, et qui est assez souvent cultivé dans nos jardins botaniques. Son bois est usité dans l'industrie et dans la médecine du pays. Au Mexique, on employait jadi*s le G. mexicanum, plus connu sous le nom générique de Larrea.

Le Gaïac d'Afrique est le bois du Schotia speciosa (Légumineuses) .

Le G. des allemands est le Frêne commun {Fraxinus excelsior L.).

Le G. de la Guiane, de Cayenne, esl\& Coumawuna {Dipterix) odorata Aubl., qui donne ta Féve-Tonka.

Le G. d'Italie on de Padoue est le Diospyros Lotus L. (Ébénacées). H. Bn.

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^ II. Pharmacie. Le Gaïac OU Gayac, Gitayacum officinale (ail. : Franzosenkolz, angl. : Pockwood) est un grand arbre de la famille des Rutacées, qui croît principalement à Saint-Domingue et à la Jamaïque. Ce sont les Espa- 'i-nols qui, en 1508, en ont fait connaître l'usage en Europe. 11 fournit à la matière médicale deux substances : son bois et sa résine.

Le bois de Gaiac, Ugnum sanctum, lignum Guayaci, se trouve dans le commerce sous forme de bûches plus ou moins grosses, recouvertes parfois de leur écorce ; celle-ci est grise, compacte, épaisse et résineuse ; elle a une saveur amère et présente à sa face interne une grande quantité de petits cristaux considérés par M. Guibourt comme de l'acide benzoïque. Le bois lui-même est très-dur et trèspesant ; le cœur en est brun verdàtre, l'aubier est aune et moins compacte ; tous deux sont presque inodores ; la ràpure en brûlant dégage une odeur balsami- ([ue. La saveur en est acre et légèrement amère ; elle se développe également par le ràpage du bois. En raison de sa dureté, c'est toujours sous forme de poudre, obtenue par la râpe, qu'on emploie en médecine le bois de Gaïac ; celte poudre est souvent falsifiée dans le commerce par des détritus de buis ou de quelques autres bois. L'écorce de Gaïac est inusitée en Europe ; ses propriétés sont analogues à celles du bois.

La poudre de Gaïac est jaunâtre ; elle offre une saveur acre qui prend à la gorge et produit l'éternuement ; exposée à l'air et à la lumière, elle verdit lentement ; sous l'inflaence des vapeurs d'acide hypoazotique, de l'eau chlorée et des solutions d'hypochlorites alcalins, cette coloration se produit immédiatement.

D'après Trommsdorff le bois de Gaïac renferme :

Résine particulière 26

Extrait piquant et amer 0,8

Extrait muqueux et sulfate de chaus 2,8

Matière colorante jaune brunâtre 1

Ligneux 69,4

La résine de Gaiac {résina guayaci) est le principe actif du bois de Gaïac ; elle exsude spontanément du tronc de l'arbre, mais pour l'obtenir en plus

GAÏAC (thérapeutique). 425

grande quantité, on pratique des incisions sur l'écorce de l'arbre en pleine Tégétation, ou bien on perce des trous avec une tarière sur les bùclies dans le sens de leur axe et on les expose à la chaleur de charbons ardents ; la résine ainsi liquéfiée découle par les orifices et est.recueillie dans des calebasses. On obtient encore la résine en traitant la ràpure de Gaïac provenant de^ ateliers de tabletteries par de l'alcool à 85 dcgi'cs que l'on évapore ensuite dans le bainmarie d'un alambic.

La résine de Gaïac se présente sous l'aspect de masses irrégulières, d'un brun \erdàtre, friables, à cassure irrégulière, brillante et conchoïde ; en lames minces elle est presque transparente et d'un vert jaunâtre ; elle exhale une odeur balsamique qui augmente par la chaleur et la pulvérisation ; la poudre de résine est d'un blanc grisâtre et verdit sous rinduence de la lumière ; sa saveur est d'abord peu sensible, mais elle finit par devenir acre et par prendre à la gorge.

Très-soluble dans l'alcool, elle donne par l'eau un précipité blanc. La teinture de Gaïac est colorée en bleu par les vapeurs d'acide hypoazotique ; elle bleuit également par le perchlorure de fer, et cette coloration passe au violet sous l'influence de l'hyposulfite de soude, pour disparaître ensuite totalement. Cette décoloration se produit aussi sous l'influence réductrice de l'acide sulfureux en présence du zinc.

La résine de Gaïac a pour propriété caractéristique de se colorer en bleu sous l'influence des rayons violets du spectre et do se décolorer par les rayons rouges.

On peut extraire de la résine de Gaïac plusieurs acides, entre autres Vacide (fcdacique (Thierry) et ïacide résino-gaïacique (HIasiwetz) {voy. Gaïacèîn'e , Gaïacike, Gaïacique, Gaïacol, Gaïaconique).

Les falsificateurs fabriquent de la résine de Gaïac avec de la colophane colorée en vert; mais la cassure ne fonce pas à la lumière ; on peut d'ailleurs la reconnaître par le procédé suivant : la colophane est soluble dans l'essence de térébenthine tandis que la résine de Gaïac est insoluble ; l'ammoniaque, au contraire, dissout la résine de Gaïac et ne dissout pas la colophane ; la teinture alcoolique de colophane n'est pas colorée en bleu par les vapeurs d'acide hypoazotique, par le chlore comme celle de Gaïac.

Le bois de Gaïac se donne en décoction à la dose de 52 à 250 grammes pour un litre d'eau qu'on fait bouillir et réduire à moitié.

La teinture alcoolique est plus employée, de même que le sirop. La résine de Gaïac peut-èti-e administrée à la dose de 1 à 4 grammes par jour, sous formes de pilules, d'émidsion ou de teinture ; la teinture alcoolique de résine de Gaïac est connue vulgairement sous le nom de remède des Caraïbes si vanté contre la

goutte.

§ IIL Tbérapentîque. C'est peu de temps après l'invasion de la syphilis en Europe que le gaïac a été introduit dans la thérapeutique ; les médecins du seizième siècle avaient cru trouver en lui un puissant remède contre la vérole ; aujourd'hui on a fait justice de ce prétendu spécifique et avec bien d'autres il est tombé dans un juste oubli.

Le bois de Gaïac, la i-acine de sassafras, les rhizomes de salsepareille et de quina forment les quatre produits pharmaceutiques désignés sous le nom de hois sudorifiques.

Le Gaïac et sa résine, qui en est le principe actif, sont des stimulants acres, analogues à la térébenthine et aux médicaments balsamiques ; à haute dose ils

424 GAÏAC (bibliographie).

deviennent irritants. Introduite d;\ns l'estomac, la résine produit une sensation de chaleur qui va jusqu'à la brûlure si la dose est forte, (,'t qui peut être suivie de nausées, de vomissements et de selles diarrhéiques, de céplialalgie et de fièvre. A dose faible, elle produit seulement la sécheresse de la bouche, la perte d'appétit, la constipation ou la diarrhée ; elle active la circulation et surtout celle des organes sécréleurs ; mais, ainsi que le fait remarquer Gubler, l'irritation sécrétoire atteint un appareil différent suivant les. conditions diverses où se place le sujet : si la température ambiante est basse, la diurèse se trouve activée ; si au contraire elle est élevée, si surlotit le sujet prend des boissons chaudes, on obtient unesucur profuse. Il semble donc que la substance réellement active dans ce cas soit l'eau froide on chaude prise en quantité plus ou moins grande (Rabuteau). Le Gaïac produirait aussi des phénomènes de fluxion sanguine du côté des vaisseaux pelviens, avec augmentation ou provocation du flux hémorrhoïdal et du flux menstruel (Gubler).

Le Gaïac est un médicament aujourd'hui bien délaissé ; personne n'admet plus son efficacité comme spécifique dans le traitement de la syphilis; à peine quelques praticiens cèdent-ils encore à l'ancien usage en le prescrivant, mais comme simple véhicule des pilules mercurielles ; si ce médicament a jamais rendu quelques services dans le traitement de la vérole, c'est comme sudorifique. Les sudations abondantes sont en effet parfois employées à juste titre dans la cure de la syphilis ; mais aujourd'hui c'est à des agents thérapeutiques bien différents que l'on s'adresse : aux bains de vapeur, par exemple.

Comme sudorifi(jue le gaïac a été préconisé dans le traitement du rhumatisme chronique, de la goutte, de la dartre ; son elficacilé y est au moins aussi contestable que pour la syphilis.

Comme stimulant il a été conseillé dans la dysménorrhée douloureuse et l'aménorrhée, non liées à un état congeslifde l'appareil génital, et dans la stérilité.

Le gaïac réussit chez les sujets flegmalique>, mais il ne convient nullement à ceux qui sont pléthoriques et irritables (Guider). E. Démange.

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GitiAC'ÉXE. C^FPO. Ce corps, obtenu pour la première fois par Devillc, se produit dans la distillation sèche de la résine de gaïac ainsi que dans celle de l'acide gaïacique; lUasivvetz l'a obtenu, avec la pyrogaïacine, eu distillant de Tacide gaïarétique.

Le gaïacènc se présente sous forme d'une huile incolore, très-mobile, trèsre'fringente, d'une odeur agréable et enivrante d'amandes amères, et d'une saveur aromatique brûlante; il bout à 118 degrés; sa densité est égale à 0,784, celle <le sa vapeur à 2,9. Il s'oxyde à l'air en donnant naissance à des lames cristallines d'une grande beauté. L'acide nitrique le transforme en acide oxalique, i'acide chromique à chaud en acide acétique. La lessive de potasse ne l'attaque pas à froid; à chaud des fragments d'hydrate de potasse le colorent en brnn; il ne se forme point d'acide angélique dans ces conditions, et il en résulte que le gaiacène n'est point de l'hydrure d'angélyle, comme le supposait Gerhard!. Le gaïacène pur. ne se colore pas par le perchlorure de fer. L. ILn.

GAÏACIXE. Cristaux à réaction acide qui se déposent de la solution alcoolique ou teinture de résine de gaïac (Pelletier, Landerer). On a encore donné le nom de gaiacine à une substance amère, solnble dans l'alcool et l'eau chaude, qu'on obtient en épuisant par l'alcool le bois et surtout l'écorce du gaïac (Trommsdorffj ; la solution de ce corps est neutre aux réactifs ; il est j)récipité par l'acide sulfurique et les autres acides ; il se dépose par évaporation sous forme d'une masse jaune d'aspect verruqueux.

La gaiacine n'a aucun rapport avec la pyrogaiacine, qui est un des produits de la distillation sèche de la résine de gaïac {voy. PvROGAÏACiiXE). L. IIn.

GAÏACIQIDE (Acide). CMPO''. On obtient l'acide gaïacique, en dissolvant la résine de gaïac dans de l'alcool à 50 degrés, puis distillant jusqu'à ce que la solution se trouve réduite au tiers de son volume. La liqueur alcoolique acide est décantée, saturée par l'eau de baryte, filtrée ou concentrée et on précipite la baryte par l'acide sulfurique. La liqueur séparée du sulfate de baryte est évaporée à consistance sirupeuse ; le sirop est repris par l'éther et la solution éthérée

DICT. ESC. 4° s. VI. 28

426 GAUCONIQUE.

laisse déposer l'acide gaïacique en cristaux, qu'on purifie par sublimation. L'acide gaïacique pur forme de fines aiguilles brillantes, très-solubles dans l'eau, l'alcool et l'éther, assez semblables à l'acide benzoïque. Par la distillation sècbe, l'acide gaïacique se transforme en gaïacinc ; la réaction est favorisée par l'addition d'un peu de cbaux.

Acide Gaïacinc.

gaïaci(iuo.

GAÏACOL ou nYDRURE DE «AÏACYEE. C'fPO-. Ce corps, encore appelé gaïol, s'obtient par la distillation fractionnée des produits pyrogénés de la résine de gaïac. Pur, il est incolore, d'une odeur faible rappelant celle de la créosote. Sa densité est de 1,119 à 22"; il bout de 205 à 210 degrés, se dissout difficilement dans l'eau, mais aisément dans l'alcool, l'étlier, l'acide acétique et les alcalis. En solution alcoolique, il réduit les sels d'or et d'argent. L'acide nitrique le transforme en acide oxalique. 11 forme, avec le chlore et le brome, des produits cristallisés.

Le gaïacol présente une grande analogie avec lecréosol, avec lequel il se trouve ordinairement mél ange en proportion variable (Hlasiwetz) ; il coexiste du reste avec le créosol dans le goudron de lièlre (Marasse) et se trouve dans le même rapport avec la pyrocatéchine, que le créosol avec l'homopyrocatéchine.

Cnm- C-11'(GH5)02

Homopyro- Créosol ou dérivé

catécliine. méthylé du

l'homopyrocatécliine.

G^H^O- G«fP(ClP)0-

Pyro- Gaïacol ou dérivé

catécliine. mélhylé du

pyrocatéchine.

En effet, en traitant la créosote par l'acide iodhydrique,on obtient de l'homopyrocatéchine, de la pyrocatéchine et de l'iodure de méthyle ; dans les mêmes conditions le gaïacol peut fournir de la pyrocatéchine et de l'iodure de méthyle.

Gorup-Besanez a du reste fait la synthèse du gaïacol en chauffant, envase clos, pendant huit à dix heures, à 160-170 degrés, un mélange de molécules égales de pyrocatéchine, de potasse hydratée et de méthylsulfate de potassium.

Traité par l'hydrate de potasse en excès, le gaïacol donne naissance à un sel qui a pour composition :

CnVOKK -h 2H^0

Si la potasse n'est pas en excès, on obtient le composé :

GA'îacoiviqee (Acide). C^^H-^O". Cet acide, élément essentiel de la résine de gaïac, est extrait des eaux mères de la préparation de l'acide gaïarétique. On

GAÏARÉTIQUE. 427

, évapore à sec ces eaux mères et on reprend par l'alcool; la solution alcoolique 'évaporée à siccité laisse un résidu qu'on traite par l'ctiier. La partie soluble dans l'éther constitue l'acide gaïaconique; en soumettant à l'évaporation, on l'obtient sous forme d'une poudre blanclie, inodore, insipide, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther et l'acide acétique, laîvogyre, fusible entre 95 et 100 degrés, en perdant une molécule d'eau, précipitable de sa solution alcoolique par les sels de plomb et de baryte.

Au-dessus de 100 degrés, l'acide gaïaconique se décompose. Les oxydants le font bleuir ; il se dissout dans l'acide sulfurique hydraté en développant une coloration rouge cerise. Sa dissolution alcoolique réduit les sels d'argent. L'acide nitrique bouillant le transforme en acide oxalique.

A la température de fusion, l'acide gaïaconique décompose les carbonaies alcalins, avec dégagement d'acide carbonique. Les sels alcalins sont amorphes, aisément solubles et décomposables par l'acide carbonique. Le gaïaconate de plomb a pour formule : C'^IP''0''.Pb; il s'obtient en traitant une solution alcoolique d'acide gaïaconique par de l'acétate de plomb en excès.

La partie insoluble dans l'éther, obtenue en même temps que l'acide gaïaconique, en évaporant à siccité la solution alcoolique du résidu des eaux mères de la préparation de l'acide gaïarétique, est une résine qui a pour composition G"Hi*0'^ ou C'°ll-''0'' et qui est soluble dans les alcalis, précipitable par les acides. L. IL\.

<ii4'iARÉTlQl.:E (Acide). G^'IP^O*. L'acide gaïarétique ou résino-gàiacique s'obtient en faisant dissoudre deux parties de résine de gaïac dans une quantité d'alcool suffisante pour que la liqueur prenne une consistance sirupeuse ; ou passe à travers un linge et on ajoute une partie de potasse dissoute dans l'alcool. Ou laisse séjourner pendant vingt-quatre heures, puis on passe à travers un linge, on exprime, on traite le résidu par l'alcool, on iiltre et on exprime dereclief. On chauffe le résidu avec une petite quantité d'eau, puis on le lave à l'eau jusqu'à ce qu'il soit parfaitement blanc. Le sel de potasse, ainsi obtenu, est dissous à chaud dans une solution étendue de potasse et précipité par l'acide chlorhydrique. Le dépôt visqueux, repris par l'alcool, cristallisera ensuite en écailles nacrées (Hlasiwetz).

On peut encore faire bouillir la résine de gaïac avec un lait de chaux; on filtre, et le résidu desséché est traité par l'alcool ; la solution alcoolique est évaporée., le résidu dissout dans une lessive de soude d'une densité de 1,5; on purilve le sel de soude par une nouvelle cristallisation et on le décompose par l'acide chlorhydrique.

Pour obtenir l'acide gaïarétique pur, on le fait cristalliser d'une solution dans l'acide acétique concentré, puis le lavant à l'acide acétique étendu et à l'eau.

Propriétés. L'acide gaïarétique purifié par l'alcool forme de petites masses cristallines d'aspect verruqueux ou des écailles nacrées, incolores, d'une lé'^ère odeur vanillée; purifié par l'acide acétique, il est dépourvu d'odeur. Il fond entre 75 et 80 degrés et ne s'altère pas à l'air. Bien pur, il se colore en vert d'herbe avec le perchlorure de fer, non en bleu; l'eau de chlore et l'acide nitrique concentré ne le font pas bleuir ; il en résulte que la coloration que les agents oxydants communiquent à la résine de gaïac n'est pas due à l'acide gaïarétique.

Vivement distillé, l'acide gaïarétique se sublime sans altération ; soumis à la

A-lx GAILLARD.

distillation sèche menée lentement, il se transforme en gaïacol, en gaïacène et en pyrogaïacène.

L'acide nitrique le transforme en une matière résineuse jaune et ne donne pas naissance à de l'oxalique; l'acide sulfurique se comporte d'une maniùre analogue ; le chlore le décompose avec formation d'acide cldorlijdrique et d'une substance résineuse; le perchlorure de phosphore donne lieu à une réaction semblable. Le chloracétyle le transforme en un produit de substitution. Le brome donne lieu à des composés analogues ; en traitant par ce corps l'acide gaïarétique dissous dans le sulfure de carbone, on obtient de Yacide bromogaïaretiqiie ou acide gaïarétique rétrabromé : C^*'lI-^Br*0'*.

L'acide gaïarétique est bibasiquc et produit des sels acides, C-^ll-^MOS et des sels neutres, C^''I1-*M-Û*. Les sels alcalins sont seuls ctistailisables ; les gaïarétates neutres ne sont stables qu'en présence des alcalis. Par l'ébullition de leurs solutions, ils se transforment en gaïarétates acides. L. H-\.

C«.%lDl<: (Armand). Médecin français, né à Va:-sy (Haute-Marne) en 1802, mort à l'aris, le 15 septembre 1872, fut reçu interne des hôpitaux en 1827 et prit son grade de docteur le 2 mars 1829. Encore la même année, il prit part au concours pour l'agrégation de médecine, puis se fixa dans la capitale. Pendant vingt-cinq ans il l'ut médecin du bureau de bienfaisance et du dispensaire philanthiopique de Paris; il fut en outre médecin de plusieurs institutions parliculièies, et devint successivement membre de la Société médico pratique, du Conseil d'hygiène et de salubrité du X"" arrondissement, de la Société médicale du Temple, etc., chevalier de la Légion d'honneur eu 1848. Nous connaissons de Gaide :

T. propositions et observations sur quelques maladies de la peau. Thèse de Paris, "1829. n" '27, iii-4°. — il. An a lœsionibiis organicis vesaniœ? Tlièse d'agrégat, méd. Paris, 18'29, rn-4*. — III- Observations cliniques recueillies à Viiôpilal Saint-Antoine dans le service de. M. Royer. In Arch. gén. de méd., t. XYII, p. 533, 18'28. — IV. Obseiv. sur l'éléphanliusis des Arabes. Ibicl., p. 553. — V. Observ. sur lepemphigus. Ibid., t. XVIII, p. 252, 550, 1828. — \I. Nombreux Rapports lus dans les différentes Sociétés scientifiques dont il laisait partie. L. llx.

GAÏDIQUE (Acide). C'^IPO^ Découvert par Caldwell et Gossmann (^/m. (]. Chem. II. Pharm., Bd. XCIX. p. 305), étudié de nouveau par Schroder [Dent, ekem. Gesellsch.., 18G9, p. 559), l'acide gaidique n'est autre chose qu'un isomère de l'acide hypogéique, un homologue de l'acide élaïdique. Pour le préparer, on chauffe l'acide hypogéique avec de l'acide azotique ordinaire, jusqu'à ce qu'il se dégage des vapeurs nitreuses. On laisse refroidir ensuite, on fait fondre sous l'eau la masse concrétée et on la purifie par cristallisation dans l'alcool.

L'acide gaidique est incolore, cristallin, inodore, insoluble dans l'eau, aisément soluble dans l'alcool et l'éther; il fond vers 58 ou 59 degrés; à une température plus élevée, il se volatihse sans se décomposer. Il absorbe deux atomes de brome pour donner naissance à un produit d'addition, C^''H""O^Br^ cristallisable, isomérique avec l'acide bibromohypogéique et qui, chauffé avec une solution alcoolique de potasse, se transforme en acide palmitolique.

L'acide gaidique s'unit directement aux bases et forme des sels répondant aux formules C^«H^'O^M', (C^«ir-^0^)'-.M", etc , dont quelques-uns sont cristallisabics. L. Un,

GAILLARD (Frakçois-Lucien). Né à Poitiers en 1805, mort dans la même

GAILLARDOT. ^ti9

ville en janvier 1860. Il étudia la médecine à Paris, fut reçu inlerne des hôpitaux en 1827 et soutint sa dissertation inaugurale le 28 août 1829. 11 s'établit ensuite dans sa ville natale et ne larda pas à y accpiérirune grande réputation; ce lut, dit Catïe, l'un des praticiens les ])lus distingués de la province. Nommé chirurgien en clielde l'Ilôlel-Dieu de Poitiers, il s'acquitta avec zèle et honneur de ces louctions durant de longues années. On a de lui plusieurs publications importantes, principalement sur la chirurgie et la déontologie médicales. Nous mentionnerons :

I. Ulilitr et abus des théories en me'decine, suivies de pi-0])osilioiis chirurgicales. Tlièsc de Paris, 182Ô, in-4", n" 259. — II Consideralions sur Vrpidemie de suellc milidire qui a rt'gité à Poitiers. l'aris et l'oiùtrs, 1840, in-S". — III. Un seul appareil pour tou/c; lex fractures du vicmbre inférieur. Caris, 1857, in-8°. — IV. Dupuyircn, 180J, iii-8°. — V. Etude sur la icoxalgie. Paris, 1865, in-8° (Extr. du Bullcl. Acad. de mcd.). — YI. Essai hur les familles pathologiques. Paris. 1809. in-8°. L. Un.

Notre auteur était probablement le lîls de :

Gaillard (L.-A.). Professeur de médecine à l'hôpital des Incurables de Poitiers, connu par :

I. Des causes qui ont modifie la constitution physique et médicale chez les peuples anciens et modernes. Mi'in. qui a obtenu le prix décerne en li^Ob par l'Aead. de Dijon, sur cette question : « Les fièvres catarrhales deviennent plus fréquentes qu'elles ne l'ont jamais été ; les fièvres in/lamniatoires deviennent extrêmement rares; les fièvres bilieuses sont moins communes : déterminer quelles sont les causes qui ont pu donner lieu à ces révolutions dans nos climats et nos tempéraments. Poitiers, 1807, in-8°. — H. Observ. d'une fièvre intermittente maligne {febris comilala Torti). In Dec. périod.de la Soc. deméd., t. \II, p. 264, an X (1802). L. Ux.

(;.l^lLL,.4RDOT (Cr,.\UDE-AiMOii\'E). Médecin et naturaliste français, né à Lunéville, en 1774, mort dans la même ville, le 10 septembre 1853. D'abord chirurgien militaire, il parcourut en observateur intelligent les diverses contrées où l'ap^jolait son service, recherchant dans ses loisirs les moindres plantes et les étudiant avec soin, ne passant jamais dans une ville sans visiter les collections d'histoire naturelle et les hommes de mérite qu'elle renfermait. Dans la campagne d'Autriche, en 18U9, il lut jjommé membre de la Légion d'honneur. A la suite d'une expédition qu'il lit à Saint-Domingue, un Mémoire sur la fièvre jaune, présenté à l'Académie de Gottingue lui fit décerner le titre d'associé. Il vint prendre ses grades à la F.aculté de médecine de Paris, et suivit ensuite l'armée dans le Hanovre. Après vingt ans de service, il prit sa retraite en 1810, et vint exercer la médecine à Lunéville, en continuant ses études sur l'organisation des végétaux. Les observations microscopiques qu'il fit pendant plus de vingt ans, ne l'empêchèrent pas de s'occuper de géognosie. 11 a exploré surtout les Vosges. Une lecture attentive de Cuvierlui persuada qu'on pouvait trouver des ossements lossiles dans le terrain de Lunéville. 11 fit dès lors d'activés recherches, et parvint à recueillir une collection nombreuse de précieux débris, tels que des dents et écailles de poissons extraordinaires, des os de lézards gigantesques, d'immenses crocodiles, des tortues monstrueuses, etc. Cette collection, qui formait plusieurs genres et espèces nouvelles d'animaux, attira un grand nombre de savants à Lunéville, et fixa l'attention de Ouvier. On en trouve le détail dans les Mémoires de la Sociélé des sciences de Nancy pour l'année 1855, et dans les Annales des sciences iiatur elles, immicr 1855, p. 46 et suiv. Gaillardot n'a publié séparément qu'une ISotice géologique sur la cote d'Essey (près de Lunéville);

450 G Al M A KO.

Lunévillc, 1818. iii-8". Il a donné aux Annales des sciences nalurelles l. Vil, juillet 180G, im Mémoire sur les fossiles du grès bigarré avec des planciios. 11 a pre'senté un assez grand nombre de mémoires à la Société des sciences de Nancy, qui les a analysés dans les diveses pièces de ses travaux, 1816-18, p. 00 et 57 ; 1819-2o, p. 27 et 40; 1824-28, p. 45, 48 et 50; 1855, p. 53 {Biogr. Didot). L. Hn.

CiAiLLET (Botanique). Voy. Gai.iet.

GAILLOX (Fkançois-Benjamiin). Botaniste distingué, né à lloueu le 2 jan- TÏer 1782, mort à Boulogne-sur-Mer le 4 janvier 1839. Entré dane l'administration, il était en dernier lieu receveur principal des douanes à Boulogne. D'après Callisen, il habita longtemps Dieppe. Ses travaux sur la zoologie et la botanique le firent admettre dans les sociétés linnéennes de Paris, de Lyon, de Bordeaux, etc. 11 fut en outre membre correspondant de la Société d'émulation de Rouen, Dans plusieurs de ses publications, il émit des idées assez originales sur l'animalité des végétaux du dernier ordre, auxquels il donna le nom de ISemazonira. Nous citerons de Gaillou :

I. Essai sur l'ctiidr, des Thrilnssiop/njles. Rouen, 1820, in-8°. — II. Aperçu microscopigue el physiologique sur la fruitifualwn des Tlialassioplajlessijmphysislces. Rouen, d82l , in-8°. — III. Essai sur les causes de la couletir verte que pirennent les huîtres des jmrcs à certaines époques de l'année. lîouen, 1821, in-8°, et in Journ. de physique de Lamétitcrie, t. XLVIII, p. 222, 1820. — IV. Mémoire sur les expériences microscopiques et physiologiques sur iinc espèce de confcrve marine, production animalisée et réflexions sur plusieurs autres espèces de productions filamenteuses analogues, considérées jusqu'alors comme végétales. In Journal complément, du Dict. des se. méd., t. VII, p. 277, 1825-24, et Rouen, I8'i5, in-8°. V. Art. Thalassiaphytes. In Dict. des se. nat. de Levrault, t. LVIll. — VI. Aperçu d'histoire naturelle et observât, sur les limites qui séparent le règne végétal du règne animal. Boulogne, 1853, 111-8°. — VII. Dans les Mémoires de la Soc. d'agric, se. et arts de Houlogne, 1825 et suiv. : Tableau.c synoptiques des genres Nemazonira, Aperçu d' hist . naturelle, etc.

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