‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 80 sur 126 · M6 GALVANISME · texte numérisé non relu

M6 GALVANISME

nouille n'était aucunement en contact avec le conducteur de la machine ; elle en était même distante d'un assez long intervalle. Un de mes aides vint à approcher par hasard la pointe d'un scalpel des nerfs cruraux internes de cette grenouille et les toucha légèrement, et tout aussitôt tous les muscles des membres inférieurs se contractèrent, comme s'ils avaient été subitement pris de convulsions tétaniques violentes. Cependant une personne, qui était là présente pendant que nous faisions des expériences avec la machine électrique, crut remarquer que le phénomène ne se produisait que lorsque l'on tirait une étincelle du conducteur. Émerveillée de la nouveauté du fait, elle vint aussitôt m'en faire part. J'étais alors préoccupé de toute autre chose ; mais pour de semblables recherches mon zèle est sans bornes, et je voulus aussitôt répéter par moi-même l'expérience et mettre au jour ce qu'elle pouvait présenter d'obscur. J'approchai donc moi-même la pointe de mon scalpel tantôt de l'un, tantôt de l'autre des nerfs cruraux, tandis que l'une des personnes présentes tirait des étincelles de la machine. Le phénomène se produisit exactement de la même manière : au moment même où l'élincelle jaillissait, des contractions violentes se manifestaient dans chacun des muscles de la jambe, absolument comme si ma grenouille préparée avait été prise de tétanos. »

L'explication, du reste inexacte, que Galvani donna de ce phénomène, provoqua une discussion très-vive entre lui et Volta ; Galvani, admettant l'existence d'une électricité animale particulière, assimilait le muscle de la grenouille à une sorte de condenseur, chargé de l'une des électricités à son intérieur, d'électricité contraire à sa surface extérieure ; l'arc métallique établissant la communication entre le nerf lombaire et la surface externe de la cuisse jouait en quelque sorte le rôle d'excitateur; Volta, au contraire, attribuait le développement de l'électricité au contact des deux métaux hétérogènes, qui composaient l'arc métallique dont Galvani se servait dans ses expériences. Les deux savants étaient dans l'erreur. Mais nous n'insisterons pas davantage sur cette discussion, d'où jaillit une des plus belles découvertes des temps modernes, ce sujet se trouvant traité dans tous les ouvrages de physique et dans ce Dictionnaire même à l'article Galvanisme {voy. ce mot).

On a de Galvani :

— I. De ossibus thèses physico-medico-chirurgicœ. Bononise, 17(32. — II. Diss. de aerifor- Jïiis principiis thermarum porreclanarum. Bononiœ, 1789. — III. De renibus atque ureteribus volatilium. In Acla înstitutis Bononiensis. — IV. De volaliliitin aure. Ibid. — Y. De viribus eleciricitatls inmotu musculari comnientarius . Ibid., t. VII, 1791. Cum Joli. Aldini dissertatione et notis. Mutinse, 1792, in-4°. — VI. Liltera di riposta al B. Carminati. In Brugnatelli. Giorn. fisico-rned., l. V, 1792. Tii'age à part : Bologna, 1791. — VII. Dell' iiso. e deir attivilà delV arco conduttore neile conirazione dei muscoli. Ibid., 1794 (anonyme). — VIII. Memorie suit' elettricità animale al Abate L. Spallanzani. Ibid., 1797. — IX. Tous les ouvrages de Galvani ont été réimprimés sous le titre suivant : ■Opère édite ed inédite del Prof. L. Galvani, etc. Bologna, 1841, in-4°. Con aggiunta. Bologna, 1842, in-4°. L. Hn.

GALVA]\HSATIOX. Voy. ÉlECTROTHÉRAPIE.

GALVA!\IISME. Galvaui a étudié le premier la propriété que possèdent les substances animales dans de certaines conditions d'exécuter des mouvements très-sensibles : de là le nom de galvanisme que cette propriété a reçu dès l'origine. Ou sait maintenant que les faits que l'on rattachait alors au galvanisme dépendent de l'existence des courants électriques dont ils ont été la première manifestation précise, ce qui leur donne une importance considérable;

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