‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.44Chapitre 49 sur 67 · GILBERT L'ANGLAIS · texte numérisé non relu

GILBERT L'ANGLAIS

GiGAlVTEit. Nom donné au topinambour {Helianthus tuherosus L.). Pl.

GIGARTIX'E. ftiGARTiXA. Genre de plantes Acotylédones, appartenant à la famille des Algues, auquel on a longtemps rapporté VHelminthocorton, l'un des principaux éléments de la mousse de Corse {voy. Heluintocorton). Pl.

GiGERi ou GErvGELl. Noms donnés, dans les }iays d'origine, à la graine Àe Sésame [voy. ce mot).

GIL (Francisco). Chirurgien du monastère royaldeSanLorcnzoderEscurial, membre de l'Académie royale de Madrid, vivait à la fin du dix-huitième siècle. Il a écrit un ouvrage sur la variole et a été l'un des plus ardents propagateurs de la vaccination en Espagne.

Bisertacion fisico-médica, en la cual se prescribe un métoclo seguro para preservar à los pueblos de viruclas hasta lograi- la compléta eslincion de ellas en todo el reino. Madrid, 1784, in-4°. Trad.'ital. par Larber. Yenezia, 1789, in-8°. Trad. en allem. sur ledit, italienne, sous le titre : Amvcisung zu einer sicherni Méthode die ^ôlkervordenBlalto'n zubcwharen iind dadurch die gànzliche Ausrottung dieser Krankhcit zu erlangcn. Aus deni Ital. von G. Fûrstenau. Leipzig, 1795, in-S". L. Un.

GILBERT l'a]%[GLAIS, de son nom latinisé Gilhertus Angllciis, est certainement né en Angleterre, mais on ignore dans quelle localité; les biographes ne sont même pas d'accord sur l'époque précise à laquelle il a vécu. Bayle le place en 1210, mais Frcind a fait voir que, comme Gilbert cite : 1° Averrhoës, dont la traduction parut seulement au milieu du treizième siècle ; 2° le livre de Spécula de R. Bacon ; 3" un passage de Théodoric, il faut absolument le rejeter dans la seconde moitié du treizième siècle, probablement au commencement du règne d'Edouard I" (1272-1507). De son côté, Sprengelnous apprend que Gilbert est mentionné : 1" par Pierre d'Abano, ce qui concorde avec l'époque fixée par Freind, puisque Pierre florissait à la fin du treizième siècle et au commencement du quatorzième; 2° par Pierre d'Espagne, exalté au pontificat sous le nom de Jean XXI en 1276. Ici la conciliation est plus difficile, car Pierre était son contemporain, et à cette époque l'absence de l'imprimerie et la difficulté des communications ne permettaient pas de fréquentes communications entre les auteurs. Au total, comme Gilbert avait beaucoup voyagé pour accroître la somme de ses coimaissances, il a pu avoir des relations avec divers savants de son époque.

Gilbert possédait une vaste érudition; on lui doit d'avoir énergiquemeui attaqué ces moines empiriques qui exploitaient la crédulité publique et abritaient leur ignorance derrière la superstition du temps. 11 fit connaître les pratiques de la médecine grecque et arabe ; il paraît avoir surtout fait des emprunts à Rhazès qu'il copie souvent mot à mot. Malgré cela, on doit le regarder comme ayant contribué à dissiper les ténèbres qui couvraient alors les sciences dans sa patrie.

« Dans son Compendium de médecine, on trouve des preuves nombreuses de l'application qu'on faisait de la scolastique à la théorie et à la pratique de la médecine ; des antithèses continuelles, des solutions subtiles, des questions insignifiantes, des discussions pointilleuses et sans fin, rendent la lecture de <;et ouvrage, très-rare, fatigante et ennuyeuse pour le médecin philosophe. La théorie de Gilbert roule constamment sur les qualités élémentaires, les quatre

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humeurs cardinales et la saveur de ces humeurs. Jamais il ne décrit une maladie sans la partager en une multitude incroyable d'espèces d'après toutes ses causes matérielles, et assigner à chaque espèce les signes particuliers qui peuvent la faire reconnaître. Les poux mêmes n'échappent pas à cette fureur de classifier : ils proviennent les uns du sang, les autres de la pituite, quelques-uns de la bile et certains de l'atrabile. Les vers intestinaux sont également partagés suivant qu'ils tiennent à la pituite naturelle, douce ou salée... Suivant son opinion, les esprits vitaux ont une direction rectiligne, tandis que les esprits naturels et animaux en ont une circulaire. Il admet dans toute son étendue la théorie des forces assimilatrices et plastiques adoptées par Honaim, etc. » (Sprengel, II, 402 et suiv.). Mentionnons encore une particularité curieuse, c'est que Gilbert assure qu'il suivrait les pratiques hippocratiques, s'il ne craignait de passer pour un original.

Gilbert donne l'un des premiers en Occident une bien bonne description de la lèpre, et à cet égard il présente un chapitre très-remarquable où il parle des accidents que détermine le commerce avec une femme qui a cohabité avec un lépreux, chapitre souvent invoqué par ceux qui veulent trouver dans le moyen âge et même dans l'antiquité des preuves de l'ancienneté de la syphilis.

Pour un grand nombre d'auteurs Gilbert l'Anglais est le même que Gilbert Langley (Legleus, de l'Aigle), qui se trouva à Salerne en même temps qu'Aegidius de Corbeil et devint plus tard médecin de Hubert, évêque de Cantorbéry.

Voici le titre de l'ouvrage de Gilbert l'Anglais :

Compendimn medicine, tam morborum universaîium quam particularium nondum medicis, sed et cijrurgicis utiU.isJimuii. Lyon, 1510, in-4° ; Genevœ, 1608, in-4° et in-12 sous le titre : Laurea ou Rosa anglicana sive compendium, etc. L. Un.

CILBERT (Les).

Gilbert (William). Célèbre médecin et physicien anglais, né en 1540, à Golchester, dans le comté d'Essex, où son père Jérôme Gilbert était recorder. Il fit ses études dans les universités d'Oxford et de Cambridge, mais on ne sait laquelle des deux il fréquenta d'abord. D'après Wood, il aurait pris le degré de docteur sur le continent ; Jourdan a répété cette erreur, après lui, dans h Biographie médicale. Mais les annales de la Société royale de médecine de Londres prouvent qu'il a été docteur à Cambridge, et du reste Cooper, le savant auteur de YAthenœ Cantabrigienses, a démontré qu'il prit réellement ses grades au Collège Saint-Jean de cette ville, le grade de bachelier en 1560, celui de fellow du collège en 1560, et enfin le degré de docteur en 1569 ; le 21 décembre de la même année il devint senior' fellow de ce collège.

Gilbert se fixa à Londres vers 1573 et fut à la même époque nommé membre du Collège de médecine de cette capitale; il y remplit à plusieurs reprises les fonctions de censeur, de trésorier, de membre du conseil du collège, etc., et il le présida en 1560. Comme praticien et aussi comme chimiste et physicien, il acquit une réputation telle que la reine Elisabeth lui accorda la charge de premier médecin et une pension pour l'aider dans ses travaux sur l'électricité et le magnétisme.

Après la mort de la reine, il conserva sa charge auprès du roi Jacques P% qui le combla d'honneurs, mais il ne put longtemps en jouir, car il mourut le 50 novembre 1603. II a été inhumé à Golchester, dans l'église de la Sainte- Trinité.

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Gilbert concourut beaucoup aux progrès des sciences physiques, mais surtout de l'électricité; on peut même ajouter qu'avant lui la science de l'électricité n'existait pas. Le mot électricité même a été employé pour la première fois par Gilbert : Fini illam electricam nobis placet appellare quœ ah hmnore jrrovenit, dit-il dans: De Magnete, lib. II, cap. ii, p. 54, edit. Sedini, 1628).

Jusqu'à Gilbert, on ne connaissait qu'une substance, le succin ou ambre jaune, qui, après avoir été frottée, fût capable d'attirer les corps légers ; Gilbert reconnut qu'un grand nombre d'autres corps jouissent encore de cette propriété, il en dressa une longue liste, comprenant d'une part le verre et toutes les pierres précieuses artificielles qui ont le verre pour base, de l'autre les résines, la gomme laque, la colophane, le mastic, le soufre, etc. ; ce fut là l'origine de la division de l'électricité en vitrée et en résineuse. Gilbert ajouta à cette liste celle des corps qui n'acquièrent, en aucun cas, la propriété d'attirer les corps légers, entre autres les perles, le corail, l'albâtre, la silice, le marbre, l'ivoire, les métaux, etc. Pour rendre plus évident le phénomène de l'atlraclion, il eut l'idée d'employer des petites lamelles ou aiguilles métalliques, qu'il plaçait horizontalement en équilibre sur un pivot, puis il approchait de l'extrémité de ces aiguilles les corps électrisés par le frottement; c'était la première ébauche d'un électromèlre. Gilbert le premier distingua les uns des autres les phénomènes électriques et magnétiques confondus jusqu'alors. Le premier aussi, il assimila la terre à un aimant pour expliquer l'inclinaison et la déclinaison de la boussole. Tels sont en résumé les faits découverts par Gilbert.

Mais en cherchant à les expliquer il tomba dans de graves erreurs sur la nature de l'électricité. Pour lui cette dernière consistait dans des émanations ou des effluves très-subtiles, qui prennent naissance par le frottement de certains corps et qui ont pour action d'attirer d'autres corps ; pour expliquer que les métaux ne sont pas électrisables, il suppose que les effluves qu'ils émettent sont d'une nature trop grossière, trop terrestre.

Malgré la grossièreté des théories de Gilbert, il faut néanmoins tenir compte des efforts faits par lui dans une voie si nouvelle. Du reste. Bacon de Yerulam adopta les idées de Gilbert et copia dans ses écrits tout ce qu'il avait dit des phénomènes électriques. Les faits connus étaient encore trop peu nombreux à cette époque pour infirmer ces théories et elles régnèrent sans partage jusqu'aux découvertes nouvelles de Halley.

Tel était l'enthousiasme que Gilbert inspirait à ses compatriotes que Ivenelm Digby le mit sur le même rang que Harvey et que Barlow le compara à des savants comme Galilée, Gassendi et Descartes.

On connaît de lui :

I. De magnete magneticisque corporibus et de magno magnete Tellure, philosophia nova, plurimis argumentis demonstraia. Londini, 1600, in-4''; Sedini, 165Ô, in-4''. — II. De mondo nostro siiblunari, philosophia nova. Amstelodaini, 1651, in-4" (ouvrage différent du précédent, publié par Boswell) . L. Hn.

Gilbert (François-Hilaire). Savant médecin vétérinaire français, naquit à Châtellerault, département de la Tienne, en 1757. Il fit ses premières études dans sa ville natale, puis vint à Paris à l'âge de quatorze ans pour entrer au collège de Montaigu, qu'il quitta bientôt pour celui du Cardinal-Lemoine, où il acheva ses études. Son père, qui désirait lui voir embrasser la carrière judiciaire, le plaça malgré lui chez un procureur; mais il ne tarda pas à quitter ce dernier

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pour se livrer à l'étude des sciences naturelles et de la médecine. L'un de ses auteurs favoris était Buffon ; c'est la lecture de ce savant maître qui décida du sort de Gilbert. Dans un passage de l'histoire du cheval, il trouva exprimée cette pensée que l'art vétérinaire, encore au herceau, attendait qu'un homme de génie lui donnât une nouvelle existence. Plein d'enthousiasme, Gilbert s'informe, apprend qu'il existe des écoles vétérinaires et se présente à Necker; le ministre, frappé de la vive intelligence du jeune postulant, le fait sur-le-champ recevoir élève, aux frais du gouvernement, à l'école d'Alfort. Il s'y distingua à un tel point qu'il fut bientôt nommé répétiteur, et six mois après professeur à l'école ; il en devint plus tard le directeur-adjoint.

Gilbert ne se livrait pas seulement à l'hippiatrique, mais s'occupait des pâturages, de l'agronomie, etc. ; il obtint successivement plusieurs prix décernés par l'Académie d'Arras, celle d'Amiens, la Société royale d'agriculture de Paris, etc. Lors de la création de l'Institut national, il fut appelé à l'une des premières places dans la section d'économie rurale. Le gouvernement lui confia aussi la mission d'organiser les établissements agricoles de Sceaux, de Versailles et de Rambouillet. Mais, malgré ses efforts, ceux de Sceaux et de Versailles furent détruits et celui de Rambouillet faillit avoir le même sort; il consacra dès lors tous ses soins à ce dernier, surtout destiné à l'éducation des mérinos, dont il sentait l'importance pour l'industrie française. En 1797, le Directoire le chargea d'aller en Espagne pour y faire choix d'un certain nombre de mérinos qu'on était autorisé, par le traité de Râle, à extraire de la Péninsule ; malheureusement, le gouvernement ne lui envoya pas à temps les fonds nécessaires pour réaliser les marchés qu'il avait conclus, et ses effoiis restèrent sans résultat. Il n'en recueillit que des fatigues excessives et une lièvre intermittente grave qui l'enleva en neuf jours. 11 mourut le 8 septembre 1800 dans un village de la Castille.

Gilbert était membre d'un grand nombre de sociétés savantes et depuis plusieurs années membre du Corps législatif. Pour plus de détails sur la vie et les écrits de Gilbert, voxj. la Notice lue à la Société d'agriculture de la Seine, le 30 fructidor an IX, par A.-F. Silvestre.

Nous nous bornerons à citer de lui : ,

I. Traité des prairies artificielles. Paris, 1790, 1802, in-8° ; 6° édit. par A. Yvart, i^rêcédée d'une notice historique sur Gilbert par le baron Cuvier. Paris, 1826, in-8°. — II. Recherches sur les causes des maladies charbonneuses dans les animaux et sur les moyens de les combattre et de les prévenir. Paris, an III (1795), in-8°. — III. Instruction sur le vertige abdominal ou indigestion vertigineuse des chevaux. Paris, 1795, in-8''. — IV. Instruction sur la clavelée des mérinos. Paris, 179G, in-8°. — V. Instruction sur les moyens les plus ]}ropres à assurer la propagation des bêtes à laine de races d'Espagne et la conservation de cette race dans toute sa pureté. Paris, 1797, in-S". — VI. Mémoire sur la tonte du troupeau national de ftambouillet, etc. Paris, 1797, in-4°. — VII. Plusieurs mémoires ou articles insérés dans La Décade, le Magasin encyclopédique, le Cours d'agriculture de Rozier, les Annales d'agriculture française, etc. L. ILv.

Gilbert (Nicolas-Pierre). Médecin de mérite, naquit à Brest, en 1751. 11 fit ses premières études à Quimperet à Vannes, et se livra ensuite à la chirurgie dans sa ville natale. En 1770, nommé chirurgien-élève de la marine, il fit, sous le commandement de Tronjolly, une campagne dans les Indes Orientales ; mais, comme à chaque voyage il souffrait du mal de mer et du scorbut, il renonça au service maritime. A son retour à Brest, il obtint un prix de chirurgie pratique, puis se rendit à Paris pour étudier la médecine; pour vivre, il dut

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donner des leçons de mathématiques, répétant chaque jour à ses élèves la leçon qu'un ami lui avait donnée la veille.

La modicité de ses ressources le força d'aller prendre le bonnet de docteur à Angers, et de là il alla exercer la médecine àLanderneau. Il rédigea une topographie médicale de cette ville et de ses environs et l'envoya à la Société royale de médecine, qui lui décerna une médaille d'or et le nomma membre correspondant. Le typhus s'étant propagé de l'escadre de Delamolhe dans Brest, Gilbert fut requis pour aller donner ses soins aux victimes de ce fléau. Il contracta lui-même la maladie et ne se remit que très-lentement. Il obtint, comme récompense, le titre de médecin de la marine à Landerneau. Il fut nommé ensuite médecin des épidémies à Morlaix et deux ans après à Rennes.

Lorsque la Révolution éclata, Gilbert fut investi à Rennes de fonctions municipales dont il s'acquitta avec honneur, et devint en 1792 et 1795 président du département d'IUe-et-Yilaine. Après le 51 mai, il rédigea et signa le premier la protestation contre la mesure de la Convention et refusa d'y remplacer Lanjuinais auquel il devait succéder à titre de suppléant. Poursuivi par ordre de la Convention, il se réfugia chez des paysans bas-bretons, mais se livra pour sauver sa famille compromise par sa fuite. Après sept mois et demi de captivité, il fut acquitté par le tribunal révolutionnaire. Il avait consacré ses loisirs forcés à la rédaction d'un mémoire Sur la concordance entre les nouveaux et les anciens poids et mesures^ qui obtint le premier prix proposé par le gouvernement.

Gilbert vint ensuite à Paris et entra dans le service médical militaire ; il fut envoyé à Saint-Pol-de-Léon en qualité de médecin de l'hôpital militaire et huit mois après fut désigné pour diriger le service médical de l'armée de Sambre-et- Meuse ; en 1796, il devint médecin en chef et professeur au Val-de-Gràce à Paris, et en 1802, médecin en chef de l'armée de Saint-Domingue; il contracta la fièvre jaune dans cette île et faillit y succomber. Nommé ensuite médecin principal du camp de Montreuil, il fut en 1806 appelé comme médecin en chet à la Grande Armée, et en 1808 à l'armée du Rhin. Pendant son séjour à Vienne, il déploya une activité extraordinaire pour visiter les nombreux hôpitaux qu'il avait fallu y établir, et tomba malade par suite de ses fatigues ; il demanda et obtint un congé de trois mois.

Lorsqu'en 1812 la Grande Armée entra en campagne, il fut obligé de rester à Konigsberg pour cause de maladie. Quand les débris de l'armée arrivèrent dans cette ville, Gilbert recueillit dans son logement plusieurs des malheureuses victimes de cette campagne insensée. Mais le baron Desgenettes ayant été fait prisonnier à Yilna, Gilbert dut reprendre le commandement en chef du service médical le 1" janvier 1815. Mais au bout d'un mois ses infirmités et le désespoir qu'il éprouvait de ne pouvoir soulager toutes les misères qui étaient la conséquence de nos désastres le déterminèrent à demander son rappel en France ; trois mois après il fut nommé médecin en chef du Val-de-Grâce.

Gilbert succomba à une hépatite chronique le 19 décembre 1814, dans un état voisin de l'indigence.

« On a critiqué vivement l'administration médicale de N.-P. Gilbert ; on a affirmé que la flatterie avait plus d'accès auprès de lui que le vrai mérite et que souvent le service des armées avait souffert de ses préférences non justifiées ; on doit dire que la vie de ce médecin vraiment habile, surtout comme praticien, ne fut qu'une longue convalescence, et que bien des détails lui échap-

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pèrent à cause de la triste position de sa santé. Il eût peut-être été mieux apprécié comme professeur d'une clinique que dans le service fatigant des armées. Quant aux divers systèmes de classification proposés dans ses ouvrages, ils n'ont point trouvé de partisans » (Biogr. Didot). On a de lui :

I. Mémoire sur la concordance entre les nouveaux et les anciens poids et mesures, 1793- 1794. — II. Plan d'un cours d'institution de médecine pratique sur les maladies les plus fréquentes chez les gens de guerre, classées par famille, précédé d'un discours sur la médecine morale. Paris, an IV (1796), iii-8". — III. Les théories médicales modernes comparées entre elles et rapprochées de la médecine d'observation, suivies du Plan d'un cours de médecine pratique sur les maladies les plus fréquentes des gens de guerre. Paris, an Vil (1799), in-S" (dans cet ouvrage Gilbert propose de diviser les maladies en aiguës, mixtes et chroniques). — IV. Quelques réflexions sur In médecine légale. Paris, 1801, in-S". — V. Histoire médicale de l'armée française à Saint-Domingue en l'an X, ou Mémoire sur la fièvre jaune, avec un aperçu de la topographie médicale de cette colonie. Paris, an XI (18031, in-8° (Gilbert n'admet pas la conlagiosilc de la fièvre jaune qu'il considère comme une fièvre rcmillente bilieuse). — VI. Tableau historique des maladies internes de mauvais caractère qui ont affligé la Grande Armée dans la campagne de Prusse et de Pologne et notamment de celles qui ont été observées dans les hôpitaux militaires et les villes de Thorn, Bromberg, Fordon et Cuhn, dans l'hiver de 1800 à 1807, le iirintemps et l'été de 1807, suivi de Réflexions sur les divers modes de traitement de ces maladies adoptés par les médecins français et allemands. Berlin, 1808, in-8°. Opuscule composé de deux parties, l'une théorique, qui n'est qu'un brownisme exprimé en une terminologie nouvelle (division des maladies en deux grands groupes, les hypenoodynames , maladies par excès de force vitale, et les azoodynames, maladies par défaut de force vitale) ; l'autre partie, pratique, où l'auteur décrit la diarrhée, la dysenterie et le typhus qui ont sévi successivement sur la Grande Armée. — Vil. Mémoires divers, entre autres sur la fièvre de Pologne, dans divers recueils médicaux. — VIII. Gilbert a collaboré à \' Encyclopédie méthodique et au Dictionnaire encyclopédique , auxquels il a fourni de bons articles. — IX. On a encore de lui des brochures et des articles politiques de circonstance que nous ne pouvons mentionner ici.

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