RÉACTIF DE MAGNES
Potasse caustique 60 grammes.
Tartrate neutre de potasse —
Eau distillée 200 —
Dissoudre et ajouter celte aulrr- solution :
Sulfate de cuivre 15 grammes.
Eaudislillée 50 —
Filtrez.
1/inconvénient commun de toutes ces solutions cupro-potassiques ou cuprosodiques vient de ce que dans toutes une portion de l'oxyde de cuivre se précipite à la longue spontanément. En les maintenant dans un flacon bleu ou noir et dans un endroit obscin-, on n'évite qu'en partie cette précipitation qui a pour effet d'abaisser le litre de la liqueur et par conséquent de diminuer ainsi la quantité de glycose nécessaire pour en décolorer un même volume, 20 centimètres cubes, par exemple.
11 est donc indispensable de vérifit^r ce titrage, aussi bien après la première préparation (jue plus tard, pour recbercher si elle n'a point perdu. Il faut donc l'aire ro[)ération inverse de celle qui a pour but la détermination de la glycose, en se servant d'une quantité fixe de liqueur d'essai, et prendre un poids donné de glycose pour évaluer la quantité de la liqueur d'essai qui lui correspond.
Il est fort difficile de trouver dans le commerce de la glycose parfaitement pure, aussi vaut-il mieux préparer directement du sucre de canne interverti par l'action des acides sur le sucre candi pur et parfaitement desséché. Pour ce faire, il suffit de dissoudre, par exemple, 5 grammes de ce produit dans 500 grammes d'eau distillée additionnée de 5 grammes d'acide chlorhydrique, et de faire bouillir le mélange pendant dix minutes environ. On laisse refroidir le liquide et, après avoir saturé l'acide par une solution faible de potasse caustique, on ajoute une quantité d'eau distillée suffisante pour atteindre 500 centimètres cubes à -h 15 degrés; 1 centimètre cube de la solution renfermera 1 centigramme de sucre de canne interverti (10 centimètres ctibes en contiennent 1 décigramme'i.
Partant de ce point fixe, il sera facile de vérifier la quantité de glycose qui décolorera un volume déterminé de la liqueur d'essai. On introduit, au moyen d'une pipette, 20 centimètres cubes de la liqueur bleue dans un ballon d'une capacité de 100 centimètres cubes environ, l'on ajoute 50 centimètres cubes d'une solution de potasse caustitiue tiu lO'' et on chauffe à ébuUition. D'autre part, on a placé dans une pipette la solution sucrée eu notant exaclement à quel degré affleure le niveau et l'on verse goutte à goutte dans la liqueur bleue. Un nuage jaune rouge d'oxydule de cuivre se produit et la liqueur se
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décolore un peu, on chauffe de nouveau et Ton ajoute encore de la liqueur sucrée, en ]ivocédant par tâtonnements jusqu'à ce que la liqueur bleue soit entièrement décolorée et en chauffant chaque fois. Il convient de regarder la liqueur par transparence et sur un fond blanc, comme une feuille de papier; lorsque tout le cuivre est réduit la liqueur prend une couleur jaune ambrée, un instant avant elle offrait \ine teinte un peu verdàtre, due au mélange de la teinte ambrée avec un reste de teinte bleue.
La réaction terminée, on lit sur la burette la quantité de liqueur sucrée employée et, autant on a dîi verser de centimètres cubes, autant l'on a employé de centigrammes de sucre. Supposons que ce soit exactement 10 centimètres cubes, on en déduira que 20 centimètres cubes de !a liqueur cupro-potassiquo sont décolorés par 1 décigramme de sucre, ce sera le taux de la liqueur type de Fehling. Le plus généralement on arrive à une fraction et non à un nombre rond, mais, quelle qu'elle soit, ou obtiendra ainsi le titre de la liqueur d'essai. Pour le rendre plus exact, on fera trois opérations successives et l'on en prendra la moyenne, le résultat pourra être cons^idéré comme le tUre pratique.
Le résultat devra être inscrit sur le llacon avec cette mention : 20 centimètres cubes sont entièrement décolorés par n de glycose. Cette vérification est nécessaire de temps en temps, car, ainsi que nous le disions plus haut, toutes les liqueurs cupro-potassiques perdent peu à peu de leur titre par précipitation spontanée d'une certaine proportion d'oxyde de cuivre.
Nous sommes maintenant en possession de moyens suffisants pour doser la glycose des urines avec le minimum de chances d'erreur, et voici dans quelles conditions cette opération doit être pmliquée cliniquement.
Autant que possible, il faut recueillir très-exactement la totalité des urines rendues dans les vingt-quatre heures et la mesurer afm de pouvoir ensuite déterminer la quantité de glycose excrétée pendant le même espace de temps. Dans ce cas, il convient d'opérer le mélange de toutes ces urines et de prélever un échantillon sur l'ensemble. D'autres fois on aura quelque intérêt clinique à chercher au contraire quelle est la proportion de glycose excrétée pendant la nuit, pendant la digestion, après telle ou telle alimentation; on recueillerait alors la quantité d'urines émises pendant ce laps de temps, on doserait et on ne prélèverait d'échantillon que sur cette quantité. On peut, en un mot, faire varier l'expérience suivant toutes les indications qui se présentent, mais pour évaluer réellement la perte totale du sucre subie par l'organisme en vingt-quatre heures, et encore par la seule voie des urines, car il s'en perd aussi par la sueur et les autres excrétions, il faut opérer soit sur le mélange de la totalité des urines, soit sur une série d'échantillons séparés, en tenant compte toutefois de leur rapport avec la totalité des urines excrétées.
L'urine ainsi recueillie doit être examinée dans lui temps relativement court après l'excrétion, car certaines urines glycosiques fermentent avec rapidité, surtout dans les temps chauds, et l'on ne peut, sans une autre opération que nous décrirons, évaluer la quantité de sucre qui s'est ainsi décomposée. Lorsque l'on place de l'urine glycosique dans un flacon fermé, parfois le bouchon est chassé par l'acide carbonique ou, s'il est maintenu intact, au moment où on ouvre le flacon, les urines moussent tumultueusement comme du vin de Champagne.
L'urine à analyser doit être préalablement filtrée; on en essaie une partie par la chaleur, ou l'acide nitrique, au point de vue de la présence de l'albumine.
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Si l'urine est albumineuse, il faut se débarrasser de ce produit qui entrave la réaction. Pour y arriver on prélève, par exemple, 100 centimètres cubes d'urines que- l'on place dans une capsule de porcelaine, et on chauffe à ébullition, on ajoute quelques gouttes d'acide acétique et l'on voit l'albumine se précipiter en flocons. On laisse refroidir, et l'on filtre avec soin, le liquide recueilli est ramené au volume de 100 centimètres cubes avec de l'eau distillée. Ce liquide contient toute la glycose des 100 centimètres cubes de l'urine et l'on opère ensuite comme il va être dit, mais après avoir neutralisé l'acidité due à la présence de l'acide acétique par quelques gouttes de solution de potasse. Le liquide à essayer doit être absolument neutre.
La même précaution de neutralisation devrait être prise avec l'urine, même non albumineuse, pour peu qu'elle fût acide.
Le liquide à essayer, urine ou mélange, étant préparé, on procède à l'opération définitive ; si l'on recherche pour la première fois la glycose d'une urine déterminée, il est toujours bon de l'étendre au moins de trois fois son volume d'eau distillée; cette proportion pourra même être portée beaucoup plus loin dans le cas d'une urine très-fortement glycosique. L'opération se fera avec beaucoup plus de précision et l'on n'aura qu'à tenir compte de la proportion du mélange pour multiplier ensuite, par le chiffre qui la représente, celui de la glycose qui sera décélée. Si l'on ajoute o volumes d'eau distillée, on aura obtenu un liquide 4 fois moins chargé, il faudra donc multiplier le résultat par 4 ; si on a ajouté 9 volumes d'eau, il faudra multiplier par 10, n représentant le nombre de volumes d'eau ajoutés, le multiplicateur définitif sera u-hi.
On peut se servir pour l'opération d'une pipette graduée en dixièmes de centimètres cubes, mais l'opération est infiniment plus commode en se servant d'un tube de Moore également gradué, terminé à sa partie inférieure soit par une pointe effilée précédée d'un ajustage en caoutchouc muni d'une pince à pression continue, soit mieux par la même pointe effilée précédée d'un robinet en cristal fonctionnant avec précision. On lave le tube à l'eau distillée et on le vide bien. On remplit alors le tube du mélange à analyser, en dépassant un peu le zéro, on laisse écouler quelques gouttes jusqu'à ce que l'horizontale du trait zéro corresponde exactement au sommet du ménisque convexe du liquide.
D'autre part, à l'aide d'une autre pipette ou d'une éprouvette graduée en centimètres cubes, on a recueilli exactement 20 centimètres cubes de la liqueur bleue cupro -potassique, on la déverse dans un ballon à deux tubulures disposées perpendiculairement l'une à l'autre et d'une capacité de 100 centimètres cubes environ. Pour enlever de l'éprouvette la quantité minime de la liqueur d'essai qui y adhère, on la lave à l'eau distillée et l'on ajoute cette eau de lavage à la liqueur bleue contenue dans le ballon. 11 est évident que cette addition ne modifie en rien le résultat définitif, il le rend même plus sensible.
Au moyen d'une lampe à alcool ou d'un bec de Berzelius à gaz, brûlant à la flamme bleue, car la flamme éclairante jaune amènerait sur le ballon un dépôt de noir de fumée qui altérerait sa transparence, on porte à l'ébullition la liqueur d'essai et l'on commence à faire tomber goutte à goutte le mélan^gc urinaire en plaçant la plus petite des deux tubulures exactement sons la pointe effilée du tube de iMoore. Au moment où l'urine glycosique tombe dans la liqueur d'essai, on voit se produire un nuage jaune rouge qui se redissout ; on reprend l'opération ; à chaque fois la liqueur devient un peu moins bleue, on chauffe à nouveau et on laisse tomber quelques gouttes d'urine jusqu'à ce
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qu'enfin la liqueur soit complètement décolorée et que l'oxydule de cuivre soit entièrement précipité au fond du ballon. Pratiquement il y a là un point difficile à déterminer, celui où la liqueur est absolument décolorée, mais qu'il ne faut pas dépasser, aussi peut-on regarder un premier essai comme une simple indication ; d'après le nombre de centimètres cubes d'urine utilisés, on voit approximativement à partir de quel moment il faut redoubler d'attention et ne verser l'urine que goutte à goutte en chauffant chaque fois.
Quelques précautions sont encore à prendre : en chauffant il faut éviter les projections si communes avec les liquides fortement alcalins et caustiques, |)rojections qui d'abord obligeraient à recommencer l'opération et de phis seraient dangereuses pour l'opérateur et pour ses vêtements. Il faut aussi n'interrompre l'opération que pendant les quelques secondes nécessaires à la constatation du précipité, sans quoi, sous l'influence de l'oxygène de l'air, l'oxyde cuivreux ou oxydule Cu'O repasse à l'état d'oxyde cuivrique GuO qui se dissout.
Enfin, on examine toujours au-dessus d'une feuille de papier blanc, afin de mieux juger de la teinte, ainsi qu'il a été dit plus haut pour le titrage de la liqucui' d'essai.
On a déterminé en dixièmes de centimètres cubes la quantité d'urines examinée et l'on sait, puisqu'elle a décoloré 20 centimètres cubes de la liqueur bleue, que c'est là la quantité d'urines contenant 1 décigramme de sucre ou toute autre |iroportion suivant le titrage marqué sur le llacon. Par une simple règle de trois, on détermine alors le rapport pour 1000, ou pour un litre auquel il faut toujours venir comme terme de comparaison.
On a trouvé qu'avec une liqueur telle, que 20 centimètres cubes sont décolorés par OksIII de glycose, il a fallu employer 8,7 centimètres cubes; la proportion pour i litre sera :
(Mn^<jooo ^ ^^,,,^
mais, si l'on a étendu l'urine de trois volumes d'eau, il faudra multiplier 12, 76par 4, cequi donnera définitivement les proportions de 51e'', 04 pour 1000 centimètres cubes ou pour 1 litre.
En désignant par a le titre de la liqueur, c'est-à-dire la quantité de glycose nécessaire pour décolorer 20 centimètres cubes, par h le nombre de centimètres cubes d'urine employés dans l'essai, par n le nombre de volumes d'eau ajoutés pour étendre l'urine, x, c'est-à-dire la quantité de glycose contenue dans un litre, sera :
x={n-ir\) j^
Lorsqu'on veut faire une recherche absolument précise, il convient de faire } lusieurs essais successifs et de prendre la moyenne, car, avec quelque précaution que l'on opère, on n'aura jamais des valeurs absolument égales pour chacun des essais. Dans le cas ou l'on n'aurait qu'une urine contenant à peine des traces de glycose, il serait bon, comme l'indiquent MM. Seegen et Maly, de la décolorer d'abord par le filtrage sur du charbon animal, et de précipiter l'acide urique par l'acide chlorhydrique, en abandonnant la liqueur au repos. On ferait ensuite le dosage.
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Dosage de la glycose par la fermentation. Par la fermentation spontanée se développant dans certaines conditions, la glycose se décompose en acide carLonique et alcool, plus une très-faible quantité de glycérine et d'acide succiiiique. En déterminant ou activant cette fermentation par l'addition d'un ferment, de la levure de bière, par exemple, on peut arriver à déduire de la quantité d'acide carbonique produit celle du sucre qui l'a dégagé.
Théoriquement on peut concevoir l'opération de la façon suivante : Une cloche graduée est remplie de mercure et lepose sur ce métal, on introduit dans son intérieur une quantité déterminée d'urine et quelques fragments de levure de bière. Au bout de quelques jours, l'urine rendue trouble par la fermentation redevient claire, l'acide carbonique est réuni à la partie supérieure de la cloche. On mesure son volume et, en y ajoutant celui du gaz dissous dans le liquide, ou en déduit la quantité de sucre contenue dans l'urine, en partant de ce principe que 100 parties en poids d'acide carbonique correspondent à 204,54 parties de glycose. Malheureusement l'opération est très-délicate, difficile à conduire, et ne donne pas un résultat absolument précis.
On peut modifier l'expérience en se servant de deux ballons dont nous empruntons le dessin et la description au récent ouvrage de Méhu, l'Urine normale pathologique (1880).
Fig. 3. — Dallons pour le dosage de la glycose pai- la fermentation.
Dans l'un de ces ballons M on introduit l'urine glycosique et la levure, dans l'autre M' de l'eau de baryte ou une solution de chlorure de baryum additionnée d'ammoniaque. L'acide carbonique passant du ballon M dans le ballon M' sera fixé à l'état de carbonate de baryte.
On peut également avec le même appareil laisser dégager l'acide carbonique après l'avoir desséché par l'acide sulfurique. Pour ce faire, dans le flacon M on introduit l'urine glycosique, le ferment et un peu d'acide tartrique. Dans le flacon M' on a introduit de l'acide sulfurique. L'acide carbonique se dessèche en passant dans l'acide sulfurique, se dégage par le tubeT'. Lorsque la fermentation est terminée, on enlève une boule de cire dont on avait obturé le tube T et l'on fait passer de l'air dans l'appareil en aspirant par ce même tube l'acide carbonique qui était demeuré dans les deux flacons.
En pesant l'ensemble de l'appareil avant et après l'opération, on a le poids de l'acide carbonique dégagé. En multipliant ce poids par 2,1551, on a le poids de la glycose. Le chiffre 2,1331 représente le rapport entre le poids de
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l'acide carbonique et celui de l'alcool formés par 100 de glycose. En tenant compte de la fermentation d'une petite portion de glycérine et d'acide succinique, Hoppe Seyler propose le chiffre 2,045.
L'appareil lui-même qui sert à l'opération a été indiqué par MM. Will et Fresenius.
Ce procédé de dosage doit être surtout considéré comme une opération de contrôle, il est délicat en ce que la pesée qu'il nécessite doit être faite avec beaucoup de précaution et que de plus on n'est jamais certain que la fermentation était absolument terminée.
Dosage de la glycose par les procédés optiques. On sait que certaines substances jouissent de la propriété, quand elles sont traversées dans un certain plan par un rayon de lumière polarisée, de modifier la direction de ce plan, en le faisant tourner soit à droite, soit à gauche, d'une quantité qui varie selon la nature et la quantité de la substance examinée. Le sens et l'énergie de la déviation produite constituent un puissant moyen d'analyse qualitative et quantitative pour ces substances.
La glycose est dextrogyre, son pouvoir rotatoire a été reconnu égal à
-h 56°, 4 sa proportion dans une urine peut être reconnue à l'aide du
aV polarimètre de Biot et en faisant application de la formule générale p = yr-r,
formule dans laquelle a représente la déviation angulaire pour l'épaisseur / et pour la teinte sensible, V volume d'urine, et (a) le pouvoir rotatoire de la glycose rapporté au rayon jaune. En employant un tube de 50 centimètres, la formule qui donnera le poids p de la glycose dans 1000 centimètres cubes, ou 1 litre d'urine, devient
a reste à déterminer par l'observation directe, et ce n'est point ici le lieu de décrire le mode d'emploi du polarimètre de Biot. La seule difficulté de cette analyse est de décolorer suffisamment l'urine, ce à quoi on arrive en la traitant successivement par le sous-acétate de plomb, puis par le filtrage sur le charbon.
L'urine est déposée dans un verre à pied, on laisse tomber goutte à goutte le sous-acétate de plomb hquide jusqu'à ce qu'une nouvelle addition ne donne plus lieu au précipité, on filtre sur le papier, on ajoute au liquide de filtration la moitié de son volume de noir animal lavé, on filtre à nouveau, et le liquide est limpide et incolore.
On a construit pour le dosage industriel du sucre des appareils spéciaux, les ï^accharimètres, qui sont naturellement applicables à la recherche de la glycose dans l'urine. Tandis que. avec le polarimètre de Biot, le principe de l'appareil réside dans la mesure de la déviation angulaire que le plan de polarisation éprouve par l'effet de la substance active, les saccharimètres sont construits en prenant comme point de départ la neutralisation de cette déviation au moyen d'une seconde substance qu'on oppose à la première et dont on fait varier l'épaisseur jusqu'à ce que les deux actions contraires soient anéanties. Le titrage du sucre sera donc déterminé non pas par l'amplitude de la rotation qu'elle imprime au plan de polarisation, mais par l'épaisseur de la lame compensatrice de sens inverse qu'on lui oppose.
La matière compensatrice que l'on emploie est le cristal de roche ou quartz,
GLYCOSURIE.
dont il existe deux variétés. Tune dextrogyre, l'autre lévogyre, mais d'un pouvoir rotatoire égal, quoique de signe différent; le pouvoir (a) est de ± 2400, soit 45 fois plus fort que celui de la glycosc.
Le saccliarimètre-Solcil se compose, comme on peut le voir dans la figure 4, de deux appareils optiques entre lesijuels est placé un tube D de "20 centimètres dans lequel est introduite la liqueur à analyser. La lumière est empruntée à une lampe carcel ou mieux à un bec de gaz; le rayon lumineux traverse d'abord en h un prisme de iNicol, elle se polarise el se partage en deux rayons, le rayon ordinaire est rejeté en debors de l'appareil, le rayon extraordinaire traverse eîi K une plaque circulaire formée de deux moitiés de quartz, l'une dextro, l'autre lévogyre et d'épaisseur égale, puis traverse, dans le tube, la liqueur à analyser. Au sortir du tube le rayon traverse une plaque de (juartz d'une épaisseur déterminée, puis deux autres de même pouvoir rotatoire, mais différent de celui de la plaque pn'cédentc. Elles peuvent glisserl'une sur l'aulre. et étant taillées obliquement.
Fi?, i.
Saccharimètre de Soleil.
on peut leur donner une épaisseur différente de la plaque précédente, inférieure ou supérieure. Le mouvement s'effectue à l'aide d'une crémaillère et une règle d'ivoire c indique le sens du mouvement et son intensité. Lorsque les deux systèmes de pla([ue, la simple et la double, sont de même épaisseur, l'effet de l'une est compensé par celui de l'autre et le repère est au zéro. De même, si le tube D contient un liquide inactif, l'effet général est encore nul, car celui de la plaque E formé de deux moitiés est composé par le système des plaques postérieures.
Mais, si le tube D contient une substance dextrogyre, l'effet de cette substance s'ajoute à celui de la demi-plaque dextro et diminue d'autant celui de li demi-plaque lévogyre. Pour rétablir l'équilibre optique, il faut alors faire
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glisser l'une sur l'autre les deux plaques mobiles postérieures et compenser d'une quantité que l'échelle graduée déterminera par le déplacement du zéro. On compense à droite pour une substance iévogyre, à gauche pour une dextrogyre. Un prisme biréfringent sert d'analyseur, il donne la teinte sensible, c'est-à-dire celle qui fait le mieux apprécier la plus minime différence de coloration entre les deux moitiés de la plaque de quartz. Celte teinte sensible est produite par un système de prismes et de lentilles ; placés plus en avant du prisme bii éfringent se trouvent un quartz taillé perpendiculairement à l'axe, puis une lunette de Galilée, enfin un prisme de Nicol qui tourne à volonté, agit comme analyseur vis-à-vis du dernier quartz et donne la teinte sensible la plus favorable à l'œii de l'observateur, teinte gris bleu, fleur de lin ou telle autre suivant l'organisation de la vue de chacun [voy. Méhu. l'Urine normale et pathologique, p. 244, 1880).
Pour faire à l'aide du saccharimètre-Soleil un dosage de glycose, on procède ainsi qu'il suit : tout d'abord il faut régler l'appareil. Le tube D est rempli d'eau pure et on vise par l'oculaire A en faisant varier le tube mobile AB jusqu'à distinguer nettement le trait qui sépare les deux moitiés de la plaque de quartz E. Les deux moitiés de cette plaque doivent avoir la même teinte, sinon on les y ramène en agissant sur le bouton F. Quant à la règle graduée, on la fait mouvoir à l'aide d'un petit bouton H jusqu'à ce que le 0 corresponde avec le trait de l'indicateur.
C'est à ce moment que chaque observateur doit rechercher quelle est la teinte qui pour un très-faible mouvement de la vis F décèle de plus grandes variations dans les deux moitiés du disque E, et pour ce faire il suffit de faire tourner légèrement l'anneau qui sert d'oculaire. D'ordinaire, avons -nous dit, c'est la teinte gris fleur de lin.
L'appareil ainsi réglé, on remplace le tube D par un tube de même longueur, 20 centimètres, rempli de l'urine à analyser décolorée comme il a été dit plus haut pour l'analyse au polarimètiede Biot. Immédiatement, s'il y a de la glycose, les deux parties du disque E prennent une teinte différente; pour li-s ramener à égalité, on doit faire agir la vis F (jui rapproche ou éloigne les deux points du compensateur, le nombre de degrés marqués par le déplacement de la règle indique la proportion de glycose, chaque degré correspondant à ^s'j^oG, chiffre donné par le réglage et le calcul de l'appareil. Celui-ci fonctionne également pour la recherche du sucre de canne et de la lactose, mais dans le premier cas un degré correspond à 1"'',647, dans le second à K''',019.
M. Laurent a construit un saccharimètre ([ui n'exige pas des liqueurs aussi décolorées que l'appareil de Soleil.
Le rayon lumineux est fourni par la combustion du sodium dans une cuillère A au contact d'une flamme de gaz. L'appareil est d'abord réglé comme celui de Soleil en interposant un tube de 20 centimètres rempli d'eau distillée. On vise au travers de l'oculaire 0 pour recevoir le rayon lumineux A en faisant mouvoir la grande vis élévatoire 0 et en ouvrant l'entrée de la lumière par le mouvement du levier H. On doit apercevoir un disque de deux parties de couleur jaune, sépai'ées par un trait net. La teinte identique est obtenue par le mouvement du bouton F.
Si l'on interpose un tube rempli d'urine glycosique, la teinte change dans les deux moitiés du disque, on les ramène à l'identité par le mouvement du bouton & et on lit au moyen de la loupe L le nombre de degrés nécessaires pour celte
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opération. Si le premier a dû tourner à droite, le pouvoir rotatoire est à droite; s'il est à gauche, on a dû tourner le premier à gauche.
Les degrés des saccharimètres-Laurent correspondent aux mêmes quantités de sucre qu'avec le saccharimètre-Soleil.
Fig. 5. — Saccliarimètre-Laurenl.
.4vec l'un et l'autre appareil, lorsqu'il est nécessaire de décolorer le liquide par le sous-acétate de plomb, on emploie pratiquement un petit matras de verre
portant deux traits gravés 50 et 55 centimètres cubes; on remplit jusqu'au 50 avec l'urine et on ajoute le sous-acétate de plomb jusqu'au 55, on agite et l'on filtre. Seulement on devra, après le calcul qui a fourni la quantité de sucre, nombre de degrés X 2,256, ajouter 1 dixième pour compenser la dilution au 1/10 provenant de l'addition du sous-acétate de plomb.
L'appareil de Soleil a été modifié en Allemagne par Ventzke, les changemenis n'ayant pas en réalité une bien grande importance. Il est connu des physiciens allemands sous le nom de sacchariniètre-Soleil-Ventzke.
M. Robiquet a construit un saccharimètre spécialement applicable à l'évaluation du sucre de diabète, et lui a donné le nom de diabétomètre,
Fig. 6. — Flacon pour la décoloration de l'urine.
GLYCOSURIE.
chaque degré correspond à I gramme de glycose, ce qui évite le petit calcul terminal.
En pratique le saccharimètre-Soleil et celui de Laurent sont de beaucoup les plus employés et suffisent aux recherches cliniques de la glycosurie, tout en étant applicables aux autres recherches saccharimétriques de la chimie industrielle.
Dosage de la glycose par Vuromètre de Bouchardat. La présence de glycose dans l'urine en augmente naturellement la densité, mais le rapport entre la densité de l'urine et la quantité de matières fixes qu'elle contient n'est pas constant, il varie suivant la nature de ces matières fixes et leur proportion. M. Bouchardat, dont l'autorité est si grande en matière de diabète et de glycosurie et remonte à près d'un demi-siècle, estime que dans les urines glycosiques, à la température de H- 15 degrés, chaque degré densimétrique supérieur à 1000 représente 2,1, pratiquement 2 grammes de matières fixes; de plus, chez ces mêmes glycosuriques, on doit évaluer au maximum comme GO grammes la proportion des matières fixes autres que la glycose. Enfin, toute mine d'une densité supérieure à 1040 serait presijue fatalement glycosique. De ces conclusions, basées sur une très-longue et très-grande expérience et sur un nombre considérable d'analyses, un glycosurifiue dont l'urine marquerait 1044. par exemple, devrait être considéré comme présentant 88 grammes de matières fixes et glycose par litre et 88-60 :^ 24 grammes de glycose par un même volume. Si d'autre part il excrétait 5 litres d'urine pur jour à la môme densité, sa perte totale en glycose serait 24 X 5 = 72 grammes.
Ce sont là, croyons-nous, des données qui ne peuvent être considérées comme absolues; dons certains cas le glycosurique ne perdra pas 60 grammes par litre de niiitières fixes autres que la glycose, surtout s'il est polyurique, et alors, en adoptant uniformément le chiffre 60, on risque de rester au-dessous de l'évaluation. Mais à coup sur ce procédé, facile à appliquer, peut fournir des indications approximatives très-suffisantes, alors surtout qu'elles portent sur le même individu.
On peut prendre la densité de l'urine avec tous les densimètres, mais dans la pratique on a construit des densimètres spéciaux dont le 0 correspond à 1000, densité de l'eau distillée, et qui sont ensuite gradués de 0 à 50, représentant ainsi les densités de luOO à 1050; M. Bouchardat estime en effet qu'il est infiniment rare de rencontrer des urines glycosiques d'une densité supérieure à 1050. Ces densimètres spéciaux sont les uromètres et l'appareil en lui-même est connu sous le nom d'uromètre de Bouchardat.
L'uromètre, comme les densimètres, est titré pour la température de -h 15 degrés. Il y a donc lieu de faire subir une correction, variable suivant la température, au degré indiqué par l'instrument. iM. Bouchardat a établi une table spéciale pour les urines glycosiques.
TABLE DE BOUCHARDAT POUR LES COIiRECTIOKS A FAIRE SUBIR AU DEGRE DENSIMETRIQUE