DONNÉES STATISTIQUES
Cas Décès.
Août (1873) 2 »
Septembre 22 »
Ociobre 41 8
Noveml)re 63 la
Déceriibre 55 28
Janvier (1874) 45 18
Février 28 15
Mars 27 2
Avril 16 »
Mai 20 5
Juin 19 5
Juillet 50 4
Août 28 i
Septembre 17 '
Octobre 15 5
Novembre 1 »
tas.
Vaccinés 213
Non vaccinés 210
Récidives 2
La maladie a été communiquée dans presque toute la Grèce. Elle frappa en tout plus de 6000 personnes, dont 1550 environ sont mortes. Entre autres elle a visité : le district de Calâmes (surtout chez des enfants, avec une grande mortalité), d'où elle est entrée dans le district d'Œtvlon (Œtylon, Cryon-Néron, Koléphas, pendant quatre mois environ, très-grave; mort. 112 : 2Sô); Égion (épidémie grave; juin jusqu'à la lia de l'hiver) (Zinnis, Gousaris, N. Maccas, Chryso^palhis, G. Grigorakis).
1874. Crète : Canée. — La maladie introduite par des Arabes réfugiés de Bengaze (Calaïssakis).
1874-1875. D/sinicT de Még.alopolis (villages : Kassimi, Carype, Caroumpali, Anemodouri). — Dans les trois premiers villages, humides et exposés à la malaria, bon nombre de cas hémorrhagiques, avec une mortalité assez grande. Dans le dernier village, élevé et bien aéré, cinquante cas, sans aucun décès (Comnénos).
1879. Crète : districts de la Canée, de Cydouies, de Selinon et d'Apocoronos. — Épidémie très meurtrière, sous une forme héraorrhagiiiue. Durée brève, l'rovenance : Syra (Calaïssakis).
ScoPELOs, — Épidémie intense avec une grande morfalité- La maladie fut transmise à Sciatkos, mais elle n'y frappa que peu de personnes (18, dont 1 mort) (Sachinis),
Mégaride -.Eleusis (à la lin de l'été de 1879 jusqu'à la fin de l'hiver de 1880), cas plutôt sporadiques. Bîjllia (vers la lin de l'été lS80j, épidémie [mort. 0,30 environ). Provenance : Athènes (C. Constantinidis).
* Pendant les années 1865, 1866, 1875, 1876, 1877, aucun décès de variole à Athènes. Pendant les années 1867-1S72 et 1877-1881 quelques cas rares seulement, surtout chez des personnes venant du dehors.
Mortalité
Décès.
sur 100.
1880-1882. — La maladie s'introduit de l'Épire, où elle existait à l'état épidémique à Corfou (novembre 1880, jusqu'en décembre 1881); plus de 500 cas dans la ville;mortp21,7. Le maximum de l'intensité dans la ville de cette lie en janvier l'SSl, dans la ca«pagne en avril 1881. La maladie frappa des îles et des localités situées surtout au >'. et au N. 0. de la Grèce (Paxos, Leucade, Agrinion, Lamia, Bostinitsa, Noutsombron, Bonitsa, Crabassara, Carpenisi; Céphalonie : .4rgostoli, Dilinata, Thinia, etc.); pendant les années suivantes 1882 et 1883 s'est introduite dans la plupart des villes et des nombreux villages du Péloponnèse (Tripolis, Megalopolis, Gortynie, Olympie, Élide : Pyrgos; Laconie : Œtylon, Épidaure-Liméra, etc.), ainsi que dans la ville d'Athènes (février 1882-1885, 1590 cas; 880 h., 508 f . ; 428 décès dont 325 chez des personnes (815) non vaccinées). La maladie persiste encore (hiver 1885-84) en état épidémique dans plusieurs localitésde la Grèce [Archives du Min. de /'Int. de la Grèce, B. Patrikios; Gousaris, Bambas).
DÉCÈS A ATUÈ^ES PAR MOIS (l882 ET 1883)
Janvier Février Mars. .
Avril .
Mai. .
Juin .
Juillet. . .
Août.. . .
Si'plembre, Octobre . .
IVovembrc.
Décembie .
ScAUi.ATi.NE. La première mention connue sur la scarlatine en Grèce est faite dans un passage de Touinefort, d'après lequel il semble que la maladie régnait épidémiquement à Milos au commencement du siècle passé (1701) et qu'elle était fréquente alors en Orient.
La gravité des épidémies connues jusqu'ici a été variable, mais en général la maladie a présenté une gravité médiocre. Les épidémies dont on connaît l'époque de l'invasion se distribuent presque uniformément entre les diverses saisons. Quant à l'époque du maximum de l'intensité, la plupart ont régné en hiver eten été. L'examen de la distribution des décès dus à la scarlatine, à Athènes, depuis 1862 jusqu'aujourd'hui, nous montre l'été (152) et le printemps comme les saisons les plus riches en victimes, l'automne (70) et l'hiver (48) les plus pauvres.
1701. Macs. — Épidémie très-probablement de scarlatine. « Dans le temps que nous étions dans cette île, il y régnait une maladie lâcheuse et qui est assez commune en Levant, où elle emporte les enfants en deux fois vingt-quatre heures. C'est un charbon dans le fond de la gorge, accompagné d'une cruelle lièvre; cette maladie, que l'on peut nomm'er"lii peste des enfants, est épidémique, quoiqu'elle épargne des grandes personnes » (Tournefort. Voyage au Levant, vol. I, p. 169).
1763. Céphaloxie (été). — Après un hiver long, peu froid, mais très-humide, printemps très-sec; pendant quatre mois on ne vit pas de pluie. A la fin de mai, après une élévation brusque de la température, la scarlatine se déclare dans la ville de Céphalonie et dans les environs. La maladie exclusivement chez les enfants. Frisson constant au commencement. Fièvre et phénomènes fébriles intenses. Anasarque n'est nullement noté ^Tsoulatis, in Giornale di medicina di P. Orteschi. Venise, t. II, n° 29. Ozanam, Histoire des maladies épidémiques. Paris 1835. Prêt. Typaldos, Hspi twv Èv Kîoxùpa l-KiSnixi/Cyi và'^wi. p. 7-11).
1819. Leucade. — La scarlatine enlève un nombre considérable d'enfants. A la même époque quelques cas connus à la ville de Corfou (Hennen).
1821. Leucade (printemps). — La maladie, relativement bénigne, apparaît parmi les enfants des soldats de la forteresse (mort. 2 : 58). A la même époque la maladie dans la ville de Zante (Hennen).
1829. Corfou. — Épidémie pendant toute l'année assez intense. Dans bon nombre de cas, délire continu ou même convulsions. (Thérianos. Rapporta medico, etc. Corfou, 1830^ p. 26-29).
1835. Argoude. Nauplie. — Épidémie (Ornstein, in Mém. de l'Acad. de médecine, t. XXV, 1861).
1853. Corfou. — Épidémie légère, accompagnée d'une grave épidémie de variole. A la
même époque, à une petite distance de Corfou, dans l'Albanie et dans l'Épire, la maladie sévissait sous une forme pétcchiale et les malades succombaient en quelques jours (Prêt. Typaldos).
1858. Mantixée : TripoUs (juin-août). — Epidémie assez meurtrière. Vers la môme époque, la maladie plus légère aux environs de Sparte ('AT/),/irt(65, t. IV, p. 191).
1859. Kéos (hiver). — Grande épidémie, assez meurtrière (J. Anioniadès).
Argoude : Nauplie. — Nouvelle épidémie après vingt-quatre ans d'intei valle. Grand nombre de cas sans éruption. La conjonctivite palpébrale était le symptôme le plus constant (Orstein, in Mém. de l'Acad. de médecine, t. XXV, 1861).
EuBÉE : Carysios (sept. 1859 jusqu'au printemps 1860) et Plalanislos (hiver). — A Carystos, éruption rubéiCorme, mais en même temps d'autres phénomènes caractéristiques de la scarlatine. A Plalanistos des cas graves nonjbreux, sans aucune éruption ('AîzlyjTitô;, 1 849-1800, p. 504).
1860. Messénie (hiver) : Messène (Nissi), Micromani, Camari. — Épidémie assez meurtrière (mort. 1 : 3 environ), par suite surtout d'angine diphihéritique ('Acrz/-/j7rio;, 1859-1860, p. 504). En même temps épidémie de roug oie (Chrysospathis).
Andros. — Épidémie assez grande et intense (llyp- Campanis).
1862-1S6Ô. CoKFOu (octobre à septembre). — Épidémie grande et meurtrière, qui s'étend après le mois de février de la ville sur presque toute l'île. L'épidémie très-intense de janvier à avril 1863. Un grand nombre de malades présentaient du délire, des convulsions et des phénomènes éclamptiques, après lesquels la mort ne tardait pas à survenir. Chez la majorité des accouchées, la maladie mortelle. Décès dans la ville 194 (110 hom., 84 f.), sur 26 000 habitants. Par mois : novembre 8, décembre 9, janvier 1863, 7)1, février 52, mars 63, avril 50, mai 15, juin 3, juillet 2 ;Pret, Typaldos).
1803. Parnasside : Galaxidi. — Épidémie à angine intense. L'anasarquc rare (Garalivanos).
1865-1864. PiiTinoTiDE. — Épidémie très-meurtrière (Rhizopoulos).
.Athènes. — Épidémie grave. Plus de 130 décès. Par mois : février 4, mars 5, avril 10, mars 15, juin 22, juillet 18, août 16, septembre 16, octobre 5, novembre 4, décembre 2, janvier 1864, 4, février 1, mars 2, avril 3, mai 1, juillet 1, août 1, novembre 2, janvier 1 (Zinnis, Maccas).
1866. Triphïlie. — Épidémie assez grave. Angine diphthérilique très-fréquente, de même que l'inflammation et la suppuration des parotides. L'éruption manquait en général chez les adultes; chez les enfants elle apparaissait d'abord ordinairement aux membres inférieurs. Mort. 0,05 environ (Frantzis).
1867. Laconie : Sparte. — Épidémie meurtrière, accompagnée d'une stomatite gangreneuse (J. Valassopoulos).
1872-1873. Atjièxes. — Épidémie intense pendant toute l'année (surtout depuis avril jusqu'à la fin de juillet). Albuminurie dans la plupart des cas funestes. Les cas des scarlatine maligne relativement peu nombreux. Plus de 130 décès. Par mois : décembre 1871, 1, janvier 3, février 4, mars 5, avril 23, mai 18, juin 24, juillet 21, août 5, septembre 3, octobre 5, novembre 4, décembres; janvier 1875, 2, avril 3, juin 2, août 1, septembre 1 (Zinnis, Maccas) *.
1873. Andros. — Épidémie intense et assez meurtrière chez les enfants (5-15 ans). Phénomènes cérébraux intenses et albuminurie très-fréquentes (Hyp. Campanis).
Parnasside : Galaxidi. — Épidémie. Angine intense (Garalivanos).
Messéme : Calâmes et environs. — Grande épidémie accompagnée d'une épidémie de rougeole (Chrysospathis).
1875. Égialie. Égion (automne et hiver). — Épidémie légère (Charalampis).
1875-1876. Athènes. — Petite épidémie, 50 décès environ (Zinnis, Macca-;).
1878. Calavrtta : village de Zachlorou. — Épidémie très-meurtrière. Tous les enfants de huit mois à douze ans en sont frappés. Chez la plupart des malades, issue funeste par suite d'une angine gangreneuse [k. Rembotis).
Athènes. — Petite épidémie.
Crète : La Canée (pendant quatre mois environ). — Épidémie très-meurtrière. Phénomènes gastriques et cérébraux intenses très-fréquents (G. Calaïssakis). Au district d'Héraclion, cas en général sporadiques (1878-1880) (Zaphiridis).
1880. CoRFoiJ (avril et mai). — Épidémie [Archives du min. de Vint, de la Grèce. B. Patrikios).
1881, Parnasside, Galaxidi. — Épidémie. Angine intense (Garalivanos). A la même époque la maladie légère à Naupactie (Naupacte et commune de VOphionie) {Arch. du min. de Vint., B. Patrikios).
* La maladie est endémique à Athènes depuis 1862. Depuis cette époque, en dehors des épidémies survenues, on compte tous les ans des décès peu nombreux, il est vrai, mais qui n'ont manqué complètement qu'en 1874.
881. GoniYNiE : Bytini (avril). — Épiilémie peu étendue. La maladie grave dans bon nombre de cas. Quelques cas à Magouliaua (id.).
Rougeole. La rougeole est une des maladies épidémiques qui visitent le plus fréquemment les contrées helléniques. Ainsi la plupart des villes, avec eurs environs, ont été attaquées à plusieurs reprises dans ces dernières dizaines d'années, et l'on n'en connaît aucune qui n'en ait point été éprouvée. Mais c'est surtout dernièrement (1880-1881) que la maladie a eu sa plus grande extension, par suite de la conscription générale. Aussi s'est-elle répandue presque sur toute la Grèce en peu de temps, en atteignant souvent des adultes dans les troupes et dans les vdlages éloignés des villes, où la maladie n'était pas entrée depuis longtemps.
La plupart des épidémies antérieures furent très-légères, et nous ne connaissons que trois épidémies assez graves, à cause de complications de broncho-pneumonie : uneàCorfou (1851), uneà .4lhèncs (1875) eluneà l'île d'Andros (1876). La maladie s'est montrée récemment beaucoup plus grave et funeste, au milieu de grands rassemblements de troupes nouvellement recrutées, et surtout en Phlhiolide.
Parmi les douze épidémies dont nous connaissons l'époque du commencement, quatre se sont déclarées en hiver, cinq au printemps, une vers la fin de l'été (celle de Gorl'ou, 1802), et doux en automne. Toules les fuis que cette maladie a été observée épidémiquement à Athènes, dans ces vingt dernières années, elle a fait irruption en hiver, continuait à augmenter jusqu'au printemps et disparaissait complètement ou diminuait considérablement en été. Ainsi nous trouvons dans l'espace de 1865 à 1876 ceut-quaranle-neuf décès se répartissant de la manière suivante :
Décembre . Janvier . .
Février . .
Mars . . .
Avril . . .
Mai. . . .
Juin . . . .
Juillet . .
Août . . .
Septembre.
Octobre . .
Novembre .
Ainsi l'hiver amène plus de la moitié (0,553) des décès, 0,333 le printemps, tandis qu'à peine 0,053 sont dus à l'été et 0,061 à l'automne. La grande épidémie de Gorl'ou (1851), au contraire, ayant commencé en mars, gagna le plus d'intensité en été, est arrivée à son maximum en juillet et août, et a cessé à la fin de décembre. Les épidémies de rougeole se sont montrées quelquefois de compagnie avec d'autres maladies épidémiques, comme la scarlatine et la diphthérie (Galames, 1860 et 1865), la coqueluche (Gortynie, 1881), la dysenterie (Yajia, en Béolie, 1851).
Typhos exanthématiqce. Gette maladie s'est présentée épidémiquement pendant les deux derniers siècles sur plusieurs points de la Grèce. Dans la plupart de ses apparitions, aulant que nous sachions, elle a été peu étendue ; c'est pendant la période de 1866-1870 qu'elle eut son développement le plus considérable. Presque partout on a alors observé, comme condition étiologique, l'encombrement dans des habitations étroites, mal aérées, mal exposées au soleil, humides et peu propres. On a allégué que la maladie était apportée de la Crète par des familles réfugiées en Grèce, pendant l'insurrection Cretoise, et que celles-ci l'avaient contractée des troupes égyptiennes appelées alors en Crète, chez
lesquelles, en sffet, d'après les renseignements que nous avons de médecins du pays, elle existait à l'e'tat sporadique. Malgré cela il reste des doutes sur ce point.
Relativement à la contagiosité de la maladie, qui a été observée d'une manière indubitable en Grèce, il faut noter que les gardiens des prisons à Tri polis, qui ne se tenaient qu'à une petite distance des affectés, sont restés indemnes.
Dans ce qui a été écrit sur le typhus exanthématique, il faut signaler le travail de M. le docteur Antoniadès, relatif à la dernière apparition de la maladie, surtout à Tripolis (1870), et celui de M. le professeur P. Typaldos sur l'épidémie d'Athènes (1868), publié récemment (1883).
1758. CoBFon. — Épidémie ayant pour provenance l'Italie (liennen).
1798. CoRFou. — La maladie est transmise par des troupes françaises (Botta, Ilennen).
1822. Tripolis de l'Arcadie. (été) — Siège, grand encoml'rement, manque de nourriture, eaux potables déplorables. Grands ravages (2. Totxoûjujs, 'laTopia. T7,i l/>/!v. srravaîTâîEaîç, t. II, p. 68).
1824. Nauplie (septembre-décembre). — Épidémie grave et étendue dans cotte ville, où uni^ grande concentration de population avait eu lieu. La maladie fut transmise en octobre (mais pas aussi grave et intense) à Argos, ville voisine, où plusieurs malades s'étaient rendus (^i).o; rvû ^6/j.ov, Journ. officiel).
1864. CoRiNTiiiE, Argolide. — La maladie survient dans quelques villages de la Corinlliie, où elle est apportée par une femme qui avait soigné un malade à Chali, village de i'ArgoIide sur le versant des monts Arachnéens (Cotsonopoulo?).
1866. EuRYTANiE : Carpenisi (hiver jusqu'au mois de mai 1867). — La maladie s'est déclarée dans l'hôpital militaire et dans la garnison de la ville, ainsi que chez quelques personnes qui étaient en relation avec des soldats, mais elle ne s'est pas étendue dans la ville. Aux environs, et sur la ligne des frontières voisines, se rencontraient, d'après ce qu'on disait, des cas sporadiques d'une maladie présentant aussi des phénomènes typhiques (Antoniadès).
1868. Athènes. — La maladie se présente d'une manière épidémique, surtout chez des familles Cretoises (12 000 personnes environ), lesquelles, composées de femmes, vieillards et enfants se sont réfugiées, de leur pairie dévastée, en Grèce, demi-nues et décharnées. Encombrement, misère, malpropreté. La plupart des malades ont été déjà atteints de fièvres intermittentes et plusieurs portaient une cachexie palustre avancée. Ainsi la fièvre présentait souvent, vers le déclin, une intermittence manifeste, qui cédait à la quinine. Le délire, triste en général, roulait sur la dévastation de la patrie des malades. Formes du typhus les plus diverses. Gravité et mortalité relativement faible (1 : 8 à peu près). Avec la di^ptîrsion des (rois quarts des réfugiés dans différentes parties de la Grèce, Tépidémie fut éteinte (Ch. P. Typaldos).
1870. Péloponnèse, Arcadie : Tripolis^, etc. — Au commencement de janvier la maladie s'est déclarée, sans aucune donnée sûre ou très-probable de contagion, dans les prisons étroites et malpropres de Tripolis, qui renfermaient deux cents accusés. Elle s'y est développée et s'est accrue surtout pendant février et mars. Sur 170 personnes atteintes, 18 seulement ont succombé. Des priions, la maladie a passé dans la ville par des malades qui y étaient soignés, et chez les troupes qui y stationnaient, mais l'épidémie y était fort restreinte et la mortaliié très-faible (Antoniadès).
Le renvoi de plusieurs accusés des prisons de Tripolis en Gortynie et dans les prisons d'autres villes (Nauplie, Sparte, Calâmes, Pylos, Rhion et Patras) y amena aussi le typhus; mais c'est seulement dans quelques-unes de ces localités (Gortynie, 1870, 50 cas environ; Patras, 1871 ; Calâmes, mort. 15 : 100 environ) que la maladie a fait quelques victimes dans la population urbaine (Eliopoulos, Goryllos, Chrysospathis).
1874. Calavryta ; Doumena (été). — Épidémie à tous les âges (150 cas), d'une mortalité très-faible.
1874. Crastiri (été). — La maladie frappe la moitié environ des habitants. Des pétechies souvent grandes. Des cas d'une issue funeste rares (A. Rembotis).
1880. Argolide. — La maladie, très-bénigne, fut observée pendant l'hiver dans quelques villages au voisinage des monts Arachnéeiis (E. Cotsonopoulos).
* Selon les médecins de cette ville, des cas sporadiques furent signalés, dès les derniers jours de 18G9, près de Tripolis, dans de villages de Tegéa, où hommes et bestiaux vivaient dans les mêmes locaux, ainsi que dans les quartiers pauvres et malpropres de la ville (Antoniadè.-)
1881. Crète ; district de Mirambelo. — Pendant l'auromne la maladie se déclara dans le village de Limnes, où les deux tiers environ des habiiants (2-10 familles) lurent frappés par la maladie. Aucun cas pendant l'hiver jusqu'au mois d'avril. Depuis cette époque, cas sporadiques dans la plupart des villages de Mirambelo (Syngelakis).
1884. Athènes. Cas nombreux de la maladie (N. Maccas).
DiPHTHÉRiE. La di|ihthérie était déjà connue des médecins de l'antiquité. Cependant, d'après ce que nous savons, on ne possède aucun renseignement sur l'apparition de cette maladie dans l'ancienne Grèce.
Pour ce qui concerne la Grèce moderne, la première mention que nous connaissons de la maladie se trouve chez Sieber, d'après lequel elle était fréquente en Crète et dans les îles de l'Archipel au commencement de ce siècle (1816),
Mais les premières épidémies bien étudiées sont deux épidémies de l'île de Céphalonie (1848 et 1850), décrites par le docteur Typaldos Charitatos et le professeur Ch. Prêt. Typaldos. Quant au reste de la Grèce, la maladie passait comme étant généralement rare, ou inconnue, depuis la guerre de l'Indépendance (1828) jusqu'à 1855-1860 et même plus tard, suivant les médecins du pays, parmi lesquels on compte plusieurs observateurs anciens et distingués. Maispour certaines localités il est très-probable que la maladie s'y observait, au moins en cas sporadiijues. Ainsi sous le nom de Xaipô; (gorge), par lequel on désignait les diverses affections du larynx et du pharynx chez l'enfance, on con>prenait, parait-il, des cas de diplithérie, d'après l'opinion des médecins même du pays ; comme cependant les diverses espèces de >aiy.ô; étaient considéréeschez le peuple comme sortant de la compétence des médecins, le traitement était abandonné aux médications des matrones. Quoi qu'il en soit, la maladie est devenue, dans ces dernières années, beaucoup plus commune. Aussi elle s'est présentée dans la plus grande partie de la Grèce à l'état sporadique, et même, dans plusieurs endroits, à l'état épidémique.
Parmi ces épidémies locales il y a surtout à noter, pour leur extension et leur grande mortalité, celles de Kéos (1875-1876), de Messolongbi (1879-1880) et deux de Cythoro (1869-1870 et 1874-1875), île ravagée par celte maladie plus que toute autre contrée grecque.
La mortalité causée par cette maladie a été variable suivant les localités. Son intensité augmentait ordinairement pendant les mois froids et humides, et subissait même par localités des oscillations en rapport sensible avec l'état atmosphérique. Quant à la fréquence relative du croup et de la diphthérie pharyngienne, nous ne pouvons malheureusement en dire rien de positif.
On doit au docteur ^^ Maccas, agrégé de la Faculté de médecine d'Athènes. un travail intéressant sur les épidémies de diphthérie en Grèce, où l'on trouve recueillis beaucoup de renseignements, pour la plupart déjà inédits. Le tableau chronologique suivant a été dressé en partie d'après ce travail et d'autres publications, en partie d'après des renseignements inédits, qui nous ont été communiqués par les observateurs mêmes.
1816. — La maladie fréquente en Crète et dans les îles de l'Archipel. « L'angine membraneuse apparaît cependant plus souvent (en Crète) et enlève de nombreux enfants; en 1816elle était générale dans l'Archipel, étant transmise d'une île à l'autre » (Sieber, Reise nach der Insel Kreta im Jahre 1817. Leipzig, 1825j.
1848. Céphalonie : ville de Lixoitri (automne). — Petite épidémie. Issue fatale dans tous les cas. Quelques cas funestes à Argostoli pendant l'hiver de 1849 (Ch. Tvpaldos).
1850. Céphalonie: villages de Thiiiia juin et surtout juillet). — Épidémie d'une forme gangreneuse (mortalité à peu près 0,58,.. Été chaud et très-sec. Immédiatement avant, épidémie des amygdalites franchement inflammatoires (Ch. Typaldos). Depuis cette époque
GRÈCE. b^^
la maladie n'a point abandonné l'ile et se présente de temps en temps sous une forme q idémique. Elle est endémique surtout dans quelques villages humides (Tsitselis).
ISbO. CoRFou. — Épidémie de croup (Ch. Typaldos).
1855. CoKFOu : villages de l'Oros. — Épidémie légère (Cli. Typaldos).
1854-18G0. Athènes. — Quelques cas sporadiques de croup ont été observés pendant les années 1854 et 1855. Depuis celte époque la maladie est devenue endémique et plus fréquente, surtout après 1859 (Th. Aretéos).
1855. Messène : JSissioii. — 2 seuls cas connus de croup (Petridis, cité parMaccas in « ra/v7vôs », 1881).
1858. CoRFou : villages d'Agyros. — Épidémie (Tsangarolas, cité par Ch. P. Typaldos).
1865. Phthictide. — Apparition de la diphthérie. Depuis cette époque on y observe quelques cas sporadiques, surtout pendant l'hiver (1). Rhizopoulos).
1867. Sparte. — Épidémie meurtrière (J. Valassopoulos).
1868. Crête et Archipel. — Nouvelle apparition de la diphthérie (D. Oi'phanidès). Dès celte époque la maladie s'observait avec une certaine fréquence en Grêle, mais depuis 1880' elle y est devenue en général rare (Zuphiridis).
1869. Calâmes. — Pelite épidémie (Chrysospathis).
1869. Parnasside. — Épidémie d'une mortalité assez grande. Depuis cette époque elle est
devenue endémique (Caralivanos).
1869-1870- JlïcoNos. — Petite épidémie, mais très-meurtrière (mort. 0,92). Provenance :
Syra (Chamartos).
1869-1870. Gïthèbe. — Épidémie très-étendue et très-meurtrière. Provenance . Pirée ou
Smyrne (Contoléon).
1870-1871. Athènes. La maladie prend un caractère légèrement épidémique (statistique du
docteur MaccasS 1871-1872, Calâmes. — Épidémie. Mortalité un tiers. Rarement quelques décès de croup
(Chrysospathis).
1872. Andros (septembre). — Épidémie meurtrière, surtout dans les villages humides de
l'île, où elle devient endémique. Angine gangreneuse très-lréquente. Provenance Syra
(Ilyp. Campanis).
1872. Lévadie. — Épidémie légère (A. Triantis). 1872-1878. Argolide. — Depuis 1865 quelques cas sporadiques, avec issue généralement
fatale. De 1872-1878 la maladie est devenue plus fréquente, survenant en petites épidémies
d'un caractère plus ou moins grave. De 1875-1878 : 25 décès à Nauplie. La maladie a
■visité toutes les villes et les villages de l'Argolide (Cotsonopoulos). 1872-1874. Crète : La Canée. — Épidémie. Depuis cette époque on y observe des cas sporadiques (Calaïssakis).
1873-1876. Kéos. — Épidémie meurtrière (en 1873, 11 décès ; en 1874, 74; en 1875, 67 ; en
1876, 21 ; en 1877, 2). Pendant les années 1874-1873 mortalité de deux tiers. Cette maladie
était auparavant presque inconnue dans l'île. Depuis l'hiver de 1874-1875 mortalité 0,20;
plus tard 0,66. Provenance : Athènes (Antoniadès, cité par Jlaccas, loc. cit., p. 574). 1875-1874. Athènes. — Épidémie assez intense, surtout au commencement de l'hiver (Maccas). 1873-1881. Syra. — La maladie très-fréquente, a,vec un caractère plutôt épidémique, surtout pendant les années 1874-1875 et 1870-1881. Avant cette époque (1807-1875) on y
observait des cas sporadiques assez tréquents (Coscorozis, cité pai- Maccas). 1874. Teiphïlie : Cyparissie et comnmnes des plaines. — Épidémie très-meurtrière {mort.
de deux tiers environ) (Frantzis).
1874-1875. District de Megalopolis : dans plusieurs villages. — Épidémie avec une mortalité
très-grande (plusde0,90) pendantle maximum de son intensité; plus tard 0,50 (Komnénos). 1874-1875. GoRTYME : Dimitsana, Langadia. — (Mort. 50 : 50-60 cas). La maladie, deux ans
après, disparaissait delà Gorlynie (Digénopoulos, Éliopoulos). 1874-1875. Cythère. — Épidémie très-meurtrière. Bon nombre d'adultes, femmes surtout,
furent frappés. Mais tous les décès au-dessous de quinze ans. Aujourd'hui à l'état spo-
radiquc (Contoléon).
1876-1879. CoRFOu. — Épidémie intense, surtout pendant les années 1876 et 1877, 143 décès
dans la ville. Cas sporadiques depuis 1872 [Lirres mort, de la ville de Cor fou, Kyriazidès,
cité par Alaccas, p. 271).
1876. Laconie : village Stront:a, au pied du Taygète (juillet et août). — La maladie frappe presque tous les enfants. Mort. 36 : 38. Manque de médecins. Provenance : Sparte (G. Grigorakis).
1877. Pylie : village Coucounara. — Épidémie meurtrière. Dans le reste du district la maladie s'observe en cas sporadiques (Tsiclitiras).
1877 Sparte. — Épidémie légère. Depuis cette époque la diphthérie y persiste à l'état sporadique (J. Valassopoulos).
1877-1878. Lévadie. — Épidémie assez intense (Triantis).
1877-1880. Mégamde : Mégara (surtout de juin 1878 à l'été 1879). — Épidémie intense et meurtrière au commencemeni (mort. 60 : 150; A. Zampakis; Thr. Pangalos, cité par Maccas, loc. cit., p, 97). Idyliie (mars à octobre 1879; maximum en août 1879; mort. 0,60). Criecouki (novembre 1878 à janvier 1880; mort. 15 : 2'2) (Constantinidis).
1878-1879. Étoue : ÉtoUcon (juin à l'été 1879). — Épidémie assez meurtrière. Depuis l'hiver de 1877 quelques cas sporadiques (Drosinis).
1878-1879. Béotie : Thèbes et quelques villages (Vagia, Kasnessi). — Épidémie assez intense et meurtrière (Angelis, cité par Maccas, loc. cit., 1881, p. 101). — Athènes. Petite épidémie pendant 1 liiver (J. Bambas, Maccas).
1878-1880. EuriKi;. — La maladie survient meurtrière d'abord à Chalkis et plusieurs villages voisins (1878-1880, Éliades), plus fard elle sévit tiès-grave (1880) à Mantoudi (Phlocos), Strophilia forme gangreneuse), Amilonlas (G. Chomatianos), tandis que dans beaucoup d'autres villages de l'île des cas sporadiques étaient devenus assez fréquents. Provenance : .\ttij]ue.
1879. Patiias. — Petite épidémie d'une mortalité de 0,85 à 0,90. Depuis 1876 des cas sporadiques (Coryllos).
1879-1880. MissoLONGMi (novembre-octobre). — Grande épidémie, avec de grandes oscillations de la morbidité, suivant le temps : liumide ou sec La maladie y était inconnue quelques ans auparavant. Provenance : Étolicon (Drosinis; S. iSieder, cité par Maccas, loc. cit., p. 296).
1880. DoniDE : Galaxidi. Épidémie : 55 décès; 1881 : 8 décès (Caralivanos).
1881. ÉcioN. — Quelques cas sporadiques (mort. 8:11). Avant cette époque la maladie n'y était pas connue (Cliaralampis).