GRAISSEUX
Lancet, t. IX, p. 65, 1826. — IV. Observations on thc Structure and Functions of the Spina Chord. London, 1857, in-S". L. Hn.
GRAï\S MÉDICIXAUX. On appelle grains en pharmacie des saccharides solides auxquels on donne la forme de grains de plomb. Leur préparation est plus ou moins compliquée. .Vinsi, on peut préparer les grains de cachou en enrobant des grains de sucre au moyen de poudre sucrée de cachou, par les procédés de la dragéification [voy. Dragée) ; ou bien on faisant avec le cachou, le sucre et la gomme arabique, une masse qu'on divise et qu'on fait séchera l'étuve.
On prépare de la même manière des grains de piment, de gingembre, etc.
Certains médicaments appelés grains sont de véritables pilules. Ainsi les grains de santé de Franck, qui, aujourd'hui se composent d'aloès, de jalap, de rhubarbe, ayant pour récipient le sirop d'absinthe. Les grains sédatifs de Dumont sont des pilules de cynoglosse, etc. [voij. Granulation). D.
GRAISSE. L'étude chimique de la graisse a été faite en même temps que celle des autres corps gras, huiles, beurres et snif; et la graisse ordinairement employée, celle de porc, a été étudiée sous le rapport de son emploi thérapeutique au mot AxoNGE. Il nous reste à dire ici quelques mots des différentes graisses employées en médecine.
Autrefois, on faisait usage de la graisse d'un très-grand nombre d'anim'aux : d'oie, de poulet, de chien, de lièvre, de veau, de bœuf ou de vache, de taureau, de porc, d'agneau, de chèvre, de bouc, de cerf, de loup, de léopard, de lion, d'éléphant, de poisson, de vipère, etc. Ces différentes graisses étaient soumises à des préparations compliquées, soit pour les obtenir à l'état pur, soit pour y incorporer des substances médicamenteuses, parmi lesquelles le vin rendu odorant par la myrrhe et d'autres substances aromatiques jouait un grand rôle; on y ajoutait fréquemment du miel.
Ces diverses graisses avaient généralement la propriété commune d'échauffer, d'amollir, de r.iréûer; mais celles de bœuf, de taureau, de veau, de lion, étaient un peu astringentes ; celle de chèvre l'était davantage et on la donnait mêlée à la farine d'orge aux dysentériques ; celles de cerf et d'éléphant éloignaient les serpents. On administrait celle de bouc aux podagreux ; celles de poulet, d'oie, de porc convenaient aux maladies de la vulve et de l'anus, etc.
Les graisses de la plupart des animaux domestiques sont encore employées dans certaines contrées, et la foi dans les vertus particulières de certaines graisses, de celle du lion, par exemple, ou dusanglier, s'est continuée en changeant quelquefois de forme. Les plus employées de nos jours, en dehors de la graisse de porc, sont celles du mouton, du bœuf et du veau; mais ceci appartient à l'article Slif. Disons seulement que la graisse recueillie dans la préparation culinaire du bœuf et du veau remplace souvent l'axonge dans les ménages, oii la graisse de pot-au-feu est principalement en honneur.
Mentionnons enfin, parmi les corps gras employés en pharmacie, la moelle de bœuf, qui se prépare de la même manière que l'axonge. Elle ne fond qu'à -r 45 degrés; sa consistance est donc assez grande, aussi l'additioune-l-on d'un peu d'huile pour la préparation des pommades. D.
Consulter pour les graisses cérébrales l'article Encéphale.
GRAISSEUX (Tisse). Voy. Adipeux. . D.
GRAMANN (Les). 285
GR.IMAA'IV (Les).
Gramann (Hartmann). Médecin allemand, né vers le commencement du dix-septième siècle à lime, en Thminge, fit ses études à léna, à Leipzig et à ^Yiltenberg, puis exerça à Halle. En 1635, il accompagna en qualité de médecin l'ambassade de Holstein en Russie et en Perse. D'après le témoignage d'Olearius, Gramann était très-versé dans la médecine hermétique et appliqua avec un grand succès ses connaissances lors de son séjour dans la ville persane de Schamachia. Après être revenu dans le Holstein, il passa en 1639 au service de la Russie, oij régnait alors Micbel-Feodorowitcli, et se lixa à Moscou. L'époque de sa mort est inconnue; d'après une pétition manuscrite de sa main, on peut conclure qu'il vivait encore en 1659 (Richter).
Gramaun (Joha>,\-HartmaiN.\). Fils du précédent, naquit à Moscou en 1642, et dès l'àgc de cinq ans fut envoyé par son père en Allemagne. Il étudia la médecine à léna et y obtint le titre de docteur en 1607 {Dmert. inaiig. de phthisi). En 1671, il entra au service du duc Cbrétien-Louis de Mecklembourg, puis en 1675 devint le médecin particulier de ce prince avec leijuel il se trouvait alors à Paris. Sur l'instigation du même prince, (jui s'adonnait à l'alchimie, Gramann fit un voyage en Hollande pour y étudier celte science et en rapporter des notions exactes sur la composition d'un élixir de longue vie.
Plus tard, Gramann se rendit en Livonie, mais ne poussa pas jusqu'à Moscou; il en fut empêché par un présage funeste, un accident arrivé avec un verre à boire. Il passa à Stockholm pour y soutenir un procès et revint enfin par Copenhague et la Hollande dans le Mecklembourg, où il résida à Ratzebourg. 11 s'occupait de la confection de talismans et d'amulettes pour le duc, son maître. Gramann vivait encore à Ratzebourg en 1688. D'après Richter, il serait l'auteur de la teinture antiphthisique attribuée au contraire par la biographie médicale au suivant :
Gramann (JoHA>>). Médecin allemand, pratiquait son art à Erford à la fin du seizième et au début du dix-septième siècle. 11 avait commencé par être prédicateur.
Gramann était un ennemi acharné des galénistes et professait en revanche une admiration sans bornes pour la médecine spagirique. Sous le nom de teinture antiphthisique, il vendait un mélange de sulfate de zinc et de sucre rosat, pour lequel Stahl professait exactement la même estime que pour la panacée antihectique de Poterius, en d'autres termes conseillait de le jeter par la fenêtre avec cette dernière.
On cite de lui :
I. De phaiTiiaco purgante. Erford., 1593, in-4°. — II. Apologetica refulatio calumniae qua Paracelsislae nimis violenta, corrosiva et deleteria œgris prapinare a quibusdam Galenicis dicunlur. Erlordiae, 1593, in-4°. — III. Responsojia ad progymnnsta quorumdam antichymisticarum in qua calumniis refutatis imperfectio arlis galenicae osUnditur. Erford., 1594, in-4°. — IV. Rurzer Bericht wie man sick von der Dysenterie, giftigen Blulruhr und fliessenden Pestilenz verwahrensolle. Erfurt, 1598, in-8°. L. Un.
Gramann (Michael). Neveu de Hartmann Gramann, né en Thuringe vers 1640, vivait dans la maison de son oncle à Moscou, en 1659. A cette époque, le czar Alexis Micbaïlowitch lui accorda la permission d'aller étudier la médecine en Allemagne. H prit le bonnet de docteur à léna en 1666 {Dissert, inaug.
'i86 GRAMEN.
de quartana intermiltente) , puis revint en Russie, muni d'une lettre du czar, et se rendit par Pleskov à Moscou en 1667. Il resta au service de la couronne jusqu'en 1677 et à cette époque oblint sa retraite du czar Feodor Alexiev^'itch. C'est tout ce que nous savons de sa carrière. L. Ih.
CRAMAT (Eau minérale de). Athermaîe, bicarbonatée ferrugineuse, carbonique moyenne, dans le département du Lot, dans l'arrondissement et à 51 kilomètres de Gourdon, est un chef-lieu de canton sur l'Alzou, peuplé de 1830 habitants dont les laines sont le principal commerce. Une source émerge à 2 kilomètres de Gramat; son eau, après avoir déposé une couche assez épaisse de rouille sur les parois intérieures de sa fontaine, est claire, transparente et limpide, elle n'a ni odeur ni couleur, des bulles gazeuses assez rares et assez grosses la traversent et s'attaclient en perles nacrées à l'intérieur des verres avec lesquels on la puise; sa température est de 15", 4 centigrades. On ne connaît ni sa densité ni son analyse chimique exactes ; on sait seulement qu'elle renferme des bicarbonates de chaux et de magnésie, et des sulfates de soude, de chaux et de magnésie. On s'est assuré aussi que le gaz qui s'en échappe est de l'acide carbonique. L'eau de la source des environs de Gramat est employée à l'intérieur seulement par les populations voisines qui viennent à la fontaine le matin à jeun ou qui emportent cette eau pour couper le vin qu'ils boivent aux repas. Elle agit surtout comme ferrugineuse et convient principalement au traitemeut de l'anémie, de la chlorose et des accidents qui en sont la conséquence. A. R.
CRAMBERG (Gerhard-Anton). Médecin allemand, né à Tettens, dans le Jeverland, le 5 novembre 1744, fit ses études à Gottingue de 1762 à 1766, puis en 1767 se fixa à Oldenbourg, où il devint médecin de la chancellerie, delà cour et de la garnison et en 1794 médecin du duché. Il avait acquis surtout une grande réputation comme médecin légiste. Gramberg était en outre amateur de numismatique et de littérature et cultivait avec un certain succès la poésie. 11 combattit à outrance le mysticisme et la superstition et se distingua par des articles contre Lavater et le magnétisme, publiés dans VAllgemeine Deutsche Bibhuihek. Il mourut à Oldenbourg le 10 mars 1818, laissant en outre :
l.Diss. de hœmoptysi et speciatim ejus nexu cum varia adversa ex hypochondriis valetudine. Gottingae, 17GG, in-l". — II. De vera notione et cura morborum primarimi viarum commentalio. Erlang^ae, 1793, in-8°. — III. Pharmacopœa Oldenburgica. Oldenburgi, ISffl, in-S" (anonyme). — IV. Nombreux arlicles dans les recueils médicaux. L. Hn.
GRA1IE\'. Nom latin donné dans les officines à un certain nombre de plantes, rappelant plus ou moins l'apparence d'un gazon, et appartenant pour la plupart au groupe des Glumacées (Cypéracées et Graminées).
Le nom de Gramen, sans épithète, se rapporte le plus fiouveut au Chiendent [Triticum repens L.), et Radix graminis indique le rhizome de cette plante.
Gramen album est aussi un nom officinal du Chiendent.
Gramen caninum, se rapporte également, dans les dénominations des officines à la même espèce.
Gramen citratum et aussi Gramen citronné est un des noms de VAndropogon citratus Dl,, de la famille des Graminées.
Gramen majus, nom officinal du Carex arenaria L. ou Salsepareille d'Allemagne, de la famille des Cypéracées.