VILLES
Athènes, 1863-1883 (Maccas, li.iphas, Ramlias). .
Syra : Heiraoupolis, 1867- 1879 (Coscorozis). . . .
Corfou, 187^-1879 (Kyriazidis)
ol
Ibl
Kéos, 1873-1880 (Anionia- (lès)
Palras, 1876-1882 (CoryllOï)
Calâmes, 1872-1882 (Clirysospalhis)
Méningite cérébro-spinale épidémique. C'est à Corlbu que s'est présentée la première épidémie connue de cette maladie (1845). Depuis, pendant plusieurs années, aucune autre n'a été signalée. Mais dans les vingt dernières années la maladie a visité plusieurs parties de la Grèce, d'abord en 1868-1869, puis dernièrement en 1879-1880, sans avoir disparu partout complètement.
La première de ces deux grandes invasions fut attribuée par quelques observateurs à la présence d'un nombre considérable de fltmilles Cretoises en Grèce à cette époque, par suite de l'insurrection de leur patrie. On présume même que le miasme fut apporté de Crète, où il se serait transmis par les troupes égyptiennes. Ce que nous savons avec certitude, c'est que la maladie n'existait alors nulle part en Crète, au moins à l'élat épidémique, ni parmi les troupes égyptiennes, ni chez les habilants. Il est vrai que la maladie sévit principa-
leraeut dans bon nombre de villes de la Grèce où des familles Cretoises se sont portées en masse et vivaient dans des conditions hygiéniques déplorables. Mais il n'est pas moins vrai que la maladie s'est d'abord présentée dans quelques villages du Taygète où aucune concentration n'a eu lieu, et qu'on l'a plus tard observée dans des villages à population très-peu dense. Pour ce qui concerne les garnisons militaires des diverses villes de la Grèce, elles n'avaient présenté des cas de la maladie que dans les villes où celle-ci existait déjà dans la population urbaine, comme à Tripolis, Lévadie et Athènes. Dans les garnisons de 7 autres villes restées intactes on n'en a observé aucun cas.
A sa dernière apparition, la maladie a été surtout observée dans des localités où curent lieu des concentrations considérables de soldats, nouvellement enrôlés (vingt à vingt-quatre ans), soumis à un brusque changement des conditions hygiéniques et logés dans des habitations étroites ou sous des tentes exposées à l'humidité et au froid. Cependant, il est à noter que la maladie a été observée d'abord dans un village de Zunte, puis dans quelques villages de Mégaride, villages autrement salubres et n'ayant aucune relation avec les centres de troupes, et que, d'autre part, dans certains endroits où eurent lieu de pareils concentrations, même sous des mauvaises conditions hygiéniques, la maladie ne s'est point développée.
Dans aucune des épidémies locales de cette maladie on n'a observé de cas certains, ou très-probables, de contagion directe, quoique en plusieurs localités un grand nombre de jeunes individus aient eu des rapports élroits avec des malades. Il esta noter que ni les prisons deNauplie, visitée par la maladie en 18G8 (400 prisonniers), ni celles de Chalkis, ville visitée parla maladie en 1879-80, n'en ont été atteintes, quoique se trouvant en mauvais état et renfermant plusieurs jeunes individus. D'une importance beaucoup plus grande paraît le fait qu'en 1878 on avait observé des cas sporadiques parmi les troupes campées à Ghalkis, sans qu'il y eût cependant d'épidémie, quoique la concentration fût grande (10 000 soldats) et que les soldats récemment enrôlés fussent campés dans un lieu étroit et humide et soumis à des conditions défavorables.
Presque toutes les épidémies observées en divers points de la Grèce survinrent, de même qu'ailleurs, en hiver, et presque toutes s'éteignirent ou s'apaisèrent en été. Il est à noter qu'à Athènes, dans la dernière apparition de la maladie, c'est à la fin de l'hiver et au commencement du printemps qu'elle présentait le maximum de son intensité, et, pendant l'automne et le commencement de riiiver, le minimum. La maladie survenait, d'après le témoignage d'observateurs nombreux, principalement chez des personnes plus ou moins exposées à l'humidité et au froid, et le nombre des individus atteints était en général moindre dans les jours sereins.
Sur la première des deux grandes épidémies, nous avons des publications importantes dues aux professeurs Gliatzimichalis (1869) et Prelenderis Typaldos (1882) et du docteur Gotsonopoulos (épidémie de Nauplie). Sur la dernière, nous devons de nombreux renseignements inédits à des observateurs distingués du pays.
1843-1844. CoEFOii. — La maladie est apparue, sans aucune cause occasionelle évidente, au mois de mars, à Leucimne au sud de l'Ile; aux mois d'avril et de mai ou en a observé aussi quelques cas dans la ville de Cort'ou et ses faubourgs. Après une période de disparition
apparente elle est survenue de nouveau, trés-intense et assez meurtrière, dans la ville, au quartier des Israélites (novembre 1843 jusqu'en février ISii) (Lavrano?) ^868. Épidémie générale. — La maladie a d'aijord sévi dans quelques-uns des villages de la Laconie, des plus méridionaux du Péloponnèse (surtout à Scoutari, Kéochori, Caryopolis, Ageranos) et situés aux extrémités sud-est du mont Taygète (morl. 55 : 65 environ), et cela au moment des grands froids et d'une chute abondante de neige, qui ont eu lieu à la fin de décembre. Presque en même temps elle s'est déclarée à yaupUe (05 : 100 mort., plus de 100 cas), ainsi que dans plusieurs villages de VArgolide et de la Corinthie (mort. 21 : 3'2), et à Lévadie (décembre-avril, mort. 85 : 158); pendant février cnAttiqite (Athènes, 57 décès, plus delà moitié des malades; Pirée, mort. 55 : 40 ; villages 55 : 40), en Mrgaride (mort. 17 : -11), en Messénie (Calâmes [mort. 0,60 environ] et plusieurs villages voisins des communes de Calâmes, de Pamisos, de Thurie et d'Abie ((.aconie], ainsi qu'à Pylos et en quelques villages de Triphylie, où la mort, fut 0,50 environ), dans l'île d'Eubée (Chalkis, surtout chez des familles de réfugiés Cretois, Carystos), quelques-unes des Cydades (Naxos : 8 décès* ; Paros, 40 cas, 20-25 décès; Sériphos : 14 cas, 8 décès), et à Zantc (dans la garnison surtout; cas très-rares dans la ville et quelques villages). La maladie a aussi frappé au coinmenceinent de 1808 les villes de Lamia, où elle a contiimé aussi pendant le printemps (mort. 0,50 à 0,60), Galaxidi (grave), Megalopolis et Tripolis (pendant six mois et plus), où la plupart des malades étaient enlevés dans l'espace de quelquejours. Elles 'sest aussi observée dans le district deTbèbes(mort, 25: 17). Dans l'épidémie de Lévadie et de Nauplic (plus rarement dans celles de Gythion et d'Athèn-es), on a observé la tuméfaction douloureuse de diverses articulations, et en Lévadie surtout de celles du genou et de la paume de la main, même chez les enfants; c'était surtout (Lévadie) pendant le quatrième ou le cinquième jour de la maladie. En Lévadie (où les rhumatismes articulaires sont rares) et à Mégara des cas nombreux de « rhumatismes articulaires aigus », en même tempsque l'épidémie. Dans l'épidémie d'Athènes, la maladie se prolongeait ti-ès-souvent pendant plusieurs semaines et était suivie d'un état d'épuisement dont les malades ne se relevaient que fort lentement. Elle fut plus fréquente et plus meurtrière chez les pauvres, logés dans des habitations humides et froides. Elle frappait également hommes et femmes; par endroits elle survenait surtout chez les enfants et les adultes jusqu'à trente ans; ailleurs elle était très-rare chez les enfants, comme à Gythion.
A l'appioche de l'été (1869), la maladie disparut complètement de la plupart des endroits, quoique des cas sporadiques continuassent à se présenter cà et là depuis, et surtout pendant l'hiver. L'hiver suivant, la maladie fit encore une nouvelle apparition à Athènes, mais elle était moins grave et moins étendue (Observateurs : Chatzimichalis, P. Typaldos, Cotsonopoulos, etc.).
DÉCÈS PAB MOIS A ATHÈ.NES (l869)
Janviflr 0
Février , ii
Jlais . Il
Ayril li
Mai {'2
Juin i
Juillet -2
Oclolire 1
1871. Tripuïlie. — La maladie survient épidémiquement dans la commune de Dorion et quelques villages d'Âétos. Presque tous les cas à issue funeste, faute d'assistance médicale. A Cyparissie (mort, plus de 0,50), la fièvre, qui accompagnait la maladie, avait en général le type intermittent, et plus souvent tierce (Frantzis).
1870-1872. GoRrr.xiE. Langadia. — Cas sporadiques, pour la plupart funestes. A la même époque des « affections rhumatismales » fréquentes, des fièvres puerpérales et des érysipèles (Eliopoulos).
1879-1881. Épidémie générale. —La maladie, d'après ce que nous savons, s'est d'abord présentée d'une façon épidémiqueà Zante, en octobre 1879, et cela dans la seule bourgade de Lithiana (1500 hab., durée quatre mois, mort. 50 : 60). Des cas sporadiques apparurent depuis, en mars et en avril 1880, très-loin de Zante, en Mégaride, dans le village de Criecouki, sans aucune cause occasionelle évidente ou présumable [mon. 0,28 environ). La maladie s'est présentée en automne à Lamia (jusqu'à mai 1881 ; mort. 0,50 à 0,60), en novembre à Clialkis (jusqu'à l'été suivant), en novembre à Patras, en décembre dans d'autres villages de la Mégaride, ainsi qu'à Mégara (cas peu nombreiix, mort, faible) et à Eleusis (de décembre 1880 jusqu'au commencement du printemps de 1881; mort. 0,50 environ), puis à Athènes, à Argos (depuis décembre jusqu'au mois d'avril 1881J. Au
' A Naxos, peu avant l'épidémie de méninjite cérébro-spinale, épidémie d'érysipèles (Decigallas).
commencement de 1881 la maladie sévit épidémiquement à Palras, Thèbes et Carystie, et en cas sporadiques, pour la plupart assez serrés, à Nauplie (cas graves en général), Tripolis, Lconidi (du milieu de février jusqu'à la fin de mars; mort. 1 : 10) ; des cas sont observés aussi dans le village Phioliti de Zante (durée un mois environ, presque tous les cas mortels), ainsi que dans plusieurs vilhiges de VEubée (Stéiii, Slropones, Clialia, Xcrochori, Édipsos, Limni, etc.), dont queKjues-uns situés sur des hauteurs et bien aérés. La maladie s"est aussi présentée dans quelques autres villes où avaient eu lieu des concentrations de troupes, surtout chez des jeunes recrues. Dans le village Criecouki (six à douze ans), à Léonidion (six à dix-huit ans) et à Thèbes, elle attaqua surtout les enfants.
L'épidémie d'Athènes, en général peu grave (décembre 1880 au printemps 1882), a présenté sa plus grande intensité à la fin de l'hiver et au printemps, lorsque sa mortalité a doublé. Elle a causé plus de 100 décès (décès par an : 187G : 4; 1877 : 0; 1878 : 5; 1879 : 3; 1880 : 25; 1881 : 55; 1882 : 32; 1883 : 24). A Argos la maladie a été d'abord, très-légère, mais depuis elle a sévi plus gravement chez les recrues.
A Chalkis, la maladie s'est d'abord déclarée chez les nouvelles recrues (d'un âge de vingt à vingt-six ans mortalité de 13 : 29) chez lesquelles elle n'était point précédée par des symptômes prodromiques. La maladie, étant appaïue dans la ville en janvier, a sévi parmi les enfants et les jeunes gens. Son invasion chez les enfants était accompagnée d'une fièvre intermittente intense; un frisson préliminaire intense était très-rare; chez les adultes la fièvre était légère et ne dépassait point 39 degrés. L'épidémie était peu étendue (mort. 0,65).
A Patras la maladie s'est déclarée d'abord également chez les troupes, d'où elle a passé dans la ville. La mortalité dans l'armée a été de 20 : 48. Dans la ville (118 décès) la plupart des personnes affectées avaient moins de dix ans ; le plus jeune n'avait que deux mois. Décès par mois : décembre 37, janvier 45, février 25, mars 15, avril 5, mai 11.
A Lamia (automne 1880 jusqu'à mai 1881), la maladie était suivie d'une mortalité de 0,50 à 0,G0.
La maladie continue à s'observer çà et là jusqu'à présent (hiver de 1885-1884), en particulier à Athènes (observateurs : Cantakilis, 0. Crokidas, Eliadis, Cotsonopoulos, Pantelopoulos, ConstantinidiSj Bambas, Coryllos, Ilhizopoulos, etc.).