‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.44Chapitre 23 sur 67 · GÉRARD DE SALERNE · texte numérisé non relu

GÉRARD DE SALERNE

incohérents ou de mauvais aloi, d'autre part notre notice ne nous paraît pas comporter cette disjonction. Elle porte qu'elle fut établie par des amis de Gérard, qui ne voulurent pas que d'impudents plagiaires lui enlevassent l'honneur de ses écrits (car telle était sa modestie qu'il négligeait de signer ses traductions) ; qu'ils en ont fait le recensement et qu'ils l'ont annexé au Tegni nouvellement traduit par lui, novissime ah eo transîati. Ce document, qui dut être rédigé peu de temps après la mort de Gérard, porte donc un cachet decompétence et d'authenticité que n'ont pas les documents contradictoires.

Nonobstant le zèle de ses amis, il paraît qu'ils ont oublié quelques pièces, car en dehors de ces traductions mentionnées dans la liste, et qui sont au nombre de 71, il en est d'autres qui portent le nom de Gérard de Crémone et que l'on s'accorde à lui attribuer. Nous citerons notamment la traduction de l'Optique ou Perspective d'Elhazen (Ebn el heitsam, l'homme le plus éminent peut-être entre tous les savants arabes), dont le Traité des crépuscules figure dans la liste des traductions de Gérard. D'autre part, la Chronique de Pipini porte le nombre des traductions à 76.

Gérard ne se borna pas à traduire, mais ses écrits ne sont pas de notre ressort. Nous dirons seulement qu'il en est quelques-uns du ressort de la médecine qui portent son nom dans quelques manuscrits, mais dont l'attribution est contestée. Ainsi des Commentaires sur le Viatique et une Summa medendi, qui doivent être l'eportés sur un autre Gérard.

Telles sont les traductions relatives à la médecine mentionnées par la liste susdite :

De physica. — Liber Galient de eleme?ilis, tracta/us I. — Expositiones Galieni super librum Ypocratis de regimine acutarum egriludinum, IHI- — Liber de sectis [Ms. de la Faculté' ; aliai de secreiis] Galieni, I. — Liber Galieni de comple.rionibus, IIII. — lÂber Galieni de maliiia complexionis diverse, I. — Liber Galieni de simplici medicina, V. — Liber Galieni de criticis diebus, III. — Liber Galieni de crisi, III. — Liber Galieni de exposilionelibri Ypocratis in proiiosticatione, III. — Liber veritatis Ypocratis, III {var. I). — lÀber Ysaac de démentis, IH. — Liber Ysaac de descriptione rerum el diffiiiitiouibus earum el de differeiitiu inter descriptionem et diffinitionem, l. — Liber Abubeeri Llasis qui dicitur Ahnansorius , I. — Liber Divisionum continens CLIIII capitula cum quibusdam confectionibus cjusdem. — Liber Abubeeri Rasis intrdductarius in medicina parvus. — Liber Albengucfiti medicinaruni siniplicium et ciborum. — Brcviarius Johannis Serapionis, VII. — Liber Azaragui de cirurgia, III. — Liber Jacobi Alkindi de gradibus, I. — Canon Aviceni, V. — Tegni Galieni cum expositione Ab {en) Rodoan. L.

GÉRARD DE SALERIVE. Beaucoup de médecins, au moyen âge, ont porté ce nom, et, pour ne citer que les principaux, nous trouvons d'abord Gérard de Crémone, le célèbre traducteur des Arabes, Gérard de Sabionetta, Gérard de Solo et Gérard Butuzius, Bututus, Bertutus ou Berturiensis (Gérard de Bei'ri). Il ne saurait être question ici des deux premiers dont l'histoire est bien connue surtout depuis les recherches du prince Balthazar Boncompagni {Délia vita e délie opère di Gerardo Cremon., etc., e di Gerardo di Sabbion, Roma, 1851). Cepedidant, notre savant collaborateur, M. Leclerc, est d'avis que ces deux Gérard ne font qu'un {voy. Gérard de Crémone).

Reste donc à distinguer les deux derniers : Gérard de Solo, professeur à Montpellier, dont la biographie a été donnée avec détails par Astruc, et Gérard Bututus qui, à la suite de Welsch, a été confondu par Astruc avec le précédent, mais qui, suivant Renzi, ne saurait être confondu avec lui. Il est certainement moins connu et peut-être plus ancien ; quelques personnes le croient au«si de

GÉRARD DE SOLO. o^M

Montpellier, mais c'est là une pure [supposition, et il paraît beaucoup plus probable qu'il était Salernitain, et que l'on attribue à tort ses ouvrages à Gérard de Solo. Il y a encore eu plusieurs médecins de ce nom, dont nous n'avons pas à nous occuper.

Qu'un Gérard de Salerne, ou du moins de cette école, y ait professé la médecine, cela est prouvé par un témoignage qui ne laisse place à aucun doute et qui fixe l'existence de ce personnage dans la dernière partie du douzième siècle. A la fin du livre des Maladies des femmes publié sous le nom de Trotula, je trouve dans une addition faite par un copiste la receLte d'une poudre contre la maladie des yeux qui aurait guéri maître Gérard : Ciijus probam senex expertus est, qui annis duodecim usus fuit specillis vitreis, ita quod grossas litteras sine ipsis videre nonpoterat ; sed postquam usus est hoc ipso pulvere, sola una quadragesima liheratus est; in tantum quod toto tempore vitse suce vidit et legit litteras minutissimas (in Wolphii Gynœc., p. 309, Basil., 1566, in-4''). Enfin Pierre d'Eboli parle de ce même Gérard comme ayant guéri en 1191 l'empereur Henry VI, lorsqu'il vint dans la Basse Italie réclamer les droits de sa femme Constance sur le royaume de Naples. On a voulu attribuer à Alcadino celte guérison, comme on lui a gratuitement accordé le poëme de ce même Pierre d'Eboli sur les bains de Pouzzoles, et cependant aucun historien contemporain ne parle de lui.

On a plusieurs ouvrages sous le nom de Gérard et cités par des auteurs des treizième et quinzième siècles. Aslruc n'a pas manqué de les rapporter à celui de Montpellier, mais, comme celui-ci vivait à la fin du treizième siècle, on ne peut pas lui faire honneur de citations provenant de personnages qui vivaient, loin de lui, soit à la même époque, soit même antérieurement. Ainsi Pierre de Crescence (1505) mentionne de lui un traité r/e modo medendi; Pierre d'Espagne, qui écrivit son Thésaurus pauperum au plus tard en 1275, parle de ce même Gérard et à plusieurs reprises, à propos d'un commentaire Super viaticum Constantini. Il est bien évident que de pareilles citations ne peuvent s'appliquer qu'à un auteur de la fin du douzième ou de la première partie du treizième siècle, et non à Gérard de Solo, qui professait à Montpellier à la fin de ce même treizième siècle suivant Astruc, et même beaucoup plus tard, au commencement du quinzième siècle suivant Ranchin,

Quant aux autres ouvrages rapportés également par Astruc à son Gérard de Solo et intitulés : 1" Introductorium juvenum, seu de regimine corporis humani in morhis, scilicet consimili, officiali et communi; — 2° Libellus de fehrihus; — o" Tractatus de gradibus medicinœ, et à divers autres ouvrages demeurés manuscrits, à qui faut-il les rapporter? Ce qui est certain, c'est que le premier de ces ouvrages était d'un usage courant dès le quatorzième siècle, ce que prouvent les nombreux manuscrits qui en existent. L. Hn.

GÉRARD DE §tOLO. Wclsch a réuni sous le nom de Gérard Bututus de Solo deux personnages différents, Gérard Bututus ou Butuzius et Gérard de Solo. Astruc, qui suivit les errements de Welsch, est donc tombé dans la même erreur, relevée plus tard pas Renzi {voy. Gérard de Salerne).

Quel était donc ce Gérard de Solo? Welsch le fait tantôt de Bourges, tantôt de Provence ; Astruc croit volontiers à cette dernière origine ; quant à la localité de Solo, d'où il aurait tiré son origine, Astruc avoue ne pas la connaître et pense qu'elle a pu exister dans le diocèse deBéziers?... Un fait qui paraît certain, c'est

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