‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.45Chapitre 80 sur 97 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

GOTns. Anciens peuples ayant occupé à diverses époques la Scandinavie, la Germanie, l'Italie, le midi des Gaules et l'Espagne {voij. France [Anthropologie]; Cagots, etc.). On distingue les Gotlis ou Odrogoths ou Goths de l'Est (entre le Tanaïs et le Dniester), et Wisigoths ou Westgolhs, Goths de l'Ouest, entre le Dniester et la Theyss. Envahis par les Hims, les premiers devinrent leurs vassaux et les seconds franchirent le Danube, pour se livrer aux Romains.

GOTTHARD (Ioseph-Friedrich). Médecin allemand de mérite, né à Lichteufels, près de Bamberg, le 21 décembre 1757. 11 fréquenta tout d'abord les écoles des Jésuites, puis étudia la médecine à Bamberg, et, de 1784 à 1789, à Vienne, passa ensuite à Wurtzbourg, et de là à Mayence, et en 1791 devint professeur d'anatomie et d'art vétérinaire à Bamberg en même temps que vétérinaire en chef de la cour et de la piovince. 11 prit le degré de docteur en médecine en 18U1, devint assesseur auprès de la Faculté de médecine et membre du Collège médical en 1802, professeur d'anatomie, d'art vétérinaire et de médecine légale à l'École provinciale de médecine, y joignit peu après la ch.iire de médecine, de diététique et de botanique, puis en 1810 la chaire de thérapeutique. Lorsqu'en 1825 l'École provinciale cessa d'exister, il continua à enseigner les sciences naturelles en qualité de privat-docenl et pratiqua l'art de guérir à Bamberg jusqu'à sa mort arrivée le 25 février 1854. Nous connaissons de lui :

I. Leilfaden fiir angehende Aerzte, Kranke zu priifen und Krankheiten zu erforschen, Erlansen, 1793, in-S". — II. Enlwurf eincs Lelirplans zu iliierârzlliclien Lehrqnslalten, nehst Bemerkungen ûber den W'ertli der Uausthiere, etc. Erlangen, 1796, in-8''. — III. Unlerriclit fur meine Landsleuie bei gegenwàrliger IJornviehseuclie. Bamberg, 1796, in-4''. — IV. Pr. welches waren bis/ier und sind nocli die allgemeinen Ilitidcriiisse einer glucklichen Vorbauung und llellung bei einer bevorstekenden oder schon gegeiiwârtigen Seuche? Bamberg, 1803, in-S". L. llx.

GÔTTLl\G (JoHAXN Frifdrich-August). Né à Bernburg, dans le paysd'llalbersladt, le 5 janvier 1755, perdit prématurément son père, mais put faire ses éludes, grâce aux libéralités du poète Gleim. Wiegleb le mit en état de diriger la meilleure pharmacie de Weimar. Il étudia ensuite la médecine à Goltingue. Après un voyage en Angleterre, il devint, en 1789, professeur extraordinaire de philosophie à l'Université d'Iéna et, en 1791, fut nommé professeur ordinaire. Ce n'est qu'en 1792 qu'il prit le titre de docteur en médecine. Gottling mourut le l^'" septembre 1809, à léna, laissant un grand nombre d'ouvrages et de mémoires insérés dans les recueils allemands. Nous citerons :

I. Einleilung in die pharmaceudsche Chjmie fur Lernende. Altenbiirg, 1770, in-8°. — II. Almanach fur Sckeidekïimtler und Apotheker auf die Jalire 1780 bis 179G. \Veimar. 1779, 1795, 17 vol. iii-16. — III. Vollslândiges Hegister ûber den Almanach, oder Tasc/ienbuch fur Scheidekunstler der Jalire 1780-1785. ^Yeiraa^, 1785, in-lG. Der Jalne 178(5, 1791. Weimar, 1791, iii-IO. — IV. Ckemische Versuche ûber eine verbesserle Méthode den Salmiak zu bereiten. 'SVeimai-, 1782, in-S". — V. Praktische Vortheile und Verbesserunyen

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verschiedener pharmaceulisch-chemhcher Opcrationen fur Apotkeker. Weimar , 178ô, in-8°. Ibid., 1789, in-8°. 2" recueil, ibid., 1801, in-8°. — VI. Beschreibung verschiedener Blasemaschinen zu Lôlhen, Schmehen, Gtasblasen, und dergleichen, auch vermilteht selbiger mit dephlogistisirter Luft zu sclimelien. Erfurt, 1784, in-4°. — VII. Tabelle ûber die Lehve vnii c/rii Sahen und Hiver miltelsalzartigen Verbindungeti. Weimar, 1784, in-fol. — YIII. Vollstândiges ckemisches Probierkabinet, zum Ilandgebrnuch fiir Scheidekûnstler, Aerzte, Mineralogen, Melallargcn, Technologen, Fabrikanten, Œkonomen und Nalurliebhaber. lena, 1790, in-8°. — IX. Anweisung zum Gebrauch seines vollstândigen chemischen Probierkabinets. lenn, 1790, in-8°. — X. Versuck einer physischen Chemie. fur Jugendlehrer beijm Untcrricht, wie auch Gebrauchsanlcitung dcr Samyniung chenmclicr Prâparate, zu unterhaltcnden und niilzlichen Versuchen. lena, 1792, in-S». — XI. Aufklârungen der Arzneywinsenschaft, aus den ueuestcn Enldeckunqen der Phi/sik, Chemie und andern Hiilfswissenschaften. Weimar. 179j-179i, 3 cahiers, in-8^ — XII. Beytrag zur Berichtigung der antiphlogistiichen Chemie, ouf Yersuche gegriindct. Weimar, 1794-1798, in-8°. — XIII. Anfangsgriinde der Probirkunst, mit Cramer's Erfahrungen verbunden. Weimar, 1794, in -8°. — XIV. Ckemische Bemcrkungen Uber das phosphorsaure Quecksilber, und Herrn Dr. Hahncmann's schwanen Quecksilberkalk. lena, 1795, in-S". — XV. Technologisches Hnndbuch fur Kiinstler, Fabrikanten und Metallurgen, auf das Jakr 1786. Gollingen, 1780. in-lG. — XVI. Systcmatixche Uebersicht der Manufakiur- und Fabrikkunde lena, 17!'7, iii-8". — XVII. Uandbuch der thcorctischen und praklischen Chemie. lena, 1799-181)0, 5 vol. in-8°. — XVIII. Prnklische Anweisung zur prît fenden u. zerlegenden Chemie. lena, 1802, in-S". — XIX. Der physisch-chemische llau^freund. lena, 1801-1807, 3 vol. in-8°. — XX. Physisch-chemische Encyclopàdie. lena, 1805-1807, 5 vol. in-8°. — XXI. Grand nombre d'articles dans Crell's Annalen, Trommsdor/f's Journal, etc. L. Hn.

GOTT§cnED (Johann). Nl' en juillet 1668, à Kônigsberg, étudia la médecine à l'Université de sa ville natale, puis fit un voyage en Allemagne, en Hollande et en Italie. A son retour, en 1691, il devint médecin pen>ionné de Bartenslein et trois ans après fut nommé professeur e.xlraordinaire en même temps qu'il prit le grade de licencié. En 1701, il devint docteur et professeur ordinaire de médecine et de physique et mourut le 10 avril 1704. On a de lui :

I. Diss. de nova trepsi et renutritione eorum qui ob inediam emaciati simt. Regiomonti, 1694, in-i". — II. Diss. de circnlatione sanguinis. Refriomonti, 1694, in-4''. — 111. Diss. de motu muaculorum. Regiomonli, 1694, in-4°. — IV. Diss. de œ!here et aère sanguinis, eorumque in corpus humanum ejusque humores vi et operationibiis in génère. Regiomonti, 1694, in-4°. — V. Diss. de luce et cohribus. Regiomonti, 1701, in-4°. — VI. Diss. de visus modo fiendi. Retjio'nonti, 1702, in-4''. — VI[. Diss. de viis et circulatione chyli. Regiomonti,

1702, in-4°. — VIII. Medicus castrensis erercitui Moscovitarum prœfectus. Regiomonti,

1703, in-4°. — IX. Diss. de hœmorrhoidibus. Regiomonti, 1703, in-4"'. — X. Il publia en oulredes Annuaires météorologiques pour 1702-1703, et une nouvelle édition de la Flore prussienne de Lobel (Kônigsberg, 1703-1704). L. Hs.

GOTTWALD (Christoph). Naturaliste et médecin allemand, né à Dantzig en 1G56, reçu docteur à Leyde en JG62 et mort le 1'='' janvier 1700, était mLmbre de l'Académie des Curieux de la nature sous le nom d'Asclepiodotiis. Il réussit à créer un important cabinet d'histoire naturelle, dont il ne put que commencer la description. Son fils, Jean-Clmstophe, médecin comme lui, augmenta ce musée, qui fut vendu ou donné à Pierre le Grand. Le czar en fit présent à l'Académie des sciences de Pétersbourg. Les dessins et les planches, dont Gottwald avait fait graver mille exemplaires, furent dispersés en Allemagne. On les a réunis en deux volumes, sans texte, dont l'un contient 49, l'autre 62 planches, d'après le catalogue de la bibliothèque de Klein qui indique l'exemplaire le plus complet. Citons :

I. Diss. de melancholia hypochondriaca. Lugd. Batavorum, 1664. in-4°. — II. Thésaurus conchiliorum tabb. œn. XLIX constans, quorum VI priores stellas marinas et corallia.

GOTZE (Les deux). 747

cœlerac testacea univalvia lurbinata reprœsentant ; LXll labulae œneae , artificiose sculptae, varias curiosas observât iones analomicas in homine et hrutis complectentes. Norimbergi, 1682, in-fol. — III. diverses observations physiques et anatomiques sur le castor. Nuremberg, 1682, in-4°, av. 7 pi., et Observ. sur les tortues, ibid., 1681, in-4°, av. 10 pi. L. Hn.

GÔTZ (Les deux).

Gôtï (Georg), Médecin allemand, né à Nuremberg le H octobre 1703, fit ses études à Altdorf et y obtint le titre de docteur en 1726. 11 alla ensuite s'établir dans sa ville natale, après avoir fait un voyage en Hollande. Gôtz mourut le 24 mars 174G, laissant :

I. Biss. de pohjposis concrelionibus, variorum in pectore morborum causis. Altdorfii, 1726, iii-4°. — II. J. Jackson enchiridium medicum. Korimbergi, 1739, in-12. — III. Variorum cclcberrimonim medicorum observationes, quibus mulli N. T. lori docte illustraniur. Altdorlii, 1740, in-8°. L. Un.

Gotx (François-Ignace). Médecin auquel Dezeimeris consacre la notice suivante : « Connu par son zèle pour l'inoculation et sa baine pour la vaccine, naquit à Guebersweier près de Colmar, le 26 décembre 1728. Il jouissait de la réputation de grand praticien, et il avait surtout celle d'Iieureux iuoculateur, quand il fut appelé eu 1780 pour inoculer la sœur de Louis XYI. Deux ans après, la cour de Turin réclama de lui le même office pour les princes et les princesses. La découverte de la vaccine devait être vue d'un mauvais œil par un homme à qui l'opération qu'elle venait remplacer avait valu tant de succès et une clientèle si brillante; il ne dépendit pas de lui que la découverte de Jeûner ne fût étouffée dès s;i naissance. L'inoculation donnait alors le spectacle que donneront éternellement les opinions humaines; elle avait invoqué la tolérance, quand elle était faible et proscrite, elle devenait intolérante à son tour quand elle avait la force de son côté, Gotz vécut assez pour voir le triomphe général et complet de la méthode préservatrice qu'il détestait ; il mourut le 28 juin 1813. »

I. Traité complet de la petite vérole et'de l'inoculation. Paris, 1790, in-12. — II. De l'inutilité et des dangers de la vaccine, prouvés par les faits. Paris, an XI, in-8°. — III. L,a vaccine combattue dans le pays oh elle a pris naissance ou Traduction de trois ouvrages anglais (de Howley, Moscley el Spirrel), avec 2 gi-av. coloriées. Paris, 1«07, in-S". Les (igures représenlent de hideuses din'ormilés attribués à la vaccine ; la police en lit détendre la publication. L. Hn.

Gôtï (A. -F.). Médecin de mérite, mort le 8 juillet 1858 à l'àge de cinquante et un ans, fut directeur de l'hôpital de Dantzig, puis, en 1853, fut appelé à Kiel comme professeur ordinaire de pathologie spéciale, en remplacement de Frerichs qui avait passé à Breslau. Gôtz était en outre directeur de l'hôpital académique de Kiel et membre du collège sanitaire de cette ville. L. Hn.

GÔTZE (Les).

Gôtze (Adam-Julius). Né à Frauenbreitungen, non loin de Meiningen, en Saxe, exerça l'art de guérir d'abord à Meiningen, puis à Minden, dans le Hanovre. Il mourut en 1772, laissant :

I. Diss. de dysenteria analecta practica. Goltingae, 1768, in-4°. — II. Kurzer Beytrag zur Gesckichte der hysterischen Krankheiien. Meiningen, 1771, in-8°. L. Hn.

Gôtze (Johann-Christoph). Médecin distingué, naquit à Nuremberg en 1688

748 GOUAN.

et fut reçu docteur à Altdorf eu 1711. Deux ans après il fut agrège' au Collège de médecine de sa ville natale, devint membre de l'Académie des Curieux de la nature et mourut en 1753.

Gôtze était un ardent admirateur de Stalil. Il collabora activement au Coinmercium Utterarium Norimhergense, en même temps que Trew, Stock, Preisler, etc. Il coniptait publier dans im ordre systématique les observations éparses dans Stahl, mais la mort l'empêcha d'exécuter entièrement son projet. Il ne publia que la Clas^se des^ fièvres (Nuremberg, 1726, in-4<'^. Citons encore de lui :

Tradaliis de G. E. Stahlii aliorumque ad ejiis mentem disseventium scriptis. Norimberg, 172-2, in-4°. L. Hv.

GOUA^ (A>toi>e). Naturaliste, et surtout botaniste distingué. Il naquit à Montpellier en 1753, et fut envoyé, à l'âge de seize ans, au pensionnat des Jésuites de Toulouse, oii il eut pour maîtres les Pères Dezeuzes, De la Tour, Wolf, et pour directeur le fameux Raynal, devenu depuis si célèbre par la publication de son Histoire des établissements et du commerce des Européens dayis les deiir Indes. Une fois ses premières études terminées, Gouan, après quelque hésitation, se détermina pour la médecine, dans l'étude de laquelle il fut dirigé par Magnol, Fizès, Lazerne, Haguenot, Rideux et Sauvages. En 1752, il était reçu docteur en médecine et, afin d'acquérir les qualités de vrai praticien, il suivit assidûment, à l'hôpital Saint-Éloy, les visites de Sérane, le père, rn des plus habiles médecins de son temps. Mais la médecine pratique, la médecine clinique n'était pas faite pour le jeune docteur, lequel, doué d'une extrême sensibilité, et sentant en lui dominer la passion de l'étude de la nature, s'adonna complètement à la botani^|ue. Heureuse inspiration qui devait lui donner tant de jouissances, lui attirer l'amitié de grands hommes, et lui marquer une place honorable dans les biographies de l'avenir. La postérité n'a pas oublié, en effet, Antoine Gouan, et elle s'est rappelée qu'il a été pour la France, l'Espagne, le Portugal et les colonies les plus lointaines, le propagateur le plus ardent des grandes idées de Linné, le promoteur des plus constantes et des plus périlleuses recherches ; qu'il a eu pour disciples Commerson, Dombey, Gilibert. Bruguières. Richer, Olivier, Gérard, Auguste Broussonnet, Dorthez, et un grand nombre d'autres botanistes qui ont jeté un grand éclat sur l'école de Montpellier; qu'il a eu l'immense honneur d'être compté parmi les amis de Linné, qui l'appelait dans ses lettres son « correspondant le plus chéri » ; qu'il fut également lié avec J.-J. Rousseau, dont il partageait le goût pour la musique, et qui parle de lui dans sa correspondance imprimée. On a trouvé dans les papiers de Gouan, après sa mort, trois letties du citoyen de Genève, datées des 28 mai, 6 octobre et 26 décembre 1769. Amoreux en a fait connaître le contenu dans la Notice historique qu'il a publiée sur le digne botaniste (Paris, 1822, in-8), et quia été également imprimée dans le premier volume des Mémoires de la Société linnéenne. Gouan a mené une vie très-active. En 1766, il remplaçait provisoirement Imbert dans ses leçons de botanique, au Jardin du roi, à Montpellier. La même année, il était appelé à Perpignan par le maréchal de Noailles, gouverneur du Roussillon, qui avait obtenu l'agrément du ministre, duc de Choiseul, pour créer un établissement du même genre. Toujours dans cette même année 1766, il était nommé l'un des juges adjoints dans le concours ouvert pour la chaire vacante par le décès de Fizès. En 1767, il succédait à Sauvages. En 1769,

GOUBELLY. 749

il prononçait, à l'ouverture des écoles, un discours sur les analogies, les ressemblances et les diflërences qui existent entre les plantes et les animaux; en 1776, il prononçait un second discours sur la nécessité de la botanique en médecine ; au commencement de nos guerres, il voulut payer son tribut à la patrie eu servant comme médecin dans l'un des hôpitaux militaires établis à Mont[ielfier, et faisant partie de ceux de l'armée des Pyrénées-Orientales ; lors de la nouvelle organisation des Écoles de santé, il fut conservé comme professeur de botanique et de matière médicale; dans sa retraite même, en 1807, on le vit, à l'âge de soixante-quatorze ans, suppléer le professeur titulaire de la botanique, Auguste Broussonet, retenu au lit par une maladie grave. Gouan. qui vivait depuis plus de cinquante ans au milieu d'un agréable jardin qu'il cultivait lui-même, k offrait le spectacle de la plus belle et de la plus heureuse vieillesse, quand il eut le malheur de perdre en 1806 sa fille unique âgée de vingt-huit ans, et qui était douée des qualités les plus aimables. Alors ses yeux, qui depuis longtemps s'affaiblissaient chaque jour, s'éteignirent totalement, et ne lui servirent plus qu'à verser des larmes sur l'objet de ses plus tendres affections. Cet homme vénérable, qui survécut aussi de quelques mois à son excellente épouse, termina sa carrière le 1" septembre 1821 » (Desgenettes). Ses écrits portent ces titres :

I. Horlus regius Moitspeliensis, sistens plantas ium indigenas, tum exoticas, n° 2200, ad gênera relatas, cum nominibus spécifias, synonyniis selectis, nominibus trivialibus, habitatioitibus indigcnarum, liospiliis exoticaruiii, secundiim melliodunt digestus. Lyon, 17G2, in-S". — 11. Flora Monspelica. sistens plantas n° 18ô0. ad sua gênera relatas in méthode hybrida digestus; adjectis tiominibus speci/icis, trivialibusque, synonyniis selectis, habitationibus pturium in agro Monspeliensi tiuper deteciarum, et earum quœ in usu veniunt nominibus pharniaceuticis virtutibusque probatissimis. Lyon, 1765, iii-8°. — lU. Historia pisciwn, sistens ipsorum anatomcn externam, internant, atque gênera in classes et ordines redacta. Accedunt vocabulariuni locupletissiniuin, indices latini ac gallici, expérimenta circa motum natutoriuni et musculorum, respiralionis mechanismum, auditûs et generationis organa. Cum iconibus gênera nova ac prœcipuas partes anatomicas exhibentibus. Strasbourg:, 1770, 111-4". l.atin et français on regard. — IV. Illustrationes et observationes botanicœ, 1115, ia-lol., figures. — V. Explication du système de botanique du chevalier von Linné pour servir d'introduction à l'étude de la botanique .... 3Ioii(pellier, 1787,

in-S". — VI. Herborisations des environs de Montpellier Montpellier, an IV, in-S". —

VII. Discours sur les causes du mouvement de la sève dans les plantes. Montpellier, an X, 10-4°. — VIII. No>nenclatu7-e botanique, contenant : 1° L'explication et traduction française des noms et termes latins, relatifs à toutes les parties de la plante; '2° L'énume'ration méthodique des classes, ordres, genres, et de leurs caractères essentiels, d après le système de Linné. Montpellier, 1805, in-S". — IX. Traité de botanique et de matière médicale. .... Montpellier, an XII, in-8°. — X. Description du Ginkgo-biloba, dit î<oyer du Japon. Montpellier, 1812, in-8''. — XI. Lettre critique à l'auteur d'un article inséré dans le Moniteur du 27 oct. 1811. Montpellier, 1811, in-8°. A. G.

GOU.%BÉ. Nom donné à Cayenne au Guarea trichiloides L. Pl.

GOUBELLY (Gla0de-André). Ce médecin, qui eut la réputation d'un homme habile dans l'art des accouchements, appartenait à l'ancienne Faculté de médecine de Paris, où il fut reçu docteur le 15 octobre 1772. Il était fils de Claude Goubelly, maître maçon, et d'Elisabeth Vi vois, et naquit à Paris, rue du Petit-Carreau, le 12 janvier 1744. Après avoir longtemps professé l'art des accouchements et les maladies des femmes, il mourut à Paris, rue Saint-Jacques, le 24 mai 1786, ainsi que le constate cet extrait d'un registre de la paroisse Saint-Séverin :

Le Jeudv, vingt-cinq may (1786), Claude-.\ndré Goubelly, Docteur régent et ancien Professeur de chirurgie latiae, matière médicale et phisiologie, Licentié en droit» etc., décédé

750 GOUDRON (chimie).

d'hier rue Saint-Jacques de cette paroisse, âgé de quarante et un an environ, a été' inhumé dans la cave de la chapelle de Sainie-Geneviéve, en présence de M" Jean-Charles-Henry Sallin, Doyen en charge de la Faculté de méiJeciiie en l'Université de Paris, et de M" Maximilien-Jos'ph Leys, Docteur réiient de la susdite Faculté, l'Ancien des présens, tous deux représenlans la Faculté, et de Michel Goubclly, archilecle, son Irère, soussignés.

Goubclly n'a laissé que les publications suivantes, lesquelles, à vrai dire, n'ont pas grande valeur :

I. An capile fœtus incunealo vectis forcipibus anteponendis? Paris, 1772, in-S". L'auteur conclut par l'alfirmalive. — H. Nouvelle méthode de tailler, inventée el proposée par C.-A. Goubelhj, et pratiquée publiquement par l'auteur, le 9 mai 1776, dans le cours français de chirurgie de M. Lafisse. In Journ. de méd., 1777, t. IV, p. 52. — III. Connaissances nécessaires sur la grossesse, sur les maladies laiteuses, et sur la cessation du flux menstruel, vulgairement appelé temps critique, ouvrage utile au sexe et aux gens de l'art. Paris, 1785, 2 vol. in-12. Dezeimcris a raison de dire qu'au milieu d'un fatras de théorie surannée, on trouve dans cet ouvrage des remarq;ies pratiques utiles, et c'est sous ce point de vue seulement qu'on peut adopter le jugement par lequel se termine un extrait qui en a été inséré dans le Journ. de méd. a Les principes (ae ce Iraité) sont conlormes à la raison et à l'expérience. M. Goubelly nous |iaiaîl avoir un mérite particulier, c'est d'avoir beaucoup observé le moral des femmes dans les différentes situations où il les a envisagées ». A. G.

COUDROX. § I. Chimie. On donne d'une manière géne'rale le nom de goudron au liquide insoluble dans l'eau, dense, de coloration plus ou moins foncée, noirâtre, visqueux ou huileux, d'une odeur forte et aromatique, qu'on obtient en soumettant à la distillation, à l'abri du contact de l'air et à une température élevée, les diMérents combustibles, bois, houille, tourbe, lignite, schistes, etc., qu'on trouve dans la nature. La composition du produit varie selon le combustible employé, l'appareil de distillation mis en usage, la température à laquelle l'opération a eu lieu, etc. On n'emploie guère en médecine que le goudron de houille ou coallar, dont il a été question dans ce Dictionnaire à l'article Coaltar, et le goudron de bois ou goudron végétal, qui doit seul nous occuper ici.

GouDRO>' VÉGÉTAL. On obtient le goudron végétal ou poix liquide en soumettant 3 la distillation le bois de différents arbres, tels que le pin, le chêne, le genévrier, le hèlre, le bouleau. Le goudron dont on fait usage en médecine est fiibi iqué avec le bois de diverses espèces de pins, surtout en Finlande, dans le nord et le centre de la Russie, en Suède, en quantité moindre en France, dans les Landes. On le retire surtout de trois espèces, le Pimis sylvestris L. et le Pinus Ledebourii Endl. {Larix sibirica Ledeb.), qui forment les vastes forêts de l'Europe et de l'Asie arctiques, et le Pinus maritima Lamk, cultivé dans les Landes, entre Rayonne et Bordeaux.

Généralement on n'emploie que les troncs et les racines des arbres âgés ne fournissant plus de térébenthine ; en Russie et en Suède, on ne se sert guère que des racines et des parties inférieures des troncs, le reste de ces troncs étant réservé comme bois de construction. Ajoutons qu'on obtient encore le goudron végétal comme produit accessoire dans la fabrication de l'acide pyroligneux, du gaz d'éclairage au bois et du charbon de bois.

Voici le procédé le plus communément employé pour préparer le goudron de bois. On amoncelé avec soin les racines et les fragments de troncs de pins en tas occupant jusqu'à 10 000 et 25 000 mètres cubes et recouverts d'une couche épaisse de tourbe, de mousse et de terre, qu'on tasse avec de lourds pilons et à laquelle on ménage quelques ouvertures pour donner de l'air. Cet amas de bois

GOUDRON (chimie). 751

est élevé au-dessus d'une cavité conique ou creusée en entonnoir, pratiquée dans le sol, autant que possible sur le liane d'une montagne, et destinée à recueillir les produits liquides. On met le feu par en haut; le bois brûle lentement et sans flamme et fournit ainsi une quantité considérable de goudron en même temps que du charbon de bonne qualité. Les produits liquides s'accumulent dans la cavité en entonnoir, d'où ils s'écoulent par un tube dans un bassin eu fonte ou simplement dans des troncs d'arbie creux. Le temps nécessaire à la combustion varie de une à quatre semaines, suivant la dimension des hiiches.

Dans les réservoirs où on l'a recueilli, le goudron est surnagé par un liquide très-fluide, brun, empyreumatique : c'est \ huile décade des vétérinaires, qu'il ne faut pas confondre avec la véritable huile de cade fournie par le genévrier.

Le procédé primitif que nous venons de décrire est évidemment susceptible de nombreux perfectionnements : ninsi l'opération est rendue plus rapide par l'emploi d'alambics en fer forgé, munis de condensateurs à réfrigérants, tels que les a proposés Hessel en Russie, en 1861 ; par ce procédé le bois de pin fournit environ 14 pour 100 de goudron pour les liges p)éalablement desséchées en plein air, et 16 à 20 pour 100 pour les racines. On recueille en même temps en abondance de l'acide jjyroligneux et de l'essence de térébenthine.

Dans le procédé de Thomas et Laurens. également très-avantageux, on extrait le goudron végétal par la vapeur surchauffée à 500 degrés.

Le goudron qu'on obtient par distillation du bois en vase clos diffère notablement du goudz'on obtenu par les procédés précédents.

Propriétés. Le goudron végétal, tel qu'on l'obtient dans la distillation destructive du bois de pin, constitue une subsl;\nce demi-liquide, brun foncé ou noirâtre, à odeur particulière forte et tenace et à saveur acre; privé d'eau, il est transparent en couche mince; dans certaines variétés, le microscope fait voir des cristaux de pyrocatéchine, disséminés dans une masse visqueuse, noire, et communiquant à ces goudrons un aspect granuleux. La réaction du goudron est acide. 11 est aisément miscible avec l'alcool, l'acide acétique cristallisable, l'éther, le chloroforme, la benzine, les huiles fixes et volatiles, soluble dans les alcalins caustiques, insoluble dans l'eau.

Quand on fait dissoudre le goudron dans de la potasse, un courant d'air, entraversant la solution, entraîne une substance volatile dont l'odeur rappelle celle des feuilles de pin froissées entre les doigts, tandis que la solution alcaline retient le principe odorant particulier du goudron. La vapeur de goudron, répandue dans une atmosphère limitée, empêche le phosphore d'y émettre des vapeurs et de devenir lumineux dans l'obscurité. C'est sur ce phénomène qu'est fondée la théorie du régime respiratoire de Suies-Girons, en admettant toutefois, ce qui est loin d'être démontré, que la phosphorescence du phosphore consiste en un phénomène d'oxydation.

Le goudron a pour densité environ 1,06, mais à une température élevée il surnage l'eau. Abandonné à l'air libre en couches minces, il forme une croûte d'un brun luisant, fortement adhérente au bois. Sous l'influence de la chaleur il se liquéfie. 11 bout à 87 degrés, s'enflamme à 105 degrés après 12 minutes d'ébullition. Il brûle avec une flamme fuligineuse, au milieu de laquelle on voit s'échapper de petites bulles enflammées.

L'eau qu'on agite avec le goudron lui enlève divers produits, prend une teinte jaunâtre claire, la saveur et l'odeur du goudron et une réaction acide.

752 GOUDRON (chimie).

C'est ainsi qu'on olUient Veau de goudron du Codex. L'eau de goudron, soumise à l'évaporation, devient brune, et il se dépose des cristaux microscopiques; le résidu brun, semblable au goudron lui-inème, est désormais insoluble dans l'eau. Le goudron épuisé par l'eau ne renferme plus de cristaux microscopiques.

On est loin encore d'être fixé sur la composition cbiniique du goudron végétal. Cependant il est certain que la portion aqueuse est constituée en majeure partie par de l'acide acétique empyreumaliquc ou acide pyroligneux; la portion bouillant à 70 degrés, appelée huile de goudron (tar-oil) en Angleterre, la résinone de Péraire, est expulsée par la chaleur avec l'acide pyroligneux et l'eau. Péraire, qui soumit le goudron à la distillation fractionnée, a appelé résinéone la partie passant de 78 degrés à 1 i8 degrés, résinéine celle qui ne distille ([u'à 250 degrés. La résinéone ou pyrélaïne de quelques auteurs est un liquide incolore, très-odorant et possédant toutes les propriétés du goudron avec cet avantage qu'elle ne salit pas le linge comme lui. Autrement, les dénominations adoptées par Péraire n'ont pas de raison d'être et ne nous renseignent nullement sur la constitution du goudron.

Les principes constituants de ce liquide doivent être rangés en deux groupes : 1" la portion aqueuse plus légère, qui se sépare des autres produits de la distillation, renferme principalement de l'acide acétique et de Valcool métlujlique, de Vacétone, de lamésite, du fnrfurol et d'autres principes liijuides très-solubles dans l'eau et dans l'acide acétique, plus une petite quantité de pyrocatéchine ; 2" une couche plus lourde, composée d'une série homologue d'hydrocarbures liquides, à peine solubles dans l'eau, le toluène, la benzine en petite quantité, bouillant à H i degrés centigrades, icxijlène, lecumène, bouillant à 148 degrés centigrades, le méthoL bouillant à 160 degrés. Quand c'est le bois de hêtre qui a fourni le goudron, on y trouve en outre de la créosote, constituée surtout par du créosol, C^H'^O^, bouillant à 219 degrés centigrades; le bois de pin au contraire donne un peu d'essence de térébenthine ou d'huiles pyrogénées de même composition moléculaire. On trouve en outre dans le goudron végétal des corps moins bien connus, imparfaitement isolés, le capnomor, Yeupione, Vassaniar, etc. Dans la distillation, vers la fin de l'opération, à une haute température, on obtient des corps solides cristallisables, la naphtaline C"'H^ Vanthracène C^^IP", et un autre plus important, qu'on a désigné sous le nom de paraffine, qui a pour formule CIP", n variant de 20 à 24. Dans un goudron provenant d'Arkangel, on a découvert un autre hydrocarbure solide, la rétène, G'^IP''.

Quant aux alcaloïdes volatils et à l'acide phénique, qui se produisent en abondance pendant la distillation destructive du bois de pin, ils paraissent ne pas exister dans le goudron végétal.

Nous avons signalé plus haut dans le goudron la présence de cristaux de pyrocatéchine ; il est probable que les variétés du goudron qui n'en renferment pas en ont été débarrassées, à l'aide de l'eau. L'eau de goudron en contient," et comme il n'est pas impossible, selon la remarque de Fliickiger et Hanburv, que ce soit là le principe actif de cette eau, il serait préférable d'employer les sortes granuleuses de goudron pour préparer cette eau ; cela ne paraît pas être l'opinion des auteurs du Codex français, puisqu'ils recommandent de rejeter le premier liquide de macération du goudron (de Lanessan).

Le goudron obtenu par la distillation du bois en vase clos diffère notablement

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du goudron dont nous venons de nous occuper : il est noir, assez liquide, d'une odeur analogue à celle du goudron de houille ; il renferme beaucoup plus de naphtaline, tandis que l'autre contient plus de paraffine; il laisse à la distillation un résidu fusible, l'autre un résidu plastique.

Il nous reste à dire quelques mots de plusieurs variétés de goudr>on végétal, fournies par des arbres autres que les pins, et dont il n'a été question jusqu'à présent qu'incidemment.

Goudron de genévrier. S'obtient par distillation du Juniperus o.rycedrus L. et constitue la vraie huile de code, dont il a été traité avec développement à l'article C.vde.

Goudron de hêlre. On l'obtient au moyen du bois de hêtre [Fagus sijlvatica L.). Des travaux importants ont été publiés sur cette variété de goudron; elle paraît renfermer, outre les hydrocarbures et les dérivés méthyliques dont il a été question plus haut, du phénol CH^O, du crésol C'ffO, de V alcool phloryliqueCW-O, de V acide oxyphénique ou. pyrocatéchine CH^O', du gaiol (dérivé méthylique de la pyrocatéchine) C'H'O^, de Y homopyrocatéchine C"H*Û-, du créosol (dérivé méthylique de l'homopyrocatéchine) CH'^O-; le mélange de ces divers corps n'est autre chose que le corps connu sur le nom de créosote. C'est donc comme fournissant en abondance la créosote que le goudron de hêtre est surtout utile.

Tous ces corps distUlent entre 200 et 250 degrés, car avant 200 degrés le goudron de hêtre ne donne que peu de produits.

Les portions liquides obtenues au-dessus de 250 degrés renferment, d'après Hoffmann, des phénols trivalents, entre auti'es le produit CTI'^O^, séparé par des cristallisations iractionnées d'un mélange de dérivés benzoylques et constituant de l'éther diméthylique du pyTOgallol; ce produit donne, par oxydation, une combinaison de quinone, le cédiret.

A côté de ce composé on en trouve un autre qui renferme C"11*®0^ : c'est l'éther diméthylique d'un phénol trivalont qui paraît être le propvlpvrogallol.

A une distillation pyrogénée encore plus avancée on obtient de la benzine, du toluène, du phénol, etc.

Goudron de chêne. Contient surtout de l'acide pyroligneux, de la créosote, des hydrocarbures de la série de la benzine et de la naphtaline.

Goudron de bouleau. Se prépare en grande quantité en Russie, où on le nomme Dagget. Voici comment on procède à la préparation dans le district de Kostroma. Au mois de mai, quand l'arbre est en pleine sève, on en enlève l'écorce extérieure blauche sans toucher à l'écorce rougeâtre de dessous, et dans ce but on abat les arbres qui, vu le peu de valeur du bois, sont abandonnés sans emploi. L'écorce reste empilée dans la forêt jusqu'en décembre; alors on la transporte aux fourneaux de distillation qui sont constitués par de simples caisses quadrangulaires en tôle mises en communication avec un tonneau en bois où doit s'opérer la condensation. On dispose d'ordinaire ces fourneaux de distillation par batteries de quinze à vingt caisses. On chauffe d'abord très-modérément, puis on élève graduellement la température. La distillation dure en tout environ vingt-quatre heures.

Il est très-difficile de se procurer du goudron de bouleau pur, car sur les lieux mêmes de sa production on le mélange avec le goudron des conifères, dont le prix de revient est mouis cher.

Le goudron de bouleau pur est vert; rectifié, il donne une huile légère qui DICT. ESC. 4' s. LX. 48

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renferme environ 1/15 d'un phe'nol particulier, possédant l'odeur de cuir de Russie ; elle contient en outre beaucoup de térébène. Les dernières portions, bouillant de 250 degrés à 500 degrés, offrent des effets de dichroïsme remarquables; elles sont d'un rouge magnifique par transmission et d'un vert foncé par réflexion.

Le goudron de bouleau ne paraît renfermer ni acides, ni alcaloïdes, ni hydrocarbures benzéniques (Longuinine), mais renferme une grande quantité depyrocatéchine.

Les distillateurs de Leipzig vendent, paraît-il, une essence purifiée de goudron de bouleau.

8 II. Pharmacologie. Les formes médicamenteuses du goudron sont trèsnombreuses. On l'emploie sous forme d'eau de goudron, de sirop, de pilules, de capsules, de pommade, de glycérolé, d'emplâtre, etc.

Les alcalis émulsionnent le goudron ; M. Jeannel en a profité pour obtenir extemporanément une émuhion titrée à 10 pour 100, très-stable, en mêlant intimement 10 de goudron de bois et 10 de carbonate de soude cristallisée pulvérisée, agitant ensuite avec 1000 grammes d'eau et filti-ant.

D'après M. Jeannel, la liqueur de goudron concentrée de Guyot peut se reproduire par la formule suivante : bicarbonate de soude 22, goudron végétal 25, eau commune 1000. On peut encore remplacer le carbonate alcalin par l'ammoniaque ou par le sucre.

M. L. Lebeuf émulsionne le goudron par la saponine alcoolisée; le produit contient environ 2 pour 100 de goudron pur.

Avec le goudron liquide des Landes et la poudre fine de charbon de bois léger M. Magnes-Lahens prépare le goudron pulvérulent qui peut servir comme désinfectant, pour fumigations et pour la préparation de Veau de goudron acide.

Le goudron est aisément solidifié par 1/16 de magnésie calcinée ainsi que par la chaux. Le goudron calcaire de Kemmerer contient une assez forte proportion de chaux pour pouvoir être réduit en poudre. Ainsi solidifié, le goudron peut également être administré en pilules.

Voici du reste les principales prépai^ations de goudron employées :

EAU DE GOUDRON {Aqua piceo).

Goudron purifié 100

£au distillée ou eau de pluie 3000

Laissez macérer pendant vingt-quatre heures en remuant de temps en temps ; rejetez cette première eau. Recommencez l'opération, mais en prolongeant le contact pendant 8 à 10 jours ; décantez et filtrez (Codex).

Il faut éviter d'employer de l'eau séléniteuse, car au contact de la matière organique le sulfate de chaux se décomposerait et produirait du sulfure de calcium, dont l'odeur est extrêmement désagréable. De plus le goudron qui a déjà servi doit être rejeté; il a perdu ses principes les plus actifs.

D'après Adrian, l'eau préparée à chaud, en vase clos, est plus chargée de principes que celle qui a été préparée à froid; elle en contient environ 2 pour 1000 contre 50 à 40 centigrammes par litre que renferme la dernière.

M. Lefort propose de préparer 1 eau de goudron de la manière suivante : oa

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introduit dans une bouteille de 5 litres et demi à i litres 100 grammes de goudron demi-liquide, préalablement lavé à l'eau froide, puis on y verse o litres d'eau distillée chauffée à 50 ou 60 degrés centigrades. On bouche le vase et on l'agite vivement entre temps pendant 5 à 6 heures, après quoi on filtre et on conserve dans des bouteilles bien bouchées. Cette eau est de composition plus constante que celle du Codex.

M. Magnes-Lahens a fait connaître un autre procédé qui repose sur l'avantage que présente une grande division du goudron à traiter. Dans un cylindre de fer-blanc ouvert par le haut et terminé en bas par un cône très-surbaissé qui se continue en bec d'écoulement on introduit entre deux diaphragmes en terblanc percés de trous un mélange intime de 15 grammes de goudron demiliquide des Landes et de 400 grammes de sable de rivière lavé, sec, ou de sablon, et on verse dessus 1 litre ou 2 d'eau à 20 degrés centigrades; le premier décilitre d'eau écoulée ayant servi à laver la matière est rejeté, le reste du liquide obtenu extemporanément est recueilli. L'eau sera plus ou moins chargée suivant que l'on augmentera plus ou moins la vitesse d'écoulement avec un bec de largeur plus ou moins grande. On obtient ainsi rapidement et économiquement une eau de goudron acide.

Gomme succédané de l'eau de goudron, Parisel a proposé, sous le nom d'abiétine, l'eau distillée obtenue avec le bois et les bourgeons de pins. Cette dénomination d'abiéline est fâcheuse, vu qu'elle désigne déjà une résine cristallisable extraite de certaines térébenthines.

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