GALVANISME
quant à l'origine de ces manifestations, elle n'était pas unique comme on le pensait alors et elle se trouvait à la fois dans les substances animales sur lesquelles on opérait, où elle constituait ce que l'on nomme maintenant l'électricité animale, et dans les conducteurs hétérogènes que l'on employait. Galvani soutenait la première opinion, Yolta défendait la seconde, qui fut le point de départ de sa belle découverte de la pile électrique. Ni l'un ni l'autre n'avait tort absolument, ils étaient seulement trop exclusifs dans leur manière de voir; mais, entraînés dans la défense de leurs idées, ils furent conduits à d'importantes recherches d'où sortit, en somme, une des branches les plus intéressantes de la physique moderne.
Il n'y a donc pas lieu, on le conçoit, d'étudier d'une manière complète le galvanisme, les faits qui s'y rattachent rentrant tout naturellement dans l'électricité {voy. ce mot), et nous ne pouvons que donner un résumé historique, sans entrer dans les détails : les recherches sur ce sujet furent excessivement nombreuses à cette époque, et nous devons passer sous silence la plupart des travaux que suscita l'indication des phénomènes dont nous nous occupons.
Galvani fut conduit par le hasard à l'étude de l'action de l'électricité sur les grenouilles : des grenouilles écorchées étaient placées sur une table dans le voisinage du conducteur d'une machine électrique ; l'un de ses aides approcha la pointe d'un scalpel du nerf crural de l'un de ces animaux ; aussitôt tous les muscles des membres parurent animés de fortes convulsions : tel fut le point de départ des études de Galvani, qui répéta et varia ses expériences, qui n'étaient en somme que des effets dus à ce que l'on appelle le choc en retour. Le savant professeur de Bologne vérifia d'ailleurs que l'action de la foudre le conduisait aux mêmes résultats (1780).
Ce fut seulement en 1786 que Galvani aborda un autre ordre de phénomènes, celui qui a principalement contribué à le rendre justement célèbre. On sait que des grenouilles préparées, suspendues par un crochet de cuivre à un balcon de fer, présentèrent d'énergiques contractions lorsqu'elles venaient toucher ce dernier métal, et cela en dehors de toute action électrique; le temps était calme et serein et l'on ne pouvait d'ailleurs soupçonner l'action de l'électricité atmosphérique. A la suite d'expériences maintes fois répétées, en opérant tantôt à l'air libre et tantôt dans un vase clos, en employant pour réunir les nerfs aux muscles des corps divers, Galvani commença à soupçonner qu'il pourrait bien y avoir une électricité propre et inhérente aux animaux et que le fluide nerveux passe des nerfs aux muscles par une loi analogue à celle que suit l'électricité artificielle dans l'expérience de la bouteille de Leyde.
A partir de cet instant Galvani, par de nombreuses expériences ingénieusement combinées, s'efforça de mettre en évidence l'existence de ce courant électrique; il rechercha l'influence de la nature de l'arc interposé, reconnut qu'un métal, que l'eau, provoquaient les contractions, tandis qu'il ne se produisait rien avec l'huile; que l'on pouvait employer deux arcs disposés de manière qvi'ils touchaient par une de leurs extrémités, l'un des nerfs, l'autre les muscles, et que la contraction se produisait au moment oii les deux extrémités libres venaient à se rejoindre. Il étudia également l'action d'arcs hétérogènes, mais n'attacha pas une importance spéciale à ce fait que les effets étaient alors plus énergiques.
Une objection pouvait encore être faite : les contractions n'étaient^elle pas le .résultat de l'action mécanique exercée sur les muscles et les nerfs par l'extrémité