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GLYCOSURIE

glycose est dextiogyre, qu'elle a un pouvoir rotatoire spécifique pour les rayons jaunes ou pour la raie D, évalué à -h 56 degrés par Hoppe-Seyler, à -(-55", 10 seulement par Tollens, à -h 53 degrés par un très-grand nombre d'observateurs. D'après les travaux les plus récents de Iloppe-Seyler, la glycose extraite des urines aurait un pouvoir rotatoire de -h 56", 4, ce nombie ne variant ni avec le temps, ni avec la concentration, du moins dans les limites de 46 à 290 grammes par litre.

A côté de la glycose on trouve accidentellement dans les urines d'autres sucres, Vinosite CH '-0^-1-211-0 ou sucre du tissu musculaire, la lactose C^-R-'O'^ou sucre de lait. Nous ne parlerons que pour mémoire d'un sucre insipide, ainsi nommé par ce qu'il n'aurait pas la saveur caractéristique. Les recherches de Boucliardat, de Guibourt et autres chimistes, ont permis d'établir que cette perte de sapidité est due à une combinaison de la glycose avec le chlorure de sodium, combinaison dont le résultat est la formation d'un composé cristallisable contenant 15,5 pour 100 de chlorure de sodium, très-soluble dans l'eau et d'une saveur à la fois peu sucrée et peu salée.

La glycose exerce une action réductrice intense sur un grand nombre de composés métalliques, en particulier sur l'oxyde de cuivre, l'oxyde bismuthique, les sels de mercure, d'or et de platine, la soude et la potasse caustique, etc. Cette propriété sert de bases aux différents procédés d'analyse dont nous avons maintenant à parler, en restant, bien entendu, sur le terrain des faits cliniques, qui seuls nous doivent intéresser ici.

Essai par la potasse caustique. Lorsqu'on met de l'urine glycosique en présence de la potasse caustique et que l'on chauffe li mélange jusqu'à ébullition, on ne tarde pas à voir le liquide prendre une coloration jaune d'abord, puis brune, d'autant plus intense que la quantité en sucre est plus grande; la teinte fonce par le refroidissement. De plus, par l'ébuililion il se dégage une odeur de caramel parfaitement caz'actcrisée. Cette réaction est due à ce que la glycose, primitivement incolore, se transforme, sous l'intluence de l'alcah caustique, en acide mélassique (ou sacchulmique).

Cette propriété de la glycose fournit un procédé à la fois simple et rapide de recherche qualitative, connu généralement sous le nom de procédé de Moore. Go peut l'utiliser en projetant dans l'urine à analyser un fragment de potasse caustique; on trouve actuellement dans le commerce de petites pastilles de potasse préparées spécialement dans ce but. On voit alors la coloration brune se montrer d'abord dans les parties voisines du fragment alcalin ; on peut aussi se servir d'une dissolution de potasse caustique préparée à l'avance comme on en trouve dans toutes les boîtes à réactif.

Le procédé de Moore est très-simple et très-caractéristique, il n'exige d'autre matériel qu'un tube à essai et une lampe à alcool ou la flamme du gaz. Il ne laisse point prise à l'inexactitude, pour peu que la quantité de glycose soit assez importante ; si cette proportion est faible, il y a indication d'employer la potasse en nature plutôt qu'une dissolution aqueuse de l'alcali. 11 pourrait y avoir inexactitude cependant dans le cas où l'on aurait affaire à une urine oxalique qui, dans les conditions d'expérience précitées, pouirait foncer jusqu'à prendre une teinte analogue au vieux madère. D'après Rees,il y a lieu également de s'assurer que la potasse ne contient pas de plomb qui, en présence des principes sulfurés de l'urine, pourrait donner lieu à une coloration noire et éveiller ainsi le doute.

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M. Jaccoud, qui a fait de la glycosurie une étude très-complète à laquelle nou^ aurons souvent lieu de faire des emprunts [Dict. de méd. et de chim. prnt.. t. XI, p. 521 et suiv.), recommande avec juste raison, dans les cas de teinte douteuse, de ne chauffer ([ue la portion supérieure du mélange d'urine et de solution de la potasse caustique, et cela en inclinant le tube de façon que la llamme ne porte que sur un point déterminé; le liquide ne prend alors la teinte brune que dans les parties portées à ébullition. Encore faut-il cependant que les deux liquides, l'urine et la solution alcaline, aient été bien mélangés, car en raison de la différence de densité la solution potassique tombe au fond du tube; il faut également chauffer avec précaution, et saisir le tube avec des pinces de bois, afin d'éviter les projections du liquide caustique qui pourrait produire des désordres graves sur les tissus et surtout sur la peau qu'il viendrait à toucher.

L'essai par la potasse caustique ne fournit qu'un résultat qualitatif et n'a pas encore été appliqué à l'analyse (piantitative de la glycose. C'est essentiellement le procédé de tous les jours, mis à la disposition dn malade lui-même; cependant dans une certaine mesure, en employant chaque fois la même quantité de potasse et le même volume d'urine, on peut juger par la teinte plus ou moins foncée du plus ou moins de glycose qui se trouve en dissolution dans l'urine. Ce résultat n'est que très-approximatif.

Essai par la soude canslique. La soude caustique détermine dans l'urine la même modification colorée que la potasse caustique. Elle est un peu moins utilisée dans la pratique parce que la potasse se conserve plus facilement et est d'un usage général plus répandu. Les conditions de l'expérience sont identiques et, si la soude, comme la chaux dont nous allons parler, détermine dans les urines un précipité abondant de phosphates terreux, la réaction n'en est pas troublée.

Essai par la chaxix caustique. Le principe de cette réaction est le même que le précédent, et M. Bouchardat la préfère même aux deux autres parce que, pour l'obtenir, il n'est même pas besoin de chaux caustique, de chaux vive, mais simplement d'un lait de chaux, ou mieux encore de chaux éteinte que les praticiens des campagnes et les malades peuvent trouver partout. 11 ajoute à^l'urine suspecte un peu de poudre de chaux desséchée ou de chaux semi-liquide, porte à l'ébullition et. si le liquide contient de la glycose, la coloration apparaît.

Essai par le bichlorure d'étain. En présence de la glycose, le bichlorure d'élain est réduit à l'état d'oxyde noir. Cette réaction a été utilisée par Maumené pour préparer des bandelettes de mérinos blanc, imbibées d'une solution concentrée de ce sel, séchées ensuite et formant ainsi une sorte de réactif solide. On projette quelques gouttes d'urine à analyser sur les bandelettes, et, si le liquide contient de la glycose, il se forme une lâche noire aux points touchés, lorsque l'on chauffe la bandelette à la flamme d'une lampe. Ce procédé, simple en apparence, n'est pas très-utilisable, parce que les bandelettes de mérinos ne tardent pas à brunir d'elles-mêmes par la décomposition spontanée du bichlorure d'étain.

Essai par le sous-nitrate de bismuth. L'oxyde de bismuth, en présence d'un alcali, est réduit par la glycose à l'état de bismuth métallique noir gris. Cette réaction constitue le procédé dit de Bôttger, fort utilisé, surtout en Allemagne, mais il présente un écueil à éviter. Si à côté ou même à l'exclusion du sucre se trouve dans la solution une certaine quantité d'albumine, il se forme également un précipité noir de sulfure de bismuth, la matière albumiiioïde se décomposant et cédant du soufre à l'alcali caustique. Or l'urine à essayer peut être albumi-

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neuse, elle peut renfermer du pus, du sang, qui contiennent aussi une certaine proportion d'albumine. 11 se forme également un précipité noir, si l'urine contient du fer, du plomb, du mercure ou du cuivre.

Pratiquement, le procédé de Bôttger s'applique de la façon suivante : à 20 grammes d'urine on ajoute 1/1 00'^', soit 0^,20 de sous-nitiate de bismuth, puis 20 à 40 gouttes de solution saturée de potasse caustique, on fait bouillir le mélange dans une petite éprouvette pendant plusieurs minutes el, s'il y a de la glvcose, la réaction se produit (Mchu). On peut aussi ajouter à l'urine un volume égal d'une solution concentrée de carbonate de soude au quart, puis y projeter une certaine quantité de sous-nitrate de bismuth pur, l'aire bonillir, et la réaction ne tarde pas à se produire par le dépôt d'une poudre gris noir dont la teinte est d'autant plus foncée que la proportion de glycose est plus considérable. M. Jaccoud préfère ce dernier procédé parce qu'il n'a jamais vu, dans ces conditions, la réaction se produire, s'il n'y a pas de glycose, tandis qu'avec la potasse au lieu de la soude des urines très-riches en urates ont pu brunir le sous-nitrate de bismuth, alors que cependant il n'y avoit point de glycose dans l'urme.

Le réactif de Bollger a une grande valeur, car aucun élément de l'urine normal ne réduit l'oxyde de bismuth et que, d'autre part, la teinte noir gris est plus facilement appréciable que le brun de la réaction par la potasse caustique. Ce procédé est donc essentiellement utilisable à tous les instants, même dans la clinique extra-nosocomiale.

Reste la question déjà soulevée de la possibilité de la présence de l'albumine ou celle des sels métalliques de plomb, de fer, de mercure, de cuivre. Il n'est pas difficile de s'assurer préalablement de la présence de l'albumine, non plus que de celle des composés métalliques que l'on ne rencontre pas en dehors du cas où le malade ferait un usage thérapeutique de ces substances, à moins que, par une coïncidence singulière, il ne soit aussi sous le coup d'une intoxication saturnine.

Mais pour éviter ces inconvénients E. Briicke a proposé récemment de substituer l'iodure double de bismuth et de potassium au sous-nitrate de bismuth. Le sel iodique de bismuth se prépare lui-même en dissolvant du nitrate basique de bismuth dans une solution chaude d'iodure de potassium en présence d'acide chloihydrique. Le procédé de recherche consiste ensuite à aciduler l'urine à essayer avec une certaine quantité, mais sans excès, d'acide chloihydrique; on attend qu'un précipité se forme et l'on filtre. On ajoute alors le ré.iclif qui, à lui seul, ne doit pas donner de précipité, et l'on ajoute une solution alcaline, on fait bouillir et, s'il y a de la glycose, le bismuth est réduit à l'état métallique. Essai par le bichromate de potasse. Le bichromate de potasse, en présence de la glycose est décomposé par réduction de l'acide chromique en sesquioxyde de chrome ou oxyde de chrome. La couleur primitivement jaune passe alors au vert. Cette réaction a été primitivement désignée sous le nom de réaction de Ilarley ou réaction de Krause. On fait un mélange par parties égales de chromate de potasse, en solution saturée, et de potasse caustique également en solution saturée; le réactif, mis en présence d'une urine glycosique, y détermine rapidement une couleur vert foncé, et sa sensibilité est telle que quelques gouttes d'urine sucrée ajoutées à une grande quantité d'eau suffisent pour la rendre possible.

M. Luton a perfectionné le procédé en proposant un réactif chromique propor-

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tionnellemeni défini et inaltérable dont la formule est la suivante : bichromate de potasse,!; eau distillée, 2; acide sulfnrique concentré, 2. La liqueur contient alors du bisulfate de potasse, de l'acide chromique et un excès d'acide sulfurique, elle est d'une magnifique couleur rouge. Pour l'utiliser dans l'examen ■d'une urine, on ajoute à ce liquide le réactif de Luton jusqu'à ce que le mélange ait une teinte rouge prononcée, on chauffe, il se produit une forte effervescence par la formation d'acide carbonique provenant de la décomposition du sucre et la couleur verte ou bleu verdàtre de sesquioxyde de chrome apparaît.

Le docteur Pratesi a préparé, dans le même ordre d'idées, des bandelettesréactifs dont il se loue beaucoup pour les recherches clinii|ues. Il commence par faire uu mélange à froid de 2s'',50 de potasse caustique dans 00 grammes de silicate de potasse liquide très-concentré, puis il ajoute 2 grammes de bichromate de potasse. Lorsque la solution est parfaite, il la verse dans un flacon à large embouchure, mais fermée au liège pour empêcher l'adhérence. Les laijiesréactifs sont des bandelettes de fer-blanc de 1 centimètre de larg(> sur 7 ou 8 de long sur l'extrémité desquelles on dépose, à l'aide d'une baguette de verre, quelques gouttes du liquide silicate chromique. On fait sécher à une douce chaleur, puis on ajoute à plusieurs reprises de nouvelles gouttes de la solution.

Les bandelettes sont conservées avec soin. Pour les utiliser, on commence par échauffer l'extrémité de la bandelette, le mélange-réactif se gonfle et jaunit un peu. On dépose alors quelques gouttes de l'urine glycosique, on chauMe jusqu'à siccité. Si la coloration verte ne se produit pas, on reprend la même opération, mais, pour peu que la glycose existe dans la proportion de quatre ou cinq millièmes, la teinte verte se montre très-nettement.

Ces différentes manières d'obtenir par l'urine glycosique la réduction de i'acide chromique sont fort élégantes et seraient absolument acceptables, s'il était bien démontré que d'autres composés organiques que le sucre ne la produisent pas. La sensibilité du procédé même, très-réelle, devient précisément un danger (Jaccoud).

Essai par le carmin cVindigo. Le carmin d'indigo, naturellement bleu, passe à l'état d'indigo blanc jaune en perdant une partie de son oxygène. Profitant des propriétés réductrices de la glycose, on a pu trouver dans ce l'ait un rcnctif de la glycose, mais dans ce cas encore celte; action réductrice de la glycose ne se produit qu'en pré>ence d'un alcali. Le réactif de Mulder est composé d'une solution de carmin d'indigo rendue alcaline au moyen du carbonate de soude ; il ne faudrait point faire usage de soude caustique parce que, à elle seule, elle suffit pour réduire le carmin d'indigo à l'état d'indigo blanc. Une urine glycosique chauflée avec son volume de réactif de Mulder passe d'abord à la teinte verte, puis au rouge et enfin au jaune. En cessant de chauffer et en agitant à l'air le mélange, le carmin d'indigo blanc s'oxyde peu à peu et revient au bleu en passant par le rouge, puis par le vert. D'après Jaccoud, qui reconnaît ce procédé comme très-sensible et très-brillant, la caractéristique n'est pas tant la décoloration du carmin bleu d'indigo, facile à obtenir avec beaucoup de substances, que ce passage successif par les teintes verte, rouge et jaune, et le retour en sens inverse par le refroidissement -

Essai par la bile de bœuf. Peltenkofer a démontré que les solutions des acides biliaires ou de leurs sels alcalins, additionnés de quelques gouttes d'une solution de sucre de canne ou de glycose, puis d'un excès d'acide sulfurique, donnent par l'agitation du mélange une teinte violet pourpre. La réaction se

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produit, à la condition d'éclwuiferle mélange, échaufferaent qui devrait être artificiel, si l'addition seule d'acide sulfurique ne le déterminait pas suffisamment. En tous cas, l'opération doit être conduite avec douceur, de façon que la température ne dépasse pas 60 degrés, car alors le mélange brunirait.

On a trouvé dans ces faits un procédé de réactif pour les urines glycosiques qui consiste à ajouter à ce liquide quelques gouttes de bile de bœuf, puis un volume égal à celui de l'urine d'acide sulfurique. La couleur violet pourpre est fort belle, mais la réaction ne se produit pas en présence de l'albumine ou des substances oxydantes comme des azotates. Si l'urine était albumineuse, il conviendrait de la priver de cette albumine par une addition suffisante d'acide et par l'ébullition. Le liquide filtré pourrait alors être essayé suivant les règles ci-dessus indiquées.

Essai par le nitrate d'argent ammoniacal. Si l'on met en présence d'une urine glycosique une solution de nitrate d'argent ammoniacal, l'oxyde métallique est réduit et se précipite sous forme d'une poudre noire. Cette réaction ne peut malbeureusement pas être d'une exactitude suffisante, car les sels d'argent sont réduits avec facilité par bien d'autres substances que la glycose. L'acide urique et l'urée peuvent déterminer le dépôt d'oxyde d'argent, et l'on sait que la même réaction se produit en présence de sels de fer, de [jlomb et surtout de mercure. Il faudrait donc, pour que l'essai au nitrate d'argent ammoniacal eût quelque valeur clinique, que l'on se fût assuré au préalable de l'absence de ces composés métalliques, aussi bien que de la non-existence d'acide urique ou d'urée eu excès, ce qui, par le fait, lui ôte toute valeur pratique. Il n'est donc nécessaire de signaler ce procédé que pour mémoire.

Essai par le cyanure de mercure. Cette méthode, nouvellement introduite en chimie physiologique par Knapp, est basée sur ce fait que la giycose précipite tout le mercure d'une solution bouillante de cyanure de mercure, additionnée d'un alcali caustique. Le métal se dépose et son poids est proportionnel à celui de la glycose.

Ce procédé a donc été proposé par Knapp à la fois comme réactif et essentiellement comme méthode de dosage de la glycose.

La liqueur de Knapp qui sert pour cette opération se prépaie en dissolvant dans de l'eau distillée 10 grammes de cyanure de mercure pur et sec, et 100 grammes d'une solution de soude caustique d'une densité de 1,140, de manière à obtenir en totalité 1000 centimètres cubes. Dans ces proportions 40 centimètres cubes de la liqueur d'essai sont complètement réduits par 1 décigramme de glycose.

Pour pratiquer l'essai, on place l'urine à examiner dans une burette graduée en dixièmes de centimètres cubes; il est avantageux de se servir d'un tube à essai maintenu verticalement dans un support à pince et terminé inl'érieurement par un robinet en verre; l'extrémité du tube est finement effilée. Après avoir fait manœuvrer le robinet pour s'assurer qu'il fonctionne bien et que l'urine peut ne s'écouler que goutte à goutte, on fait affleurer le niveau supérieur de l'urine au zéro de la graduation. Cette opération doit se faire à contre-jour et le niveau du trait zéro doit correspondre au point le plus élevé du ménisque convexe que lorme l'urine.

40 grammes de la liqueur de Knapp bouillante sont placés dans une capsule de porcelaine, de cristal, ou dans un flacon sphérique bien translucide, et on laisse couler l'urine jusqu'à ce que le mercure soit absolument réduit. Mais ici

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commence la difficulté, celle d'apprécier le moment où la liqueur d'essai ne contient plus de cyanure de mercure à l'état de dissolution. On y arrive au moyen d'une autre réaction. Knapp a proposé de déceler l'absence du sel mercurique en recherchant si au contact de sulfliydrate d'ammoniaque la liqueur ne donne plus de précipité noir de suU'ure de mercure, mais, comme il s'agit de proportions infinitésimales, il agit de la façon suivante : un fragment de papier à filtrer est imbibé de quelques gouttes de sulfhydrate d'ammoniaque, on laisse tomber sur ce papier une goutte de la liqueur d'essai et, tant que l'on voit apparaître une tache noire, tout au moins brune, on en conclut qu'il y a encore du cyanure de mercure dans la liqueur d'essai, que. par suite, il faut contmuer à laisser tomber de l'urine. La fin de l'opération se constate à l'absence définitive de la tache brune sur le papier sulfhydrate.

A ce moment, dilficile à apprécier peut-être très-exactement, on vise dans la pipette ou le tube gradué le niveau de l'urine à essayer et l'on évalue le nombre de centimètres cubes plus la fraction en dixièmes qui ont dû être employés.

Partant alors du fait que cette quantité est celle qui contient 1 décigramme de glycose, puisqu'elle a réduit 40 centimètres cubes de la liqueur d'essai, au moyen d'un calcul très-rapide on établit la proportion pour 1000 centimètres cubes d'urine.

Le procédé de Knapp a de grands avantages en ce que sa liqueur d'essai se conserve fort longtemps, qu'elle ne se réduit pas spontanément comme le font souvent les liqueurs cupriques, qu'enfin elle n'est pas non plus réduite par d'autres corps qui agissent manifestement sur ces dernières.

L'inconvénient du procédé consiste dans la difficulté de déterminer trèsnettement la fin de la réaction, mais nous dirons plus loin que cet inconvénient existe aussi, et à un haut degré, avec les liqueurs cupriques.

Sachse a proposé de remplacer le sulihydrate d'ammoniaque par une solutiou alcaline d'oxyde de zinc, obtenue en saturant un sel de zinc avec une solutiou de soude. Ce liquide précipite le mercure de ses solutions alcalines avec une teinte noire ou brune, suivant sa quantité. La plus petite proportion de mercure se montre sous forme d'un précipité brun. On continue à verser du liquide à analyser jusqu'à ce que l'oxyde de zinc reste inaltéré.

Essais et dosage par les liqueurs cupriques. Comme le procédé par le cyanure de mercure, la méthode d'analyse par les liqueurs cupriques est à la fois un moyen de recherche et un moyen de dosage de la glycose. Le principe sur lequel elle repose est que la glycose exeice une action réductrice sur l'oxyde de cuivre CuO qvi'ellu ramène à l'état d'oxydule de cuivre ou oxyde cuivreux Cu- 0, qui est ronge. Cet efiél résulte de l'oxydation de la glycose au dépens de l'oxygène de l'oxyde de cuivre, mais il ne se produit quen présence d'une forte proportion d'un alcali caustique.

Il existe un assez grand nombre de liqueurs cupriques qui varient entre elles, suivant la façon dont on obtient l'oxyde de cuivre libre et aussi suivant leur titre.

Le plus ancien procédé est celui de Trommer, improprement désiimé parl'ois sous celui de Trommerz ou Frommherz, par suite d'une erreur orthographique propagée par l'usage. Dans le procédé de Trommer, l'oxyde de cuivre ne se produit qu'au moment même de la réaction : en effet, on opère dans les conditions suivantes : Dans un tube à expérience on introduit I gramme environ de l'urine suspectée, parfaitement filtrée, 5 grammes d'eau et 10 gouttes de solution

DICT. EMC. 4° S. IX. 28

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<le soude caustique, d'une densité de 1,53, puis goutte à goutte une solution tie sulfate de cuivre au 20^. Immédiatement il se produit une précipitation d'oxyde de cuivre hydraté sous la forme d'un nuage jaune verdàtre, qui ne se dissout pas, si l'urine ne contient pas de sucre, mais qui se redissout par l'agitation dans le cas contraire. On ajoute alors très-progressivement quelques gouttes de la solution de sulfate de cuivre au 20'', jusqu'à ce que le nuage soit persistant, et, si à ce moment on chauffe à ébullition le mélange, on voit se former à la partie inférieure du tube un précipité rouge jaunâtre d'oxydule de •cuivre. II faut éviter d'ajouter le sulfate de cuivre en excès parce que pendant l'ébullition il se déposerait de l'oxyde noir de cuivre, qui masquerait la coloration rouge de l'oxydule cuivreux. On ne doit pas non plus chauffer le mélange avant d'avoir ajouté le sulfate de cuivre, car sous l'influence de la température élevée en présence de l'alcali caustique le sucre serait décomposé, caramélisé, et ne pourrait plus exercer son action réductrice sur l'oxyde cuivrique.

Telle est la réaction type de Trommer. M. Jaccoud y apporte dans la pratique une légère modification qui rend le procédé plus rapide et plus élégant. Il iijoute d'abord le sulfate de cuivre en petites proportions à l'urine et chauffe le tube, il ne se produit aucune modification, mais tout en maintenant le tube à la llamme il ajoute un excès de l'alcali caustique, solution de potasse; si l'urine contient de la glycose, on voit se former le nuage ou magma verdàtre, celui-ci se redissoudra, pour faire place à une coloration bleue qui disparaît au moment oii l'oxydule de cuivre se précipite en rouge.

On a cherché et l'on est arrivé à préparer des liqueurs titrées dans lesquelles îe sel cuprique et l'alcali caustique sont déjà en présence, et oii les sels formés sont maintenus en dissolution par du bitartrate de potasse. Les plus usitées de ces solutions sont les suivantes :

La liqueur de BarreawUl se prépare en dissolvant 50 grammes de bitartrate de potasse (crème de tartre) et 40 grammes de carbonate de soude dans 355 grammes ou centimètres cubes d'eau distillée, on ajoute à la solution 50 grammes de sulfate de cuivre, puis l'on porte le mélange à l'ébullition. D'autre part, on a fait dissoudre 40 grammes de potasse caustique dans 250 .grammes d'eau distillée (250 centimètres cubes), on mélange les deux solutions et l'on ajoute de l'eau distillée pour atteindre le volume total de 1 litre ou 1000 centimètres cubes.

Les proportions de cette solution sont ainsi calculées que 1 centimètre cube soit décoloré, ou mieux que tout l'oxyde de cuivre soit réduit par 5 milligrammes de glycose.

La liqueur de Fehling diffère de celle de Barreswill en ce que la soude caustique remplace la potasse caustique et que le tartrate neutre de potasse est substitué au bitartrate, permettant ainsi de ne pas introduire le carbonate de soude nécessaire autrement pour neutraliser l'excès d'acide.

On en a donné différentes formules, variant entre elles suivant les doses des substances actives. Claude Bernard, qui en a fait usage dans ses recherches sur Ja glycose du sang, a employé la suivante :

grammes.

Sulfate de cuivre ■ 56,46

Sel de Seignelte (tartrale de polasse et de soude) 200,00

Les.sive de soude (24 degrés de Bauméj . 500,00

Faire dissoudre et ajouter de l'eau distillée jusqu'à obtenir un volume total

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(le 1000 centimètres cubes. 1 centimètre cube de la liqueur correspond à 5 milligrammes de glycose, et 20 centimètres cubes à 10 centigrammes (Claude Bernard, Leçons sur le diabète, 1877).

Une autre formule non moins usitée est celle qu'indique Hoppe-Seyier {Traité (V analyse chimique, 1877), d'une part :

grammes.

Sulfate de cuivre e 31,65

Eau distillée 160,00

d'autre part :

Tartrate de potasse et de soude 173 grammes.

Solution de soude à 1,12 de densité . . . . 700 cenlimctres cubes.

On mêle les deux liqueurs et on ajoute une quantité d'eau distillée suffisante pour former 1000 centimètres cubes; 20 centimètres cubes de la liqueur ainsi préparée correspondent à 10 centigrammes de glycose.

Buignet {Manipulations de physique, 1877) propose comme avantageuse la formule suivante :

Sulfate de cuivre cristallisé 40 grammes.

Eau distillée 160 —

faire une première solution :

Soude caustique solide 130 grammes.

Tartrate neutre de potasse 160 —

Eau distillée 600 —

On mêle parfaitement les deux solutions et on ajoute au mélange la quantité d'eau nécessaire pour former 1154'^'=, 4 de liqueur à la température de + 15 degrés, 20 centimètres cubes sont entièrement décolorés par Os^OOO de glycose.

Poggiale préparait une double solution très-voisine de la précédente, mais en différant par le volume total et par conséquent par le titre, en la composant :

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