AGE
HOMMES
ItilMES.
LES DEUX SEIES.
0—3 ans
lOCO.O
ildO
lOSlO
go 90
yO lUO
0 — 5 ans
Ou
0-5 ans (0,1477). Parmi les diverses contrées helléniques, c'est dans la Grèce Continentale que la proportion des petits enfants est en général très-forte, et surtout dans la plupart des districts septentrionaux et orientaux (1 71-157, ainsi que dans l'île d'Eubée) ; mais parmi ces derniers districts l'Attique ne vient qu'en dernier lieu (125). — En ce qui concerne le Péloponnèse, la plus grande partie de la moitié occidentale (où l'on trouve le maximum eu Pylie 174) et presque toutes les contrées maritimes à l'est et au nord de sa moitié orientale, dépassent la moyenne, excepté toutefois les districts situés à l'ouest du Tavgèle (^Œtylon 157, Calâmes 158). Parmi les éparcliies des îles qui restent, quelques-unes seulement sont relativement riclies en petits enfants, comme celle d'Égine (102), de Na.vos (157) et de Théra (152); plusieurs se présentent très-pauvres, et c'est l'île de Paxos qui offre le minimum de la Grèce entière (106). Pour ce qui concerne les conditions qui favorisent l'élévation de la population infantile en Grèce, il est à remarquer que, tandis que sur les côtes sudest (Kymirie, Epidaui-e-Liméra) et à l'extrémité sud-ouest du Péloponnèse (Pylie), et dans la partie méridionale de l'Eubée, elle résulte à la fois d'une mortalité infantile faible et d'une natalité élevée, dans une grande partie de la Grèce Continentale (Naupactie, Phthiotide, Locride) et de l'île d'Eubée, ainsi que dans l'éparchie de A'axos, elle est due surtout à la mortalité médioci'e de la
* On n'y compte pas les soldats et les marins atsents du pays.
GRÈCK. 447
première enfance, ce qui n'arrive, il faut le noter, dans aucun district du Péloponnèse. Enfin dans le reste des districts qui présentent une population infantile élevée, la cause de ce phénomène doit être cherchée surtout dans la natalité élevée, qui parvient à contre-balancer dans maints de ces endroits une mortalité infantile assez forte.
5-50 (0,506). La plus grande partie de la Grèce Continentale et du Péloponnèse, surtout à l'ouest et au sud, présente pour cet âge une population surpassant la moyenne relative à la Grèce entière. Les contrées qui viennent les premières sous ce rapport' sont : dans la Grèce Continentale, l'Attique (542), le Valtos (541) et le district de Messolonghi (550) ; dans le Péloponnèse, la plus grande partie de la Laconie(Épidaure-Liraéra558, Gythion 550, Lacédémone5!25), et enfin, dans les iles, la plus grande partie de rEubée( Xérochori 520, Chalkis 518; Carystie 505), ainsi que Syra (510). D'autre part c'est parmi les îles et surtout parmi les Cyclades qu'on rencontre les degrés les plus bas (Théra 456, Milos 454, Tinos 416, Paxos 446). — La plupart des localités dans lesquelles la population de cette période d'âge est relativement très-nombreuse présentent une mortalité correspondante faible, mortalité qui dans quelques-unes d'elles était déjà faible pendant la période précédente (0-5). Dans la majorité d'entre elles on ne rencontre que fort peu la tendance à s'expatrier, et dans quelquesunes il y a même une certaine immigration, comme dans l'Élide, TAchaïe et surtout dans l'Attique. La mortalité dans ces dernières est plus élevée, en particulier pour les petits enfants (0-5) à Patras (80,5) et dans l'Attique (92,1) et les jeunes gens (15-50) dans l'Élide (11,4); cependant les nombreuses arrivées d'hommes à Patras et en Attique réparent les pertes.
50-60 (0,292). Les premiers rangs dans cette période sont occupés pour la plupart par des îles, parmi lesquelles se distinguent surtout Paxos (555), Zante (521) et Scopélos (520), îles qui n'occupaient dans la période précédente que des degrés peu élevés. Ce phénomène est suffisamment expliqué par la mortalité relativement faible dans les périodes précédentes, ainsi que dans cette période même. — Dans la Grèce Continentale c'est la Trichonie qui dépasse beaucoup la moyenne (524) ; dans le Péloponnèse les districts qui viennent les premiers se trouvent dans sa moitié occidentale (Calavryta 296, Patras 298, Égialie 295, Œtylon 295, Mégalopolis 295, etc.).
60-u (0,0545). Des îles occupent encore dans cette période les premiers rangs. Ainsi parmi les Cyclades se distingue Tinos (114), parmi les îles Ioniennes Paxos (94,5) et Cythère (92). Dans la Grèce Continentale et le Péloponnèse la plupart des districts sont au-dessous de la moyenne, surtout dans l'ouest du Péloponnèse (Triphylie 55; Pylie 54, Olympie 42); quelques-unes oscillent autour de la moyenne, et il n'y a que celles d'Œlylon (67) et d'Argos (64) dans le Péloponnèse, et la Parnasside (65) dans la Grèce Continentale, qui tiennent un rang relativement élevé. — A propos des îles qui viennent encore ici les premières, la même explication que pour la période précédente doit être donnée. Quant à la population relativement fort peu nombreuse qu'on rencontre dans l'ouest du Péloponnèse, ainsi que dans plusieurs villes de la Grèce, elle doit être attribuée à la grat de mortalité de cet âge, ainsi qu'aux arrivées fréquentes de jeunes hommes, gifi partent en gi'ande partie dans un âge plus ou moins avancé, s'ils ne sont pas, morts. 11 est aussi à remarquer que l'influence de ce dernier facteur sur l'accroiçsement de la population en général (et par conséquent la diminution relative delà population sénile) a été dans plusieurs endroits, sur-
Wi GRECE.
tout dans l'Atlique et à l'ouest du Péloponnèse, beaucoup plus considérable dans ces dernières années qu'auparavant.
Sexe. D'après les résultats des trois derniers recensements (1801, 1870 et 1879), la population mâle de la Grèce est supérieure à la population féminine (108 : 100), phénomène qui ne se présente, comme on sait, que dans très-peu d'Élats en Europe. Les causes de ce phénomène sont, d'une part l'excès plus considérable pour le sexe masculin du nombre des naissances sur celui des décès, provenant en grande partie de la paix prolongée en Grèce (depuis 1828) ; d'autre part, le fait que la différence entre le nombre des émigrants et immigrantes n'est pas beaucoup plus grande pour les hommes que pour les femmes.
Contre la considération de l'émigration ou de l'immigration comme cause principale de ce phénomène se présente, entre autres données, ce lait que dans la plus grande partie de la Grèce on observe une population masculine prépondérante pendant tous les âges, et que parmi les localités qui se distinguent pour la grande expatriation des femmes les unes continuent à avoir une population féminine prépondérante (Syra 98,2, Tinos 81), les autres (Andros 106, Naxos 104) présentent une population masculine dont la supériorité numérique sur le sexe féminin est inférieure à la moyenne qu'on observe eu Grèce, tandis que, dans tous les districts où la population masculine l'emporte de beaucoup, les femmes ne laissent leur pays que très-rarement, et dans quelques-unes d'elles (Âttique, Patras, etc.) un grand nombre de femmes viennent d'autres districts, surtout comme servantes. Un grand excès du nombre des hommes sur celui dus femmes est observé surtout aux extrémités orientales et occidentales de la Grèce Continentale (Attique 124; Vonitsa et Xéroméros 110, Valtos 115, Trichonie 109, Messolonghi 114); aux régions occidentales du Péloponnèse, surtout dans le district de Patras (116) et dans la Triphylie (ll4), ainsi qu'à Zante (IIC), dans le district de Gbalkis en Eubée (114) et à Leucade (111), parmi les îles.
La population masculine est moins nombreuse que celle des femmes surtout dans des îles. Cela a lieu dans la plupart des petites îles de l'Archipel (Hydra 72,6, Spetsa 74,8, ïinos 81, Myconos 85, Siphnos 87,5, Théra 87,8, Kythnos91,5, Milos 94,6, Scopélos et Sciathos 98), ainsi que dans la plupart des îles Ioniennes (Paxos 94,5, Cythère 94,9, Ithaque 95,5, Céphalonie 99). Parmi les districts du Péloponnèse, on observe le même cas à Kynurie (99) et dans les districts du Taygète (Œtylon 92,9, Gythion 95,5), tandis que dans la Grèce Continentale ce n'est que dans la Naupactie (98)'.
Les districts et les îles dans lesquels la population masculine est inférieure à la population féminine sont presque tous parmi ceux qui envoient un grand nombre d'habitants loin de leur foyer, ne suffisant point à nourrir leurs habitants, soit à cause de la stérilité de leur sol et de l'insuffisance de leurs sources économiques (Hydra, Spetsa, Paxos, Gythion, Œtylon, Kynurie, Naupactie, etc.), soit à cause aussi de la densité de leur population (Théra, Tinos), soit pour toutes ces raisons à la fois (Céphalonie, Cythère). Le fait que la prédominance des femmes doit être attribuée presque partout à la circonstance précédente résulte clairement de ce que, si l'on envisage parmi les hommes expatriés seulement ceux qui se trouvent dans l'armée ou dans la marine on
1 Bon nombre d'habitants de la Kaupactie (les Cravariotes) s'expatrient dans le reste de la Grèce Continentale comme mendiants.
remarque que la population masculine prend le dessus. Pourtant on ne saurait contester que dans certains districts il y en a encoie d'autres causes, indépendantes de la migration: ainsi dans quelques-uns de ces districts, commeàThéra (89) et dans le Magne (Œlylon, Gylhion : 99), le sexe masculin se présente, même dans la première enfance (0-5), moins nombreux que le sexe féminin.
Pour ce qui concerne la proportion des deux sexes dans l'antiquité, on ne peut pas douter qu'à cause de la population servije le sexe masculin était prépondérant, et cela malgré des guerres fiéquentes. Cepenilant dans la ville de Patras, la seule pour laquelle nous ayons le renseignement formel de Pausanias, les femmes étaient deux fois plus nombreuses (jue les hommes (« xat èç ci;... twv à-jSpùv »). Ce fait ne doit être attribué ni à une faible masculinité des naissances, ni à une mortalité plus grande des hommes, mais à des raisons industrielles, la majorité delà population féminine de Patras s'occupant, d'après le même auteur, à la tisseranderie.
Rapports des deux sexes par groupes d'âge (Census de 1871 et 1879. Voy. tableau 11). La population masculine dépasse légèrement celle du sexe féminin dans l'âge tendre (1050 : 1000), puis pour les périodes suivantes de i'enfance elle se présente relativement pins grande (5-10, 1077; 10-15, 1159). Mais à la suite, s'abaissant brusquement, elle arrive beaucoup plus bas que la populition féminine et elle atteint ainsi son minimum (15-20, 876), près duquel elle se niaintient pour la plus grande partie de la jeunesse (20-30, 978). Dans l'âge viril, nous avons encore une élévation de la population masculine (30-40, 1100), qui parvient dans la seconde moitié de cette période (40-50) à son maximum (1214). Au commencement de la vieillesse (50-60, 1062; 60-70, 1061) elle s'affaiblit encore de beaucoup [tour se relever un peu par la suite {1148). Mais après cela vient un abaissement rapide et continu jusqu'à la décrépitude (80-90, 1064; 90-100, 897).
État civil (Census de 1879). Pour ce qui concerne le nombre des gens maries -et des adultes, la Grèce occup»^ une place moyenne par rapport aux autres pays de l'Europe; ce|iendant la population veuve y est relativement des plus élevées. Les honmies mariés sont nombreux surtout dans les contrées baignées par le golfe de Corinthc, ainsi que dans la partie méridionale du Péloponnèse, où l'on observe le maximum connu en Grèce (Œtylon, 58,26 : 100). Parmi les îles, la plupart des Cyclades et Leucade sont dans le même cas. Quant aux femmes mariées, elles abondent surtout dans la partie occidentale du Péloponnèse et surtout en Gortynie (38,46 : 100), dans les districts méridionaux de la Grèce Continentale, ainsi que dans beaucoup des îles (Paxos, 58,53; Kéos 58,41, etc.), parmi lesquelles Paxos est celle où l'on observe le maximum.
Ce sont encore surtout des districts des îles qui présentent un grand nombre d'bonimes veufs (Tinos 5,55; Andros 4,66; Kéos 4,59; Théra 4,06), ainsi que des fenniies (surtout les îles où les hommes se livrent pour la plupart à la navigation) (Scopelos 14,57 ; Hydra et Trœzénie 14,10); Spetsa et Hermionis 14,04). L'île de Paxos donne le maximum (15,&2), le district de Kéos (7,32) le miniumm.
Professions. D'après le recensement de 1879, parmi les personnes exerçant diverses professions, plus de la moitié (55,27 : 100] sont adonnées à la culture de la terre, y compris les bergers (8,81) et les travailleurs (7,22); viennent -ensuite les gens occupés à l'industrie (8,49), puis les professions libérales (3,83), les marins (4), etc.
Les professions dites libérales se rencontrent en effet dans une proportion assez forte, quoique d'autres pays de 1 Europe comme la France (4,28 en 1876) occupent une place encore jilus proéminente à cet égard. Ce fait ne mar)que certes point d'avoir ses côtés fâcheux. Pourtant, il a eu pour résultat d'amener dans un espace très-court d'années, jusque dans les moindres villes, même dans des villages, des hommes instruits et des médecins qui servent à guider et à soutenir de toute manière la population. La santé des paysans dans la plus grande partie de la Grèce n'est plus à la merci des préjugés et de l'ignorance de barbiers et de vieilles femmes; les médecins leur ont a[>pris à mieux conserver leur santé aussi bien qu'à chercher un prompt secours dans la médeciue.
Sur 10000 habitants en Grèce (1879), il y a 7,62 médecins; proportion qui est un peu plus forte qu'en France (7). Parmi les divers districts de la Grèce, c'est l'Attique qui a, grâce à la ville d'Athènes (29 : lUOOO), le plus de médecins, eu égard à sa population (20 : 10 000 hab.) ; viennent ensuite l'île d'Ithaque (15,5). l'Egialie (12), le distiict de Gythiun (12). Les districts qui viennent les derniers sont ceux del'Eurytanie (5,7), du Yaltos (5), delaDoride (5), de Mégalapoiis (5), de l'Olympie (5.1) et de la Pylie (2,7).
Pûpulalion par cultes (Census de 1879). La majorité de la nation grecque appartient, comme c'est bien connu, à l'Église grecque. Une partie relativement minime appartient à d'autres communions(l i677),et surtout à l'Église romaine; bien moins nombreux sont ceux qui appartiennent à d'autres religions (5592). Les catholiques de la Grèce habitent surtout dans les îles de Syra (3900) et Tinos (5970). Les habitants non chrétiens sont pour la plupart des Israélites, domiciliés presque tous à Corfou (2650).
Étrangers demeurant en Grèce (Census de 1879). Les étrangers demeurant en Grèce constituent les 0,0195 (51 970) de la population grecque. La plupart d'entre eux (25 155) sont des sujets ottomans, quoique Grecs en majorité, dont plus d'un quart (7604) habitent dans la Pluhiotide. Parmi les autres endroits de la Grèce, ce sont surtout les villes d'Athènes (7425), du Pirée (2564) et de Corfou (3071), qui comptent le plus d'étrangers.
II. MOUVEMENT DE LA POPULATION. Natalité (1868-1878, voy. tableau YI) *. On sait combien les données fournies par ce qu'on appelle la natalité générale, c'est-à-dire le rapport du nombre des naissances vivantes à celui des habitants (ordinairement sur 1000) dans l'espace de l'unité du temps (une année), sont incertaines, pour plusieurs raisons, mais surtout pour la distribution inégale de la population féminine suivant les âges et les états sociaux aptes ou inaptes à la reproduction, suivant les divers endroits. Cependant la détermination de cette natalité, quoique ne donnant qu'une idée très-faible, voire même inexacte, sur la fécondité elfeciive de la population productive des femmes, offre assez d'importance, puisqu'on apprend par là, d'une manière très-simple, jusqu'à quel point une population peut se multiplier, indépendamment de la
' Jusqu'à quel point les données sur la natalité en Grèce se rapprochent de la vérité, il est mallieureusement très-dillicile de le préciser. Il est à peu près certain que ces chiffres, au moins dans beaucoup de districts, sont intérieurs à la réalité et sont relativement plus éloignés de la vérité que ceux relatifs aux décès, puisque toute négligence dans la déclaration des décès est passible de punition, tandis que pour les autres les peines jadis établies ont été abolies. — Dans l'indioaiion des mois et des saisons nous avons dû suivre ici le calendrier grec, auquel se rapportent les publications oflicielles de la Grèce (le 1 janvier correspond au 13 janvier du calendiier grégorien).
mortalité et des mouvements migratoires. C'est pour cette raison que nous allons passer brièvement en revue les résultats que nous donne la natalité générale. Natalité générale. La natalité générale en Grèce (27.6) est une des plus faibles en Europe, la France (26,4) et l'Irlande (27) seules parmi les pays européens venant après la Grèce. Mais, comme nous le verrons, ce phénomène est dû en très-grande partie à une nuptialité très-faible.
Parmi les diverses contrées ce sont les districts de Mégalopoiis et d'Argos (39,5) qui présentent le maximum, et Ceplialonie le minimum (15,2). Dans la Grèce Continentale on remarque en particulier un loyer de natalité générale élevée dans sa partie orientale (Thèbes 51,9, Levadie 52,9, Mégaride 56,8, île d'Égine 56,9), tandis qu'en Naupactie (20,8) elle est à son degré le plus bas. En Péloponnèse la montagneuse Arcadie (Mégalopoiis 59,5, Mantinée 54,7, Gortynie 34,6) et les districts d'Argos (39,5), d'Épidaure-Liméra (37,6) et de rÉlide (55,0), forment une zone continue de natalité générale élevée, tandis qu'aux versants S. 0. du Taygèle elle est fort basse (25,1). La plupart des îles de l'Archipel présentent des degrés assez élevés (Naxos et Paros 54,9, etc.), mais dans les îles Ioniennes ce n'est qu'à Cythère (56,1) qu'elle est forte, tandis qu'à Leucadc (16,9) et à Ceplialonie (15,2) elle descend aux degrés les plus faibles.
Natalité spéciale. Pour avoir de la manière la plus précise la capacité productrice d'une population, il faudrait en chercher la détermination dans la portion restreinte de la population qui est à même de donner des enfants, c'est-àdire dans le nombre des femmes productives qui se trouvent dans des conditions favorables à la fécondation. Mais, cela n'étant point strictement possible, nous devons nous borner, d'après la convention admise, à déterminer le total de la natalité, tant légitime qu'illégitime, d'après la population féminine d'un âge de 15 à 50 ans, comme cela a été proposé et suivi par M. Bertillon dans ce Dictioanaire {voy. articles Natalité, France, etc.). Quant à la natalité légitime, nous la déterminerons simplement par rapport au nombre total des femmes mariées, le nombre des femmes mariées ayant un âge de 15 à 50 ans ne pouvant pas malheureusement être déterminé avec une certaine précision d'après les publications officielles.
La natalité spéciale en Grèce calculée par rapport au nombre des femmes de 15 à 50 ans (124 : 1000) est encore d'après les doimées officielles parmi les plus faibles en Europe {voy- art. Natalité). Mais cela esi dû, comme nous l'avons déjà fait remarquer, en g^nde partie à des inexactitudes de ces données. La natalité spéciale oscille en Grèce entre des limites très-distantes (Doride 191, Géphalonie 55, Gythion 55). Dans la Grèce Continentale les degrés les plus élevés se présentent en Doride (191) et dans l'Eurytanie, qui en est voisine (183), tandis que les degrés les plus faibles se rencontrent en Attique (97,5) et en Naupactie(78j. Dans le Péloponnèse on observe un grand foyer de natalité élevée formé par l'Arcadie (Mantinée 172... Gortynie 159) et plusieurs des districts voisins (Argos 165, Épidaure-Liméra 155, Élide 142), tandis que les districts du Taygète (G}thion 55, etc.) forment encore avec d'autres localités du voisinage un foyer de natalité très-faible. Parmi les îles de l'Archipel viennent d'abord l'éparchie de Kéos (188), ainsi que la partie méridionale de l'Eubée (Garystie 140), tandis qu'au dernier rang se placent la partie septentrionale de l'Eubée (Xérochori 86) et Milos avec ses îles (94). Les îles Ioniennes présentent encore ici en général une faible natalité, oscillant entre 98 (Gorfou) et 55 (Géphalonie), la plus faible
en Grèce, comme nous l'avons déjà dit. 11 est bon de remarquer qu'à Céphalonie, d'après Morosini, provédlteur vénitien de cette île au seizième siècle, il arrivait très-souvent (?) de son temps que les femmes accouchassent de qu.dre et cinq enfants à la fois {Corsi di perra e catena di materia sopra l'isola délia Cephalonia, Venise, 1628).
On voit que la natalité spéciale se distribue sur le sol grec, sauf quelques exceptions, de la même manière que la natalité générale.
Pour ce qui concerne l'ancieime Grèce, il faut noter la grande natalité à Thespies (Béolie), et la natalité très-faible à Pyrrha (Fhthiotide), phénomènes qui étaient attribués par les médecins à la qualité des eaux (Theophraste, Histoire des plantes, IX, 18, 10).
Natalité légitime. En examinant les naissances légitimes en Grèce par rapport au nombre des femmes mariées (178 : 1000), nous arrivons aux résultats suivants :
La Grèce Continentale présente d'abord un grand foyer dans sa partie occidentale, avec maximum dans le district de Yonilsa et Xéromeros ('205), un autre plus jielit à la partie orientale, avecdes points de renforcement en Mégaride (214) et dans le district de Levadie (185).
Le Péloponnèse présente en général une natalité légitime plus élevée que la Grèce Continentale. Ici on observe un grand foyer qui coïncide pour la plupart avec le précédent, quoique plusieurs districts ne conservent plus le même rang entre eux. C'est ainsi qu'on remarque maintenant le maximum dans le district de Calavryta (320), où la natalité par rapport aux femmes d'un âge fécond est relativement très-faible (107), et que d'autre part le district de l'Égialie, qui occupait un rang distingué sous le rapport précédent (158), se place maintenant au dernier rang parmi les districts du Péloponnèse (99). Mais quelques-uns de ces résultats, paraissant invraisemblables, font craindre que les données y relatives ne soient pas tout à fait exactes. Lîle d'Eubée présente encore sous le ra[>port actuel les mêmes phénomènes que précédemment (Caryslie 178, Clialkis 156, Xérochorion, 122). Il en est de même pour le district de Kéos (179), qui est pourtant dépassé par celui de Syra (185) et de Naxos (189); les îles Ioniennes d'autre part conservent à peu près les mêmes places entre elles (('ythère 194... Céplialonie 57).
Natalité illégitime. En calculant la natalité illégitime par rapport à la population féminine non mariée qui peut y contribuer (15-50 ans), nous trouvons qu'en Grèce elle est des plus faibles. Ce résultat doit être considéré, l'après toute probabilité, comme ne s'éloignant pas beaucoup de la vérité, vn la rigueur très-connue des mœurs dans la plupart des pays de la Grèce et surtout dans ses districts agiicoles, ainsi que l'inexorabililé de l'opinion publique contre toute violation de la moralité. A cela s'ajoute la circonstance que le sexe féminin en Grèce n'est exposé relativement que très-peu à des tentatives immorales, non seulement pour les raisons précédentes, mais aussi parce qu'il ne prend qu'une part fort restreinte à des travaux d'industrie et de commerce. S'il y a des causes d'inexactitude inévitable, la principale, croyons-nous, est que dans un grand nombre de cas le mariage vient bientôt, dans bon nombre de localités, la vie de l'auteur étant dans le cas contraire en danger.
N'étant point à même de déterminer la natalité proprement dite des naissances illégitimes pour les divers districts de la Grèce, nous sommes obligés de nous borner au rapport numérique entre les enfants illégitimes et légitimes (Grèce
entière 12,25 : 1000). De celle manière, les degrés les plus forts sont observés dans l'île de Z.inle (64 : 1000) et en Attique (63,8), mais c'est la villed'Alhènes qui vient efieclivement en premier lieu, le reste de l'Âltique ne donnant qu'un fort petit nombre d'enfanls illégitimes. Viennent après les éparchies où se trouvent les plus grandes villes de la Grèce, celle de Syra (44,9), de Patras (38,1) et de Corfou (21,9), Quanta la plupart des districts agricoles, ils ne présentent que des degrés très-faibles.
Masculinité (les naissances. Pour ce qui concerne la masculinité, c'est-à-dire le rapport numérique des naissances masculines vivantes aux naissances féminines vivantes, la Grèce (111 : 100) occupe un des premiers rangs parmi les États de l'Europe.
C'est dans deux des îles Ioniennes que tombe le maxinnim (Leucade 156) et le minimum (Cylhère 96) de la masculinité en Grèce. Nous avons à examiner deux foyers principaux de masculinité élevée. L'un comprend la partie occidentale de la Grèce Continentale avec les îles Ioniennes avoisinantcs, l'autre est en Péloponnèse. Le premier de ces foyers présente son plu.< grand renforcement dans l'île de Leucade (iSb), puis des degrés successifs aux environs (Itliaqne 128, Céphalonie 122, Vonitzaet Xéiomeros 121, etc.); plus à l'est ce foyer présente une faible élévation du côté septentrional (Plilliiotide 110, Eurylanie 104), mais des degrés plus forts dans le reste, jusque dans les districts les pins orientaux de la Grèce Continentale, où elle devient faible de nouveau (Thèbes 108, Mégaride 108, Attique 107). Dans le Péloponnèse la masculinité offre une grande élévation surtout à la partie occidentale de l'Arcadie, dans la plus grande partie du côté sud et S. 0. de la péninsule, avec des degrés les plus élevés dans les districts de Gylliion (125), de Gortynie (119) et de Triphylie (118). Dans le reste du Péloponnèse (surtout à sa partie N. E.) la masculinité se présente plus faible, oscillant entre 109 et 101, et ce n'est que sur les côtes septentrionales de la péninsule, en Égialie, qu'elle se montre de nouveau assez élevée (115).
La plupart des îles de l'Egée offrent une masculinité médiocre ou même faible (^Milos 115, Scopelos 111, Kéos 111, Syra 108... Andros 105, district de Chalkis 105). Quant à ce qui se passe dans les îles Ioniennes, nous l'avons déjà dit.
Les résultats relatifs à la masculinité paraissent beaucoup plus dignes de foi que le reste, puisqu'il n'y a aucune raison pour qu'une famille cache plutôt les naissances masculines que les naissances féminines ou réciproquement. Quant à la conscription militaire, on n'y pense pas encore au moment de la naissance des garçons.
Natalité générale par saisons. Comme la natalité des diverses saisons dépend presque exclusivement des conceptions par saisons, c'est à celles-ci que nous reporterons notre examen. Mais, pour rendre les choses encore plus claires, nous doimerons, au lieu de la fécondité proprement dite, qui n'est nullement nécessaire ici, le rapport numérique des conceptions à naissances vivantes par mois au nombre total annuel de ces conceptions.
La courbe ((ue suit la fécondité en Grèce dans l'espace d'une année présente les traits suivants. Après son maximum, qu'elle atteint en avril (1219 sur 12,000 naissances), elle commence à décliner, d'abord doucement (mai 1191), puis brusquement (981) en juin. Le reste de l'été elle continue à descendre, mais peu à peu, et touche en septembre (849) au point le plus bas de l'année.
Ce point dépnssé, elle'suil une marche toujours ascendante jusqu'au mois de février (H50), d'abord lente, mais un peu rapide de novembre (981) jusqu'à décembre (936) et janvier (1105). Après le mois de février la fécondité s'abaisse (mars 982) , mais pour s'élever bientôt brusquement et arriver ainsi au maximum de l'année (1219). Ainsi donc c'est le printemps (3392) qui occupe la première place pour la fécondité, viennent ensuite Thiver (3171) et l'été (2834), et en dernier lieu l'automne (2605).
Les couibes analogues de certains autres pays de l'Europe, celle de l'Italie surtout, ressemblent à plusieurs égards à la notre.
Ne pouvant pas examiner ici dans tous ses détails la fécondité par saisons, nous nous bornons à considérer en toute brièveté de quelle manière elle se répartit sur le sol grec ainsi que ses causes principales.
1. Nous venons de voir que le printemps se présente comme la saison la plus riche en conceptions en Grèce, de même que dans la plupart des pays de l'Europe. Nous avons vu aussi que la fécondité élevée du printemps est due aux mois d'avril (1219) et de mai (1191), étant faible en mars (981). Les causes de ce i)hénomène sont pour la plupart assez claires. La faiblesse de la fécondité en mars tient principalement à ce (ju'en cette époque, dans la plupart des districts grecs, les deux sexes ne se rapprochent que fort peu, surtout pour des motifs religieux (carême de Pâques). Celte circonstance est aussi favorisée parce que la nourriture des habitants est alors très frugale, ainsi que par la faible nuptialité de cette épo(|ue. Quant au mois d'avril, non-seulement le printemps se trouve alors, pour la plus grande partie de la Grèce, dans tout son fort, mais aussi le peuple grec, à l'occasion des fêtes et après les longs jeûnes, se nourrit beaucoup mieux et d'une nourriture plus azotée, et s'adonne à des réjouissinces. A let effet paraît contribuer aussi un peu la nuptialité assez forte de cette époque. D'autre part, pendant le mois de mai, la saison commence à exercer une influence relâchante sur rorgani>me, tandis que les conditions identiques favorables s'affaiblissent et que la nuptialité de l'année devient trèsfaible par suite de préjugés.
A la règle générale de présenter pendant le printemps la fécondité la plus élevée, quelques exceptions s'observent dans certains districts, dont la plupart se trouvent aux livages de la mer de Myrtos (Mu^otôiov izilayoi) (Argos, Epidaure- Liméra,Spetsa, Hydra et la partie avoisinante de l'Argolide, Kéos, Milos, Théra, avec leurs îles). Le printemps occupe ici le second rang; quant aux circonstances auxquelles tienner;t les exceptions, nous ne pouvons point y insister ici.
2. L'e'fe tient le troisième rang dans la plus grande partie de la Grèce, fait qui semble s'expliquer surtout par l'action énervante de cette saison sur l'organisme. Pourtant en certains districts il occupe un rang supérieur et en d'autres un rang inférieur. Ainsi un fojer de lécondité relative |ilus élevée occupe le centre montagneux du Péloponnèse et quelques-uns des districts voisins (Arcadie entière, Cadavi-yta, Triphylie) avec noyau en Mantinéeoù la lécondité occupe la première place (9,55). Un autre foyer moindre est formé par la plus grande partie de la région montagneuse à travers laquelle coule l'Achélous (Eurytanie 1", Valtos 2'», Naupactie 2") avec noyau l'Eurytanie. L'été, d'autre part, tient un rang inférieur à la règle (4'") dans la plufiart des îles baignées par la mer de Myrtos, dans lesquelles le printemps occupait le second rang. La fécondité relativement élevée de plusieurs districts montagneux en été doit être attribuée, d'après toute probabilité, surtout à la douceur de cette saison sur les montagnes, et
as
Ol
fi
td
CA
*aj
en
eu
bl
bl
-aï
sa
sa
•3jpjo,p soj3ain\i
■^t<î00O — oias'i-'X'sns^r-
©3 -- lO >-
•siOB aa0vn3 Ka
1 K3IBK0D
1 S333a 000 ZI aïoj
oo-^coîO— '•^|<îoo:n^3<ï^-; ■<* :,-3 — o © jo 1- œ ■« -î o M ooociSiooosoOOoo
oo — '^ ;o tô (?i rt tô
•ajpjo^p siij8iiin\i
■** ic ^ o — T' Ci '^ ^ iO '^i r^
•saosa aa KsianoD
siKvxiavn 0001 MIS no
aivMaxao axnviHOH
00 C5 -* to ^* -rt' ?> Il o g; t^ „ co oc I— :o -rt -^ co 00 oc 1-- 00 i^
— • -.^ (M — OC 05 ffJ —
lO iO 11 ->1'
•ajpjo^p sojauinyj
O3^m5'1-»)'CO— 'OOOSI-— 'to
■sioH anOvHD xa
NaïawoD
s39?iavB 000 Z\ aood
iOC500-^'S^or-!Can^r»tO
-^ l- o — ' :0 00 (Tï '-Û ce 00 o IC CO-^^^tï^l'tlOTÇÔOOCOOOCO-'f
in Ci t— JT
tO iO -- Ci
11 SJ S) tO
ajp.io.p so.iaiun\[
O'jJi.'ST^-^co— 'ooœr-'^i'î
S'I IC H" -ri
•sioK anOviiD sa
sasTiavK aa xaiaROD
SDivliavil 000 01 His .10
aiVHacao airivtu.iN
— œ o o --• lo -N -* fM -«ï ^-5 tû
l<îl^0^îO;nK5-*t<î-^oet—
■9jpjo,p ço.iauinvj
o l'î 1^ 00 — ^ -M -r il o "îi — 1
•s)Jo5av9 aa Kaianoo
failli OOOT "i'^i TO
aiixn.iasïK
•a.i|ijo,p so.iaïunjij
r-Cii^s — t^if^iMOCsc:. — 00
a5tOC50-^-^00010000-*toO
o — oo— '— '=> — OO-s-O
G^ SJ os *-<
^— S^-J5t-C5-M — O00-#IO
•saxDs snap saq
iM C5 — « — o tO Cï lO — • lO :0 o 00 — Ci oc t- OO -^ l— .30 ÏC O lO m<ï»-HOSO500c»0000O5-^ —
IT-l ■*# 1*0 — »
o ic o r-
tO 00 CO — '
eâ ^ 'ïi lo
•ajpjop -ojjiunyï I
I ai l.'î r^ — 'M C: CO 00 ■«* tO
T- tO -T f >
saiiy
r-^- — c: r0OC5CiO:rt00— «
00 3 C5 35 ara 00 1.-3 --C C5 -•• OO -* C0^-^03C3QC000000C3O-r^
IC 00 o »-<
^N ^^ tO 5^ 'îl tO
•8jpjo,p so.iauinij
œ— '7)l^înoî)0 — OO^-t
•sno5jE[)
t^i.o-^-^œmOToo-toooo I* ic 00 1-^ X 00 lO 1^ 1^ 2? j^ s-i
Cî^îJ — C3Cjoo■ooooxC5.^- —
cD ara — 00
C3 -^ C5 CO te 00 yî <-i
K3 <M (ïi lO
/ -aJliJi'.p eoJ3iirn\J I
» os
•S8X83 xnap sap
o or o -^ -o ^^ -*? 1^3 -^ lO -^ lOC;Gat0003— r'C3'5<lG<IGO
to 00 00 lo ic o o o o <N «> to
m i<3 00 ro
o^tM^cMcNff^s^s^eq^a^tM
00 co co t-
•ajpjo^p sojacunjj
ce— (NiOr- — (î1OC300-^te
-* »J -T» tO
•aniajuiaj
«* o ■»* l'S — oo » ^ ;>-3 :0 so — »ir3;'3^-i-^*.ct-0'XiCMoo
^iCtO — ^C303r;OOC?l©J
!0 00 30 lO
w o o '^ TH 'T^ ^1
•ajpjo.p so.iauin\j |
' --3 03 "M o — I OO "* tO
•aniinssEiu ai!ieiB\i
ffJOOCÛ — lOOOCÛ— <C30OO3
iîJiO-*s^sJ-r-ooo^rtio
o (fi îfl œ
■^ :■! tO :-3
■^ liî W tC
pour ce qui concerne l'automne à ce qu'une grande partie de? montagnards, depuis le milieu environ de celte saison, commence à descendre dans les plaines.
3. L'mtlomne, époqne de peines et de fatigues et d'un usage presque exclusif de nourriture végétale, se présente comme la saison la plus pauvre en conceptions dans la plupart des districts grecs; pourtant dans plusieurs districts elle vient en troisième ligne (Kurytanie, éparchies de Calavryla, d'Argos, de la Mégaride, de Scopélos, de Spetsa, de Kéos et Milos; île de Corfou), elle occupe même le second rang en Mantinée (Arcadie). Celle faiblesse de la fécondité automnale serait peu-lêlre beaucoup plus considérable, si la nuptialité n'atteignait point son maximum en octobre (16U7 sur 121)00 mariages) el ne se conservait assez élevée en novembre (1455) à un degré qui ne se dépasse plus qu'en janvier (1479).
4. Ce qui précède laisse voir ce qui revient à l'hiver. Presipie dans tous les districts dans lesquels le priiitem|)s ne vient puint au premier rang cette place est cédée à l'hiver. Nous avons vu que pour l'été il y avait deux foyers de fécondité relativement élevée, une en Péloponnèse, ayant son sommet en Mantinée, et l'autre dans la Grèce Continentale, ayant son sommeten Eurylanie. Nous trouvant maintenant à la période la plus éloignée de l'été, nous remarquons que la lécondité présente dans les mêmes foyers ses degrés les plus faibles. Ainsi en Pélo])onnèse c'est en Manlinée et à Calavryla que l'on remarque la moindre fécondité relative (4"), presque tous les autres districts du premier foyer venant après (5"*) ; de même, dans la Grèce Continentale le minimum est observé en Eurytanie (4°), puis des degrés secondaires en Naupactie (o")et eu Valtos (5°). Il faut cependant noter que ce phénomène parait devoir être attribué, en partie, à ce qu'il y a un grand nombre d'habitants qui en cette saison sont descendus dans des districts plus bas.
Pour ce qui concerne les causes de la répartition de la fécondité parmi les mois d'hiver, ce que nous avons à noter de plus vraisemblable, c'est que la fécondité relativement élevée de janvier doit être attribuée en grande partie aux fêtes du nouvel an, pendant lesquelles on se nourrit mieux, peut-être aussi en partie ii la nuptialité élevée d'alors, tandis que celle de février doit être cherchée surtout dans la douceur relative de ce mois et les habitudes du carnaval.
En dehors de ces circonstances, il se peut bien qu'il y eût encore d'autres conditions qui exerceraient une influence sur la capacité de conception chez la femme suivant les saisons, mais à cet égard nous n'avons rien à noter, les données dont nous disposons ne nous permeltunt d'affirmer rien là-dessus.
Nuptialité. La Grèce occupe sous le rapport de la nuptialité générale (6,16 maliages sur 1000 habitants) une situation des plus remarquables parmi les divers Etats de l'Europe. Cependant, en calculant la nuptialité par rapport à la population qui se donne au mariage (15-60 ans), on la trouve des plus faibles. Ce résultat est dû très-probablement en partie à des inexactitudes dans les données statistiques, mais il montre que la nuptialité en Grèce est faible ; il montre ;mssi le nombre des maiiés par rapport à la population totale (35,52 : 100); rapport qui est parmi les plus faibles qu'on sait en Europe.
En examinant en particulier la nuptialité des femmes en Grèce (31,18 mariages sur 1000 femmes de 15 à 50 ans), on la voit osciller par localités entre 17,7 (Céphalonie) et 58,6 (Vonitsa). On n'observe un grand foyer de nuptialité
élevé que dans le Péloponnèse, foyer qui comprend la plus grande partie de l'Arcadie (Mégalopolis36,2,etc.) et le district d'Argos, qui présente son maximum (58,2). D'autre part, en deliors de Céphalonie, les extrémités méridionales du Péloponnèse (Œtylon 18,4; Épidaure-Limera 14,9), le district de Thèbes (18,4) et celui de Spetsa (18,5) se font remarquer par la faiblesse de leur nuptialité. Parmi les saisons, c'est l'automne qui est le plus riche en mariages (5943 : 1200 mariages par an) ; viennent ensuite l'hiver (ô3o2) et le printemps (254(i); en dernier lieu l'été (2177). C'est ainsi que la nuptialité est élevée aux mois d'octobre (1607), de janvier (1479), de novembre (1455) et d'avril (1552); elle est Irès-faible pendant les mois de mars (214, mois pendaut lequel tombe toujours le grand carême), de juin (627), de décembre (645) et d'août (685).
Mortalité. La mortalité générale, c'est-à-dire le rapport du nombre des décès de tout âge (depuis la naissance mûre) à la totalité de la population effective dans l'espace d'un an, est en Grèce (20,7 : 1000) une des plus faibles qu'on observe parmi les États européens : (Norvège 18,4; Suède 20,46; Danemark 21,6, tous dans l'Europe septentrionale venant après elle). Si nous remarquons que les doimées statistiques relatives aux décès en Grèce sont plus conformes à la vérité que celles qui sont relatives aux recensements, si nous nous rappelons aussi que la Grèce est beaucoup plus riche en petits enfants que la plupart des Etats de l'Europe, nous serons conduits à croire qu'en effet la plupart d'entre eux possèdent une mortalité générale supérieure.
Cette mortalité oscille eu Grèce entre 51,8 (? Paxos) et 10,5 (Céphalonie). La plupart des districts sujets à mortalité élevée sont concentrés dans le Péloponnè-e, où ils forment un grand foyer qui s'étend depuis le N. 0. de la presqu'île jusqu'aux golfes laconien et argolique et qui présente son maximum à Lacédémone (50,2). En dehors du Péloponnèse et de l'île de Paxos, le district de Levadie (25), l'Attique (24,5) et plusieurs îles avoisinantes (Égine 26,5; Hydra et Trézénie 26,5; Syra et Myconos 27,5), se font aussi remarquer par leur mortalité élevée.
Avant d'entrer dans l'étude de la mortalité par groupes d'âge, nous devons examiner la mortalité générale elle-même, suivant les saisons. Une pareille étude n'est pas tout à fait exempte de certains inconvénients sérieux, à cause surtout de la variation delà natalité générale suivant les localités et les saisons. Mais le défaut de données permettant de déterminer la mortalité en même temps par saisons et par groupes d'âge nous oblige à nous borner à l'examen de la mortalité générale,[d'autant plus que nous sommes à même, dans la plupart des cas, d'estimer approximativement la part que l'on doit attribuer aux circonstances perturbatrices de la mortalité eifective.
Mortalité générale en Grèce parmois et saisons {\86i-lSlS, voij. tableaux 111 et y.) D'après les données moyennes dont nous disposons, la mortalité générale en Grèce (20,7), présentant son minimum pendant le mois de mai (854 sur 12 000 décès), s'élève brusquement aux mois de juin (973) et de juillet (1068), lorsqu'elle atteint le degré le plus élevé de toute l'année. S'affaiblissant un peu pendant le mois d'août (1045), elle se maintient à peu près au même niveau en septembre (1042), pour s'élever par la suite un petit peu (octobre 1062) et s'abaisser de nouveau également en novembre (1051) et décembre (1048), mais pour s'élever encore quelque peu à janvier (1054). Depuis cette époque elle commence à s'abaisser d'une manière constante, d'abord faiblement
(iévrier 1016), mais par suite très-brusqnement (mars 906); plus tard, après avoir retardé sa chute (avril 901) elle continue à s'abaisser promptement jusqu'au mois de mai (Soi), à' oh nous sommes partis.
Si l'on considère, au lieu des mois, les diverses saisons, on remarque que la morfalitéestlapliis élevée en automne (5155 sur 12000 décès), la plus faible au printemps (2661), tandis que la mortalité de l'hiver (5H8) et celle de l'été' (3086) ne présentent qu'une faible différence entre elles. Mais, si l'hiver en Grèce prise en général est réellement [Jus meurtrier que l'été, c'est un fait plus que douteux, quand on songe à la grande différence qui existe entre la natalité hivernale (8,05) et celle de l'été (6,18), différence qui pourrait être la seule cause du phénomène en question. Au contraire, la différence réelle entre la mortalité générale de l'automne et celle de l'hiver est sans doute plus Aiible que la différence de leur puiss:mce meurtrière effective ; cela tient à la natalité plus grande de l'hiver (8,05) comparativement à celle de l'automne (7,55).
Les Anciens considéraient l'automne comme la plus meurtrière des saisons en Grèce, c'est ce qui a lieu même actuellement. Hippocrate (dans ses Aphorisme?, III, 9) et d'autrcsautcursdésignent le printemps comme la plus salubre de toutes les saisons, en conformité aussi avec ce qui se passe aujourd'hui. Cependant Arislote considère celte saison comme occupant le second rang par rapport à la mortalité. L'assertion formelle d'Hippocrate s'accorde assez avec sa remarque d'après laquelle, pendant le printemps et au commencement Je l'été, l'enfance, qui généralement (ait pencher la balance de la mortalité générale, jouit de la meilleure santé. Pour ce qui concerne l'été et l'hiver, le peu de renseignements qui nous sont parvenus de l'antiquité représentent l'hiver comme plus meurtrier que l'été. Toutefois il y a lieu de croire que dans l'antiquité, de même qu'aujourd'hui, il y avait de grandes différences, suivant les localités, surtout à cause de la mortalité très-variable de la première enfance pendant l'été.
Passons maintenant à l'examen des phénomènes que présente la distribution de la mortalité sur le sol grec pendant les diverses saisons.
Printemps (4,59). Si dans la plupart des districts de la Grèce le printemps est la saison la plus favorable à la vie, dans certaines localités cependant, situées surtout à rO., les choses se passent autrement. Ainsi, dans une bande formée des districts du Péloponnèse baignés par la mer Ionienne (Élide, Olympie, Triphylie, P^lie, ainsi que Messène), le printemps vient en troisième lieu parmi les saisons rangées par ordre de mortalité cmirsanîe (Élide, 0°-^" printemps et automne en même temps). Celle bande semble se prolonger, sauf quelques discontinuités, vers les districts voisins de l'Acheloiis (Trichonie 5", Valtos 5°, Eurytanie 3°-4°, printemps et hiver en même temps). Dans plusieurs desCyclades (Kéos 2°, Kythnos 2", Parcs 5", Araorgos 5°, Syra 2»-3'>) et dans les petites îles Ioniennes (Paxos 2°, Itliaque o° et Cylhère 5''), le printemps se trouve aussi être relativement assez meurtrier, tandis qu'à Céphalouie (3<'-4*') le printemps et l'été présentent une mortalité presque égale.
Dans la plupart de ces localités la mortalité absolue est aussi élevée, ainsi que la fraction du nombre annuel des décès qui correspond au printemps. Cette fraction est égale cà peu près au quart des décès annuels dans la Messénie orientale (Messène 247, Calâmes 249) et à Ithaque (257). La mortalité absolue est aussi très-élevée surtout à Paxos (7,70), à Élide (6,40), à Calâmes (5,81), à Olympie (5,69), à Cylhère (5,60), à Valtos (5,36). En dehors de ces districts il y en a aussi d'autres qui présentent pendant le printemps une mortalité absolue
élevée, quoique la mortalité relative soit faible. Tels sont les districts de Patras (6,52), de Syra (6,47), d'Ârgos (6,28), de Nauplie (5,87), de TAltique (5,65).
Les districts dans lesquels non-seulement le printemps est le plus clément de toutes les saisons, mais oiî la mortalité aussi est beaucoup plus faible sous tous les rapports, forment pour la plupart un foyer presque continu, qui, depuis le mont Œta et la vallée de l'Événus, s'étend sur presque toute la partie orientale de la Grèce Continentale (à l'exception de la Béolie occidentale et de l'Attique) et comprend aussi la partie septentrionale de l'Eubée (Xérochori). Quant au reste de la Grèce, on ne rencontre ce cas que dans l'île d'Andros et l'éparchie <le Milos.
Mois du printemps. Parmi les mois du printemps, ceux de mars (906 sur 12 000 décès) et d'avril (901) sont les plus meurtriers sur le sol grec, tandis que ce n'est que dans très-peu de districts que le mois de mai (854) montre une mortalité supérieure. La plus forte mortalité du printemps tombe à mars, dans presque toute la Grèce Continentale située à l'E. de l'Eurytanie et de la Naupactie, ainsi que dans l'île d'Eubée, la plupart des Cyclades et la presqu'île argolique. Le même mois est aussi le plus meurtrier dans quelq^ues autres districts du Péloponnèse situés surtout au S. 0. (Mi'galopolis, Calâmes, Œtyion, Triphylie, Égialie, éparchie de Putras, en dehors de cette ville) et dans quelquesunes des îles Ioniennes (Zante, Leucade). Le mois de mars est le moins meurtrier des mois printaniers dans la plus grande partie du Péloponnèse septentrional et dans l'Ile de Céphalonie, tandis que dans le reste de la Grèce ce mois vient le plus souvent au second rang.
Les districts dans lesquels la plus grande mortalité printanière appartient au mois d'avril occupent presque tout le reste du Péloponnèse, c'est-à-dire la plus grande partie de cette péninsule, ainsi que les îles Ioniennes avoisinantes (Céphalonie, Ithaque, Zante, la ville exceptée, Cylhère) et toute la région de rAchéloiis dans la Grèce Continentale (Étolie et Acarnanie). Le mois d'avril ne vient qu'au second rang dans la plupart des autres districts de la Grèce.
Le mois de mai, quoique étant le plus clément de tous les mois dans la plupart des districts grecs, occupe cependant dans quelques-uns le premier rang parmi les mois du jirintemps par sa mortalité relativement supéiieure. Tel on l'observe surtout dans les îles de Syra et de Myconos parmi les Cyclades, dans le district de Patras et dans un petit foyer formé par l'Attique, la Mégaride et l'île d'Égine. Il en est de même dans les districts de la Corinthie et de la Mantinée, où cependant ce mois présente à peu près la même mortalité que le mois d'avril.
Quelles sont maintenant les circonstances qui font que les trois mois du printemps présentent entre eux les différences mentionnées par rapport à la mortalité? En examinant les districts dans lesquels le mois de mars vient au premier rang, on observe que dans la plupart d'entre eux l'hiver est des plus meurtriers, de sorte qu'on observe en Grèce que la mortalité élevée de mars n'est qu'une continuation de la grande mortalité de l'hiver et doit être attribuée, suivant toute probabilité, à des causes pour la plupart identiques. D'autre part, parmi les districts qui présentent un hiver de ce genre, il n'y en a que trèspeu dans lesquels le mois d'avril soit plus meurtrier que le mois de mars.
Si le mois d'avril offre dans plusieurs districts une mortalité supérieure à celle des autres mois du printemps, cela est dia surtout à la grande fréquence des variations atmosphériques en Grèce pendant ce mois, ainsi qu'au manque de précautions de la part des habitants. Quant à la mortalité supérieure que le
mois de mai présenteen quelques districts, on doit l'attribuer surtout à la diarrhée estivale, qui dès ce mois commence çà et là à être fréquente. Le fait suivant montre clairement que dans la plupart des districts et des autres localités ce phénomène doit être altribué aux villes : si, laissant de côté ces villes, on prend le reste de la populalion des districts, celui-ci ne présente plus pendant le mois de mai qu'une mortulilé plus laible que celle des autres mois du printemps. C est ce qui a lieu (lour l'Atlique, lorsqu'on fait abslraclion des villes d'Alliènes et du Pirée, de même que dans le district de Patraset dansla Munlinée, si l'on met de côté leurs villes Patras et Tripolis. Ces districts, considérés de cette façon, viennent se rattacher immédiatement aux foyers avoisinants et présentent ainsi la plus grande mortalité printanière pendant le mois de mars.
Été (5,52). Quoique dans la [ilus grande piirtie de la Grèce la mortalité de l'été soit des plus élevées, dans plusieurs districts cependant cette saison vient en tioisième ligne, parfois même en dernier lieu. Cela montre encore une fois, et d'une manière très frappante, la réunion d'une grande variété de conditions climalologiques sur le sol si restreint de la Grèce. Toutefois, les districts dans lesquels Télé occupe un môme rang parmi les autres saisons ne sont pas disséminés. Les districts dans lesquels l'été présente une mortalité supérieure parmi toutes les saisons forment un foyer qui s'étend, dans la partie N. E. du Péloponnèse, entre le golfe de Corinlhe d'une paît et les côtes orientales de la péninsule, d'autre part, depuis l'isthme jusqu'à la Kynurie. Ce foyerse prolonge dans la Grèce Continentale du coté de l'isthme dans la Mégaride, dans l'Attique ainsi que dans l'île d'Éginr, et d'autre part dans le district de Messolonghi du côté du N. 0. L'été présente la même élévation relative de mortalité dans les îles de Syra, de Théra et de los parmi les Gyclades, ainsi que dans l'île de Zante parmi les îles Ioniennes.
Si l'on considère maintenant les districts de la Grèce dans lesquels l'été vient en second lieu, on remarque ce fait intéressant qu'ils sont attachés, pour la plupart, aux bords du foyer précédent, et que de plus ils servent en partie à joindre au grand foyer dont nous avons parlé la plupart des noyaux isolés à mortalité estivale supérieure.
L'été occupe le troisième rang parmi les saisons dans la plus grande partie de la Grèce Continentale, et cela d'une manière continue, depuis les limites de l'Atlique et de la iMégaiide jusqu'à l'Eurytanie et au district de Messolonghi. 11 en est de même dans toute l'Eubi'e, dans certaines Cyclades (Andros, Tinos, Myconos, Milos), et dans quelques autres îles et districts de la Grèce. De tout ce qui précède il résulte que l'été est dans plusieurs districts la plus clémente de toutes les saisons. Il en est ainsi dans la plupart de la Messénie (Olympie, Triphylie, Pylie, Me!:^sène), dans quelques-uns des districts voisins de l'Achéloûs (Valtos, Trichonie), ainsi qu'à Kéos, Kyllmos, Naxos, Paros, Amorgos parmi les Cyclades, à Ithaque et à Cythàre parmi les îles Ioniennes, tandis que l'été présente la plus faible mortalité avec le printemps à Céphalonie, et avec l'automne à Paxos.
Les districts dans lesquels la mortalité absolue pendant l'été est la plus élevée sont, à peu d'exceptions près, les mêmes que ceux qui présentent en été la plus grande mortalité, relativement aux autres saisons.
Quant aux districts qui ont ui;e mortalité faible sous tous les rapports, ils se trouvent pour la plupart groupés ensemble. Ces districts forment surtout un grand foyer oriental comprenant la plus grande partie de l'Eubée (Xérochori,
Carystie), le district de Locride et la plupart des Cyclades (les éparciiies deThéra et de Syra exceptées).
Un autre foyer plus petit dons la Grèce Continentale comprend la Doride, la Naupaclie et la Trichonie. Les îlos d'Ithaque et de Céplialonie sont dans le même cas; vient ensuite la plus grande partie de la Messénie (Pylie, Tripliylie et Messène).
Mois de rété. Pans la plupart des districts delà Grèce le mois dejuin (973 sur 12 000 décès) est le plus clément des mois de l'été, empruntant à mai une grande partie de la faiblesse de sa mortalité. Le mois de juin se montre clément aussi presque dans toute l'étendue de la Grèce Continentale et dans la plupart des îles, ainsi que dans presque tout le Péloponnèse situé à l'E. d'une ligne qui part de l'entrée du golfe de Corinllie jusqu'au cap Ténare.
Dans la Grèce Continentale on a rencontré une exception notable dans l'Attique, qui présente précisément dans ce mois la plus grande mortalité estivale (2,36). Mais celte exception doit être mise surtout sur le compte de la ville d'Athènes. Si l'on fait abstraction de cette ville, on remarque que pour le reste de l'Altique c'est le mois de juin qui vient en dernier lieu. iS'éanmoins dans des districts et les îles avoisinantes d'Athènes (Mégaride, Corinlhie, Égine, Hydra, Spetsa), le mois de juin occupe le second rang parmi les mois de l'été. Un foyer beaucoup plus considérable de mortalité relativement élevée pendant ce mois se trouve sur les côtes occidentales du Péloponnèse, présentant un noyau en Élide, un autre au S. 0. delà presqu'île (Pylie, iMessène {"-'2''), tandis que, dans les environs, le mois de juin occupe le second rang. Parmi les îles, Syra et Milos, avec un été précoce, présentent en juin la plus grande mortalité.
Dans le reste de la Grèce, les mois de juillet (1068 sur 12 000 décè>) et d'août (1045) avec la plus grande mortalité se distribuent presque ('gaiement. Et d'abord le mois de juillet offre une mortalité supérieure dans la plus grande partie méiidionale du Péloponnèse ainsi que dans presque toute la presqu'île argolique (Argos, Nauplie, Trézenie avec Hydra)', de même on Phtliiotide parmi les districts de la Grèce Continentale, dans plusieurs des Cyclades (Kylhnos, Siphnos, Paros, My(Onos et Amorgos), et dans la plupart des îles Ioniennes (Corfou, Paxos, Ithaque, Zante], tandis que dans les îles de Céphalouie et de Cy- Ihère le mois de juillet se présente presque aussi meurtrier que le mois d'aoiît. Le mois de juillet occupe dans presque tout le reste de la Grèce le second rang parmi les mois d'été.
Les districts qui présentent une mortalité supérieure pendant le mois d'août occupent pour la plupart des étendues conliguës les un-^s aux autres. Ainsi cela est observé dans la partie de la Grèce Contint-ntale située à l'O. de la Béolie (excepté la Phtliiotide, l'Eurytanie et le district de Vonitsa), tandis que dans le Péloponnèse cela arrive pour la ])lns grande partie de la moitié septentrionale, ainsi que pour quelques districts de sa moitié méiidionale (éparciiies de Kynurie, de Mégalopolis et de (El) Ion). Parmi les Cyclades Kéos, Andros, Tinos, Naxos et Théra, sont dans le même cas. Dans la plupart des districts où le mois de juillet présente la mortalité la plus élevée en été, c'est le mois d'août qui vient en second lieu.
* Parmi les districts septonfrionaux du Péloponnèse, celui de Pafras présente pendant ce mois la plus grande mortalité e>tivalj, ma'S cela e>t dû à la ville de Pati-ns, pfirce que dans le reste du district c'est en août que l'on observe la phis grande mortalité, les mois dejuin et de juillet présentant à peu près la même mortalité.
Quelles sont maintenant les causes principales de l'e'lévation relative de la mortalité pendant l'été en Grèce? Comme les décès d'adultes et des vieillards n'ont qu'une influence secondaire sur la mortalité d'été, d'après ce que nous savons, c'est dans l'enfance qu'il en faut chercher la cause. A cet âge on a Irès-fréquemment la diarrhée estivale et les fièvres pernicieuses. Parmi ces deux causes léthifères, quelle est la principale? On peut heureusement le déterminer avec beaucoup de probabilité en examinant les données démographiques.
La diarrhée estivale se présente de préférence pendant les six derniers mois de la première année et pendant la seconde année et la plus forte intensité de cette affection a lieu en grande partie pendant les derniers mois de la première année. Des données sur la mortalité pendant ces trois mois en particulier nous font défaut. Nous avous cependant lu dime mortuaire relative au second semestre de la première année, c'est-à-dire le rapport du nombre des décès qui arrivent pendant le second semestre avec le nombre des personnes qui survivent aux premiers six mois de la vie. En comparant ces nombres avec l'échelle qui représente la mortalité absolue en été et celle qui donne pour chaque district le rapport du nombre des décès en été avec le nombre annuel de décès, on remarque non-seulement que, pour la plupart des districts qui occupent dans la première les rangs les plus élevés, il en est de m.ême dans les autres, mais même que les diverses contrées de la Giè.e sont en très-grande partie distribuées dans ces échelles dans le même ordre; de sorte que les foyers qu'elles forment sur le sol grec sont à peu près les mêmes dans les trois cas. Si l'on compare de même plus spécialement l'échelle de la dime mortuaire des petits enfants de six à douze mois avec celle de la mortalité générale pendant le mois de juillet, mois pendant le.|uel la diarrhée estivale fait le plus de victimes dans la majorité des districts grecs, on remarque que presque tous les degrés les plus élevés des deux échelles sont occupés par les mêmes districts. Il est aussi à noter que presque dans tous les districts où l'on observe une mortalité élevée sous tous les points de vue pendant l'été et surtout pendant le mois de juin la dîme mortuaire des petites filles de G à 12 mois surpasse beaucoup celle des garçons. Cephénomèue doit être attribué avant tout à k diarrhée estivale, laquelle fait plus de victimes parmi les jeunes filles que parmi les garçons, tandis que pour les fièvres pernicieuses, ainsi que pour les autres causes lélhifères plus ou moins importantes en Grèce, c'est en général le contraire qui arrive.
Quant à la part qui revient aux fièvres pernicieuses dans la mortalité d'été, il paraît qu'elle est très-restreiule dans la plupart des districts delà Grèce et même que dans la majorité des districts marécageux elle ne tient qu'un rang secondaire. Cette conclusion, en dehors des raisons qui précèdent, est amenée par les considérations suivantes. La mortalité d'été non-seulement présente des degrés fort élevés dans les lieux très-peu ou point marécageux (Syra, Athènes, Hydra, Zante), non-seulement elle est très-faihle dans bon nombre de localités qui se trouvent sous une influence assez intense de la malaria (Kynurie, Vonitsa, Naxos) , mais on remarque aussi que, dans la plupart des districts marécageux où la mortalité d'été a son point culminant en juin, elle s'affaiblit en août, mois dans lequel l'intensité de la malaria est beaucoup plus grande'.
D'autre part, parmi les districts qui présentent la plus grande mortalité en
* En nous exprimant ainsi nous ne voulons pas dire, comme on le verra plus tard, que le paludisme est partout tout à tait étranger à la diarrhée estivale des petits enfants.
août, outre que dans la plupart (2 : 5) la dîme mortuaire des jeunes filles, dans le second semestre de la vie, est supérieure à celle des garçons, il y en a plusieurs où on sait que l'influence lélhifère de la malaria est nulle ou insignifiante (Théra, Kéos, Spetsa, Eurylanie, Œljlon) ou très-faible (Tinos, Leucade, Doride, Parnasside, Mantinée, Mégalopolis). Quant à la plupart des districts où l'action de la malaria est beaucoup plus grande (Trichonie, Locride, district de Ghalkis), le rang élevé que le mois d'août y occupe provient plutôt de la mortalité peu élevée des autres mois, la mortalité estivale de ces districts étant des plus faibles, taudis qu'il n'y a qu'un nombre très-restreint de districts marécageux qui offrent une grande mortalité en été, atteignant son maximum en août.
Dans les districts peu ou poiut marécageux où le mois d'août se présente comme le plus meurtrier des mois d'été, il est très-probable que dans ces districts (vu le défaut de la fièvre typhoïde d'une certaine fréquence) la cause principale de ce phénomène est le relard des chaleurs de l'été, résultant de ce que beaucoup des montagnes y gardent la neige même jusqu'au commencement de cette saison, tandis que dans certains autres cela paraît être dû surtout à des affections des organes respiratoires, qui commencent à devenir fréquentes çà et là.
Automne (5,41). Nous avons vu plus haut que l'automne constitue la plus meurtrière des saisons en Grèce, prise dans son ensemble. Si l'on passe maintenant en revue les diverses contrées grecques, on remarque que cette saison présente ce même caractère dans la plus grande partie du Péloponnèse (notamment dans presque toute la partie méridionale de cette presqu'île), dans quelques-uns seulement des districts de la Grèce Gonlinentale, mais formant une région continue (Phthiotide, Eurytanie, Naupactie), dans la partie septentrionale de l'Eubée (Xérocliori) et dans les îles de Naxos, Paros et Leucade. L'autonme occupe le second rang dans la plupart des autres districts de la Grèce, et ne vient en troisième lieu que dans très-peu d'entre eux (Attique, éparchie de Patras, etc.). Il se montre la plus clémente des saisons à Syra et dans l'éparchie de Calâmes, et cela à l'égal du printemps en Élide et de l'été à Paxos.
Dans la plus grande partie de la Grèce la mortalité autonmale dépasse la moyenne relative aux quatre saisons de l'année. Parmi les contiées qui la dépasse de beaucoup, il faut noter surtout l'Arcadie (274-281) et la Pylie (273) dans le Péloponnèse, ainsi qu'une grande partie de la Grèce Continentale (surtout les districts de Tlièbes277, de la Locride 278 et de la Naupactie 276). La partie septentiionale de l'Eubée (Xérocliori 274), plusieurs des Cyclades (surtout celles des éparchies de Kéos 283, Milos 285, Andros 276, Naxos 275) et Leucade (278), parmi les îles Ioniennes, sont dans le même cas.
On observe en même temps qu'une mortalité relative élevée, une mortalité absolue élevée en Arcadie (6,75-6,15) en plusieurs des districts limitrophes (.\rgos 7,16,Nauplie 6,45, Élide 6,40) et dans le littoral del'Achaïe (éparchie de Patras 6,70, Égialie 6,05) en Péloponnèse, ainsi que dans les districts de Thèbes (6,22) et de Yonitsa (6,17) parmi les contrées de la Grèce Continentale.
En examinant la disposition géographique des divers districts qui présentent une mortalité faible, on tiouve d'une part un grand foyer dans la Grèce Continentale formé par les districts à mortalité absolue inférieure et comprenant presque toute la partie de la Grèce Continentale située à l'O. de la Béotie (Naupactie 3,73, Doride 4,06, Locride 5,12, etc.), ainsi que l'île d'Eubée (4,79-3,62) et, de plus, quelques petits foyers épars dans le Péloponnèse et dans
les îles, parmi lesquels il y a surtout à noter celui que forment les îles de Céphalonie (2,66), Leucade (5,87) et Ithaque (4,10). On remarque d'autre part un grand foyer de mortalité relative faible qui occupe les parties N. 0. du Péloponnèse et s'étend vers le N. aux districts voisins de l'Acliéloûs dans la Grèce Continentale et comprend du côté 0. les îles de Zante (245), Ithaque (262), Ccphalonie (258) et Paxos (254).
Sous les deux rapports de la mortalité absolue et de la mortalité relative à la fois on distingue les degrés les plus faibles parmi les districts de la Grèce Continentale dans la Mégaride et dans les contrées situées sur les bords orientaux de rAcliéloùs (Eurj'Ianie, Trichonie); paimi les districts du Péloponnèse dans ceux de Calavryta, de Messène et de la Triphylie, et parmi les îles dans l'Kubée méridionale (Carystie), à Tinos, et les îles Ioniennes précédemment nommées (Gépbalonie, Zante, Ithaque).
Mois d'automne. Parmi les mois de l'automne, septembre (1042 sur 12 000) et novembre (1051 sur 12 000) sont les plus meurtriers. Plusieurs des contrées qui présentent la mortalité la plus élevée en août et qui sont montagneuses pour la plupart (Ârcadie, Calavryta, Eurylanie, Valtos; Parnassis, Xerocbori, île de Spetsa) continuent à présenter pendant le mois de septembre une mortalité supérieure, en formant pour la plupart deux foyers, un dans la Grèce Continentale, l'autre dans le Péloponnèse. A ce dernier foyer viennent se joindre quelques districts dont la plus grande partie, tels que ceux d'Argos, de Patras^ de Calâmes, dans le Péloponnèse, de même qu'après une interruption (district de Nauplie) tpielques-unes des îles de l'Archipel (llydra avec Trézéuie, Égine, Kéos).
D'après ce que nous avons déjà dit, il n y a que très-peu de districts qui présentent une mortalité supérieure en octobre à celle des autres mois d'automne. Aussi ils ne forment que des foyers fort restreints. La plus grande partie du littoral de l'Acarnanie et de l'Élolie (Vonilsa et Xéromeros, .Messolonghi, Naupactie) et les îles voisines : Paxos, Ithaque et Zante, sont dans ce cas. 11 en est de même pour certains des districts les plus méridionaux du Péloponnèse (Messène, Œlylon, Gylhion), ainsi que pour quelques-unes des Cyclades (Tiiios, Myconos, Kythnos, Siphnos, Sériphos). Quelques autres oparchies voisines des précédentes (Elide, Epidaure-Liméra) présentent en octobre ])resque la même mortalité qu'en novembre, tandis que, dans la Corinihie, c'est eu septembre qu'on aune mortalité aussi élevée qu'en octobre. Le mois d'octobre vient au second rang dans la plupart des autres districts de la Grèce.
D après ce qui précède on comprend qu'un grand nombre des districts doit présenter en novenibre la mortalité la plus élevée de l'automne. Si on laisse de côté jdusieurs districts épars çà et là, il y a surtout à noter, comme offrant une mortalité élevée pendant ce mois, deux (oyeis principaux dont l'un occupe la moitié orientale de la Grèce Conlinent;de ainsi que l'île d'Kubée presque tout entière, et l'autre la plupart des districts du littoral occidental du Péloponnèse. Dans le reste de la Grèce, ce mois vient généralement au second rang.
Il est hors de doute que les maladies chroniques prennent une part très-
* On serait tenté d'attribuer à la malaria la grande mortalité qu'on observe pendant ce mois dans les districts de l'atras et de Calâmes. Cepen 'ant. quoiqu'il soit hors de dmite que la malaria a un« part assez considérable dans la morialité de cette époque, si l'on f«it abstraction de la population des vides, on remaïque que dans le district de l'alra-, de m'me que dans lEg^ial e^voiMiiaiite, c'estle mois de novernbrequi offre la plus g;rande mortalité, t.mdis que dans le district de Calâmes, comme dans les disii-icts vnisms, cela arrive au uiois d'octobre. Dans la plupart des autres districts, le mois de septembre vient en troisième rang.
GRKCE. 465
importante dans la mortalité automnale de la Grèce comme ailleurs. Parmi les maladies plus ou moins liées aux saisons il faut examiner surtout la part qui revient au paludisme et aux affections des organes respiratoires, eu laissant de côté la fièvre typhoïde et la dysenterie dont la part, d'après ce que nous savons, est dans la plupart des distrits grecs relativement minime.
Nous avons vu que pour la plupart des districts de la Grèce la plus grande mortalité d'automne est observée soit en septembre, soit en novembre, tandis que pour octobre cela n'a lieu que rarement.
Pour ce qui concerne le mois de septembre, on peut affirmer avec une parfaite certitude que ce n'est point le miasme paludéen qui est la cause principale de la mortalité considérable en Grèce prise dans son ensemble. La plupart des districts qui présentent une grande mortalité en septembre sont montagneux ou bien sont des îles exposées à une influence très-faible ou même insignifiante de la malaria.
Quant au mois d'octobre, il n'y a que très-peu de districts qui présentent le maximum de leur mortalité automnale pendant ce mois. Mais en ayant plus particulièrement égard aux foyers paludéens les plus importants on remarque que dans la plupart d'entre eux c'est précisément en octobre que l'on observe la plus grande mortalité d'automne, comme cela arrive notamment dans presque tous les foyers paludéens de l'Etolie et de l'Acarnanie. 11 est de toute probabilité que ce phénomène est dû directement et indirectement à la malaria, mais, en remarquant que les phénomènes dont il s'agit se cachent entièrement dans la mortalité des districts auxquels ces foyers appartiennent, on comprend que la part de la malaria dans cette mortalité, au moins pour la plupart de ces districts, n'est pas considérable.
Pendant le mois de novembre la plupart des districts grecs et en particulier presque tous ceux dont le sol est plat présentent, comme nous l'avons dit, la plus grande mortalité automnale. Ce fait doit être attribué en partie, à ce (]u'il paraît, à la descente qui a lieu pendant ce mois d'un grand nombre de montagnards d'autres distiicts dans ceux des plaines. Néanmoins la mortalité de ce mois paraît être réellement élevée dans plusieurs districts, d'après toute probabilité, par suite surtout des affections des organes respiratoires survenant aux organismes infectés ou même épuisés par la malaria, tandis que la cachexie palustre grave, n'étant pas fréquente dans la plupart des districts marécageux de la Grèce, ne peut avoir une grande part dans la mortalité. Mais la conclusion que dans la mortalité élevée de novembre l'inlluence de la malaria n'est pas étrangère semble, outre d'autres données, être suggérée par la remarque que presque tous les foyers palustres dans lesquels la plus grande mortalité estivale tombe en juillet présentent la plus forte mortalité d'automne pendajit le mois d'octobre, tandis que parmi ceux dans lesquels la plus grande mortalité estivale est observée en août, c'est novembre qui offre la plus grande mortalité automnale. Étant connu la corrélation qui existe entre la plus grande élévation de la mortalité estivale et aussi la plus grande production du miasme palustre avec l'élévation de la température estivale, il est probable que le phénomène que nous venons de citer doit être attribué, en partie, à ce que l'organisme est plus aisément affecté par les influences atmosphériques, à la suite d'un certain laps de temps après l'époque du plus grand développement du miasme palustre.
Hiver (5,58). L'hiver se présente sur une étendue considérable du sol grec comme ayant la plus grande mortalité générale parmi toutes les saisons. Les dis- DicT. ENc. j.' s v 55i)
tricts où cela est observé ne sont pas groupes, il est vrai, en foyers, les conditions climalologiques ne le permettant point, mais ils forment pour la plupart une zone étroite qui s'étend, suivant la plus grande longueur de la Grèce, depuis Corfou et Paxos jusqu'aux Cyclades.
Cette zone comprend dans la Grèce Continentale une bonne partie de l'Acarnanie et de l'Élolie (Yallos, Vonitsa, Xéromeros, Triclionie), puis après une interru; tion presque toute la contrée qui s'étend depuis l'Evénos jusqu'au Gylhéron et au Parnès (Doride, Locride, Béotie), ainsi que la plupart des iles de l'Archipel. Cependant quelques-unes des localités et des îles qui occupent la partie orientale de cette zone présentent une mortalité presque aussi élevée en automne qu'en hiver. Comme ramilication de cette zone s'en présente une autre n'offrant pas non plus une continuité complète, qui s'étend le long du côté ouest du Péloponnèse et comprend plusieurs éparchies de cette partie de la péninsule (Egialie, Elide, Tripliylie, district de Messène), ainsi que l'île de Céphalonie. Dans la plupart des autres districts de la Grèce Continentale, l'hiver vient au second rang, tandis qu'il occupe le troisième dans la plupart de ceux du Péloponnèse.
Si maintenant ou considère les contrées pour lesquelles la fraction du nombre annuel des décès qui revient à l'hiver est la plus considérable, on remarque que pour la plupart elles sont les mêmes que celles qui présentent une grande mortalité absolue.
Un grand foyer de moitalité relative élevée est formé par la région qui se trouve entre l'Œta et la mer de l'Eubée d'une part, le golfe de Corinlhe, le Parnasse et la Gopaïs de l'autre (Locride 289, Parnasside 248, Doride 288). Un autre, présentant une mortalité relative encore plus élevée, comprend les éparchies septentrionales et occidentales des Cyclades (Andros 510, Milos 505, Kéos 285), tandis que quelques autres îles voisines (Tinos 277, INaxos et Parcs 275) présentent une mortalité peu inférieure. Vonitsa et Xéromeros (290) et plusieurs des îles Ioniennes (Cythère 295, Corfou 282, Paxos 290, Céphalonie 278) offrent également une mortalité élevée. Parmi ces localités, l'île de Cythère (7,02), l'Égialie (6,76) et le district de Vonitsa avec le Xéromeros (6,55), occupent aussi des rangs élevés par rapport à la mortalité absolue en hiver.
Passons maintenant aux contrées qui présentent en hiver une faible mortahté. Si l'on envisage d'abord les districts pour lesquels la mortalité absolue de l'hiver est inférieure à la moyenne que présente la mortalité relative en Grèce, on remarque qu'elles sont pour la plupart les mêmes que celles qui dans l'échelle correspondante relative à l'automne occupent les l'angs inférieurs. Une mortalité relative faible (inférieure à 250), d'autre part, se rencontre dans la plus grande partie de la moitié septentrionale du Péloponnèse et dans certains districts avoisinants ; dans ces districts la mortalité absolue est en général aussi faible. Il est à remarquer que la plupart des districts montagneux (Eurylanie, Calavryta, Gortynie, Mantinée, Œtylon) présentent une mortalité relativement faible en hiver, tandis que cela n'a lieu que pour très-peu de districts plutôt bas, quoique le nombre des derniers soit presque égal à celui des premiers.
Ce phénomène est dû probablement, au moins pour quelques-uns de ces districts, à ce qu'un grand nombre d'habitants de montagnes passent leur hiver dans les plaines ; il serait cependant fort diflîcile d'y voir pour tous les districts
ia cause principale. En effet, quoiqu'il soit vrai que plusieurs districts, surtout en Péloponnèse (Égialie, Elide, Triphylic, Messènc, Nanp'ie), dans lesquels un grand nombre de personnes habitant les montagnes en été y passent leur hiver, présentent une mortalité élevée, tandis que la mortalité est faible dans la plupart des districts montagneux, cependant on lemarque aussi dans certaines é|iarchies (Argos, Corinthie, Kynurie) situées au voisinage de districts montagneux et servant aussi en hiver de demeure à des habitants de montagnes qu'elles conservent une mortalité faible.
Mois d'hiver. Parmi les mois d'hiver, d'après ce que nous avons déjà fait remarquer, le plus chargé de décès est décembic (1048 sur 12 000 décès) et février (1016 sur 12 000 décè>) le moins. Et d'abord pour ce qui concerne le Péloponnèse, si l'on divise cette péninsule en deux parties, orientale et occidentale, par une ligne droite allant de l'entrée du golfe de Coriutije au Ténare, on remarque que la plupart de la partie orientale offre la mortalité la plus élevée en décembre et quelque part seulement (Argos, Nauplie, Gythion) en janvier. Ces derniers districts peuvent être considéiés comme formant la conlinuatiou d'un loyer présentant en janvier la mortalité la plus élevée et occupant la plus grande partie du Péloponnèse occidental, ainsi que les îles Ioniennes avoisinantes (Zante, Céphalonie, Ithaque). Le foyer de mortalité élevée en décembre, situé dans la partie orientale du Péloponnèse, s'étend encore plus à l'est, comprenant bon nombre de Cyclades, ainsi que la moitié méridionale de l'Eubée (Carystie). Quant à la Grèce Continentale, elle est séparée en hiver eu trois foyers principaux dont l'un, correspondant à décembre, s'étend depuis l'Âchéloùs jusqu'au Parnasse et au golfe Maliaque, comprenant presque toute la contrée intermédiaire; les deux autres beaucoup plus petits correspondent l'un au mois de février (Levadie, Locride et le district de Chalkis en Eubée), l'autre au mois de janvier (Allique, Mégaride). Mais il faut remarquer pour l'Attique que, si on laisse de côté la ville d'Athènes, le reste du pays offre la plus grande mortalité en décembre; c'est ce qui a lieu dans la plupart des districts et des îles voisines.
Quelques autres districts, occupant des rangs intermédiaires, ne sauraient être rattachés d'une manière exclusive aux foyers de décembre ou à ceux de janvier. De cette manière, la Kaupactie, servant de jonction entre le foyer occidental de la Grèce Continentale (foyer de décembre) et le foyer occidental du Péloponnèse (foyer de janvier), présente une mortalité presque aussi élevée pendant ces deux mois. La Manlinée, en Arcadie, située au point de jonction des deux foyers du Péloponnèse, offre un phénomène analogue et plus remarquable encore, présentant, abstraction faite delà ville de Tri polis (iOOûO habitants), la même mortalité à peu près pendant les mois susmentionnés (décembre et janvier).
Quelles sont les causes d'une telle distribution de la mortalité sur le sol grec? Les districts de la Grèce qui présentent la plus grande mortalité d'hiver en décembre doivent très-probablement cette circonstance à ce que l'hiv. r y est plus précoce. La plupart de ces districts sont en effet assez montagneux ou se trouvent exposés aux vents du nord, qui sont fréquents surtout à la fin de l'automne et au commencement de l'hiver. Quant aux districts qui présentent la plus grande mortalité en janvier et qui se groupent pour la plupart à l'ouest du pays, surtout dans le Péloponnèse, d'une part ils sont sous rin/luence des vents chauds, tandis que d'autre part ils sont assez protégés contre les vents froids par des chaînes de montagnes, se dirigeant le plus souvent du N. 0. au
GRKCE.
S. E. ou de l'E. à l'O. ; de cette manière ces districts ne souffrent d'une température relativement basse que plus tard, lorsque les montagnes voisines se couvrant de neige y envoient des souflles refroidissants. Ces circonstances nous paraissent être les causes principales du phénomène dont il s'agit, quoique nous ne puissions les considérer comme les seules, puisqu'elles ne suflisent point à expliquer le tout. 11 peut se faire pourtant que quelques-unes des exceptions qu'on observe tiennent à des inexactitudes dans les données statistiques.
MouTAi-iTÉ l'AR AGES (1868-1878, voy. tableaux IV et V fin). En examinant la mortalité en Grèce comparativement à ceux des autres États de l'Europe, nous remarquons les phénomènes suivants : Dans la mortalité de 0 à 5, la Grèce (49,7) occupe un des derniers rangs dans l'échelle correspondante à côté delà Norvège (45,6), du Danemark (44) et de la Suède (50,9), tandis que les deux autres pays du midi, l'Italie (87) et l'Espagne (94), dépassent de beaucoup les précédents et tiennent place parmi les premières. Dans la période de 5 à i5. la Grèce (9,26) précède la plupart des États de l'Europe et ne vient qu'après la Russie (0,66), tandis que, immédiatement après elle, nous avons l'Italie (8,2) et l'Espagne (8,2). Dans la période de 15 à 50, la Grèce (8,55) occupe encore un des premiers rangs, mais elle vient à la suite de la Bavière (8,8), de la Russie (8,63) et de la France (8,62). De 30 à 60, elle se place (15,46) au milieu des autres États de l'Europe, les deux extrémités étant occupées par la Russie (19,4) et la Norvège (M), tandis que, à côté d'elle, nous avons l'Angleterre (15,68), la Prusse (15,4), les Pays-Bas (15.4) et la Suisse (14,45), et qu'elle vient après les deux autres pays méridionaux, l'Italie (17,35) et l'Espagne (17). Dans la période de 60 à w, elle occupe (77,49) encore une position intermédiaire, l'Espagne (95) et l'Italie (88,2) étant à l'une des e^ifrémités de l'échelle, tandis qu'à l'autre on remarque la Norvège (58,9), l'Angleterre (67,9). l'Ecosse (67,9), la France (08,2), la Suède (70). presque tous pays septentrionaux.
TABLEAU IV. — Mortalitk par âges et sexes dans t\ Gkèce estière