GRAINES
Grahaiu (Thomas-Joh.n). Médecin de Londres, y exerçait son art dans la première moitié de ce siècle. 11 était membre du Collège royal de chirurgie de Londres et vivait encore vers 1840. 11 s'est tait connaître par un grand nombre de publications de médecine populaire, parmi lesquelles :
I. The He.mlts of Erperience in the Successful Treatment of Epilepsy and other Verrous Disorders. London, 1825, in-8°. — II. Observations Ulmtrative of the yalure and Treatment ofthe Prevailing Disorders of the Stomach and Liver. London, 18-24. in-8°. — III. Observations on Cancer. London, 1S25, in-S". — IV. Modem Domestic Medicine. etc. London, 1826, in-8°. Édit. 7, ibid., 183^, in-8^ — V. Practical Obseirations on the Cure of Cancer. london, 1827, in-8».— VI. A Treatise on Indigestion. Ed. 4. London, 1858, in-S". — VII. On Diseuses Peculiar to Females, a Trealise, etc. London, 1854, in-S". L. Un.
GRAIXDORGE (A.NDRÉ), de son nom latinisé Gr-Odorcccs. Médecin et naturaliste iVançais, né à Caen en 161(), était le frère de l'antiquaire du même nom (1614-1059). Il acheva ses études à Montpellier et y prit le grade de docteur. Appelé à Narbonne par larchevèque de cette ville, il y passa une vingtaine il'années, exerçant la méilecine et étudiant en même temps la philosophie. Il suivit particulièrement les principes d'Epicure et de Gassendi. De retour dans sa ville natale, il y exerça plusieurs charges municipales et y fonda, en 1664, avec la coopération de Iluet, évèque d'Avranches, et, à l'occasion de l'apparition d'une comète, une Académie de physique qui malheureusement ne dura pas plus longtemps que lui. 11 mourut le 15 janvier 1676, laissant :
I. In fulilem Figuli exercitationem medicam de ■principiis fœtus animadversiones . Kar-
Lonne, 1058, iii-S» (il combat dans cet ouvrage celui que Raymond Restaurand avait publié en 1657 sous le titre de Figulus et réfute ses idées sur la génération en s'appuyant sur l'autorité d'Aristote). — II. Dissertatio de natura ignis, lucis et colorum. Caen. 16tJ4, in-4'. — m. De l'origine des Macreuses. Caen, 1080, in-8»; mis au jour par Thomas ilalouin, réimprimé par Buchoz en 1780 dans les Traités très-rares concernant l'histoire naturelle. — IV. En manuscrit : Slatera aeris et De origine formaratn. L. H>.
GRAIXES. On donne ce nom à l'ovulé des végétaux fécondé et miiri. La graine se trouve dans le fruit, avec lequel il ne faut pas la confondre, comme on le fait quelquefois dans les appellations peu rigoureuses de la matière médicale. Les prétendues semences d'ombellifères, par exemple, ne sont pas des graines, mais de véritables fruits: de même les grains de blé, d'orge, de céréales en général sont des cariopses et non des semences. Un caractère important, qui empêchera toute confusion, c'est que le fruit porte le plus souvent sur un point de son péricarpe la trace du style ou même le style persistant, et qu'on ne trouve rien de semblable dans la graine.
Les graines sont de forme et de dimensions extrêmement variées. Dans tous les cas, elles sont composées d'une enveloppe nommée épispenne et d'une masse centrale nommée amande.
L'enveloppe elle-même est généralement double: l'extérieure se nomme testa, 1 intérieure tecjmen ou endoplèvre. Ces deux couches sont parfois bien distinctes comme dans le Ricin; d'autres fois intimement soudées entre elles, et non visibles à l'oeil ; mais l'examen microscopique en décèle le plus souvent l'existence.
Le testa est marqué d'un point particulier, plus ou moins étendu, tantôt punctiforme, d'autres fois occupant une grande partie de la surface de la graine ; c'est le hile ou point d'altache de la graine. Du hile part le plus souvent un cordon ou faisceau fibro-vasculaire, nommé raphé, qui aboutit à un point gêné"
GRAINES, 2gl
ralement plus coloré que le reste du lesta, nommé chalaze ; c'est par là que les vaisseaux pénètrent dans l'intérieur de la graine.
Vamande de la graine est essentiellement formée par Yemhnjon, qui n'est pas autre chose que la petite plante en miniature destinée à se développer par la germination. Cet embryon est lui-même composé de la radicule, de la tigelleei de la phwmle constituant l'axe ceutral, qui deviendra plus tard la racine, la tige et le bourgeon lermal, et des cotylédons, qui sont des organes appendiculaires, ou les premières feuilles de la plante. Ces feuilles primaires sont au nombre de 2, cliez les Dicotylcdons ; il n'y en a qu'une chez les Monocotylédons. Parfois l'embryon forme à lui seul la masse centrale ^le la graine. Dans ce cas, les cotylédons sont généralement très-développés et gorgés de matièie féculente. D'autres fois l'embryon reste plus petit, et il est accompagné d'un tissu particulier qu'on nomme endosperme ou albumen, et qui renferme les premiers éléments nutritifs, destinés au développement de la graine.
Les graines sont des organes de la plante extrêmement utiles à l'homme. Un grand nombre, riches en matière féculente, et quelquefois aussi en matière azotée, sont utilisées pour l'alimentation ; telles sont les graines des Graminées et des Légumineuses, etc. D'autres contiennent dans leur albumen une matière grasse, huile ou beurre, qui les fait rechercher dans l'industrie : beurre de cacao, huiles de coh-a, d'œillette, de lin, etc. Enfin un assez grand nombre conliennent des produits d'une grande activité {graines de Slrychnées, de Solanées, d'Euphorbiacées), qui sont utilisées en thérapeutique ; d'autres enfin, des huiles essentielles et des oléo-résines, qui leur donnent des propriétés particulières [graines de moutarde, amandes amères, poivres, maniguetle), ou bien un parfum agréable [fève Tonka, graines d'Ambrelte, etc.).
11 sera question des diverses graines médicinales à propos du végétal qui les produit. Mais un certain nombre portent un nom vulgaire, qui ne répond pas à celui de la plante d'origine, et nous devons en donner ici la liste, en indiquant le végétal qui les produit :
Graines d'amour. Semences du Lithospermum arvense L.ou Gremil, de la famille des Borraginées.
Grailles de F Anse, de VOmphalea diandra ou Omphalier, de la famille des Euphorbiacées.
Graines d'Avignon, fruits du Wtamnus infeclorius ou Nerprun des teinturiers, de la famille des Rhamnées.
Graines bénites, du Nigella saliva, delà famille des Renonculacées.
Graines des Canaries, fruits de VAlpiste, Phalaris canariensis L., de la famille des Graminées.
Graines de Capucin, de la Staphisaigre, Delphinium Staphisagria L., de la famille des Renonculacées.
Graines de Cnide, fruits du Garou ou Daphne gnidium, de la famille des Thymélées.
Graines à dartres, du Cassia alata, de la famille des Légumineuses, et du Vatarea guyanensis Aubl.
Graines jaunes, provenant, comme les graines d'Avignon, du Rhamnus'infectorins L.
Graines de Medicimer, du Curcas {Jathropha Curcas L.), de la famille des Euphorbiacées.
Graines de Marée, du Rhamnus infectorius L.
282 GRAINGER (Les).
Graines des Mohiqiies:, du Croto7i figlinm L., de la famille des Euphorbiace'es.
Graines de musc ou musquées, de YAmbrette, Hibiscus Abelmoschus L., de la famille des Malvacées.
Graines noires, du Nigella sativa, comme les graines bénites.
Graines orientales, nom de h Coque du Levant, (mit de VAnamirtaCocculus Wight et Arnott, de la famille des Ménispcrmées.
Graines de Paradis, semences de la Maniguette (Amomum Granum paridisi Afz.), de la famille des Zingibéracées.
Graines de perroquet, fruits du Carthame (Carthamus tinctoricusL.), de la famille des Composées.
Graines de Perse, fruits du Rhamnus infectorius.
Graines royales. Nom donné aux semences du Ricin, Ricinus communis L., de la famille des Eupliorbiacées.
Graines de Seikin, fruits du Xylopia cethiopica ou Poivre d'Ethiopie, de la famille des Anonacées.
Graines de Turquie, fruits du Mais {Zeamais L.), de la famille des Graminées.
Graines à vers. Nom du Senien contra, Arlemisia Cina Berg., de la famille des Composées, et d\i Chenopodiutn anthelminthicum L., de la famille des Chénopodées. Pi-
CRAiiVGER (Les). Parmi les médecins anglais de ce nom, nous mentionnerons :
Crainger (Jàcques). Poète et médecin, vint au monde à Dunse (Ecosse), en \ 723. « 11 fit ses études sous la direction d'un habile chirurgien d'Edimbourg, et il partit comme chirurgien militaire, dans un régiment de l'armée commandée par le comte Stair en Allemagne. A la paix d'Aix-la-Chapelle, il \endit sa commission et se fixa à Londres. Une élégante traduction en vers des élégies de Tibulle, accompagnée du texte et de notes savantes, qu'il publia peu de temps après, fonda d'une manière solide la réputation de Grainger, et lui procura des liaisons avec les littérateurs les plus distingés de l'époque. Il se décida néanmoins à quitter Londres pour aller exercer la médecine ù Saint-Christophe. 11 fit la traversée avec le gouverneur de cette colonie et avec sa fille, dont il obtint la main. Il dut à la position que cette aUiance lui donna dans le pays tout le succès qu'il pouvait désirer, mais il ne négligea point pour cela de cultiver les lettres, et ce fut alors qu'il composa son poème en vers blancs sur la canne à sucre. Il vint le publier à Londres, et repartit peu de temps après pour Basse- Terre. Une fièvre épidémi que qui régna dans cette ville mit fin à ses jours le 24 décembre 1767.
Grainger a donné l'histoire des maladies observées par lui dans la campagne de Hollande en 1746, 1747, 1748 et 1749. Ce sont les mêmes qu'a décrites Pringle, et il était difficile de soutenir la concurrence avec ce célèbre observateur. Aussi, Grainger dit-il s'être attaché particulièrement aux choses qui avaient été négligées par Pringle, ou traitées par lui avec peu de développement. Quoi qu'il en soit, il est resté fort en arrière de son modèle. » (Dezeim) .
I. Diss. de modo excitandi ptyalismum et niorbis indè pendeiitibus. Edinburgi, 1753, in-S". Reçus, m Haller, Disp. 7ned. pract., t. I, p. 511. — II. Hisforia fehris anomalae Batavae, onnon/m 1746, 1747, 1748, etc.; accedunt monita syphilitica. Edinburgi, 1755,
-8°. — III. An Essay on the more Common West India Diseases, and the Remédies xohich
GRAINGER (Les). 285
tkat Counlry ilself produces. London, 1764, in-S" -.(anon^iine); 1^ éd., rrith No^es
by W. Wright. Edinburgh, 1802, in-8». — IV. Dysenterie opiniûlre guérie par l'eau de chaux. In Essais et observ. de la Soc. d'Edimbourg, t. II. L. Un.
Grainger (Richard-Dugard). Né à Birmingham en 1801, était le fils d'un chirurgien de cette ville. Après avoir terminé ses études primaires, il se rendit à l'Académie militaire de Woohvich, dans le but de suivre la carrière des armes. Mais ses goûts le portant plutôt vers la médecine, il ne tarda pas à quitter Woolwich pour se rendre auprès de son frère Edward Grainger, anatomiste distingué, qui avait fondé une école d'anatomie à Londres et jouissait alors d'une grande réputation; mais une mort prématurée vint enlever ce jeune et brillant professeur, et Richard Grainger lui succéda dansla chaire d'anatomie de l'école de Webb-street. Il y réussit presque à l'égal de son frère, quoiqu'il fût moins bien doué que lui, et, par son association avec des hommes tels que Armstrong, Southwood Smith, Marshall-Hall, Pilcher et Risdon Bennett, il maintint son école pendant un grand nombre d'années à un rang extrêmement distingué. Mais , comme toutes les écoles privées, celle de Grainger devait disparaître en présence des ressources supérieures qu'offraient les grands hôpitaux de la métropole. En 1842, elle se fondit avec celle de l'hôpital Saint- Thomas, où Grainger occupa la chaire d'anatomie et de physiologie jusqu'en
En 1841, il fut nommé inspecteur du travail des enfants et s'acquitta avec zèle de ces fonctions délicates. Il fut élu en 1845 membre du Conseil du Collège royal de chirurgie de Londres et en 1848 lut devant cette savante compagnie la Hunterian Oration; il avait choisi pour sujet de son adresse : The Cultivation of Organic Science, morceau d'un style remarquable et animé du meilleur esprit philosophique. En 1849, \e Board of Health le chargea d'étudier les origines et la propagation du choléra ; il publia à cette occasion divers rapports qui portent l'empreinte d'un travail consciencieux, mais où il exprime sur la contagion du choléra des vues plus ou moins attaquables.
Lorsqu'en 1853 le Biirials Act fut adopté, Grainger fut encore l'un des inspecteurs choisis pour veiller à son accomplissement, et il remplit ces fonctions souvent pénibles jusqu'à sa mort. Lorsqu'en 1860, il quitta la chaire à Saint- Thomas Hospital, ses élèves résolurent de lui offrir un riche cadeau en souvenir de son excellent enseignement, mais il le refusa, aimant mieux l'employer à la fondation d'un prix de physiologie à décerner par l'école de Saint-Thomas.
En 1862, une nouvelle commission pour l'inspection du travail des enfants ayant été instituée, Grainger en fut nommé membre. Grâce à toutes les fonctions dont il fut ainsi chargé, il put rendre de grands services au point de vue de l'hygiène publique. Mais il ne faut pas oublier ses mérites comme anatomiste et physiologiste; ainsi ses travaux sur le système nerveux en général, et sur la moelle épinière en particulier, lui ont assigné une place distinguée dans la science à côté des Marshall-Hall ; ses expériences sur les réflexes méritent également une mention spéciale.
Ce savant anatomiste, fellow de la Société royale de Londres depuis 1857, mourut à Londres le l^'' février 1865. Nous nous bornerons à citer de lui :
m-o". — II. iLiements oj ueneral Anatonnj, coniaining an Outline ofthe Organization ofthe Human Body. London, 1829, in-8». — III. Introductory Anat-mical Lecture, etc. In Th