‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.43Chapitre 17 sur 61 · GAZ EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

GAZ EN GÉNÉRAL

déliquescence des corps. IbiJ., t. LXXXII, p. 171, 1812. — XXXVII. Sur la capacilc des

fluides élastiques pour le calorique. Ibid., t. LXXXIII, p. lOG, 1812. — XXXYIII. Sur les

changements de couleur que produit la chaleur dans les corps colorés. Wnd., t. LXXXIII,

p. m , 1815. — X.XX1X. Sur les snlfiles sulfurés, les muriales de mercure et les phospkures

alcalins. Ibid., t. LXXXV, p. 190, 1815. — XL. Sur l'existence de l'alcool dans le vin, lu à

VInstilul le 1" mars 1813. Ibid., t. LXXXVl, 1815, et in Mém. de la Soc. d'Arcueil, t. III,

p. 94. — XLI. De l'influence de la pression de l'air sur la cristallisa' ion des sels. Ibid.,

t. LXXXVlI,p. 225, 1813, et Mém. d'Arcueil, t. III, p. 180. — XLIl. Sur un nouvel acide

formé avec la sitbstance découverte par M. Courtois, lu à l'Iiislilut le 6 décembre 1815.

Ibid., t. LXXXIII, p- 511, 1813. — XLllL. Sur la combinaison de l'iode avec l'oxygène, lu à

l'Institut le 20 déc. 1813. Ibid., p. 319. — XLIV. Sur l'iode, lu à l'Institut le 1" avril 1814.

Ibil., t, XCI, p. 5, 1814. — XLY. Sur l'acide prussique, lu à l'Institut le 18 sept. 1815. Ibid.,

t. XCV, p. 156, 1815. — XLYI. l^tti-e à M. Clément sur l'analyse de l'alcool et de l'éllicr

sulfurique. Ibid., p. 511. — XLYII. Sur l'acide urique. Ibid., t. XCYI, p. 55, 1815. —

XLVIU. Réclamation... sur la découverte de l'acide cldovique. Ibid., p. 99. — XLIX. Sur

l'oxijdation de quelques métaux. In Annal, dechim. et dep/ujs., t. I, p. 157, 181G. — L. be-

scriplion d'un nouveau baromètre portatif. Ibid., p. 115. — LI. Sur les combinaisons for-

mées par l'iode et le chlore. Ibid. — LU. Sur les combinaisons de l'azote avec l'oxygène.

Ibid., p. 594. — LUI Sur la dilatation des liquides. Ibid., t. II, p. 130, 1810. — LIY. De-

script, d'un thermomètre propre à indiquer des maxiina et des minima de température.

Ibid., t. III, p. 90, 181G. — LV. Descript. d'un eudiomètre de Volta. Ibid., t. lY, p. 188,

1817. LYI. iîotice sur Hipp.-Vict. Collet-Descotils. Ibid., p. 215. — LVII. Perfeclionn.

de la lampe à gru 'inflammable. Ibid., t. Y, p. 501, 1817. — LVUl. Sur les combinaisons

du soufre avec les alcalis, lu à l'.^cad. des se. le 15 déc. 1817. Ibid., t. YI, p. 321, 1817. —

LIX. Sur la salure de l'ocran Allanliquc. Ibid., 1. YI, p. 426, et t. VII. p. 7'.», 1818. —

LX. Sur la fixité du degré d'ébullition des liquides. Ibid., t. Yll, p. 307, 1818. — LXl. Lettre

à M. de Humboldl sur la formation des nuages orageux. Ibid., t. YUI, p. 158, 1818. —

LXII. Sur un acide nouveau formé par le soufre et l'oxygène (av. WelterJ. Ibid., t. X, p. 512,

1819. — LXIIl. Analyse de l'eau de la mer Morte, Ibid., t. XI, p. 195, 1819. — LXIV. Essai de l'eau du Jourdain. Ibid., p. 197. — LXV. Sur l'essai des soudes. Ibid , t. XIII, p. 212,

1820. — LXVI. Sur le calorique du vide. Ibid., p. 504. — LXVIl. Analyse du sulfate de magnésie. Ibid., p. 508.— LXVIII. Sur le froid produit par l'évaporation. Ibid., t. XXI, p. 82, 1822. — LXIX. Analyse du fulminate d'argent, lu à l'-icad. des se. le 22 mars lt^24. Ibid., t. XXV, p. 285, 1824. — LXX. Sur l'essai du chlorure de chau.v. Ibid., t. XXVI, p. 62, 1824. — LXXI. Sur les paratonnerres. Ibid., p. 258. — LXXIl. Lettre... sur la théorie de la nitrification. Ibid., t. XXXIY, p. 86, 1827. — LXMII. Sur le carbonate noir de cuivre. Ibid., t. XXXVII, p. 555, 1828. — LXXIV. Sur le pyrophore. Ibid., p. 415. — LXXV. Essai des potasses du eommeree. Ibid., t. XXXVlll, p. 557, 1828. — LXXVI. Su: la liqueur fumante de Boyle, Ibid., t. XL, 1829. — LXXVII. Sur l'analyse du borax. Ibid., p. 598. — LXXVIII. Sur l'acide phosphorique. Ibid., I. XLI, p. 531, 1829. — LXXIX. Sur le kermès. Ibid., t. XLII, p. 87, 1829. — LXXX. Sur l'absorption de l'oxyg. par l'argent, etc. Ibid., t. XLV, p. 221, 1830. — LXXXI. Faits pour servir à l'histoire du bleu de Prusse. Ibid., t. XLVI, p. 73, 1831. — LXXXII. Sur l'acide oxalique, lu à 1 Acad. des se. le 5 avril 1(S51. Ibid., p. 218. — LXXXlll. Sur le précipité pourpre de Cassius. Ibid., t. XLIX, \i. 596. 1852. — LXXXIV. Descript. d'un thermomètre à air. Ibid., t. LI, p. 455, 1832. — LXXXV. Descr. d'un appareil pour le mélange des gaz avec les vapeurs. Ibid., p. 458. — LXXXVl. Nouv. instruct. sur la chlorométrie. Ibid., t. LX, p. 225, 1855. — LXXXVII. Sur la décomp. du carbonate de chaux au moyen de la chaleur. Ibid., t. LXIII, p. 219, 1836. — LXXXYIII. Sur de la glace qu'on trouve au fond des rivières. IhiA., p. 559. — LXXXIX. JVoMy. simplifie, de l'eudiomèlre de Voila. Ibid., t. LXVI, p. 443, 1837. — XC. Sur un nouveau procédé de chauffage importé d'Angleterre, Ibid., t. LXVII, p. 220, 1858. — XCI. Considér. sur les forces chimiques. Ibid., t. LXX, p. 407, 1859. — XGII. Observ. criliq. sur la théorie des phénomènes chimiq. de la respiration. Ibid. , 5° série, t. XI, p. 5, 184i. — XCIII. Sur la solubilité des fluides élastiques. Ibid., t. XIU, p. 507, 1845. — XCIV. Mém. sur l'eau régale. Ibid.. t. XXIIl, p. 203, 1848. — XCV. Instruction pour l'usage de l'alcoolomètre centésimal. l'aris, 1824. — XCVI. Instruction pour l'essai du chlorure de chaux. Paris, 1824. — XGVII. Instruction sur l'essai des matières d'argent par la voie humide. Paris, 1835. — XCVIII. Leçons de physique. Paris, 1828, 2 vol. in-S" (publ. par le sténographe Grosselin). — XCIX. Cours de chimie. Paris, 1828 (publ. par le sténographe Marmet). — G. Les travaux faits en commun avec Tbénard ont paru sous le titre : Piccherches physico-chimiques faites sur la pile. Paris, 1811, 2 vol. in-8°. L. Hn.

GAZ EX GÉXÉRAL. Voy. CoRPS.

G.lZ D'ÉCLAlRAtiE. (Hygiè.xe). Nous diviserons cette étude en trois parties. Dans la première, nous nous occuperons spécialement de la fabrication du gaz d'éclairage, et des conditions d'Iiygiène professionnelle et industrielle que cette fabrication présente.

Dans la seconde, nous étudierons l'influence de l'éclairage au gaz sur la salubrité de la voie publique.

Dans la troisième, nous présenterons toutes les considérations que comporte, au point de vue de l'hygiène de l'habitation, l'emploi du gaz comme moyen d'éclair.ige et de chauffage.

C'est à un Français, Philippe Lebon d'Humbersin, que l'on doit attribuer la découverte du gaz d'éclairage.

Lebon annonça sa découverte à l'Institut en 1798 ; le 28 septembre 1799, il prenait un brevet d'invention, et, en 1805, il éclairait les appartements d'un hôtel, à Paris, avec du gaz extrait de la houille.

La même année, en Angleterre, dans une fabrique de machines à vapeur située à Soho près Birmingham, et appartenant à l'illustre mécanicien James Watt, un ingénieur, William M)irdoch, établissait aussi un appareil destiné à l'éclairage du bâtiment principal.

Bien que les écrivains anglais aient attribué la priorité de la découverte du gaz d'éclairage à leur compatriote, il est certain que William Murdoch avait eu connaissance des résidtats obtenus à Paris par Philippe Lebon; mais, ce qui lui revient sans doute, c'est d'avoir substitué au bois, dont l'ingénieur français s'était servi pour la fabrication du gaz, la houille qui abonde en Angleterre.

A partir de 1804, ce nouveau mode d'éclairage prend de plus en plus de l'extension. Exclusivement employé d'abord dans les usines et dans les grands établissements industriels, ou bien comme moyen d'illumination publique, ce ne fut qu'en 1812 que l'on commença à s'en servir à Londres, pour éclairer les rues. En France, les premiers becs de gaz parurent à Paris, dans la rue de la Paix et sur la place Vendôme, au mois d'avril 1819. En Allemagne, ce n'est qu'en 1826 que l'éclairage au gaz fut établi à Berlin. Des capitales l'usage pénétra, peu à peu, dans les grandes villes et les centres manufacturiers, et se répandit dans toute l'Europe. Il ne tardera pas à envahir tout le monde civilisé.

Pour se rendi'e compte de l'importance que la question de l'éclairage au gaz présente au point de vue de l'hygiène publique et privée, il nous suffira de citer les quelques chiffres suivants.

La production annuelle en France s'élève à peu près à 550 millions de mètres cubes de gaz.

Le département de la Seine produit à lui seul 156 654 252 mètres cubes de gaz, près de la moitié de la consommation totale de la France ; après le département de la Seine, ceux qui fabriquent le plus de gaz sont : le Nord avec 25 752 000 mètres cubes; le Rhône avec 14 799 000 mètres cubes; la Seine- Inférieure avec 11440 000 mètres cubes et les Bouches- du -Pdiône avec 1 0 555 000 mètres cubes.

En Angleterre, la consommation du gaz est beaucoup plus considérable; à Londres seul d a été, en 1876, consommé 404 781 600 mètres cubes de gaz produits par les dix-neuf usines qui appartiennent aux six grandes compagnies qui alimentent cette ville [Field).

I. Le gaz d'éclairage da.\s les fabriques. A. Les matières premières qui

servent à la fabrication du gaz sont : la houille, le bois, la tourbe, les matières résineuses, les graisses et huiles, le pétrole et l'eau. C'est de l'industrie du gaz de la houille que nous nous occuperons spécialement.

La fabrication du gaz d'éclairage avec la houille comprend trois opérations : 1» La distillation de la houille dans les cornues;

2" La condensation des produits li(]uides dans des appareils spéciaux, ce qui constitue ré[)uration physique du gaz ;

5» L'épuration chimique du gaz.

En dernier lieu s'opèrent l'emmagasinement et la distribution du gaz.

Pour bien faire comprendre les conditions de travail où se trouvent placés les ouvriers des usines à gaz, nous devons donner un résumé succinct de la conduite de ces diverses opérations.

Les appareils dislillatoires ou cornues sont des cylindres en terre, recouverts à leur intérieur d'un enduit argileux. Leurs dimensions sont telles que 100 kilogrammes de houille remplissent environ les deux tiers de leur capacité. Cette quantité de houille produit de 28 à 29 mètres cubes de gaz. On ferme l'ouverture des cornues avec un couvercle ou tampon en fer qui se rive à une embouchure ou tète de fonte fortement scellée au corps du cylindre.

Les cornues sont disposées horizontalement et parallèlement dans des fours dits à gaz, de manière que le col de leur embouchure demeure libre en avant. Dans les grandes fabriques de gaz, chaque four reçoit de o à 7 cornues ; cependant, il y a aussi des fours de 12 à 15 cornues.

Les ouvriers qui chargent les cornues se servent d'une longue cuiller en tôle, ayant la forme d'un demi-cylindre, qu'ils introduisent remplie de charbon dans la cornue ; il suffît de la retourner pour disposer la charge. On la relire alors et on ferme l'appareil.

La distillation dure quatre heures, après lesquelles on procède au défournement du résidu contenu dans la cornue. Ce résidu, qui est du coke encore brûlant et flambant, est attiré au dehors, à l'aide d'un ringard, sorte de' long crochet de fer, et recueilli dans des brouettes ou chariots en fer qui servent à le transporter dans la cour de l'usine, où on l'éteint avec de l'eau.

Dans quelques fabriques, le coke est immédiatement employé à l'état rouge pour le chauffage des cornues.

Dès qu'une cornue est ainsi vidée, l'ouvrier la recharge immédiatement, la ferme de nouveau en tournant la vis dont le tampon est muni, et l'opération recommence.

Entre le travail des cornues et le travail d'épuration proprement dit, a lieu l'épuration physique ou condensation qui se fait pour ainsi dire mécaniquement, et sans nécessiter l'intervention d'ouvriers spéciaux; nous devons en donner un aperçu succinct. Toutefois, comme c'est à l'influence des produits de la distillation du chaibon que se rapportent les accidents particuliers que l'on rencontre chez les gaziers, il est indispensable de faire connaître quels sont ces produits, avant et après l'épuration du gaz.

Les produits de la distillation de la houille sont au nombre de quatre : le coke, les résidus ammoniacaux, le goudron et le gaz d'éclairage. Chacun de ces produits peut agir sur la santé par les éléments qui le composent. 11 faut donc connaître les principaux de ces éléments.

On trouve dans le coke 90 à 95 pour 100 de carbone et une petite proportion de sulfure de fer. Les résidus ammoniacaux présentent comme éléments princi-

paux : du carbonate et du sulfure d'ammonium, et comme éléments accessoires du cyanure et du sulfocyanure d'ammonium.

Le goudron comprend des hydrocarbures liquides et solides, des acides et éthers, des bases et des éléments constituant ce qu'on appelle le brai. Nous renvoyons à l'article Goudroiv l'énumératiou complète de ses divers cléments et leur étude au point de vue de l'hygiène.

Les éléments qui entrent dans la composition du gaz d'éclairage sont nombreux. Wagner et Gautier les divisent :

\° En éléments éclairants comprenant des gaz et des vapeurs; ce sont tous des hydrocarbures.

Ces gaz sont : l'acétylène (C-'H-j, l'éthylène (G^IP), le propylène (C''H^), le butylène (CM1«);

Les vapeurs sont des vapeurs de benzine (G^ll''), de styrolène (C^H**), de naphtaline {Ci«H^j, d'acctylnaphtaline (G^^^H'«), de fluorène (G'^'Hi»), de propyle (C'H'), de butyle (C*ll^) ;

2" En éléments non éclairants qui sont : l'hydrogène, le gaz des marais (GH'*j, l'oxyde de carbone;

3" En éléments altérant la pureté du gaz : l'acide carbonique, l'ammoniaque, le cyanogène, le sulfocyanogcne, l'hydrogène sulfuré, des carbures d'hydrogène sulfurés, du sulfure de carbone et de l'azote.

Geci posé, passons rapidement en revue le travail général d'épuration du gaz d'éclairdge.

Une première condensation des produits volatils de la distillation de la houille se fait dans le barillet, large tube horizontal, ordinairement cylindrique, commun à une série de fours, et avec lequel communiquent les tuyaux de dégagement des cornues. L'eau, dont le barillet est rempli, est bientôt remplacée par du goudron et de l'eau goudronneuse qui s'écoulent par un tube d'écoulement dans un réservoir à goudron.

Les gaz, la vapeur d'eau contenant en dissolution des sels ammoniacaux, les vapeurs de goudrou qui ne sont pas condensées dans le barillet, s'écliappent par un tube abducteur et arrivent dans ce qu'on appelle le « jeu d'orgue >>, qui est une série de tubes réfrigérants dans lesquels s'opère la transformation en liquides des vapeurs aqueuses et goudronneuses. En même temps que le jeu d'orgue, on emploie généralement un second appareil condensateur ou laveur à coke qui se compose de cylindres en tôle remplis de fragments de coke maintenus humides. Ce laveur a pour but, à la fois, d'enlever au gaz une partie de l'hydrogène sulfuré et du sulfure d'ammonium, et de retenir les particules de goudron entraînées par le courant gazeux.

Du laveur, le gaz est conduit dans l'épurateur proprement dit, où il doit être dé()Oudlé de l'hydrogène sulfuré, de l'acide carbonique, des produits ammoniacaux et des quelques bases organiques qui accompagnent l'ammoniaque dans le gaz d éclairage non purifié.

Les épurateurs consistent généralement aujourd'hui en de grandes caisses rectangulaires eu fonte ou en tôle, divisées en deux ou trois compartiments par des diaphragmes horizontaux. Dans chaque compartiment, on place une claie sur laquelle on étend les matières épurantes. Le gaz arrive le plus souvent par la partie inférieure de la caisse et sort par la partie supérieure (d'autres fois c'est le contraire); il est ainsi forcé de se tamiser à travers la masse d'épuration.

L'agent chimique le plus anciennement employé est la chaux, qui l'a été suc-

cessivement sous forme humide (lait de chaux) , ou sous forme sèche (hydrate de chaux sec ou simplement humecté). Mais l'expérience a démontré que la chaux seule ne suffit pas pour opérer une épuration complète; il reste des produits ammoniacaux que, dans quelques usines, on élimine en faisant passer le gaz à travers de \a sciure de bois humectée avec de l'acide sulfurique étendu, et placée dans les compartiments inférieurs de l'appareil épurateur. Mais le procédé, employé aujourd'hui dans presque toutes les f^randes usines, en Angleterre et en France, c'est le mélange qui a été proposé par Laming, quelque peu modifié suivant les fabriques, et qui consiste en un mélange de sulfate de chaux et de peroxyde de fer employé à l'état sec.

Le gaz d'éclairage, une fois purifié, se rend dans le gazomètre ou réservoir destiné à le contenir avant sa distribution.

Chaque usine possède au moins deux gazomètres, quelquefois jusqu'à dix ou douze, et leurs capacités réunies peuvent égaler les 8/10 environ du volume (lu gaz engendré journellement dans l'établissement. Tout gazomètre se compose d'une cloche et d'une cuve. La cloche remplie d'eau avant l'arrivée du gaz plonge dans un grand réservoir, en maçonnerie et ciment hydraulique, à parois bien étanohes. C'est la cuve ou citerne. Elle est creusée dans le sol de façon ijue, lorsque la cloche est au bas de sa course, c'est-à-dire vide de gaz, la plateforme du gazomètre est de niveau avec le sol.

L'étanchéité des parois de la cuve est aussi importante pour l'hygiène que pour l'économie de l'usine. Les fuites de gaz et les infiltrations de liquides auxquelles la perméabilité de ces parois donnerait lieu seraient, on le comprend, préjudiciables à tous égards. D'un autre côté, elle favorise le retour des gaz du sol dans le fond de la cuve : de là des accidents pendant le curage.

Quant au danger d'explosion que les gazomètres présentent, il faut reconnaître qu'il a été fort exagéré. Si l'on songe que pour être détonant, le gaz renfermé dans la cloche doit être mélangé avec au moins sept fois son volume d'air atmosphérique, on comprendra comment le jeu de l'appareil lui-même rend cette éventualité impossible. Aussi les cloches atteignent-elles aujourd'hui un volume considérable, il y a dans les usines de la Compagnie parisienne des cloches qui ont une capacité de 25000 mètres cubes. En général, cependant, cette capacité ne dépasse pas 12 à 15000 mètres cubes. En Angleterre, celle des gazomètres actuellement en usage est de 15 000, 30000 et jusqu'à 70000 mètres cube's. L'un des plus grands gazomètres connus, construit àLiverpool, possède une capacité de 87500 mètres cubes.

B. Voyons maintenant quelles sont les conditions spéciales d'hygiène où se trouvent placés les ouvriers des usines à gaz.

On peut diviser les ouvriers gaziers en deux catégories : 1° les ouvriers employés aux cornues; 2" les ouvriers employés aux épurateurs.

Le travail des cornues ou des fours expose les ouvriers à tous les inconvénients (les poussières, à l'action d'une haute température, aux fatigues d'un dur labeur. Appelés à se remplacer à tour de rôle, dans le transport de la houille, dans le chargement et le déchargement des cornues, dans l'enlèvement et l'extinction du coke embrasé, ils bénéficient sans doute de la division successive du travail, mais ils se trouvent par cela même exposés à des transitions brusques de température, alors qu'ils sont dans un état prononcé de sueur. C'est la cause la plus générale des maladies qui les atteignent.

Ces maladies^sont : des affections chroniques ou subaiguës des organes respi-

DICT. ENC. i' s. Vil. 1

latoires, des affections catarrhales aiguës ou chroniques des voies digestives et des affections rhumatismales.

Suivant nous, cependant, il ne faudrait pas faire jouer aux influences atmosphériques un rôle trop prépondérant. L'action du froid vient sans doute déterminer l'explosion ou la manifestation aiguë d'une de ces affections, mais la gravité et le caractère spécial qu'elle présente dépendent avant tout des prédispositions acquises par l'organisme de l'ouvrier sous l'influence du travail professionnel.

C'est ainsi que chez ces ouvriers les poumons sont prédisposés aux affections catarrliales aiguës par l'inhalation des poussières charbonneuses; que les catarrhes intestinaux sont le résultat de troubles digestifs prolongés par suite de déperditions sudorales et d'excès de boissons ; que les rhumatismes dépendent de fatigues musculaires considérables que provoque le genre de travail professionnel.

La bronchorrhée se retrouve chez cette catégorie d'ouvriers comme signe principal de lapneumonoconioseanthracosique ou maladie des bouilleurs. On constate chez eux : l'otite furonculeuse et les blépharites glandulo-ciliaires des chauffeurs, provoquées par le dépôt de la poussière de charbon dans le conduit auditif et sur les rebords des paupières. Je ferai cette remarque que la houille grasse, que l'on emploie de préférence dans les usines à gaz, présente, à cet égard, une action particulièrement irritante.

Il faut noter encore les douleurs subites dues à la rupture de fibres musculaires ; le lumbago et la névralgie scidtique. Le caractère de ces deux dernières affections est le même que celui que nous avons signalé chez les forgerons et les fondeurs. Il y a plus, en effet, qu'une simple manifestation rhumatismale ; la somme de mouvement des lombes est presque aussi grande chez les ouvriers employés aux cornues que chez les forgerons. En outre, à côté de l'affaiblissement nerveux provoqué par des déperditions sudorales continues, il faut faire intervenir l'action fâcheuse' produite par l'absorption de gaz nuisibles.

C'est ainsi que le transport du coke embi'asé, son extinction, donnent lieu à un dégagement de gaz carbonés et sulfureux. Les vertiges, les céphalalgies que le voisinage de ces amas incandescents provoque parfois chez les ouvriers, sont dus à rinhalaliou de l'oxyde de carbone. Il en est de même pour la fumée qui s'échappe des cornues quand on les charge et quand on les décharge. Au moment du déchargement, surtout, le gaz qui se dégage tout autour du tampon desserré, non-seulement est dangereux à respirer, mais peut donner lieu, si l'on ouvre tout de suite, à de violentes explosions. C'est pour cela qu'on l'allume, dès qu'il se dégage, et l'on évite ainsi, avec l'explosion, les chances de brûlure et de respiration de gaz délétères. Quand l'absorption accidentelle de ces gaz a lieu, il se manifeste des signes rapides d'intoxication caractérisés par un catarrhe aigu de l'estomac avec vomissements et fièvre, plongeant les ouvriers dans l'abattement le plus profond, plus rarement dans un coma subit. Mon savant collègue et ami, le professeur Arnould (de Lille), regarde ce travail des cornues comme une opération des plus dangereuses dans les usines à gaz. Tout récemment, au Congrès international d'hygiène de Turin, il a cité le cas d'un ouvrier qui était arrivé au plus haut degré d'anémie, et chez lequel Kelsch ne compta plus qu'un million et den^i de globules rouges par millimètre cube.

Mais c'est principalement chez les gaziers employés aux épurateurs que se re^narque cette sorte d'empoisonnement chronique dû à l'action répétée de gaz toxiques mélangés en proportion plus ou moins grande avec l'air qu'ils respirent.

Leur teint est généralement terreux. Us présentent souvent des éruptions cutanées papulo-pustuleuses, de l'acné, entre autres. A. Manouvriez a observé chez les ouvriers des usines à gaz de Valenciennes et d'Anzin des anthrax, des panaris et de fréquentes inflammations de la peau {De l'anémie des mineurs, dite d'Anzin. Valenciennes, 1878). J'avais déjà signalé ce fait dans mon Hygiène et pathologie des professions. Cet état d'anémie, que je regarde aujourd'hui comme dû spécialement à l'absorption du gaz oxyde de carbone, a été rapproché par M. Manouvriez de l'anémie des bouilleurs d'Anzin, qu'il regarde comme une intoxicaliou spéciale due aux hydrocarbures provenant de la houille ; ce qui lui fait établir la plus grande analogie entre les affections professionnelles des gaziers, des ramoneurs de suie de houille, des distillateurs de goudron, des ouvriers des fabriques de brai, etc. {voy. art. tiouDRON). Mes propres observations me font attribuer à l'action des vapeurs hydrocarburées les manifestations éruptives, seules, que présentent les ouvriers gaziers.

Cependant, on ne saurait dire que les ouvriers des usines à gaz aient un bilan

pathologique plusprononcéqu'ailleurs et l'on doit faire entrer en ligne de compte

les mauvaises habitudes d'hygiène privée, les excès de boissons et autres, dans la

somme de morbidité relevée chez eux. C'est ainsi que Pétersen dans son Étude

sur la santé des ouvriers des usines à gaz de Copenhague insiste sur leur

alimentation défectueuse, et sur l'entraînement qu'ils éprouvent à faire usage,

comme stimulant, de liqueurs alcooliques. « Le gazier, dit-il, tombe ainsi peu

à peu dans l'alcoolisme avant de s'en douter. Des catarrhes gastriques clu'oniques

et incurables se développent, la nutrition est altérée, les accidents pulmonaires

prennent un développement beaucoup plus considérable, et ce concours de

circonstances produit cet état d'épuisement profond dans lequel tombent souvent

les ouvriers qui travaillent depuis longtemps dans les usines à gaz » {De la

santé des ouvriers iJ'^s usines à gaz de Copenhague, in Hygieniske mede-

lelser og. Botralyninger, vol. Vil, part. Il, 1872. Copenhague, extrait par Du

Mesnil, in Ann.d'hyj. publ., avril 1874).

Quelques observateurs, M. Bouteiller, de Rouen, entre autres, ont de la tendance à considérer l'influence de la fabrication du gaz d'éclairage sur les ouvriers qui y sont employés comme salutaire [De l'influence de la fabrication du gaz d'éclairage sur les ouvriers qui y sont employés, Anvers, 1876). Mes propres observations me font craindre que, à cet égard, on n'ait voulu trop prouver. Presque tous ces observateurs invoquent l'influence bienfaisante des émanations des résidus d'épuration sur la coqueluche et sur les affections respiratoires. A ce sujet, la question est jugée aujourd'hui, et je renvoie à l'article Coqueluche de ce Dictionnaire, où elle a été traitée complètement.

M. Bouteiller insiste beaucoup sur les propriétés désinfectantes qu'auraient ces résidus. Selon lui : être employé dans une usine à gaz, c'est se trouver dans la meilleure situation pour être préservé des maladies. Il a cité un certain nombre de renseignements qui semblent démontrer que les gaziers sont à l'abri du choléra et que la fièvre typhoïde les épargne également. Ce n'est pas l'opinion de M. Manouvriez, de Valenciennes, qui signale la prédisposition aux maladies infectieuses et ce caractère torpide, grave, insolite, qu'elles peuvent revêtir par défaut d'énergie rèactionnelle, chez tous les ouvriers exposés à l'influence des dérivés de la houille. « Les gaziers de Valenciennes et d'Anzin, dit-il, sont plus sujets que les autres artisans au choléra qui, en temps d'épidémie, les atteint assez souvent les premiers ; chez eux, les rechutes sont fréquentes. »

Avant d'aborder l'étude des documents relatifs à la salubrité de l'industrie du oaz d'éclairage, il nous reste à dire un mot des accidents qui peuvent arriver pendant le nettoyage des cuves des gazomètres.

La mauvaise construction des cuves des gazomètres et les infiltrations qui eu sont les conséquences, dit Max. Vernois {Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative, t. II, p. 47), ont souvent donné lieu à des accidents graves, et quelquefois mortels, pour les ouvriers chargés de les réparer, pendant leur séjour au fond de ces cuves. La cause en était peut-être due à de l'acide carbonique dégagé du sol et à son mélange avec quelque hydrocarbure volatil. Ce n'est pas assurément de l'hydiogène carboné, car le gaz ne saurait séjourner au fond de la cuve. Serait-ce de l'acide sulfhydrique ? Quoi qu'il en soit, les cas de mort ont été déterminés par une asphyxie comparable à celle qui se produit dans les cuves

à vin. »

Ces accidents, qui rappellent en effet ceux produits par le méphitisme des fosses et de certaines caves et puisards, n'arrivent point quand les parois de la cuve des gazomètres sont parfaitement imperméables. C'est sans doute au retour, dans la cuve vide, des gaz comprimés dans les couches voisines du sol, alors que la cuve est pleine, qu'ils doivent être attribués.

C. Un des plus grands inconvénients qui se soient opposés longtemps au développement de l'industrie du gaz d'éclairage provenait des résidus fournis pailes produits de condensation et d'épuration. Dans l'ignorance où l'on était alors de leur utilisation industrielle et devant la difficulté de s'en débarrasser d'une façon pratique, on se trouvait en présence déniasses excessivement encombrantes et devenant une cause sérieuse d'insalubrité pour le voisinage. Aujourd'hui encore, les usines où l'on emploie la chaux produisent une quantité considérable de résidus exhalant une odeur infecte et fort incommode pour les ouvriers et le voisinage au moment où l'on ouvre les caisses et pendant les manipulations qu'exigent leur enlèvement. A cet égard, de Freycinet recommande la pratique suivie par quelques usines en Belgique. La chaux impure est immédiatement mélangée avec les cendres des foyers qui absorbent les odeurs, et le compost ainsi obtenu est entreposé dans une sorte de couloir clos de toutes parts et ventilé de bas en haut. 11 est vendu aux agriculteurs comme engrais.

Cependant on est arrivé à ne laisser perdre aucun des produits secondaires de la fabrication du gaz, et leur traitement ainsi que leur vente viennent puissamment en aide à l'exploitation de l'industrie première. C'est ainsi que les cokes de gaz sont très-recherchés pour le chauffage des appartements ; que les eaux de condensation servent à l'extraction du sulfate d'ammonium ; que le goudron de houille, qui était autrefois une si grande source d'incommodités pour les fabriques et les habitations voisines, est devenu le point de départ d'une nouvelle et puissante industrie : l'industrie du goudron; que la chaux épuisée peut être employée dans le tannage des peaux, pour le pelainage de celles-ci ; que les détritus du mélange de Laming eux-mêmes produisent du soufre qui est utilisé, dans beaucoup d'endroits, pour la préparation de l'acide sulfunque.

On peut voir, par là, combien les échanges mutuels que se font et sont appelées à se faire les industries modernes, en utilisant les résidus des fabriques, contribuent puissamment à leur assainissement et aux progrès de l'hygiène. Aussi la législation qui régissait certaines de ces industries a-t-elle pu subir des modifications avantageuses au libre essor de ces dernièi'es, sans pour cela compromettre les intérêts de la salubrité publique. C'est ce qui est arrivé pour la fairi-

cation du gaz d'éclairage, au sujet de laquelle les craintes manifestées par l'administration et le public ont singulièrement perdu de leur exagération première.

Régie successivement par l'ordonnance royale du 20 aoiàt 1824 et celle du 25 mars 1858, cette fabrication a été soumise au décret du 27 janvier 1846 jusqu'en 1866, époque où les établissements et les usines à gaz furent classés dans la deuxième et troisième classe des établissements insalubres, incommodes ou dangereux. Ils sont aujourd'liui réglementés par un décret spécial en date du 9 février 1867. La simple reproduction de ce décret et des instructions ministérielles concernant son exécution nous paraît suffisante pour faire connaître toutes les considérations d'hygiène industrielle que la fabrication du gaz soulève.

Instructions pour l'exécution du décret du 9 février 1867.

Paris, le 28 février 1867.

Monsieur le Préfet,

La nomenclature des établissements réputés insalubres, dangereux ou incommodes, annexée au décret impérial du 51 décembre 1866, a rangé dans la deuxième classe la fabrication du gaz d'éclairage et de chauffage pour l'usage public, et dans la troisième classe la même fabrication pour l'usage particulier, ainsi que les gazomètres pour l'usage particulier non attenant aux usines de fabrication.

Ce classement est à peu près le maintien de celui qui existait antérieurement ; mais ce qui concerne le gaz est soumis, en outre, à des conditions spéciales prescrites par l'ordonnance royale du 27 janvier 1846, et il a paru convenable de réviser ce régime en tenant compte des progrès réalisés.

Tel est l'objet du décret impérial du 9 février 1867, rendu après examen du Comité consultatif des arts et manufactures, et sur l'avis du Conseil d'État, décret dont vous trouverez le texte à la suite de la présente circulaire et dont je dois vous taire connaître l'esprit et la portée.

Il convient de remarquer d'abord que l'ordonnance de 1846 s'appliquait indistinctement à la fabrication du gaz pour les usages publics et pour les usages privés, tandis que le nouveau décret, qui la remplace en l'abrogeant, n'a plus jugé nécessaire de réglementer d'une manière spéciale que les usines fabriquant pour l'usage public, les appareils destinés aux besoins privés ne devant plus, dès lors, être soumis qu'aux conditions particulières de l'acte administratif qui en aura autorisé l'établissement.

Eu second lieu vous reconnaîtrez. Monsieur le Préfet, qu'on s'est attaché à retrancher de la réglementation spéciale tout ce qui pouvait être une gêne trop grande pour le développement d'une industrie dont la nécessité est chaque jour plus démontrée.

Déjà l'administration, désireuse de hâter le développement de cette industrie en lui laissant toutes les facilités compatibles avec la sécurité publique, avait accuelli favorablement les réclamations qui lui avaient été adressées au sujet de la prohibition contenue dans l'article 6 de l'ordonnance de 1846, lequel interdisait l'emploi de toute substance animale pour la fabrication du gaz, et un décret en date du 17 mai 1865 a rapporté cette prohibition. Le règlement nouveau, sinspirant du même esprit, supprime tout ce qui, dans l'ordonnance de 1846 (art. 17 et 24), était relatif à la construction, à l'emploi du gazomètre et aux épreuves que devaient subir les récipients portatifs pour le gaz. Il a été reconnu, en effet, que les dispositions dont il s'ayit n'avaient plus aujourd'hui leur raison d'être et n'étaient plus en harmonie avec les progrès accomplis dans cette industrie depuis vingt ans. ^ Le nouveau règlement dispense en outre les usiniers de l'obligation, que leur imposait 1 article 14 de l'ordonnance, d'être pourvus de deux ou plusieurs gazomètres, selon l'importance de leur fabrication ; il supprime également l'obligation qui leur était imposée de surmonter de tuyaux et cheminées toutes les ouvertures des ateliers ; enfin, il réserve à chaque fabricant, moyennant certaines conditions, la possibilité de traiter, dans son usine même, les eaux de condensation pour en extraire les sels ammoniacaux qu'elles peuvent contenir.

Ces simples indications suffisent pour faire ressortir les avantages que, dans son ensemble, la nouvelle réglementation présente aux industriels. J'y ajouterai seulement quelques explications sur les principales dispositions du décret.

Aux teiTOes de l'article 2 : 1° Les usines à gaz devront être entourées d'un mur ou d'une clôture solide en bois, de trois mètres de hauteur au moins ; 2'' les ateliers de fabrication ,

ainsi que les gazomètres, devront être séparés des habitations voisines par une distance d'au moins trente mètres.

Il est bien entendu que la condition d'éloignement des habitations ne concerne que les usines qui se formeraient à l'avenir. S'il en était autrement, en effet, certains établissements actuellement existants se trouveraient frappés dune sorte de suppression qui ne saurait être dans les intentions du règlement. Vous devrez donc seulement, Monsieur le Préfet, n'autoriser désormais les usines à gaz qu'en les obligeant à satislaire à la condition d'éloignement exigée par le décret.

Quant à la première partie de cet article et à l'ensemble des autres dispositions du décret, l'application en principe doit en être immédiate. Mais, avant de formuler des prescriptions à cet égard pour chaque établissement, vous devrez vous rendre un compte exact de la situation de l'usine, de son emplacement, de la possibilité ou de l'impossibilité qu'il y aurait de construire le mur ou la clôture exigés. Vous aurez aussi, avant d'ordonner l'exécution de ces travaux, à tenir compte de la difficulté qu'ils pourraient rencontrer soit au point de vue de la situation existante, soit au point de vue de la dépense qu'ils occasionneraient, et vous pourrez, suivant les circonstances, user momentanément de tolérance, en accordant, pour la réalisation de ces travaux, les délais que vous jugeriez convenables.

C'est l'article 9 qui, comme je l'ai déjà indique, laisse aux propriétaires d'usines à gaz, et sous certaines conditions, la faculté de traiter, dans leur établissement même, les eaux de condensation qu'ils peuvent recueillir pour en extraire les sels ammoniacaux. Vous devrez, Monsieur le Préfet, veiller à ce que les conditions qu'impose cet article soient convenablement observées, surtout en ce qui concerne les exhalaisons nuisibles et l'écoulement des eaux, de manière à sauvegarder les intérêts de la salubrité publique et ceux des habilatioas voisines.

Les articles 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 11 et 12, renferment, sauf ce qui a été indiqué ci-dessus, à peu près les mêmes dispositions que les articles correspondants de l'ordonnance de 1846.

Ces diverses prescriptions ne peuvent être l'objet d'aucun embarras, d'aucune gêne sérieuse pour les propriétaires d'usines à gaz. pourvu que l'on tienne compte des recommandations qui précèdent touchant les ménagements qu'il convient d'apporter à l'application de l'article 2 du nouveau règlement.

Je compte beaucoup, du reste, Monsieur le Préfet, sur votre sollicitude éclairée pour faciliter la transition du régime ancien au régime inauguré par le nouveau décret; mais, si vous rencontriez dans l'application quelques difficultés qui vous fissent désirer d'avoir l'avis du Comité consultatif des arts et manufactures, vous pourriez m'en référer, et vous me trouverez disposé à vous faciliter la solution des questions que vous aurez à résoudre au début de ce nouveau régime pour l'industrie du gaz.

Veuillez m'accuser réception de cette circulaire, etc. . .

Suit le décret :

DÉCRET Napoléon, .... etc.

Vu l'ordonnance royale du 27 janvier 1846, concernant les établissements d'éclairage par le gazhydror;ène;

Vu le décret du 51 décembre 1866 ;

Vu l'avis du Comité consultatif des arts et manufactures.

Avons décrété etc. :

Article premier. — Les usines et ateliers de fabrication du gaz d'éclairage et de chauffage pour l'usage public et les gazomètres qui en dépendent sont soumis aux conditions ci-après.

Art. 2. — Les usines sont lermées par un mur d'enceinte ou une clôture solide en bois, de trois mètres de hauteur au moins; les ateliers de fabrication et les gazomètres sont à la dislance de trente mètres au moins des maisons d'habitation voisines.

Art. 3. — Les ateliers de distillation et tous les bâtiments y attenant seront construits et couverts en matériaux incombustibles.

Art. 4. — La ventilation desdits ateliers doit être assurée par des ouvertures suffisamment larges et nombreuses, ménagées dans les parois latérales et à la partie supérieure du toit.

Art. 5. — Les appareils de condensation sont établis en plein air, ou dans des bâtiments dont la ventilation est assurée comme celle des ateliers de distillation.

Art. 6. — Les appareils d'épuration sont placés vers le centre de l'usine, en plein air OU dans des bâtiments dont la ventilation est assurée comme celle des ateliers de distillation et de condensation.

Art. 7. — Les eaux ammoniacales et les goudrons produits par la distillation, qu'on n'en-

lèverait pas immédiatement, seront recueillis dans des citernes exactement closes et qui devront être parfaitement étanclies.

Art. 8. — L épuration sera pratiquée et conduite avec les soins et précautions nécessaires pour qu'aucune odeur incommode ne se répande en dehors de l'enceinte de l'usine. La chaux ou les laits de chaux, s'il en est fait usage, seront enlevés chaque jour, dans des vases ou tombereaux fermant hermétiquement, et transportés dans une voirie ou dans un local désigné par l'autorité municipale.

Art. 9. — Les eaux de condensation peuvent être traitées dans l'usine elle-même pour en ■extraire les sels ammoniacaux qu'elles contiennent, à la condition que les ateliers soient établis vers la partie centrale de l'usine, et qu'il n'en sorte aucune exhalaison nuisible ou incommode pour les habitants du voisinage, et que l'écoulement des eaux perdues soit assuré sans inconvénient pour le voisinage.

Art. 10. — l-es poudrons ne pourront être brûlés dans les cendriers et dans les fourneaux qu'autant qu'il n'en résultera à l'extérieur ni fumée, ni odeur.

Art. 11. — Les bassins dans lesquels plongent les gazomètres seront complètement étanches ; ils seront construits en pierres ou briques à bain de mortier hydraulique, en tôle ou en fonte.

Art. 12. — Les gazomètres seront établis à l'air libre ; la cloche de chacun d'eux sera maintenue entre des guides fixes solidement établis de manière que, dans son mouvement, son axe ne s'écarte pr\s de la verticale. La course ascendante en sera limitée de telle sorte que, lorsque la cloche atteindra cette limite, son bord inférieur soit encore à un niveau inférieur de O^.ÔOau moins au bord du bossin ou cuve.

La force élastique du gaz dans l'intérieur du gazomètre sera toujours maintenue au-dessus de la pi'ession atmosphérique; elle sera indiquée par un manomètre très-apparent.

Art. 15. — Les usines et appareils mentionnés ci-dessus pourront, en outre, être assujettis aux mesures de précautions et dispositions qui seraient reconnues utiles dans l'intérêt de la sûreté et de la salubrité publiques, et qui seraient déterminées par un règlement d'administration publique.

Art. ii. — Les usines et ateliers régis par le présent décret seront soumis à l'inspection de l'autorité municipale chargée de veiller à ce que les conditions prescrites soient observées.

Art. 15. — Les dispositions de l'ordonnance du 27 janvier 1846 sont et demeurent rapportées.

Art. 16. — Notre ministre, secrétaire d'État au département de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des Lois.

Fait au palais des Tuileries, le 9 février 1867.

Signé : Napoléos.

II. Le gaz d'éclairage sur la voie publique. Le gaz d'éclairage tenu en réserve dans le gazomètre est distribué aux consommateurs au moyen de tuyaux de conduite. Les conduites principales qui sont établies suivant les grandes voies des villes sont en fonte, et elles sont enfouies dans la terre, à une profondeur de 60 centimètres à 1™,60; les petites conduites ou tuyaux de distribution qui amènent le gaz dans les maisons sont généralement en fer forgé fort. Les premières s'encbâssent les unes dans les autres au moyen du manchon ou tête qui se trouve à l'une de leurs extrémités dans laquelle pénètre l'extrémité non élargie de la conduite qui précède. Les tuyaux de conduite s'embrancbent sur les conduites principales au moyen d'un ajutage ou petit tube avec mancbon court. Malgré tout le soin que l'on porte au rejoiniage de ces divers tuyaux, malgré l'emploi d'un mastic approprié et la précaution de s'assurer préalablement de leur imperméabilité , il est impossible d'éviter la perte d'une certaine quantité de gaz qui se répand dans le sous-sol de la voie publique et devient ainsi une cause sérieuse d'insalubrité.

Le calcul suivant permettra de se rendre compte de l'importance qu'il faut attacher à cette question d'hygiène publique. Avec le meilleur système de canalisation il faut admettre que la perte annuelle de gaz constitue 7 pour 1 00 de la production annuelle. Dans certaines usines à gaz, le coulage s'élève même à 15 ou 20 pour 100.

A Paiis, avec une population de 1989000 habitants, avec une superficie de 60 kilomètrescarrésjuneconsommation annuelle de 150 000 000 de mètres cubes de gaz, et avec une perte annuelle évaluée en moyenne à 10 pour 100 , on trouve qu'il s'y brûle 76 mètres cubes de gaz par habitant et qu'il se perd dans le sol de cette ville environ 15 000000 de mètres cubes; ce qui fait 250 000 mètres cubes par kilomètre carré.

A Londres, avec une population de 3255 000 habitants, avec une superficie de 217 kilomètres carrés, avec une consommation annuelle de 404 782 000 mètres cubes de gaz et une perte moyenne par an de 40 478200 mètres cubes, il se brûle 124 mètres cubes de gaz par habitant et il se perd, par kilomètre carré de surface, 186 536 mètres cubes de gaz environ.

Si on limite cette perte considérable aux parties plus spécialement éclairées, on voit que cette infection du sol des villes par les conduites du gaz d'éclairage est un résultat inévitable dont l'administration doit se préoccuper à juste titre. Cette infection qui va croissant dans certaines grandes villes, malgré tous les moyens proposés et essayés pour la combattre, peut avoir des conséquences désastreuses sur la santé publique, soit directement par les émanations qui en résultent, soit indirectement en portant atteinte à certaines mesures générales d'assainissement.

Mais il est un côté de la question sur lequel je veux insister, avant d'aborder les considérations afférentes à cette infection du sol. Il s'agit de l'intluence que les travaux seuls d'installation du gaz dans une ville ont sur le développement ou l'apparition, dans cette ville, de véritables épidémies de fièvres d'accès, d'origine tellurique. Cette action est telle, que l'on peut sans exagération accuser l'industrie du gaz d'éclairage d'avoir importé dans les villes la « grande endémie » des campagnes. La nécessité de creuser le sol, de le fouiller et de le remuer d'un bout à l'autre d'une ville, pour le placement des conduites, a presque toujours provoqué l'explosion de fièvres intermittentes ou de fièvres revêtant, suivant l'état antérieur de souillure du sous-sol, un caractère particulièrement infectieux. Nous citerons seulement \ei faits qui se sont passés à Marseille, à plusieurs reprises, lors de l'introduction du gaz dans cette ville, et par la suite, avec l'accroissement de sa distribution. Bertulus, qui en a fait le sujet d'un trèsintéressant mémoire, accuse, 'dès le principe, les émanations sulfhydriques provenant de la décomposition de l'humus organique mis en présence des résidus des savonneries, qui, de tout temps, ont infecté le sol de Marseille.

Mais, en dehors de toute cause spéciale de souillure du sol d'une ville, il n'est pas douteux que le seul fait de bouleverser le terrain pour mettre en place, enlever ou réparer un réseau distributeur de gaz, provoque la manifestation de l'endémie paludéenne.

A Rochefort, dont l'assainissement progressif se constatait depuis un certain nombre d'années par la diminution du chiffre des fièvres intermittentes, on a vu celles-ci, en 1876, reparaître plus fréquentes et plus tenaces, à la suite des travaux d'installation exécutés par une nouvelle compagnie, avec laquelle la ville avait passé un marché.

A côté de ces faits qui ont bien leur importance, se placent maintenant tous ceux qui se rapportent à l'infection spéciale inhérente aux infiltrations du gaz dans le sol. Cette infection est surtout due à la filtration, à travers les conduites ou les siphons, des hydrocarbures qui s'y sont condensés.

Dès 1S46, dans un Mémoire sur plusieurs réactions chimiques qui inté-

ressent Vhygiène des cités populeuses, Clievreul s'était occupé de cette cause d'insalubrité. « Il y aurait un très-grand avantage, dit ce savant, à placer les conduites d'eau et les conduites du gaz propre à l'éclairage dans les égouts. Dès lors le sol ne serait plus exposé à être infecté par les vapeurs liquéfiables que le gaz entraîne avec lui et, lorsqu'il y aurait des réparations de fuites de gaz à faire, l'atmosphère des rues et des maisons qui les bordent ne deviendraient plus infecte, comme cela arrive si souvent aujourd'hui; et les réparations de ces fuites, aussi bien que celle des tuyaux qui conduisent les eaux, n'auraient plus pour consé quences les fouilles de la chaussée des rues qui embarrassent si souvent la voie publique. Il serait facile d'établir un système de ventilation au moyen duquel on préviendrait le danger des détonations occasionné par ces fuites de gaz. »

Ainsi, dès le principe, Chevreul abordait la question par son véritable côté hygiénique : ne plus enfouir les conduites dans le sol et ne plus se trouver ainsi dans l'obligation de bouleverser la voie publique. Selon nous, en effet, le seul drainage nécessaire et vraiment salubre à opérer dans le sous-sol d'une ville, c'est le drainage d'évacuation ou de départ par des conduites ou des canaux d'égouts. Quand une pareille canalisation existe et qu'il est possible d'en tirer profit pour éviter les travaux toujours insalubres de l'entretien de ce qu'on peut appeler une canalisation d'apport, les exigences de la salubrité publique commandent que l'on s'en préoccupe sérieusement.

On a cherché à remédier en partie au mal signalé de différentes manières. On a proposé, par exemple, d'astreindre les compagnies, toutes les fois qu'elles feraient réparer ou renouveler les conduites sur la voie publique, à substituer des terres saines aux terres infectées par le gaz qui seraient extraites des tranchées. Ce moyen atteindrait certainement le but, mais il est inexécutable en pratique. On a donc conseillé de prescrire aux compagnies de substituer dans la tranchée, aux terres imprégnées de gaz, une couche superficielle de sable de 0'",80 de hauteur, mesurée à partir de la surface supérieure de la chaussée pavée. D'autre part, on a essayé la désinfection, au moyen de marnes calcaires, de gypses ou de plâtras ; mais tous ces moyens n'ont pas produit le résultat qu'on pouvait en attendre.

Ce qu'il faut, c'est un procédé plus radical qui rende les tuyaux imperméables, ou qui permette de rassembler le gaz échappé dans un conduit particulier qui limite ses infiltrations et le rejette dans l'atmosphère.

Ce n'est point, en effet, par les seules émanations qu'il dégage qu'un sol infecté de cette façon peut agir sur la santé. Les produits liquéfiés qui suintent à travers les conduites peuvuit altérer les eaux potables des puits voisins. Le gaz lui-même s'infiltre à travers la maçonnerie des puits et devient une cause de danger pour les ouvriers puisatiers. Enfin, l'influence nuisible que les teri-es ainsi imprégnées ont sur les plantations urbaines n'est pas la moins importante des raisons qui militent en laveur d'un changement à apporter dans le mode d'installation des tuyaux distributeurs. C'est au point que dans les villes, éclairées depuis longtemps au gaz et où l'on ne trouve presque plus un endroit du soi qui ne soit souillé, les arbres ne résistent qu'avec une grande ditficulté; et à mesure qu'il s'agit de les remplacer on éprouve plus de peine à sauver les jeunes plants.

On a fait un certain nombre d'expériences pour se rendre compte de cette influence du gaz sur la végétation. Celles de Maecker, Schumann et Wagner, ont porté particulièrement sur l'action des sulfocyanures que contient ordinairement

i06 GAZ D'ECLAIRAGE.

le sulfate d'ammoniaque des usines à gaz. Il a été ainsi constaté que les effets de ces sulfocyanures sont on ne peut plus nuisibles à la végétation ; l'orge s'en ressent plus vivement que le froment. On les voit dépérir, se rapetisser, alors que les sulfocyanures ou les cyanures ne se trouvent que dans la proportion de un quarante millième dans le sol.

Des expériences ont été faites pareillement au jardin botanique de Berlin : on a conduit au pied d'un érable et de deux tilleuls des tuyaux en fer munis d'une toile métallique à leur extrémité ouverte et communiquant avec un gazomètre. Au bout de cinquante jours, l'érable devint malade, et l'un des tilleuls ne tarda pas également à dépérir ; au bout de deux mois, on constata que toutes les fines radicelles étaient mortes. L'expérience fut interrompue après quatre mois et demi d'action du gaz : l'érable était mort, les deux tilleuls se folièrent encore, mais ils étaient dans un état complet de dépérissement. Bôhm insiste tout particulièrement sur l'action spéciale que le gaz d'éclairage a sur les extrémités radiculaires des arbres {Chim. Centralblatt, 1873).

Des expériences faites sous la direction de la municipalité d'Erlangen (Bavière) ont prouvé que vingt-cinq pieds cubes de gaz d'éclairage, répandu chaque jour dans 576 pieds cubes de terrain, tuent les radicelles des arbres; que plus le sol est compacte, plus rapidement les fâcheuses conséquences de l'infiltration du gaz se montrent; que l'acacia et le bois divin sont beaucoup plus sensibles à son action que le liètre et l'érable ; enfin que cette influence est beaucoup moins funeste pendant la période de végétation que pendant l'hiver {Eulenberg, in Gewerbe- Hygieine, p. 600). En hiver, en effet, la surface du sol est compacte, durcie par le froid; autour des racines des arbres, la température est plus élevée, et il se fait vers elle une sorte d'aspiration du gaz infiltré dans les couches voisines du sol.

Déjà en 1862, M. Girardin avait analysé, à Lille, deux échantillons de terre pris, l'un au pied d'un peuplier d'Italie qui dépérissait, l'autre au pied d'un arbre voisin de même espèce qui paraissait en pleine vigueur. La première terre était imprégnée d'huiles empyreumatiques, de sulfures alcalins, de sels ammoniacaux; l'autre ne contenait rien de semblable. Les conduites de gaz étaient en poterie goudronnée et paraissaient intactes; on les remplaça par des tuyaux en fonte (Figuier, Année scientifique, 1862).

Mais ces derniers ne sont pas beaucoup moins sujets aux fuites; et l'on a signalé ce fait qu'à Hambourg, où les tuyaux étaient en fonte, un grand nombre d'ormes et de tilleuls qui décoraient les places publiques ont été tués par le

Un système de tuyaux dont l'emploi s'est considérablement propagé est celui de M. Chameroy. Ces tuyaux sont en tôle étamée ou plombée à l'intérieur et recouverts extérieurement d'une couche de mustic bitumineux incrusté de sable; ils sont réunis au moyen de vis et d'écrous en alliage coulés sur les tuyaux eux-mêmes. Ces tuyaux coulent moins cher que ceux de fonte et paraissent moins sujets aux fuites.

En Allemagne, on a surtout cherché à rendre imperméables les conduites. Uu des systèmes le plus généralement employé consiste à envelopper la conduite d'une couche d'argile, de quelques centimètres d'épaisseur, bien tassée contre les tuyaux. Mais il est rare que des fissures ne se forment pas et que le gaz ne se fraye pas un passage sur un point ou sur un autre.

En somme, le meilleur procédé pour mettre le sol à l'abri de toute infection

consiste à renfermer les conduites dans un canal étanche en maçonnerie, de telle sorte que les fuites de gaz restent emprisonnées entre les parois de ce canal et celles de la conduite.

Cet espace annulaire est mis en communication avec les réverbères ou candélabres des rues à l'aide d'un petit conduit qui vient déboucher au niveau de leur socle et par où le gaz s'échappe.

On peut ainsi s'apercevoir d'une fuite et se remettre à sa recherche pour la réparer. On a adopté cette disposition en plusieurs endroits. C'est grâce à elle que les arbres delà promenade du Prado, à Marseille, qui dépérissaient autrefois, sont devenus magnifiques. A Lyon, sous les nouvelles plantations du Parc, les tuyaux sont renfermés dans une conduite en poterie, munie de tubes d'évent. M. Charles de Freycinet, à qui nous empruntons la plupart de ces détails, dit qu'à l'étranger on trouve un certain nombre d'exemples d'enveloppement des conduites par des canaux en maçonnerie bien étanches. Il cite entre autres la place verte d'Anvers, les plantations du quai d'Avray à Liège, certaines parties du Bois à La Haye, etc. Partout, ajoute-t-il, le moyen a parfaitement réussi, et aucun doute ne s'est élevé sur les bons services qu'on peut en attendre ; mais il a l'inconvénient d'être fort coûteux à établir et d'entraîner de doubles réparations, car il faut chaque fois démolir la maçonnerie pour arriver à la conduite. Aussi y a-t-on renoncé dans beaucoup de circonstances où l'on reconnaissait cependant l'utilité de remédier à l'infection.

A Paris, à défaut d'enveloppes étanches, on s'en tient aux dispositions prescrites par un arrêté préfectoral de 1856. C'est encore là le moyen palliatif le plus pratique. Voici cet arrêté :

Arrêté préfectorai en date du 8 avril 1856, sur les isfiltrations de gaz

sous LE SOL des VOIES PUBLIQUES.

Yu le traité conclu le 23 juillet 1855 pour la concession, à partir du 1" juillet 1856, de l'éclaira^'e et du chauffage par le gaz dans Paris, et spécialement l'article 12 portant, § 4 :

« L'adniinistr;ition pourra également prescrire aux compagnies le mode de canalisation qu'elle jugera le plus propre à garantir des effets du gaz les arbres des promenades publiques; »

Vu les arrêtés réglementaires des 25 avril 1847 et 25 janvier 1851, sur la pose des conduites de gaz dans Paris ;

Vu.... etc.,

Article premier. — A l'avenir, les conduites de distribution du gaz d'éclairage et de chauffage placées sous le sol des promenades et de toutes les voies publiques plantées de Paris, et les branchements transversaux du service public ou privé, seront renfermés dans des drains ou dans des pierrées ayant une inclinaison ascendante de 0",0o au moins par mètre et mis en communication avec l'almosphère au moyen d'ouvertures ménagées dans le socle des candélabres ou dans les soubassements des édiOces desservis, à une hauteur suffisante pour éviter toute inondation et tout ensablement des drains ou pierrées.

Art. 2. — La section intérieure des drains sera double au moins de la section extérieure qu'ils renferment.

Art. 3. — Les pierres auront une épaisseur de 30 centimètres au moins de chaque côté de la paroi extérieure des conduites.

Elles seront formées de pierres qui ne puissent passer dans aucun sens à travers un anneau de 10 centimèires, et revêtues d'une enveloppe qui puisse faire obstacle à l'infiltration des sables et des terres dans l'interstice des pierres. Kota: Généralement cette enveloppe est en papier goudronné.

Art. 4. — Les conduites d'un diamètre supérieur à 10 centimètres seront posées sur des fondations de béton ou en maçonnerie de ciment ayant une profondeur de 50 centimètres et une largeur proportionnée à ce diamètre, avant d'être garnies latéralement et recouvertes de pierres cassées.

Art. 5. — La compagnie concessionnaire pourra proposer à l'approbation du préfet de Ja Seine, et employer, après cette approbation, tout système autre que celui dont la description est faite aux articles précédents, pour rejeter dans l'atmosphère le gaz provenant des fuites des conduites et branchements, comme aussi apporter, sous les mêmes conditions, toutes modilications à ce système qui seraient jugées propres à le rendre plus elficace ou d'une exécution plus facile.

De son côté l'administration conservera le droit de rendre obligatoires les perfectionnements dont l'expérience aura fait connaître la nécessité ou l'avantage.

Art. 6. — Les prescriptions contenues dans les articles 1, 2, 3 et 4, ci-dessus, seront appliquées, dans un délai de dix ans au plus, aux conduits et branchements transversaux qui existent actuellement sous le sol des promenades et des voies publiques plantées dans Paris.

Elles seront immédiatement appliquées:

1° En cas de remaniement ou de remplacement des anciennes conduites, pour quelque cause que ce soit ;

S» En cas d'établissement de plantations nouvelles ou de renouvellement total ou partiel de celles qui existent.

Quoi que l'on fasse cependant, tant qu'on maintiendra les conduites enfouies dans le sol, les moyens employés pour empêcher les ftiites de gaz de l'infecter seront insuffisants, tout en laissant subsister cette cause première d'insalubrité : le remuement trop fréquent des terrains. Aussi pensons-nous devoir insister, au nom de la salubrité publique, sur l'avantage qu'il y aura toujours, dans une grande ville douée d'un large système de canalisation d'égouts, à faire servir cette canalisation à la distribution du gaz comme à celle de l'eau. C'est le seul procédé radical qui puisse prévenir la formation de ces couches de terrain, immédiatement sous-jacentes au pavé, humides, noires et chargées de produits empyreumatiques et destinées à former tôt ou tard comme une vaste nappe d'infeclion souterraine sous la voie publique des villes populeuses. C'est l'importance qu'il faut attacher à cette question qui m'engage à lui donner tout le développement qu'elle mérite.

L'idée de placer les conduites de gaz dans les égouts a pour partisans un assez grand nombre d'hommes compétents.

Malgré les objections sérieuses qu'elle comporte, on n'en reste pas moins convaincu que la multiplicité des réseaux canalisateurs qui se trouvent sous le sol d'une grande ville est une source d'inconvénients graves pour la salubrité. A Paris, rien que pour le gaz, la longueur totale de la canalisation du sous-sol dépasse 4000 kilomètres. Voyons donc s'il n'y a réellement pas de moyen pratique et efficace d'y remédier. Nous emprunterons toutes les pièces du débat à un homme éminent, dont le suffrage paraît acquis à l'admission du gaz dans les égouts, à M. Charles de Freycinet, l'ex-ministre des travaux publics.

Les arguments que l'on fait valoir contre cette admission sont de plusieurs sortes.

C'est d'abord la difficulté de veiller à un bon entretien des tuyaux et d'assurer leur réparation avec des ouvriers de différents services, peu soigneux de ce qui ne les regarde pas spécialement, et entre lesquels peuvent surgir des rivalités et des conflits.

C'est le risque d'être soulevées et de subir des efforts préjudiciables à leur stabilité que courraient les conduites à gaz, dans des galeries sujettes à s'engorger en temps de grosses pluies.

C'est surtout le danger des explosions que pourraient engendrer les fuites de gaz ; la difficulté de constater l'endroit où se fait l'échappement, quand une

g.ilerie se sera remplie de ses émanations, et qu'il y aura uanger d'asphyxie ou de détonation; c'est l'impossibilité de remplacer un tuyau, de poser un manchon, sans déterminer un écoulement de gaz qu'il est déjà difficile aux ouvriers de supporter en plein air et qui les asphyxiera dans un égout; ce sont les difficultés qui accompagneraient la pose des branchements : outre le percement du tuyau qu'ils nécessitent, ils entraîneraient le percement de la voùtc de l'égout pour la traversée du plomb destiné à porter le gaz chez l'abonné. Enfin, c'est le danger que courraient les habitations dans lesquelles le gaz des égouts pourrait à chaque instant se faire jour.

11 est incontestable que, dans les essais qui ont été faits jusqu'ici, on a eu à constater plusieurs accidents par explosion à la suite de fuites de gaz dans les galeries d'égouts.

Le fait le plus grave est l'explosion survenue au pont d'Austerlitz en janvier 1865. La voûte en brique et mortier de ciment de la galerie, où se trouvait placée la conduite de gaz, fut complètement détruite et bouleversée sur 160 mètres de longueur.

La conduite de gaz en lôle et bitume, de 50 centimètres, que la Compagnie faisait poser, a été détruite presque entièrement. Celle de 50 centimètres, en fonte, de refoulement des machines d'Austerlitz, n'a été brisée que sur un point, et un jet d'eau énorme a traversé toute la chaussée et renvei'sé un candélabre sur l'autre trottoir ; l'eau a été arrêtée immédiatement.

Quatre ouvriers de la Compagnie, travaillant dans la tranchée aux deux extrémités du pont, trois sur la rive droite, un sur la rive gauche, ont été atteints. L'un d'eux a été tué, les trois autres blessés plus ou moins grièvement. Un cinquième qui se trouvait au milieu du pont a été enlevé par l'explosion au milieu des décombres; il est retombé dans la fouille, mais sans être blessé.

Des faits de même nature, quoique moins graves, se sont produits dans d'autres villes : à Toulouse, par exemple, dans l'égout du pont de pierre qui renferme des conduites de gaz.

En somme, c'est là le danger qu'il faudra surtout prévenir, en mettant obstacle à tout dégagement de gaz dans les galeries d'égout.

Pour arriver à ce résultat, il serait peut-être pratique d'entourer chaque conduite d'une enveloppe, dans l'espace annulaire de laquelle le gaz échappé serait recueilli et amené à l'extérieur par des tuyaux d'évent débouchant sur la voie publique.

D'un autre côté, il ne faut pas oublier qu'une bonne ventilation des égouts remédierait déjà en grande partie aux effets de la viciation de l'air des galeries par les fuites de gaz ; qu'il serait toujours possible de pénétrer dans les endroits dangereux pour réparer les fuites, en se servant des perfectionnements connus dans les appareils d'éclairage et de respiration, et qu'enfin, en ce qui concerne la pose des branchements sur les conduites, on doit arriver, ainsi que le fait remarquer M. de Freycinet, à l'effectuer en pression comme pour les eaux.

A cet égard, il ne nous paraît pas inutile de mentionner le procédé de percement employé aujourd'hui sur la plus grande partie du réseau de Paris. Ce procédé a pour résultat de supprimer l'emploi du burin et du marteau et de prévenir, dès lors, la production des étincelles et souvent même la rupture des tuyaux. « Le percement de la conduite, dit Trébuchet, s'effectue au moyen d'une mèche circulaire, travaillant par bout et formée d'une bande d'acier roulée et

non soudée, en sorte qu'elle forme ressort et retient ainsi le morceau de fonte à enlever au centre de la mèche.

« Cette dernière est, en outre, de forme conique, extérieurement, afin de boucher le trou immédiatement à la suite du percement, jusqu'à l'instant de la pose du branchement. Cette mèche s'attelle à une machine à percer, très-simple, disposée pour se fixer dans toutes les positions et sur tous les diamètres, au moyen d'une chaîne... Une fois la conduite percée, il ne reste plus qu'à exécuter le branchement, qui n'est, dans le nouveau système, qu'une tubulure devant être fixée sur le tuyau, comme si cette tubulure avait été fondue avec le tuyau même.

« Le branchement consiste donc à prendre l'attache de la tubulure qui le compose, à l'intérieur du tuyau, au moyen d'un tube métallique évasé à la partie supérieure de la tubulure et refoulé en forme ».

A Bruxelles, où l'infection du sol due aux conduites de gaz avait acquis une si grande intensité que l'autorité publique avait jugé nécessaire de s'en préoccuper sérieusement, une commission d'enquête avait été nommée en vue d'assujettir la distribution du gaz à des conditions nouvelles ; M. Yersluys, ingénieur en chef des ponts et chaussées, et chargé de l'inspection de la voirie communale de la ville, proposa le système suivant qu'il serait peut-être bon d'expérimenter afin d'en juger le principe.

« Le problème à résoudre, dit M. Yersluys, est de trouver une disposition telle que toute fuite de gaz devienne impossible, ou du moins puisse être constatée avant qu'elle ne présente de danger. C'est cette disposition que nous croyons avoir trouvée.

Nous nous sommes servi d'un procédé fertile en heureuses applications dans l'industrie : la fermeture hydraulique.

Rappelons d'abord que la pression du gaz dans les tuyaux est toujours trèsfaible ; à la sortie du gazomètre, elle est ordinairement de 2 à 3 centimètres, c'est-à-dire qu'elle fait équilibre à une colonne d'eau de 2 à 3 centimètres de hauteur; elle n'augmente ensuite qu'en raison de la légèreté spécifique du gaz et de la différence de niveau des lignes des tuyaux ; mais cette augmentation est telle que dans les points les plus élevés d'une ville en pente, comme Bruxelles, elle est toujours balancée par une colonne d'eau de 12 centimètres de hauteur.

Cela posé, on comprend que, si les conduites de gaz sont placées à l'intérieur de l'égout, dans un canal rempli d'eau, de manière que le dessus du tuyau soit recouvert d'une hauteur d'eau un peu plus forte que la pression du gaz à l'intérieur de la conduite, il n'y a plus de fuites possibles.

Qu'une imperfection se déclare dans l'une ou l'autre des parties d'une conduite ainsi placée au fond de l'eau, il arrivera que cette eau pénétiera dans le tuyau, en donnant lieu à un certain bouillonnement à la surface, bouillonnement qui sera un indice visible du mal à réparer...

Quant à l'eau qui pourrait s'introduire par les joints défectueux à l'intérieur des conduites, elle n'est pas non plus un danger. On sait que le gaz entraîne toujours avec lui des vapeurs qui se condensent pendant le trajet, et qui coulent alors selon la pente des conduites. Pour recueillir cette eau, on doit établir, au bas des lignes, des réceptacles où elle se rassemble, et d'où on l'extrait à l'aide d'une pompe. Dès lors l'eau qui pénétrerait dans la conduite suivrait la même route ; sa présence dans les réceptacles dénoncerait l'existence d'une défectuosité dans la conduite et la nécessité d'en faire la visite et la réparation...

Pour racheter la pente de l'e'gout et maintenir l'eau dans le bassin oiî la conduite du gaz est placée, il suffit de diviser ce bassin par des cloisons distancées plus ou moins, selon que la pente à racheter est moindre ou plus rapide... Que l'on dirige un filet d'eau dans la partie supérieure de la conduite, c'est-à-dire dans la partie la plus élevée du bassin où elle plonge, cette eau, se déversant de cloison en cloison, maintiendra dans chaque partie du bassin un niveau d'eau égal à la hauteur de la cloison immédiatement inférieure : conséquemment, il n'y a plus de fuite possible, puisqu'il y a toujours excès de pression sur le gaz ».

Arrivant maintenant aux objections d'ordre purement administratif, nous dirons que notre sentiment, en ce qui concerne spécialement la canalisation souterraine d'une grande ville, est que la séparation des services municipaux est un malheur pour l'hygiène; et nous en référons absolument à l'appréciation de M. Charles de Freycinet, dont nous croyons devoir citer le texte même :

« Quant à nous, dit l'éminent auteur des Principes de l'assainissement des villes, nous pensons qu'une grande partie au moins des objections tomberait, si le service du gaz et celui des égouts étaient concentrés dans les mêmes mains. Ce qui se passe sous nos yeux pour les conduites d'eau, qui sont tantôt admises et tanlôt repoussées, suivant l'organisation administrative des mimicipalités, nous paraît fournir la preuve qu'un phénomène analogue ne tarderait pas à se produire pour le gaz. Bien des difficultés qui semblent insurmontables seraient jugées tout autrement, si le point de vue administratif venait à changer.

(( Il n'est pas douteux qu'un ingénieur qui aurait à la fois, sous ses ordres, le service du gaz et celui des égouts, serait naturellement disposé à rapprocher des organes souterrains qu'il est non moins naturellement aujourd'hui disposé à tenir éloignés avec l'organisation habituelle.

« La première mesure propre à amener la solution du problème technique est donc de réformer la pratique suivie par les municipalités pour les services des égouts et des gaz ».

III. Le gaz d'éclairage dans les habitations. Les considérations que soulève l'emploi du gaz d'éclairage dans les habitations privées sont d'une importance incontestable, et donnent à cette dernière partie de notre étude un intérêt des plus marqués au point de vue de l'hygiène.

C'est comme agent de viciation de l'air qu'on respire que le gaz d'éclairage fait sentir, dans les habitations, son influente fâcheuse sur la santé, soit directement, en se mêlant lui-même à l'atmosphère intérieure, soit indirectement par l-^s produits auxquels sa combustion donne naissance.

De là deux causes d'inconvénients graves et d'accidents que nous devons étudier avec soin.

A. En admettant en principe que le gaz d'éclairage qui est amené dans les habitations fût d'une entière pureté, son mélange avec l'air ambiant n'en serait pas moins préjudiciable à la santé, car, pour qu'il soit doué d'un pouvoir éclairant capable de justifier son emploi, il ne s;iurait être entièrement privé d'hydi'ocaroures, et l'inhalation de ces composés gazeux doit toujours être regardée comme dangereuse, sinon en tant qu'éléments toxiques, du moins comme éléments irrespirables.

Malheureusement, c'est là ce qui arrive avec les meilleures méthodes d'épuration. Le pouvoir éclairant du gaz se trouve diminué par la condensation de certains

produits carbures entrant dans sa composition : d'où la nécessité de maintenir 'luelques-uns de ces produits, au moins en quantité suffisante, dans le gaz d'éclairage.

Mais, en dehors de ceux-ci, il est d'autres produits qu'une bonne épuration du gaz ne devrait jamais laisser subsister, et qui deviennent une cause plus grande de danger en cas de fuite et de mélange avec l'air des appartements.

Voyons donc quels sont les éléments divers qui peuvent se présenter dans la composition du gaz d'éclairage, et quel rôle ils sont appelés à jouer dans la viciation de l'atmosphère ambiante.

Nous connaissons déjà la composition du gaz d'éclairage, tel qu'il se dégage dans les cornues pendant la distillation de la houille; voici une analyse due à Firle de Breslau qui nous permettra de suivre, au moins pour le cas particulier dont il s'agit, le dépouillement successif du gaz de houille de quelques-uns de ses divers éléments gazeux, au fur et à mesure qu'il passe à travers les appareils d'épuration physique et chimique. Firle l'a successivement analysé à sa sortie du condensateur tubiilaire {a), à sa sortie du condensateur à coke {b), à sa sortie du laveur (c), à sa sortie de l'épurateur au mélange de Laming {d) et à sa sortie de l'épurateur m chaux {ej.

Ilydroyène 37,07 07,97 ô7,97 37,97 37,97

Hydrogène prolonarboné. . 39,7 3S.81 38,48 i0,29 59,37

Oxyde de cailione 7,2 7,13 7,11 3,93 3,97

Hydrocarbuiei lourds ... -4,1 3,66 4,46 4,6S 4,29

Azote 4,81 4.98 6,89 7,86 9,99

Gxynène 0,31 0,47 0,15 0,48 0,61

Acide carbonique 3,72 5,87 3,39 5,33 0,41

Hydrogène sulfuré 1,06 1,47 0,5G 0,56 —

Ammoniaque 0,93 0,54 — — —

On peut se rendre compte par ce tableau de l'action des divers appareils employés pour l'épuration du gaz. D'après ces mêmes chiffres Wagner et Gautier ont fait voir que le volume primitif du gaz devient de plus en plus petit, dételle sorte que sur 1000 décimètres cubes de gaz brut il reste encore après la sortie :

Du condensateur à coke 994 décimètres cubes.

De la machine à laver 971 —

Du mélange de Laming 930 —

De l'épurateur à chaux 914 —

On voit aussi qu'à la sortie de chaque épurateur il s'ajoute au gaz sous forme d'air atmospliéri(|uc une certaine quantité d'oxygène et d'azote.

Dans 1000 décimètres cubes de gaz brut il y a, d'après l'analyse en a, 51 décimètres cubes d'azote et d'oxygène. Cette quantité s'accroît :

Dans le condensateur à coke, de 4 décimètres cubes.

Dans la machine à laver, de 20 —

Dans le mélange de Laming, de 33 —

Dans l'épurateur à chaux, de 35 —

Voici maintenant quelques analyses de gaz épuré, tel qu'il est livré à la consommation. Sur 100 parties en volume on a :

ELEME^TS

CONSTIIDANTS DU GAZ

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