‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.45Chapitre 72 sur 97 · L. Un · texte numérisé non relu

L. Un

CiOODWTX (Edmu.xd). Médecin anglais, reçu docteur à Edimbourg en 1780, s'est fait connaître particulièrement par ses recherches sur l'asphy.xie. « Il avait déjà composé sa thèse inaugurale sur ce sujet quand la Société d'humanilé de Londres proposa un prix pour le meilleur traité qui paraîtrait sur les moyens de rendre la vie aux asphyxiés. Goodwyn partagea le prix du concours. Il appliqua les nouvelles découvertes faites en chimie à la théorie de la mort des noyés. 11 prouva que sous l'eau la mort est causée principalement par le défaut d'oxygénation du sang et que le meilleur moyen de rappeler à la vie une personne asphyxiée de cette manière consiste non-seulement à la réchauffer, mais encore à lui insuffler de l'oxygène dans les poumons » (Dezeimeris).

Après la mort de Goodwyn, arrivée vers 1850, Bostock publia une réponse posthume de cet auteur à des critiques que Bichat avait faites de ses recherches sur l'asphj'xie. Goodwyn n'avait pas voulu la produire au jour pendant sa vie par horreur, dit Bostock, pour les discussions et les controverses.

I. Diss. inaug. de morbo et morte subinersorum invesligandis. Edinburgi, 1786. in-S*. — II. The Connection of Life loith Respiration, or an Evpcriniental Inquiry info the Effects of Submersion, Strangulation and Several Kind of Noxious Air on Living Animais; with an Account of the Nature of the Disease they Produce, ifs Distinction froin Death ilself and the rnost Effectuai Means of Cure. London. I7SS. ia-S". Trad. en franc, par Halle. Paris. 1798, in-8°. — III. An Answer lo some 0'>jections proposcd by Xavier Bichnt against the

GOPAL.V SENA KAVIRAJA. 715

Opiniom ofGoodwijn, respectiiig t/ie Cause of llie Cessation of thc Action oftîic lirait in Asphyxia from Suffocation. Communicated by Dr. Bostock. In Edinburgk Médical and Surg. Journal, t. XXXIV, p. 74, 1830. L. IIn.

GOOGOOL. GOOGL'L. GOOGIXA. Oïl donne ce nom à un arbre de la famille des Tliérébinihacées, le Dalsamodendron Roxbupçjhi Arnott {Amyris commiphora Roxb.), qui donne très-probablement le Bdellium de l'Inde.

Une autre espèce du même genre, le Bahamodendron Muckiil Ilook., du Scinde, porte aussi dans le Béloutcliistan le nom de Googul, et produit une gomme-résine semblable au Bdellium de l'Inde. Pi..

Bibliographie. — Roxburgh. Flora indica, lY, 245. — Stores. On twoo Balsani-lrees frein Scinde. In Hooker's Journ. of Botany, 11, 1850. — Guibourt. Drogues simples, 1' édit., III, 516. Bl.

GOPÂLA. SEXA KAVIRAJA. Ce médecin indien est à la fois l'auteur d'un livre considérable sur la médecine et la thérapeutique et d'un commentaire très-détaillé sur le même ouvrage. Le texte même du livre nous apprend qu'il habitait une localité appellée Dvàrandhà, que son père se nommait Siddheçvara et son grand-père Bàmarâma. L'ouvrage de Gopàla est intitulé Yogàmrita ; c'est une œuvre moderne, d'une très-grande étendue, et qui semble néanmoins peu répandue dans l'Inde, car nous n'avons rencontré jusqu'ici que la mention d'un seul manuscrit, dans les curieuses Notices de manuscrits sanscrits publiées, par ordie du gouvernement anglais, par le Pandit Ràjeudralàla Mitra, de Calcutta. Le livre est en vers, comme une grande partie des ouvrages sanscrits, écrit sur 7)21 fetiilles de papier indien, en caractères bengalis, et renferme W 700 çlokas, ou stances de deux vers. Il [)orte la date de 1697, ère Çaka, ce qui correspond à 1775 de notre ère. Cette date pourrait bien être celle de la composition même de l'œuvre. Le manuscrit a lui-même l'apparence d'une très ancienne copie ; il est signalé comme incorrect. Le Yogàmrita est un traité de pathologie, plutôt médicale que chirurgicale, et de thérapeutique appliquée. La notice qui lui est consacrée par Ràjeudralàla Mitra renferme non-seulement ies premiers et les derniers vers, mais un index, général donnant le titre de tous les paragraphes, et qui ne contient pas moins de 12 pages de texte sanscrit. Un coUationnement de cet index, avec le sommaire de l'Ayurvéda de Suçruta €t de la Samhilâ de Caraka, ou même du traité plus moderne de Vagbhata, serait intéressant.

Le commentaire sur cet ouvrage, dû à l'auteur lui-même, est une œuvre «ncore plus considérable, car il renferme 20 128 stances, en langue sanscrite et en caractères bengalis. Le seul manuscrit signalé jusqu'ici appartient au même propriétaire que le texte même, Viuodavihàri Kaviràja, à Gopàlapura. 11 est intitulé Sitbodhini, et daté de 1726, ère Çaka, c'est-à-dire 1804 de notre ère, vingt-neuf ans plus tard que la date du livre même. L'auteur nous apprend qu'il a composé ce commentaire parce que tous ceux qui avaient été antérieurement écrits par d'autres étaient réputés trop difficiles pour les commençants.

Un autre ouvrage de médecine, intitulé Vaidya sâra sangraha, c'est-à-dire excellent précis de médecine, contenant 170 feuilles de il lignes, est indiqué dans le catalogue des manuscrits de l'Inde méridionale, rédigé par G. Oppert, de Madras, comme ayant pour auteur Gopàladàsa. S'agit-il du même auteur? c'est une question que rien ne nous permet de résoudre, en l'absence de renseignements quelconques sur le dernier livre; en ce cas, il y aurait une erreur

71G GORCKE.

d'appréciation dans l'âge du manuscrit, qui est indiqué comme paraissant remonter à trois cents ans. Le nom de Gopàladàsa se retrouve encore en tète d'un manuscrit de Berlin, sur la me'decine vétérinaire, intitulé Karatihautuka, c'est-à-dire le bonheur des éléphants (cod. 745, p. 289). G. Liétard.

BiBLioGRApniE. — Rajendralala Mitra. Notices of Sanskrit Manuscripts, publislied under Orders of the Government of Bengal, t. IV, p. 185, n° 1618. yogûmrita ; id., p. 205, n° 1620. Siibodiiinl. — Uppert (G.). Li&t of Sanskrit Manuscripts in Privale Libraries of Southern India, etc. Madras, 1880, in-8°, t. I, nM/U. G. Ld.

GORCKE (Johann). Nous ne pouvons mieux faire que de donner la notice détaillée que nous trouvons sur ce célèbre médecin dans le Dicl. historique de Dczeimeris et Raigc-Delorme : « Docteur en médecine et en chirurgie, médecin de l'élat-major général du roi de Prusse, chef du service de santé des armées, conseiller médetin en chef intime et membre de la section de la police de santé au ministère de l'intérieur, directeur de l'Institut médico-chirurgical Frédéric-Guillaume, second directeur de l'Académie médico-chirurgicale militaire, chevalier de divers ordres de Prusse, d'Autriche et de Russie, officier de la Légion d'Honneur, membre de l'Académie Joséphine médico-chirurgicale de Vienne, membre honoraire de l'Académie des Curieux de la nature, de la Société médico-chirurgicale de Westphalie, de l'Académie de chirurgie de Copenhague, correspondant de la Société de la Faculté de médecine de Paris et de la Société médicale d'émulation de la môme ville, etc. »

Gorcke naquit le 5 mai 1750 à Dorffen d'un prédicateur de l'Evangile. Il perdit son père à l'âge de huit ans; sa mère donna tous ses soins à son éducation et l'envoya à l'école d'Angerbourg à dix ans, et plus tard à celle de Sensbourg. Le frère de sa mère, Apfelbaum,' chirurgien militaire, l'appela près de lui à Tilsitt à l'âge de treize ans, lui iit continuer ses études littéraires et lui donna les premiers principes de la chirurgie. La mort lui enleva ce protecteur, mais sa bonne étoile le conduisit à Rôuigsberg, où Gerlach, chirurgien général d'armée depuis cette époque, le prit chez lui et le traita comme son fils. Chirurgien d'une compagnie depuis le l'^^'' octobre 1767, Gorcke suivit avec exactitude les cours de l'Université. En décembre 1774, il obtint une place de chirurgien d'une compagnie dans le régiment du prince royal à Potsdam. En 1776, grâce à l'amitié généreuse du général Wimming, il put faire un voyage, dans lequel il parcourut le Ilarz ; il visita Goltingue, où il connut Richter, Murray, Wrisbcrg, Blumenbach, DalJingcr, etc., et Dessau, où il lia connaissance avec Basedow et Wolcke. 11 revint à Potsdam, où il mit l'hiver ù profit pour ses études. L'été suivant, il visita Halle et Leipzig. Le 24 mars 1778, Gorcke lut nommé chirurgien de la compagnie des gardes du corps de Frédéric H, dans la garde royale. Sur la lecommandation de Theden, le roi Frédéric-Guillaume 11 lui fit compter 100 frédérics d'or pour un voyage scientifique qu'il entreprit le o novembre 1787. H visita Vienne, Prague, revint à Vienne, où il séjourna sept mois, partit pour l'Italie avec de nombreuses recommandations de Brambilia, visita V'enise, Padoue, Yicence, Yérone, Mantoue, Modène, Bologne, Florence, Sienne, Rome, Naples et toutes les villes où se trouvaient quelques établissements qu'il eût intérêt à connaître. De Naples il vint à Livourne, à Pise, à Gênes, puis à Pavie, à Milan, à Turin, à Genève, à Lyon et à Paris, où il fut l'élève particulier de Desault. H reçut dans cette ville, en 1788, le brevet de chirurgien de régiment. Avant de rentrer dans sa patrie il alla visiter Londres et Edimbourg. Il apprit à Loudi'es

GORCY. 717

sa nomination à la place de suppléant de Tlieden et il revint par Delft, La Haye, Leyde, Harlem et Amsterdam, à Berlin. Au mois de mars 1790, Gôrcke remplaça Theden comme chirurgien de l'artillerie dans l'armée de Silésie et prit une grande part à la direction des hôpitaux; il fut de retour le 27 juin de la même année. Deux ans plus tard, il fut nommé chirurgien général et codirecteur du service de santé des hôpitaux militaires prussiens en France. Les services qu'il rendit fixèrent de plus en plus sur lui les faveurs du gouvernement, et la mort (le Theden le porta au poste le plus élevé dans la hiérarchie médicale militaire.

Les réformes utiles qu'il introduisit dans le service de santé des armées, les services personnels qu'il rendit à son pays, lui valurent la réputation la plus brillante et la plus honorable. Ses titres à la reconnaissance de son pays sont exposés avec détail dans un écrit public pour célébrer le jubilé de la cinquantième année de ses services, dont nous donnons l'indication ci-dessous. C'est là qu'il faut chercher, sur le compte de Gôrcke, des détails qui ne sauraient trouver place dans ce Dictionnaire. Tout ce que nous ajouterons, c'est que Gôrcke mourut à Sans-Souci le 50 juin 1822.

On a de lui :

I. Neiici- Elal fiirdie FehUatarelhe, 1790. — II. Kurze Besclireibung iler bei tler KôniqL Preussischen Armée stallfindcnden Kranken- u. Transportmiltel jûrdie uitfdem Scltlacldfelde ncltwer verwundclen. Berlin, ISli, in-S", 4 pi. — III. Voy. encore : Joli. Gôrckes Leben und \Yi)'/cen geschildevl bei Gelegenkeil seiiier hOjâhrigen Dieiiàijubelfeier, ain 10 Octoher 1817. Berlin, in-8°. L. IIx.

GORCY (Pierre-Christophe). Inspecteur honoraire du service de santé, ancien médecin en chef d'armée et de l'hôpital militaire de Metz, officier de la Légion d'honneur, membre associé de l'Académie royale de médecine, de la Société linnéenne, de celle d'agriculture, de celle de médecine, du Cercle médical de Paris, associé de l'Académie Joséphine de Vienne, de celle de Madrid, de Strasbourg, de Montpellier, de Nancy, etc., membre titulaire de la Société des lettres, sciences et arts, un des fondateurs de la Société des sciences médicales de Metz, naquit à Pont-à-Mousson le 19 mars 1758. Son père, pharmacien distingué, le destinait à la magistrature et lui fit donner une éducation trèssoignée. H aima mieux se livrer aux sciences naturelles et se fit recevoir docteur à l'âge de dix-neuf ans. Après avoir quitté le célèbre Jadelot et l'école de Nancv, il vint passer plusieurs années à Metz sous le pati'onage de Reid, médecin en chef de l'hôpital militaire, dont il devint plus tard neveu par alliance. Nommé en 1791 médecin dans les armées françaises, il s'y fit bientôt remarquer par son zèle et son dévouement et ne tarda pas à obtenir le titre de médecin en chef des armées réunies de Sambre-et-Meuse et du Rhin. C'est en cette qualité qu'il fit les campagnes de Hollande, d'Italie, de Styrie, d'Allemagne et d'Espagne. En Espagne, alors qu'une mesquine parcimonie avait présidé à l'établissement des hôpitaux, il osa répondre à l'empereur qui s'informait de leurs besoins : « Sire, 5000 francs employés en bons médicaments auraient peut-être sauvé 1000 braves! »

En quittant l'armée, Gorcy revint se fixer a Metz, où il fut premier professeur à l'hôpital militaire d'Instruction. Il mourut le 16 décembre 1826.

Doué d'un esprit ingénieux, Gorcy imagina un nouveau tire-balle et fit confectionner un soufflet pour rappeler les noyés à la vie.

H s'intéressait aux sciences naturelles, à la peinture, à la sculpture, etc..

718 GORDIACES.

sans les cultiver spécialement. Plein de cbarité, il prit part aux travaux du Comité de secours aux Hellènes et fut même choisi pour présider cette association philanthropique.

Pour plus de détails voyez l'Éloge de Gorcy par Chaumas dans le Coinpte rendu des ti^av. de la Soc. des sciences méd. du dép. delà Moselle, 1827, p. 71.

Citons de lui :

I. Mémoire extrait d'un journal d'observations faites pendant l'année 179'2 dans les armées françaises du Nord, du Centre et des Ardennes. Metz, an YIII (1800), in-12. — II. Topographie médicale de Longwij. 1787. — III. Recherches Jiistoriques et pratiques sur Vliydropliobie. Paris, 1S21, in-8° ^savante monojrrapliie honorée d'une médaille au concours du Cercle médical de Paris en 1816). — IV. Mémoire à consulter sur une faiblesse du genou droit qui arrive subitement et par intervalles, et qui ne se fait sentir que quand le malade est à jeun. In Journ. gén. de méd., t. LXXVII, p. 275, 1788. — V. Mémoire sur les différents moyens de rappeler à la vie les asphyxiques. Ibid., t. LXXIX, p. 549, 1789, 1 pi. — VI. C.iilique iliaque compliquée à la suite d'un accouchement des plus heureux. Ibid.. t. LXXXYI, p. "i7i, 1791. — VII. Réflexions sur une observation de tympanite aiguë. Ibid., t. XC, p. 397, 179'2. — VIII. Autres articles dans le même journal et dans le Journal encyclopédique. L. IIx.

GURDIACÉS. Groupes de Vers-Nématoïdes, dont les représentants, remar- (piables par leur corps très-long, filiforme, et par les nœuds qu'ils forment en se tortillant, passent la plus grande partie de leur existence dans le corps des Insectes, puis émigrent dans l'eau ou dans la terre huiuide, où ils deviennent adultes et s'accouplent.

Ce groupe renferme les deux genres Gordiiis L. et Mermis Duj., qui constituent les types d'autant de familles distinctes: \es Gordiide's et les Mermitidés.

Les Gordiii!<, appelés \n\gaivemenlDr(tcjonneaiix, ont le corps filiforme, trèslong et ordinairement très-grèle ; les téguments sont résistants et élastiques. Les embrvons possèdent une bouche, un intestin et un cloaque; mais la bouche et la portion antérieure du tube digestif s'oblitèrent à l'état adulte. Les sexes sont séparés. Le mâle a l'extrémité caudale bifurquée, dépourvue de spicules. Dans les deux sexes, les ovaires ou les testicules sont pairs et débouchent avec l'anus près de l'extrémité postérieure du corps. Chez la femelle, l'utérus, impair, est muni d'un réceptacle séminal.

Les métamorphoses des Gordius sont encore peu connues. D'après les observations faites ù ce sujet, les œufs, microscopiques, et agglutines ensemble par une substance albumineuse, forment des cordons blanchâtres souvent très-longs. Us sont déposés dans l'eau. Les embryons qui en sortent, microscopiques également, soiit pourvus, à leur extrémité antérieure, d'un appareil perforateur triûde, suivi, en arrière, d'une double couronne de crochets. Cesembryons, disséminés dans la vase, percent les téguments des larves aquatiques de certains insectes [Tipules, Ephémères), dans le corps desquelles ils s'enkystent aussitôt. Les Coléoptères et autres insectes aquatiques, les Crustacés, certaines Arachnides, etc., avalent ces formes enkystées en même temps que les larves, et les jeunes Gordius se développent dans leur cavité viscérale.

D'autre part, d'a[:rès A. Yillot {Monogr. des Bragonneaux. in Archiv. de zoolog. erpérim., t. 111, 187-4), les embryons peuvent passer, avec les larves d'Insectes, dans l'intestin des Poissons {Phoxinus, Cobitis, etc.), où ils redeviennent libres, puis s'enkystent une seconde fois dans la muqueuse. C'est dans cet état qu'on les trouve en grand nombre, surtout en automne.

Dans tous les cas, la métamorphose a lieu en hiver. Au printemps suivant,

Page 1