‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.44Chapitre 25 sur 67 · GÉRARDIMER OU GÉROMÉ (ETABLISSEME^T HYDROTHÉRAPIQUE ET CURE DE PETIT · texte numérisé non relu

GÉRARDIMER OU GÉROMÉ (ETABLISSEME^T HYDROTHÉRAPIQUE ET CURE DE PETIT

LAiT DE). Dans le département des Vosges, dans l'arrondissement de Saint-Dié, à 671 mètres au-dessus du niveau de la mer, est un chef-lieu de canton peuplé de 2192 habitants, tandis que la commune tout entière en compte 6402.

Gérard d'Alsace, premier duc héréditaire de Lorraine, a donné son nom à cette localité située à une égale distance des villes de Remiremont et de Saint- Dié sur la route desquelles elle se trouve. Gérardmer est à 41 kilomètres dEpinal et à 42 kilomètres de Plombières. Les baigneurs de cette station thermale visitent Gérardmer, qui est pour presque tous l'excursion qui leur offre le plus d'intérêt. De très-belles routes conduisent à Gérardmer, qui est devenu depuis 1878 la tête de la ligne du chemin de fer des Vosges, de sorte que l'on peut aller de Paris à Gérardmer. La fabrication des toiles de lin et de chanvre, du fromage, du bois à construire, des sabots et de beaucoup d'autres objets de boissellerie, occupe la plus grande partie de la population et lui rapporte 5 et même 6 millions chaque année. Gérardmer est à la fois couronné et entouré de montagnes ou de rochers escarpés; ses lacs, ses forêts de sapins, ses prairies, ses sources et ses cascades, font de cette contrée la plus pittoresque et la plussalubre du département des Vosges. Une bibliothèque, un bureau de poste et de télégraphe, une église et une synagogue, permettent aux habitants sédentaires et momentanés de cette station de charmer leurs loisirs, de correspondre ou de suivre leurs exercices religieux plus aisément que dans plusieurs centres de population plus considérables que ne l'est Gérardmer. Les excursions ou les promenades que font le plus souvent les touristes et ceux qui suivent un traitement hydrothérapique ou séro-lacté sont les suivantes : le lac de Gérardmer, le vallon de Raraberchamp, le saut des Cuves, le pont des Fées, distantes seulement

GERARDIN. oU

de 2 à 3 kilomètres de l'église. Les deux lacs de Longeaier et de Pietournemer, le col de la Schlucht et du Hohneck, les vallées de Grange et de la Glacière, le saut du Bouchot, sont assez éloignés pour demander en général une journée pour les visiter en voiture. Une route carrossable n'existe qu'en partie ou n'existe pas du tout pour faire les promenades ou les excursions dont il nous reste à parler, et il faut monter à cheval ou à âne, ou aller à pied, pour visiter les lacs verts ou de Daaren, le lac noir et le lac blanc, le lac de Lispach, la cascade du Tendon, les vallées industrielles de laMoselotte, la Bresse, Cornimont et Saulxures, Vagney, l'Écho, le vallon de la Groltc-du-Chat, la montagne du Phoëny, le col de Bochesson, le plateau du haut de la Charme otla petite cascade dite le Saut-de-la-Bourrique, et enfin le vallon de la Vierge de la Creuse et la fontaine si renommée pour la guérison des maux d'yeux. Les promenades de la Bayée, des Bouches-du-Bain, le vallon de Go.utteridos et les Bocbires, le Pont-des-Fées et la Basse de l'Ours, Kichompré, la Haie Griselle, la Trinité, le vallon du Cresson, Liézay et Champdray, le sentier de Valognes, le chaume de Grouvclin, la Butte du Larron, la Boche des Artistes, Saint-Jacques, Martimpré, la Boche du Page, Nayemont, etc., etc., sont, avec beaucoup d'autres, de charmantes promenades et des excursions qui occupent les loisirs des touristes et des malades qui viennent à Gérardmer.

On a récemment installé à Gérardmer un établissement complet où l'on peut faire toutes les applications hydrothérapiques depuis les plus simples jusqu'aux plus compliquées, telles que les lotions, les alïïisiotis, le drap mouillé, les maillots, la ceinture mouillée, les étuves sèches et humides, les bains de piscines, les bains de siège, de pieds, les douches pleines, fortes et faibles, les douches en pluie, les douches en colonnes as(cndantes, verticales ou descendantes, les douches en cercles concentriques, les douches fixes ou mobiles, les douches écossaises locales ou générales, etc.

On trouve encore à Gérardmer une installation de petit-lait qui permet à ceux à qui cette cure a été conseillée de ne pas être obligés de se rendre aux stations étrangères . Les pâturages sont fréquentés par de nombreuses vaches qui fournissent un lait excellent que l'on peut boire au sortir de leur pis ou après qu'il a subi les prépai'ations qui le privent du caséum et du beurre qu'il renferme. Des troupeaux de moutons et surtout de chèvres paissent sur les montagnes qui entourent Gérardmer et donnent leur lait aux malades ou aux convalescents auxquels on l'a conseillé en même temps que l'air si salubre et si pur de celte partie des Vosges. L'administration du petit-lait ne présente rien de particulier, et on le boit à Gérardmer à doses espacées en général d'une demi-heure employée en promenades, que l'on conseille aux autres stations de petit-lait du Tyrol ou de la Suisse, c'est-à-dire, un verre Je 125 grammes au début, et cinq verres au plus à la fin du traitement séro-lacté. La dose habituelle est de trois verres.

A. Bot u RE AU.

Bibliographie. — Plombières et ses thermes. Guide de Vétranger aux eaux de Plombières et aux environs. Nancy, 1880. — Greuell. Guide du baigneur et du touriste à l'établissement hijilrotlie'rapique, avec une carte des environs de Gérardmer. Paris, 1880. A. l\.

GÉR.%RDll\r (Nicolas-Vini^ent-Auguste). Docteur en médecine de la Faculté de Paris (10 février 1814), agrégé de la même Faculté (1814), médecin de l'hospice delà Maternité, membre de l'Académie de médecine, Gérardin était né à JNaacy le 15 février 1790. 11 y mourut le 17 avril 1868, laissant la réputation

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d'un homme au sens droit, d'une honnêteté rigide, sachant être heureux avec lui-même, fuyaiit le bruit et une réputation hâtive. Au physique, il avait le port noble, la taille élevée, la figure correcte, au coloris brun marqué, la voix grave, provoquant l'attention. Ayant exercé dans sa jeunesse la médecine à la Louisiane, il avait pu faire une étude sérieuse de la lièvre jaune. Aussi a-t-il publié sur cette affection plusieurs mémoires dans lesquels il soutient avec une grande énergie et une profonde conviction sa nature contagieuse avec Ghisholm, Blanc, Rush, Pym, Moreau de Jonnès, Bally, Pariset, François, Audouard, Arcjula, Falloni, el contre Valentin, De Vèze, Leblond, Fergusson, V.Jackson, R. Wilson, Gillkrest, Chervin, etc. Gérardin a aussi exercé ses talents de discussion en fait de peste et de choléra. Voici, du reste, la liste de ses publications :

I. Recherches physiologiques sur les gaz intestinaux. Thèse doct. de Paris, 40 févr. 1814, iii-4°. — II. Rapport lu à la Société' médicale de la Nouvelle-Orléans sur la fièvre jaune qui a régné épidémiquement dans celte ville en 1817. A la Nouvelle-Orléans, 1817, in-S". Avec Gros. — III. An inorbi qui è fomile quodam nascunlur el miasmatica infectione [gallicè Infection) disseminantur a contagiosis légitime distingiiendis. Thèse d'agrég. Paris, 1824, in-4''. — IV. Mémoire sur la fièvre jaune, considérée dans sa nature et dans ses rapports avec les gouvernements. Paris, 1820, in-8°. — V. Précis historique et médical de la peste de Moscou en 177J, comparée à l'épidémie de choléra qui a régné dans celte ville, en 1830 et 1831. Paris, 1832, in-8°. Avec Gaimard. — VI. Du choléra-morbus en Russie et en Autriche j)endant les années 1851 et 1832. Paris, 1852, in-S", 2 planches. Avec Gaimard. — VII. Documents officiels sur la marche du choléra et sur l'histoire des cordons sanitaires. Paris, 1832, in-8°. Avec Gaimard. — VIII. Notice sur la peste de Moscou. In Mém. de l'Acad. de méd., t. V, 1856, 13 pp. — IX. Observatioti d'un rhumatisme chronique fixé sur les organes de la vue. In Bec. périod. de la Soc. de méd. de Paris, t. LVIT, p. 97. — X. Observation sur la répercussion de la gale et sur les accidents qu'elle a produits. Ibid., p. 203. A. G.

CERitUD (SAIIMT-) (Eaux Miis'ÉRALES de). Athermoles, bicarbonatées sadiques et ferrugineuses faibles, carboniques moyennes. Dans le département du Cantal, dans l'arrondissement de Mauriac et à 5 kilomètres de la ville de ce nom, à l'extrémité septentrionale de la commune d'Ally, sur la rive gauche de l'Auze et sous un bouquet d'arbres, émergent les deux sources de Saint-Geraud. La route de Saint-Géré à Mauriac y conduit par le pont de l'Âuze que l'on franchit, à moins que l'on n'aime mieux aller par les chemins de traverse beaucoup plus courts et beaucoup plus pittoresques. 11 faut alors sauter les pierres espacées qui surmontent l'eau de la rivière et arriver, en suivant un joli sentier dans un bois de chênes, aux bassins de captage des sources de Saint-Geraud creusés dans le gneiss. Les caractères physiques et chimiques de l'eau de ces deux sources sont à peu près les mêmes, c'est-à-dire qu'elle est claire, transparente et limpide lorsqu'elle a laissé déposer un sédiment rouillé assez abondant qui tapisse le fond de son bassin et les ruisseaux par lesquels elle s'écoule. Des bulles gazeuses viennent assez souvent s'épanouir à sa surface et couvrent de perles brillantes les parois intérieures des vases qui la contiennent. La saveui'de l'eau de la première source est plus marquée que celle de la seconde, mais elle est agréable aux deux sources de Saint-Geraud dont la température est de 12°, 5 centigrade, celle de l'air étant de 14°,8 centigrade. La densité de cette eau n'est pas connue et son analyse chimique n'est pas exactement faite, on sait seulement qu'elle contient des bicarbonates sodique, calcique et magnésien, et que le gaz qu'elle renferme ou qu'elle laisse dégager est de l'acide carbonique. Aucun moyen balnéothérapique ne se trouve à Saint-Geraud dont l'eau est pourtant assez suivie malgré la difficulté de l'accès des sources. Les paysans de la contrée y viennent en grand nombre les boire pour guérir les accidents reconnaissant pour cause

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un état particulier du sang dont les globules rouges ont diminué, comme dans l'anémie et la chlorose.

La durée de la cure est d'un mois en général.

On n exporte pas l'eau de Saint-Geraud. A. R.

Bibliographie. — Moukguïe. IVo^es manuscrites, 1854. — Nivet (Victor). Dictionnaire des eaux minérales du département du Cantal. In Journ. de chimie médicale. Paris, 1855.

GERBEROIV (Gabriel). Tout ce que l'on sait sur ce fameux médecin poëte, d'après ses propres informations, c'est qu'il était de Vendôme, la patrie de Ronsard, qu'il était chirurgien, cousin d'un Jean Gerberon, apothicaire à Saint-Calais, et parent de dom Gabriel Gerberon, religieux de Saint-Maur, mort en 17H et auteur d'un grand nombre de facturas et d'écrits. Enfin, l'on peut être assuré que notre poëte composa « dans sa tendre jeunesse » l'œuvre qui le distingue entre tous, selon nous, et qui a pour titre : Le bouquet anatomique, où sont dénommées toutes les parties du corps humain et le lieu de leur situation, soient os, veines, muscles, tendons, artères, nerfs, parties nobles, parties génitales, même le coït de lliomme et de la femme. Paris, 162G, in-4° de 29 p.

L'ouvrage est divisé en deux livres et 16 '( fleurons » et chante successivement : l'excellence de l'âme, les os, les jointures, les cartilages, les membranes, les veines, les artères, les nerfs, les muscles, le ventre inférieur, les parties génitales de l'homme, les parties génitales de la femme, les parties thoraciques, les parties de la tête, les parties de la face, les extrémités, et se termine par une action de grâces à Dieu. Gerberon a très-bien compris l'inanité de la poésie à se contenter de tableaux pui'ement descriptifs, et il ne laisse pas échapper les occasions de montrer les trésors de son imagination, où respire la poésie vraie, la fiction. Son prélude ou invocation est un petit chei-d'œuvre. Nous en détachons les vers suivants :

Or, comme au vert printemps la bourdonnante avette,

Soigneuse va cherchant l'humidité doucette.

Et, volant parmy l'air de ses deux ailerons,

Picore çà et là les odorans fleurons,

Afin de remporter dans sa ruchetle creuse

Son dos tout esmaillé de liqueur doucereuse :

Tout ainsi ne veux laisser passer en vain

Le temps sans exercer ou l'esprit, ou la main.

Pour empescher toujours que ma tendre jeunesse

Croupisse dans l'ossec bourbeux de la paresse.

Mais travaille toujours, ne voulant, casanier.

Laisser couler sans fruict cet aage printanier.

Et d'autant qu'en son sein la belle Chirurgie

Doit joncher les bouquets sacrés d'Anatomie

Aux parterres cueillis de ce jardin humain.

D'un art industrieux, et délicate main,

Non tant pour se parer que par nécessité.

Je luy veux faire honneur d'un bouquet mérité.

Qu'on ne s'élonne pas si René de Ronsard a voulu encourager son compatriote à publier son curieux poëme, et qu'il lui a adressé un sonnet qui se termine

ainsi :

Ke feins point, Gerberon, de pousser ton courage A faire voir aux yeux du public cet ouvrage; Car en dépit de tous les curieux pervers, Tu le verras au port, sans hasard du naufrage.

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