GAZE
cutive, qui sont la conséquence de l'absorption répétée des produits de la combustion du charbon qu'elles emploient.
D'ailleurs, M. Arnould n'hésite pas à incriminer l'acide carbonique, l'oxyde
de carbone et les gaz nuisibles mal déterminés qui proviennent de la combustion
du gaz d'éclairage et du coton ; seulement nous allons plus loin que lui et nous
pensons que l'oxyde de carbone joue, sans aucun doute, le principal rôle, prirce que,
en supposant le gaz d'éclairnge aussi épuré que possible, et la moyenne d'oxyde
de carbone entrant dans sa composition égale alors à 4 seulement pour 100 : dans
un atelier où on brûlera 100 mètres cubes de gaz d'éclairage, c'est 4 mètres
cubes d'oxyde de carbone qui doivent être consommés par les brûleurs. Or, la
manière dont le gaz est brûlé assure-t-elle lu complète combustion de l'oxyde de
carbone qui s'écoule avec lui? nous ne le pensons pas; et la proportion qui s'en
dégage dans l'atmosphère, en échappant à cette combustion, n'a pas besoin d'être
bien considérable pour produire des troubles de l'hématose qui vont être la
cause primordiale de tous les accidents observés.
!,& picotement oculaire, les hlépharo-conjonctivites, signalés par M. Arnould, sont plus directement l'effet des poussières carbonisées, et sans doute aussi des produits gazeux iriilants provenant de la combustion des fibres végétales, ou d'un gaz d'éclairage mal débarrassé de ses éléments ammoniacaux ou sulfurés. Quant aux troubles respiratoires et à la toux , également constatés par M. Arnould chez les femmes du gazage, ils sont imputables aussi bien à l'action des poussières et des gaz irritants qu'à celle de gaz toxiques.
Les mesures d'hygiène applicables aux ateliers de gazage doivent avoir pour objet :
i " De préserver les ouvrières contre les poussières et les vapeurs nuisibles ; 2" D'établir une ventilation suffisante des ateliers ; 3" De combattre l'élévation de la température.
Nous ne saurions insister ici sur les moyens qui peuvent être mis en usage pour combattre la viciation de l'air due au gazage.
En dehors des soins de propreté individuelle et des interruptions de travail nécessaires pour permettre aux ouvrières de se soustraire à l'influence continue d'une atmosphère viciée, la prophylaxie générale portera surtout sur l'installation de l'atelier et ses voies d'aération. M. Arnould se montre partisan de la ventilation en contre-bas, ou par aspiration des poussières et des produits gazeux nuisibles à travers des orifices pratiqués dans les planches. On a aussi cherché, dans le but de faciliter le renouvellement des couches atmosphériques, sans nuire à la rectitude et à l'action des flammes, à mettre celles-ci à l'abri de toute vacillation produite par le remous de l'air, en les entourant d'un petit appareil protecteur. Ce sont là des essais qui méritent d'être continués et contrôlés. Alexandre Layet.
Bibliographie. — Arnoild (Jules). Conditions de salubrité des ateliers de gazage dans les filatures de coton. In Annales d'hyg. publique et de méd. légale, 5° série, ir 2. tevr. 1879.
GAZE. La gaze dont on fait si grand usage pour protéger le visage contre les ardeurs du soleil, la poussière et les piqûres d'insectes, est quelquefois employée aussi (celle du moins qui est faite de fil) pour recouvrir directement les plaies suppurantes après avoir été enduite de cérat. Elle laisse passer aisément les liquides, qu'absorbe ensuite un plumasseau de charpie appliqué sur la
gaze. Dans la mi-lhode de Lister, la gaze est rendue antiseptique. On a autrefois proposé des voiles de gaze métal] ique comme préservatif de la contusion (Barlett, in Joiirn. Complém., VII, p. 188). D.
C!.%ZEI>LES. Les Gazelles sont, comme chacun sait, des mammifères aux formes élégantes, admirablement taillés pour la course, qui appartiennent à l'ordre des Ruminants et à la tribu des Antilopes; elles ne constituent qu'un simple genre dans ce groupe fort riche en espèces : aussi pourraient-elles être l'objet d'une courte notice, si, dans une autre partie du Dictionnaire, il était traité des Antilopes en général ; mais, comme il n'en est pas ainsi, nous croyons nécessaire de ne pas nous restreindre au genre Gazelle et de passer rapidement en revue les types variés de la famille des Antilopidés (Atitilopidce).
Quelques représentants de ce groupe sont figurés sur les monuments égyptiens ou se trouvent mentionnés, sous les noms de Dorcas (Aopy.âç), de Dama, de Catoblepas, par les anciens auteurs grecs ou romains ; mais, d'après G. Guvier, c'est seulement dans les écrits d'Eustathius, qui vivait du temps de Constantin, qu'on voit apparaître le nom d'Antholops ('Av9o).w^ ou 'Av9a>wA) d'où est certainement dérivé le nom moderne d'Antilope.
Après avoir été confondues par Linné dans le troupeau des Ruminants ou Pecora, les Antilopes furent rangées par Pallas dans une catégorie spéciale et demeurèrent par la suite constamment séparées des autres Ruminants à cornes creuses, tels que les Bœufs, les Chèvres et les Moutons. Toutefois, on est forcé de l'avouer, cette famille des Antilopidés, acceptée depuis plus d'un siècle par tous les naturalistes, est assez difficile à définir et ne possède pas les caractères d'un groupe parfaitement naturel. En effet, si les Gazelles se font remarquer par la légèreté de leur charpente, la finesse de leurs jambes, la grâce de leiu's mouvements, d'autres Antilopes nommées Bosélaphes ont le corps trapu, les membres robustes et les allures pesantes, et, si les Tétracères ou Antilopes à quatre cornes ressemblent aux Chevreuils, les Gnous paraissent être le produit bizarre d'un Bœuf et d'un Cheval. D'un autre côté, le système dentaire des Antilopes ne diffère point, pour la formule, de celui des autres Ruminants de la même section, et dans certains cas leurs dents molaires offrent même la colonnette accessoire que l'on a souvent considérée comme l'apanage exclusif des Ruminants du groupe des Bœufs. Parmi les Antilopidés il en est un grand nombre qui ont audessous de l'augle interne de l'œil des fossettes ou larmiers et qui par ce caractère se rapprochent des Cerfs dont ils diffèrent d'ailleurs par la nature des appendices frontaux. Chez les Antilopes, en effet, ces appendices existent d'ordinaire dans les deux sexes; ils ne tombent pas chaque année à une époque déterminée et ils consistent, comme chez les Bœufs, les Chèvres et les Moutons, en un axe osseux revêtu d'un étui corné ; mais, tandis que dans ces trois derniers groupes de Ruminants la cheville de la corne est creusée de cellules plus ou moins vastes, chez les Antilopes cette même [partie est généralement pleine et rappelle par sa consistance le bois des Cervidés. Dans leur aspect extérieur, dans leur forme, dans leur direction et dans leur mode d'ornementation, les cornes des Antilopidés offrent du reste, d'un genre à l'autre, ou même d'une espèce à l'autre, des variations considérables : elles se contournent en tire-bouchon, s'allongent en épieu, se recourbent en crochet, s'évasent comme les branches d'une lyre ; elles dirigent leurs pointes tantôt en avant, tantôt en arrière ; elles sont presque lisses ou fortement annelées, simples ou munies d'une petite
fourche, très-réduites ou de longueur démesurée ; enfin, si dans la plupart des espèces elles sont au nombre de deux seulement, chez les Tchickaras ou Tétracères elles se doublent dune paire accessoire, anomalie qu'on ne rencontre chez aucun autre Ruminant à 1 état sauvage.
Ces grandes différences dans les formes extérieures, qui ne correspondent pas à des modifications essentielles de la charpente osseuse, rendent particulièrement difficile la classification intérieure de la famille des Antilopidés : aussi les naturalistes sont-ils loin d'être d'accord sur les coupes génériques et spécifiques qu'il convient de pratiquer dans ce groupe important.
Dans un travail qui est forcément incomplet, puisqu'il date d'une trentaine d'années, mais qui peut néanmoins être consulté avec fruit, M. J. E. Gray divise la famille des Antilopidés en deux sections, savoir :
I. Les Antilopes des plaines herbeuses, caractérisées par leur nez saillant et leurs narines dénudées ;
II. Lq?, Antilopes des déserts sablonneux y reconnaissables à leur nez aplati, à leurs narines velues.
Puis il partage la première section en trois sous-sections : 1" Les Antilopes typiques, qui ont la tête fine, les larmiers ordinairement développés, les cornes lyrées ou coniques, implantées immédiatement au-dessus des sourcils, le corps svelte, les fossettes inguinales profondes, la queue courte, garnie de longs poils à la base, les membres grêles, terminés par deux petits sabots, et le pelage de couleur claire ;
2" Les Antilopes cervines, qui offrent, comme leur nom l'indique, certaines ressemblances avec les Cerfs, et qui sont de forte taille, avec le corps massif, la queue allongée, touffue à l'extrémité, les membres robustes, la nuque souvent ornée d'une crinière, les cornes lyrées ou coniques, souvent recourbées et plus ou moins longues ;
3° Les Antilopes caprines, rappelant un peu les Chèvres par leur taille médiocre, leur corps revêtu de poils rudes et laineux, leurs membres robustes, terminés par de larges sabots, leur queue aplatie, très-courte et velue en dessus, leurs cornes coniques et recourbées.
De même la section des Antilopes des déserts se trouve subdivisée en : 1" Antilopes chevalines, au chanfrein très-large, au mufle spongieux, déprimé et hérissé de poils ;
2" Antilopes bovines, au chanfrein moins élargi, au mufle glabre, humide, de couleur noire, aux cornes lyrées, épaisses à la base et recourbées subitement vers la pointe.
Parmi les Antilopes typiques, M. Gray cite d'abord le Saïga de Sibérie et de Tartarie, dont nous n'avons pas à nous occuper ici, puisqu'il est l'objet d'une notice spéciale (voy. le mot Saïga, à la fin de la lettre S), puis l'Antilope chiru de Lesson, qui habite le Tibet et qui est devenue, sous le nom de Kemas Hodgsoni, le type d'un genre particulier, et enfin plusieurs espèces de Gazelles sur lesquelles nous insisterons particulièrement.
Chez les Gazelles la face est toujours aplatie, le nez se busqué légèrement à l'extrémité, comme chez les Moutons, les oreilles sont longues et pointues, les fossettes lacrymales petites, mais distinctes, les incisives inférieures assez fortes ; la queue courte se termine par un bouquet de poils ; les jambes sont nerveuses, les canons grêles, les pinces petites, et le pelage offre des teintes claires, fauves ou jaunâtres, qui paraissent être l'apanage des mammifères et des oiseaux
destinés à passer leur vie dans les déserts sablonneux; mais tantôt ces teintes jaunâtres s'étendent uniformément sur toute la partie supérieure du corps, tantôt elles sont recoupées, le long de l'ccliine, par une strie longitudinale blanche. Une tache blanche occupe la région postérieure et s'avance parfois en pointe de chaque côté sur les flancs. Enfin il y a des Gazelles dont la femelle est dépourvue de cornes et d'autres dont les deux sexes ont la tête surmontée de cornes de couleur noire, légèrement annelées et disposées le plus souvent en forme de lyre. 11 est nécessaire de tenir compte de tous ces caractères pour distingueras unes des autres les différentes espèces de ce genre qui est répandu dans le sud de TAsie et sur une grande partie, on pourrait même dire sur la totalité du continent africain.
Les Gazelles ne fréquentent ni les hauts plateaux ni les bords marécageux des rivières; elles préfèrent les plaines sablonneuses, un peu accidentées et parsemées de buissons de mimosas. Dans les déserts de l'Arabie Pétrée et dans les steppes du Kordofan, on rencontre quelquefois des troupeaux de quarante à cinquante Gazelles effectuant des migrations et cherchant de houveaux pâturages; mais d'ordinaire on n'aperçoit que de petites familles composées d'un mâle, d'une femelle et de leur petit, ou des bandes de huit à dix mâles qui ont été chassés par des rivaux plus robustes. Y ers l'heure de midi, quand la chaleur devient étouffante, les Gazelles se retirent à l'ombre pour ruminer, mais tout le reste du jour elles sont en mouvement. Grâce à la couleur jaunâtre de leur pelage elles se confondent si bien avec la teinte des sables environnants, que l'œil d'un chasseur européen, moins perçant, il est vrai, que celui de l'Arabe, ne parvient pas à les distinguer à plus d'un kilomètre. Du reste, tandis que le troupeau broute, une sentinelle se tient toujours sous le vent, l'œil et l'oreille au guet, et sitôt qu'elle donne l'alarme, toute la bande détale et disparaît en un instant. Toutefois les Gazelles, d'ordinaire si craintives, montrent dans certaines circonstances une humeur singulièrement belliqueuse, et à l'époque du rut les mâles se livrent de terribles combats qui finissent souvent par la mort d'un des adversaires. Le vainqueur obtient les faveurs d'une femelle à laquelle il reste longtemps attaché, s'occupant avec elle de l'éducation du petit. Celui-ci pendant les premiers mois de son existence se trouve exposé à des dangers de toute sorte que la sollicitude des parents ne parvient pas toujours à conjurer. Les Renards, les Loups, les Guépards, les Tigres et les Lions, sont en effet des ennemis redoutables pour les Gazelles et particulièrement pour les jeunes, trop faibles pour chercher leur salut dans la fuite. D'un autre côté l'homme fait depuis des siècles une guerre impitoyable à ces créatures inoffensives : les Européens les chassent au fusil, les nègres leur tendent des pièges, les cheicks arabes les chassent à courre ou lancent sur elles des Faucons admirablement dressés qui s'attachent à ces pauvres bêtes et leur crèvent les yeux à coups de bec.
Toutes les Gazelles ont à peu près les mêmes mœurs. L'espèce la plus anciennement connue est la Gazelle proprement dite de Buffon, dans laquelle Linné et Pallas ont cru, peut-être à tort, reconnaître le Aop-mç d'Aristote et qu'ils ont appelée, pour ce motif, Capra dorcas et Antilope dorcas. Un peu plus petite que le Chevreuil, la Gazelle dorcas a les pattes relativement plus longues et par suite le cou plus développé. Sa tête, gracieusement amincie vers le bas, se termine par un museau arrondi ; elle est animée par deux grands yeux, d'une extrême douceur, et surmontée de longues oreilles et de cornes pointues, recourbées en dedans et en avant. Ces cornes existent chez la femelle aussi bien que
chez le mâle, mais sont ornées, chez ce dernier, d'anneaux plus saillants. Le pelage est assez rude, mais de teintes harmonieuses ; la tète d'un fauve pâle est marque'e de plusieurs stries, les unes claires, les autres foncées, les yeux étant entourés d'une zone jaunâtre, et une raie hrune descendant vers la ligne supérieure qui est blanche, de même que la lèvre inférieure; sur les flancs, d'un fauve plus ou moins nuancé de roux, courent une bande bien définie d'un brun roux et une bande claire à reflets argentés ; la poitrine et le ventre sont d'un blanc éclatant, tandis que la queue tire fortement au noir. La Gazelle dorcas habite la Syrie, l'Egypte, l'Algérie, le Sénégal et peut-être le Maroc. A la suite de celte espèce, dans son Mémoire sur le genre Gazella, sir Victor Brooke en reconnaît dix-huit autres, qu'il serait beaucoup trop long de passer toutes en revue. Dans ce nombre figurent la Gazelle isabelle (G. isabella Gray), qui vit dans le Sennaar et le Kordofan et qui se rapproche beaucoup de la Gazelle dorcas ; la Gazelle de Cuvier {G. Cuvieri Ogilb.), espèce de taille plus forte que l'on rencontre dans le Sahara algérien et dans le Maroc; la Gazelle corinne ou Gazelle à front roux (G. riififrons Gray), qui se trouve au Sénégal; la Gazelle d'Arabie (G. arabica Licht.], dont le nom seul indique l'habitat; le Nanguer ou Gazelle mobr (G. mohr Bennett), dont le Muséum a reçu récemment un individu capturé au Sénégal ; la Gazelle daim (G. dama Pall.), qui représente l'espèce précédente dans la Nubie méridionale et le Kordofan; la Gazelle de Sœmmerring (G. Sœmmerringi Cretsch.), qui a pour patrie les pays baignés par la mer Rouge, etc.
Le genre Procapra (Hodgs.),que M. Gray place immédiatement après le genre Gazelle, a pour type une Antilope de la Mongolie, de la Sibérie et du Tibet, le Dseren ou Antilope gutturosa (Pall.), dont le mâle seul est armé de cornes robustes, allongées, disposées en lyre et de couleur noire. Le genre Antidorcas (Sundev.), qui vient ensuite, ne comprend qu'une seule espèce, hSpring-bockde Sparman ou Antilope enchère des auteurs modernes, qui se trouve bien souvent citée dans les récits des voyageurs. Sparman, Levaillant, J. Verreaux, Delegorgue, Livingstone, le capitaine Gordon Cumming, ont en effet rencontré fréquemment des troupes innombrables de ces animaux qui émigrent vers le sud parles temps de sécheresse et dévorent, comme les Sauterelles, toute la végétation qu'elles rencontrent sur leur passage. Par leur agilité les Spring-bocks méritent bien le nom qui leur a été donné par les colons hollandais et qui signifie littéralement Boucs-sauteurs ; en s'enlevant des quatre pieds à la fois ils franchissent en effet, sans effort apparent, des obstacles de 2 à 3 mètres de hauteur. Leur pelage est doux et fin, d'un brun pâle ou d'un roux cannelle sur le dos, d'un blanc pur sur la gorge, la poitrine, le ventre, la base de la queue et la face interne des cuisses. Le chanfrein est marqué d'une raie médiane d'un brun pâle, de chaque côté de laquelle descend une strie foncée; sur le dos s'étend une bande longitudinale blanche dont la largeur varie légèrement suivant les mouvements de l'animal; les oreilles sont longues et pointues; les cornes en forme de lyre, ornées de vingt à trente anneaux, et les carpes dépourvus de ces touffes de poils qui existent chez un grand nombre d'Antilopes.
Dans les mêmes régions que le Spring-bock vit le Pallah {Antilope melampus Licht.), qui est devenu pour Sundevall le type d'un septième genre, le genre yEpyceros, caractérisé par une face aplatie, des cornes allongées et largement étalées, de couleur noire, et des touffes de poils, d'un brun noirâtre, insérées près du paturon.
Le genre Antilope àeSmiih, qui correspond au genre Cervicapra de Gray, renferme des espèces aux cornes dressées, divergentes et contournées en spirale, au chanfrein aplati, aux larmiers bien développés; c'est l'Antilope àbézoard {Antilope bezoartica Aldrov.), qui vit dans l'Inde et qui a joui jadis d'une certaine célébrité, parce qu'on tirait de son estomac le médicament fameux connu sous le nom de bézoard. Un peu plus petite qu'un daim, l'Antilope à bèzoard offre des formes plus sveltes et plus élégantes, et ses cornes, qui atteignent près de 40 centimètres de long, s'élèvent obliquement en décrivant une spirale dont l'axe est rectiligne. Très-voisins l'un de l'autre à l'oiigiue, ces appendices frontaux sont écartés de 30 centimètres dans la portion terminale qui est acuminée; ils offrent des anneaux d'autant plus saillants et d'autant plus nombreux que l'animal est plus avancé en âge. Le pelage est, chez les mâles, d'un brun tirant au noir sur le dos, la tête et le cou, d'un blanc pur sur le ventre, la poitrine, les lèvres, le chanfrein, la face interne des cuisses et le tour des yeux. Chez les femelles les teintes sont un peu plus mélangées de gris, et chez les jeunes le blanc des parties inférieures se nuance de roussâtre. Les Antilopes cervichèvres se rencontrent par petites troupes de douze à seize individus dans les plaines du Bengale, et se nourrissent d'herbes et de plantes savoureuses. Elles sont très-détiantes, et par conséquent difficiles à capturer. Dans l'Inde, les radjahs et les officiers de l'armée anglaise se donnent le plaisir de chasser à courre ces Antilopes et ils prennent souvent comme auxiliaires des Faucons ou des Guépards qu'ils lancent sur la proie lorsqu'ils sont arrivés à une faible distance. Le bézoard, que l'on retirait du quatrième estomac des Cervichèvres et que l'on employait autrefois comme contre-poison, était désigné dans le langage pharmaceutique sous le nom de bézoard oriental, pour le distinguer du bézoard occidental, extrait de l'estomac du Chamois et de la Chèvre sauvage du Pérou.
D'autres .4nt;7opes, de la même subdivision, ont reçu des naturalistes le nom de Tétracères (Tetracerus), qui fait allusion à la présence, chez les mâles seulement, de deux paires de cornes courtes, droites et coniques. Chez le Choitka ou Tchikara (Tetracerus quadricornis Sznith), petite Antilope de 50 à 60 centimètres de hauteur au garrot, qui se trouve dans l'Himalaya et au Tibet, les cornes de la première paire ou cornes frontales sont bien distinctes ; chez le Junglibukra {T. subquadricornutus EU.), qui est détaille encore plus faible que l'espèce précédente et qui habite les environs de Madras, ces mêmes cornes sont au contraire réduites à des tubercules.
A la même sous-section appartiennent encore les genres Calotragus (Sund.), Oreotragus (Gr. e.r Sund.), Nesotragiis (von Duben) et Neotragiis (Smith), qui renferment de petites espèces de l'Afrique australe, de Zanzibar et d'Abyssinie, telles que le Steinbock {Calotragus tragulus Forst.), le Grisbock {G. melanotis Thunb.), VOurebi {G. Ourebi Gr. et Buiï.) , le Kaiiision Klippspringer {Oreotragus saltatrix Bodd.), le Nésotrague musqué (Nesotragus moschatus von Duben), le Madoqua {Neotragus saltianus Blamv.), puis les genres Cephalophiis et Eleotragiis, qui sont beaucoup plus importants et entre lesquels vient s'intercaler le petit genre Nanotragus.
Les Céphalophes présentent, au lieu de larmiers, une simple ligne glandulaire de chaque coté de la face, et ont le mufle large et dénudé et le sommet de la tête orné d'un toupet de poils qui se dresse entre les cornes. Ils habitent le Sénégal, la Guinée, l'Abyssinie, Sierra-Leone ou le cap de Bonne-Espérance, et se répartissent en un certain nombre d'espèces, telles que YImpson ou Diiyker ou
Grimme {Cephalophus grimmia L.), le Philantomba à face noire (C. Camphelliœ Gr.), le Céphalophe madroqua ou Bnsh-buck d'Abyssinie [C. madoqua Rûpp.), le Bush-biick à dos blanc (G. sylvicultrix Afzel.), le Bush-cpat bai (C. dorsalis Gr.), le Bus^h-buck de Natal (C. nataleiuis A. Smith.), le Coqneton [C- rufilatus Gv.), le Giievei {C. mnxvellu E. Smith), etc., etc. Ces Antilopes sontpom'la plupart de petite taille et douées d'une agilité extraordinaire. Quand elles sont poursuivies, elles font de brusques crochets, se glissent entre les hautes herbes, se coulent au milieu des buissons et parviennent souvent à échapper aux chasseurs. Leur chair est très-estimée des colons anglais et hollandais et leur peau sert à fabriquer des lanières.
Sous le rapport des mœurs, les Éléotragues sont précisément l'opposé des Gazelles : au heu de fréquenter les plaines arides et les plateaux parsemés de buissons rabougris, les Eléotragues recherchent le bord des rivières et des marécages : aussi les a-t-on désignés parfois sous le nom d'Antilûpes de marais. Dans ce genre, les mâles seuls possèdent des cornes qui sont tantôt dressées, tantôt divergentes, mais toujours coniques et annelées ; en outre, les fossettes lacrymales font ordinairement défaut et les mamelles sont au nombre de quatre chez la femelle. Dans ce genre prennent place VInghaUa ou Reit-Bock de Cafrerie [Eleotragiis arundinaceus^Xmw), au pelage brun, grivelé de jaune, avec les joues et le cou d'un roux tauve, la base des oreilles, la poitrine, le ventre, le dedans des cuisses et le dessous de la queue d'un blanc pur, et le devant des pattes noir ; le Wonto ou iVfl^or, qu'on nomme aussi l'Antilope rouge [E. redunc us Pall. ; E. rufuf. Afzel.) et qui habite la Sénégambie, le Bohor d'Abyssinie, qui n'est peut-être qu'une variété du précédent, etc. Tous ces Eléotragues se tiennent en petits troupeaux de quatre à six individus dans les fonds herbeux, au milieu des roseaux qui constituent le fond de leur nourriture; parfois aussi ils viennent fourrager dans les champs et broutent le blé en herbe : aussi les Nègres et les Cafres leur font-ils une guerre acharnée.
Dans le genre Adenota par lequel commence, dans la classification de M. Gray, la sous-section des Antilopes cervines, les cornes sont annelées et légèrement recourbées, le chanfrein est velu au-dessus des narines, le mufle présente la même forme que chez les cerfs, la place des canines est indiquée par un bouquet de poils, la nuque ne porte pas de crinière, mais l'échiné est garnie de poils frisés. Le Kob ou Equitoon (Adenota Kob Erxel.) et le Léché {Ad. Lèche Oswell), qui appartiennent à ce petit genre, sont deux Antilopes de grande taille vivant : la première en Sénégambie, la seconde dans l'Afrique australe sur les bords de la rivière Zouga. Le Photomok ou Waterbiick{Ant.ellipsiprimna Ogilb.), qui habite à peu près les mêmes x'égions que le Léché, mais qui atteint des dimensions encore plus fortes et qui a les côtés de la nuque ornés d'une crinière, est placé par M. Gray dans un autre genre, le genre Kobus, avec le Sing-sing {Ant. sing-sing Bennett) ou Antilope onctueuse [Ant. unctuosa Laur.), que l'on trouve à la fois sur la côte occidentale d'Afrique, en Sénégambie et dans la région orientale, en Abyssinie. La chair de cette espèce est, dit-on, très-coriace et à peine mangeable. Aussi le Sing-sing ne serait-il pas l'objet d'une chasse très-active, si les nègres n'attachaient une certaine idée superstitieuse à la possession de ces animaux, dont un seul, penseut-ils, suffit pour assurer la santé de tout un troupeau de bœufs. Au Sénégal, les colons français connaissent le Sing-sing sous le nom de Grande Vache brune, tandis qu'ils appellent simplement Vache brune l'Etaak ou Antilope chevaline (ii^^focerj/s equina H. Smith),
qui est devenu le type du genre Mgocerus ou Mgoceros. Les principaux caractères de ce genre Mgocerus sont des cornes allongées, annelées et recourbées, des larmiers couverts chacun d'une touffe de poils, une crinière linéaire sur la nuque et deux mamelles seulement chez la femelle. L'Antilope chevaline, au pelage d'un gris bleuâtre, habitait autrefois les environs de la colonie du Cap, mais aujourd'hui elle a totalement disparu de cette région et ne se retrouve plus guère que dans l'Afrique occidentale, du côté de la Sénégambie.
Les Algazelles, qu'une certaine similitude de nom a fait parfois confondre avec les Gazelles, se distinguent de ces dernières par leur taille notablement plus forte, par les nuances plus tranchées de leur pelage, par l'absence de larmiers et parla forme et les dimensions considérables de leurs cornes. Celles-ci atteignent, chez les vieux mâles, près de 1 mètre de long, et sont insérées sur le prolongement de la face; elles sont annelées à la base et tantôt droites, tantôt légèrement arquées. Les Algazelles, pour lesquelles de Blainville a établi le genre Oryx, sont connues depuis la plus haute antiquité et leur image se trouve fréquemment reproduite sur les monuments de l'Egypte. D'ordinaire ces animaux sont représentés captifs, la corde au cou ou les jambes prises dans des lacets; mais d'autres fois on les voit poursuivis par des chiens ou serrés de près par les chasseurs qui les criblent de Uèches ; quelquefois même l'artiste ne leur a attribué qu'une seule corne. Pour le dire en passant, certains auteurs ont même cherché dans cette représentation défectueuse d'une Algazelle l'origine des descriptions fabuleuses et des images fantastiques de la Licorne publiées depuis l'antiquité jusqu'au moyen âge. En tout cas, il est certain que les anciens attribuaient à une espèce du genre Oryx, et probablement à l'Algazelle de j\ubie [Oryx leiicoryx Pall.), toutes sortes de vertus merveilleuses et entre autres le pouvoir de changer de cornes et de troubler à sou gré l'eau pure des fontaines. A côté de y Oryx leucoryx qui se trouve non-seulement en Nubie, mais dans le Sennaaretau Sénégal, viennent se ranger IcKookaam, Pasan ou Gemsboc [Oryx gazellah.) de l'Afrique australe et leBeisa{Orix 6eisa Pviip.) d'Abyssinie, qui diffèrent de la première espèce par leurs cornes parfaitement droites. Ces cornes sont, paraît-il, fort recherchées par les colons du Cap, qui les font orner d'une pomme élégante et s'en servent en guise de canne.
Chez FAddax {Antilope nasoviacidata Blainv.), les appendices frontaux présentent une forme légèrement différente : ils sont un peu tordus en spirale, en outre il n'y a pas de crinièi'e sur la nuque, mais une petite frange de poils allongés sur la gorge: aussi M. Gray a-t-il jugé nécessaire de placer cette Antilope dans un genre particulier, le genre Addax.
Les Ajitilopes caprines, dont nous avons indiqué plus haut les caractères essentiels, comprennent les genres Capricornis (Ogilby), Nemorhedus (H. Smith, jpart. ), ilfa^ama (Raff), Riipicapra {U. Smith) el Aniilocapra (Ord) ou Dicranocerus (H. Smith), qui diffèrent les uns des autres par certaines particularités dans la forme des cornes, courtes, robustes et recourbées chez les Capricornis et les Nemorhedns, droites sur une grande partie de leur longueur et crochues seulement dans leur portion terminale chez les Rupicapra ou Chamois, munies d'une sorte d'andouiller chez les Antilocapra ou Dicranocères, etc. Parmi les principaux représentants de ces différents genres nous citerons le Thar ou Antilope bubaline du Népaul {Capricornis bubalina Gr. ex Hodgs.), le Goral {Nemorhedns goral H. Smith ex Ilardw.), le Springbuck ou Chamois des Montagnes Rocheuses {Mazama americana Gr.), le Chamois des Alpes {Rupicapra
tragns Gr.), auquel il faut sans doute identifier l'Isard des Pyrénées {voy. le mot Chamois), et le Dicranocèie américain ou Antilope à cornes fourchues [Anlilocapra americana Ord).
La deuxième section de la famille des Antilopidés admise par M. Gray, celle des Antilopes du désert, renferme quelques types qui méritent d'attirer notre attention, tels que le Gnou, le Bubale, le Canna, le Nilgau, etc.
Les Gnous, qui portent dans les catalogues zoologiques le nom générique de Catohlepas, ont la tète et le cou d'un Taureau, le train de derrière d'un Cheval et les membres d'une Antilope. Cet assemblage de parties hétérogènes ne constitue pas, comme on pourrait lecroire, un ensemble disgracieux, et quand l'animal est emporté par une course vertigineuse, la tête encapuchonnée, la crinière et la queue flottantes, on est forcé d'admirer la souplesse de leur échine, la force de leurs jarrets et la courbe élégante de leur encolure. Deux espèces de ce genre se rencontrent dans les plaines de la Cafrerie ; la plus anciennement connue est le Gnou de Sparrman {Catohlepas gnu) ; l'autre, qui porte comme la première une livrée d'un gris brunâtre, mais qui se distingue par un certain nombre de caractères et entre autres par l'absence de crinière sur la gorge, est le Gnou gorgon (C. gorgon H. Smitli).
Les Gnous constituent parmi les Antilopes du désert la sous-section des Antilopes chevalines ; les Bubales [BoselapJuis Gr.), les Damalis {Damalis Gr.), les Strepsicères [Strepsiceros II. Smith), les Cannas [Oreas Desm.), les Guibs ou Eurycères {Tragelaphus Gr.) et les A'ilgaus (Portax Gr.), appartiennent au contraire à la sous-section des Antilopes bovines.
Les Bubales sont des Antilopes de grande taille, au pelage foncé, aux cornes contournées, au garrot plus ou moins élevé, au dos incliné, à la queue touffue à l'extrémité. Dans leur physionomie ils rappellent un peu les Élans : aussi quelques naturalistes les désignent sous le nom d'Alcélaphcs. Dans le nord de l'Afrique vit le Bubale proprement dit [Boselaphus bubalis Gr. ex Pall.) ; dans l'Afrique australe, au nord du territoire du Cap, le Bubale caama ou Haartebest des colons hollandais {Boselaphus caama Gr. ex Cuv.). Sundevall ne séparait pas génériquement des Bubales le Sassaybi {Damalis lunatus H. Sm.), le Bontebock ou Antilope pygargue {Ant. pygarga PalL), le Blessbock {Ant. albifrons Burch.) et le Doria ou Antilope zèbre {Ant. zébra Gr.), que M. Gray range dans le genre Damalis. Toutes ces Antilopes sont africaines : le Sassaybi se trouve dans le Sennaar, l'Antilope zèbre au Gabon, le Blessbock en Cafrerie. 11 n'est pas rare de voir des individus de cette dernière espèce dans les jardins zoologiques.
Le Coudou {Strepsiceros Kiidu Gr.), qui était jadis répandu sur une grande partie du continent africain, a totalement disparu de certaines régions, et notamment du territoire du cap de Bonne-Espérance. 11 rappelle le Cerf, avec une taille plus forte et des formes plus massives, mais il se différencie nettement de cet animal, aussi bien que de toutes les autres Antilopes, par la disposition de ses appendices frontaux. Ceux-ci sont très-massifs, contournés en spirale, et atteignent près de 70 centimètres de long, chez un mâle d'âge moyen. Le pelage, assez rude, offre des teintes grises ou roussàtres recoupées transversalement sur les flancs par quelques raies blanches très-distinctes ; sa partie inférieure et les côtés de la tète et les membres sont d'un blanc plus ou moins nuancé de gris, et la queue se termine par une touffe noire.
La chair du Coudou est très-estimée, car elle a le goût de viande de Cerf; h
peau sert à fabriquer des courroies, des lanières de fouet, des couvertures de selle, des chaussures ; enfin les cornes, dépouillées de leur tissu osseux par la putréfaction, sont employées en guise de vases pour conserver le miel, le café, etc.
Les Cannas, qui habitent les mêmes régions que les Coudons et les Blessbocks, et que les colons européens désignent sous le nom d'Élans du Cap, peuvent atteindre 3 mètres de long sur 2 mètres de hauteur au garrot et pèsent jusqu'à 800 livres. Leur pelage est d'un brun varié de roux ferrugineux et passant au blanc sur les parties inférieures du corps. De la partie inférieure de leur cou pend un vaste fanon, et leurs cornes, particulièrement développées chez le mâle, sont droites, coniques et ornées d'une carène en spirale. Par leurs formes massives, leur queue assez longue et touffue à l'extrémité et leur fanon pendant, ces Antilopes rappellent plutôt les Bœufs que les Élans. Leur chair est succulente, et, si l'on en croît Sparrman, leur graisse vaut la graisse d'oie ou de porc. Aussi les Cannas sont-ils dans leur pays natal l'objet d'une chasse irès-active.
Le Guib de Sénégambie (Antilope ficripta Pall.), est le représentant le plus connu du genre TrageJaphus. La plupart des jardins zoologiques de l'Europe possèdent quelques individus de cette charmante espèce, aux formes légères, au pelage d'un bai pâle, marqué de taches arrondies et de bandes transversales blanches. Le Guib est de la taille d'un Daim, et ressemble beaucoup à cette dernière espèce par le pelage ; mais il a les cornes construites sur un tout autre type, ces appendices étant plus courts que la tète, un peu recourbés et terminés en pomte.
Les Nilgaus (Portax), que Gray place à la suite des Guibs, sont rapprochés au contraire des Cannas par d'autres zoologistes. Ils ont en effet les formes lourdes de ces derniers .et rappellent comme eux les représentants de la famille des Bovidés. Chez les Nilgaus le mâle est pourvu de cornes courtes, anguleuses, insérées sur les côtés de la crête frontale et légèrement recourbées en avant ; les larmiers sont profonds, et les membres postéiieurs n'atteignent jamais la longueur des membres antérieurs, de sorte que, comme chez la Girafe, les épaules sont toujours plus élevées que le croupion. Le Nilgau adulte mesure à peu près l'",50 de hauteur ; il a la tête fine, les yeux vifs, les oreilles longues, les naseaux bien ouverts, la queue tombant jusqu'aux tarses et assez fournie dans sa portion terminale ; sur la nuque se dresse une sorte de crinière, et de la gorge pend une frange de poils.
Les Nilgaus [Portax tragocamelusÇtV. ex Pall.), dont le nom vulgaire est une corruption du mot persan Nylghaw, qui signifie Vache bleue, se trouvent principalement dans la vallée de Cachemire et dans le pays compris entre Dehli et Lahore. Les radjahs indous leur font une chasse qui n'est pas exempte de dangers, car parfois ces grandes Antilopes, serrées de près, se jettent brusquement sur les genoux et dardent sur leurs adversaires leurs cornes acérées comme des épieux. En Europe on connaît depuis longtemps cette espèce qui se reproduit sans difficulté dans les parcs et dans les jardins publics, mais qui conserve toujours, en dépit des soins dont elle est entourée, un caractère extrêmement farouche.
Ce serait sortir du cadre qui nous est tracé que de parler ici des espèces éteintes de la famille des Antilopidés. Nous rappellerons seulement que les Antilopes ont probablement fait leur apparition à la surface du globe à une date relativement récente, dans les temps tertiaires, mais que déjà à cette époque
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elles étaient très-répandues sur certains points, certaines espèces formant de véritables troupeaux. Ce qui le prouve, c'est qu'en France, par exemple, dans un petit espace du montLéberon, M. Gaudry a recueilli les cornes de près d'une centaine de Gazelles, et il a trouvé à Pikermi un grand nombre de Palaeoreas, une cinquantaine de Tragocerus et autant de Gazelles.
D'après sir Victor P.rookc, l'aire liabitée par les Antilopes tertiaires étant située immédiatement au nord de celle qu'occupent les Antilopes actuelles, il est probable que celles-ci dérivent directement de ces formes anciennes, dont elles se rapprochant du reste par plusieurs traits de leur organisation.
E. OUSTALET.
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GazéOL. Nom donné par Burin -Dubuisson à un mélange ayant pour véhicule l'ammoniaque brute des usines, et dont les émanations ont été préconisées contre la coqueluche.
Voici la formule exacte du mélange en question :
Ammoniaque impure à 20 degrés 1000
Acétone 10
Benzine impure 10
Naphthaliiie brune impure 1
Goudron récent des Jjarillets 100
Faites dissoudre la naphthaline dans la benzine et ajoutez l'ammoniaque avec les autres substances. Placez une dose de 10 à 20 grammes du mélange sur une assiette, dans la chambre du malade, et abandonnez à l'évaporation spontanée. Jadis on employait dans le même but l'air des salles d'épuration du gaz d'éclairage. L. Hn.
GAZI ou GAZio (Antonio), encore appelé Gazius Padavimis. Médecin italien, né à Crémone en 1449, résida durant de longues années à Padoue, où il mourut en 1528. 11 avait acquis une grande réputation, surtout par ses ouvrages, tombés dans l'oubli aujourd'hui :
I. Florida Corona medicinœ, ou dans quelques 'éditions : Mrarium sanitatis. Venetiis,
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1491 ; Lugduni, 1500, 1514, 1516, 15:>4; Parisiis, 1549; Auguste Vind., 1586, in-8'. — II. De somno et v'igilia Ubellus. Basilese, 1539, in-foi. (avec les œuvres de Constantin l'Africain). — III. De ralïone evacuamli Ubellus. Dasilefe, 1541, in-fol.; 1503, in-8° (avec le Methoclus medendi d'Albucasis et les Regulœ universales curationis morborum d'Arnauld de Villeneuve). — IV. De vino et cerevisia. Aiig. Vindel,, 1546, in-8°. L. Hn.
GAZOGÉXE. De Gaz et du suffixe Gène, pris dans le sens de qui engendre, est en général le nom que l'on donne à un appareil avec lequel on produit un gaz, quel qu'il soit, chlore, iode, acide carbonique, oxygène, hydrogène, azote et ses composés, et quel que soit son emploi thérapeutique.
Acide carbo.mque. C'est dans le laboratoire souterrain qu'il se fabrique surtout et qu'il concourt avec les bases à la formation 1° des bicarbonates dissous dans le plus grand nombre des eaux minérales ; 2" du gaz qu'elles tiennent emprisonné, gebmiden, comme disent les Allemands, et o^ surtout de l'acide carbonique qui y est en liberté.
C'est ce dernier qui est utilisé et qui sert absolument comme celui que produisent certaines réactions chimiques dans des instruments variés que nous allons décrire sommairement. Le sol et les eaux minérales carboniques peuvent, dans ce cas, être regardés comme le premier, le plus grand et le meilleur des gazogènes, car le gaz qu'ils engendrent et laissent dégager est plus agréable et plus pur que celui qui provient des appareils les plus perfectionnés. Pour recueillir le gaz acide carbonique, en excès dans les sources minérales et thermales, on installe au-dessus de l'eau, et presque toujours au milieu du bassin où se dégagent les bulles gazeuses de son bouillon, un récipient qui joue le rôle d'un gazomètre et sous lequel vient s'amasser l'acide carbonique libre qui s'échappe de la source. Cet acide carbonique sert à l'administration des bains et des douches ou à l'alimentation des appareils pour l'ingestion du gaz dans l'estomac ou dans les bronches. Il sert aussi dans plusieurs stations françaises à la confection de l'eau de Seltz ou de la limonade gazeuse, suivant que le gaz sature l'eau simple ou l'eau édulcorée avec les sirops de citrons ou d'oranges. On comprend de suite tous les avantages inhéi'ents à cette manière de procéder qui permet d'obtenir un liquide plus agréable parce qu'il est chargé d'acide carbonique non artificiellement fabriqué. Aussi les usines qui sont établies à Saint-Alban, dans le département de la Loire el auprès de plusieurs sources des environs de Clermont-Ferrand, sont en pleine prospérité et fournissent à tous les pays voisins leurs eaux de Seltz, leurs limonades et leui^s orangeades qui ne peuvent plus être dites factices, puisqu'elles sont chargées d'un gaz naturel.
Nous devrions, pour être fidèle à notre titre et à l'étymologie que nous avons donnée, nous contenter d'indiquer quels sont les acides et les sels qui sont capables d'engendrer les gaz et signaler seulement les procéde's chimiques ou mécaniques au moyen desquels on arrive au même résultat. Mais, pour nous conformer à un usage aujourd'hui universellement admis qui a étendu le sens du mot gazogène et qui l'a rendu l'équivalent d'appareil destiné à la fabrication des gaz et surtout du gaz acide carbonique, nous sommes forcé d'entrer dans quelques détails sur ces appareils. Commençons par ceux qui sont le plus souvent employés pour obtenir le gaz acide carbonique.
Priestley a démontré le premier qu'il était possible, facile même, de charger l'eau commune d'une certaine quantité d'acide carbonique naturel ou chimiquement produit en faisant arriver ce gaz et en l'agitant fortement dans les vases hermétiquement bouchés qui la contiennent. C'est donc Priestley qui est l'inven-
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leur du procédé qui permet d'utiliser l'acide carbonique pour la fabrication des boissons gazeuses. Ainsi, il faut remonter à l'année 1708, si l'on veut assister aux premiers essais de Love et de Prieslley, qui cherchèrent à imiter l'eau carbonique et ferrugineuse de Pyrmont en faisant arriver dans de l'eau ordinaire le gaz produit par la fermentation de la bière et en y mettant un fragment d'acier. Ces deux sav;mls fabriquèrent aussi une eau gazeuse simple, qu'ils appelèrent improprement eau de Seltz, enmellant dans une bouteille solide, bien bouchée et ficelée, du gaz acide carbonique sous une pression d'environ quatre atmosphères. Le Codex donne les formules de l'eau gazeuse simple et de l'eau de Seltz factice et a le tort, selon nous, de les faire suivre d'une note ainsi conçue : « L'eau gazeuse et saline artificielle est destinée à remplacer l'eau de Seltcrs naturelle ; elle est plus chargée d'acide carbonique et, sous ce rapport, elle est quelquefois préférable. >; Pour être exact, le Codex aurait dû ajouter que l'eau artiticiellement carbonique perd en moins d'une heure la presque totalité de son gaz, en quelque quantité qu'il soit, tandis que l'eau minérale naturelle, qui ne renferme guère qu'une ou deux fois son volume de gaz, en contient encore une quantité notable après avoir été longtemps en contact avec l'air.
La fabrication des 3a ux gazeuses est devenue une branche si considérable du commerce des grands centres de population de tous les pays du monde, qu'on prépare ces eaux dans des usines spéciales, souvent très-injportanles, au moyen d'appareils qui ont clé inventés par James Walt, Bramali, en Angletcire, et en Fi'ance par Planche, Soubeyran père, Savaresse, Ozouf, Berjot, Herniann-Lachapelle, Glovcr, Gaffaid, etc. Il existe aussi un grand nombre d'appareils au moyen desquels on obtient instantanément dans les ménages de l'eau gazeuse artificielle. Venel a indique le premier les substances qu'il faut préférer dans ce cas. Sa formule consiste à faire dissoudre dans un litre dcau 8 grammes de carbonate de soude et pareille quantité d'acide muriatique. Nous allons dire bientôt quels sont les procédés actuels et quels sont les instruments les plus usités quand on veut obtenir instantanément et chez soi une petite quantité d'eau gazeuse.
Dans les fabriques où l'on prépare en grand les eaux gazeuses artificielles, on a recours à deux moyens principaux : ou ces eaux sont obtenues continuellement, ou d'une manière inlermiltcnte. On se sert dans le premier cas d'une pompe aspiranleet foulante qui puise dans des réservoirs distincts l'eau et le gaz pour les refouler dans des ajipareils hermétiquement clos, et dans le second, c'est dans l'appareil même que doit se faire la production et la dissolution dans l'eau du gaz acide carbonique qui exerce lui-même la pression nécessaire. L'acide sulfurique étendu versé sur de la craie est le moyen ordinaire que l'on emploie pour faire l'eau de Seltz artificielle d'une manière continue ou intermittente. Les appareils !cs plus employés pour cette fabrication sont: 1° un agitaleur à palette et à main, mis en mouvement d'une façon intermittente, qui sature l'eau d'acide carbonique; ce système est dit de Genève, de Cameron, de Cox, de Vernaut ou d'Ozouf ; 2" le système de Barrucl et de Savaresse père, qui agile le vase d'une manière inlermiltcnte, mais ne touche pas à l'eau ; 5" un agitateur circulaire et mécanique qui constitue le procédé de Ijramah donnant l'eau de Seltz artificielle d'une manière continue : il est plus commode et plus prompt que ceux que nous venons de décrire; ¥ Bakerwel et plus tard Galïard ont inventé un autre appareil qui est à la fois moins cher, moins encombrant et plus pratique. Le gaz y est produit par le bicarbonate de soude et l'acide suUurique ou chlorhydrique ; o° enfin, Meschelink et Liounet ont fait connaître un mode nou- DICT. ENC. i' s. VU. 12
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veau pour produire l'acide carbonique des boissons gazeuses factices. Ces chimistes se sont servis de la vapeur d'eau qu'ils ont fait arriver sur une certaine quantité de carbonate de chaux. Le gazogène consiste alors dans des cornues de terre réfractaire remplies de craie placées sur un fourneau à réverbère et communiquant avec un générateur de vapeur par des tubes munis de robinets. Ou chauffe les cornues jusqu'au rouge sombre et il se produit une quantité considérable de gaz acide carbonique, puisque 100 kilogrammes de marbre blanc sufiisent pour donner naissance à 20 000 litres de gaz.
On peut faire des eaux gazeuses instantanément et sans appareil, ou avec des gazogènes portatifs de la manière suivante: i" on remplit une bouteille solide des trois quarts d'eau ordinaire dans laquelle on met 5 grammes de poudre de bicarbonate de soude et ensuite pareille quantité d'acide tartrique pulvérisé. Le mélange fait, on bouche hermétiquement et on ficelle la bouteille, qui doit être agitée pour que la décomposition soit plus complète et plus prompte. Un vase de terre cuite ou de porcelaine, séparé par une cloison et ayant deux embouchures contenant dans une de ses parties une solution bicarbonatée et dans l'autre une solution tartrique, constitue encore un gazogène assez répandu et certainement ingénieux. Les aiguières versent en même temps les deux liquides qui se combinent et laissent dégager le gaz dans le verre même des buveurs. Ce procédé, très-simple et très-économique, est aujourd'hui abandonné à cause des inconvénients d'une solution qui n'est pas toujours inoffensive, surtout quand on en fait usage pendant assez longtemps, et qui n'est agréable ni au goût, ni aux yeux, quand on la mêle au vin rouge, par exemple ; 2° Bergmann avait déjà reconnu, dès le siècle dernier, les inconvénients que nous venons de signaler : aussi préparait-il dans un flacon spécial l'acide carbonique qu'il lavait plusieurs fois avant d'en charger son eau gazeuse; 5" tous les gazogènes employés de notre temps se composent de deux vases communiquant par un tube, dont l'un contient le mélange dissous que nous venons d'indiquer, et l'autre, l'eau qui doit être employée en boisson. MM. Chaussenot aîné, Briet, Mondollot, Faivre, Bazet, etc., pour ne parler que des plus connus, ont inventé des ballons superposés et extérieurement garnis d'un treillage de canne, pour le cas d'une explosion possible, dans lesquels se dégage le gaz qui va saturer l'eau que fournit un robinet. On emploie aussi pour ces appareils des poudres dans lesquelles le bisulfate forme l'agent essentiel de la décomposition du bicarbonate et remplace l'acide tartrique ; mais on doit éviter avec grand soin que le mélange des poudres touche l'eau qui doit être ingérée.
Il convient d'appeler l'attention sur le soin que l'on doit apporter à la confection d'une bonne eau de Seltz factice, qu'elle résulte d'un appareil intermittent ou continu, portatif ou à demeure. La première qualité de l'eau qui doit alimenter les appareils est d'être parfaitement pure et fraîche. Lorsque les substances salines qui se sont dissoutes sont en faible proportion, elles ne nuisent pas sensiblement à sa bonne qualité, mais, lorsque leur proportion prédomine, il faut l'épurer; il faut, en un mot, rejeter de la fabrication les eaux qui, mêlées à une dissolution de savon, ne produisent point, lorsqu'on les agite, une mousse abondante et durable. M. Barrai, dans son rapport sur l'exposition universelle de 1867, nous a appris qu'après la France c'était l'Italie qui consomme le plus d'eaux gazeuses artificielles, et ensuite l'Espagne et l'Amérique méridionale, oii elles semblent très-utiles à la santé publique. Les appareils gazogènes servent aussi à préparer le gaz acide carbonique qu'on emploie aux usages médicaux ou
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chirurgicaux, mais nous ne faisons que les indiquer, car ils ont été décrits à l'article Acide carboîsique auquel nous renvoyons.
OxYGÈiNE. C'est aussi Priestley en Angleterre, Scheele en Suède, Bayen et Lavoisier en France, qui, en 1774, découvrirent l'oxygène, mais il faut arriver à Beddoës, professeur de chimie à l'Université d'Oxford, pour trouver les premières applications thérapeutiques de ce gaz faites en 1790 dans un établissement nommé l'Institut pneumatique, que dirigea avec lui James Watt, le célèbre physicien anglais auteur de l'application de la vapeur comme force motrice. En France, Fourcroy, Dumas (de Montpellier) et Chaptal, inventèrent presque à la même époque des gazogènes produisant ou contenant de l'oxygène, avec lesquels on essayait de guérir la phthisie pulmonaire. Ingenhousz, Mensching, Girtanner et Hufeland en Allemagne, Jurine et Odier à Genève, se livrèrent presque en même temps que les savants anglais et français à l'application thérapeutique du gaz oxygène. Ces premiers essais furent bientôt abandonnés ; ils furent repris par Goster, Smyttère, Martin Saint-Ange, Sandras, Foy, Touzet et Hatin, lors de l'invasion du premier choléra en France ; mais ils ne furent pas plus couronnés de succès que tous les autres moyens, et le gaz oxygène ne fut plus employé en médecine. ~l\ faut arriver à l'époque actuelle et aux travaux de Trousseau, Demarquay,Laugier, Constantin Paul, et surtout à ceux de Paul Bertet de Limousin, pour se rendre un compte exact de l'emploi du gaz oxygène dans le traitement des maladies, dans la conservation de la santé et même de la vie. Lavoisier, dans ses premières expériences, extrayait l'oxygène du bioxyde de mercure; Chaptal n'eut pas de peine à démontrer que ce procédé est très-dangereux et produit promptement la salivation , parce qu'il permet à une certaine quantité de mercure d'être entraîné : aussi maintenant n'est-il jamais employé. On prépare l'oxygène ou par la décomposition du peroxyde de manganèse, ou par celle du chlorure de calcium, de l'o.vyde de baryum, de l'acide sulfurique ou des sulfates, au moyen de la chaleur, du bichromate de potasse, par l'acide sulfurique, du chlorure de cuivre, des hypochlo rites, sous l'influence d'un sel de cobalt, des manganates basiques, par la décomposition de l'eau, ou enfin par celle du chlorate de potasse, procédé qui est le plus universellement employé. M. S. Limousin a fait dernièrement construire un appareil très-ingénieux et trèsportatif qui permet de préparer rapidement et facilement l'oxygène pour l'emploi thérapeutique. En effet, sans autre matériel qu'une cornue en acier, polie au tour, composée de deux calottes l'approehées hermétiquement et solidemeat par des vis, avec une lampe à esprit-de-vin ou un jet de gaz enflammé, on peut obtenir 25 ou 30 litres d'oxyg'me que l'on capte dans un ballon de caoutchouc servant de gazomètre. Lorsque la quantité d'oxygène qui doit être consommée sur place et dans une salle d'inhalation est trop considérable pour être aisément transportable contenue dans des ballons, on se sert d'une cornue beaucoup plus grande; mais le procédé est le même que celui qui vient d'être décrit. Les inhalateurs communiquent avec le gazomètre dont l'oxygène est complètement refroidi, ainsi qu'on le fait à Vichy, à Arcachon, à Pougues, etc., etc. M. S. Limousin a inventé aussi un appareil inhalateur très-simple et qui est aujourd'hui presque exclusivement employé. « Je fais usage dans la pratique habituelle, dit M. Limousin, d'un lait aromatique préalablement filtré, compose' de teinture de benjoin vanillé, de teinture de Tolu (10 grammes de chaque), de 250 grammes d'eau distdlée de roses et de 1 kilogramme 730 grammes d'eau commune, qui sont versés dans une carafe dont l'intérieur est parfaitement sec. 11 faut avoir
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soin d'y faire arriver les teintures d'abord, puis l'eau de roses el enfui l'eau ordinaire. La carafe doit être à large panse et à goulot étroit el allongé muni d'un bouclion percé de deux trous remplis par deux tubes de verre dont l'un plonge au fond du flacon et l'autre va seulement dans la partie vide de la carafe, pleine aux deux tiers seulement. Le goulot se termine par un embout comme une pipe ou mieux comme un narghileli; un raccord et un robinet spécial mettent la carafe en communication avec un ballon de caoutchouc qui contient loxygène que l'on veut faire respirer. 11 convient, au commencement de l'opération, de ne pas ouvrir complètement le robinet pour que, par suite de la tension du caoutcliouc, le gaz ne se dégage pas trop rapidement, et, à la fin de l'inhalalion, il faut nonseulement tourner complètement le robinet, mais presser légèrement le ballon pour que le gaz sorte tout entier.
Pour prolonger le séjour de l'oxygène dans les poumons, le malade doit le retenir autant qu'il peut et l'expirer lentement, en ayant soin de retirer le tube de la bouche pour ne pas faire remonter l'eau dans le tube et même dans le récipient. Cet appareil a l'avantage d'enlever au gaz l'odeur désagréable que lui a donnée le caoutchouc vulcanisé, et il arrête les poussières qui pourraient irriter les voies aériennes. De plus, il rafraîchit le gaz en lui faisant subir un dernier lavage et il permet de lui communiquer tous les principes volatils qu'on voudrait utiliser, comme ceux du goudron, de l'acide phénique, du chloroforme, de la teinture d'iode, etc., suivant les nécessités du traitement. Dans ce cas, si l'on désire volatiliser plus vite, il suffit de plonger la carafe dans un bain-marie et d'élever la température du liquide. 11 faut ajouter au gazogène un tube laryngien de Chaussier, si le malade est suffoqué ou a perdu connaissance, comme dans toutes les asphyxies complètes. Le tube laryngien doit être à double courant pour que le gaz puisse entrer et sortir librement. On supprime ainsi l'insufflation de bouche à bouche. Si l'on veut se rendre un compte très-exact de la quantité d'oxygène consommée dans chaque séance, il suffit d'adapter à l'instrument générateur un compteur gazométrique ayant la même construction que les compteurs à gaz d'éclairage. Enfin, en Angleterre el eu Amérique, on se sert de petits gazogènes en tôle vernie, munis d'un tube qui communique avec la partie supéiieure de l'instrument. Chaque mouvement d'aspiration fait baisser la cloche dans l'eau qu'elle déplace, mais ce mode de production n'est pas portatif et ne peut être employé que dans des établissements où l'on reçoit beaucoup de malades. L'oxygène est inhalé pur ou mélangéd'air atmosphérique, dans le diabète, l'asphyxie survenue après l'immersion dans l'eau, comme chez les nojés, ou après la respiration d'un gaz impropre à la vie. Enfin, dans les établissements où l'on traite par l'air comprimé, l'addition de l'oxygène dans la cloche permet de diminuer la pression quand le malade ne supporte pas ou supporte mal le séjour dans une atmosphère où l'air est fortement comprimé. On emploie ordinairement l'oxygène pur dans le diabète ou l'asphyxie et l'asthme. Le docteur llayeni tn recommande l'emploi dans le traitement de la chloro-anémie.
HïDnocÈîsE et IIyduogù.ne cabboxé. L'hydrogène pur, désigné longtemps sous le nom d'air inflammable, a été appliqué aussi pour la première fois par Priestley. Il sert en médecine, et nous r)e nous occuperons pas de la manière de le produire et de le conserver, nous dirons seulement que les travaux de Godwin et de Beddocs nous ont appris que l'iiydrogène produit sur la respiration les mêmes effets physiologiques que ceux de l'azote. Ainsi, plusieurs personnes qui ont été soumises aux inhalations d'hydrogène pur n'ont pu toutes respirer ce gaz que
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pendant une minute et demie au plus, temps au bout duquel se produisaient infailliblement la fréquence et la petitesse du pouls, la cyanose du visage, les vertiges et les troubles de la vision ; la cornée finissait même, cbez les animaux pour lesquels on prolongeait les inhalations d'Iiydrogène, par se plisser en s'aflaissant. Quelques sujets ont accusé un certain degré d'analgésie accompagnée de la sensation d'un grand bien-être. Beddoës avait conclu que l'air moins riche en oxygène que l'atmosphère, et mêlé d'hydrogène, pourrait agir comme narcotique. L'expérience confirma ses prévisions, et un phthisiiiue qui, éprouvant une insomnie complète depuis plusieurs mois, était obligé de prendre tous les soirs de l'opium, put renoncer à celte médication dès qu'il fut soumis aux inhalations hydrogénées ; le domestique de ce malade, qui assistait à cette expérience, fut pris aussi d'un sommeil invincible. Beddoës appliqua aussi les inhalations d'hydrogène dans la bronchite aiguë en mêlant d/8 d'hydrogène à 7/8 d'air ordinaire, et il réussit à calmer la toux et la fièvre. Tliomas Rolfdi répéta la même expérience sur lui-même; il assure avoir obtenu en quarante-huit heures un résultat plus heureux avec l'hydrogène inhalé qu'il n'en avait constaté pendant huit jours par tous les autres moyens employés par lui. Alderson et Burdin ont aussi vanté les inhalations d'hydrogène mêlé à l'air atmosphérique dans plusieurs cas de phthisie pulmonaire.
Nous avons dit en parlant de la station thermominérale de la Porelta {voy. ce mot) : « Les eaux de quelques sources de cette station italienne ont une composition gazeuse qui ne s'observe dans aucun autre établissement. Ainsi elles laissent dégager en proportion très-notable du gaz hydrogène protocarboné qui est non-seulement inhalé par les baigneurs ou ceux qui séjournent dans les salles ou près des sources, mais qui est employé à un usage économique que l'on n'est pas habitué à rencontrer autre part que dans les usines où se prépare le gaz d'éclairage. Les trois établissements des bains di Bove, I^eone et Donzelle, sont éclairés, en effet, par l'hydrogène protocarboné qui provient des trois sources de ce nom [)réalablenient recueilli sous un gazomètre et conduit aux becs de gaz sans avoir subi aucune préparation particulière, et tel qu'il se dégage de l'eau ». L'hydrogène carboné des épurateurs des usines à gaz, où il est obtenu par la distillation de la houille, est employé dans le traitement de la coqueluche ; nous avons dû signaler ce gazogène sans vouloir nous y arrêter plus longtemps. Nous devons rappeler aussi les essais qui ont été tentés avec l'hydrogène sulfuré aux établissements alimentés par des eaux sulfureuses. La première application se fit dans les salles d'inhalation que fit organiser M. Niepce, le médecin inspecteur de la station d'Allevard, où les malades purent respirer, dès l'année 1851, l'hydrogène sulfuré qui se dégage de cette eau minérale. Le gazogène d'Allevard est un bassin de 8'", 50 de longueur, de 6 mètres de largeur et 18 centimètres de profondeur. Une partie de l'hydrogène sulfuré de ce vaste réservoir, dont l'eau se renouvelle sans cesse, se môle à l'air de la salle d'inhalation dont l'atmosphère a une odeur sulfureuse prononcée. L'appareil consiste dans un piédestal central et creux qui sert à activer le dégagement du gaz en élevant l'eau au-dessus de sa partie supérieure. 11 se compose de cinq cuvettes superposées, de grandeur différente, d'autant plus larges qu'elles se rapprochent davantage de la base. L'eau sulfureuse arrivée dans la vasque supérieure retombe goutte à goutte dans celle qui est placée au-dessous et successivement dans les autres jusqu'à la dernière, d'où elle s'écoule dans le réservoir inférieur. La paroi intérieure de cliaque, cuwette est garnie de disques circulaires écartés, en saillie et à feuilles d'artichaut.
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Azote et ses composés. Wintrop Saltonstall a le premier publié, en 1796, une monographie sur l'emploi médico-chirurgical du gaz azote, mais les idées qui y sont exprimées sont complètement oubliées aujourd'hui, quoiqu'elles fussent acceptées de son temps, et qu'il les eut reçues de son maître Mitchill. Le second travail sur l'azote est du à l'Américain Dagoumer, qui s'inspii\i des idées émises par Nysten et Bicliat au sujet de l'action des gaz sur les tissus animaux rivants. Mérat et de Lens citèrent ensuite les résultats heureux obtenus par Marc, dans la phthisie pulmonaire, parles inhalations d'azote mêlé à l'oxygène. Il faut arriver aux études de Demarquay et de Leconte pour être suffisamment renseigné sur l'action physiologique et thérapeutique du gaz azote tant en médecine qu'en chirurgie. Demarquay a démontré de plus que le gaz azote facilite la cicatrisation des plaies, empêche la douleur consécutive aux opérations, et favorise la réunion par première intention.
Tout ce que nous venons de dire s'applique au gaz azote artificiellement produit et qu'il est si difficile de bien préparer et surtout d'obtenir pur. Signalons le sol comme gazogène par excellence, puisque l'azote naturel est spontanément dégagé de certaines sources thermominérales.
On a installé à cet effet, en 1860, à Panticosa, en Espagne [voy. ce mot), une salle d'inhalation oiî six malades viennent à la fois respirer l'atmosphère azotée fournie par l'eau de la source du foie, dont le griffon n'est pas à plus de dix mètres. Une sphère de marbre blanc s'élevantà 12 centimètres au-dessus du niveau de l'eau et contenant à son centre un tube de cuivre terminé à son extrémité libre par une petite pomme d'arrosoir, qui amène l'eau minérale à une hauteur de 75 centimètres, constitue l'appareil gazogène de la salle d'inhalation de Panticosa. L'azote pur fourni par la fuente de Higado n'étant pas respirable, on est forcé de tenir ouvertes les fenêtres du salon pendant les intervalles qui s'écoulent entre la sortie et l'entrée des séries d'inhalation qui durent une demi-heure. La phthisie pulmonaire, l'asthme, le catarrhe pulmonaire, la bronchite, la pleurésie et la pneumonie chroniques, la laryngite et la pharyngolaryngite, sont les états pathologiques ordinairement traités avec le plus de succès par les inhalations de l'azote natif des sources de Panticosa. Nous renvoyons aux détails que nous avons donnés à ce sujet dans le troisième volume des Principales eaux minérales de V Europe, page 135 et suivantes, ceux qui voudront être plus complètement renseignés sur cette question.
Protoxyde d'azote. La préparation du protoxyde d'azote ou gaz hilarant est décrite dans l'article consacré à l'emploi chirurgical de ce gaz [voy. Gaz hilarant). Nous entrerons cependant ici dans quelques détails techniques, particulièrement sur ce qui [concerne le degré de température à observer, l'épuration du gaz, sa conservation et le moyen de le rendre transportable.
La décomposition de l'azotate d'ammoniaque par la chaleur est l'opération qui donne le protoxyde d'azote de la façon la plus économique, mais ce sel doit être pur, blanc, desséché par une fusion antérieure. On évite de cette façon la formation de vapeur d'eau qui, en se vaporisant et en se condensant tour à tour, rend difficile et inégale la préparation de ce protoxyde d'azote. La température à laquelle se fait le mieux la décomposition de l'azotate d'ammoniaque est de 200 à 250 degrés ; il est prudent de ne pas l'élever au-dessus de 250 pour ne pas s'exposera faire éclater l'appareil, et il convient de ne pas pousser la décomposition du sel à sa limite extrême pour qu'une chaleur trop grande n'en flamme pas le gaz et le liquide qui deviennent ainsi un mélange détonant.
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Après avoir traversé la série des laveurs, le protoxyde d'azote est dépouillé d'eau, de bioxyde d'azote, de vapeurs hypoazotiques et des autres gaz résultant de l'impureté du nitrate ammoniacal. Un kilogramme de ce sel devrait donner 250 à 280 litres de protoxyde d'azote, mais il faut se rappeler que l'eau a un pouvoir dissolvant considérable sur ce gaz et qu'il en reste une très-petite quan- 4,ité dans la clocbe après la première opération. L'eau de la cuve une fois saturée, les manipulations suivantes donnent une quantité de protoxyde variant de 250 à 280 litres. U convient d'attendre, avant de l'employer, que le protoxyde d'azote
Appareil.
ait été préparé depuis un certain temps, pour que son contact avec l'eau l'ait ■complètement dépouillé des substances étrangères qu'il contenait. Les ballons au moyen desquels on le transporte sont ordinairement en caoutchouc ou en toile caoutchoutée; il vaudrait mieux qu'ils fussent en verre : ils ne pourraient alors communiquer au gaz l'odeur et la saveur désagréables que lui donnent les premiers. L'appareil de M. Limousin, dont il vient d'être question, est à peu près le seul employé ; celui de M. Jeannel consistant en une cornue ou un ballon de fonte est trop dangereux et a déterminé des accidents qui l'ont fait abandonner.
Le protoxyde d'azote, découvert à la même époque et par le même chimiste que l'oxygène, fut employé en Angleterre, en 1800, par Davy, et, en France, par Yauquelin et Thénard. Faraday le soumit à la liquéfaction en le comprimant à trente atmosphères, et (.n crut alors que l'administration et le transport de ce gaz deviendraient faciles. Les premiers essais faits en 1868 par MM. Limousin et Blanchi ne furent pas couronnés de succès. Certains industriels anglais compriment à l'état liquide le protoxyde d'azote dans des bouteilles de fer dont la partie supérieure est fermée par un écrou-robinet muni d'une clef. 11 parait que ce moyen, d'abord un peu délaissé à cause du danger qui peut résulter de 1 emploi de l'appareil, s'est aujourd'hui généralisé.
Nous laissons d'ailleurs à l'auteur de l'article Gaz hilarant le soin de s'occuper de tout ce qui concerne l'emploi du gaz en inhalations, et nous dirons seulement quelques mots de l'usage médical de la solution du protoxyde d'azote. M. Limousin avait été frappé, dès l'année 1866, en préparant ce gaz, de sa grande solubilité dans l'eau. 11 remarqua qu'un flacon à moitié rempli d'eau commune à 4 ou 5" centigrade, et à moitié de protoxyde d'azote gazeux, indi-
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quait, après agitation, que ce gaz était très-soluble dans l'eau, à volume égal à peu près, comme l'acide carbonique. La solution de protoxyde d'azote est sucrée, douceâtre, un peu fade et cependant agréable au goût. Les expériences faites par MM. Limousin et Demarquay, qui ont essayé sur eux-mêmes la solution de protoxyde d'azote, permettent de penser qu'elle prendra place un jour dans les ouvrages de matière médicale et de thérapeutique.
Chlore. Le chlore, découvert en 1774 par ScheeJe, n'a été reconnu corps simple qu'en 1809, par Gay-Lussac et Tliénard. 11 résulte de la décomposition de l'acide chlorhydrique et du peroxyde de manganèse. Un ballon de verre, un tube en S qui y est adapté, un autre tube deux fois recourbé à angle droit, aboutissant à un petit flacon de AVoolf qui renferme une petite quantité d'eau pour retenir l'acide, et un troisième tube rempli de fragments de chlorure de calcium fondu, terminé lui-même par un tube de dégagement recourbé plongeant au fond d'un llacon rempli d'air complètement sec, constitue le gazogène {voij. la figure à l'article Chlore, t. XVI, p. 615).
Pour faire fonctionner cet appareil, il suffit déverser de l'acide chlorhydrique dans le ballon par l'entonnoir qui est au-dessus du tube en S, la décomposition a lieu avec effervescence, elle dégagement du gaz se fait aussitôt. Le chlore se rend dans le flacon contenant de l'eau qui le lave, il se dessèche dans celui qui contient du chlorure de calcium et il arrive dans le flacon d'air sec qu'il déplace en raison de sa plus grande densité. Les usages médicaux du chlore sont les suivants: il détruit les miasmes putrides dans les maisons encombrées de malades, partout même où se trouvent des agglomérations d'individus, comme d;ins les hôpitaux et hospices, les prisons, les casernes, les vaisseaux. William Wallace a conseillé les bains de chlore gazeux mêlé d'air chaud ou de vapeur d'eau à 45" centigrade dans les affections du foie oîi il voulait fortement irriter la peau, y déterminer une éruption artiticielle, augmenter la sécrétion biliaire, urinaireou salivaire ; Halle, Christison, Nysten, Boimet de Montpellier, Westler, Montazeau, Gannal père, Coltereau et Bourgeois, et plusieurs autres observateurs, ont tour à tour administré le chlore gazeux mêlé à l'air ou dissous dans l'eau contre la phthisie pulmonaire, les catarrhes bronchiques et toutes les maladies chroniques des voies aériennes. Divers appareils furent inventés, et cette médication semble avoir eu quelques succès lors des premiers essais, mais les gazogènes nombreux qui produisaient le chlore furent bientôt abandonnés par ceux mêmes qui en avaient le plus vanté l'usage. Ce furent surtout les faits négatifs que recueillirent Laennec, Andral, Chomel et surtout Toulmouche, qui portèrent les derniers coups à l'administration du chlore dans la plithisie pulmonaire. On ne se sert même plus que rarement aujourd'hui des inhalations chlorées dans les bronchites et les catarrhes chi'oniques avec expectoration fétide, dans les vomiques pulmonaires, quoique ce traitement ait donné des résultats favorables à des médecins expérimentés, tels que Delioux de Savignac, Jolly, etc. Nous n'indiquons que pour mémoire les gargarismes chlorés dans l'empoisonnement par les acides sulfhydrique ou cyanhydrique, les gaz provenant des fosses d'aisance, des égouts, etc., et enfin contre la pourriture d'hôpital.
Iode et Iodiques. L'iode, découvert en 1811 par Courtois, étudié en 1815 par Gay-Lussac, est un corps simple rangé parmi les métalloïdes, solide, d'un gris foncé, d'une saveur et d'une odeur désagréables; sa densité est de 4,95, et sa volatilité est très-grande à 50° centigrade. Ses vapeurs sont violettes, ce qui lui a fait donner son nom; il n'est besoin d'aucun appareil spécial pour
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accélérer leur développement. Un gazogène n'est nécessaire que pour en régler la production et les mêler à l'air cliaud ou froid dans des proportions déterminées. C'est l'u'iique motif qui nous engage à consacrer quelques lignes à l'emploi thérapeutique de l'iode etdesiodiques. Ces préparations, soit pures, soit unies aux fumigations de plantes aromatiques, au camphre ou au chloroforme, ont été vantées dans le traitement de la phlhisie pulmonaire et particulièrement de la phthisie torpide ou scrofuleuse. Brera,Gairdner, Baudelocque, Murray, Scudamore, Dixon, Piorry, Charlroule, Barrère, Langlebert, Titon et Dailger, ont publié des observations qui démontrent que les inspirations iodées ou iodiques soulagent et peuvent quelquefois guérir les phthisiques, à quelque degré que soit arrivée leur affection. îîous l'inlluence de cette médication, l'expectoration change de nature et se lait mieux, l'appétit est plus vif, et les digestions sont plus faciles. Les premiers résultats encouragèrent les expérimentateurs, qui s'aperçurent bientôt que les poitrinaires n'éprouvent qu'une amélioration momentanée, et que le mal ne fait que s'aggraver, leur toux devenant plus fréquente, leurs crachements sanguins plus abondants, la sécheresse de leur gorge plus marquée; il survenait même quelquefois des complications redoutables qui forcèrent les médecins à abanflonner les préparations iodées et iodiques, à l'exception de ceux qui firent de leur administration une affaire plus commerciale que scientifique.
A. ROTUREAU.
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GAZOLA (Giuseppe). Médecin italien, naquit à Vérone en 1661. Reçu docteur à Padoue, il vint en 1685 pratiquer son art dans sa ville natale, où il établit l'académie degli Aletofili, destinée à favoriser les progrès de la physique et des mathématiques. Il accompagna ensuite l'ambassadeur de la république de Venise, Jean de Pesaro, en Espagne, et resta trois ans à Madrid. Là, il gagna les bonnes grâces de la reine régente et dut à sa protection d'être nommé en 1 692 l'un des médecins de l'empereur Léopold.
188 GAZOST (Eaux minéralks dk).
Eu quittant l'Espagne, il visita la France, Paris, puis passa en Italie, où il visita Gènes, la Toscune, les États de l'Église; en 1696, il se rendit à Naples, où il se lia d'amitié avec Leonardo de Capoue. Enfin, le 28 mars 1697, il revint à Vérone reprendre l'exercice de la médecine et mourut d'apoplexie le -14 février 1715.
Gazola était un médecin fort instruit: il reconnaissait l'état d'infériorité de l'art de guérir à son époque et tous les dangers du galénisme à outrance ; dans un ouvrage écrit contre le charlatanisme des faux médecins, il cherche en effet à démontrer que l'on meurt aussi souvent des remèdes que des maladies :
I. Entusiasmos medicos, polilicos y astronomicos. Madrid, 1689, in-4"'. — II. Origine preservalivo e riinedio del correnle coulagio peslilemiale del bue. Verona, 1713, iii-4°. — m. Ilmondo ingannato da fahi medici. péi'ouse, 1716, in-8°. Trad. en franc. Leyde, 1735, in-8^ Trad. en espagn. par Grég. Majansio. Valence, 1729, in-S" (ouvr. publié par J.-B. Gazola, frère de l'auteur). L. Hx.
GAZOLËI^IE. Liquide clair, incolore, très-léger, bouillant à 65", qu'on retire des pétroles par distillation. La gazoline, peu différente de ce liquide, s'obtient dans les mêmes conditions. La composition de ces substances est inconnue.