‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.43Chapitre 58 sur 61 · GENTILE DA FOLIGNO · texte numérisé non relu

GENTILE DA FOLIGNO

de ces quatre Iie'ros était mort : Mazct avait succombé sur la brèche! Ce fut une douleur iutlescriptiLle pour Parisct, qui écrivit alors ù sa femme ea lui apprenant la mort de son mari : J'aurais voulu mourir. » F. Hn.

c;E:\'riLE da foligivo. En latin Gentilh Fnkjinm ou Fulgineus, a joui d'une grande célébrité dans la première moitié du quatorzième siècle. Il était né vers la fm du treizième siècle à Foligno, dans l'Ombrie. Son père (1250-1310) était médecin à Bologne. Sa vie n'est pas bien connue : on sait cependant qu'il étudia la médecine sous Taddeo, qu'il fut professeur à Bologne, puis à Pérouse, qu'enfin il fut appelé à Padoue, auprès d'Ubertino de Carrare, gouverneur de cette ville, qui le prit pour médecin et où il enseigna la médecine de 1337 à 1345. Comme, parait-il, le besoin de médecins instruits se faisait sentir en Italie à cette époque, Gentilis conseilla à Ubertino d'envoyer à Paris douze jeunes gens pour y faire leurs études.

Gentilis passe encore pour avoir été médecin du pape Jean XXII (1316-135'i], mais cela ne paraît pas certain (Marini, Archiatri pontif., I, 56). Il mourut le 18 juin 1348 à Pérouse, des atteintes de la terrible peste qui régnait alors, et son corps fut rapporté à Foligno, dans l'église des Ermites. II succomba, dit son disciple Francesco da Foligno, aux fatigues de sa profession {ex nimin infivmonim re(juisilione) ; on ne sait pas au juste l'âge qu'il avait alors. Alidosi pense qu'il avait quatre-vingts ans, mais il ne doime pas la date de sa naissance.

On raconte de Gentilis qu'il éprouvait une si profonde vénération pour Pierre d'Albano qu'en entrant dans l'amphithéâtre où professait ce savant maître il flécliit les genoux et s'écria : Ave temphtm $.nnctiim!

Gentilis da Foligno n"a-t-il pas été confondu par certains auteurs avec un certain Gentilis de Florence.

Est-ce ce dernier que l'on aurait appelé l'âme d'Avicenne {anima Avicennœ) ? Linden et Sarli parlent de ce Gentilis de Florence qui aurait été également disciple de Taddeo à Bologne et le nomment Gentilis de Ciagulo (de Cingoli dans la marche d'Ancône) ; il était en 1295 docteur en logique à Bologne. Est-ce à lui qu'il faut attribuer une exposition sur un traité de chirurgie d'Avicenne? Ce Gentilis de Cingoli, à coup sûr philosophe, était-il même médecin? Tout cela, dit Henschel, est fort douteux, et nous ajouterons fort peu important. Disons' seulement que Puccinotti (t. II, p. cxxxiii) a prouvé qu'il est l'auteur d'un ouvrage intitulé : De generatione animœ.

Gentile de Foligno s'était beaucoup occupé de botanique et de l'art de préparer les médicaments et de les combiner ensemble avec une certaine indépendance à l'éo^ard des anciens encore bien rare à cette époque (Renzi). Il paraît aussi avoir possédé quelques connaissances anatomiqucs, du moins cherche-t-il à éclairer les questions physiologiques à l'aide de l'anatomie. Dans ses nombreux écrits, il se montre partisan de la médecine des Arabes ; toute sa pathologie repose sur la qualité et la quantité des humeurs, sur les altérations des esprits animaux car, par une sorte de syncrétisme, il mêle la doctrine humorale au pneumatisme. Les maladies sont décrites, suivant l'usage ancien encore adopté aujourd'hui par beaucoup d'auteurs, à capite ad calcem. A l'exemple de Mondini, il appelle animatrici les organes contenus dans la tête, spirituali ceux de la poitrine, et nutritivi ceux de l'abdomen. Dans l'examen des moyens hygiéniques qu'il oppose aux maladies, il se montre très-judicieux et véritablement supérieur à ses contemporains, et il met en avant quelques faits et des réflexions

718 GENTIOPICRIN.

qui ne sont pas sans valeur. Ses remarques sur les maladies du cerveau, sur l'apoplexie, méritent d'être signalées. Notre auteur regardait la peste comme résultant d'une corruption du sang dans le cœur et les poumons, ce qui, au total, valait bien l'influence des astres admise par ses contemporains.

On peut regarder Gentile de Foligno comme devant être compté parmi les chirurgiens de ce siècle, car il a écrit quelques ouvrages particuliers sur la chirurgie, sur les hernies, des commentaires sur les fractures et les luxations d'après Avicenne. C'est cet ouvrage qui a été attribué à Gentile de Florence, et ({ue Henschel et Renzi rapportent à celui de Foligno, pensant qu'il y eut erreur de la part des imprimeurs dans le titre de l'ouvrage.

Voici ce qui nous reste de Gentile de Foligno :

I. Exposiliones cum tcxlu i4y2ce««<E. Venetiis, 1484, in-fol; \\Aà., 148(i, in-folio; ibid., 1492, in-fol., iljjd., 1520, in-fol., etc. — II. Consilia j)eregregia ad qxtcevis morboriim tolius corporis gênera ; ejuadein Iractatus de hernia, etc. Paru d'abord s. 1. et a. in-lol., puis: Papise, 1492, in-fol.; Venet., 1503, in-fol. —III. De febrihus. InCollect. Venet., 1526, in-fol. — IV. De lepra traclalus (cum Dini de Garbo chirurgia). Venet., 155G, in-fol. — V. Tractatus de Balneis. Imprimé par Jean de Reno; 1475, in-4''. — VI. Deproportionibus medicinarum et de modo investigandi, etc. Patavii, 1550, in-S» ; ibid., 1579, in-4°. — VII. Quœstiones et Iractatux exlravarjantes iioviter cum summo labore collecli. Venet.. 1520, in-fol. — VIII. Expos/lto cum commenio jEgidii, Monachi Benedictini, libriBe judiciis urlnarumet libri De pulsibus. Lib. I. Venet., 1 'i94, in-4°. Lugduni, 1505, in-8». — IX, Sur un ouvrage inédit de Gentile, De cordé, voy. Puccinotti, II, p. cxxxviir. — Voy. encore Gids. Girolamo. Sopra Gentile da Foligno, medico ilmiredel Secolo XIV. Napoli, 1844, in-8''. L. Un.

GEIVTILE (Francesco). Docteur en médecine et en philosophie, successivement médecin de l'ambassade prussienne à Constantinople, puis de larméc française à Nice, se fixa finalement à Naples et y devint médecin en cliei' et directeur du service sanitaire à l'hôpital militaire délia Cristalliera et premier médecin de l'hôpital général de la Trinité. Il vivait encore vers 18io. Nous connaissons de lui :

I. Description succincte historique, physique et pratique de la cure de quelques pestiférés. Nice (1800) in-8°. — II. Sul colera asiaiico ciirato nello spedale mililare delta Cristalliera di Isapoli, memoria. Napoli, 1837, in-8°. L. H.n.

GE!KTiOGÉ:\ix. Voy. Gentiopicrin.

GEKTlOPlCRliV. Principe amer de la racine de gentiane, désigné par Mérat et Delens sous le nom degentianéine, c'est l'Ew^ia/i^'zYter des auteurs allemands. Il a été obtenu pour la première fois à l'étal de pureté par Kromayer et Ludwig (Kromdiyer, Die Bitterstoffe. Erlangen, 1861,et in i/r/i. der Pharm,,'2. Reihe, Bd. GX, p. 27. — Ludwig u. Kromayer, in Chemisches Centralbl., 1863, p. 15). C'est un glycoside ayant pour composition C-^IP^O'^.

Préparation. Pour le préparer on épuise la racine fraîche de gentiane par l'alcool, puis on délaye l'extrait dans trois parties d'eau et on traite le mélange par du noir animal granulé, qui absorbe le gentiopicrin. On épuise ensuite le charbon au moyen de l'alcool à 80 degrés, on filtre, on évapore et on reprend le résidu par de l'eau. La solution est décolorée par l'acétate de plomb, l'excès de plomb est enlevé par l'hydrogène sulfuré, puis la liqueur filtrée est évaporée à consistance sirupeuse ; on agite avec de l'éther ; la masse abandonnée à elle-même se prend en cristaux, qu'on décolore par cristallisations répétées dans l'eau et en les traitant par le noir animal. Un kilogramme de racines donne environ 1 à 1,2 de gentiopicrin.

GE.NTISIN (ciiiM-u:). 719

Propriétés. Le principe amer de la gentiane se présente sous forme de cristaux incolores, extrêmement amers, neutres aux réactifs, très-solubles dans l'eau et dans l'alcool laible, insolubles dans l'ctlier, efflorescents à l'air et perdant une molécule et demie d'eau à 100 degrés. L'acide sulfurique hydraté colore le gentiopicrin en carmin; il se dissout dans la potasse et la souile ainsi que dans l'ammoniaque chaude avec développement d'une coloration jaune ; eu le chauffant, il se décompose. Le gentiopicrin réduit la solution ammoniacale d'argent, mais laisse la solution alcaline de cuivre intacte. La levure de bière est sans action sur lui.

En chauffant le gentiopicrio avec les acides sulfurique et chlorhydrique étendus ou en le traitant par l'acide oxalique ou l'acide acétique, il se dédouble en gentiogénin et en glycosc Jermentescible :

G20IIÔ0Q12 ^ C'^H'^O^ + Il-'O + C^li'^O^

Genliopicriii. Genlioyéuiu. GlycosD

Le gentiogénin constitue une poudre amorphe, jaune brun, iualtérable à l'air, neutre aux réactifs, peu soluble dans l'eau froide, très-solublc dans l'alcool et l'éther alcoolisé ; avec l'eau bouillante, il forme une masse résiiioïde. Le gentiogénin réduit aisément lu solutiou auimoniacale d'argent. Eu le chauffant avec du zinc en poudre, on obtient non de l'anthracène, mais divers autres hydrocarbures de la série aromatique.

Introduit dans l'organisme, le gentiopicrin est éliminé par les sécrétions uriuaire etsudorale; il communique sa saveur amère aux liquides organiques (Arnemann). Pour son emploi thérapeutique, voi/. Gentisin. L. Un.

«EA'TIOTAI^IVIQL'E (Acide). Voy. Genïiane.

GE\'Tlsi:v. g 1. Chimie. Substance cristallisable, retirée de la racine <le gentiane pour la première fois par Henry et Caventou (Journ. de pharm., t. VII, p. 175), <jui lui donnèrent le nom àe gentianin. Le produit obtenu par ces chimistes présentait une saveur araère, parce qu'il n'était pas pur; c'était probablement un mélange de gentiopicrin et de gentisin, qui renfermait peutêtre même en petite quantité le principe tannique particulier de la gentiane, Y acide gentiotannique [vog. Gentiane), que Ville a découvert dans la racine de gentiane; l'acide gentiotannique n'était pas connu de Fehling quand il rédigeait l'article Gentiana de la dernière édition de son Dictionnaire de chimie (1879). Le gentisin pur, obtenu par Ti'ommsdorf (inna/. d. Chim.u. Pharm., Bd. XXI, p. 134) et par Leconte (ibid., Bd. XXV, p. 200), constitue simplement une matière colorante, dépourvue de toute amertume. Baumert {Annal, d. Chem. u. Pharm., Bd. LXll, p. 106, et Journ. de pharm. t. XXIV, p. 638) a fait voir que le gentisin est un acide faible répondant à la formule G'^H'^O^ et lui a donné le nom d'acide gentianique sous lequel on le désigne quelquefois ainsi que sous celui à'acide gentisicjue, qui n'a pas prévalu. Hlasiwetz et Habermaini ont récemment repris l'étude de ce corps {Annal, d. Chem. ii. Pharm., Bd. CLXW, p. 62; lîd. CLXXX, p. 543, oi7) et lui ont assigné pour formule rationnelle :

cm'

Préparation. On pulvérise la racine de gentiane desséchée et on la traite par de l'eau froide pour lui enlever le principe amer ; quand l'action de l'eau

720 GENTISIN (chimie).

est terminée, ou sèche de nouveau la racine, puis on l'épuise par l'alcool fort. On distille et on traite par l'eau l'extrait alcoolique obtenu sous une masse amorphe; il se sépare des flocons brun clair de gentisin. On le purifie en le faisant cristalliser ù plusieurs rejjrises dans l'alcool, jusqu'à ce qu'il ait perdu toute saveur amère.

Trommsdorf épuise la poudre desséchée par l'éther, concentre par évaporation et traite le résidu par de l'alcool fort; on distille et on obtient des cristaux de gentisin im))ur, qu'on lave avec de l'éther et de l'alcool ; puis on fait cristalliser dans l'alcool bouillant. Par ce procédé, 1 à 2 kilogrammes de racine de gentiane fournissent environ 1 gramme de gentisin. Ajoutons que les petites espèces alpines, le Gentiana acaulis entre autres, renferment plus de gentisin et de ifenliopicrin que le Gentiana liitea, dont on les extrait habituellement.

Propriétés. Le gentisin cristallise en aiguilles fines, jaune clair, sans odeur et sans saveur, inaltérables à l'air. Il est très-peu soluble dans l'eau; 1 partie de gentisin exige environ 5000 ]>arties d'eau froide et 3850 parties d'eau chaude pour se dissoudre. L'éther le dissout un peu mieux (l/:2000) ; l'alcool froid le dissout encore assez difficilement (1/500); c'est dans l'alcool bouillant qu'il est le plus soluble (l/G'i). En revanche, le gentisin se dissout aisément dans les alcalis étendus: les acides le précipitent de nouveau à l'état cristallin.

Les cristaux de gentisin peuvent être chauffés jusque vers 250 degrés sans se décomposer, mais entre 300 et 540 degrés une portion se volatilise et cristallise en aiguilles jaunes par la condensation, tandis que la plus grande partie de la masse se charbonne et se décompose en répandant une odeur particulière.

Les acides chlorhydrique, acétique et sulfurique n'attaquent pas le gentisin; l'acide sulfurique étendu ne l'altère même pas à l'ébullition; ce même acide concentré le dissout à froid sans altération en prenant une couleur jaune. En faisant agir sur le gentisin à la fois du cliromale de potasse et de l'acide sulfurique étendu, à chaud, on obtient de l'acide carbonique et de l'acide formique. 11 réduit les sels d'argent.

Le gentisin se dissout dans l'acide nitrique d'une densité de 1,45, exempt de vapeui's nitreuses; en traitant par l'eau la solution vert foncé obtenue, une poudre verte cristalline se dépose et le liquide qui surnage devient jaune. Baumert considère cette poudre comme un acide nitré, l'acide nitrogentianique ou dinitrogentisin, C^4P(Az0^)-0MP0, qui perd à 100 degrés son eau de cristallisation et au contact de l'ammoniaque et des alcalis prend une coloration rouge cerise; dans cet état, il se dissout aisément dans l'eau à laquelle il communique sa coloration. Lorsqu'on fait dissoudre du gentisin dans l'acide nitrique fumant, on obtient du trinitrogentiain, C'*ir(AzO-)^0^, qui, par addition d'eau, forme un dépôt jaune pulvérulent et cristallin. On le purifie par des lavages à l'eau bouillante.

La dissolution alcoolique de gentisin, soumise à un courant de chlore, est décomposée avec formation de produits chlorés flococonneux jaune clair.

En présence de l'amalgame de sodium, la solution de gentisin est colorée tout d'abord en jaune ronge, puis en vert et en brun rouge et finalement se décolore; en traitant par l'acide sulfurique étendu, il se précipite un corps rouge amorphe ayant pour composition C'Hl^^O*, soluble dans l'alcool, soluble dans l'ammoniaque qu'il colore en rouge; les acides le précipitent de ces solutions.

Lorsqu'on fait chauffer le gentisin'avec du chlorure d'acétyle, on obtient un produit de substitution, hgentisin diacétylé, C''*lP(C-ir'0)-0'. Ce corps, fondu avec

GENTISIN (KMPLoi mkuigxl). "21

de la potasse, donne de la plilorogliicine, de l'acide acétique et un acide, C'fW, auquel Hlasiwetz et llabermann donnèrent d'abord le nom d'acide gentisique, mais qu'ils reconnurent bientôt comme identique à Vacille o.rysahjcilique. Par la cbaleur cet acide se décompose en acide carbonique et en acide pyrogentisique, C*H®0', identique à Vhydroquinone.

Le genlisin est neutre, mais susceptible néanmoins de s'unir aux bases pour former des combinaisons incristallisables, dont la composition n'est pas constante et qui sont plus solubles dans l'eau que le gcntisin lui-même. Citons entre autres le sel de potasse rC^iPO^.K + H-0, cristallisé en aiguilles dorées groupées en étoile et ne perdant leur eau de cristallisation que de 180 à 200 degrés. Le sel de soudeCIPO^.Na-hll-O, se comporte d'une façon analogue. On prépare ces deux sels en mélangeant une solution alcoolique de gcntisin avec une solution aqueuse de carbonate de potasse ou de soude; on évapore à siccité et on reprend par l'alcool à 90 degrés ; d'après Baumert il se forme en outre des sels acides, tels que: CnPOMvH- C'4Ii«0^-{-ITO et C'4P(J^Na-^C'41'»0^-t-H^0, etc. Le sel de baryte se prépare d'une manière analogue et a pour formule : C'*fPO'.Ba H-IFO; le sel de plomb, C^'4r°0®.Pb + PbO, s'oblient en ajoutant à la solution alcoolique de gentisin du sucre de Saturne et un peu d'ammoniaque; il est en flocons jaune rougeâtre. Enfin la solution alcoolique de gentisin donne avec les sels de fer un précipité brun rouge, avec les sels de cuivre un précipité vert.

§ 11. Emploi médical. Les essais qui ont été tentés jusqu'à présent n'ont guère porté que sur le produit impur désigné sous le nom de gentianin.

Ce dernier a été jadis expérimenté par Magendie, qui l'a employé en injections veineuses sur les chiens, à la dose de plusieurs grains. 11 ne lui a reconnu aucune propriété toxique. En ayant pris lui-même deux grains dissous dans de l'alcool, il n'a éprouvé qu'une amertume extrême et un léger sentiment de chaleur dans l'estomac (F. Magendie, Formulaire pour la préparation et l'emploi de plusieurs nouveaux médicaments. Paris, 1822, p. 80). Cette sensation de chaleur épigastrique dépendait sans doute plutôt de l'alcool que du gentianin et cet essai n'avait rien de significatif.

Le même auteur a employé la solution alcoolique de gentianin (1/96) et le sirop de gentianin (1/500) dans la scrofule et les dyspepsies; mais il y aurait lieu d'attribuer au gentiopicrin plutôt qu'au gentisin, qui est une simple matière colorante, les effets obtenus dans ces affections. La même remarque s'applique à la plupart des faits que nous allons énumérer.

Bavàûey {Hospital Facts and Obsen'ations, London, 1829) préconisait ses pilules de gentianin contre les dyspepsies accompagnées d'irritabilité de l'estomac. De Koning {Letterhode, 1856) le premier employa le gentianin, préparé comme celui de Magendie, à titre d'antipériodique et crut y avoir trouvé un succédané du quinquina. Mais peu après, de Pool (De gentianino, Tiajecti ad Rhenum, 1857) obtint, dans le traitement des fièvres intermittentes par cet agent thérapeutique, des résultats absolument négatifs; le produit qu'il employait était du gentiopicrin presque pur. Lange {Deutsche Klinik, 1851, n° 56) fit de nouvelles expériences, mais sans grand succès ; ce n'est que dans des cas trèsrares qu'il réussit à couper les accès de fièvre avec des doses de 2 grammes de oentianin. Enfin, vers la même époque, Kûchenmeister {Versuche mil Gentianinum impurum et non crystallisatiim, in Archiv fur physiol. Heilkunde, Bd. X, p. 106, 1851) publia les résultats suivants : 1" le gentianin agit sur la rate aussi

DICT. ENC. 4' s. Vîî. i6

722 GÉORDELLE.

efficacement, sinon plus, que la quinine ; 2° son action est aussi rapide que celle de la quinine, contrairement aux assertions de Piorry. Il suffuait de l'administrer à la dose de 1 à 2 grammes deux fois par jour. Ainsi le gentianin se trouvait élevé au rang des succédanés les plus précieux de la quinine !

Cazin adopta les idées âc Kiichenmeister; voici ce qu'il dit à ce sujet dans son Traité des plantes médicinales, P édit. , p. 477 : « L'addition de tannin au gentianin, dans la proportion de 1 partie pour 2 parties de ce dernier, constitue un mélange plus actif et qui m'a réussi tout récemment dans un cas de fièvre intermittente quotidienne datant de deux mois avec engorgement de la rate chez un sujet qui précédemment avait été atteint de fièvre tierce coupée avec le sulfate de quinine, dont on avait trop tôt cessé l'usage. Le mélange de 1 gramme de gentianin et de 50 centigrammes de tannin, donné deux fois dans l'intervalle des accès, a suffi pour les faire disparaître dans l'espace de quatre jours. L'usage de ce fébrifuge a été continué à la même dose, deux fois par semaine, pendant un mois, pour prévenir la rechute. »

Malheureusement Âug. et Théod. Husemann {Pflanzenstoffe, 1871, p. 875) nous apprennent que, depuis la publication de son mémoire, Kiichenmeister est revenu de ses idées sur l'efficacité du gentianin comme antipyrétique et en a proclamé l'inexactitude. Nous sommes en effet disposé à croire que le gentianin, pas plus qu'une foule d'autres substances amères prônées comme tels, ne constitue un succédané sérieux et efficace du quinquina. Le gentiopicrin agit simplement comme amer, et le gentisin est dépourvu de propriétés physiologiques; ce dernier, administré par Baumert même à la dose de plusieurs grammes, est resté absolument inerte ; ces faits ont été confirmés ultérieurement par Leconte. Du reste, ces produits fussent-ils actifs, que leur prix de revient élevé serait encore un obstacle à leur emploi.

Nous pensons dès lorsqu'il faut se borner à employer le gentianin ou plutôt le gentiopicrin dans les mêmes cas que la gentiane. « J'ai souvent administré, dit Cazin, dans ma pratique urbaine, le sirop de gentianin contre l'helminthiase chez les enfants et comme tonique chez les sujets lymphatiques, pour combattre la tendance scrofuleiise. »

La dose de gentianin est généralement de 10 à 20 centigrammes en pilules ou dans un véhicule approprié. On peut donner en potion 2 à 8 grammes de teinture (1 sur 100 d'alcool à 24 degrés), ou 50 à 60 grammes de sirop (1 sur 500) seul ou en potion. Cependant, d'après'Théod. Husemann {Handb. der gesanimt. Arzneinnttellehre,[S15, Bd. II), le principe actif de la gentiane, pris à des doses trop élevées, peut occasionner des troubles de la digestion et, chez les personnes « sensibles », des phénomènes congestifs et de la céphidalgie. L. Hn.

GEXTIfSIQUE (Acide). Voy. GentisIN.

CÉOBDELLE. Sous le nom de Geobdella, de Blainville a décrit, en 1821, un genre d'Annélides que, dix ans auparavant, Dutrochct avait appelé Trochetia. Ce genre appartient à la sous-classe des Hirudinées et à la famille des Gnalhobdellides. Il a pour type le Trochetia subviridisDutr. {Geobdella Trocheti de Blainv.), petite sangsue qu'on trouve en France et en Algérie, dans les lieux humides et dans les canaux souterrains, d'où elle sort, la nuit, pour faire la chasse aux Lombrics; elle est figurée dans Gervais et van Beneden [Zoolog. médic, t. II, p. 188, fig. 144 à 147). Le corps, formé d'un nombre considé-

GÉOCORISES. 725

fable d'articles peu distincts, est subcylindrique en avant, un peu déprimé et élargi en arrière; il est de couleur verte en dessus, jaunâtre en dessous. Sa partie antérieure présente une ouverture transverse assez grande, bordée par ■deux lèvres, dont la supérieure, obtuse, déborde de beaucoup l'inférieure; mais il n'y a pas à proprement parler de ventouse. La bouche, située au fond de cette ouverture, est pourvue de trois mâchoires très-petites, très-comprimées, tranchantes et sans denticules. Les yeux sont au nombre de huit. L'extrémité postérieure du corps se termine par une petite ventouse placée obliquement et par un anus très-grand et semi-lunaire. L'espace où s'ouvrent les orifices de l'appareil de la génération forme un anneau circulaire assez prononcé. Ed. L.

UÉocÉRi\E. G*»H'''0-. Matière cireuse, neutre, isomère avec l'acide géocérinique, retirée par Brùckner de la lignite de Gerstewitz.près de Weissenfels, en Saxe, en même temps que ce dernier. La géocériue est fusible à 80" et se dépose en gelée par le refroidissement de sa solution alcoolique. L. Ih.

(iÉocÉRli\iiQllE (Acîtic). C-»H^«0^ Substanceblanche,Iamellcusc, soluble dans l'alcool bouillant, d'où elle se dépose par le refroidissement à l'état d'une masse gélatineuse, fusible à 82" (Brùckner, Journ. fur prakt. Chemie, Bd. LVII, p. 1, elJouni. de pharm., 0"= sér., t. XXIII, p. oDi).

L'acide géocérinique est l'homologue supérieur de l'acide cérotique, C*'IPO^ On l'extrait de la lignite, en traitant la décoction alcoolique de cette dernière substance par la potasse ; on précipite ensuite la combinaison alcaline de l'acide géocérinique par du chlorure de baryum et l'on décompose le sel barytiquc par l'acide acétique.

On peut encore le préparer en traitant à l'ébullilion, par une solution alcoolique bouillante d'acétate de plomb, la liqueur alcoolique d'où s'est déposée la géomyricine; on lave le précipité à l'alcool bouillant et à l'éther, puis on décompose par l'acide acétique. Les eaux mères du précipité plombique renferment aussi de la géocériue. L. Un.

GÉOCÊKIXOI^E. C"H''"0. L'un des produits solides de la distillation sèche de la lignite. L'alcool bouillant la dissout et la laisse déposer par refroidissement en une masse cristalline, constituée par des tables hexagonales minoscopiques, fusibles à 50", inattaquables par la potasse. Brùckner considère la géocérinone comme l'acétone de l'acide géocérinique. L. Hi\.

GÉOCORISES. Pris dans leur ensemble, les Insectes-Hémiptères désignés sous le nom de Géocorises constituent la plus importante des deux sections établies par l'illustre Latreille dans le groupe des Hétéroptères. Cette section, qui comprend les Rhinostomes et les Zoadelges de Duméril, et correspond aux Heteroptera gymnocerata de Fieber, est caractérisée ainsi qu'il suit : antennes libres, saillantes, de grandeur moyenne, formées de 4 ou de 5 articles et insérées entre les yeux près de leur bord interne; rostre le plus souvent allongé; tarses de 3 articles.

Ainsi que leur nom l'indique, les Géocorises sont les Punaises terrestres; quelques-unes cependant marchent et courent sur l'eau avec une grande rapidité. Beaucoup répandent une odeur infecte et pénétrante, bien connue sous le nom d'odeur de punaise, due à la sécrétion d'une glande particulière située soil

724 GÉOCORISES.

dans le mésothoiax, soil dans le métalliorax, et qui, dans certains cas, s'ouvre entre les pattes postérieures. On en connaît un nombre assez considérable d'espèces réparties dans une quinzaine de familles, dont voici les principales : 1» Pentatomides. Les Géocorises qui composent cette famille sont celles auxquelles s'applique plus particulièrement la dénomination de Punaises des bois. Toutes]sont phytophages et se rencontrent sur les végétaux, souvent réunies en grand nombre ; les femelles déposent ordinairement leurs œufs par plaques sur les feuilles. Ces punaises se reconnaissent facilement à leur corps large, ovale ou arrondi, pourvu d'un écusson énorme. Les bords de la tête, aigus et tranchants, cachent l'insertion des antennes; celles-ci sont formées de 5 articles. On distingue dans celte famille deux types principaux : les Scutellérites, chez lesquels l'écusson. de forme oblongue, recouvre presque entièrement l'abdomen, et les Pentatomites, chez lesquels l'écusson, triangulaire, ne recouvre qu'une partie de l'abdomen, mais s'étend toujours au delà du milieu de cet organe.

Les Scutellérites, répandus surtout dans les régions chaudes de l'ancien monde, sont souvent parés des couleurs métalliques les plus éclatantes. Ils ne sont représentés en Euiope que par un petit nombre d'espèces qui habitent principalement les régions méridionales. Tels sont notamment les Psacasta exanthematica Scop., Ennjgaster maura L,, Eurygaster hottentota Fab., Odontoscelis fiiliqinosa L., Graphosonia semipunctatum L. et Graphosoma Uneatum L.; ces deux dernières espèces sont d'un beau rouge sanguin avec des lignes longitudinales noires.

Les Pentatomites y beaucoup plus nombreux en Europe que les Scutellérites, se divisent en deux groupes : 1' les Gijdniens (Genres : Corimelœna Whit., Cydnus Fab., Brachypelta Am. Serv., Sehirus Ani. Serv. , Ochetosthelus Fieb,,etc.), vivant à terre dans les terrains sablonneux et sur les plages mai'itimes, où ils se cachent pendant le jour au pied des plantes ou dans les débris de matières animales, et remarquables par leurs tibias épineux, dont les antérieurs sont comprimés ou plus ou moins élargis à l'extrémité; 2" les Pentatomiens (Genres : S'c/ocom Fall., Doryderes Spin., jElia Fa.b., Eysarcoris Ihhn, Palomena Muls., Peribalus Muls., Holcostethus Fieb., Carpocoris Kolen., Pentatema Oliv., Piezodorus Fieb., Tropicoris Hahn, Strachia Hahn, Cyphostethus Fieb., Zicrona Am. Serv., etc.), qui ont les tibias inermes et qui vivent sur les végétaux. Leur vol est assez rapide et de courte durée. Quand ils sont au repos, leurs antennes sont presque constamment en mouvement. Comme types principaux, il convient de mentionner surtout : ïjElia acuminata L., très-commun en été sur les Graminées; le Palomena viridissima Pod., ou Punaise verte de Geoffroy; le Carpocoris baccanun L., remarquable par son prothorax à angles latéraux aigus, relevés et débordant les élytres; le Pentatoma juniperina L., espèce entièrement d'un vert tendre avec la pointe de l'écusson d'un blanc livide; le Tropicoris rufipes L., qui vit sur divers arbres et arbustes; le Rhaphigaster griseusYah. {Pentatoma griseaLâtv.) ou Punaise grise; le Zicrona cœrulea L., au corps ovalaire, peu convexe, entièrement d'un bleu verdàtre luisant; enfin les Strachia or nata h. , ei Str. oleracea L. , très-communs sur différentes Crucifères, et qui, par leur apparition en grand nombre sur les jeunes plants de choux, commettent, dans les potagers, des dégâts parfois considérables.

2 CoRÉiDEs. Essentiellement phytophages, les Coréides se reconnaissent à leurs antennes insérées au-devant des yeux et formées de 4 articles, dont le le dernier est cylindrique'[et réti'éci en pointe à son extrémité. Le front est

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toujours pourvu d'ocelles, Técusson ne dépasse par le milieu de l'abdomen, et les côtés latéraux de ce dernier organe sont plus ou moins relevés et élargis sarla moitié de leur longueur.

Cette famille a pour types principaux en Europe : le Syroniaster marçjinatus L.; lEnoplops scapha Fab. ou Punaise à ailerons de Geoffroy; le Verlusia rhombea L., dont la larve est hérissée de poils; le Coreus hirticomis Fab. ; le Cenlrocarenus spiniger Fab., espèce exclusivement méridionale, dont la tète est armée de deux rangées d'épines relevées; le Micrehjtra fossidarum V^osû-, le Camptopiis lateralis Germ. , aux cuisses postérieures renflées et munies en dessous de plusieurs épines; le Stenocephalus agilis Scop., commun sur différentes espèces d'Euphorbes; le Corizus parimipunctatus Schill. ; le Therapha hyoscyami L., qui vit sur la jusquiame, et que Geoffroy a dénommé la Punaise rouge à croix de chevalier; enfin le Phyllomorpha laciniata Will., espèce des contrées méridionales, nettement caractérisée par le corps d'un brun clair, hérissé en dessus et en dessous d'épines blanchâtres, par le prothorax dilaté de chaque côté en un lobe épineux relevé, et par les côtés latéraux de l'abdomen foliacés, membraneux, largement dilatés et profondément divisés en lobes épineux.

3° Lyg^ides. Comme les Coréides, les Lygœides sont phytophages ; ils se tiennent habituellement sur les plantes en groupes plus ou moins nombreux et serrés les uns contre les autres. Leurs corps, ovalaire, plus ou moins allongé, est de eonsistance coriace. La tète, triangulaire, peu saillante et sans rebord en avant des yeux, porte des antennes quadriarticulées, filiformes ou très-légèrement épaissies au sommet ; le front est rarement dépourvu d'ocelles. Le prothorax est le plus ordinairement divisé en deux lobes par un sillon transversal; l'écusson est petit el triangulaire, et les ongles des tarses sont souvent accompagnés de deux pelotes.

Assez nombreux en Europe, les Lygœides se répartissent dans une soixantaine de genres, dont les trois principaux sont : Lygœus Fabr., Geocoris Fall., et Pyrrhocoris Fall. Dans le premier, qui a pour types les Lygœus venuslus Bœb., L.eqiœstris L., L. militaris Fab. et L. sazatilis Scop., la partie membraneuse des élytres est parcourue seulement par 4 ou o nervures longitudinales ; le corps €st de couleur noire ou rouge avec des espaces d'un rouge vif rehaussés de taches ou de points noirs. Les Geocoris, au contraire (G. grylloides L., G. aterFah., etc.) ont la tête grande, les yeux très-saillants et la partie membraneuse des élytres dépourvue de nervures. Enfin, dans les Pyrrhocoris, les ocelles manquent et la membrane des élytres offre 2 cellules et environ 8 nervures longitudinales. L'espèce type, P. apterus L. {Astemma aplera Latr.), au corps noir varié de rouge, est très-commun en Europe ; il vit en sociétés nombreuses au pied des arbres et dans les fentes des murs exposés au soleil ; c'est la Punaise rouge des jardins de Geoffroy.

4° Tl^gitides. Les Géocorises qui composent cette famille sont toutes de trèspetite taille. Elles ont le corps déprimé, la tête souvent épineuse, le plus ordin;drement dépourvue d'ocelles, et les antennes quadriarticulées. Le rostre, Inarticulé, est logé dans un sillon profond, limité par des lames réticulées ; enfin les élytres, de consistance homogène, sont très-souvent pourvues, ainsi que le bord antérieur du prothorax, d'expansions membraneuses réticulées plus ou moins larges; les tarses sont formés de 2 articles. Cette fomille se divise en deux tribus : les Piesmides, qui ont l'écusson découvert et le front [lourvu d'ocelles, et les

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Tingitides vrais, chez lesquels les ocelles manquent et dont l'écusson est caché par un prolongement du prothorax. Ces dernières se répartissent principalement dans les trois genres : Tingis Fab., Eunjcera Lap. et Monanthia Am. Serv.

Les Tingitides sont surtout répandus dans les régions tempérées. L'Europe en possède un assez grand nombre d'espèces qui, toutes, vivent exclusivement sur les végétaux. Quelques-unes deviennent parfois très-nuisibles dans les localités oii elles se multiplient beaucoup. Tel est notamment le Tingis piri Fab., que Geoffroy a nommée la Punaise à fraise antique, et qui cause souvent de grands préjudices dans les vergers en criblant les feuilles des poiriers d'une multitude de petits trous. D'autres espèces, notamment VEnrycera clavicornis L. , déterminent, par leurs piqûres, des sortes de galles sur les feuilles des végétaux.

5" Capsides. De même que les Tingitides, les Capsides sont toutes de petite taille et appartiennent pour la plupart à la zone tempérée. Elles sont essentiellement phytophages. Leur corps est allongé, mou, avec la tête petite, triangulaire et dépourvue d'ocelles. Les antennes, généralement sétiformes, sont formées de 4 articles. Les élvtres nrésenten mférieurement un aD[jendice (ciineus) de forme vanaOïe, c leur portion membraneuse est pourvue ae deux cellules de grandeur inégale. Les tarses sont triarticulés.

Les espèces européennes, très-nombreuses, se i^épartissent principalement dans les genres : M iris Fab.; Megalocerœa Fieb.; Phijtocoris Fall. ; Calocoris Fieb. ; Lygiis Vieh.; Capsus Fah.; Rhopalotoma Fieb.; Orthocephaliis Fieb.; liocoris Fieb. ; Globiceps Lat. ; OrtJiotylus Fieb. ; Psalliis Fieb. ; Plagiognathus Fieb., etc. Les Miris lœvigatus L. , Megalocerœa erratica L., Calocoris marginella Fab., Lygus Kalmii L., Rhopalotomns ater L. , Globiceps flavonotatus Boh. , et Orthotylus nassatus Fab., sont particulièi-ement communs en France sur diverses espèces de plantes.

6" Anthocorides. Les représentants de cette famille ont le corps étroit et aplati, les antennes quadriarticulées, généralement épaissies vers l'extrémité, et le thorax pourvu d'un sillon dans lequel s'applique le rostre; celui-ci est formé seulement de deux articles. La partie membraneuse des élytres présente des nervures ; les ailes manquent souvent ; les tarses sont biarticulés et dépourvus de pelotes.

C'est à cette famille qu'appartient le genre Acanthia Fabr. {Cimex des anciens auteurs), qui, outre VA. lectularia L. ou Punaise des lits [voy. Punaise), renferme 1'^. ciliata Evers., espèce de la Russie orientale dont la piqûre est plus douloureuse que celle de VA. lectularia; VA. pipistrellœ Kolen qu'on rencontre en Suisse et en Allemagne; VA. rotundata Sign., observé à l'île Bourbon ; enfin les A. hirundinis Jen., et A. columbaria Jen., espèces européennes qui vivent, la première dans les nids d'hirondelles, la seconde dans les pigeonniers.

7° Réduvides. Beaucoup moins répandus en Europe que dans les régions chaudes du globe, les représentants de cette famille sont caractérisés ainsi qu'il suit : corps oblong, ou ovale oblong; tête libre, saillante, rétrécie inférieurement en une sorte de cou ; front le plus souvent pourvu d'ocelles ; antennes filiformes très-longues et quadriarticulées, à dernier article sétacé; rostre court, arqué et conique, formé de o articles; écusson petit, triangulaire; membrane des élytres avec 2 ou 3 cellules basales, émettant un plus ou moins grand nombre de nervures longitudinales; pattes robustes, assez allongées, terminées par des tarses courts, à 5 articles.

Les Réduvides se nourrissent d'insectes et d'arachnides. Dans quelques espèces

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les pattes antérieures sont ravisseuses. La plupart, à l'étal de larve et de nymphe, se recouvrent de poussière et d'ordures de toutes sortes afin de dissimuler leur présence et de pouvoir ainsi s'approcher facilement des insectes dont ils veulent s'emparer. Plusieurs, quand on les saisit, l'ont entendre une stridulation assez forte produite par le frottement du cou contre la paroi interne du prothorax. Tous piquent fortement, et leur piqûre est extrêmement douloureuse. Ils se divisent en quatre groupes principaux : Mes Nabides [Nabis lativentris Roli., N. férus L., N. riigosus L., etc.), caractérisés par le rostre prolongé au delà de l'extrémité du prosternum, par les cuisses antérieures fortes, parfois renflées, dirigées en avant, et par les tibias armés d'épines ; 2° les Réduvides proprement dits (Genres : Reduvius Fab., Coranus Curt., Ilarpactor Lap., Pirates Âm. Serv., etc.}, qui ont le rostre plus court que le prosternum {voy. Réduve) ; 5"= les Pf/golampides, chez lesquels le prosternum est armé, à chacun de ses angles antérieurs, d'une forte dent dirigée en avant, et qui ont pour espèce type le Pygolampis bidentata Fourc, ou punaise porte-épine de Geoffroy; 4» les Eme'sides, remarquables par leurs pattes antérieures ravisseuses dont les cuisses sont munies, en dessous, d'une ou de plusieurs épines, lis rappellent un peu, par leur configuration, les Orthoptères connus sous le nom de Mantes et, comme eux, tiennent constamment leurs pattes antérieures relevées, afin d'être toujours prêts à saisir les Mouches, les Cousins et autres Diptères dont ils font leur proie. Le Ploiaria vagabunda L., qui en est le type, se rencontre dans les bois, les greniers et quelquefois dans l'intérieur des habitations ; c'est la Punaise culiciforme de Geoffroy. Au repos, il vacille sur ses longues pattes en se balançant à la manière des Tipules; sa démarche est lente, mais il s'envole facilement.

8" Hydrométrides. La caractéristique des représentants de cette famille s'établi t de la manière suivante : corps plus ou moins allongé, oblong ou linéaire, couvert en dessous d'une pubescence soyeuse, argentée, très-dense et hydrofuge ; antennes quadriarticulées ; rostre formé de trois ou de quatre articles; tarses bi ou triarticulés; ongles généralement insérés avant l'extrémité du dernier article des tarses.

Essentiellement carnassiers, ces Hémiptères vivent pour la plupart à la surface de l'eau, où ils marchent et courent avec rapidité; à terre, ils ne peuvent exécuter que des sauts irréguliers et désordonnés. Quelques-uns, comme VHylobates sericeus Esch. virent à la surface de la mer dans les régions équatoriales. Les espèces européennes, peu nombreuses d'ailleurs, se répartissent principalement dans les genres Hydrometra Latr. {Limnobates Burm.), Velia Latr. et Gerris Fabr. [Hydrometra Fabr.), qui constituent les types d'autant de groupes distincts.

VHydrometra stagnorum L., ou Punaise aiguille de Geoffroy, seule espèce du genre, se rencontre communément sur le bord des mares et des étangs. Ses pattes, plutôt propres à la marche que pour la nage, ont des tarses à 5 articles dont le dernier est muni d'ongles apicaux; la tête, très-allongée, horizontale, subcylindrique, renflée en avant, porte, vers le milieu de sa longueur, deux yeux globuleux très-éloignés du bord antérieur du prolhorax.

Dans les Velia, au contraire, la tête est courte, inclinée, subtriangulaire, les yeux touchent le bord antérieur du prothorax, le rostre est triarticulé, et les pattes postérieures sont un peu plus longues que les antérieures.

Quant aux Gerris, ils ont également la tête courte et subtriangulaire, mais leur rostre est formé de 4 articles et les pattes intermédiaires et postérieures,

T28 GEOFFRÉE.

grêles, très-loiigjies et impropres à la marche, sont inse'récs sur les côtés du corps à une grande distance des pattes antérieures. Les G. paludum Fab., G. najas de Geer, et G. lacustris L., sont très-communs sur les rivières, les canaux, les mares et les étangs'; ils courent sur l'eau avec agilité au moyen de leurs pattes postérieures qui font l'office de rames. On les appelle indistinctement Araignées d'eau ou Arpenteurs aquatiques; leurs élytres, opaques, de consistance homogène, sont pourvues de fortes nervures longitudinales.

Ed. Lefèvre.

CEOFFRËE {Geoffrœa L.}. Geoffrot/a 1)C. Genre de plantes de la famille des Légumineuses, et du groupe des Papilionacées-Dalbergiées, qui a la plupart des caractères des Andira (voyez ce mot) et qui se distingue par un calice ù dents presque égales, ou les deux supérieures unies dans une plus grande étendue que les autres; dix étamines diadelphes, la vexillaire seule libre; un gynécè sessile ou brièvement stipité, avec des ovules peu nombreux et descendants dans l'ovaire ; un fruit drupacé et monospenne, analogue à celui des Andira, ovoïde, globuleux ou obovoïde. Les Geoffrées sont des arbres ou des arbustes de l'Amérique tropicale, à feuilles imparipennées, avec des folioles alternes ou subopposées, des stipelles rarement bien développées, des stipules aiguës ou acuminées, et des grappes simples ou fasciculées, axillaires ou terminales, dont les bractées sont caduques et dont les bractéoles sont très-petites ou même manquent totalement. Leurs corolles sont ordinairement jaunâtres et souvent fétides.

Beaucoup d' Andira ont été désignés dans la pratique sous le nom de Geoffrées. Le Geoffroya retusa Lamk est V Andira retiisa H. B. K. Le G. jamaicensis Mdrh. ou G. inermis Wright est VA. inermis H. B. K. (Voy. Andioa). Le G. spinomL. est VUniari des Brésiliens, dont la graine est vermifuge, astringente et se prescrit contre les contusions, les ruptures, de même que contre les affections de l'estomac. Dans les mêmes contrées, le G. superba H. B., vulgairement nommé Almendro, et le G. Bredemeyeri H. B., dont le nom indigène est Pasa de Rio-Negro, donnent un bois d'ébénisterie estimé. Le Bois Palmiste des Antilles est, d'après Guibourt {Drog. simpl.,éd. 7,111, o5!2), le WildCahbage-tree des Anglais et donne l'écorce de Geoffrée de la Jamaïque. C'est donc le G. jamaicensis de Murray. Celui-ci distingue deux écorces de Geoffrées de ce pays : l'une pâle, dangereuse, produisant des nausées, des tranchées, de la diarrhée; l'autre, employée par les médecins des îles de l'Amérique, plus foncée, grise ou rougeâtre à l'intérieur, à saveur mucilagineuse et insipide, à odeur désagréable et nauséuse. Pour Guibourt, l'écorce de Geoffrée de Surinam vient de Y Andira inermis; sa saveur est légèrement amère et astringente. Beaucoup de fausses écorces de Geoffrée se trouvaient autrefois dans le commerce ; elles sont aujourd'hui inusitées; de sorte que les travaux de Guibourt sur ce sujet demeurent actuellement lettre morte au point de vue de la pratique médicale. 11 est probable que les propriétés des Geoffrées sont analogues à celles des Angeliiis. Leurs écorces sont surtout appliquées par les médecins anglo-américains au trailement des helminthes intestinaux; elles sont toniques et fébrifuges. Le Geoffrœa racemosa Pom. est l'Angelin à grappes {Andira racemosa Lamk , de même que le G. Pisonia R.eusch.). H. Bn.

Bibliographie. — L. Gen.. n. 878. — Marcgr., Bras., 121. [Umari). — Exdl., Geiu, n. 6725. — DC, ProfJr., II, 476.— B. H., Gen., I, 551. — Rosexth., Syn. pi. diaphor., 1026, 1159. — H. Baili.on-. Hist. des pi.. II, 223, 52i, 581.

GEOFFROY (Les). 729

«EOFFRON (Jacques). Médecin français, né en 1661 à Saulieu, mort le 12 février 1716 à Blaisy-le-Haut, village situé non loin d'Âuxerre. Ce fut, paraît-il, un praticien distingué, et le duc d'Orléans le choisit pour son médecin. Papillon cite deux ouvrages de sa façon ; en voici les titres :

I. Uocliinapulsuum, Genevae, 1706, in-8°. — II. Traité de l'apoplexie. Dijon, 1716, in-I2.

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