GIVRE
délia Soc. agr., t. VII, p. 162, ans X-XI (1802-1805). — XI. Extrait d'un mémoire sur les effets du fluide galvanique appliqué aux différentes j^^^^ntes. In Biblioth. ital., t. I, p. 28, an XI (1803). — XII. Précis de quelques expériences sur les effets meurtriers du phosphore. Ibid., p. 50. — XllI. Sur la vertu stimulante du camphre dans les végétaux. Ibid., p. Ilô. — XIV. Précis de quelques expériences faites par les citoyens Julio et Rossi dans le but de découvrir si le fluide galvanique se charge et entraîne avec lui des miasmes jmtrides. Ibid., t. II, p. 114. — XV. Hist. de la fièvre contagieuse qui désola la commune et les environs de Nice depuis l'an Vlljusquà Van Ylll. Ibid., t. II, p. 219, et t. 111, p. 16. — XVI. Sur l'or natif en paillettes qu'on trouve dans les collines des environs de Saint-George, arrond. de Chivas. Ibid., t. lY, p. 5, an XII (1804). —XVII. Rapp. lu par le citoyen Julio àl'Acad. des sciences de Turin sur la puissance stimulante de l'électricité ordinaire et du galvanisme. Ibid., p. 25. — XVIII. Introduzione al Traltato anat.-fisiologico de.l cilt. G. Giulio, trasportata in lingua toscana dal citt. G. Anselmo. Torino (dédié à Giulio). — XIX. Rapp. entre l'irritabilité des animaux et les contractions des sensitives. L\i à l'Acad. de Turin le 15 avril 1798 (manuscrit).— XX. Essai sur le galvanisme animal. Lu àl'Acad. le 18 juillet 1802 (manuscrit). L. Hn.
«IVRE (Pierre Le). Né à Charly, près de Château-Thierry, en 1618, étudia la médecine à Paris sous Guenaut, puis exerça l'art de guérir successivement à Noyers et à Provins. Il mourut le 5 juin 1684 dans cette dernière ville, dont il s'est efforcé de rendre célèbres les eaux minérales, qui avaient été découvertes en 1648 par Michel Prévôt. Il avait eu au sujet de ces eaux des controverses assez ridicules avec Cottereau-Duclos, médecin du roi.
I. L'anatomie des eaux minérales de Provins. Paris, 1654, 1059, in-8°. — II. Le secret des eaux minérales acides nouvellement découvert par le moyen (/es principes chimiques. Paris, 1667, 1677, 1682, in-12. — M. On cite encore : Arcanum acidularum. Amstelodami. 1682, ia-12 ; c'est évidemment le même ouvrage que le précédeut. — JV. Lettres de Guérin... et de Le Givre touchant les minéraux qui entrent dans les eaux de Sainte-Reine et de Forges. Paris, 1702, in-12 (trad. du latin). L. ILn.
GIVRE. Le givre est la glace cristalline qui s'attache en hiver aux objets solides exposés aux intempéries de l'atmosphère, surtout aux branches des arbres. La gelée blanche est aussi un dépôt cristallin, fort analogue, mais qui se forme dans un état atmosphérique très-différent de celui qui produit le givre; elle n'a lieu que par un ciel serein et calme, quand la température de l'air à 2 mètres de hauteur est un peu au-dessus de celle de la glace fondante. Le givre ne se produit que par un temps couvert, avec un brouillard à quelques degrés au-dessous de zéro et avec un peu de vent.
L'air contient de l'eau à l'état de vapeur invisible à toutes les températures, mais en quantités très-diflérentes aux divers degrés de l'échelle thermométrique, puisqu'à 50 degrés au-dessous de zéro il n'en peut contenir plus de tm demi-gramme par mètre cube, taudis que ce poids atteint 4s',8o à la glace fondante et 30 grammes à 50 degrés de chaleur.
Dans un air saturé d'humidité et soumis au refroidissement, l'eau passe à l'état de globules de quelques centièmes de millimètre de diamètre, qui constituent les brouillards de nos plaines et les nuages à une certaine hauteur dans l'atmosphère ainsi que dans les montagnes. La température de l'air peut s'abaisser à plusieurs degrés au-dessous de zéro sans que l'eau du brouillard cesse d'être liquide; mais, lorsque ces globules rencontrent des corps solides à la même température, ils s'y accumulent sous forme de prismes irréguliers, à facettes, miroitant au so}eil et qui donnent à nos campagnes un de leurs plus beaux aspects de la saison glacée. Ce dépôt affecte la forme d'un prisme appliqué par une de ses arêtes le lon<T des branches d'arbres du côté d'où vient le vent. 11 ne dépasse pas généralement 1 centimètre de largeur ; son adhérence aux branches n'est ordi-
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nairement pas très-grande et, le ciel venant à s'e'claircir, le soleil le fait tomber en quelques heures; l'air qui s'échauffe, le ciel restant couvert, surtout s'il vient du vent, fuit également tomber le givre. Mais, lorsque le même brouillard et la même température propres à la production du givre persistent plusienrs jours, il peut atteindre des épaisseurs de plusieurs centimètres et occasionner dans toute une contrée des dégâts considérables.
Le givre est fréquent dans tous les pays où la gelée est habituelle en hiver. En France, il devient de plus en plus fréquent à mesure qu'on s'éloigne de la mer, vers l'est et surtout le nord-est ; mais dans l'intérieur des continents, très-loin des mers, il devient plus rare. Il atteint son plus grand développement et sa plus grande fréquence dans nos montagnes moyennes, où les arbres verts, habitués à cet accident, supportent des charges considérables sans rompre. Le Puy-de- Dôme, dont la hauteur est de 1465 mètres au-dessus de la mer, y e>t très-exposé, et un dépôt de 50 ou 40 centimètres d'épaisseur, qui empâte les instruments de météorologie, oppose un très-grand obstacle aux observations de l'hiver. Le Pic du Midi, avec une hauteur double, n'y est presque pas sujet.
Le givre, avons-nous dit, est formé de l'agglomération de cristaux confus, caractérisés par des facettes multiples miroitant dans tous les sens. Cette structure empêche de le confondre avec le verglas, formé de glace amorphe, transpax'ente, vitreuse, et qui doit son existence à une chute de pluie tiès-froide dans une atmosphère à 2 degrés environ au-dessous de zéro. Il ne se dépose généralement que sur le sol, mais quelquefois il s'attache aux herbages, à toutes les plantes et même aux branches des arbres. L'exemple le plus remarquable de ce genre de verglas a été observé deux fois en janvier 1879 au centre de la France, oii il a produit d'immenses dommages. E. Renou.
GLACA1\[ (Neil 0'). Médecin irlandais, plus connu sous son nom latinisé de Nellanus Glacanus, vint au monde dans le comté de Donegall. On sait peu de choses de sa carrière. Dans un voyage en Espagne, il eut l'occasion d'observer la peste à Salamanque et à Valence, puis étudia la même épidémie à Figeac, en France, comme il nous l'apprend dans son Traité sur la peste. Plus tard, il occupait la première chaire de médecine à Toulouse, quand la peste vint ravager cette ville à son tour; c'était au début du dix-septième siècle. 11 se distingua par le courage qu'il déploya dans ces tristes circonstances et par l'habileté avec laquelle il sut combattre le fléau. Plus tard, il se rendit en Italie et obtint une chaire à l'Université de Bologne, où il mourut quelques années après. Desgenettes nous a fait connaître de lui les deux ouvrages suivants :
I. Tractatus de peste, seu brevis, facilis et experla methodus curandi pestem. Tolosae, 1629, iii-12. — II. Cursus medicus, libris tredecim propositus . Bononiae, 1646, in-4° ; 1C55, in-4». L. Hn.
GLA.CE. § I. Physique, Les propriétés physiques de la glace ont été indiquées déjà, pour la plupart, aux articles Froid, p. 123, Refroidissement, Congélation et Chaleur, p. 689 et suiv. C'est à ces articles que nous renvoyons pour leur description détaillée. Qu'il nous soit permis, cependant, de rappeler ici quelques particularités* intéressantes ou nouvelles. Le point de congélation dvj l'eau qui, dans les circonstances ordinaires, est à 0 degré, peut être abaissé bien au-dessous de cette température. Sorby a fait voir que l'eau renfermée dans des tubes capillaires peut être amenée à — 15 ou à — 16 degrés sans se
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congeler, pourvu que ces tubes ne se trouvent pas en communication avec un réservoir plus volumineux, auquel cas la glace se forme à 0 degré. Pour faciliter l'observalion, Sorby se servait de la lumière polarisée et d'un analyseur éteignant la lumière transmise avant la congélation ; une faible coloration se montre au moment où celle-ci a lieu. Ces faits présentent un grand intérêt au point de vue de la pliysiologie végétale; ils expliquent pourquoi les plantes ne périssent pas dans une atmosphère dont la température est inférieure à 0 degré.
L'eau purgée d'air et soustraite à l'agitation peut être amenée à —17 degrés et même à —20 degrés sans qu'elle se congèle; c'est un phénomène de surfusion {voy. Chaleur, p. 690).
La glace ne renferme plus de gaz en dissolution; si on en opère la fusion sous une couche d'huile, pour la mettre à l'abri du contact de l'air, puis qu'on porte l'eau ainsi formée à une température supérieure à 100 degrés, i'ébullition se fait brusquement, et tout le contenu du vase est projeté au dehors avec violence.
La glace fond toujours à 0 degré et, conformément aux lois connues de la fusion des corps, la température reste constante pendant toute la durée de cette fusion. C'est pourquoi le point de fusion de la glace a été pris pour un des points fixes de l'échelle thermométrique.
La chaleur latente de fusion de la glace est égale à 79.
L'eau solide est formée par un enchevêtrement de cristaux prismatiques hexagonaux, de sorte que la congélation constitue une véritable cristallisation. La glace qui se forme à la surface des étangs et celle des glacières se présentent en masse transparentes, homogènes en apparence seulement. Les expériences de Brewster {Poggendorff's Annalen, Bd. XXXII, p. 399) et celles de Bertin {Ann. de chim. et de phijs., t. LXIX) ont en effet mis hors de doute la constitution symétrique de la glace. Celle-ci se comporte comme un cristal biréfringent, dont l'un des axes optiques serait perpendiculaire à la surface des plaques foimées lentement dans une eau tranquille. Bertin a fait voir en outre que, tandis que dans les névés, à la surface des glaciers, les axes des cristaux sont dirigés dans tous les sens, la glace des parties inférieures présente toujours son axe optique orienté perpendiculairement à la surface.
Brewster à vu des sommets rhomboédriqucs à trois faces faire saillie au-dessus de la surface d'un glaçon; d'autre part, Smid d'Iéna [Poggendorffs Annalen, Bd. LY, p. -472) a constaté sur des glaçons que, soumis à un dégel très-lent, ils peuvent se désagréger en cristaux rhomboédriqucs. Tyndall [La chaleur, 1864, p. 106) a démontré la constitution symétrique de la glace au moyen d'une expérience très-élégante : projection à travers une lame de glace d'un faisceau de rayons lumineux et caloriques émanés d'une lampe électrique et rendus parallèles par leur passage à travers une lentille convergente dont la source occupe le foyer ; le faisceau transrais est reçu sur un écran et donne une image agrandie de la plaque de glace ; cette image fait voir dans celle-ci des cavités régulières, étoilées, remplies d'eau, provenant de la fusion des cristaux de glace, dont l'édifice est ainsi peu à peu détruit par la chaleur absorbée.
Enfin Helmholtz a pu obtenir artificiellement des cristaux de glace, en utilisant ce fait : qu'une diminution de pression élève le point de congélation ; il s'est servi d'un ballon à moitié rempli d'eau, et au goulot duquel se trouvait adapté un robinet ; si l'on ferme le robinet au moment où la vapeur du liquide, porté à I'ébullition, a chassé l'air du ballon, l'eau n'est plus soumise, après
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refroidissement, qu'à la tension de la vapeur. On place ensuite le ballon dans un mélange l'éfrigérant qui détermine la congélation de l'eau et on laisse se iquifier une partie de la glace, après quoi on immerge l'appareil dans un mélange de glace fondante et d'eau; en l'abandonnant ainsi pendant plusieurs jours, on obtient au fond du ballon et dans la masse du liquide des cristaux de glace parfaitement nets. Dans ces conditions, la congélation a lieu dans le vase clos à une température où la glace extérieure est en fusion.
L'eau, sous forme de neige ou de givre, se présente en petits cristaux isolés, en étoiles à six rayons, ou en cristaux arborescents formés par l'association de ces cristaux isolés {voy. Givrk et Neige).
Il est donc bien démontré que la glace, sous toutes ses formes, cristallise dans le système bexagonal. Mais A. E. Nordenskjôld a en outre observé, dans le givre déposé à la surface d'une vitre, la température extérieure étant de — 8 degrés à — 12 degrés, des cristaux affectant la forme de parallélipipèdes droits, dérivant soit du système vliombique, soit du système tétragonal. Il faudrait en conclure que la glace est dimorphe.
La glace est très-fragile et plastique en même temps; par la compression on peut lui communiquer les formes les plus diverses; les expériences de Tyndall, dellclmliollz etdeTresca àcesujet, sont bien connues [voy. Co;ngélation, p. 508). Pour l'explication du pbénomène du regel ou de la regélation (soudure de fragment de glace pressés légèrement les uns contre les autres), découvert par Faraday, nous renvoyons au même article et à la même page.
La densité de la glace à 0 degré est égale à 0,918, c'est-à-dire qu'en se congelant l'eau se dilate de 0,07 de son volume. La dilatation commence à partir de 4 degrés au-dessus de 0 degré et se continue dans les cas de surfusion); on a pu constater ce phénomène jusqu'à — 9 degrés, et, à cette température, la densité de l'eau est égale à 0,9985, et par suite supérieure à celle de la glace à la même température.
Pour la description de diverses variétés d'eau congelée, voy. Neige, Gelée, -Givre et Grêle.
Les divers procédés de fabrication industrielle de la glace ont été l'objet d'une étude suffisamment complète à l'article Froid, page 126; nous n'y reviendrons pas ici.
Malgré l'importance qu'a prise cette fabrication et le bas prix auquel s'obtient la glace, la Norvège continue à exporter des quantités considérables de glace naturelle en Angleterre, en France, en Hollande et en Allemagne; la Suisse en expédie en France; mais c'est dans l'Amérique du Nord que ce commerce a atteint la plus grande extension; l'exportation se fait surtout vers les Antilles, l'Amérique du Sud, les Indes et le Cap.
On; connaît les usages industriels de la glace; nous rappellerons seulement son utilité dans la conservation des viandes et des boissons, dans la fabrication de la bière, etc. En technique histologique, on utilise la congélation pour durcir les tissus, avant d'en pratiquer des coupes; on s'en sert même pour des préparations régionales, en anatomie descriptive.
Ajoutons enfin que la machine à air froid de Giffard {voy. Froid, p. 129) pourrait trouver une application importante dans la ventilation des hôpitaux, des théâtres et des salles publiques, surtout pendant les fortes chaleurs de l'été.
Quant à l'emploi médical et chirurgical de la glace, ce sujet a été traité à l'article Réfrigérakts (p. 55) de M. Spillnsinn, et à l'article Froid de M. Laveran.
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§ II. Bromatoiogie. De tout temps, dans les contrées chaudes, et pendant les chaleurs de l'été, les boissons glacées ont été recherchées ; mais l'usage des glaces proprement dites ne paraît pas remonter très-haut ; elles sont connues en France depuis leur introduction par le Florentin Procope, en 1660. Nous nous bornerons à donner ici les détails les plus essentiels relatifs à la fabrication des glaces et renverrons, pour plus ample information, aux ouvrages spéciaux, livres de cuisine ou de confiserie, etc., et en particulier au Dictionnaire universel de la vie pratique par Belèze. Bornons-nous à indiquer les principaux ingrédients qui y entrent.
Les glaces les plus simples, les glaces à la crème, se font avec de la crème de lait ou crème à l'anglaise, du sucre et des jaunes d'œufs. En aromatisant ces glaces avec de la vanille, du café, des pistaches, du chocolat, du suc de fraises, etc., on a ce qu'on appelle les glaces à la vanille, au café, aux pistaches, etc. Les glaces de fruits s'obtiennent avec des sucs de fruits et du sirop plus ou moins concentré : on prépare ainsi des glaces à Vananas, au citron, à la fraise, à la framboise, à la pêche, etc. Pour solidifier ces mélanges, on les introduit dans des vases cylindriques en étain appelés sorbetières ou sabots, et on les plonge dans un seau rempli de couches alternatives de glace pilée et de sel marin ; on emploie, par exemple, 500 grammes de sel pour 2 kilogrammes de glace; pour activer la congélation, on peut ajouter au sel un dixième de son poids de salpêtre. Le sabot une fois plongé dans ce mélange, on le saisit par une anse adaptée à sa partie supérieure et on le tourne en tous sens avec la main gauche, pendant qu'avec la main droite, munie d'une spatule ou houlette, on détache au fur et à mesure de sa formation la croûte glacée qui se produit sur les parois intérieures de l'appareil, pour la mélanger avec la masse. Dès que la préparation est bien liée et a perdu sa transparence, on cesse cette manœuvre, on couvre la sorbetière et on laisse reposer quelque temps ; après quoi on dresse la glace formée.
La sorbetière sert également à obtenir les sor^efs, qui sont moins solides que les glaces et se préparent avec des liqueurs ou des sirops, qu'on dresse à demi congelés.
§ m. Hygiène. BoissoKS FROIDES. BoissoNs GLACÉES. Glaces. Certains auteurs attribuent à l'emploi très-répandu en Amérique de la glace et de l'eau glacée la grande fréquence des dyspepsies qu'on observe dans cette contrée ; cette opinion nous paraît exagérée, et, s'il résulte un danger de l'usage de la glace, c'est plutôt en raison de sa provenance souvent suspecte, comme le fait ressortir A. -H. Nichols dans un excellent rapport publié dans le Seventh Annual Report ofthe Massachusetts State Board of Health (janvier 1876); ce rapport fut motivé par de nombreux cas de troubles gastro-intestinaux attribués à l'usage de glace impure ; selon Nichols, en effet, les eaux souillées ou marécageuses sont loin de fournir de la glace pure, comme on le croit généralement, et Vusage doit en être évité avec le plus grand soin. C'est, en termes un peu différents, la conclusion même du rapport du savant américain. Du reste, dans diverses circonstances, on observa aux États-Unis des épidémies dues à l'usage de glace puisée à des marais, ou dans des canaux recevant les infiltrations des villes voisines {Report ofthe Conneciicut State Board of Health for 1879, Loiiisville Médical Neivs, Aug. 6, 1881, eiMed. News andAbstract, 1881, p. 309); et de fait on conçoit la possibilité de l'introduction dans l'organisme des germes infectieux que la congélation a été impuissante à détruire (Pumpelly). On a constaté
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entre autres que la congélation ne prive pas de vitalité les germes de la fièvre jaune {American Journal of ihe Med. Sciences, janv. 1881). 11 résulte de là qu'il est préférable de se servir de glace artificielle, d'autant plus qu'on la fabrique si facilement et à si bon compte aujourd'bui.
Quoi qu'il en soit, on peut dire que l'usage de la glace pure et des boissons glacées en été est certainement inoffensif, quand il n'y a pas abus, et que la surface de la peau n'est pas couverte de sueur.
Au moment de son introduction dans l'estomac, l'eau glacée soustrait aux parois de cet organe une certaine quantité de calorique, et nécessairement tout l'organisme participe à cette déperdition de chaleur; mais la réaction ne tarde pas à se produire et la muqueuse de l'estomac se trouve vivement stimulée. Le premier elfet de l'ingestion d'eau glacée consiste en une sédation locale du système nerveux; secondairement elle agit comme un tonique léger et favorise la digestion. On voit donc que l'eau glacée, bien pure, loin de nuire aux fonctions digestives, peut rendre de réels services dans certains cas de névroses stomacales, dans la gastralgie et la dyspepsie atoniques. Quant aux glaces, leur action est la même que celle de l'eau glacée; il est bon cependant de ne les prendre que le soir, quand la digestion est déjà assez avancée, ou tout au plus à la fin du repas, au dessert.
Lorsque le coips est en pleine transpiration, comme après une course ou un exercice violents, l'introdaclion de glaces ou de boissons glacées dans l'estomac peut être suivie d'accidents extrêmement graves et même de la mort. Ces faits sont connus depuis la plus haute anti(p]ilé. Plutarque rapporte que le roi Gléomène but imprudemment de l'eau froide après s'être livré à une marche précipitée; xme hémorrhagie intense et une aphonie complète s'ensuivirent immédiatement. On se rappelle le fait, signalé par Quinte-Curce (liv. YII, chap. v), de ces soldats d'Alexandre qui périrent de la sorte sur les bords de l'Oxus. Bien d'autres exemples du même genre ont été relatés depuis.
11 est facile de se rendre compte de ce qui se passe dans les cas de cette nature. L'eau glacée et la glace soustrayent une forte proportion de calorique à l'estomac; aussitôt l'équilibre se rétablit, il y a appel de la chaleur périphérique vers l'estomac et les viscères voisins, la peau se refroidit, la transpiration s'arrête net; mais le plus souvent l'appel du sang vers les parties internes dépasse le rétablissement de l'équilibre, et il en résulte des congestions et même des phlegmasies plus ou moins intenses et subites des organes profonds.
Ces effets ont été bien étudiés par Gucrard {Considérations sur Vhygiène et mémoire sur les accidents qui peuvent succéder à l'ingestion des boissons froides lorsque le corps est échauffé, lu à i'Acad. de méd. In Annales dliygiène publique, t. XXVII, p. 43, 1842). Cet auteur a établi que le système nerveux, les appareils digestif et respiratoire, sont les organes sur lesquels les boissons froides réagissent avec le plus de violence.
Du côté du système nerveux, on observe principalement des douleurs locales, du trismus, des phénomènes spasmodiques, la mort instantanée, tous accidents produits par un trouble subit de l'innervation. Quérard rapporte plusieurs exemples de mort instantanée, observés toujours chez des personnes trcs-échauffées par un violent exercice ou une violente passion, et qui avaient bu précipitamment au moins un verre d'une boisson dont la température pouvait être d'environ 12 degrés. Une chose qui peut paraître singulière de prime-abord, c'est que cet auteur n'ait pas rencontré d'exemple de mort instantanée par suite
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de l'ingeslion de boissons à zéro ou au-dessous, ce qui tient évidemment à ce qu'il est impossible d'avaler les boissons glacées à longs traits et à ce que les personnes qui font usage de glaces ne les introduisent également dans l'estomoc que par petits fragments. Quérard donne encore de ce fait une autre explication que nous indiquerons plus loin.
Cependant l'ingestion de glaces ou de boissons glacées n'est pas pour cela exempte d'inconvénients. Larrey raconte dans ses i)7emoires de chirurgie militaire (t. IV, p. 153) que, durant la désastreuse retraite de Russie, la mort était accélérée cbez les soldats qui, pour tromper là faim, prenaient de la neige ou de 1 eau glaciale; une constriction douloureuse au gosier et à l'épigastre, des défaillances, une vive anxiété, précédaient la terminaison fatale.
Au rapport du docteur Madrid (de la Havane), il n'est pas rare devoir, dans cette ville, le trismus succéder immédiatement à l'ingestion de glaces (communication faiteàQuérardparle docteur Roulin).Quérard lui-même cite le fait de deux jeunes dames chez lesquelles l'usage de ces préparations déterminait instantanément une céphalalgie insupportable; cette douleur se dissipait peu à peu d'elle-même, mais une boisson aromatique chaude l'enlevait comme par enchantement.
Haller, se trouvant dans les Alpes, éprouva après avoir bu de l'eau très-froide une stupeur particulière, phénomène bien connu des habitants de ces montagnes [Alpicolis non ignotian), accompagnée d'abattement et d'une grande faiblesse musculaire et sensoriale.
Du côté des organes de la digestion, on observe, après l'ingestion imprudente de glaces ou de boissons glacées, diverses affections spasmodiques, notamment des gastralgies et des vomissements et des phlegmasies plus ou moins graves, la gastrite aiguë, la gastro-entérite, la péritonite avec ou sans épanchement, entin une espèce de choléra-morbus.
Dans un cas de Duncan, rapporté par Christison {Treatise on Poisons, 5^ édit., p. 109), des vomissements spasmodiques survinrent après l'ingestion, le matin à jeun, en hiver, d'un verre d'eau presque glacée; le malade mourut douze heures après sans que d'autres symptômes se fussent manifestés, et à l'autopsie on ne trouva rien d'appréciable. Deux circonstances aggravèrent ici les accidents, l'état de température du corps échauffé par le lit et l'état de vacuité de l'estomac.
Mais il y a des cas où des selles abondantes viennent s'ajouter aux vomissements, en même temps que l'estomac et l'abdomen sont le siège de douleurs plus ou moins aiguës; des accidents de ce genre qui furent observés en 1825 lurent désignés sous le nom de choléra-morbus [Bullet. des sciences média, de Férussac, t. VI, p. 34, sept. 1825).
En effet, en 1825, pendant l'été, qui fut très-chaud, un grand nombre de personnes furent malades après avoir pris des glaces ou des boissons glacées, dans plusieurs cafés de Paris et particulièrement dans le café de la Rotonde, au Palais-Royal, de telle sorte que des plaintes furent portées et qu'on crut d'abord à un empoisonnement; des enquêtes eurent lieu, mais aucune cause d'intoxication ne put être découverte ; du reste, on acquit la preuve que des symptômes semblables avaient déjà été observés pendant une année très-chaude, en 1822. Une commission composée de savants et de médecins, de Vauquelin, Marc, Léveillé, Marjolin, Orfila et Pelletier, conclut à l'unanimité : 1° qu'on ne saurait rendre compte des accidents dont il s'agit qu'en les attribuant à une irritation du canal alimentaire, déterminée par l'action subite du froid sur l'estomac d'individus qui avaient été longtemps exposés à l'action de la chaleur et de la
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sécheresse; 2" que les moyens de se garantir de ces accidents seraient de faire un usage très-modéré des glaces et surtout d'eau glacée, pendant les fortes chaleurs, ou à la sortie des spectacles; 3° que la maladie produite par ces glaces doit être traitée comme le choléra-morbus.
Des faits analogues observés en 1868 déterminèrent, de la part de Chevallier, le dépôt d'une note relative à cette sorte de choléra-morbus sur le bureau de l'Académie de médecine [Bullet. de l'Académie de médecine^ t. XXXHI, p. 717, 1868).
Mais les choses ne se bornent pas toujours à une simple irritation plus ou moins vive de l'estomac; on voit survenir parfois des gastrites aiguës qui entraînent la mort à brève échéance. Haller cite l'exemple d'un homme qui but, ayant chaud, un grand coup d'eau froide : il fut pris des symptômes d'une inflammation aiguë de l'estomac et mourut en quinze jours; à l'autopsie, on trouva le grand cul-de-sac de l'estomac gangrené et ulcéré (Christison, loc. cit., p. 108).
Dans la thèse de Qniucieux, Sur la gastrite aiguë (Paris, 1811), est relaté le cas d'un militaire qui but d'un seul trait une bouteille de bière qui avait été plongée dans de la glace. Il mourut au bout de cinq jours avec tous les symptômes d'une gastrite aiguë ; à lîautopsie, on trouva en effet la muqueuse stomacale violemment enflammée et même ulcérée en plusieurs points ; le contenu de l'organe était noirâtre comme les matières rejetées par les derniers vomissements.
Quérard cite encore le fait d'un colonel de cavalerie qui, pendant des manœuvres au mois d'août, mourut après un jour ou deux d'atroces douleurs, pour avoir bu, accablé de chaleur et couvert de sueur qu'il était, une carafe d'eau de groseille à la glace.
Comme on le voit, la mort ne fut pas instantanée comme dans le cas d'ingestion de boisson ayant environ 12 degrés de température. Quérard explique ce phénomène précisément par la violente astriction déterminée sur la muqueuse gastrique par le contact du liquide froid : les extrémités des filaments nerveux qui s'y distribuent sont engourdies et comme paralysées, l'ébranlement violent qu'elles reçoivent n'est plus transmis au centre cérébro-spinal ; dans le cas du liquide à 12 degrés, au contraire, l'astriction est peu considérable, et l'effet tout entier s'épuise sur les éléments nerveux de la muqueuse, qui participent d'ailleurs à l'excitation de toute l'économie ; leur réaction énergique généralise, en un instant, un désordre qui, dans le premier cas, pourra se trouver locahsé dans l'estomac.
La dysenterie apparaît parfois sous l'influence de l'ingestion de boissons glacées. D'autres fois, au lieu d'une gastro-entérite, ce sont les symptômes d'un simple embarras gastrique. On a observé la péritonite aiguë, dans des conditions analogues, chez les chevaux. Enfin, on a vu survenir des ascites après un temps plus ou moins long. Pour l'exposition détaillée de ces faits, nous renvoyons au mémoire de Quérard.
On conçoit bien que les organes de la respiration peuvent également être atteints d'inflammations aiguës après l'usage de boissons glacées. D'après les auteurs, toutes les affections aiguës de la poitrine pourraient être déterminées par cette cause, pleurésies, pneumonies, etc. Nous n'insisterons pas davantage sur ce point.
On voit par tout ce qui précède que les accidents les plus graves peuvent être provoqués par l'ingestion de boissons froides, lorsque le corps est échauffé et particulièrement pendant la saison chaude. D'après Quérard la gravité de ces accidents est liée aux quatre conditions suivantes :
l» Echauffement préalable du corps; 2° vacuité actuelle de l'estomac; 5" grande quantité de boisson ingérée dans un temps donné ; 4° basse température de cette boisson.
Nous rappellerons au sujet de cette dernière condition que dans les cas mortels l'issue fatale arrive toujours moins rapidement avec les boissons glacées qu'avec les boissons froides à 12 degrés et qu'avec les glaces on n a jamais observé d accidents mortels; la lenteur avec laquelle elles arrivent dans l'estomac explique leur innocuité relative.
On peut résumçr de la manière suivante les préceptes hygiéniques propres à prévenir ces accidents :
1" Boire à petites gorgées et conserver le liquide dans la bouche le plus longtemps possible avant de l'introduire dans l'estomac;
2" Ne pas boire de liquide glacé quand l'estomac est vide et prendre auparavant une petite quantité d'un aliment solide, pain, biscuit, chocolat, etc. ;
3° Dans les bals et les réunions, éviter de prendre des boissons froides ou du moins accorder la préférence aux sorbets au rhum, qui sont légèrement stimulants et offrent moins d'inconvénients que les glaces à la crème et surtout que celles aux fruits;
4° Dans les cas d'accidents provoqués par l'ingestion de liquides glacés, donner de l'eau chaude. Dans les bals, les effets des glaces sont avantageusement contrebahmcés par le vin chaud, le punch, le thé, etc. L. Haun.
GLACES (Fabrication des). Hygiène INDUSTRIELLE. La fabrication du verre à glaces et des glaces coulées a pris depuis une vingtaine d'années environ une extension considérable. En France, la plus grande fabrique de verre à glaces est celle de la Société de Saint-Gobain, dont les usines sont situées à Saint- Gobain, à Cirey, à Chauny et à Monlluçon. Il y a en outre quatre autres glaceries à Recquignies, à Feumont, à Aniche (Nord) et à Épinay (Seine). L'Angleterre a des usines à Ravenhead près de Prescott et sur le bord de la Tamise ; en Belgique il y a les fabriques de Floreffe et de Sainte-Marie-d'Oignies. L'Allemagne a des manufactures de glaces à Ober-Salzbrunn, près de Waldeiibourg (Silésie Supérieure), à Grùnplan, à , Gelsenkircheu en Westphalie, à Aix-la- Chapelle, à Stolberg et à Waldhof, près Mannheim.
La fabrication des glaces coulées comprend les quatre opérations suivantes :
1° La fusion et l'affinage;
2" Le coulage et le recuit ;
3° Le polissage, qui comprend lui-même : le douci ou dégrossissage, le savonnage et le polissage proprement dit;
40 L'étamage.
I. Fusion et affinage. Cette double opération, qui a pour objet la préparation du verre fondu destiné à être coulé, se faisait généralement autrefois et se fait encore aujourd'hui, dans un certain nombre de glaceries, en deux temps; elle nécessite deux sortes de creusets : les creusets de fusion proprement dits, et les cuvettes d'affinage, dans lesquelles le verre fondu, une fois débarrassé de son fiel ou impureté, est transvasé au moyen de grandes cuillers ou poches de cuivre. Ces poches, fixées à un long manche, sont maniées par les ouvriers. Cette opération du transvasement de la masse vitreuse des creusets de fusion aux cuvettes d'affinage porte le nom de trejetage. Aujourd'hui, avec le remplacement, dans presque toutes les glaceries, des anciens fours à grille par les fours
à gaz de Siemens ou de Boétius, l'on enfourne, on fond et on affaie le verre dans le même four et dans le même creuset.
Ce perfectionnement permet, non-seulement d'e'conomiser le combustible dans les proportions de 55 pour 100 environ, mais encore modifie très-avantageusement les conditions hygiéniques des ouvriers, en leur évitant une des opérations qui les expose le plus à l'action directe du calorique rayonnant.
II. Coulage et recuit . La fusion et l'affinage une fois effectués et la certitude une fois acquise que la masse vitreuse a les qualités pour être coulée, on procède alors au coulage des glaces.
Cette opération délicate nécessite, de la part des ouvriers, une grande précision dans la manœuvre, une régularité et un ensemble extrêmes. Elle exige l'emploi de cinq hommes et comprend :
i ° L'extraction de la cuvette du four et son transport au-dessus de la table à couler;
2° Le nettoyage de la table à couler et le renversement de la cuvette;
5° Le coulage proprement dit et l'introduction dans le four à recuire.
Lorsque la tuile d'ouvreau du four de fusion a été enlevée, la cuvette est saisie par sa rainure avec une grande pince montée sur roues, puis posée sur un petit chariot en fer qu'un ouvrier ti aine rapidement au-dessous de la grue qui doit l'enlever et la porter sur la table à couler. A ce moment-là, des ouvriers écrément la surface de la masse vitreuse pour la débarrasser des scories. La cuvette, alors saisie par les tenailles de la grue, est basculée sur la table à couler au devant du cylindre ou rouleau destiné à étaler la masse de verre sur la table. Des ouvriers enlèvent adroitement avec des grappins les corps étrangers qu'ils aperçoivent sur la nappe de verre fondu. Deux autres manœuvrent deux mains en cuivre, qui embrassent de chaque côté delà table à couler le devant du cylindre, de façon à suivre le mouvement de celui-ci, à maintenir le verre et à l'empêcher de déverser. Malgré celte précaution, une certaine quantité de verre fondu passe par-dessus les deux règles de cuivre dont l'écartement détermine sur la table la largeur de la glace à couler, et est reçue dans des caisses allongées placées de chaque côté.
Quand le rouleau est arrivé à l'extrémité de la table, après avoir passé pardessus la masse vitreuse, on enlève les tringles, on casse les bavures; et comme la table à couler a été placée en face du four à recuire ou carcaise, la plaque de verre obtenue se trouvant au niveau de la sole de ce four, sur laquelle on a répandu du sable fin, est facilement poussée dans le four à recuire, dans lequel, toutes les ouvertures une fois bouchées, on l'abandorme pendant quelques jours au refroidissement spontané.
Pendant ce temps, une autre cuvette est retirée du four de fusion, transportée sur la table à couler, et une nouvelle opération recommence. Un intervalle de quelques minutes seulement sépare les coulées, qui se succèdent ainsi jusqu'à ce que l'on ait vidé tous les creusets du four.
Les opérations que nous venons de passer en revue placent les ouvriers dans des conditions en tous points semblables à celles que présente le travail de la fusion du verre dans les verreries. L'action du calorique rayonnant et de la haute température donne lieu, chez cette catégorie d'ouvriers glaciers, à une série d'affections ou de troubles fonctionnels que l'on retrouve chez presque tous ceux qui travaillent devant des fours de fusion {voy. Verriers).
L'éclat lumineux du verre fondu soumet l'organe de la vue à une rude
épreuve. Nulle part les ouvriers ne sont exposés à le subir plus longtemps : soit quand les creusets enlevés par les crochets des grues traversent l'atelier comme des globes de feu, soit surtout quand, arrivés au-dessus de la table à couler, ils s'inclinent et déversent en flots incandescents leur masse pâteuse au devant du cylindre aplanisseur. Les ouvriers qui dirigent le coulage se préservent généralement des effets de l'incandescence au moyen de larges visières adaptées à leur coiffure.
111. Polissage des glaces. En sortant du four à recuire, les glaces coulées sontéquarries, c'est-à-dire débarrassées des bords irréguliers qu'elles présentent, et apportées ensuite dans l'atelier de polissage.
Le polissage des glaces équarries comprend les opérations suivantes : le douci ou dégrossissage, le savonnage et le polissage proprement dit.
Les deux premières opérations ont pour but de faire disparaître les rugosités et les ondulations produites par le contact du verre avec la table à couler et par le passage du rouleau.
On dégrossit les glaces au moyen de plaques de fonte fixées à des plateaux en bois doués d'un double mouvement de va-et-vient et de rotation. Pendant que l'appareil est en mouvement, on projette à la surface des glaces du gros sable quartzeux que l'on arrose avec un fdet d'eau. On remplace ce premier sable par un sable plus fin, et en dernier lieu par de l'émeri. Lorsqu'un côté est dégrossi, on retourne la glace et on recommence sur l'autre face.
Le savonnage consiste à faire mouvoir sur une glace fixée sur une table une autre glace, en interposant entre les deux de la poudre d'émeri délayée avec de l'eau et de plus en plus fine.
Ce travail se faisait généralement autrefois à la main; aujourd'hui, dans la plupart des manufactures, on se sert d'appareils mécaniques qui diminuent à la fois les frais de main-d'œuvre et les inconvénients qui en résultent pour la santé des ouvriers. Une ouvrière n'arrivait à faire dans le savonnage à la main, et par journée de onze heures, que 1 mètre à l'"50 de glace de chaque côté.
Le polissage proprement dit a pour objet de rendre aux glaces doucies et savonnées qui sont mates, blanches et dépolies, l'éclat et la transparence qu'elles doivent avoir. L'opération consiste à frotter les plaques de verre avec des brosses ou polissoirs garnis d'un feutre épais imprégné de colcothar ou rouge d'Angleterre (peroxyde de fer). Aujourd'hui, cette opération s'effectue partout à l'aide de machines; la glace est scellée au plâtre sur une table mobile ayant un mouvement rectangulaire de va-et-vient, tandis que les brosses sont animées d'un mouvement droit perpendiculaire à celui de la table.
Les opérations qui précèdent mettent les ouvriers dans des conditions de travail à peu près analogues à celles que subissent les tailleurs de cristal (voy. Verriers). Malgré l'intervention de l'/H<Hiù/e, la manipulation des poudres employées donne lieu à un dégagement de poussières auxquelles les ouvriers sont directement exposés.
L'inhalation de ces poussières provoque des affections pulmonaires aussi sérieuses que celles que l'on rencontre chez les aiguiseurs et les tailleurs de pierres. C'est chez des polisseurs de glace de Nuremberg que Zenker a observé le plus grand nombre des cas de la pneumonoconiose, à laquelle il adonné le nom de siderosis. Ces ouvriers, qu'il rencontrait souvent sortant de leur atelier, les vêtements tout couverts de poudre rouge, présentaient, dit-il, une expectoration rouge constituée par des cellules épithéliules farcies de granulations métal-
liques. Merckel a observé également, à Nuremberg, un certain nombre de cas de sidérose pulmonaire chez les ouvriers employés à la manufacture de glaces.
D'après Hirt, les polisseurs de glaces offriraient 70 affections de poitrine sur 100 maladies en général.
On peut se rendre compte de l'énorme quantité de poussières qui se produit dans les opérations du polissage des glaces, par ce fait que les glaces de verre, une fois doucies, savonnées et polies, perdent en moyenne la moitié de leur épaisseur et par suite de leur poids. Grâce à l'emploi de l'humide dans chacune de ces opérations, la plus grande partie de ces poussières se transforme en boues, il est vrai, et les dangers de la professsion se trouvent singulièrement amoindris.
L'humidité des ateliers, l'attitude professionnelle et la fatigue que provoquent quelques-unes des opérations du polissage, favorisent les maladies de poitrine, et plus particulièrement la dégénérescence tuberculeuse des poumons sous l'inflaence du processus irritatif provoqué par la présence des poussières dans le parenchyme de ces organes.
A. Tardieu a signalé les caractères suivants d'identité professionnelle chez les polisseurs de glace : « Toutes les saillies de la paume de la main droite sont calleuses, mais c'est surtout l'éniinence hypothénar et le bord cubital du métacarpe qui offrent un large calus épidermique tout à fait usé, rouge et noirci ; à la main gauche on trouve les mêmes caractères, quoique à un moindre degré. De plus, on voit, dans les plis de l'épiderme, des raies rouges formées par ce qu'on appelle la potée, poudre très-ténue et très-dure obtenue par la pulvérisation de diverses substances et alliages métalliques ou autres. » Ce signe professionel ne se constate pas chez les polisteurs à la machine.
IV. Étamage des glaces. Les glaces coulées une fois polies, celles qui sont destinées à faire des miroirs sont étamées, c'est-à-dire munies d'un amalgame d'étain, afin que les rayons lumineux éprouvent une réflexion aussi complète que possible.
L'étamage est une opération qui, malgré sa simplicité, exige beaucoup de précautions et de la propreté. L'étameur pose la glace à étamer sur la table dite à fourbir, laquelle est revêtue de drap, et il enlève, au moyen d'un morceau de flanelle et de la cendre de bois, toutes les saletés et toutes les matières grasses. La glace est ensuite essuyée et retournée de l'autre côté, qui est nettoyé de la même manière. L'étameur dispose ensuite la table à étamer. Une feuille d'étain ayant les dimensions de la glace est rendue lisse avec une brosse, puis imbibée de mercure sur toute sa surface à l'aide d'un tampon de drap. Après cette première aspersion de mercure, la pierre à étamer étant bien fixée horizontalement, on verse sur la feuille d'étain ainsi préparée autant de mercure qu'elle en peut retenir par adhésion, sans que le métal déborde. Cela fait, la glace est poussée avec les plus grandes précautions tout près de la feuille d'étain, à une distance d'un millimètre au plus. Ainsi posée, elle est recouverte d'une flanelle ou d'un drap qu'on charge de forts poids, afin que la pression expulse le mercure surabondant. La glace est alors abandonnée à elle-même pendant au moins vingt-quatre heures, afin que l'étamage, en séchant, acquière de la solidité. Après ce Itips de temps, les glaces mises en tain sont portées sur des tréteaux inclinés dits à égoutter; les glaces relevées peu à peu, le mercure en excès s'égoutte, et elles restent ainsi de une à deux semaines dans la position verticale, jusqu'à ce que le tain soit complètement sec.
Les metteurs en tain sont, on le comprend, les ouvriers qui ont le plus à souffrir des inconvénients de la profession, dans la manufacture de glaces.
Suivant Keller, quia observé dans les fabriques de Friedricshal, Neukurkenthal et Plisenthal, les ouvriers qui sont depuis quelque temps dans ces fabriques présentent presque tous les caractères de la cachexie liydrargiri(^ue. On observe fréquemment chez eux des ulcérations profondes des muqueuses nasale et buccale, avec gonflement des amygdales et des ganglions cervicaux; des périostOîes qui affectent de préférence le tibia, plus rarement le fémur et les os de la tête, accompagnées de douleui's violentes qui s'exaspèrent pendant la nuit et par les variations atmosphériques. Parfois le dos, la poitrine et le cuir chevelu sont le siège d'une éruption maculeuse, papuleuse ou squameuse; ces éruptions se montrent subitement, persistent pendant plusieurs semaines pour se reproduire plus tard (Keller).
Le même observateur a constaté chez les miroitiers de ces fabriques la fréquence des avortements et la débilité, la maladivité et la tendance au rachitisme des enfants que ces ouvriers mettent au monde.
A l'article Maladies mercurielles de ce Dictionnaire, il a déjà été traité longuement du mécanisme d'action du mercure sur l'économie animale.
Les diverses opinions des auteurs sur la présence et l'état du mercure dans la circulation y ont été présentées d'après les connaissances du moment. Depuis lors, de plus récentes expériences, laites par M. Merget, sont venues éclairer la question d'un jour nouveau. Je crois devoir reproduire en entier la note que mon savant collègue à la Faculté de médecine de Bordeaux a bien voulu me communiquer à ce sujet : « On a expliqué, jusqu'à présent, l'intoxication [)ar l'inhalation des vapeurs mercurielles, en admettant que celles-ci, dès qu'elles pénètrent dans le sang, donnent lieu à la formation de bicblorure de mercure, lequel à son tour se transforme en chloralbuminate soluble, pouvant être ainsi transporté dans toutes les parties de l'organisme, et agissant spécifiquement sur les divers organes. » 11 y a tout lieu de croire que les choses sont loin de se passer ainsi. Voici ce qui résulterait d'expériences nombreuses sur des animaux : le mercure à l'état de vapeur, traversant sans difticulté les septa respiratoires, s'introduirait en nature dans le sang, circulerait avec lui et l'abandonnerait pour se fixer inégalement sur les organes, avec les éléments desquels il formerait probablement des combinaisons qu'il s'agirait de déterminer. « Dans l'intoxication par les vapeurs mercurielles, les organes qui fixent le plus de mercure sont les poumons, les reins, le cerveau et le foie » (Merget).
Dans les ateliers d'étamage des glaces, les vapeurs mercurielles sont répandues dans toutes les parties de l'atmosphère. C'est à l'absorption continue de ces vapeurs par les ouvriers que sont dus les accidents d'intoxication lente et profonde que l'on constate chez eux.
« On a toujours attribué, ajoute M. Merget, les maladies des étameurs de glace, par l'ancien procédé, à l'absorption des vapeurs de mercure; mais il y avait contradiction à dire que ces ouvriers étaient intoxiqués par les vapeurs mercurielles et à prétendre, avec Faraday, que ces vapeurs, dans leur diffusion, ne s'élevaient pas à plus de quelques centimètres au-dessus de la surface du métal qui les émettait. Ce que j'ai démontré, c'est que la portée du mouvement diifusit des vapeurs mercurielles dépasse infiniment cette limite ; et il m'a suffi pour cela de substituer au réactif de Faraday, consistant en une lame d'or blanchissant par amalgamation, un réactif beaucoup plus sensible, qui est l'azotate d'ar-
752 GLACES (FABRICATIO.X DES).
gent ammoniacal. Ou l'obtient en traitant une solution saturée d'azotate d'argent par l'ammoniaque liquide, jusques à redissolution du précipité qui se forme
d'abord.
« On l'emploie en traçant sur un papier quelconque des traits avec une plume d'oie trempée dans ce réactif. Ces traits noircissent sous l'influence des vapeurs mercurielles, en prenant des teintes caractéristiques qui varient du brun au noir foucé. »
C'est en faisant usage de ce réactif que, dans un gn-and atelier d'étamage de <ilaces. occupant un local aussi spacieux que largement aéré et présentant un ensemble de conditions exceptiouellement avantageuses au point de vue de l'hygiène, M. Merget a pu constater que dans la vaste pièce où les glaces reçoivent leur tain l'atmosphère, depuis le plancher jusqu'au plafond, était en tout temps saturée de vapeurs mercurielles.
De plus, les ouvriers, qui n'y séjournaient cependant que quatre heures par jour, en se relayant tous les huit jouis, avaient leur peau, leur barbe, leurs cheveux et toutes les parties de leurs vêtements fortement imprégnés de mercure condensé; de sorte que, même en dehors de l'atelier, ils restaient sous l'influence des émanations délétères de ce métal.
On comprend, après cela, l'importance que l'on devait attacher, pour l'assainissement de l'atmosphère d'un atelier d'étamage de glaces, à rechercher le moyen de neutraliser directement dans cette atmosphère les vapeurs mercurielles par d'autres vapeurs capables de les fixer en les faisant entrer dans une combinaison inoffensive.
Meyer a eu recours aux vapeurs d'ammoniaque dans les ateliers d'étamage de la glacerie de Chauny. <• 11 sulût, dit-il dans une note présentée à l'Académie des sciences, de répandre tous les soirs, après la fin de la journée, un demi-litre d'ammoniaque liquide du commerce sur le sol de l'atelier.... L'odeur pénétrante du gaz rend l'atmosphère de l'atelier d'étamage moins fade, moins suffocante et moins pénible pour les ouvriers. Depuis 1868, je n'ai pas vu un seul ouvrier nouveau atteint d'accidents mercuriels, tandis qu'avant cette époque l'influence du poison se faisait sentir chez des ouvriers qui ne travaillaient à l'étamage des glaces que depuis six mois. Quant aux ouvriers anciens qui avaient été pris antérieurement de tremblement raercuriel, les accès, malgré la continuation du travail, sont devenus moins fréquents. Il convient de répandre l'ammoniaque dans l'atelier le soir plutôt que le matin; l'action préservatrice est alors plus efficace; le gaz ammoniac libre se répand d'une manière uniforme dans toute l'étendue des ateliers pendant l'interruption du travail. »
On ne s'explique guère l'action neutralisante attribuée ainsi aux vapeurs ammoniacales, et j'ignore si ce moyen de préservation a été utilisé dans d'autres manufactures. On peut dire d'une manière générale que les gaz neutralisateurs que l'on a mis en avant ne sont pas eux-mêmes sans danger: telles sont les vapeurs de soufre et de chlore.
Bien que l'étamage des glaces au mercure soit aujourd'hui passé à l'état d'ancien procédé, il n'en est pas moins employé encore dans un certain nombre d'établissements. Aussi n'hésitons-nous pas à reproduire ici l'opinion de Merget sur l'influence préservatrice qu'il faudrait attribuer aux vapeurs de soufre et de clilore dans les ateliers d'étamage de glaces.
« Les travaux des chimistes hollandais, confirmés et développés par Boussingault, m'indiquaient d'abord le soufre comme propre à exercer cette action neu-
trahsante; mais, en répétant les expériences dont il avait été l'objet, j'ai reconnu que sou pouvoir préservateur, à l'égard des végétaux, était loin d'avoir la valeur absolue qu'on lui avait attribuée, et qu'il était subordonné à l'étendue de la surface évaporaloire, laquelle devait être incomparablement plus grande pour le soufre que pour le mercure.
« C'est là ce qui ressort nettement d'observations relatives aux végétaux: d'autres observations restreintes, il est vrai, à des sujets de petite taille, tendraient à établir que la respiration simultanée des vapeurs sulfuieuses et mercurielles serait plus imisible qu'avantageuse aux animaux. Que l'on place, en effet, deux oiseaux bien appareillés sous deux cloches de même capacité, de manière à permettre le renouvellement continu de l'air, et recouvrant des bains de mercure de même surface. Si les parois de l'une d'elles sont saupoudrées de fleur de soufre, l'oiseau qui meurt le premier est précisément celui de la cloche soufrée, à l'intérieur de laquelle il se développe bientôt des odeurs nauséabondes, dénotant manifestement la formation de produits résultant de l'action des vapeurs sulfureuses sur les substances organiques fournies par la respiration et la transpiration.
« Ces expériences demandent évidemment à être bien des fois répétées et sur des animaux de grande taille, avant qu'on puisse rien en induire relativement à l'homme; mais, n'yeùt-il que l'obligation de donner au soufre une grande surface évaporatoire, que cela le rendrait difficilement utilisable dans la pratique usuelle : donc, sous ce rapport du moins, le chlore leur semble incontestablement préférable.
« Il sulfit, en effet, de répandre de très-faibles quantités de chlorure de chaux dans une pièce infectée de vapeurs mercurielles, pour que celles-ci disparaissent promptement par suite de leur combinaison avec le chlore, qui les fait passer à l'état de protochlorure de mercure ou calomel. Ce calomel, d'une innocuité parfaite lorsqu'il est absorbé à petites doses par les voies digestives, serait peutêtre autrement redoutable lorsqu'il s'introduirait dans l'économie, à l'état de poudre impalpable, par les voies respiratoires; et c'est à l'expérience seule qu'il appartient de décider cette importante question. En attendant qu'elle prononce, on peut, dès à présent, utiliser les propriétés signalées plus haut dans le chlore pour soustraire les ouvriers qui travaillent le mercure à quelques-unes des causes d'intoxication qui agissent si désastreusement sur leur santé.
« On sait que chez ces ouvriers la peau de toutes les parties du corps, et plus spécialement celle des mains, est fortement imprégnée de mercure : or, j'ai constaté que ce métal persiste encore après des lavages réitérés à l'eau simple, tandis qu'il est promptement enlevé par des lavages à l'eau chlorurée. C'est donc celle-ci qu'il conviendrait d'employer exclusivement pour les soins de propreté. Quant aux vêtements, ceux qui servent dans l'atelier ne devraient jamais être portés au dehors, parce qu'ils sont, euxau<si, pénétrés intimement de mercure. Pendant les intervalles de repos, il y aurait donc lieu de les assainir en les exposant à de faibles fumigations de chlore. Ce sont là des précautions faciles à prendre et dont je crois pouvoiraflîrmer qu'on obtiendrait d'excellents résultats. »
Il est tout un ensemble de mesures préservatrices qui, en dehors de celle que nous venons d'indiquer, et qu'il serait si profitable d'expérimenter, doivent avant tout être appliquées. Elles consistent dans une ventilation parfaite des ateliers et dans certaines obligations imposées aux ouvriers, tant au point de vue de leur personne que de leur travail.
DICT. ENG. 4« s. VIII. 48
Ainsi, les tampons de llanelle avec lesquels on fait l'étendage du mercure sur les feuilles d'étain devront être armés d'un bâton de 4", 20 de longueur, de façon que les émanations s'élèvent toujours loin de l'ouvrier. Le mercure sera conservé dans des vases fermés; le couvercle ou entonnoir percé seulement d'un petit orifice pour recevoir le mercure qui découle des tables. Les draps à travers lesquels il passe pour se purifier en tombant dans les vases ne seront pas secoués à l'air libre, comme il arrive trop souvent, mais ils seront battus par un agitateur contenu dans un moulin parfaitement clos.
Une mesure indispensable, éminemment salutaire, consistera à n'occuper les ouvriers à l'étaraage qu'une faible partie du temps : detix fois par semaine, trois fois au plus, pendant cinq à six beures de travail consécutif seulement. Enfin on pourra, en outre de la ventilation générale de l'atelier obtenue en maintenant largement ouveiles toutes les baies naturelles pendant toute la durée du travail, organiser un système d'aspiration directe au-dessus des tables à élamer.
V. Argenture des glaces. Malgré tous les moyens de préservation susceptibles d'être mis en usage, l'étamage au mercure n'en restera pas moins toujours une industrie des plus insalubres et très-dangereuse pour les ouvriers. Aussi, le véritable perfectionnement à apporter serait la suppression définitive du mercure. C'est pour cela que les premiers essais d'argenture des glaces par le procédé du chimiste anglais Drayton furent accueillis avec faveur. 31allieureusement, l'adhérence de l'argent au verre n'est pas aussi parfaite qu'on peut le désirer, et le métal noircit à la longue sous l'influence des émanations sulfhydriques, malgré la couche protectrice du vernis dont on le couvre. Le procédé Brossette a apporté quelque perfectionnement dans l'application de cette nouvelle sorle d étamage, et c'est celui qui se fait aujourd'hui le plus communément. Voici, d'une façon générale, en quoi consiste le procédé.
On prépare une dissolution d'azotate d'argent, à laquelle on ajoute de l'acide tartrique en quantité convenable, puis de l'ammoniaque, de manière à redissoudre le précipité qui s'est d'abord formé; c'est cette dissolution qui, chauffée à 40 degrés environ, laisse déposer une couche d'argent brillante et adhérente sur le verre. Pour argenter les glaces, on les place sur des tables de fonte horizontales, dans lesquelles circule de l'eau chaude, on fait des rebords avec de la cire ou de la toile cirée, et on verse la dissolution en quantité suffisante pour qu'elle forme une couche de 2 ù 5 centimètres : au bout de 20 à 30 minutes la couche d'argent est déposée. L'opération se renouvelle deux fois lorsqu'il s'agit de glaces de belle qualité, de façon à rendre plus épaisse l'argenture. Après avoir lavé avec soin et laissé sécher, on recouvre la couche d'argent d'un vernis qui la protège contre les frottements et contre l'action de l'hydrogène sulfuré.
Ce travail ne présente d'autre inconvénient que l'odeur résultant de l'application du vernis et de son séchage. Cet inconvénient devient sérieux, si l'on fait usage de vernis aux hydrocarbures. Ainsi, dans un établissement d'argenture de glaces où l'on se servait d'un vernis formé de gomme-laque dissoute dans la benzine et d'oxyde ou blanc de zinc, l'atelier dans lequel on maintenait les glaces vernissées et qui était chauffé à 24 degrés environ, pour obtenir l'évaporation de la benzine, était rempli d'émanations hydrocarburées dangereuses pour les ouvriers et incommodes pour le voisinage {voy. Dégraissage a la bExNzike). En pareil cas, l'établissement doit être classé (déciet du 7 mai 1878) et l'on doit exiger des industriels un système de ventilation assez énergique pour porter les vapeurs au-dessus des maisons voisines. Malgré les perfectionnements
GLACIALE. 75b
apportés jusqu'ici dans l'argenture des glaces, les glaces argentées offrent toujours une teinte jaunâtre et reflètent des images de même couleur, ce qui est un défaut grave. xNous empruntons à M. Wuitz la description d'un procédé destiné à faire disparaître ce défaut, et nous reproduisons l'appréciation qu'il a portée de ce procédé au point de vue de la salubrité :
« Dans ces derniers temps, un inventeur très-ingénieux, M. Lenoir, l'auteur de la machine à gaz, a réussi à supprimer tous les inconvénients de l'argenture des glaces, en remplaçant la pellicule d'argent par une couche d'amalgame d'argent préparé, non avec le mercure liquide, mais avec une solution mercurique •étendue.
« Voici un procédé qui est exploité par la maison Mangin-Lesur, et qui a été l'objet de rapports favorables à la Société d'encouragement, au Conseil d'architecture de la ville de Paris, et tout dernièrement à l'Académie des sciences. La glace argentée par un procédé quelconque est d'abord lavée, puis arrosée avec une solution étendue de cyanure de mercure et de potassium. Dans ces conditions, l'argent déplace une partie de mercure contenu dans le sel double, et entre en dissolution. Le mercure précipité amalgame le reste de l'argent, et le fait adhérer solidement à la glace. Cet amalgame n'a plus la teinte jaunâtre de l'argent. Il est bhinc et donne des images pures comparables à celles des anciens miroirs. 11 est moins sensible aux émanations gazeuses, et assez fixe pour qu'on puisse le frotter à sec avec un tampon, sans le détacher, 11 est vrai que le cyanure double de mercure et de potassium est un sel vénéneux, mais il est employé en solution très-étendue, et la pratique journalière de la galvanoplastie démontre que les cyanures ne présentent aucun danger dans ces conditions.
Néanmoins, comme il s'agit d'un sel mercurique, il ne faudrait pas se départir de certaines précautions, et, en particulier, des soins de propreté qu'exige le maniement d'une substance toxique. Ce qui peut rassurer à cet égard, c'est la considération que, dans l'ancien procédé, les ouvriers étaient exposés conlinuellement aux émanations mercurielles. Ce danger est écarté définitivement, et celui qui résulterait du contact d'une solution irès-étendue de mercure avec la peau est, sinon imaginaire, du moins très-faible, et ne s'est pas encoi^e montré jusqu'ici. En tout cas, le procédé Lenoir, alors même que l'avenir révélerait quelques inconvénients, est supérieur à l'ancien procédé d'étamage, et il est à désirer, à tous les points de vue, et surtout dans l'intérêt de l'hygiène, qu'il s'y substitue rapidement » (Wurtz, Rapport au Comité (Vhugiène).
Alexandre Layet.
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Friedrichal, Neukurkental et Plisenthal. lu Wiener vied. Wochenschrift, 1860, n° 38, et Gaz. Iiebdom. deme'd., 28 décembre 1860. Extrait par Beaugrand [Annal, d'htjgiène, 1861,
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756 GLADBACII (Les).
GLACIERS. Voy. Géographie médicale, p. 72 et suiv.
GLADBACn (Les).
Gladbach (Johann-Bernhard von). Florissait à Kreutznach à la fin du dixseptième siècle et au commencement du dix-huitième. « Il avait fait ses éludes à Leyde, sous Harmesius et Overkamp, qu'il appelle ses illustres maîtres. Dès qu'il voulut se livrer à la pratique, il s'aperçut que leurs enseignements ne suffisaient pas pour faire un grand médecin; il sentit le besoin de recommencer et de faire par lui-même son éducation. 11 débuta par le doute, presque aussi philosophiquement qu'avait fait Descartes ; mais il procéda comme lui suivant la méthode la plus funeste aux sciences qui ait été imaginée, la méthode des hypothèses. Il adopta d'abord les principes de Bontekoe, qui faisait dériver toutes les maladies du scorbut ; plus tard, il reconnut que les maladies si diverses auxquelles l'homme est sujet ne pouvaient être ramenées à une seule et il admit quatre maladies fondamentales, dont toutes les autres étaient des formes varices ou des effets : la fièvre, le scoi'but, la cachexie et le catarrhe » (Dezeimeris). On a de lui :
I. Praxeos medicae idea novissima. Herborn, 1694, in-8 ; ibid., 171 1, in-S". Trad. franc, par Devaux : Nouvelle pratique médicinale de Gladbach, où il est traité de la fièvre, du scorbut, de ta caclicxie cl du catarrhe, avec les remèdcf; qui conviennent à leur guérison. Ouvrage utile aux médecins et aux chirurgiens. Paris, 1711, in-12. — II. Untersucliung der vor 300 Jaliren verdeckten, nun wieder aufqefunden, Sôder warmen Gesundbrunnen. Mit einer Vorrede von Neuem herausg. vonG.J. Gladbach. Frankf'urt a. M., 1767, in-8°.
Oiadbaeh (Johaxx-Adolph). Né à Francfort-sui'-le-Mein, le 8 juin 1715, fit ses éludes à Hanovre, à Halle et à HelmstaJt, et devint le conseiller et le médecin de cour et de province du prince d'Anhalt-Zerbst, à la cour duquel il mourut en mars 1785. Voici le titre des ouvrages, peu remarquables du reste, qu'il a publiés :
I. Diss. de mumiis in jjraxi medica non facile adliibendis. Helmstadtii, 1735, in-4''. — II. Diss. de herniis imarceratis saepe non lelhalibus. Helmstadtii, 1738, in-4°. — Wl.lndicisin Swietenii commentariorum tomos quinque supplementum continens res notatu dignas, realis indicis vices supplens et observaliones indicans. Hildburg., 1775, in-4°. — IV. Gladbach a traduit en allemand : 1° Denys Barbaret, Traité sur les maladies épidémiques desbestiaux (Witlenberg et Zerbst, 1770, in-8°); 2° Champeaux et Faissole, Recherches sur la cause de la mort des noyés (Dantzick, 1772, in-S" ; additions : Zerbst, 1775, in-S") ; 3° Maiipin. Mémoire sur la fabrication du vin (Zerbst, 1775, in-S") ; 4° le Traité de l'Abbé Rozier sui" le même sujet [Zerbst, 1773, in-S"); 5° Pomme, Traité des vapeurs (Breslau et Leipzig, 1775, in-S"). L. Hx.
Gladbach (Georg-Jacob). Vint au monde à Francfort-su r-le-Mein en 1736, étudia la médecine à léna et y prit le bonnet de docteur en 1759. Il fut nommé ensuite médecin pensionné de sa ville natale et mourut le 13 septembre 1796, laissant : *
I. Diss. de scirrho in génère. lenae, 1759, in-4°. — II. Commentatio de morbis a vestitu contra frigus insufficiente. Francofurti ad Mœnum, 1761, in-4°. Trad. en allemand : Frankfurt a. M , 1763, in-8°. — III. Disquisitio de medicamentoruyn absorbeniium in febribu» acutis praesla7itia.\enae, \1&\, in-4°. — lY. Abbildungen von Schmetterlingen, nebst Text. Franklurt a. M., 1774, 4 Lief in-4°. — V. Namen- und Preisverzeichniss sowohl der Schmellerlinge oder der Tag-, Dâmmerungs- und Nachtvôgel als auch der Inseklen oder der Erd- und Wasserkâfer, Heuschreckcn, Grillen, Hummeln, Wespen, Mucken und Schnecken. Frankfurt a. M., 1778, in-8°. — YI. Gladbach a publié une nouvelle édition des recherches de Joh.-Bernh. Gladbach sur les eaux minérales de Soder. Frankfurt a. M., 1767, in-8° L.Hn.
GLAINE-MONTAIGUT. 757
CiLADiOLLS. Nom botanique du genre Glaïeul [voy. ce mol). Sous le nom de Gladiobis cœruleus on a désigné, non point un Glaïeul, mais l'Iris ordinaire de nos jardins {Iris germanica L.), et sous le nom de Gladiolus luteus, VIris flambe ou Faux Acore [Iris pseudo-acorus L.). Pf-
GL AIELX ou CL AYECJL . Gladiolus Tournefort. Genre de plantes Monoeotylédones, appartenant à la famille des Iridées.
Les glaïeuls sont des plantes herbacées, à feuilles allongées, parallélinerviées, le plus souvent lancéolées aiguës; les fleurs ont un périgone irrégulier pétaloïde, à tube court, à segments inégaux et presque disposés en deux lèvres. Les étamines, au nombre de 3, sont ascendantes. L'ovaire, à 5 loges, est surmonté d'un style filiforme, à divisions stigmatiques dilatées au sommet. Le fruit est une capsule membraneuse, trigone et triangulaire ; les graines sont ovales ou anguleuses, souvent ailées, pendantes.
Les Glaïeuls ont des fleurs brillantes, qui les font rechercher dans les jardins comme plantes d'ornement : on en cultive de nombreuses variétés.
Les organes qui ont fait placer les Glaïeuls parmi les plantes intéressant la médecine sont les parties souterraines renflées en bulles, et contenant [une forte proportion de fécule, qui les rend alimentaires. Au cap de Bonne -Espérance, on mange les bulbes du Gladiolus plicatus L. Chez nous, les bulbes du Glaïeul commun [Gladiolus communisL.), du Glaïeul des moissons [Gladiolus segeium L.), peuvent aussi fournir une fécule alimentaire, et servir de nourriture aux porcs, qui les recherchent. — En outre, on a employé ces bulbes, piles, en application sur les tumeurs scrofuleuses. Pl,
Bibliographie. — Tournefort. Instit. Rei herbar. — Linné. Gênera, 57 ; Species, 52. — Endlicher. Gênera, n° 1259, — Grenier et Godron. Flore de France, III, 247. I'l.
GLAI»IE-MO\'TAIGlIT OU SAII^T-JEAX-DE-GLAIXE (EauX MINÉRALES De).
Athermales, bicarbonatées ferrugineuses faibles, carboniques fortes. Dans le département du Puy-de-Dôme, dans l'arrondissement de Clermont-Ferrand, est un village d'environ IGO habitants où émergent deux sources connues sous le nom de Font-Salade et du Cornet. La première est peu connue et peu fréquentée, mais la seconde, qui se trouve dans une vallée qui réunit les deux châteaux du Cornet et de la Molière, est très-suivie par les habitants des communes voisines. Son eau est claire, transparente et limpide, elle laisse dégager une grande quantité de gaz acide carbonique qui s'attache en perles brillantes et trèsnombreuses sur la paroi intérieure des vases qui la contiennent, elle n'a aucune odeur, sa saveur est piquante, agréable, quoique manifestement ferrugineuse, sa température est de 18", 8 centigrade et son analyse approximative a été faite en 18 44 par M. le docteur V. Nivet, qui a trouvé qu'elle renferme 46 centigrammes de principes fixes composés de carbonates, de sulfates et de chlorhydrates solubles de soude (26 centigrammes), et de 20 centigrammes de sels insolubles qui sont du carbonate de chaux mêlé d'un peu de silice, et des carbonates de magnésie
et de fer.
Il n'y a point d'établissement à Glaine-Montaigut et l'eau du Cornet est exclusivement employée en boisson pure ou coupée de vin aux repas, dans tous les états pathologiques et particulièrement dans les troubles de la digestion stomacale occasionnés par une anémie ou une chlorose. A. H.
Bibliographie. — Legrand d'Aussï. Voyage fait en 1787 et 1788 dans la ci-devant Haut
758 GLAND (botakique).
et Basse- Auvergne. Paris, an. III. In Dictionnaire topographiqiie des communes du département du Piuj-de-Bômc. Clermont-ferrand, 181 k — Nivet (Victor). Dictionnaire des eaux: minérales du département du Puy-de-Dôme. Clermonl-Ferrand, 1846. A. R.
GLAIRE. Liquide incolore, tenace, filant, ressemblant plus ou moins à du blanc d'œuf et ne différant du mucus normal que par sa consistance et sa viscosité plus grandes. La ténacité du liquide glaireux est quelquefois trèssupérieure à celle du blanc d'œuf, et telle que lorsqu'il est expulsé il peut former des fils de plus de 1 mètre, qu'on est obligé de rompre ou de détacher avec les doigts. C'est ce qu'on observe surtout pour les glaires des bronches que rendent, particulièrement le matin, les gens appelés pituiteux; mais un liquide semblable est rejeté aussi dans le simple rhume quand la sputation ne porte pa& seulement sur le mucus de la bouche ou de l'arrière-gorge et que des haut-lecorps l'amènent des tuyaux bronchiques. »
On appelle aussi pituite le rejet par simple expuition d'un liquide visqueux abondant, sous l'influence d'une affection stomacale, d'une migraine, de la grossesse, etc. Ce liquide est formé d'un mélange de deux salives ; mais ou admet généralement que les produits rendus par vomissement dans la gastrorrbée sont de véritables glaires sécrétés par la muqueuse gastrique. On verra pourtant à l'article G.vstroi^rhée que cette interprétation est contestée.
Les glaires sécrétées en abondance par l'intestin présentent à leur sortie des caractères particuliers. Tantôt elles sont concrétées sous forme de filaments, de rubans irréguliers, que les matrones prennent souvent pour des vers ; tantôt elles restent semblables aux produits de l'expectoration, et alors il n'est pas rare qu'elles soient tachées de filaments sanguins. La première espèce des mucosités est liée aux affections de l'intestin grêle, et il y a lieu de penser que leur concrétion dépend de l'action du liquide mixte du tube digestif, qui, on le sait, malgré l'alcalinité du suc intestinal proprement dit, reste acide, au moins jusqu'au caecum, par suite de la présence du suc gastrique et de divers acides, tels que l'acide lactique et l'acide acétique. Les mucosités restées visqueuses viennent du gros intestin et surtout de l'S iliaque et du rectum. Cette différence dans l'état sous lequel se montrent les mucosités expulsées par l'aims constitue donc un élément de quelque valeur dans le diagnostic des affections du tube digestif.
Les glaires rendues dans la leucorrhée, quoique albumineuses, ont rarement la consistance, la transparence, la forme des mucosités bronchiques; elles sont d'ordinaire plus fluides, d'une teinte louche, jaunâtre ou verdàtre. Enfin, dansle catarrhe vésical, l'urine dépose une couche blanchâtre, visqueuse, qu'une secousse fait tremblolter, et qui est tout entière formée de mucus. Nous avons vu un cas de catarrhe vésical chronique, longtemps méconnu, ou la quantité de ce liquide émis en vingt-quatre heures était au moins de deux grandes verrées» et qui fut rapidement guéri par les injections vésicales au nitrate d'argent.
Pour tous les détails relatifs à ces diverses espèces de catarrhe, voy. Catarrhe,. Diarrhée, Gastrorrhée, Leucorrhée, Yessie. A. Dechambre.
GLAIRIKE. Voy. Barégii^e et Sulfuraire.
GLiAXD. §. \. Botanique. On désigne généralement sous ce nom le fruit des diverses espèces de chênes {voy. ce mot). Le Gland doux est plus particulièrement le fruit du Quercus Ballota Doif.
GLANDAGE. 759
Cependant ce nom a été aussi appliqué à d'autres organes que les fruits et à des plantes d'autre famille que les cliênes. Ainsi on a nommé :
Gland d'Egypte, la noix de Ben ;
Glands de terre, les tubercules comestibles de diverses espèces, telles que le Buniuni hiilhocastanum, de la famille des Ombellifères, et ceux de la Gesse tubéreuse {Lathyrus tuberosus h.), des Légumineuses.
g II. Bromatologie. On croit généralement que le gland a fait la base de la nourriture des premiers hommes, et chacun de nous, en goûtant le fruit acerbe des chênes de nos forêts, n'a pu s'empêcher de plaindre ceux que la faim obligeait d'en faire usage. A propos de cette croyance populaire qui n'est pas nouvelle {Ceres frinnenta invenit, cum antea glande vescerentur, Pline), il est bon de remarquer qu'autrefois le mot gland servait à désigner indistinctement la plupart des fruits sylvestres, tels que les faînes, noix, etc. Il faut aussi noter que sur les quatre-vingts espèces de chênes que l'on connaît, deux seulement sont communes dans notre pays; ce sont le chêne rouvre [Quercus robur), et le chêne blanc [Quercus pedunculala), dont les fruits sont très-àpres, et ne peuvent servir à notre nourriture. Plusieurs espèces de chênes, qui croissent dans le midi de la France et les contrées méditerranéennes, produisent au contraire des glands doux et sucrés qui servent, encore de nos jours, à l'alimentation. Tels sont les chênes liège {Quercus suber), l'yeuse {Quercus ile.r) et surtout le chêne ballote [Quercus balluta), qu'on trouve dans l'Atlas et en Corse.
Les glands renferment une assez grande quantité de fécule, et celle-ci pourrait être extraite des fruits âpres, mais cette exploitation serait onéreuse. La meilleure manière de les utiliser est de les donner aux pourceaux, qui en sont friands.
On a également proposé de les torréfier et d'en faire du café. Guibourt dit que c'est une des substances qui simule le mieux le café véritable, et il s'étonne que l'usage n'en soit pus plus répandu. Le café de gland n'est pas excitant comme le café proprement dit, et pourrait être conseillé aux personnes qui abusent du moka. On trouve chez les épiciers de Paris du café de gland doux, qui se vend pulvérisé. 11 consiste en une poudre brune qui, de l'aveu même du fabricant, contient certaines autres plantes alimentaires non autrement désignées. L'infusion de cette poudre a tout à fait l'aspect du café, et son goût est bien plus agréable que celui de la chicorée torréliée, sans avoir toutefois rien qui ressemble au bouquet du café. Le mélange de cette poudre à une certaine quantité de café véritable peut être facilement donné au consommateur pour du café pur; et cette tromperie sur la qualité de la chose vendue est fréquente. Elle est inoffensive. La police interdit avec raison que le mot « café ))] soit employé pour désigner la poudre qui nous occupe. D'après Payen, le Racahout des Arabes est formé en grande partie de glands torréfiés. Il en est de même du Palamoud des Turcs, ou potage des sultanes. Le nom de ce dernier n'est justifié que par la présence d'un peu de mais ou blé de Turquie. Tous deux sont inconnus aux peuples sus-nommés. P. G.
GLAI\D (Anatomie). Voy. Pénis.
GLAXDAGE. Voy. MORVE.