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DES URINES SUCRÉES

Aii-de.isoiis de 15 degrés relrancher du degré obtenu.

Tcinpornlure eenLip;rade.

0 ile(;ré 1,5

ii 1,5

Au-dessus de 15 degrés ajouter au degré obtenu.

Température centigrade, lo degrés

Au-dessous, de të degrés retrancher du degré obtenu.

Température centigrade.

GLYCOSURIE.

Au-dessus de 15 degrés ajouter au degré obtenu.

Température centigrade.

Il est facile de voir combien il faut tenir compte de la correction, sous peine de commettre une erreur considérable dans l'évaluation de la proportion de sucre.

Quant à l'opération elle-même, elle est tellement simple qu'il est inutile de la décrire, non plus que celle de l'évaluation de la température. ^

Quantité de glycose contenue dans Vurine. Nous avons déjà incidemment toucbé à cette question en indiquant d'une part la polyurie comme l'une des conséquences physiologicjues de la glycémie et par suite de la glycosurie, et d'autre part en évaluant à 140 grammes au maximum la quantité de glycose qui peut être dissoute dans 1000 grammes d'urine.

En principe, la quantité de sucre constatée dans l'urine a donc une certaine connexion avec le degré de polyurie, mais il s'en faut de beaucoup que la glycose soit toujours dissoute à saturation dans l'urine. Une proportion de 40 à 50 grammes de glycose par litre est déjà considérable et, si elle correspond à une excrétion quotidienne de 4 à 5 litres d'urine, on a affaire à une glycosurie intense. Dans les cas excessifs, on a cité des maximums de 1200 à 1500 grammes par jour, mais ces faits, quoique démontrés {voy. article Di.vbète, 1'^'' série, t. XXVIII, p. 557), doivent être considérés comme exceptionnels. Une perte de 80 à 100 grammes doit être considérée comme très-sérieuse, une perte de 150 à 200 grammes comme très-grave.

Différentes circonstances peuvent faire varier la proportion de glycose contenue dans l'urine ; tout d'abord l'intensité du processus morbide, la nature de la glycosurie, transitoire, intermittente ou continue, la cause de la glycosurie ou (lu moins sa relation avec le trouble fonctionnel plus ou moins grand de la nutrition qui la détermine. Les proportions élevées de la glycosurie correspondent plutôt aux formes graves, chroniques, du diabète [voy. ce mot, lac. cit.) glycosurique, qu'aux nombreuses circonstances cliniques qui peuvent amener fortuitement la présence de glycose dans l'urine, par suite d'une hyperglycémie pathologique.

D'un autre côté, même chez un glycosurique diabétique, le repos, l'abstinence, le régime azoté, la médication alcaline ou d'autres, les influences morales surtout, font encore varier la quantité de glycose contenue dans un même volume d'urine. Il est rare de trouver la même proportion de glycose aux différentes

GLYCOSURIE. 447

heures de la journée et par suite de pouvoir conclure, d'une seule opération volumétrique, la quantité de glycose excrétée par vingt-quatre heures.

Autres principes que la glycose rencontrés dans Vurine des glijcosuriques.

Nous avons déjà signalé dans le cours de cet article un composé sucré indiqué pour la première fois par Bence-Jones dans certaines formes du diabète, et désigné sous le nom de sucre insipide, que Bouchardat et d'autres chimistes ont démontré n'être qu'un mélange rie glycose et de chlorure de sodium, plus une certaine quantité d'urée et des autres matières extractives azotées de l'urine {voy. article Glycose, p. 419 de ce volume).

La lactose C*^H^''0'* ou sucre de lait a été rencontrée en particulier au cours de la grossesse, de l'accouchement, et pendant la lactation. Franz Hofmeister {Zeitschrift f. pliysiol. Chemie, t. I) et Vincenz Johannowky [Archiv f. Gynàkologie, t. XII, et Centralblatt f. med. Wissenscliaften, 1878, t. XVI, p. 831) ont récemment repris ces recherches déjà indiquées par Blot, en 1856 [Comptes rendus Acad. des sciences, 1856) et confirmées par Lecoq, en 1865 [Gai. hebdomad., n"' 1, 2, 3, 1863). La lactose existe, dans ces conditions, à côté d'une certaine proportion de glycose. Pour isoler la lactose, on doit se baser sur ce fait que les solutions aqueuses de sucre de lait sont totalement précipitées par un mélange d'acétate de plomb et d'ammoniaque. On ajoute donc ce mélange à l'urine tant que le liquide filtré exerce une action sur la lumière polarisée ; le précipité est décomposé par l'hydrogène sulfuré, privé de ses acides par l'oxyde d'argent, puis filtré à nouveau. L'excès d'argent est précipité par le carbonate de baryum et le liquide, enfin obtenu, dépose par concentration une masse cristalline que l'analyse et l'examen polarimétrique font reconnaître pour la lactose.

Gorup-Besanez en 1872, plus tard Zimmer etCzapeck, ont trouvé dans des urines diabétiques une certaine proportion de lévulose, matière sucrée ou glycose lévogyre d'un pouvoir rotatoire a = — 106 degrés, quand il est complètement isolé de la glycose dextrogyre, à laquelle cependant il est généralement associé. Cette matière sucrée, qui se trouve originairement dans les fruits et dans le miel, a paru aux chimistes que nous venons de citer pouvoir exister dans l'urine en dehors de toute origine alimentaire.

Vinosite, G"H'^0^ -h 21P0, matière sucrée existant normalement dans certains légumes verts, les haricots en particulier, dans le jus de raisin, dans le vin et même dans certains tissus animaux, comme le muscle cardiaque, les poumons, le rein, le cerveau, a été signalé parfois en minimes proportions dans les urines glycosiques et même simplement dans les urines des polyuriques qui font usage de grandes quantités d'eau .

L'inosite en solution ne réduit pas les liqueurs cupro-potassiques et ne brunit pas au contact des alcalis caustiques ; on peut la reconnaître cependant en chauffant quelques gouttes de la solution sur une lame de platine avec addition d'acide azotique. Le l'ésidu desséché, étant humecté avec une solution de chlorure de calcium et un peu d'ammoniaque, se colore en rose vif en se desséchant à nouveau.

On obtient également une réaction très-sensible en additionnant l'urine, concentrée d'une goutte d'azotate de bioxyde de mercure aussi neutre que possible. Il se forme un précipité jaune. En étalant ce précipité sur la surface de la capsule de porcelaine et chauffant graduellement, le précipité rougit, puis redevient jaune par refroidissement. Avant de procéder à cette réaction il faut

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avoir débarrassé l'urine de toute trace d'albumine, car celle-ci devient également rouge dans les mêmes conditions d'expérience.

L. Reichardt a trouve une certaine proportion de dextrine dans certaines urines diabétiques ne contenant presque plus de sucre. Le fait n'est pas surprenant, en raison de l'étroite parenté qui unit la glycose à la dextrine.

Vacétone C^H^O^, principe volatil d'une odeur assez agréable, a été signalé dans les urines glycosiques par Gerbardt, et sa présence récemment étudiée par W. Markonikoff (Jnnrt/eu derChemie, 1876, t. CLXXXII, p. 362) et parRùpstein {Centralhlatt /'. tnedicin. WissenshafLen, 1874). Ces observateurs l'ont rencontrée dans l'urine glycosique dès le début et même avant l'apparition du sucre. Pour l'extraire, on acidulé l'urine avec de l'acide tartrique et on la réduit des deux tiers par distillation. On distille en trois fois en ajoutant chaque fois du sulfate de magnésie et enfm on traite le liquide par la potasse fondue. L'acétone est souillée d'un licjuide ayant une odeur de fumier ou de matière fécale. On la rend inodore en la distillant au bain-marie. Pour la purifier des substances étrangères de nature alcoolique, on l'abandonne pendant longtemps avec du chlorure de calcium, puis on la distille à nouveau au bain-marie.

Les quantités d'acétone ainsi retrouvées ont été très-variables, 55 grammes dans 76 litres d'urine provenant d'un diabétique de seize ans, 5 grammes dans 82 litres fournis par une jeune fille.

On trouve donc dans les urines glycosiques de l'acétone et de l'alcool; Hupstein pense que ce sont des produits de décomposition d'un élher acétique préalablement formé.

A côté de la glycose, les principes dont l'existence dans l'urine ont le plus d'importance sont les composés azotés, en particulier Vurée. Leur présence constitue Vazotiirie, qui peut exister comme complication du diabète glycosurique, qui peut aussi exister seule en constituant alors le diabète azoturique [voy. ce mot, 1"^^ série, t. XXYlll, p. 601). Mais à côté de l'urée d'autres substances azotées telles que l'acide urique, la créaline, la xanthine, l'acide hippurique, etc — , ont évidemment un rôle considérable que les recherches de la chimie pathologique n'ont pas encore suflisamment élucidé. L'étude de l'azoturie glycosique est actuelleir.cnt bornée à celle de la présence de l'urée. Cette question a été déjà traitée à l'article Diabkte. et l'importance de l'élimination exagérée de l'urée considérée au point de vue clinique {voy. également Urée, Urémie). Rappelons seulement que, si chez l'adulte et à l'état physiologique l'excrétion de l'urée se chiffre par 22 ou 25 grammes et même 28 à 30 grammes chez les individus à régime très-plastique, dans les cas de glycosurie azoturique on voit l'urée atteindre 40, 60 grammes et même les chiffres exceptionnels de 95 grammes (Bouchard), 110 grammes (Lécorché), 143 grammes (Diekinson), enfin 165 grammes (Fùrbringer).

La coexistence de l'azoturie avec le diabète a été regardée presque comme la règle par beaucoup d'auteurs. Cli. Bouchard, dans son récent traité des Maladies par ralentissement de la nutrition, Paris, 1882 (p. 210), admet au contraire que l'azoturie n'existerait au plus que dans la moitié des cas et que sur 1 00 cas de glycosurie azoturique la moitié seulement devrait être rangée dans la catégorie des cas graves.

La phosphaturie est commune dans la glycosurie diabétique et, dans les quatre cinquièmes des cas marche de pair avec l'azoturie. Un adulte perdant environ Se^lO d'acide |phosphorique par jour, dans la glycosurie diabétique la

GLYCOSUR[E. 449

perte s'élève à 3, 5, 8 et 11 grammes (Gli. Bouchard). La phosphaturie alterne parfois avec la glycosm'ie.

Enfin on voit fréquemment de Voxaluvie survenir dans la glycosurie ou se substituer à elle {voy. Oxaldrie).

La glycosurie simulée. 11 n'est pas rare, dans les hôpitaux surtout, de rencontrer des malades qui simulent la glycosurie en additionnant leurs urines d'une certaine quantité de sucre. Si, mis au courant des recherches de la chimie analytique, ils avaient ajouté à leurs urines du miel ou de la glycose, l'expertise chimique seule ne pourrait pas déceler la fraude, et l'on devrait faire appel aux procédés généraux habituels pour la preuve de la simulation dans les maladies. Mais, le plus souvent, le fraudeur ajoutera à ses urines le sucre de canne qu'il a facilement sous la main. Or ce sucre est sans action sur les liqueurs cupropotassiques, mais sa solution dans l'urine s'altère peu à peu et finit par agir comme agent réducteur. De ce côté, il y aurait donc un peu d'incertitude.

11 est préférable d'analyser l'urine, lécemment émise, au saccharimètre, de constater la déviation à droite, puis de traiter l'urine par un dixième de son volume d'acide chlorhydrique, en chauffant graduellement jusqu'à 68 degrés, afin de transformer le sucre de canne en sucre interverti, lévogyre. Reprenant alors l'examen au saccharimètre, on reconnaîtra la déviation à gauche, ce qui n'aurait pas lieu, si l'urine avait contenu de la glycose, laquelle ne subit pas l'interversion.

§ 2. LxTEKPRÉTATION ET VALEUR DD SYMPTOME GLYCOSURIE. Au début dc CCt

article nous disions que la glycosurie, longtemps regardée comme une entité morbide, n'était et ne pouvait être aujourd'hui dans la nosologie qu'un symptôme, important sans contredit, mais commun à plusieurs formes morbides cliniques et subordonné avant tout à un autre élément pathologique : l'hyperglycémie. La glycose existe dans le sang en proportion plus grande qu'à l'état pliysiologique, son élimination se fait par la voie de l'émonctoire urinaire, delà : glycosurie. Tel est le fait réduit à sa plus grande simplicité.

La glycosurie est donc simplement l'indice extérieur d'une glycémie pathologique, et dès lors c'est l'interprétation de cette glycémie qui se pose comme problème au clinicien. La question a reculé d'un pas, la difficulté de sa solution n'en a pas diminué. On trouve à l'article Glycémie de ce Dictionnaire l'état actuel de la question du sucre dans le sang au point de vue physiologique, ainsi qu'au point de vue pathologique et, fidèle à notre raisonnement, nous pourrions renvoyer absolument le lecteur à ce travail pour l'interprétation clinique du symptôme glycosurie.

Néanmoins il peut être utile de revenir rapidement sur les principaux états morbides dans lesquels la glycosurie a jusqu'à présent été observée. On l'a dit avec raison, la glycosurie en elle-même, c'est-à-dire la présence d'un sucre analogue à la glycose dans l'urine, est un symptôme banal, fréquent même, car phis on le recherche et plus on l'observe dans des conditions où à priori on ne le soupçonnait pas.

Pour rassembler dans un même faisceau ces différentes conditions cliniques, pour montrer le lien commun qui les unit, il faudrait avoir une base absolue, solide et certaine, il faudrait connaître d'une façon complète l'évolution du sucre dans l'organisme, les conditions qui président à sa formation, à sa transformation, à son élimination, rechercher dans quels cas et pourquoi, l'un de ces DICT. E>c. i° s. IX. 29

450 GLYCOSURIE.

termes physiologiques venant à manquer ou à être troublé, l'évolution glycogénique cîiange de face et la glycose apparaît en excès dans le sang et passe dans l'urine. Or cette base solide, cette interprétation de la fonction glycogénique, nous manque ou du moins n'est pas suffisamment fixée.

On admet généralement que la glycosurie apparaît dès que le sang contient plus de 4 à 6 grammes de sucre par kilogramme, quoique Claude Bernard ait vu ce phénomène apparaître avec une hyperglycémie de 2,5 à 3 pour 1000 seulement. Partant de ce fait, Gh. Bouchard, dans ses remarquables leçons sur les Maladies par ralentissement de la nutrition, Paris, 1882, p. 157 et suiv., étudie quelles sont les conditions qui, la glycosurie existant, peuvent l'exagérer. Ces causes, il les range en trois groupes :

1° Celles qui empêchent le sucre alimentaire ou substances analogues de se fixer dans le foie;

2" Celles qui activent la formation du sucre dans le sang ;

3° Celles qui aggravent le défaut de destruction ou de fixation du sucre dans les tissus.

Dans le premier groupe on peut ranger les obstructions de la veine porte, dont l'influence sur la glycosurie, physiologiqucment démontrée par Pavy dans ses expériences sur la ligature de ce vaisseau ou par son abouchement dans la veine rénale droite, a été trouvée cliniquement par Andral en 1856, par Colrat, puis par Couturier en 1875. Inversement, les dilatations de la veine porte, activant trop la circulation hépatique, peuvent également empêcher les générateurs glycogéniques de se fixer dans le foie et les verser dans le sang, d'où hyperglycémie. Ce serait peut-être là, suivant Bouchard, l'explication de certaines glycosuiies d'origine nerveuse par suite d'actions vaso-dilatatrices ou vaso-paralytiques.

Dans le même ordre d'idées doivent être rangées, parmi les origines de la glycosurie, les altérations des cellules hépatiques, en particulier celles qui sont consécutives à la cirrhose, ainsi que l'a démontré Lépine en 1876. Les glycosuries observées à la suite de certaines intoxications, comme celles par le phosphore et l'arsenic, qui détruisent si rapidement les cellules hépatiques, n'auraient pas d'autres explications. Une surchage fonctionnelle de ces mêmes cellules, entraînant non pas leur destruction, mais une simple violation nulritive, peut vraisemblablement amener les mêmes résultats : c'est ainsi que s'expliquent l'augmentation de la glycosurie à la suite de l'ingestion de sucre, son apparition même lorsqu'il y a surabondance d'aliments sucrés chez les non glycosuriques, enfin la lactosurie des femmes en couche ou des nourrices.

Les causes qui activent la fabrication du sucre dans le foie et en augmentant, l'hyperglycémie, entraînent la glycosurie, sont celles qui stimulent la nutrition des cellules hépatiques et exagèrent le mouvement d'assimilation et de désassimilation. Tels peuvent être les phénomènes nerveux entraînant une congestion modérée du foie, l'augmentation de l'apport des générateurs alimentaires ou organiques du glycogène, comme certains aliments, agissant par leur nature ou par leur quantité.

Le sucre existant dans le sang et dans les veines peut ne pas s'y fixer ou ne pas s'y détruire, de là une troisième classe de causes productrices de la glycosurie, suivant Ch. Bouchard. Elles comprennent en premier lieu tout ce qui ralentit le mouvement nutritif, soit par suite d'un vice congénital ou acquis, soit par suite de diminution de l'action trophique du système nerveux, les trou-

GLYCOSURIE. 451

blés circulatoires ou cardiaques, les modifications physiques ou chimiques de l'irrigation hématique.

Dans ces dernières origines de la glycosurie l'on devrait ranger le défaut d'alcalinité' du sang, qui, comme l'ont démontré les travaux de Chevreul, rend les oxydations moins actives ; y rentreraient encore des glycosuries liées à des insufiisances respiratoii'es ou d'une façon générale à toute cause qui entrave l'héinatose, les asphyxies en premier lieu (Dechambre et Pieynoso).

Si, partant de ces considérations de physiologie pathologique, on descend sur le terrain de la clinique et l'on veut rechercher dans quelles circonstances nosologiques se rencontre le plus souvent le phénomène glycosurie, il est tout d'abord une forme morbide dans laquelle on la trouve au plus haut degré, celle que l'on a longtemps considérée comme la glycosurie idiopathique, et qui porte aujourd'hui le nom de diabète ou mieux diabète glycosurique [voy. ce mot). Là ce symptôme acquiert une nnportance considérable et là aussi l'élimination du sucre atteint le maximum. C'est dans ces conditions que l'on a trouvé ces projiortions effrayantes de 1200 et 1500 grammes de glycose éliminés dans les vingt-quatre heures. A côté du diabète devront se ranger les maladies caractérisées par un trouble profond de la nutrition, par un ralentissement de cette fonction surtout, la goutte, Varthrilisme, Vobésité, dans lesquelles la glycosurie apparaît souvent comme phénomène, sinon ultime, au moins des dernières périodes.

Un autre groupe, en apparence éloigné de celui-ci, mais s'y reliant cependant par la fonctionnalité nervosique, est celui des affections du système nerveux central ou médullaire. Les lésions traumatiques du cerveau, qu'elles retentissent ou non sur le plancher du quatrième ventricule, les tumeurs, la syphilis cérébrale, les foyers hémorrhagiques, les ramollissements, agissent vraisemblablement, ainsi que nous le disions plus haut, en modifiant la cii'culation parenchyraateuse du foie, en troublant l'équilibre circulatoire ils entravent la nutrition générale et sont fréquemment accompagnés de glycosurie. A ce groupe se rattachent naturellement les glycosuries transitoires que l'on observe à la suite de commotions physiques générales, de surmènement intellectuel de chagrins, glycosuries qui d'ordinaire disparaissent avec la cause qui les a produites.

D'une façon générale, toutes les fois qu'une circonstanse quelconque, d'origine extérieure ou intérieure, physique ou morale, vient troubler la nutrition générale, on est exposé à rencontrer de la glycosurie, parfois de peu de durée et de peu d'intensité, parfois se prolongeant comme la cause qui l'a produite. C'est à ce titre que sont fort intéressantes les glycosuries paludiques, ou mieux les glycosuries concomittantes à la fièvre d'accès, à l'empoisonnement par l'agent fébrigène, sur lesquelles l'attention a été portée récemment à la suite d'une discussion soulevée en 1881 à l'Académie de médecine par le professeur Verneuil. La relation de concoraittance signalée depuis longtemps par Sydenham, CuIIen, Barthez. entre la fièvre intermittente et le diabète, a été reprise par Burdel (de Vierzon) et soutenue par M. Yerneuil, qui a signalé de plus la gravité du traumatisme chez les paludo-diabétiques. Il semble résulter des observations et des recherches auxquelles cette question a donné lieu que, si Ton observe fréquemment une glycosurie passagère en même temps qu'évolue le ferment fébrio^ène, par suite du trouble de la nutrition, il est infiniment rare de voirie diabète glycosurique s'établir comme conséquence de la cachexie palustre, de cette déchéance organique qui caractérise l'intoxication profonde causée par l'agent fébrigène, de cette déchéance consécutive aux troubles si graves de la nutrition

452 ■ GLYCOSURIE (bibliographie).

générale et du fonctionnement nerveux qu'entraîne la présence dans l'organisme de cet élément morbide. Il n'est pas impossible cependant qu'on puisse dans ces conditions rencontrer le diabète glycosurique comme on le rencontre dans un grand nombre d'intoxications. Nous en avons déjà indiqué quelques-unes en nommant spécialement le phosphore et l'arsenic, mais aux glycosuries toxiques il faut encore joindre colles qui succèdent à l'empoisonnement par le curare, l'oxyde de carbone, le chloroforme, la tliérébenthine, la plupart des acides, le mercure, le cbloral, etc.

Longue serait l'énuméralion de tous les cas cliniques oiî l'on a pu, surtout où l'on pourra trouver une glycosurie plus ou moins persistante. Tontes les fois que le système nerveux central, troublé même superficiellement, ne régira plus comme il le doit la circulation générale, en particulier celle des parenchymes ou des organes essentiels à la nutrition, toutes les fois que cette nutrition sera atteinte et que l'équilibre sera rompu en plus ou en moins, l'une des grandes Ibnctions vitales, la glycogénie venant à s'altérer, soit qu'il y ait arrêt dans la fixation du sucre ou dans son élimination. Ton est exposé à voir apparaître l'hyperglycémie et comme conséquence fatale la glycosurie.

Tel nous paraît être en quelques mots le résumé philosophique de celte importante question nosologique, dont l'étude doit se compléter par celle du Diabète, de la Glïcohiîmie, de la Ndtritiox, mots auxquels nous renvoyons le lecteur.

G. MORACHE.

Bibliographie. — La bibliograpliie de l'article Glycosurie rentre implicitement dans celle qui a été faite de la façon la plus complète pour le mot Diabète et que nous engageons à consulter. Cependant nous signalerons, outre les ouvrages généraux de séméiologie, de clinique et de pathologie, les quelques travaux suivants plus particulièrement dirigés vers l'étude de la glycosurie symptomatique et des modes d'investigation qu'elle comporte.

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454 GLYCYZIDA.

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GLYCYRRHIZA. VoiJ. RÉGLISSE.

GLTCYRRniZiiVE. C^*1P^0^(?) . C'est le nom que l'on adonné au glucoside contenu dans la racine de réglisse {Glyajrrhiza glabraet Gl. œschinata). Pour l'obtenir, on fait bouillir l'extrait de réglisse avec de l'eau et on concentre la solution filtrée par évaporation. On ajoute de l'acide sulfurique étendu à la solution concentrée, aussi longtemps qu'il s'y produit un précipité floconneux; celui-ci se transforme en une masse résineuse qu'on lave à l'eau et qu'on dissout dans l'alcool. On débarrasse la solution d'une matière brune qu'elle renferme en ajoutant de l'éther, qui la précipite.

L'évapovation de la solution éthéro-alcoolique abandonne la glycyrrhizine sous la forme d'une poudre jaunâtre, ressemblant au tannin. Elle estpeusoluble dans l'eau froide, soluble dans l'eau chaude, dans l'alcool et dans l'éther. Sa saveur est à la fois amère et sucrée. Sa solution aqueuse donne avec le sous-acétate de plomb un précipité floconneux qui renferme C-HP^0^3PbO-^- 211-0. Soumise à l'ébidlilion avec les acides étendus, elle se dédouble en glucose et en une résine brune, la (jhjcijrrhétine, à laquelle M. Gorup-Besanez a assigné la formule

C^^fp^O» + IPO = C'«IP«0* -f- C'H'^0^

La glycyrrhétine est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans les alcalis. Fondue avec de la potasse, elle fournit de l'acide paroxybenzoïque.

La composition de ces corps n'est pas nettement établie (Robiquet, Ann. de chim., t. LXXII, p. 143. — A. Vogel, Annal. Chem. Pharm., t. XLYIl, p. 247. — Gorup-Besanez, ibld., CXVlll, p. 259, et Rép. ch. pure, 1862, p. 50).

D'après les dernières recherch'js de J. Ilabermann (Annal. Chem. Pharm., t. GLXXXYII, p. 105; Bull. Soc. chim., t. XXXIV, p. 277) conlirmant, du reste, les indications de M. Z. Roussin, le principe sucré du bois de réglisse est un acide azoté, Vacide glycyrrhizique, qui cristallise dans l'acide acétique en aiguilles groupées en amas hémisphériques. Ces cristaux constituent un sel ammoniacal acide, ayant pour composition C**H««AzO'«(AzH*). Le sel neutre C"H<'oAzO^»(AzH*)5 est gommeux, très-soluble dans l'eau et dans l'alcool. Le sel de potassium neutre est précipité par l'alcool de la solution aqueuse en flocons résineux. Ce sel dissous dans l'acide acétique bouillant fournit par le refroidissement le sel acide C* WAzO^^K en petits cristaux grenus, incolores. Ce sel se distingue entre tous par sa forte saveur sucrée.

L'acide glycyrrhizique libre C^'IP'AzO'* ressemble à l'albumine. Il réduit le tartrate cupro-potassique. Ed. YVillm.

GLYCYS. Nom grec qui paraît se rapporter à l'Aurone, Artemisia ahrotanum L. Pl.

GLYCYZIDA. Le mot de Tlvy.valS/i est employé par les auteurs grecs, notamment par Hippocrate et Dioscoi'ide, pour désigner diverses espèces de Pivoines [Pœsonia).

BiBLioGRAPHTE. — HiPPOCKATE. Morb. mitl., I, 64. — DioscoMDE. Maleria medica, III, 157. Pt.

GLYOXYLIQUE (A.CIDE). 455

GLYOXAL. C^H-0-. Ce composé, qui représente la dialdéhyde du glycol C-H^O-, s'obtient comme produit secondaire dans la préparation de l'acide glycolique(i'o^. ce mot) par l'action de l'acide azotique sur l'alcool. Pour l'isoler, on évapore à consistance sirupeuse les eaux mères alcooliques d'oii se sont séparés le glycolate et le glyoxylate de chaux et on traite le résidu par le bisulfite de soude. Au bout de quelques heures, il se forme des croûtes cristallines de sulfite de glyoxal-sodium. Après avoir transformé ce sel en combinaison barytique, on décompose celle-ci par l'acide sulfurique faible.

Le glyoxal est un corps solide, déliquescent, très-soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther. Il possède tous les caractères d'une aldéhyde; il réduit le nitrate d'argent ammoniacal et se combine aux bisulfites eu donnant des sels bien cristallisés. Il se combine à l'ammoniaque anhydre. La potasse convertit le glyoxal en acide glycolique :

C^II-'O^ 4- KHO = G^ff (OH)RO-'.

L'ammoniaque aqueuse concentrée convertit le glyoxal en deux bases, la glycosine et la ghjoxaline.

Traité par l'acide azotique, le glyoxal se transtorrae en acide glyoxylique C*H-05 et en acide oxalique C-IPO*.

Soumis à l'action de l'acide cyanbydrique, en présence d'acide chlorhydrique, le glyoxal est converti en acide paratartrique [vdLcémxqvLQ) (Debus, Annal. Chim. Phys. (5), t. LU, p. 114; LIV, p. o09; LYI, p. 357). Ed. Willm.

GLTOXALIXE. C'H'*Az% Cette base se produit, en même temps que la glycosine, lorsqu'on traite le glyoxal par l'ammoniaque aqueuse concentrée, vers 60 degrés. On obtient au bout de quelque temps des petites aiguilles qu'on lave à l'eau froide. Elles constituent la glycosine C^R'kz''. Les eaux mères renferment la glyoxaline, qu'on transforme en oxalate. Ce sel cristallise en beaux cristaux. On en isole la glyoxaline en la traitant par la craie et concentrant la solution filtrée. La solution sirupeuse de glyoxaline l'abandonne en cristaux déliquescents. Elle fond à 88-89 degrés et distille à 2o0 degrés. Elle est très-soluble, à réaction fortement alcaline. Elle précipite les solutions métalliques. Le brome la transforme en trihromo-ghjoxaline C''HBr''Az-, qui cristallise en aiguilles (Debus, Annal. Chem. Phann., t. CVll, p. 199. — G. NA'yss, Dent. Chem. GeselL, 1876, p. 1545). . Ed. YVillm.

GLYOXYIL.IQUE (Acide). C-R-O'. Cet acide prend naissance en même temps que l'acide glycolique, dans l'oxydation lente de l'alcool par l'acide azotique {voy. Acide glycolique). Il se forme aussi loi-qu'on chauffe l'acide dichloracétique avec de l'oxyde d'argent et de l'eau, ou l'éther dicbloracétique avec l'eau à 120 degrés :

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