‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.45Chapitre 79 sur 97 · L. Un · texte numérisé non relu

L. Un

GÔSCDEIV (Alexander). Médecin allemand de mérite, né à Berlin le 12 mars 1813. Son père, Johann Ludwig, jouissait d'une grande célébrité comme professeur de droit romain, et enseigna successivement à Berlin et à Gottingue ; il était le fils, lui-même, du directeur de la monnaie de Konigsberg, von Goschen, mais avait abandonné, à la mort de celui-ci, le litre de noblesse qu'il lui laissait.

Notre Goschen fréquenta d'abord le gymnase de sa ville natale, puis, en 1826, fut mis 'en pension à Schulpforta cliez le célèbre mathématicien Jacobi, et, en 1829, entra au Dom-Gijmnaùum de Magdebourg. Enfin, en 1851, il se fit immatrisuler à l'Université de Gottingue, où il se lia d'amitié avec ses condisciples von Langenbeck, Bergmann, Ruete, Fick, etc., et fut élève enthousiaste de Himly, de Slromejer, de von Siebold, etc. Le 4 février 1856, il fut reçu docteur en médecine, et, peu après, se fit recevoir au Staats-examen à Hanovre, puis se rendit à Berlin, où il se lia avec toutes les célébrités médicales du jotu', entre autres avec le philologue Lachmann, qui exerça une grande influence sur lui. Il résida ensuite quelque temps à Dardesbeim, près de Halberstadt, et, en

1858, parcourut la plus grande partie de l'Allemagne et de l'Autriche. En janvier

1859, il visita Venise, puis revint passer sou examen obstétrical et se fi.va à Magdebourg, où il fut nommé membre de la commission d'examen et assesseur du collège médical de la province de Saxe.

C'est de 1842 que date son activité comme écrivain médical; il fournit, à partir de ce moment, un grand nombre d'articles au Berliner encijclopàdisches Wôrterbuch der medicinischen Wissenschaften, à ['Encyclopédie de Schmidt, et peu après, en 1843, fut chargé de la rédaction des Schmidt's JahrbUcher, l'un des recueils médicaux les plus importants de l'Allemagne, et qui jouit encore actuellement de toute la faveur du public médical. Ces nouvelles occupalions l'engagèrent à se fixer à Leipzig. 11 y passa ainsi huit ans et, lors du mouvement révolutionnaire en 1848, devint le président des comités allemands de la Saxe, charge qu'il conserva jusqu'en 1849, où ces comités furent dissous;

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à la même occasion il rédigea des journaux révolutionnaires et fut nommé député.

(loschen eut l'idée de fonder une feuille médicale hebdomadaire, à l'imitation des feuilles françaises analogues : c'est ainsi qu'en novembre 1840 parut le premier numéro de son excellent journal, Deutsche Klinik, qu'il rédigea jusqu'à sa mort, arrivée en 1875; à ce moment ce recueil cessa de paraître et fut remplacé par le Deutsche medicinische Wochenschrift. En 1860, il publia les Kritische BIdtter, qui ne parurent guère que deux ans, par suite des événements politiques dont la Saxe cl les pays avoisinaals furent le théâtre.

Lors de la création du parlement national, Gôschen fut nommé député de la ville de Berlin ; ce savant publiciste peut même être considéré comme l'un des fondateurs du parti progressiste allemand. Le l''' octobre 1868, il célébra le jubilé de la vingt-cinquième année de son doctorat. En proie à des accès d'asthme de plus en plus répétés, il mourut d'apoplexie pulmonaire le 2 mars 1875.

Outre une foule d'articles insérés dans un grand nombre de recueils, dont un certain nombre ont été publiés séparément, tels que la biographie de Hohl, son meilleur ami, celle de Schônlein, etc., nous connaissons de lui :

I. Disx. inaug. De forcipe ohstetricia. Gottinjrae, 1850. — II. Die Pflege des menschlichen Kôrpers. cine allgemeine Diàletik fur Laien. Leipzig, i8i7. — [II. Ac/isclmannstcin, eine Dadeskizze. Berlin, 1865, in-8°. — IV. Vichy, eine Badeakizze. Berlin, 1863, in-8°. — V. Kritische Blâltcr fur wissensc/iafllic/ic und praktische Medicin. Leipzig, 1866-1867, 2 vol. gr. in-4°. L. Hx.

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Ciosse (Georges-Alexandre). Médecin français, né à Saint-Amand-les-Eaux, en 1700. mort dans la même ville, le 15 novembre 1772. Gosse fut médecin de l'établissement thermal de sa ville natale. 11 a publié :

Observations sur les eaux minérales de Saint-Amand en Flandre. Donay. 1750. in-l2.

Cosse (Henri-Albert). Célèbre chimiste et naturaliste suisse, mentionné par tous les recueils biographiques médicaux pour ses importants travaux d'hygiène et de physiologie. 11 appartenait à une ancienne famille d'origine alsacienne dont le vrai nom était De Gousch, et qui, devenue protestante, résidait à Sedan lors de la révocation de l'édit de Nantes. Une partie de la famille émigra à Genève. Notre Gosse naquit dans cette ville le 25 mai 1753. La passion de l'histoire naturelle et des sciences physiques lui flt abandonner l'état de libraire, qu'il avait embrassé; il se rendit à Paris pour y suivre des cours de chimie, de botanique, de pharmacie. Le zèle qu'il déploya lui valut bientôt l'amitié des Lavoisier, Dcyeux, Fourcroy, Lacépède, Vauquelin, Parmentier. En 1781, il remporta le prix d'émulation fondé à l'école de pharmacie par M. Le Noir, lieutenant de police. Gosse prit part au concours ouvert en 1783 par l'Académie royale des sciences de Paris, Sur la nature et les causes des maladies auxquelles sont exposés les doreurs sur métaux et sur les moxjens de les en préserver, et il remporta le prix. Son fourneau, remarquable par la simplicité de la construction et par le tirage établi à l'aide d'un foyer d'appel, répondit complètement au but proposé ; c'est presque encore le seul employé à Genève dans l'horlogerie. Plus tard, en 1785, appelé à concourir dans la question Sur la nature et les causes des maladies des ouvriers employés dans la

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fabrique des chapeaux et sur les moyens de les en préserver, ses observations microscopiques sur les poils, la substitution du plomb au mercure dans le sécrétage et surtout son masque d'épongés, lui valurent de nouveaux succès et de nouvelles récompenses bonorifiqiies. A Genève il établit une pbarmacie, il fut un dos fondateurs de la Société de physique et d'histoire naturelle et de celle pour V Avancement des arts. Il enricbit la matière médicale de diverses préparations pharmaceutiques propres à combattre efficacement certaines maladies rebelles de la peau, telles que les affections scrofuleuses, etc. Ses expériences sur la digestion, consignées par Sennebier dans les œuvres de Spallanzani (Genève, 1785, in-8"), servirent de point de départ aux travaux des physiologistes modernes. 11 appliqua son génie au perfectionnement de diverses industries, telles que la poterie, la fabrication des cuirs, des chandelles, du charbon, etc., etc. Il fut l'inventeur des eaux minérales factices, qui dès lors sont devenues d'un usage général. A peine venait-on d'inventer les ballons, qu'il substitua le gaz hydrogène au calorique, comme le prouve sa correspondance avec Montgolfier au moment de la découverte, et par ses expériences aérostatiques il était parvenu à des résultats entièrement nouveaux lorsque les révolutions française et genevoise le lancèrent dans une carrière politique semée de dangers. Réformateur légal des abus, il lut lié avec l'élite des âmes nobles qui luttaient pour une liberté honnête et sage, et défendit, même au péril de sa vie, les victimes de l'anarchie, soit en France, soit à Genève. Le général Bonaparte, qui avait apprécié à Paris le mérite de Gosse, l'accueillit avec distinction, lors de son passage à Genève, quoiqu'on n'ignorât point tous les sacrifices et toutes les démarches qu'il avait faites auprès du Directoire pour empêcher la réunion de Genève à la France. Après cette réunion. Gosse introduisit de nombreuses réformes dans l'administration mimicipale et cheicha à favoriser l'étude des sciences naturelles par l'établissement d'un musée et par des cours de botanique. Il fut alors nommé correspondant de l'Institut impérial de France. Retiré vers la fin de sa vie dans une campagne à Marnex, Gosse y conçut l'idée des Sociétés scientifiques connues sous le nom de Congrès scientifiques et, après une correspondance active avec divers savants suisses et étrangers, il convoqua à Marnex, le 15 octobre 1815, la première assemblée de la Société helvétique des sciences naturelles. Le plan de cette société nomade fut douze ans plus tard transporté en Allemagne par le professeur Oken, et de là en Angleterre, en France, en Scandina\ie et jusqu'en Amérique. Un mois après cette création. Gosse mourut d'apoplexie à Genève le 1" février 1816 {Biogr. Didot). Il a laissé un fils qui s'est distingué dans la carrière médicale.

Gosse (André-Louis). Fils du précédent, né à Genève le 18 juin 1791, étudia la médecine à Paris et y fut reçu docteur en 1816. De retour dans sa ville natale, il y exerça l'art de guérir, puis, en 1826, se rendit en Grèce en qualité de médecin et d'agent d'Eynard. Il y passa deux ans, puis revint à Genève, pour retourner en Grèce en 1829. Lord Cochrane, amiral de la flotte grecque, lui fit en 1850 un présent magnifique en récompense des services qu'il avait rendus. Il revint ensuite à Genève, décoré de l'ordre grec du Sauveur, et devint médecin du 'dispensaire.

Nous connaissons de Gosse :

l. Propositions générales sur les maladies causées par l'exercice des professions. Diss. inaug. Paris, 1816, in-4''. — II. Sur l'hygiène des professions insalubres. Genève, 1817,

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in-8° (extr. de Bibl. uiiiv., t. IV, p. 57, 1817). — III. Des maladies rhumatoïdes. Mém. communiqué à la Société helvétique des sciences naturelles séant à Soleure le 27 juillet 1825. Genève, 1826, in-S". — IV. Sur la nature et le traitement du choléra sporadique et épidémique. In Biblioth. univ. de Genève, 1851. Trad. en italien : Venezia, 1851, in-8°. — V. Avec l'rcvosl, Dupin et Lombard : Troisième rapport du dispensaire de Genève, etc. Genève, 1850, in-S". — YI. Rapport sur l'épidémie de choléra en Prusse, en Russie et en Pologne. Genève, 1855, in-8°. — VII. Relation de la peste qui a régné en Grèce en 1827 et 1828, contenant des vues nouvelles sur la marche et le traitement de cette maladie Paris, 1858, in-8°. — VIII. Bas Penifentiarsystcm, etc., unter Mitwirkung des Verfassers iibers. M. rerm. von Ad. Martiny. 'Weimar. 1859, in-8°. — IX. Notice sur les eaux thermales salines ferrugineuses de Salins, près Mouliers en Tareutaise. In Journ dcpharm., t. XXIV, p. 042, 1858. — X. De l'étiologie du goitre et du crélinisme. In Mém. de la Soc.phijs. de Genève, t. XJI, p. 211, 1854. — XI. Essai sur les déformations artificielles du crâne. In Annal, d'hgg. puhl., t. III, p. 517, et 1. IV. p. 1, 1855. — XII. Sur les anciennes races du Pérou. In Rul/ct. Soc. d'anthropol. de Paris, t. î, p. 549, 1860. — XIII. Monographie de l'Erythroxglon coca. In Mém. couronn. Acad. Bruxelles, t. XII, 1861. — XIV. Dissertation sur les 7'aces qui composaient l'ancienne populat on du Pérou. In Mém. de la Soc. d'Anthropol. de Paris, t. 1, p. 149, 1865. — XV. Du bain turc, modifié par l'emploi du calorique rayonnant et de son introduction en Suisse. Genève, 1865, in-1'.i. — X. Des trichines spirales, des accidents maladifs quelles engendrent, etc. Genève, 1866, in-12. L. Hx.

CiOSSELET (Auguste-Napoléon). Médecin de mérite, né à Anvers vers 1810, étudia la médecine à Paris et y prit le degré de docteur en 1857. Il se fixa ensuite à Lille, où il devint peu après médecin en chef de l'hospice des aliénés. D'après son biographe [Ann. méd.-psych., 3^ sér., t. V, p. 645, 1859), l'établissement qu'il dirigeait pouvait être cité comme modèle. Il était aussi éminent praticien qu'aliéniste distingué, et avait encore acquis de la réputation comme philosophe , philanthrope et économiste. Il est, paraît-il, l'auteur de divers travaux importants, publiés ou inédits, sur les névroses et sur certaines questions de médecine psychologique. Nous regrettons que son biographe ne les ait pas cités. Mentionnons de lui :

I. Traitement de la variole. Tlièse de Paris, 1857. — II. Statistique des maladies épidémiques dans Vai-rondissement de Lille de 1852 à 1845. Lille, 1844, in-S". L. Hn.

GOSSET. Médecin et alchimiste du dix-huitième siècle, partisan de van Helmont et de Paracelse, était d'Amiens. Il s'est fait connaître par l'ouvrage suivant : Révélations cabalistiques d'une médecine universelle tirée du vin, avec itne manière d'extraire le sel de rosée, et une dissertation sur les lampes sépulchrales (Utrecht [Amiens], 1755, in-12). Sa nàédecine universelle ou arcane végétable se tirait du vin; quant au sel qu'il extrayait de la rosée, c'était également une panacée. Gosset a encore émis cette idée qu'on pouvait retirer de toutes les substances un élément incombustible et perpétuellement lumineux. L. Hn.

GOSSYPIIIIM. Voij. Cotonnier.

GÔTHE (JonANN-WoLFGANG). Le plus grand poète de l'Allemagne.

Goethe a sa place marquée dans ce Dictionnaire, à cause de l'influence qu'il a exercée à son époque sur les progrès des sciences naturelles par les idées nouvelles qu'il y a introduites, bien que cette influence ait été contestée déjà de son vivant, mais surtout après sa mort.

Il naquit à Francfoit le 28 août 1749. Son père élait un des citoyens les plus respectés de la ville; homme grave, sérieux et sévère, même pédant, mais

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à idées au-dessus de son époque, quoique d'un jugement un peu élroit, il fit apprendie à l'enfant les langues anciennes et modernes, de sorte que celui-ci connut de bonne heure le français, l'italien, l'espagnol et l'anglais; la mère de Goethe, de la famille des Textor, était douée d'un caractère gai et aimable; elle se plaisait à développer l'imagination de son fils par des récits de toute sorte, et à cette école il arriva lui-même à inventer des contes et s'exerça ainsi à son futur métier de romancier. Pendant la guerre de Sept Ans, il fit la connaissance d'un Françuis, le comte de Thorane, lieutenant du roi à Francfort, qui contiibua à lui faire connaître et aimer la langue française et surtout le théâtre français.

A l'âge de seize ans, Gœthe fut envoyé à Leipzig pour étudier le droit, et on commença aie faire travailler d'après le système de Wolff, « le classeur ». Il ne tarda pas à s'y ennuyer et, à la ^uitc de diverses aventures désagréables, il tomba malade et revint à Francfort après une absence de trois ans. C'est alors qu'il subit i'inflaence du mysticisme religieux de mademoiselle de Kleltenberg; en même temps il s'occupa de chimie et même d'alchimie, en étudiant avec ardeur les ouvrages de van Helmont et de Paracelse. En 1770, son père l'envoya à Strasbourg pour y terminer ses études juridiques. Mais là comme à Leipzig le droit ne fut pour lui qu'une affaire secondaire; il acquit cependant le titre de licencié qu'il changea en celui de docteur à son retour à Francfort, sans toutefois l'avoir obtenu d'aucune faculté. A Strasbourg, il subit l'intluence de Ilerder, le brillant critique, qui lui fit apprécier Homère et surtout Shakespeare, et celle de Jung-Stilling, qui lui communiqua ses idées philosophiques. C'est grâce à Herder qu'il se décida à écrire en allemand et non en français, comme il en avait eu un moment l'intention.

De retour à Francfort, vers la fin de 1771, Gœthe y trouva la vie trop étroite et trop formaliste et ne put se décidera y exercer la profession d'avocat; il se rendit à Welzlar en mai 1772 et s'y ht immatriculer au Conseil supérieur. C'est pendant son séjour à Wetzlar qu'il termina le drame de Goetz de Berlichingen et le roman de Werther, en même temps qu il continuait à publier un grand nombre de Lieds; par ces publications il régénérait le théâtre, le roman et la poésie lyrique de son pays.

Un jeune souverain, le duc de Saxe-Weimar, de passage à Francfort, ayant désiré voir notre poète, Gœthe lui fut présenté et conquit toute l'amitié du prince. La vie purement contemplative lui pesait probablement à ce moment et, décidé à se livrer à la vie pratique, à l'activité réelle, à se consacrer aux affaires, en un mot, il n'hésita pas à suivre aussitôt (1775) le duc à Weiraar. « Il se jette, dit DuBois-Reymond, dans cette voie avec persistance; il ne dédaigne pas de prendre une connaissance approfondie des détails techni jues de branclies particulières de l'administration, telles que l'exploitation des mines. Pendant les années qui auraient dû être celles de la floraison et de la fécondité, on voit le plus grand génie poétique des temps modernes renoncer à produire et, pour l'amour d'une maxime abstraite, se vouer à des occupations pratiques oh l'auraient dépassé facilement des hommes bien inférieurs à lui. » Pendant dix ans, jusqu'en 1786, il joua à la cour de >yeimar ce rôle de vice-roi et en quelque sorte de demi-dieu. Du Bois-P»eymond lui reproche de n'avoir presq\]e rien produit durant toute cette période, mais cette opinion est trop exclusive, car, s'il n'a rien produit, il a, selon l'expression de ses biographes, conçu ses chefsd'œuvre et préparé leur exécution. « Enfin, dit Du Bois-Pieymond, le naturel qu'il

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avait refoulé reprend son empire, et ïhégire de Carlsbad à Rome ouvre une nouvelle période d'activité poétique ».

Goethe, durant son voyage en Italie, fut artiste, poëte et naturaliste, mais le tempérament artistique primait tout, même lorsqu'il s'agissait d'histoire naturelle; il visita toute la péninsule et la Sicile sous un nom d'emprunt et revint à AVeimar en juin 1788, rapportant deux grands drames, Iphigénie en Tauride et le Tasse.

C'est de cette époque que date sa liaison avec Christine Vulpius, qu'il épousa plus tard après la bataille d'Iéna, en 1806, pour la récompenser des services qu'elle lui avait rendus en défendant sa maison lors du pillage de Weimar. Il accompagna le duc de Saxe- Weimar en Silésie en 1790, fit avec lui la campagne de France en 1792 et assista l'année suivante au siège de Mayence. Dans toutes ces pérégrinations, ici comme en Italie, il observait la nature, avec ce talent particulier qui le caractérisait et qui a fait dire à Heine : « La nature, désirant savoir comment elle était faite, créa Gœthe ».

En 1794 eut lieu sa rencontre mémorable avec Schiller, à qui, dès la première entrevue, il expliqua la métamorphose des plantes, dont l'idée lui était venue en Italie; l'amitié de ces deux grands génies dura jusqu'à la mort de Schiller en 1805. C'est d'après les indications et les conseils de Gœthe, paraît-il, que Schiller donna toute sa couleur locale à son Guillaume Tell.

La célébrité de Gœthe était alors européenne, et lorsque Napoléon P'', lors de l'entrevue d'Erfurt, séjourna en Saxe, il demanda à voir le poëte et, après l'avoir contemplé, l'aborda par ces mots restés célèbres : « Vous êtes un homme, monsieur Gœthe! » Gœthe conserva une profonde admiration et même un vrai culte pour le grand capitaine et, quoique patriote allemand, ne cessa d'aimer la France, dont il avait célébré la résolution dans un chef-d'œuvre, Hermann et Dorothée, et dont il admirait les productions littéraires et artistiques. Aussi, pendant la guerre de la Délivrance, sa muse ne produisit-elle point de poésies militaires.

Après 1815, Gœthe ne s'occupa plus des affaires du duché de Saxe-Weimar, mais il continua à enrichir les collections d'histoire naturelle de l'Université d'Iéna et les siennes propres. Les sciences naturelles étaient l'une de ses passions. Gœthe avait pris alors aux yeux de l'Europe la situation qu'occupait cmquante ans auparavant Voltaire dans sa retraite de Ferney. Il vivait retiré dans une petite maison avec jardin, située tout près de Weimar et que lui avait donnée le duc de Saxe-Weimar. Victor Cousin le visita là en 1817 et laissa un récit de son entretien avec lui; J.-J. Ampère fit le pèlerinage de Weimar quelques années après, et l'on peut dire que ce jeune Français de vingt-deux ans en imposa à Gœthe par la profondeur de ses connaissances.

Gœthe, malgré l'immense prestige dont il jouissait, n'était pas ce Jupiter olympien qu'en font quelques-uns de ses admirateurs entliousiastes. 11 était au contraire très-bonhomme dans ses allures et dans ses habitudes, comme en témoignent ses entretiens avec Eckermann et comme le représentent même une foule de peintures, de lithographies, de médailles, de bustes, etc. Pour s'en convaincre, il suffit de voir les portraits authentiques qui existent dans sa maison natale de Francfort. L'un de ses plus grands plaisirs était de s'occuper prosaïquement d'horticulture et d'agriculture, et même d'ornithologie et de minéralogie avec Eckermann.

Gœthe termina son plus grand chef-d'œuvre, le premier Faust, en 1806; il

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avait quatre-vingts ans sonnés quand il mit la dernière main à son second Faust, œuvre plus ou moins incompréhensible, oii il a cherché à faire la synthèse de ses idées en philosophie et en histoire naturelle.

En 1830, il suivit avec passion la fameuse lutte de nos deux grands naturalistes Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire; il fit même un résumé de la discussion qui s'était élevée entre eux à l'Académie des sciences; ce fut son dernier travail. 11 mourut le 22 mars 1852, âgé de quatre-vingt-deux ans; au moment où il allait rendre le dernier soupir, il fit ouvrir les volets de sa fenêtre, réclamant « plus de lumière » .

Nous n'avons pas à apprécier ici le poëte, ni le romancier, ni l'auteur dramatique, mais le naturaliste et le physicien mérite de nous arrêter un instant.

La puissante imagination de Gœthe, aidée d'un remarquable esprit d'observation, trou\a ample matière à s'exercer, notamment en zoologie. Ainsi il a cherché à démontrer que les différences qui existent dans la conformation anatomique des animaux ne doivent être considérées que comme des modifications d'un type primitif, commun pour tous ; modifications correspondantes aux diverses influences de mœurs, de climats, d'aliments; mais il ne définit pas autrement ce type et n'en rend la conception possible par aucune indication générale. Cette conception avait pris naissance chez lui à la suite de sa découverte de l'os intermaxillaire, qui, soit dit en passant, fut découvert à la même époque en France par Vicq-d'Azyr. C'est du moins dans l'opuscule publié en 1786 sur l'os intermaxillaire qu'on trouve la première indication de ces idées généralôs. Cette découverte lui suggéra encore d'autres idées, relativement aux analogies entre parties servant à certains usages chez les animaux et ces mêmes parties persistant chez l'homme, quoiqu'elles ne soient plus utiles pour le parfait fonctionnement de l'organisme; preuve de plus pour lui que les différences de structure des animaux doivent être considérées comme des modifications d'un même type fondamental, résultant de l'oblitération, de la déformation, de l'augmentation ou de la diminution des organes, ou même de la disparition totale de certains d'entre eux.

Goethe eut bientôt une nouvelle occasion pour appliquer ces idées. Un jour, en se promenant sur les sables du Lido, à Venise, il trouva un crâne de mouton fendu; il l'examina avec soin, et l'idée lui vint aussitôt que les os de la tète pouvaient n'être qu'une transformation des vertèbres. Il ne publia pas immédiatement cette conception nouvelle, et plus tard, en 1817, quand Oken l'exprima à son tour, une violente dispute de priorité s'éleva entre les deux savants.

C'est également pendant son voyage en Italie que l'idée de la métamorphose des plantes vint à Gœthe. Il fut frappé un jour des particularités de forme que présentaient les feuilles d'un palmier éventail, dans le jardin botanique de Padoue. 11 observa alors avec curiosité les modifications que peuvent affecter dans leur développement successif les feuilles de diverses plantes, les premières petites feuilles radicales simples se trouvant remplacées par des feuilles de plus en plus séparées jusqu'aux feuilles pennées les plus complexes ; il constata ensuite dans d'autres plantes le passage graduel des feuilles de la tige en folioles du calice et de la corolle, et de ces dernières en étamines, nectaires, etc.

Il publia en 1790 dans un ouvrage resté justement célèbre ces vues théoriques toutes nouvelles. Ces mêmes idées sont aujourd'hui adoptées par tous les botanistes, malgré quelques dissentiments sur des questions de détail, comme celle de savoir si la graine est une feuille ou une branche ; elles doivent être coii-

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sidérées, en un mot, comme le point de départ et le fond de la botanique philosophique actuelle.

C'est ainsi que, grâce à son profond talent d'observateur et à sa force d'intuition et par l'examen attentif d'une foule de détails dans les objets qui se présentaient à sa curiosité, détails qui auraient échappé à un esprit moins investigateur, Gœthe arriva à formuler des idées générales qui ont acquis droit de cité dans la science et n'ont pas été sans influence sur son développement.

La première idée, déjà formulée plus haut, c'est que les différences qu'on observe dans la conformation des animaux ne doivent être considérées que comme des modifications d'im plan commun, d'un type primitif, idéal, il est vrai; idée qui a fait considérer Gœthe par beaucoup de savants, et en dernier lieu par Hfeckel, com;ne l'un des précurseurs de Darwin; c'est pousser un peu loin les choses. Â ce compte Diderot serait également un précurseur de Darwin, car il dit expressément et avant Gœthe : « Ne croirait-on pas volontiers qu'il n'y a jamais eu qu'un premier animal prototype de tous les animaux, dont la nature n'a fait qu'allonger, raccourcir, transformer, multiplier, oblitérer certains organes? » N'est-ce pas là du reste le sentiment qu'on trouve exprimé chez tous les philosophes ou naturalistes leibniziens du dix-huitième siècle, le sentiment plus ou moins net de l'unité de composition et de type dans le règne animal et végétal? Diderot formule même avec précision une idée nouvelle pour son époque, celle du balancement physiologique et des compensations organiques : « 11 est évident, dit-il, que la nature n'a pu conserver tant de ressemblance dans les parties et affecter tant de variétés dans les formes, sans avoir souvent rendu sensible d^ins un être organisé ce qu'elle a dérobé dans un autre. »

La seconde idée, laissée dans le monde par Gœthe, c'est qu'il existe autant d'analogie entre les diverses parties d'un seul et même être organique qu'il s'en trouve entre les parties correspondantes dans les diverses espèces. C'est sur cette idée que repose la théorie de la métamorphose des plantes, la théorie vertébrale du crâne, etc.

Mais il ne faut pas s'y tromper. Ces conceptions de Gœthe ne répondaient pas chez lui à un besoin scientifique, mais plutôt à un besoin esthétique. Pour lui, la nature tout entière et tous les objets naturels ne sont que l'expression d'une idée, ne constituent que le développement, l'évolution de celte idée; cette conception de l'unité dans la diversité flatte son esprit artistique : en présence d'un objet naturel, il procède comme s'il avait devant lui un objet d'art, il l'examine en tous sens, cherche par intuition le lien qui en unit les diverses parties et prétend en dégager l'idée; dans un groupe d'objets de nature semblable, un groupe d'animaux d'espèces différentes, par exemple, i! cherche a qu'il y a de commun, de typique dans leur forme, en un mot, le trait d'union entre tant d'objets disparates, et imagine ainsi son type idéal, qui lui permet de réunir tout le règne animal dans un tout harmonieux, quoique infiniment varié, qui satisfait ses aspirations d'artiste.

Par ces idées de dynamisme universel, de continuité dans les phénomènes naturels, grâce à une synergie en quelque sorte esthétique, et même par son penchant plus ou moins avoué à la monadologie, Gœthe est donc leibnizien; par son panthéisme, qui est la théologie de tous les poètes athées, il se rapproche plus ou moins de Spinoza, dont il s'éloigne cependant par ses idées sur la vie, sur la spontanéité vitale dans la nature. Pour Gœthe, comme pour tout poëte

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et tout artiste, l'idée n'est pas ce but insaisissable, sans expression possible dans la réalité, que l'homme doit constamment poursuivre avec la certitude de ne jamais l'atteindre, l'idée kantienne, en un mot, telle que la concevait son émule et ami Schiller, l'idée pour Goethe a sa représentation matérielle dans l'œuvre même sortie des mains de l'artiste ou du poëte. Par là il se rapproche des philosophes de la nature, qui n'ont pas manqué de le revendiquer comme un des leurs; c'est ce qui explique l'acharnement et l'obstination avec lesquels Schelling, Hegel, etc., ont délcadu les plus énormes erreurs scientifiques de l'immortel poëte.

Ainsi chez Goethe tout était affaire d'intuition; le fameux type qu'il a imaginé ne reposait sur aucune base scientifique sérieuse; loin d'être fondé sur des lois d'analogie et de constituer ainsi une hypothèse vraiment scientifique, il n'avait que la valeur d'une conception poétique, nécessaire pour maintenir l'intégrité et l'harmonie du tableau idéal que Goethe s'était tracé de toute la création. Quant aux lois de la structure des animaux, il n'en avait aucune idée, comme on peut le voir par sa Préface à l'anatomie comparée. On conçoit qu'avec celte méthode de saisir les rapports morphologiques par simple intuition, il a dû être exposé à bien des erreurs.

En somme, notre poëte préconise surtout l'observation synthétique et, s'il admet l'analyse, c'est simplement comme une opération de l'esprit; il rejette l'intervention des appareils et des expérimentations compliquées; comme Diderot, il repousse l'emploi fréquent du calcul et des mesures.

Cette aversion pour l'expérimentation et le calcul nous permet de nous rendre compte des erreurs dans lesquelles Gœthe est tombé, notamment dans sa théorie des couleurs^ Du Bois-Reymond l'a jugé très-sévèrement : « Gœlhe, dit-il, n'avait aucun pressentiment de cet ordre de recherches (il s'agit des recherches scientifiques), ni du besoin intellectuel qu'elles supposent et qu'elles ont pour but de satisfaire. 11 ne mentionne l'analyse mécanique que pour la rejeter avec une grande hostilité. Pour lui, construire une théorie, c'est seulement ramener les phénomènes à un phénomène qu'il appelait primordial et qui était déjcà extrêmement complexe. C'est à peu près ainsi que des images optiques se succèdent les unes aux autres, sans qu'on puisse établir entre elles un lien de cause à effet. Le concept d'une causalité mécanique était ce qu'il repoussait absolument. C'est pourquoi sa théorie des couleurs, indépendamment de sa partie subjective, en dépits d'ardents efforts poursuivis pendant une longue vie, n'est que l'enfant mort-né de la fantaisie d'un dilettante autodidacte ; c'est uourquoi il ne pouvait s'entendre avec les physiciens, c'est pourquoi il ne pouvait comprendre la grandeur de Newton ; c'est pourquoi il ne voyait dans l'ootique scientifique d'un Young ou d'un Fresnel que de la bouillie pour les chats », et plus loin « la métamorphose des plantes, la découverte de l'os intermaxillaire chez riiomme, la théorie, aujourd'hui contestée, mais non moins importante, des vertèbres du crâne, resteront comme un témoignage durable de l'activité de Gœlhe et de la siireté de son coup d'œil. M. Charles Martins, qui a traduit en français ses œuvres scientifiques, et parmi nous Virchow, ont rendu pleine

* En deux mois voici cette théorie : Les couleurs sont toujours plus foncées que le blanc et ont quelque-chose qui tient de l'ombre. Le mélange direct de lumière et d'ombre, de blanc et de noir, donne du gris. Les couleurs sont dues au mélange en diverses proportions de la lumière et de l'ombre. Un argument dont Gœlhe se servait, c'est que les substances translucides placées sur un fond obscur paraissent bleues, tandis que vues par transmission elles paraissent jaunes.

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justice à ses mériles.... Cependant il m'est impossible de dissimuler ma conviction personnelle que, sans le concours de Gœlhe, la science serait aujourd'hui tout aussi avancée qu'elle Test. Les progrès qu'il lui a fait faire, d'autres les auraient réalisés tôt ou tard; déjà, avant Gœllie, Gaspard-Frédéric Wolff connaissait plus ou moins coniplélement la métamorphose des plantes, et Oken la théorie des vertèbres. La fausse direction qu'il a imprimée à la science allemande, dt^à troublée depuis longtemps par ce qu'on appelait la philosophie de la naturej a été plus nuisible que ses découvertes n'ont été profitables.... On a récemment essayé d'ajouter une feuille de laurier à la couronne scientifique de Goethe. M. Ilseckel, notamment, s'est efforcé de nouveau, il y a quelques semaines, et avec une grande éloquence, de placer Goethe à côté de Lamarck

paimi les principaux précurseurs de Darwin du transformisme. On a aussi

voulu trouver chez lui quelque chose d'analogue à la lutte pour l'existence. Mais, si loin qu'aille le byzantinisme, et bien qu'à cause de son aversion pour les révolutions plutoniennes on l'ait aussi présenté comme un prédécesseur de Lyell en géologie, personne ne soutiendra sérieusement que le poëte ait déjà été en possession de la théorie de la sélection. »

Nous n'irons pas plus loin; par ce qui précède, en faisant la part de ce qu'il peut y avoir d'exagéré dans la critique de Du Bois-Reymond, on aura pu se faire une idée de la valeur de Goethe comme homme de science; c'était le but que nous nous proposions.

On remplirait aisément une bibliothèque avec tout ce qui se publie sur Gœthe depuis un certain nombre d'années ; la gœtholatrie est arrivée actuellement chez nos voisins à l'état aigu ; nous ne savons si le discours de Du Boislîeymond, dont nous avons donné quelques extraits, réussira à modérer le flot, mais il est certain qu'il a opéré comme une douche d'eau froide sur l'enthousiasme des admirateurs fanatiques du grand poëte.

Les œuvres scientifiques de Gœtlie ont été traduites en français par Charles Martins [Œuv. d'hist. nat. de Gœthe, comprenant divers mémoires d'anatomie comparée, de botanique et de géologie, etc. Paris et Genève, 1857, in-S"). Voy. encore sur Gœthe : Virchow {Gœthe als Naturforscher uml in hesonderer Beziehimg auf Schiller. Berlin, 1861,in-8°); RelmhoUz {Gœthe naturaliste et physicien, in Revue des cours scientif., 7*^ année, p. 18, 1870); Haeckel (D/e Naturanschauung von Darwin, Gœthe und Lamarck, léna, 1882, trad. en franc, in Rev. scientifique, 2 décembre 1882, p. 705) ; Du Bois-Reymond {Gœthe und hein Ende. Leipzig, 1885, in-8", trad. en franc, in Rev. scientif., 16 décembre 1882, p. 769); S. K.vlischer {Gœthe als Naturforscher und Herr Du Bois-Reijniond als sein Kriltker, Berlin, 188Ô, in-S"); F. Cohn {Gœthe als Botaniker, in Die Pflanze, p. 25. Breslau, 1882, gr. in-8'') ; F. Papillon [Hist. de la philos, moderne, t. 11, p. 589. Paris, 1876, in-8''), et les innombrables biographies de Gœthe. L. H.vhn.

GOTnÉX (C.-Olof). Médecin suédois, né dans la paroisse de Nysund le 31 août 1795, commença ses études à Upsal en 1812, puis, après avoir servi dans l'iirniée, subit, en 1818, l'examen pro exercitio, en 1820, l'examen de candidat, reprit son service militaire, et en 1822 se fit recevoir docteur en médecine, et en 1825 maître en chirurgie à Upsal. Le 16 octobre 1825, il devint médecin de bataillon au régiment royal d'artillerie. En 1827, il fut nommé

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ntendant des eaux minérales de Porla, médecin de la cour en 1828, et enfin, en 1856, devint médecin titulaire du roi. Nous connaissons de lui :

I. De origine myrrhae conlroversae Spec. 3 (prres. AJ. Afzelius). Upsaliae, 1818. —

II. Diss. inaurj. Observaliones de erysipelate (prœs. J. .\ackermann). Upsaliae, 18-2. —

III. Carcinoma paa fiera stâllen. In Svensk Lâk. Sâllsk. Aarsberâtlelse for 18-2o, p. 98.

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