‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.44Chapitre 39 sur 67 · GEYSERS · texte numérisé non relu

GEYSERS

qui obscurcissent sa transparence et se répandent comme des nuages, quand ces vapeurs se dissipent pour se reformer presque immédiatement, on peut annoncer à peu près certainement que l'eau du Geysir ne tardera pas à monter en colonne au-dessus de sa margelle. En effet, après ces phénomènes précurseurs, la résistance de la nappe d'eau superficielle est vaincue, et les vapeurs profondes, qui atteignent une chaleur de 120 degrés et souvent de 150 degrés centigrade, ont une telle force qu'elles entraînent quelquefois à 50 mètres de hauteur une masse d'eau qui a un volume de plus de 160 tonnes. Remarquons d'ailleurs que depuis les voyages d'Olafsson et de Pâlsson, les observateui's s'entendent très-peu sur la hauteur du jet de l'eau du grand Geysir d'Islande. Ainsi les uns disent avoir mesuré 108 mètres et les autres ne sont pas arrivés à plus de 18 mètres, ce qui semblerait indiquer que l'élévation de son jet d'eau serait en décroissance successive. L'intermittence de la source jaillissante du grand Geysir est si peu régulière qu'elle varie d'une à plusieurs heures, d'une à plusieurs journées et même d'une à plusieurs semaines. Lorsque son ascension doit avoir lieu, l'eau s'abaisse dans l'intérieur de son conduit et la vapeur du fond fortement comprimée tend à se dégorger et, n'y pouvant parvenir, acquiert une force d'expansion assez grande pour soulever la colonne liquide qui lui est superposée. L'eau du grand Geysir est en général claire et limpide, mais elle est quelquefois trouble et même boueuse; sa saveur est salée et hépatique, son odeur est sulfureuse ou elle rappelle celle de l'asphalte en ébuUition, elle contient des bulles gazeuses qui s'attachent aux parois des verres qui la contiennent ; sa température diffère suivant les moments. MM, Bunsen et Descloizeaux assurent qu'au centre, comme à la surlace du grand Geysir, elle est invariablement de 88° centigrade ; mais ils l'ont trouvée plusieurs fois de 1 08" centigrade en moyenne avant les grandes éruptions. Ils disent même que la colonne du' thermomètre centigrade s'est élevée à un peu plus de 112»,68. M. Damour a fait en 1847 l'analyse chimique de l'eau du grand Geysir d'Islande et a trouvé dans 1000 grammes les principes suivants :

Chlorure de sodium 0,2638

Sulfate de soude 0,1543

— potasse 0,0180

— magnésie 0,0091

- Soude 0,1227

Silice 0,S190

Soufre 0,003S

Total des matières fixes 1,0'05

Gaz acide carbonique 0,1520

La soude est représentée à l'état de liberté dans cette analyse, quoiqu'il soit impossible qu'elle ne soit pas à l'état de cai^bonate.

M. Damour croit pouvoir attribuer la présence des alcalis et surtout de la silice dans l'eau du grand Geysir à l'action décomposante de l'eau pure portée à une température élevée et sous une pression agissant sur les roches trachytiqnes qui lui servent de bassin.

2° Le Geysir voisin de celui que nous venons de décrire et dont nous avons donné la composition élémentaire a reçu le nom de Strokkr (Baratte) parce que son eau monte et s'abaisse sans cesse ; elle lançait autrefois un jet aussi élevé que celui du grand Geysir, il exhale maintenant les vapeurs d'une manière à peu près incessante et il arrive bien rarement qu'il survienne une ascension subite. Les paysans ou les touristes qui veulent se procurer le spectacle d'une éruption iicT. ENC. A' s. YHl. 42

658 GEZ.

sont obligés de jeter une certaine quantité de la tourbe de ses bords qui suffit parfois à déterminer l'ascension de l'eau du Slrokkr.

3" Le petit Geysir disparut complètement lors d'un tremblement de terre qui eut lieu en 1789, ainsi que nous l'ont appris Preyer et Zirkel ; il est aujourd'hui remplacé par plusieurs Strokkrs dont les eaux bouillonnent diversement colorées en rouge, en vert, en bleu ou en gris, et s'élèvent à des hauteurs plus ou moins considérables suivant les jours, suivant les saisons et suivant surtout certains phénomènes atmosphériques.

Le grand, le moyen et les petits Geysirs d'Islande sont situés dans une plaine formée en grande partie du dépôt siliceux de la nappe d'eau thermale souterraine sur laquelle elle est située. On peut aisément s'en assurer soit en creusant à une profondeur variable suivant les endroits des cavités par lesquelles s'élèvent aussitôt des nuages d'une vapeur brûlante. Il est inutile dans certains points de percer la terre d'où l'on voit s'échapper par des fissures naturelles ou par des solutions de continuité occasionnées par le poids seul des voyageurs ou des habitants.

La partie inférieure de leur corps s'enfonce alors dans une eau hyperthermale qui n'a pas eu le temps de déposer au-dessus d'elle une couche assez solide et assez résistante pour supporter son poids. Une île tout entière exclusivement formée par le dépôt de l'eau des trois Geysirs émerge au-dessus du lac voisin de leurs sources jaillissantes.

Les Geysers de la Californie ressemblent beaucoup à ceux de l'Islande; ils ont produit comme eux un courant de lave et on les rencontre sur le versant oriental de la chaîne des montagnes de la Sierra-Nevada, sur les bords du lac de Washo, dans le comté de Sonora au nord de San-Fransisco. Leur jet varie entre 7 et 50 mètres de hauteur et la température de leur eau oscille entre 95 et 100" centigrade. Les principaux Geysers de la Calilornie sont aussi au nombre de trois qui se nomment : le Steampipe (tuyau de vapeur), le Witchess cauldron (chaudron des sorcières) et le DewiVs punch bowl (punch du diable) . Les caractères physiques et chimiques de l'eau des Geysers de la Californie diffèrent essentiellement de ceux des eaux des Geysirs d'Islande. Ainsi elles sont noires et contiennent une grande quantité de bitume et de sels ferrugineux, elles sont souvent boueuses et elles ont une odeur hépatique très-marquée ; elles laissent déposer non plus de la silice, mais de la magnésie, de l'alun et surtout du soufre. L'eau des Geysers de la Californie n'a jamais été soumise à une analyse exacte. A. Rotureau.

BiBLioGBAPHiE. — BoTTOW. Eiii Besuch auf der Insel Island. — Bunsen et Descloizeadx. Physics of tlie Earth. — Preyer (W.) etZiRKEL(F.). /?ewe nach Island. — Chambers (Robert). Traciiigs in Iceland and fhe Faroe Islands. — Watts. Across the Vatna Jôkull. — Reclus (Elisée). Nouvelle géograjyhie univerxdle, vol. V, p. 915-916. — Simonix (L.). Voyage en Californie. In Journ. le Tour du monde, 1850. — Frig>et (Ernest). La Californie, histoire des progi'ès de l'un des Etats-Unis de l' Amérique, etc. Paris, 1867. — Heïworth (Dixon). New-America. Boston, 1867. A. R.

GEZ. Nom donné, dans l'Inde, à un produit sucré ou à une sorte de manne qui, d'après quelques auteurs, serait déposé par des pucerons sur un végétal qu'on ne désigne pas. Pl.

Bibliographie. — Journal de pharmacie, IX, 328. — Mérat et De Lens. Dict. mat. méd., III, 574, Pl.

GHERING. 659

GHAiVTi-CiUBA. C'est SOUS ce nom qu'on emploie quelquefois dans l'Inde le Pedalium murex {Gokeroo Hind.), et qu'en traitent même certains auteurs, notamment le docteur Ives qui, d'accord en cela avec le docteur Thomas, attribue au mucilage de la plante la propriété de guérir la gonorrhée, sans l'aide d'aucun autre médicament. D.

GHERARDiiKi (Michaele). Médecin italien devenu médecin du grand hôpital de Milan. Il est connu par un bon ouvrage sur la pellagre. Nous citerons de lui :

I. Osservazioni medico-pratiche sulla cura délia rabbia, faite nello spedale maggiore dx Milano. In Giornale per servire alla storia ragionnata délia medicina di queslo secolo, t. V. — II. Storia délia pellagra. Milano. 1780, in-4°. — III. Saggio di alcuni metodi curativi e preservativi délia lue venerea. Milano, 1787, in-8°. — IV. Discorso di epizoozia. Milano, 1795, in-8'. A. B.

GHERIX'CX (Philippe). Nommé à tort GheringY>^r la Biographie médicale. Médecin belge, né à Saint-Trond, dans le pays de Liège, vers le milieu du seizième siècle, mort à Liège le 11 novembre 1G04. Il étudia la médecine à Louvain et y prit le grade de licencié ; nous ignorons à quel université il obtint le diplôme de docteur. Le prince Ernest de Bavière, archevêque de Cologne et évêque de Liège, appréciant hautement les talents et les connaissances de Glierincx, le nomma son premier médecin et son conseiller particulier.

Le seul ouvrage de Gherincx, dont nous ayons connaissance, c'est : la Description des fontaines acides de Spa et de la fontaine de fer de Tuncjre (Liège, 1583, 1588 et 1599, in-8°). Cette dernière édition a été revue et augmentée par Thomas de Rye, autre médecin de l'èvêque de Liège, qui avait du reste traduit cet ouvrage en latin dès 1592. Cette traduction, très-rare aujourd'hui, a pour titre : Fontium acidorum pagi Spa et ferrati Tungrensis accurata Descriptio, auctore Philippo Gœringo, medico, et gallica latina fada a Thoma Ryetio, cujiis et accesserunt in descriptionem et super natura et usu eorumdem fontium observationes (Liège, 1592, in-S»). Après la mort de Gherincx, Thomas de Rye épousa sa veuve (Regnard). L. Hn.

GHERIIVG (Jacques). Médecin belge, dont le nom a été écrit de manières très-différentes. Éloy écrit Gherin; dans le privilège accordé à l'imprimeur du traité de la peste de notre auteur on trouve Gheerin; à la fin du prologue adressé par l'auteur aux magistrats d'Anvers, il signe Jacob Gheeris. Broeckx pense que la vraie orthographe est néanmoins Ghering.

Ce savant vint au monde à Anvers au commencement du seizième siècle, sous ie règne de Charles-Quint. « Peu de détails nous sont parvenus sur la jeunesse de ce praticien. Tout ce que nous savons, c'est qu'il fut médecin pensionnaire de la ville et qu'il exerça avec honneur sa profession... Une maladie pestilentielle, semblable à celle qui avait décimé la ville d'Anvers en 1555, se manifesta en Hollande et particulièrement à Gorcum,\Yorcum, Utrecht et diverses autres villes. La réputation de Ghering s'étant répandue dans ces contrées, il y fut mandé et régla, de commun accord avec les praticiens hollandais, les moyens préservatifs et curatifs du fléau. Il eut la satisfaction de voir son œuvre couronnée d'un plein succès. Après la cessation de la peste, il revint à Anvers... Convaincu que le fléau pouvait encore reparaître, il se décida à publier un traité préservatif et curatif de la peste '^sous le titre de : Excellent tractaet om

660 G m NI.

te verhîieden, preserveren, cureren ende {met Gods hdpe) te genesen de haestighe sieckte oft peste, gehmaeet by D. Jacobum Gherinum licentiaet in der medicljnen en chirurgijnen : residerende binnen der stadt van Antwerpen, by hem beproeft ende bevouden waeraehtich te wesen anno 1555. în den grouwelijcken omganc der s.elver sieckte soe binnen Gorcum, Worcum, Utrecht, als in meer andere steden (Antwerpen, 1571, in-S"). Ce traité eut une seconde édition en 1597, by Peeter van Tongheren op de cattelijne veste in den arent int Loeffyser, in-S". » On eu trouvera une analyse détaillée dans les Annales de la Société de médecine d'Anvers, 1866, p. 160. Bornons-nous à ajouter avec Broeckx que « la relation de celte épidémie pestilentielle à caractère inflammatoire et adynamique place son auteur parmi les bons épidémiographes du seizième siècle. » L. Un.

CSDERLI (FuLvio). Né à Modène le 5 juin 1670, mort à Guastalla, ie 15 mars 1735, fut successivement le médecin du prince d'Esté et du duc de Guastalla.

On a de lui :

H protco melallico ossia délie Irasformazioni superftciali dei tneialli e délie differenti preparazioni de' ?nedesimi, etc. Veiiezia, 1722. L. H».

CiUiLiÉHis. Voy. A'ims.

GHILPIS. Une des principales tribus des Afghans, D.

eni]\i (Luc). Célèbre médecin et botaniste italien, né en 1500, au château de Croara, situé près d'Imola, mais faisant partie de la juridiction de Bologne (Fantuzzi). En 1554, il devint professeur extraordinaire de botanique à l'Université de Bologne, qui venait de créer cette chaire à l'imitation de l'Université de Padoue; c'était la seconde chaire de botanique instituée en Italie. Ghini l'occupa jusqu'en 1559, époque où il fut remplacé par un professeur ordinaire. En 1544, il passa à Pise, où il enseigna la botanique avec un succès énorme et fonda le jardin des plantes dont Jean Cavin a si bien écrit l'histoire. Laissons la parole à Jourdan : « Comme Ghini avait coutume de passer le temps des vacances à Bologne, il eut occasion de connaître eu cette ville Ulysse Aldrovandi, qui puisa dans sa fréquentation un surcroît de zèle et d'ardeur pour les sciences naturelles. Aldrovandi, jaloux de se perfectionner dans une branche du savoir humain à laquelle il devait consacrer tout son temps et toute sa fortune, vint s'établir à Pise, où il suivit les leçons de Ghini, dont on conserve encore à Bologne le manuscrit rédigé par lui, et écrit en entier de sa main. Ghini mourut en 1556. Son projet était de publier la description d'un grand nombre de plantes qu'il avait observées avec beaucoup de soin; mais le Dioscoride de Mathioli étant venu à paraître, il abandonna cette entreprise et ouvrit généreusement les trésors de son érudition à l'homme que tant d'autres à sa place eussent considéré comme un rival et regardé avec l'œil de l'envie.

« Quoiqu'il n'ait rien écrit sur la botanique, cependant il contribua puissamment par son exemple et par ses leçons orales à répandre le goût de cette aimable science : ce n'est donc pas sans motif que Schreber et Willdenow ont donné son nom à un genre de plantes (Ghinia) de la famille des Pyrénacées. »

GHISl. 661

Ghini mourut le 4 mai 1556, laissant un opuscule peu important sur la syphilis :

Morbi Neapolitanicurandi ratio perbrevis. Spire, |1789, in-8». L. Hn.

GHiivozzi (Carlo). Médecin italien distingué, né à Forlimpopoli, dans la Romagne, en 1811, mort à Florence le 15 décembre 1877. Il fit ses premières études à Forli et à Faenza, puis se livra à la médecine à Bologne et à Pise, et prit le bonnet de docteur en celle dernière université. 11 passa ensuite à Florence, où Bulalini enseignait alors avec éclat, et fut chargé peu de temps après par le gouvernement toscan d'étudier les affections palustres qui avaient pris une extension extraordinaire dans la Maremme. A deux reprises, il visita cette contrée malsaine, mais, atteint lui-même par une affection hépatique dont il y avait trouvé le germe, il ne put y retourner une troisième fois. Il resta à Florence et lut à la Société médico-physique de cette ville, dont il était l'un des membres les plus actifs, un mémoire très-important sur les résultats de ses observations relatives à la malaria. Après quoi il revint à la clinique deBufalini, qui, frappé de son zèle et de sa haute intelligence, le prit pour son aide. Pendant dix-huit ans, il remplit ces fonctions à la plus grande satisfaction de son maître, qui, sur le déclin de sa vie, le proposa d'abord comme suppléant de sa chaire, et enfin le désigna comme son successeur le plus digne. Dans son enseignement il s'efforça toujours de rester fidèle aux idées de Bufalini et surlout à la méthode expérimentale que cet illustre professeur avait mise en honneur.

En 1865, Ghinozzi se rendit à Ancône, par l'ordre du gouvernement, pour combattre le choléra. La relation qu'il écrivit à ce sujet fut trouvée si claire et si élégante de style qu'elle fut publiée par ordre du gouvernement et répandue dans tout le pays.

11 publia divers mémoires, entre autres sur les affections neuro-paralytiques et particulièrement sur les affections diphthéritiques, etc., et dans tous ses écrits déploya des qualités remarquables comme médecin, comme philosophe et comme écrivain. Il obtint diverses récompenses honorifiques, et fut chevalier de l'ordre des SS. Maurice et Lazare, commandeur de l'ordre de la Couronne d'Italie, et membre d'un grand nombre de sociétés savantes.

Il dirigea longtemps le journal lo Sperimentale et y publia un grand nombre d'articles.

Ghinozzi aimait sa patrie; il combattit pour elle à Bimini en 1831 et à Goito en 1848. L. Hn.

GHIR.IRDELLI (CoRNELio). Physionomiste italien, né à Bologne, florissait

dans la première moitié du dix-septième siècle. Il s'est principalement occupé

d'astrologie et de métoposcopie. Il appartenait à l'ordre des Franciscains. Nous

nous bornerons à citer de lui :

Cefalogia faionomica, con cento teste intagliati, sotto ogni una délie quali è un sonnetto e un distico. Bolonia, 1630, in-4"'. Nouv. édit. sous le titre : Compendio délia cefalogia. ibid.,1675, in-8°. L. Hn.

GHlSl (Martino). Médecin italien, florissait à Crémone au milieu du dernier siècle. « Ghisi, dit Dezeimeris, n'a point trouvé place dans les biographies médicales publiées jusqu'à ce jour. Les circonstances de sa vie ne sont point connues et son ouvrage l'est peu, car il est assez rare en France et de tous les journaux contemporains nous ne connaissons que les annonces littéraires de

266 GIACOMINI.

Gottingue qui en aient parlé ». Haller [Tagebuch der medicinischen Litterahir, Bd. II, p. 154) parle également de l'ouvrage de Ghisi. Il en est de même de Renzi [Storia délia medicina in Italia, t. V, p. 669, 750, 807, 901 ; Napoli, 1848), qui ne nous donne aucun détail biographique.

Ghisi mérite cependant d'être cité, car c'est l'un des premiers auteurs, le premier d'après Renzi, qui ait bien observé et exactement décrit le croup. Son histoire de l'angine épidémique qui désola Crémone en 1747 et 1748 et qui à la même époque ravageait la France, l'Allemagne et l'Angleterre, est remarquable non-seulement par la description très-nette qu'il donne des symptômes de cette maladie, mais encore par celle des lésions trouvées sur les cadavres. Cet ouvrage a pour titre : Letlere inediche del D. Martino Ghisi, medico Cremonense; la prima traita di varii mail col mercurio crudo ; la secunda contiene Vistoria délie angine epidemiche degV anni il il e 1748 (Cremona, 1749, in-4»).

Quatre ans auparavant, en 1745, il avait donné au recueil de Roncalli une lettre sur l'épizootie des bêtes à cornes. L. Hn.

GHISLERI (Giuseppe). Médecin italien, né à Rome en 1575, fut au service de plusieurs cardinaux et finit par être nommé proto-médecin des États de l'Eglise. On ne connaît pas l'époque de sa mort; il vivait encore en 1632 {Biogr. méd. de Panckoucke) . On a de lui :

Oratio de tnedicitiae laudibus. Romae, 1597, in-4°. L. Hk,

GHITTA GEmoco OU GHITTA-JEMOU. Nom donné, aux Indes, à la gomme-gutte [voy. ce mot). Pl.

GlACOi^lï^l (Giacomo-Andrea ou Giacomandrea) . Célèbre médecin italien, l'un des défenseurs les plus ardents de la doctrine de Rasori et de Tommasini, naquit vers la fin du dernier siècle et fut reçu docteur à Padoue. C'est dans cette dernièi'e ville qu'il établit sa résidence et y il fut professeur de médecine théorique à l'Université (1824) et chargé de l'enseignement de la clinique médicale aux chirurgiens. Giacomini mourut vers 1850 et légua à son ami Mugna le soin de publier ses œuvres.

Malgré tous les mérites du savant italien et ceux de la plupart de ses ouvrages, en particuUer de son Traité de thérapeutique, on ne peut s'empêcher de taxer d'exagération les éloges outrés que lui ont prodigués ses contemporains en ItaUe ; il suffit, pour s'en convaincre, de lire l'analyse de ses ouvrages dans les Annales d'Omodei, oii il est traité de Questo chiarissinio sostegno délia universita Patavina, de réformateur de la' médecine, d'Hippocrate moderne, de pulvérisateur d'Orfila et de l'École de Paris, etc.

Le traité de thérapeutique de Giacomini était, à l'époque où écrivait Combes [La médecine en France et en Italie, 1842), l'expression la plus avancée et la plus en vogue de la matière médicale du contre-stimulisme. II y divise les médicaments en trois classes : I les Hypersthénisants, comprenant : 1" les cardiaco-vasculaires ; 2° les vasculaires- cardiaques ; 3° les céphaliques; 4° les spinaux; 5" les gaslro-entériques. II les IIyposthénisants, comprenant : 1° les cardiaco-vasculaires ; 2" les vasculaires-cardiaques ; o° les lymphatico-glandulaires; 4" les gastriques; 5° les entériques; 6° les céphaliques ; 1° les spinaux. lit les Spécifiques ou Empiriques. C'est toujours le division Rasorienne , mais.

GIANELLA. 663

localisée, en quelque sorte anatomique, attribuant aux médicaments une action élective sur un appareil ou un organe. Il serait facile de faire voir combien est incomplet et exclusif le système de Giacomini ; pour la réfutation détaillée, voy. Combes {ouvr. cité, p. 332). Dans son mémoire sur la nature du sang, lu au congrès de Pise en 1849, Giacomini conteste l'utilité des analyses chimiques du sang et en général nie l'influence médicale de la chimie. Il n'est pas étonnant dès lors de trouver le savant italien parmi les adversaires d'Orfila. Mais, en Italie même, il avait un ennemi et un contradicteur des plus sérieux, le célèbre clinicien Bufalini, qui porta de si rudes coups aux doctrines rasoriennes. Nous ne nous arrêterons pas davantage sur ce sujet.

Voici la liste des principales publications de Giacomini :

I. Tratlato filosofico-sperimentale dei soccorsi terapeutici, divisa in qualtro parle : farmacologia, applicazioni meccaniche, dietetica e medicina morale. Parte I. Farmacologia. Padova, 1833-18^8, 4 vol. in-8° et 2 appendices. Trad. franc, par Mojon et Rognetta, in Encyclop. des se. me'd. de Bayle. Paris, 1839, in-8°. Autre édit. ital. l'arma, 1835-1837, in-8°. — II. Su/la condizione essenziale del cholera-morhus. Padova, 1836, in-8°; 2' ediz. Aggiuntevi délie note, con una istruzione pratica per assistere i malati dl choiera. Pailova, 1856, in-8°. — III. Bell' idealismo in medicina e dei segni tolti dalla ispezione délia lingua per la diagnosi dellc malatlie del cervello, del polmone, dello stomaco e dei vasi sanguigni, Memoria estralto dal vol. 4 dei Nuovi Saggi delV I. R. Acad. di se, leltere ed arli di Padova. Ediz. 3. Novara, 1837, in-8''. — IV. Avec Mugna : La clinica niedica, etc. Padova, 1836, in-8°. — V. Opère édite ed inédite di Giacom. Giacomini, pubbl . per cura di G. B. Mugna eF. Collcti. Padova, 1852-56. — VI. Sui lavori scientifici dell' Assemblea dei Botti Britannici, tenulasi dalV 11 al 16 seltemhre 1837 in Liverpool. Lezione di anatomia e medicina. In Annaliuniversalidi medicina, t. LXXXVII, p. 36, 1838. — VII. Sw/Za Italiana Riforma délia medicina e sopra alcuni casi di avvelenamento. Padova, 1859, in-8". — ^\\l. Délia natura e délia vita del sangite. In Atti Scienz. liai., 1839, p. 190. — IX. Sulla natura, sulla vita et sulle malatlie del sangue. Memoria lelta nella riunione de' Medici in Pisa il 4 ottobre 1839. In A7inal. univ. di med.', t. XCIII, p. 122, 1840. —X. Risposia del Prof. G. Giacomini alla Bifesa dei globeiti del sangue combaltuti... Mem. del Boit. Pari ed aile Osservazioni del Bott. B. Bizio intorno alla a Mem.... «Ibid., t. XCVII, p. l\,\U\. — \\.Effettidelsolfato di chinina sucjli animali ed avvelenamento pel solfalo di chinina neW uomo sano.Wnà., p. 325. — XII. Risposia del Sign. prof. Giacomandrea Giacomini ai ragionanienti del Sign. Bott. Luca Lossetti intorno ail' azione del colchico, alla funzione dei reni ed alla rivulsione, etc. Ibid., t. CIX, p. 530, 1841. — XIII. Biscorso pronunciato quai présidente délia sezionedi medicina del quarto Congresso scientifico ilaliano tenutosi a Padova il sett. 1842. Ibid.. t. CIV, p. 481, 1842. —XIV. Bise. pron. quai presid. dclla sez. di med. del mono Congr. se. ital. tenut. in Venezianel sett. delV anno 1847. Ibid., t. GXXIV, p. 79, 1847. — XV. Sui criterii per distinguera e giustamenle interprelare le alteruzioni anatomiche dei visceri digerenti nei veneficii. Ibid., p. 141. — XVI. Bise, finale quai presid.... relativo alV azione délie sostanze eroiche sugli animali. Ibid., p. 283. L. Hn.

CilAX^ELLA. (Carlo). Né à Legnano, fit ses études à Padoue, où il prit les grades de docteur en philosophie et de docteur en médecine. Il exerça d'abord la médecine dans sa ville natale, puis il fut nommé en 1752 professeur de médecine à Padoue. Il est considéré comme l'un des précurseurs du brownisme. Nous citerons de lui :

I. Saggio di medicina teorica pratica, in cui si dimostra che il niedico allorasia d'ottimo discernimento, quando arriva a conoscere la cagione eladifferenza del maie. Bisserlazionc epistolare. Venise, 1732, in-8''. — II. Epistola ad Morgagnum de legendorum librointm medicorum ratione instituenda. Venise, 1746, in-8°. — III. De successione morborum, libri III. Padoue, 1742, in-S". — IV. Trattatodi medicina preservativa, divise in sette parti, in cui brevemenle si raggiona délie sei cose da medici dette non naturali e s'insegna parimente la maniera di conservar la sanità e prolungare la vita. Vérone, 1751, in-4'>. — V. Disftertalio. Non semper ex cadaverum sectione colligi potest recte nec an perperam sit curalio morborum institula. Padoue, 1755, in-4''. — VI. Be admirabili radicis Ipecacuanhœ virtule. Patavii, 1754, in-4°. A. D.

66i GIANNINI (Les deix).

GIAIVELLI (GiusEPPE-LuiGi). Médecin italien distingué, successivement médecin délégué à Belluno et pour la province vénitienne, puis professeur de médecine légale et de police sanitaire à l'Université de Padoue depuis 1850, prolomédecin et conseiller du gouvernement de Milan depuis 1857, membre d'un grand nombre de sociétés savantes, a publié entre autres :

I. Manuale pcr i bagni di mare. Lucca, 1833. — II. Sopra gli studi e gli scritli di Girolamo Melandri Contrssi. Milano, 1833, in-8°. — III. Dei soccorsi reclamati délia scienza e dalle umanità a salvamento dei sommersi in Padova. Padova, 1855, in-4'>. — IV. Trattato di medicina jwbblica, etc. Padova, 1836, 5 vol. in-8°. — V. Sovra li siudj ed opère dei prof . Melandri di Padova. In Annali univ. di med., t. LXVIII, p. 25, 1855, — VI. Esperienze mslitute in varii animali colV acido arsenioso. Ibid., t. C, p. 412, 1841, et t. CVIII, p. 607, 1843. — VII. Sul choiera moibus nuovaviente comparso in Europa. Ibid., t. GXXIX, p. 53, 345, 1849. — VIII. Colpo d'occitio sullo 'studio e sulV insegnamento délia medicina. Ibid., t. CXXXY, p. 449, 1850, et t. CXXXVl, p. 29, 1850. L. Hn.

c;iAi\]\i\^i (Les deux).

Gianniiii (ToMMAso). Médecin italien, né à Ferrare vers 1548, mort en 1650. Doué d'une intelligence très-précoce, il soutint dès l'âge de dix-sept ans ses thèses de philosophie et de médecine devant l'Université de Ferrare et fut reçu par acclamation. Il consacra encore cinq ans à compléter son instruction, puis donna publiquement des leçons de philosophie qui attirèrent un nombre prodigieux d'auditeurs. Sa maison étant devenue insuffisante pour contenir le nombre toujours croissant de ses disciples, les magistrats lui assignèrent un bâtiment public pour continuer ses cours, et lui allouèrent un traitement considérable. Tous les ouvrages de Giannini étant relatifs h. des questions de scolastique ou d'astronomie, nous nous dispenserons de les citer.

Cianninî (Giuseppe). Né à Parabiago, près de Milan, en 1775, fut le contemporain de Rasori dont il contribua beaucoup à répandre la doctrine, 11 étudia d'abord la théologie à Milan, puis il passa à Pavie pour se livrer à la médecine sous de savants maîtres, F. -P. Frank, Scarpa, Volta et Spallanzani. Reçu docteur en 1796, il alla se fixer à Milan et acquit en peu de temps une grande réputation dans l'exercice de son art. Les ouvrages qu'il publia ensuite contribuèrent à sa célébrité. 11 devint médecin du grand hôpital de Milan et en 1810 fut nommé médecin de la cour.

Giannini mourut en 1818, de phthisie pulmonaire, à l'âge de quarante-cinq ans.

Comme nous l'avons dit plus haut, il fut, dans certaines limites, l'un des propagateurs de la doctrine rasorienne. Son ouvrage sur les fièvres, qu'il considérait pour la plupart comme des « maladies par excès de stimulus, universellement locales », a été traduit en français, mais il n'a eu que peu de succès en France. En général, les publications de Giannini n'étaient point dénuées de valeur, mais, à côté de vues pratiques excellentes, on y rencontrait les erreurs les plus graves et les idées les plus singulières. Notons encore qu'il était grand partisan de l'emploi des bains froids et des affusions froides dans le traitement des fièvres et de diverses maladies.

Ou a de lui :

I. Memorie di medicina. Milano, 1800-1802, 4 vol. in-8° ; renfermant : 1° Saggio sulla diagnosi dellc maladie nervose ed inflammalorie ; 1" Caso curiuso medico-legale di una mania sospella di simulazîone, par G. Monteggia ; 5" Leltera sullo stato ailuale dei Brunnianismo in varie parte deW Europa; i° Lettera al Dollore Bcrctla medico nel borgade Magerita;

Page 1