‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.43Chapitre 59 sur 61 · L. Hs · texte numérisé non relu

L. Hs

GEOFFROY (Les). Famille justement célèbre pour s'être distinguée dans les sciences pharmaco-chimiques et dans létude de plusieurs branches de l'histoire naturelle; elle a occupé une haute position dans cette bourgoisie parisienne si vivace, si intelligente et si travailleuse des dix-septième et dix-huitième siècles.

Geoffroy (Mathieu-François). Il fut maître apothicaire de Paris, marguillier de sa paroisse (Saint-Paul), éclicvin de la grande cité. Né en 1064, d'un i)ère qui tenait également boutique d'apothicairerie, et qui eut sa place dans léchevinage de la ville, il mourut le 26 octobre 1708. Il avait épousé Louise Devaux, fille du fameux chirurgien de ce nom. M. -F. Geoffroy n'était pas un de ces pharmaciens, comme on en voit tant de nos jours, qui font de leur profession un métier, qui ne sont que des marchands, des vendeurs de drogues : il avait la passion de la science : il aimait à s'entourer de savants, et tenait chez lui une espèce d'Académie où Cassius apportait ses planisphères, le père Sébastien ses niacliines, Joblot ses pierres daimant, où Duverney faisait ses dissections ■et Homberg ses opérations de chimie, où enfin d'autres savants fameux se rendaient accompagnés déjeunes gens avides de s'approprier les nouvelles acquisitions scientifiques. Ce fut à la fructueuse école paternelle que les deux fils de Mathieu-François Geoffroy firent leurs premières armes.

Geoffroy (EtieiMne-Fraisçois). Fils aîné du précédent. 11 naquit sur la paroisse de Saint-Paul, le 15 février 1672. La chimie, la botanique, furent les sciences qu'il cultiva surtout avec prédilection : il y joignit aussi l'étude de l'anatomie, et durant ses moments de loisir il s'exerçait dans les travaux de la mécanique, tournait et travaillait des verres de lunettes, ou exécutait des machines en petit. Son père l'envoya en 1692 à Montpellier, où il s'empressa de suivre les cours des plus célèbres professeurs. Avant de revenir à Paris il parcourut les parties méridionales et occidentales de la France, et il se trouva enfermé à Saint-Malo, à l'époque du bombardement de ce port par les Anglais. Nous le trouvons ensuite (1698) en Angleterre, attaché, en qualité de médecin et surtout d'ami, au comte de Tallard, ambassadeur; puis visitant la Hollande, l'Italie (1700) en compagnie de l'abbé de Louvois ; enfin, revenant en France et se mettant sur les bancs de la Faculté de médecine de Paris, où, après avoir parcouru brillamment sa licence, il fut reçu docteur le 26 août 1704. Depuis longtemps déjà l'Académie des sciences se l'était attaché comme élève-chimiste (4 février 1699), comme associé (18 décembre 1699); elle lui conféra le titre de pensionnaire, le 8 janvier 1716. Etienne-François Geoffroy fut aussi professeur de chimie au Jardin du roi (1707), professeur de médecine et de pharmacie au Collège royal, où il l'emplaça Tournefort, et doyen deux fois, en 1726 et 1729. Il fut marié à Barbe-Angélique Lézier, et mourut le 6 janvier 1751. On ne lira pas sans intérêt son acte d'inhumation dans l'église de Saint-Paul, à Paris.

730 GEOFFROY (Les).

Paroisse Saint-Paul. Le 6 janvier 1751, est décédé en sa maison rue des Singes, M" Etienne Geofiroy, docteur régent, ancien doyen et censeur de la Faculté de médecine de Paris, professeur au Collège royal, professeur en chimie au Jardin royal des plantes, de l'Académie royale des sciences et de la Société royale de Londres, âgé de cinquante-neuf ans, duquel le corps a été inhumé le sept du même mois dans l'église de Saint-l'aul sa paroisse. Par nous curé soussigné, docteur en théologie de la Maison et Société de Sorbonne, en présence de Claude- Joseph-Geoffroy, M" apothicaire, frère, et de membi-e l'Académie royale des sciences et delà Société royale de Londres, et de Jean LeBastier, 31" orfèvre joaillier, beau-frère, qui ont signé.

Geoffroy, Le Bastier, îi. P. Gueret, curé de Saint-Paul.

Les ouvrages laissés par Etienne-François Geoffroy soni les suivants :

l. An medicus philosophas mechaiiico-ckymicus ? (oui). Thèse quodlibétaire, 1703, sous la présidence de Fagon. — II. An omnis inorùus à coagulationel (oui). Thèse quodlibétaire, 1703, sous la présidence de Denis Dodart. — III. An omnis primordia, vermis? (oui). Thèse quodlibétaire, 1704, candidat : Cl. du Cerf. Cette thèse a été traduite en français, 1706, in-12. — IV. An agita, sœvienle peste, 7!/joiu)azT(zôv eximium'? (oui). Thèse quodlibétaire, 1708, candidat : J. C. A. Ilelvetius. — V. Tractattis de materiâ medicâ sive de medicamentorum simplicium Itistoriâ, virtute, delectu et iisu. Paris, 1741, 3 vol. in -8°; trad. en français par Antoine Bergier, Paris, 1741-1743, 7 vol. in-12; en allemand par C. E. Ludwig, Leipzig, 1760-1765, 8 vol. in-8° ; en anglais par Douglas, Londres, 1756, in-8°. — VI. Dans les Mémoires de l' Académie des sciences de Paris un grand nombre d'articles : Année 1 700, Hist. 59; p. 110, 11.53; p. 154, II. C9 ; année 1701, II. 1G;1I. 17 ; année 1702, 11.16, 20, 43; année 1704, p. 278, II. 37; année 1705, p. 85, II. 68; p. 362, H. 64; année 1706, p. 507, H. 40; année 1706, p. 509 ; année 1707, p. 176, H. 43; année 1708, p. 102; p. 576, H. 61 ; année 1709, p. 162,11. 30; année 1710, 11.56; année 1715, II. 27; p. 168, H. 55; année 1716, IL 8; année 1717, p. 226, H. 54; année 1718, p. 20:^, II. 53 ; année 1719, p. 71, H. 47; année 1720. p. 20, H. 52; année 1722, II. 20 ; p. 61, H. 37 ; année 1723, H. 27; année 1724, II. 65; année 1725, p. 153, H. 55; p. 220, H. 35 ; année 1728, H. 50; année 1751, H. 59.

Geoffroy (Claude-Joseph). Deuxième fils du pharmacien Mathieu-François Geoffroy, et de Louise Devaux, et par conséquent frère cadet du précédent. Il fut baptisé dans l'église Saint-Paul, à Paris, le 9 août 1685, et embrassa la profession de pharmacien. Tournefort fut le maître auquel il s'attacha, et le zèle qu'il témoignait pour l'étude lui mérita l'estime et l'amitié de ce grand homme. Au retour d'un voyage qu'il fit, en 1704 et 1705, dans les provinces méridionales de la France, et dont il rapporta une foule d'objets curieux, l'Académie des sciences l'admit successivement comme élève-chimiste [1 avril 1707), associé (8 janvier 1716), pensionnaire (26 avril 1725). Il fut marié deux fois : d'abord à Marie -Elisabeth Ruelle (1711), puis en 1727, à Marie Denis, fille de François Denis, seigneur de Suisnes. Il mourut le 9 mars 1752, laissant un grand nombre de mémoires qui ont été insérés dans les Recueils de V Académie des sciences.

Année 1707, p. 517, 11. 57 ; année 1708, p. 228 ; année 1709, p. 509, H. 15 ; année 1710, p. 235 ; année 1711, p. 23, H. 40; p. 207, H. 51 ; année 1712, H. 50 ; année 1713, H. 39; p. 51 ; année 1714, p. 121; année 1715, H. 14; p. 256 ; année 1717, H. 8; année 1718, p. 57,11.55; année 1719, H. 40 ; année 1720, p. 189, H. 46; année 1721, p. 147, H. 56 ; année 1722, p. 155, H. 5; année 1723, p. 210, H. 58; année 1724, p. 193, H. 50; p. 520; p. 580, H. 40; année 1725, p. 57; année 1726, p. 95, H. 28; année 1727, p. 114, H. 27; année 1728, p. 301, H. 54; p. 48, II. 51 ; année 1729, H. 12 ; p. 68, H. 16; année 1750, p. 217, H. 45; année 1752, p. 17, H. 45; p. 598, H. 52; année 1734, p. 417, H. 52; année 1735, p. 54; p. 511 ; année 1756, p. 414, H. 16; année 1757, H. 63; p. 185 ; année 1738, H. 56; p. 105, H. 49; p. 193; année 1759, H. 5; H. 24; p. 275, H. 21 ; p. 441, II. 21 ; année 1740, p. 90; p. 561 ; année 1741, p. 11, 11. 78 ; II. 21 ; H. 25; année 1742, p. 55, H. 43 ; année 1743, p. 55 ; année 1756, p. 55. A. C.

Geoffroy (ÉTiEKNE-Loris). Fils de Etienne-François Geoffroy, et par con-

GEOFFROY (Les). 731

séquent neveu du précédent. C'est certainement le plus illustre de la famille. Né à Paris, le 9 décembre 1725, il montra, dès son jeune âge, la plus grande ardeur pour l'étude des sciences naturelles, et fut reçu docteur à la Faculté de médecine de Paris, le 5 septembre 1748. La clientèle ne tarda pas à venir audevant de lui, et on le signale comme un des praticiens les plus occupés de la capitale. Néanmoins cela ne l'empêcha pas de continuer les investigations qui tn-ent le charme de sa vie, et l'entomologie, la conchyliologie, lui doivent des travaux qui le placent au premier rang. É.-L. Geoffroy a eu, en effet, en ce qui regarde les animaux articulés, un éclair de génie qui lui a fait découvrir une classification des plus remarquables : je veux parler de sa division des coléoptères en quatre groupes établis sur le nombre des articles qui composent les tarses de ces petits êtres : pentamères,tétramères, triomères, hétéromères. Linné n'a pas mieux fait, quant aux plantes, dans sa classification sexuelle. E.-L. Geoffroy fut aussi un poète latin fort distingué, son Hygieine restera comme un modèle dans le genre. Le savant auteur de choses si utiles et si bonnes est mort dans la petite commune de Chartreuse, près de Soissons, où il s'était retiré pendant la tourmente révolutionnaire, dans le mois d'août 1810. Il avait épousé d'abord Geneviève Brion, puis Jeanne-Félicité Bolle, fille de Henry Bolle, contrôleur général des finances du comté de Bourgogne. Ouvrages laissés par Étienne-Louis Geoffroy :

I. An pro diversis a conceptu tetiiporibus, varia nulritionis fœtus? (oui). Thèse quodlibctaire, 1746, sous la présidence de E. Pourfour Du Petit. — II. An parcior obesis, quant niacilcntis sancjuinis missio? (oui), 1748, sous Ift présidence de C. Person. — III. An in vulneribus profunde contusis, incisiones cultro chirurgico profunde institutœ, necessariam préparent aut promoveant suppurationetnl (oui), 1748, sous la présidence de De La Saône. — IV. An aer prœcipuum digestionis instrumentum ? (oui), 1748, candidat : L. J. B. Cosnier. — V. Hygieine, sive ars sanitateni conservandi, pocina. Paris, 1770, in-8°; trad. en .français par Delaunay, Paris, 1774, iu-S" ; trad. en vers français par Lequenne-Cousin. Paris et Cambrai, 1839, in-8''. — VI. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Paris, 1762, 2 vol. in-4°, ibid., 1764, 2 vol. in-4°. — VII. Traité sommaire des coquilles, tant fluviales que terrestres, qui se trouvent aux environs de Paris. Paris, 1767, in-12. — VIII. Dissertation sur l'organe de l'ouïe de l'homme, des reptiles et des poissons. Amsterdam et Paris, 1778, in-4''. A. C.

Geoffroy de Villeneuve (Renk-Claude). Fils du précédent, né à Paris le 24 mars 1767, étudia la médecine à l'exemple de son père et de ses aïeux. Reçu docteur à Paris le 19 thermidor, an X (1802), il se fixa dans la capitale et fut nommé peu après médecin suppléant à l'Ilôtel-Dieu, et par la suite médecin titulaire au même établissement. En 1820, lors de la création de l'Académie de médecine par le roi Louis XVIII, Geoffroy en devint membre dans la section de médecine.

Avant d'entrer dans la carrière médicale, il se livra à des recherches d'histoire naturelle; il séjourna pendant deux ans au Sénégal en qualité d'adjudant du gouverneur de cette colonie, le chevalier Bouftler, et plus tard servit dans la médecine militaire à Saint-Domingue. Ce n'est qu'à son retour des colonies qu'il se fit recevoir docteur. Nous n'avons pas pu du reste nous procurer de renseignements bien concluants et bien authentiques sur cette phase de la vie de ce savant médecin.

Geoffroy était chevalier de la Légion d'honneur. Il mourut à Nauroy, près de Soissons, le 26 juillet 1851. Outre un grand nombre d'articles dans le Dictionnaire des sciences médicales, relatifs surtout à l'histoire naturelle médicale et

752 GEOFFROY SAINT-IiîLAIKE (Les deux).

à la pathologie, tels que : Anémie, Anémone, Ai'htue, Artichadt, Arum, Béribéri, Choléra, Chorée, etc., etc.; il a publié des articles assez importants dans Y Encyclopédie méthodique.

Sa dissertation inaugurale a pour titre : Diss. sur V emploi des exutoires dans /es >na/a<iiesrfespo?<mo>2S. Paris, an X (1802), in-S". L. Hn.

GEOFFROY SJLINT-HILAIRE (LeS DEUx).

GvioUvnj fSaint-Hilaire (Étienne). L'un des plus grands naturalistes de ce siècle. Il naquit à Étampes, le IS avril 1772. Destiné par ses parents à l'état ecclésiastique, déjà même pourvu d'un canonicat, il comprit bien vite que là n'était pas sa carrière et qu'il était fait pour l'étude des sciences exactes. Envoyé au collège dé Navarre pour y faire ses études philosophiques, il se sentit entraîné sympathiquement vers Brisson, qui y professait alors la physique expérimentale. Cette circonstance, jointe au mouvement révolutionnaire qui était, en quelque sorte, dans l'air, qui devait bientôt se transformer ou une terrible tourmente, et qui annonçait que l'avenir de la science était en dehors de l'enclos étroit d'un séminaire, décida de la vocation du jeune Geoffroy. Aussi, dès qu'il eut fini sa pliiloso|)liie au collège de Navarre, se mit-il à suivre les cours de Daubcnton au Collège de France. Quelle différence entre le maître et l'élève! Daubenton s'attachant particulièrement, ou presque exclusivement aux faits, aux délicates et sévères observations, ennemi des théories, des systèmes ; Geoffroy se sentant déjà entraîné vers l'esprit de généralisation et de déduction, ne pouvant se contenter du simple enregistrement de faits, envisageant les grandes lignes de la science. Les événements du 10 août furent la cause d'une vive amitié qui lia Daubenton et Geoffroy. En effet, Haùy, le savant minéralogiste, ayant été arrêté comme prêtre réfractaire, Geoffroy ne voulut se donner ni paix ni trêve qu'il ne fût parvenu à délivrer de prison sou excellent maître. Il s'adressa donc, et tout d'abord, à Daubenton; l'énergie de ses supplications fut grande, et Daubenton ému fit agir l'Académie des sciences; enfin, tant furent pressantes les instances du jeune protecteur, que Haûy fut, presque en un seul jour, incarcéré, réclamé au nom de l'Institut, et remis en liberté comme utile aux intérêts de la science. Cet épisode eut une intluence marquée sur la vie de Geoffroy ; car, encore inconnu à la science, il devint connu de la plupart des savants. Ilaùy avait écrit à Daubenton : v( En retour de tous les services que je vous ai rendus, aimez, aidez, adoptez mon jeune libérateur. » Et le 15 mars 1795, Daubenton le fit nommer démonstrateur au cabinet d'histoire naturelle, à la place de Lacépède qui s'était démis de ses fonctions. Quelques mois après, Geoffroy occupait au Jardin une chaire de professeur de zoologie des vertébrés ; il était à peine âgé de vingt et un ans ! Ce fut à cette époque qu'un jeune naturaliste inconnu, qui s'occupait sur les côtes de la Normandie de faire des recherches sur la structure anatomique des mollusques, envoya quelques travaux manuscrits à l'inspection de Geoffroy, déj:\ puissant dans la science; et celui-ci lui répondit aussitôt : « Venez vite à Paris, venez remplir parmi nous le rôle d'un nouveau Linné, d'un nouveau restaurateur des sciences naturelles. » Et il recueillit chez lui cet enfant perdu de la science; deux années (1795-1796) ils vécurent ensemble à la même table, dans les mêmes collections publiques, qu'ils étudiaient ensemble, dans les mêmes travaux qu'ils signaient ensemble. Dans une monographie manuscrite d'un jeune homme inconnu, placé presque par hasard sous ses yeux, Geoffroy-Saint-Hilaire avait reconnu Cuvier, et il fit tous ses efforts

GEOFFROY SALNT-HILAIRE (Les aEux). 755

pour produire au grand jour ce trésor alors perdu pour la science ; il en est qui l'eussent enfoui. En 1798, Geoffroy, désigné pour faire partie de l'expédition d'Egypte, concourut à la fondation de l'Institut des sciences et des arts au Caire. De retour en France il fut, le 44 septembre 1807, nommé membre de l'Institut et, le 20 juillet 1800, professeur de zoologie à la Faculté des sciences ; en 1815 les électeurs d'Étampes l'envoyèrent siéger à la Chambre des représentants ; mais il ne piùt aucune part à des discussions publiques complètement étrangères aux études scientifiques que jusque-là il avait exclusivement poursuivies. Etienne-Geoffroy Saint-llilaire frappé, dès l'année 1840, de cécité, à laquelle vint se joindre la paralysie, mourut le 19 juin 1844, à l'ùgc de soixante-douze ans. Dantzell a grave; une très-belle médaille en son honneur, dont le revers porte ces mots : jiÉ a étampes. 15 avril 1772 — auteur de la philosophie aîsato-

MIQUE fondateur DE LA MÉNAGERIE AN 2 1793.

Nous avons dit que l'esprit de Geoffroy Saint-Hilaire était essentiellement synthétique. Cette tendance, qui est comme la marque de son génie, se montre même dans les nombreux travaux de détail qu'il a mis au jour, et qui forment une sorte d'encyclopédie. Mais cela ressort surtout de la lecture de son beau livre de la PJiilosophie anatomiqiie, qui re})Ose presque tout entier sur cette proposition fondamentale : que l'organisme des animaux est soumis à un plan général, modifié dans quelques points seulement pour différencier les espèces ; qu'il est marqué au coin d'une unité typéale, ainsi (ju'on peut le déduire de la théorie des analogies, du principe des connexions, des affinités électives des éléments organiques, du balancement des organes; que l'organisme soit étudié dans son état nwmal ou dans ses aberrations, on trouve toujours ce principe d'unité typéale ; on le retrouve dans les monstruosités les plus bizarres, les plus désordonnées. L'organisme de tous les animaux étant soumis à un plan uniforme, il s'ensuit que toutes les espèces actuelles descendent d'une espèce antédiluvienne primitive par voie continue de génération, et que les modifications imprimées à cette espèce primitive par les changements survenus dans les milieux ambiants ont seules déterminé la diversité et la multitude des espèces actuelles. En un mot, une espèce peut toujours se déduire charnellement, matériellement, d'une espèce voisine ; il y a un rapport constant de toutes les espèces entre elles. Conception hardie, qui rapproche singulièrement Geoffroy Saint-Hilaire de Darwin, et qui a été au sein de l'Académie des sciences la cause de violentes discussions entre les deux plus grands naturalistes de l'époipe, Cuvier soutenant contre son antagoniste que la nature avait pris un soin extrême d'empêcher l'altération des espèces, de maintenir fixes les formes dans les corps organisés, de telle manière que les espèces actuelles ne puissent jamais être des modifications des espèces détruites ; qu'une espèce ne peut jamais être déduite matériellement (c'est-à-dire par voie de génération) d'une espèce voisine, et que les rapports qui existent entre ces diverses espèces animales n'existent qu'au point de vue de l'esprit. Flourens a ainsi résumé l'œuvre scientifique de Geoffroy Saiiit-Uilaire : « Après les vues générales et supérieures était venue l'étude des détails. La moisson des grandes idées semblait épuisée. Alors un génie nouveau s'élève : original, hardi, d'une pénétration infinie. Il remue toute la science et la ranime. Il rajeunit le fait par l'idée. A l'observation exacte il mêle la conjecture. Il ose : il franchit les bornes connues, et par delà ces bornes il pose une science nouvelle, à laquelle il donne quelque chose de ce qu'il avait eu lui-même de plus essentiellement propre et de plus marqué : de son audace, de son goût

754 GEOFFROY SAIÏNT-lIiLAlIlE (Lks deux).

pour les combinaisons abstraites et hardies, de ses himières vives et imprévues, La gloire de GeoflVoy-Saint-IIilaire sera d'avoir fondé la science profonde de la uature des êtres. Pour lui, observer, décrire, classer, reconnaître les différences, n'est que le commencement de la science ; il y ajoute la recherche des analogies, l'emploi du raisonnement ; après l'exposition des faits, celle de leurs conséquences, qui sont les lois générales de l'organisation. La méthode ne doit pas être seulement une suite de divisions, de coupes, de ruptures, mais, au contraire, un enchauiement de rapports qui s'appellent, s'adaptent, s'identifient. Toutes ces distinctions opérées, à mesure que le nombre des espèces augmente, les différences s'elfacent, se fondent par des nuances intermédiaires, les grands intervalles se comblent, et l'unité du règne se montre. »

On n'attend pas ici la liste de tous les mémoires dont Etienne Geoffroy-Saint- Hilaire a enrichi plusieurs publications périodiques : Décade philosophique. Magasin encyclopédique, Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Paris, Annales du Muséum d'histoire naturelle, Journal complémentaire des sciences médicales, Annales générales des sciences physiques. Bulletin de la Société philomathique, etc. Nous devons nous contenter des indications suivantes :

I. Catalogue des mammifères du Muse'um d'/iist. nntur. Paris, 1805, in-S». — II. Histoire naturelle des rnammifères. Paris, tStO, in-fol. — III. Mémoire sur une colonne verté})rale et ses côtes dans les insectes apiropodes. Paris, 1820, in-8°. — IV. Mémoires sur plusieurs déformations du crâne de l'homme, suivi d'un essai de classification des monstres acéphales. Paris, 1820, 111-4°. — Y. Philosophie anatoinique. Des monstruosités humaines. Paris, 1822, in- 8°, planches. 1818, 1823, 2 vol. in-8°, deux allas, in-fol. — VI. Système dentaire des mammifères et des oiseaux. Paris, 1824, in-8°. — VIL Sur les déviations organiques provoquées et observées dans un établissement d'incubation artificielle . Paris, 182G, in-4°. — VIII. Rapport sur un mémoire de M. Breschet traitant des groS'Sesses extra-utérines, et suivi de considérations générales sur l'organe sexuel des femelles. Paris, 1826, in-S". — IX. Con sidérations générales sur les monstres. Paris, 1820, in-S". — X. Sur la girafe. Paris, 1827, in-8°. — XI. Rapport sur plusieurs monstruosités humaines anencéphaliques. Paris, 1827, in-8°. — XII. Discours sur le principe de l'unité de composition organique. Paris, 1828, in-8°. — XIII. Cours de l'histoire naturelle des mammifères. Paris, 1828, in-8°. — XIV. Rapport sur un enfant double du genre Ischiadelphe, suivi de considérations et de réflexions sur la ynonstruosité double. Paris, 1850, in-8". — XV. Principes de philosophie zoologique discutés en mars 1850, au sein de VAcad. des sciences. Paris, 1850, in-8\ — XVI. Mémoire sur un enfant quadrupède né et vivant à Paris, monstruosité déterminée sous le nom générique d'iléadclphe. Paris, 1850, in-8°; 1856, in-4°. — XVII. Fragments sur la structure et les usages des glandes mammaires des cétacés. Paris, 1834, in-8°. — XVIII. Piecherclies sur les grands sauriens trouvés à l'état fossile vers les confins de la basse Normandie, attribués d'abord au crocodile, puis déterminés sous les noms de teleosaurus et de stcneosaurus, Paris, 1851, in-4°. — XIX. Etudes jirogressives d'un naturaliste pendant les années 1854 et 1855. Paris, 1855, in-4°. — XX. Sur une vue scientifique de l'adolescence de Napoléon Bonaparte, formulée dans son âge mûr sous le nom de Monde des détails. Paris, 1855, in-S". — XXI. Fragments biographiques, précédés d'études st(r la vie, les ouvrages et les doctrines de Buffon. Paris, 1858, in-8°. — XXII. Rapport fait à l'Académie royle des sciences sur l'histoire scientifique et militaire de l'expédition française en Egypte. Paiùs, 1858, in-8°. — XXIIII. Notions synthétiques, historiques et physiologiques de philosophie naturelle. Paris, 1858, in-S". — XXIV. Loi ttniverselle [attraction de soi pour soi), ou clef applicable à l'interprétation de tous les phénomènes de philosophie naturelle. Paris, 1859, in-8°. — XXV. Fille bicorps de Prunay (sous Abtis], connue dans la science sous le nom de Ischiopage de Prunay. Paris, 1859, m-¥. — XXVI. Sur de nouveaux Anencéphales humains confirmant la dernière théorie sur les monstres et fournissant quelques éléments caractéristiques de plus et de nouvelles espèces au genre Anencéphale. Paris, in-4''. — XXVII. Sur quelques règles fondamentales en philosophie naturelle. Paris, in-8°. — XXVIII. Mémoire sur un enfant monstrueux né dans le département d'Indre-et-Loire, et classé sous le nom d'Héléradelphe de Bénais. Paris, in-4°. — XXIX. Discours d'introduction à l'ouvrage Monstruosités humaines, i'ormant le tome II de Ysl philosophie analomique. Paris, in-S". — XXX. Considérations zoologiques et physiologiques relatives à un nouveau genre nommé Hypognathe. Paris, in-4°. A. G.

GEOFFROY SAINT-HILAIRE (Les deux). 735

Geoffroy-Saint-Hiiaire (Isidore). Fils du précédent, né ù Pans, au Jardin des plantes, le 16 décembre 1805.11 marcha sur les traces de son père, fit de très-bonnes études au lycée, et s'occupa de bonne heure d'histoire naturelle, tout en suivant les cours de médecine. Reçu docteur à Paris, le H août 1829, il inaugurait, par le titre de sa thèse (Propositions sur la monstruosité) la série des travaux qu'il devait exécuter plus tard pour élargir la voie que son père avait tracée aux recherches tératologiques. Aussi, dès l'année 1852, commença-t-il la publication de son ouvmge le plus important intitulé : Histoire générale et particulière des anomalies de r organisation chez l homme et tes animaux... ou Traité de tératologie, qui a acquis à l'auteur une grande et légitime réputation de savant du premier ordre. Deux ans auparavant, Isidore Geoffroy-Saint- Hilaire était entré dans l'enseignement, en faisant au Muséum la seconde partie du [cours d'ornithologie comme suppléant de son père. Ce cours, raconte la biographie universelle (Didot),fut interrompu au moment de la Révolution de juillet : sa dernière leçon, le 28 juillet, ne put s'achever, parce qu'une fusillade venait de s'engager près du Jardin des plantes, dans la rue qui porte aujourd'hui le nom de Geoffroy-Saiat-llilaire. Les trois années suivantes (nous copions toujours la même biographie), il enseigna la zoologie à l'Athénée royal, et la tératologie à l'École pratique; le 15 avril 1853, il fut élu, en remplacement de Latieille, membre de l'Académie des sciences. En 1857, il fut appelé à suppléer son père à la Sorbonne, et contribua activement à l'organisation de la Faculté des sciences de Bordeaux, créée sous le ministère de Salvandy. Puis il devint successivement inspecteur de l'Académie de Paris (1840), professeur au Muséum (par suite de la démission de son père), inspecteur général de l'Université (1844), et membre du Conseil royal de l'instruction publique. Après la mort de Blainville, il obtint en 1850, la chaire de zoologie que celui-ci avait occupée à la Faculté des sciences, et il se démit de ses fonctions d'inspecteur général qu'il exerçait comme adjoint ou comme titulaire depuis deux ans, pour consacz-er ses loisirs à la publication de son grand ouvrage : Histoire naturelle générale des Règiies organiques, qui lui demanda plus de cinq ans de travail. En même temps, il se livra avec un zèle intelligent à l'histoire de la science et à des travaux de zoologie appliquée. C'est à lui que l'on doit, en grande partie, l'organisation de la Société d'acclimatation, qui a rendu tant de services; c'est lui encore qui, par son influence, par de judicieuses publications, propagea l'habitude de la viande de cheval comme aliment, s'élevant avec vigueur contre un préjugé qui fait perdre chaque mois des millions de kilogrammes de bonne viande, alors que des millions de Français ne mangeaient pas de viande. Isidore Geoffroy-Sain t-Hilaire est mort à Paris le 10 novembre 1861 , à l'âge de cinquantesix ans, miné par les fatigues et par le chagrin causé par la perte récente d'une femme qu'il adorait. Il expira entre les bras de son fds, de sa fille et de sa vieille mère, la veuve de l'illustre Etienne.

Du discours prononcé sur sa tombe par M. Milne Edwards nous extrayons ce passage qui résume la vie scientifique de ce savant homme : « Isidore Geoffroy, sans négliger les travaux dont ses propres inspirations étaient l'unique source, s'est appliqué avec une rare persévérance à développer, à rendre saisissables pour toutes les intelligences, à perfectionner même les grandes vues théoriques de son père, et il n'a pas failli à cette tâche ardue. La piété filiale était un des traits les plus saillants de son caractère, et le culte qu'il rendait à la mémoire de son père lui a fait entreprendre une longue série d'ouvrages tous dignes du sentiment

736 GEOFFROYINE.

qui les dictait, ainsi que de la pensée philosophique dont ils étaient l'expression. Notre regretté confrère était bien doué par la nature : son esprit droit, ferme et méditatif, était mûri par l'élude; il possédait à un haut degré l'art de l'exposisition, et un concours heureux de circonstances avait contribué à développer en lui l'amour de la science, et à faire aussi naître la pensée qui domina sa vie. » Outre un très-grand nombre de mémoires, de noies, communiqués à l'Académie des sciences ou insérés dans des revues scientifiques, Lsidore Geofl'roy- Saint-Ililaire a laissé :

I. Propositions sur la ))ionstruosilc considérée chez l'homme et les animaux. Thèse doct. de Paris, 14 août 1829, in-4°. — II. Histoire ge'nérale .et particulière des anomalies de l'organisation chez l'homme et les animaux, ou Traité de tératologie. Paris, 1852-56, ô vol. in-8°, et atlas de 20 pi. — lll. Essais de zoologie générale, ou mémoires et notices sur la zoologie générale, l'anthropologie, et l'Iiistoire de la science. Paris, 18i0, iii-S". — IV Histoire naturelle des insectes et des mollusques. Paris, 1841, 2 vol. in-i2. — V. Essais de zoologie générale, ou mémoires et notices. Paiis, 1841, in-8°. — VI. Description des mammifères nouveaux ou imparfaitement connus de la collection du Muséum d'hist. nat. \" Mémoire : Famille des singes. Paris, 1845, in-4">. — VII. Vie, travaux et doctrine scienti' figue d'Etienne Geoffroij-Sainl-Hilaire. Strasbourg, 1847, in-8". — Vlll. Histoire naturelle générale des règnes organiques. Paris, 1854-18(50, 5 vol. gd. in-S". — IX. Domestication ei naturalisation des animaux utiles. Paris, 1854, in-12. — X. Lettres sur les substances alimentaires et particid'ièrement sur la viande de cheval. Paris, 1856, in-12. A. G.

CEOFFBOIER. Voy. GeOFFRÉE.

GEOFFROYIIVE OD SUBIPVAMIXE. Alcaloïde, encore peu éludié, découvert en 1824 par Hûttenschmid [Mog- f. Vharm. von Geyer , Bd. Yll, p. 287) dans l'écorce de VAndiva retusa. II. B. K. {Geoffroya surinamensis Murr.). Pour la préparer, on épuise l'écorce d'Andira par l'alcool, on traite par l'eau, on filtre et on purifie le produit obtenu au moyen de l'acétate de plomb, qui détermine la précipitation des matières étrangères; on se débarrasse de l'excès de plomb à l'aide d'un courant d'acide sulfhydrique, et une portion de l'alcaloïde se sépare. Pour obtenir le reste de l'alcaloïde dissous, on ;fait digérer la liqueur avec de la magnésie, on filtre et on évapore. D'après Winckler [Jahrhuch der Pharmacie, Bd. Il, p. 159), on obtient la surinamine pure au moyen de lavages à l'eau froide et en faisant cristalliser ensuite dans l'eau bouillante. 500 grammes d'ccorce fournissent environ 50 grammes d'alcaloïde.

La geoffroyine ciistallise en aiguilles fines, blanches, brillantes, formant de petits amas d'aspect cotonneux ; elle est inodore, sans saveur, neutre aux réactifs, peu solubie dans l'eau froide, aisément soluble dans l'eau bouillante, plus soluble encore dans une lessive de polasse; elle se dissout très-faiblement dans l'alcool même bouillant et est complètement insoluble dans l'éther.

En soumettant à l'évaporation une dissolution de surinamine dans l'acide sulfurique, on l'obtient en lamelles cristallines, tandis qu'une dissolution dans l'acide chlorhydrique l'abandonne sous forme d'aiguilles incolores qui deviennent d'un blanc laiteux quand on les traite par l'eau.

Sous l'influence de la chaleur, une portion de la surinamine paraît se sublimer sans subir d'altération, mais la plus grande partie de l'alcaloïde se décompose.

L'acide sulfurique concentré la dissout sans changement de coloration ; il en est de même de l'acide azotique concentré pur, mais l'acide fumant donne une solution qui, par l'élévation de température, devient d'abord violette pour passer ensuite au bleu de Berlin. L. H.n.

GÉOGLOSSE. 757

GEOGHKGAX (Les deux).

Geoghe^^an (Edwaud). Né en Irlande, était membre du Collège royal des chirurgiens d'Irlande et chirurgien au Dispensaire général de Dublin. Il a exercé son art avec réputation dans cette capitale dans la première moitié de ce siècle et a joui d'une certaine renommée comme syphiliographe.

Nous connaissons de lui :

I. Pratical Observations on tlie Nature and Trealment of some Exasperated Sijmplom^ attending the Yenereal Disease. London, 1801, in-S". — II. Appendix, containing Thoughts on (lie Nature and Management of the Yenereal Bubo, particiilarg in ils Obstinate State. Dublin, 1803, in-8°. — III. CMmmentaries on the Treatment of the Yenereal Disease, particularly in ils Exasperated State.... On the Use of Mercury so as lo Insure its Suceras fui Effect., ivith an Appendix on Stricfure of the Urethra and a Morbid Rétention of i'rine. London, 1814, in-8°. — IV. A Commenlarij on the Treatment of Ruptures, particularhj in a State of Strangulation. London, 1810, in-S". — V. Further Remarks on llernia in Explication of the 'Salure of Strangulation and of Oblitei-ated Intestine and in Défense of Yieces and Suggestions lowards Impi-ovcnicnt in the Treatment, in a Lctler to Abernelhy. Dublin, 1826, iri-8°. — VI. Succinct Pratical Observations on the Effect of Bloodletting, containing an Tnvestigation of the Practicc of the Getieral and Local Abstraction of Dlood. London, 1833, in-8°. — VII. .articles dans Edinb.Med. a. Surg. Journal^ Transact.of the Association oftheKing's and Queen's Collège ofPhgsic. in Jreland, etc.

Gcoghcgan (Thomas-Gr.vce). Né vers le commencement du dix-neuvième siècle, reçu felloiv du Collège royal des chirurgiens d'Irlande en 1850, docteur en médecine à l'Université de Glasgow en 1852, se fixa à DubUn et y devint successivement médecin du Sick Poor Institution, chirurgien du City Hospital et de l'hôpital des Incurables, et protesseur de médecine légale au Collège royal des chirurgiens. Gcoghegan était membre honoraire de la Société d'histoire naturelle de Montréal et membre de la Société de chirurgie d'Irlande. Il mourut il y a une dizaine d'années, laissant :

I. On Amputation ofthe Eoot. In Dublin Med. Press, 1847. — II. On Arsenical Poisoning. In Dubl. Quart. Journ. of Med. Sci., 1851 elArch. gen. de méd., 4» sér., t. XXYI, p. 220, 1851. — m. On Sudden Death from Obstruction ofthe Windpipe. In Med. Press, t. XIV. — IV. Nombreux articles dans Dublin Q. Journal, Dubl. Med. Press, London Med. Gazette, Liebig's Annalen der Pharmacie. L. Hn.

GÉOGi.O§»SE (Geo^/ossMm Pers.). Les Champignons-Ascomycètes qui composent ce genre de la famille des Ilelvellacées sont caractérisés par leur réceptacle comprimé, allongé en forme de langue ou de massue ovoïde et coiffant le sommet du stipe auquel il est soudé par toute sa face inférieure. Les spores, oblongues ou subfusiformes, sont brunes et composées de plusieurs articles.

Ces champignons vivent solitaires ou réunis en groupes sur la terre dans les prairies et les bois humides ou dans les marais tourbeux à sphagnums. On en connaît une quinzaine d'espèces dont les principales, G. viscosuin Pers., G. viride Sch. et G. hirsutum Pers., se rencontrent assez communément en Europe; le G. hirsutum Pers. a été trouvé également à Java et aux îles Mascareignes»

Ed. Lefèvre.

Page 1