L. Hn
GIRTA:\XER (Chp.istoph). Médecin, chimiste, naturaliste et écrivain politique, vint au monde à Saint-Gall, en Suisse, le 7 décembre 1760. Doué naturellement des facultés les plus rares, il fit des hummités brillantes, puis se rendit à Gottingue pour y étudier la médecine. Heçu docteur en 1783, il poursuivit quelque temps encore ses études et entreprit un grand voyage scientifique. H alla visiter Lyon, Montpellier, Grenoble, etc., puis Paris, où il se trouvait au commencement d'avril 1785. Il passa en Angleterre et en Ecosse, revint à Gottingue en 1787 et commença en 1790 à faire des cours particuliers. Trois ans après, en 1795, il devint conseiller privé du duc de Saxe-Cobourg et mourut à la fleur de l'âge le 17 mai 1800. 11 était membre de plusieurs Sociétés savantes, entre autres de la Société des sciences d'Edimbourg, et membre honoraire de la Société royale de médecine de la même ville.
Girtanner se distingua par une activité prodigieuse. Dans ses Nouvelles historiques et considérations -politiques sur In Révolution française {BerVm, 1796-97, 15 vol. in-8°), dans son Tableau de la vie domestique, du caractère et du qouvernement de Louis XVI (1792, in-8"), et dans sa traduction annotée des Mémoires du général Dumoitrie^ (1794, 2 vol. in-8"), il se montia l'un des adversaires les plus acharnes de notre révolution qu'il combattit au point de vue de la nationalité allemande et de la royauté. Mais ces publications, absolument étran'^ères à la médecine, ne doivent pas nous arrêter ici. Girtanner a du reste
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publié de nombreux ouvrages de médecine qui se distinguent toujours par leur style agréable et facile autant que par l'érudition, plus étendue que solide, il est vrai, qu'y déploie leur auteur.
Jourdan, dans la Biogr. médicale, a été extrêmement sévère dans ses jugements sur Girtanner, qu'il nous présente comme un plagiaire, un compilateur, comme un écrivain dénué de toute espèce d'originalité, sauf quand il s'agit d'édifier et de défendre les hypothèses les plus absurdes et les plus invraisemblables. 11 attaqua p;irticulièrement son ouvrage sur les Maladies des enfants, qui vaut peut-être mieux que d'autres de la même époque, et son Traité des maladies vénériennes ; il lui reproche d'avoir défendu avec opiniâtreté l'origine américaine de la syphilis, la spécialité du virus syphilitique et la spécificité des frictions meicurielles contre les critiques de Ilensler. Qu'il nous suffise de dire que tout n'est pas si absurde dans le livre de Girtanner que Jourdan veut bien le dire. En tout cas, le tome II a bien gardé une partie de son intérêt. « Il est rempli, dit Dezcimeris, par une bibliographie criti(|ue de 1912 ouvrages sur les maladies vénériennes, publiés de I49G à 1705. Cette bibliographie n'est pas plus exempte d'erreur que celle dans laquelle on lui reproche amèrement ses inexactitudes, au moment même oi'i l'on en commet trois sur ce seul article (voy. la Biogr. méd., t. IV, p. 452, où il est dit à tort que la bibliographie de Girtanner ne s'étend que jusqu'en 1777, où l'on n'indique pas que les éditions postérieures à la première ont plusieurs volumes, oià l'on cite sans nulle remarque et par conséquent comme une réédition complète celle de 1802, qui ne comprend que le premier volume, et où l'on se garde bien de dire que c'est de cette source qu'on a tiré, sans la citer jamais, une multitude d'articles). Mais, telle qu'elle est, on peut la placer au rang des bibliographies spéciales les plus complètes et les plus utiles qui existent ».
Ajoutons pour terminer que Girtanner est le premier chimiste allemand qui ait adopté et répandu les nouvelles doctrines chimiques et la nouvelle nomenclature introduites dans la science par les chimistes français. Nous citerons de Girtanner :
I. Diss. inavy. de terra calcarea cruda et ealciimfa. Gottingae, 1783. — II. Ahhandiung ûber die venerischc Kraiiklieit. GôUingen, 1788-1789, in-8°, 3 paities; 5= édit. du 1" volume seiilenipnt, publ. par L.-C.-G. Cappel, avec des notes ; ibid., 1802, in-8°. — III. iNewe chemische Noiiciielatur filr die teulsche Spiac/ie, GiJtlingen, 1791, in-8°. — IV. PIvjsiognomischer Almanach fur das Jalir 1792. Gôttingen, 1791, in-12. — V. Anfangsgrunde der antiphtogistischen Chemie. GôUiiigcn, 1792, in-8°; 2. Aufl., ibid., 1795, in-8°. — \"I. Ahhandiung ûber die Kranklieiten der Kinder und iiber die pin/sische Erziehung derselben. Gôtlingen, 1794, in-8°. — VII. Ueber das Kantische Princip fur die Naturgeschichie, ein Versiick dièse Wissenschaftphilosopliisch m behandeln. GôUingen, 1796, in-8°. — VIII. Ausfiihrliche Darslellung des Brotvnisclien Systems der praktischen Heilkvnde, nebst einer vollslàndigen Litteralur und einer Kritik derselben. (îôttingen, 1797-1798, 2 vol. in-8°. — JX. Ausfiihrliche Darslellung des Daîwinixcken Systems der praktischen Heilkunde, nebst einer Kritik desselben. Gôltingen, 1799, in-8°. — X. Sur l'irritabilité considérée comme principe de vie dans la nature organique. In Journ. de phys., t. XXXVI, 1790. — XI. Medicinische Neuigkeilen ans dem sikllichen Frankreich. In Blumenbacli's medicin. Bibliothek, Bd. H, p. 586. — XII. niedicinisc/ie Demerkungen. Ibid., M. III, p. 527. — XIII. Veber Elen.entarfeuer, Causticitàt und Entstehung der Farben. In Lichtenberg's ii. Eôrster's Gdlling. Magazin, Jabrg. II. — XIV. Versuche iiber das Berlinerhlau ; ûber den Pyrophorus; iiber die Niedersclilagung des Goldes durcit Kupfervitriol. In Crell's neueste Entdeckungen, Bd. X, 1783. — XV. Ueber die Auflôsbarkeit des Eiscns in reitiem Wasser. In Crell's Annalen, 1788. — XVI. Naturhistorische Demerkungen auf einer Beise nach dem Sckweizer Gcbirge. In Licittenberg u. Voigfs Magazin, Bd. IV, 178G. — XVII. Maschinc zum At/imen kiinsllicher Luftartcn. Ibid., Bd, 1790. — XYIII. Die Quelle von Vaucluse. In Berliner Monatsschrift, 1788. ^ L. Hn.
GISTRÉN. 751
GIRTAIVIVKR (IxjECTioAs de). Deux pré])arations portent ce nom : l'une anodine et siccative, l'autre abortive de la gonorrliée. Pour obtenir la première on fait macérer 1 gramme d'opium dans 500 grammes d'eau; on filtre, et l'on ajoute 1 aramme d'acétate de plomb liquide. La seconde consiste en une solution de 1 centigramme de potasse caustique dans 50 grammes d'eau distillée. D.
GISENE ET NON CiiESEKE (Paul-Dietrich). Médecin allemand, né à Hambourg en 1745, fit ses études à Gottingue, puis, une fois reçu docteur, revint dans sa ville natale et y occupa jusqu'à sa mort, arrivée le '26 avril 1796, une chaire de physique et de poésie, ainsi que la place de bibliothécaire du gymnase.
Gieseke s'occupa particulièrement de botanique et se montra fervent admirateur de Linné, qui lui dédia le genre Ghekia de la famille des Portulacacces. Nous ne citerons pas ses ouvrages purement littéraires.
I. /)(>•?. bntanico-medica sistens sijsitemata plantarum recentinra. Gottingne. 17f>7, mA". — \\. Abhnndhiugen ans der Arzneygelalirlieit^ voneinev Gcsrllsehafl von Aerzlen in Hamhnrg. llambnrp-, 1776, in-8° (Anonymej. — III. Icônes plantarum, partes, colorem, magnittidincm et habilum earum examussim cxhibenles, adjectisnoruinibus Linna'anis, fasc. 1. liamburpi, 1777, iii-4° (Anonyme). — IV. Mcmoria Joannis Wunderlich, professoris Hnmhiirgenfiis. Hamburgi, 1778, in-lbl. — V. Monumentum Joannis Schluter, Consulis. Ilamburgi, 1/79, in-tol. — VI. Index JAnnrranus in Leonhardi Plukenetii opéra botanica. Accessere variae in vitam et opéra Plukcnctd observadones, parlini ex ipsius mannscripto. Index Linncvauiis in Joh.-Jac. Dillenii historiam muscarum ob simililudinem additus est. Ilambnrfri, 1779, in-4''. — VII. Ad Indicem Linnrranum in Pliikenelinm addenda et emendanda. Ilnnibnrgi, 1780, in-l'i. — VIII. Caroli a Linné terminl bolanici, classium melhodi sexualis geneiunigue plantarum cliaracteres compendiosi ; recudi curavil p)'>'inws cum suis de finit ionibus inter~ prclalione germanica donafos. Ilamburgi, 1781, in-8°. Ihicl., 1787, in-8° (la seconde édition osl firéférable à la première, car elle contient la traduction allemande, françaibe et anglaise des termes, avec les noms génériques allemands [iroposés i^ar Jean-Jacques Planer). —
IX. Memoria Godof'redi Schutze, professoris llambtirgensis. Ilamburgi, 1784, in-fol. —
X. Voii der zweckmâssigen Beniitzitng des Ilamburgischen GymnaisiySowohl von Ilamburgcrn ah von Freinden. ilamburg, 1787, in-4°. — XI. Thèses botanicae , in usum anditorum excerptae. Ilamburgi, 1790, in-8°. — XII. Diss. solennis historico-litteraria de meritix Haniburgensiitm in historiam naturalem. Ilamburgi, 1791, in-4°. — Xlil. Caroli à Linné Praelectiones in ordines naturales plantarum e proprio et J.-G. Fabricii mannscripto edidit P.-D. Giseke. Accessit uberior palmarium et scitaminum expositio praeter plurium novorum generuni reductiones, cum mappa geographico-genealogica affinitatum, ordinum et aliquot fructuumpalmarum fiqurae. Ilamburgi, 1792, iii-4°. L. Hn.
GiSELi:v (Victor). Médecin belge, né à Santford, prèsd'Ostende, le 25 mars 1545, commença ses études à Bruges, puis se livra à la médecine à Louvain et à Paris. Il fut reçu docteur à Dôle en 1571. Il devint ensuite médecin pensionné à Berg Saint- Winoc, près de Dunkerque, après avoir refusé une chaire à l'Université de Leyde. Il mourut à Berg en 1591, laissant, outre plusieurs ouvrages en prose et en vers, qui ne renferment rien de médical, une édition du Traité de la maladie vénérienne par Fernel (Anvers, 1579, in-8°), auquel il joi'>nit une lettre de sa façon sur l'usage du mercure dans la syphilis.