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Il est certain que leur présence se constate non-seulement dans l'urine, mais partout où l'on trouve de la matière sucrée au contact de l'air, par exemple, au voisinage des parties génitales, entre le gland et le prépuce; chez la femme elles se rencontrent sur les replis des grandes lèvres, des petites lèvres, du clitoris. Alors même que des soins de propreté ont fait disparaître le magma qui souille parfois ces régions, on en trouve encore en grattant la surface épidermique; elles sont alors mélangées aux cellules épithéliales.
Intimement liéees à la présence du sucre et à sa fermentation, les végétations cryptogamiques dont il est question n'ont jamais été rencontrées par Friedrich chez riiomme, en deliors de la glycosurie.
Par leur présence, aussi bien que par la présence même des cristaux de sucre inliniment petits, on s'expli(jue l'irritation dont sont le siège les régions anatomiques que nous venons d'indiquer et qui constitue un des symptômes de la glycosurie. Le malade éprouve une démangeaison parfois intolérable qui, indiquée au clinicien, doit éveiller son attention, car le diagnostic glycosurie n'a parfois pour point de départ que ce premier symptôme.
La démangeaison liée à l'état de sécheresse de la peau est un phénomène du même genre; à elle seule, elle peut également faire soupçonner la glycosurie; ce symptôme, intimement lié à la glycémie, n'est pas, à vrai dire, une conséquence directe de la présence du sucre dans l'urine, mais bien du sucre dans la sueur, comme dans tous les liquides de l'organisme. Nous renvoyons donc pour ce fait à l'aiticle Glycohémie et à celui de Diabète.
Dépôt pulvérulent. En s'évaporant, l'urine sucrée laisse un dépôt blanchâtre de sucre; si l'évaporation a lieu sur une surface colorée, le dépôt est trèsvisible ; si au contraire le fait se passe sur une étoffe blanche, on n'aperçoit que plus difficilement la couche pulvérulente que l'on peut détacher en froissant l'étoffe. Il en résulte que chez les glycosuriques la chemise est d'ordinaire souillée de larges taches urinaires et que l'étoffe est raidie, comme empoissée. Ces taches se distinguent facilement des taches urinaires ordinaires plus jaunâtres, des taches spermatiques moins pulvérulentes. Ces dernières enipoissent également l'étoffe de la chemise, mais, en vertu de la grande quantité d'albumine coagulée dans les mailles des tissus, elles sont un peu plus épaisses et plus élastiques. Les taches sucrées sont sèches, cassantes ; elles exhalent une odeur acide, souvent celle de l'aldéhyde. Lorsque quelques gouttes d'urine tombent sur un pantalon de couleur foncée, la tache blanchâtreest très-visible; la brosse ne l'enlève pas complètement, la benzine ne la dissout pas, mais elle est très-soluble dans l'eau. Bouchardat cite le cas d'un garçon d'hôtel, ancien glycosurique, qui éveilla ainsi l'attention d'un voyageur dont il brossait les effets ; ce dernier, jusqu'alors, avait absolument ignoré sa situation pathologique.
Des taches de même nature se retrouvent sur la peau des malades, à la portion interne des cuisses, sur les jambes, partout, en un mot, oii des gouttes d'urine ont pu toucher et se dessécher.
Mousse. Portées à l'ébullition dans un matras d'essayeur, les urines sucrées moussent parfois d'une façon persistante. Si les urines sont albumineuses, ainsi qu'il n'est point rare dans la glycosurie, cette circonstance s'explique facilement. Mais Bouchardat l'a observée dans d'autres cas et l'attribue à la présence d'une matière albuminoïde spéciale, d'un dérivé de l'albumtne auquel, en 1842, il donnait le nom iValbuminose et qui, à l'encontre de l'albumine, ne serait pas précipitée par la chaleur ou. les acides. La même substance a été étudiée
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par M. Mialhe, en 1846 (Compt. rend, de VAcad. des sciences, t. XXIII, p. 260 ; t. XXX, p. 745; t. XXXIII, p. iSol), et par Pellogioso [Rendiconti del i\'. Institido Lomhardo, se'rie 2, t. X, p. 550). Ce produit albuinineux serait une peptone, c'est-à-dire une alburainoïde qui a subi en partie l'action des ferments digestifs (Méhu, ÏVrine normale et pathologique, p. 205, 1880). 11 est aujourd'hui démontié que cette albuminose peut être isolée sous forme d'un produit sec. On observe la présence de cette albuminose, soit dans des urines exemples d'albumine, soit conjointement à de l'albumine. Telle urine contiendra à peu de jours de distance l'un ou l'autre ou les deux produits (C. Gerhardt, Centralblatt f. med. Wissensch., 1869, et Deittsches Arch . f.klin. Med., 1868, t. V, p. 212-216).
Alhuminurie. Nous en venons ainsi tout naturellement à étudier la complication fréquente de l'albuminurie avec la glycosurie. Le fait n'appartient pas aux cas d'une intensité moyenne, ni ne doit être regai-dé comme une circonstance heureuse, ainsi que l'ont cru certains auteurs, se basant sur l'autorité du nom de Dupuylren. Il panùt évident, et tel est l'avis de P)Ouchardat, qu'il appartient au contraire aux cas les plus graves. La présence de l'albumine dans l'urine glycosique peut indiquer la coexistence d'une néphrite (maladie (le Briglit), conséquence du travail excessif auquel le rein est soumis par le fait même de la polyurie et du passage du sucre, substance irritante, dans le rein. Elle peut également, en dehors de l'existence d'une néphrite, être l'indice dun trouble profond de la nutrition. Dans l'un et l'autre cas, l'albuminurie est donc une circonstance fâcheuse, mais elle peut disparaître avec la cause qui l'a produite, et c'est pour cela que Mayer pouvait dire que l'albuminurie des glycosuriqucs était moins grave que l'albuminurie isolée, celle de la néphrite sans doute [voy. les mots Albuminurie, Néphrite, Maladie de Bric/ht), car il est bien démontré aujourd'hui que l'albuminurie transitoire peut n'avoir qu'une importance très-secondaire.
La recherche de l'albumine dans une urine sucrée ne présente pas de difficultés et s'opère dans les conditions ordinaires. Il est préférable cependant, si l'on veut ne pas troubler plus tard les réactions amenées par la recherche du sucre, de ne pas ajouter un excès d'acide et surtout de ne point faire usage de l'acide azotique. On portera le liquide à l'ébuUition dans une capsule de porcelaine, et on ajoutera quelques gouttes d'acide acétique au liquide bouillant. On recueillera l'albumine coagulée sur un filtre et on pourra ainsi doser par le poids.
Dans le cas où l'on n'a point à se préoccuper de la recherche ultérieure du sucre et où l'on voudra simplement constater la présence de l'albumine, il n"v aura point lieu à des précautions spéciales, la glycose ne fait aucun obstacle au précipité de l'albumine.
Si l'albuminurie chez un glycosique est liée à une néphrite, on peut rechercher dans l'urine sucrée les éléments anatomiques caractéristiques de la lésion du rein, cellules épithéliales, cylindres hyalins ou granuleux, hématies, leucocytes, etc. {voy. Albuminurie, 1'''^ sér., t. II, p. 454).
B. Phénomènes qui donnent la certitude de la pre'sence de la glycose. La glycosurie est caractérisée, nous l'avons dit en commençant, par la présence d'un sucre dans l'urine. Ce sucre est le plus généralement celui auquel les chimistes ont donné le nom de glycose et la formule atomique C^^fl'-O" {voy. le mot Glycose). Nous n'avons point à en faire ici l'étude, ni à rappeler que la