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3 XI. Snpplémeiit. (léo^raphie int-dieale des îles de la Grèce.
I. Iles de !a mer Egée (Girard, Caravas, Pblocos, Chomatianos, etc.). 1. Eubée (superficie 3,609 kilom. carrés; 81.740 hab ), la plus grande des îles de l'Archipel, s'étend parallèlement aux rivages nord-est de la Grèce Continentale. Elle est traversée dans toute sa longueur par une longue chaîne de montagnes (Ocha 1205 m., Delphi 1908, Kandili 1-205), s'abaissant souvent de manière à former quelques plaines riveraines (par exemple, la plaine lélantienne). La partie septentrionale de l'île est très-fertile; il y a vingt ans, plusieurs montagnes y étaient couvertes de forêts de pins et d'autres essences, mais elles ont été détruites en très-grande partie par des incendies. Ses parties méridionales, quoique hérissées de montagnes de calcaire et dénudée?, sont bien cultivées dans les parties les plus basses et plantées de vignes, d'oliviers et d'hespéridées.
L'île, à cause de sa largeur minime, n'a aucune rivière, mais elle a plusieurs ruisseaux et torrents, formant en certains endroits de petits foyers palustres auprès de la mer. De tels foyers se trouvent surtout au nord, au voisinage do Xérochori et d'Édipsos. Viennent ensuite quelques points de la plaine lélantienne et du voisinage de l'ancienne Erctrie. Dans la partie sud de l'île les endroits les plus afiligés sont les environs du lac de Dystos et le voisinage d'.\livéri.
Les eaux potables dans les parties septentrionale et moyenne de l'île sont tirées de fontaines, plus rarement de puits et parfois de ruisseaux (Mantoudi); elles sont en général bonnes. Dans la partie méridionale de l'île on se procure l'eau nécessaire à des puits qui tarissent souvent pendant l'été.
Chef-lieu Chalkis (6880 habitants), ville forte du moyen âge et mal faite, près du détroit célèbre d'Euripe, peu exposée à la malaria. Autres villes : Kymi (3600, habitants), Carystos (4120 habitants) et Xcrochnrion (2800 habitants.
Dans les villes et dans le sud de l'île on vit en général d'une manière relativement aisée, puisque en dehors de l'agriculture et de l'élevage de bétail il y a beaucoup de marchands et de marins. La nourriture y est généralement bonne; on y fait aussi un usage modéré de vin et de liqueurs alcooliques. Dans l'intérieur de l'île les habitants sont en général pauvres et mènent une vie très-simple. Dans quelques villages de la Carystie l'abus de l'huile, des poissons et des viandes salées, est très-répandu, surtout dans les communes les plus montagneuses.
Les femmes participent aux travaux agricoles et souvent sur le même pied que les hommes. Elles ne sortent que très-rarement hors du pays.
Maladies 'Éliadis, Caravas, G. Plilocos, G. Chomatianos, Papanicolaos, P. Leventis). Les fièvres palustres s'observent dans la plupart des parties plates de l'île, ordinairement sous leurs formes bénignes. Parmi les divers types, c'est le quotidien qui est le plus fréquent. Parmi les fièvres pernicieuses, celles qui se présentent avec une certaine fréquence dans les principaux foyers sont les comateuses et les convulsives et beaucoup plus rarement les cholériques et leshémorrhagiques. On ne connaît des cas sûrs de fièvre hémosphérinurique qu'à Chalkis et ses environs (Éliadis). Dans cette ville les fièvres palustres étaient, il y a vingt ans, d'une fréquence extrême, les formes pernicieuses n'étaient pas non plus rares et presque tous les ans elles survenaient d'une manière épidémique pendant l'été et le commencement de l'automne. Mais dans ces dernières années elles ne se présentent en général qu'en des cas sporadiques et sont en général bénignes. La cachexie palustre est commune aux environs du laide Dystos, surtout dans les villages de Coskina, Dystos, Crieza, Zeibisia; elle s'y trouvait presque généralisée jusqu'en 1865, mais une grande amélioration des conditions hygiéniques Ta fait disparaître, presque complètement, chez la plupart des habitants qui n'en étaient pas affectés gravement. Dans des villages des montagnes, on observe parfois pendant les grandes sécheresses et sans aucune cause apparente des épidémies palustres, dues peut-être au dessèchement des puits (Caravas).
La dysenterie s'observe parfois dans quelques localités même d'une manière épidémique (Xérochorion, etc.), mais dans l'espace dos dix dernières années aucune épidémie de cette maladie n'a été observée. La fièvre typhoïde passe en
général pour une maladie rare. Pourtant dans la Carystie elle s'observe quel({uefois même e'pidémiqnement. L'érysipèle est assez commun.
La tuberculose rare, en général, est assez fréquente dans certains villages des montagnes de la Caryslie. Dans ces villages, la moitié environ des décès dus à des maladies chroniques sont causés par la tuberculose (tuberculose pulmonaire et plus rarement tuberculose mésaraïque). Le rachitisme est rare.
La syphilis s'observe en cas rares dans la ville de Chalkis et dans les villages de l'île (Limné, Alivérion) dont les habitants sont adonnés à la navigation.
La chlorose est très-commune dans les villes et dans quelques villages de la Carystie.
Les rhumatismes articulaires sont mentionnés comme fréquents à Edipsos et à Stropones, villages humides et mal exposés au soleil. Dans la Carystie, lerhumatismes articulaires aigus généralisés sont très-rares ; les rhumatismes chroniques fréquents. Dans ce dernier district les affections graves du cœur ne sont pas rares. Les apo]>lexies y sont assez communes, mais rarement foudroyantes et mortelles. L'épilepsie et surtout l'hystérie, ainsi que la surdité e(, l'idiotie, s'observent aussi avec une certaine fréquence dans ce dernier district.
Les Uronchites et les bronclio-pneumonies sont communes ; les pneumonies franches et les pleurésies passent aussi pour des maladies fréquentes. La pneumonie franche est encore ici plus fréquente, mais en même temps plus bénigne sur les montagnes, où elle n'est mortelle que chez les enfants et les personnes d'un âge très-avancé. L'asthme simple s'observe avec quelque fréquence chez certaines familles de la Carystie. A Alivérion, les hémorrliagies du côté des organes respiratoires sont fréquentes, indépendamment de la tuberculose.
Parmi les affections du tube digestif, la diarrhée estivale est très-fiéquente. La gastralgie en particulier ne manque presque chez aucune famille en Carystie (particulièrement dans le village d'Anoria).
Des cancers de divers organes s'y observent avec une certaine fréquence (surtout ceux de l'estomac, du foie, du larynx). On connaît quelques cas de kystes hydatiques.
Les péritonites puerpérales sont relativement fréquentes dans la Caryslie et s'observent parfois d'une manière épidémique. On connaît quelques cas d'éclampsie puerpérale.
Les hernies sont fréquentes, surtout les hernies inguinales chez les marins.
2. Spouades du nom». Ile de Scopélos (I^liizopoulos; superficie 85 kil. carrés). Les montagnes, ainsi que la plus grande partie de l'île, étaient, il y a encore quelques années, assez boisées. Mais des incendies récents ont détruit une grande partie de ces bois. En plusieurs points de l'Ile on rencontre des sources et des fontaines, formant çà et là des filets d'eaux courants. De cette manière quelques-unes des vallées de l'ile, surtout celles qui sont au voisinage de la ville, deviennent très-marécageuses. Les eaux de ces marécages sont parfois mêlées à l'eau de la mer.
L'île n'a qu'une seule ville (5000 habitants], bâtie sur un sol incliné, inégal et pierreux. Elle est entourée en partie par des montagnes, de sorte qu'elle ne jouit que d'un horizon restreint. Elle est, en général, malpropre, par suite du manque de fosses d'aisance. Les maisons de la ville sont très serrées, en grande partie humides et peu exposées au soleil.
L'ile ne suffit à nourrir ses habitants que pour la moitié de l'année, .\ussi un grand nombre se sont adonnes à la vie de la mer. D'autre part les femmes ne sortent pas du tout de leur île. De celte manière les mœurs et la vie y sont restés tout à fait en arrière. Leur habillement est étrange, lourd et peu hygiénique. La plupart des habitants sont pauvres et ne font qu'un rare usage de viande.
En dehors de la ville de Scopélos il y a encore une autre commune, celle de Glossa, avec des habitations pauvres semées çà et là sur les versants des collines.
Maladies (Rhizopoulos). Pendant l'été et l'automne, les fièvres palustres et les fièvres gastriques sont communes. Les fièvres pernicieuses sont rares.
La chlorose, l'hystcrie (surtout la gasiralgie hystérique), la scrofulose et la tuberculose, sont très-fréquentes. La tuberculose (surtout pulmonaire et méninoitique) fournit à peu près le cinquième de la mortalité générale. Dans la commune de Glossa, oij les femmes travaillent dans les champs, ces maladies sont relativement rares.
Les rhumatismes articulaires, aii^us et chroniques, sont très-fréquents, ainsi que les affections rhumatismales du cœur.
La diarrhée estivale des enfants est aussi très-fréquente et très-meurtrière. La grande variabilité de l'état atmosphérique et l'exposition de la ville au nord l'ont que les affections des organes respiratoires y sont communes, surtout aux mois de janvier et de février et pendant le printemps.
Les ascarides lombricoïdes et les oxyures s'observent chez la plupart des enfants.
Les hernies sont très-fréquentes, entre autres, les hernies ombilicales chez les enfants et les hernies crurales chez les femmes.
La plupart des affections chroniques de l'utérus ainsi que les avortemenls s'observent fréquemment. Les dystocies ne sont pas rares.
On observe dans cette île, par suite de l'usage des fèves vertes, une affection qui rappelle la fièvre hémospliérinurique palustre, affection très-légère et qui se passe bientôt sans aucun traitement (Kararaitsas) .
Sctathos (Sacliinis). Ile (superficie 42 Idlom. carrés) toute plantée, bien cultivée et ayant des forêts. Elle est exposée à tous les vents et surtout aux vents nord et nord-est. Elle n'a qu'une seule bourfrode, située en partie sur un sol plat, en partie sur un sol inégal. L'hygiène publique y laisse beaucoup à désirer. L'eau potable provient de puits et a un goût un peu saumâtre.
Les tiommes étant pour la plupart des marins, ce sont les femmes qui, en dehors des travaux du ménage, s'occupent des travaux agricoles. Les habitants (ô m.) sont, en général, d'un tempérament sanguin et robuste. Fort laborieux, ils mènent une vie austèi'e et se contentent de très-peu de sommeil. Leur nourriture ordinaire consiste en des herbages. Ils ne mangent pas de viande plus de 5-4 fois par an. Pain d'orge ou de maïs. Usage fréquent de boissons alcooliques chez les hommes.
Des nombreux préjugés étranges ont cours dans l'île pour ce qui concerne l'hygiène et la thérapeutique. Usage intérieur fréquent d'urine, qu'on regarde presque comme une panacée.
Maladies (Sachinis). Les fièvres palustres (surtout quotidiennes et rémittentes) sont ti^ès-fréquentes ; les formes pernicieuses rares.
Pendant l'été, on observe souvent quelques cas sporadiques de dysenterie, parfois même épidémiquement.
La scrofulose, à degré intense, la tuberculose, l'hystérie, sont rares. La chlorose ne s'observe que chez un fort petit nombre de jeunes filles : 2 épileptiques connus et 1 syphilitique.
Dans les saisons froides, les bronchites et les broncho-pneumonies sont fréquentes ; c'est aux pneumonies qu'est due la plupart des décès chez les adultes, tandis que c'est surtout la diarrhée estivale qui décime la première enfance.
L'helminthiase s'y observe avec une fréquence extrême, même chez les adultes. Pendant les dix dernières années, 2 cas sûrs de cancer de l'estomac ont été observés.
La fièvre puerpérale n'est point rare. En 1873, les deux tiers des femmes en
couches en sont mortes. La stérililé est assez commune : 50 femmes mariées depuis longtemps sont sans enfants.
Les hernies soat très-fréquentes : 60 cas connus, la plupart chez des marins.
L'impétigo s'observe chez la plupart des jeunes enfants (mauvaise nourriture, peu de propreté).
5. CïCLADEs. Andros (Hyp. Campanis, A. Miliarakis). L'ile d'Andros (382 ^kilomètres carrés), la plus septentrionale de toutes les Cyclades, est tra.verséedu nord au sud par une chaîne montagneuse, à sommets dénudes, formés principalement par des micaschistes. Les versants occidentaux sont escarpés, âpres et stériles; à l'est s'avancent de courtes ramifications entre lesquelles s'étendent des ravins couverts de plantations d'oliviers, de vignes et de citronniers. L'île abonde en eaux, mais elle n'a prescpie point de marais, et ce n'est que près de la mer que se trouvent par endroits des eaux stagnantes, dues surtout à des vagues qui, pendant les tempêtes, se jettent par-dessus de monceaux des sables.
Plusieurs villages ombragés d'arbres et arrosés par des eaux abondantes sont très-humides. Le chel-lieu de l'île, Andros '1800 habitants), est situé sur son rivage oriental.
Un grand nombre de femmes, qui s'expatrient comme servantes ou bonnes, introduisent à leur retour dans leurs familles une vie meilleure.
Tinos (superhcie 204 kilonaètres carrés). Le sol de Tinos est formé presque entièrement d'une chaîne de montagnes, en général âpres et dénudées, s'étendant du nord-est au sudest et laissant à l'est et au sud-est quelques petites plaines et quelques vallons. Quoique étant montueuse, c'est une des îles les mieux cultivées des Cyclades et qui donne des p\oduils très-variés, grâce à l'abondance de ses eaux et à l'activité de ses habitants (12 565). Ses nombreux villages, même les plus pauvres, se distinguent par leur propreté. Beaucoup d'entre eux sont exposés aux souffles impétueux du vent du nord qui descend du mont Tsiknias.
Un foyer palustre important existe au ^. 0. de l'île dans la plaine de Livadia formé par le ruisseau de Perasti'a, le plus grand de l'île. Plusieurs villages s'y trouvent sous une influence intense de la malaria (Agapi, Cato-Clisma, Perastra, etc.). 11 y a des années où plus de la moitié des habitants de ces villages sont atteiuts par les fièvres.
Syra (superflcie 80 kilomètres cari'és). Ile montueuse, médiocrement fertile, sans eaux courantes. Une chaîne de montagnes, qui s'étend du nord vers le sud, occupe la plus grande partie du sol et ne laisse que quelques petites plaines çà et là. Aucun loyer palustre de quelque importance n'y existe.
Presque toute la population de l'île (27 000) est concentrée dans une grande ville, Hermoupolis (22 000 habitants) et dans un bourg voisin, l'ancienne ville de l'île ('Avw Sûpoq, 451)0). llcrmoupolis, une des plus belles et des plus salubres villes de la Gi'èce, se trouve près de la mer et s'étend sur le rivage et sur les collines voisines. Eaux potables abondantes et d'une très-bonne qualité provenant presque exclusivement d'une seule source. La vie en général Irosaisée.
Myconos (superficie 86 kilomètres carrés). Ile âpre, manquant presque complètement d'eaux courantes. Sa ville unique, une des mieux bâties dans l'Archipel, est située sur sa côte occidentale. L'eau potable y est tirée d'un grand puits.
Les habitants (3370), laborieux et intelligents, sont pour la plupart adonnés à la navigation et au commerce. Il y en a aussi un grand nombre qui s'expatrient et qui s'en vont surtout sur les bords septentrionaux de la mer Noire. Il y a quelques années qu'on était assez prospère dans l'île. Mais la décadence que la navigation à voiles a subie dans ces dernières dizaines d'années a jeté une grande partie de la population dans l'indigence.
Nourriture mauvaise et insuffisante. Variations atmosphériques fréquentes; exposition de la ville aux vents du nord.
Kéos (superficie 103 kilomètres carrés). Ile montueuse, hérissée de montagnes et de collines, séparées entre elles par des gorges profondes. Elle n'a que peu d'eaux courantes. Les eaux potables de fontaine sont abondantes et bonnes. Il y manque presque complètement de foyers palustx-es; de petits amas d'eaux stagnantes se forment dans le voisinage de la mer, surtout autour du port.
L'île, couverte dans sa plus grande partie de terre végétale, est cultivée presque en entier, surtout pour de céréales. De grandes étendues sont aussi plantées de chênes (Quercus œgilops), qui constituent une des principales ressources du pays. L'élevage du bétail est trèsprospère. La vie y est, en général, aisée chez toutes les classes; la mendicité complètement inconnue. L'usage de la viande est très-fréquent ; cependant le pain est d'orge chez la plupart des habitants.
La ville unique (4300) est bâtie sur une crête de montagne, près du sommet le plus élevé de l'Ile; elle est exposée au vent du nord. Ses maisons sont, en général, spacieuses, bien aérées et très-propres, mais pour la plupart couvertes de terre.
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Kythnos (puperficic 76 kilomètres carrés). Ile montueuse, mais avec des montagnes basses; médiocrement fertile, sans eaux courantes. Aucun foyer palustre important. Deux seuls villages, Kythnos (1500 habitants) et Dryopis (1400 habitants).
L'île ne pouvant nourrir beaucoup d'habilaiils, une prande partie de sa population s'en va ailleurs en Grèce ou en Asie Mineure. Les habitants qui restent dans l'île arrivent à vivre sans privations, quoique tros-simplemcnt, grâce à leur grand amour pour le travail et aux fameuses eaux minérales qui s'y trouvent.
Siphnos (superficie 74 kilomètres carrés). Le sol de cette île est formé presque entièrement par une chaîne montagneuse ; dirigée du nord-ouest au sud- est. La médiocre fertilité ne permet point à ses habitants de mener une vie aisée, malgré leur grand amour pour le travail. C'est pourquoi des centaines de ses habitants, exerçant le métier de potiers, se répandent tous les ans au pi-intemps sur les cotes de la mer Egée, pour retourner plus tard chez eux. D'autre part, les femmes travaillent le coton, tissent et tricotent des bas, dont le commerce conslitue une des principales ressources du pays.
Siphnos (5760 habitants) a six villages assez bien bâtis et salubres, remarquables pour leur propreté et situés pour la plupart sur un plateau, qui s'élève entre les montagnes et lesfalaises abruptes de la côte orientale.
Naxos (superficie 423 kilomètres carrés'. La plus belle et la plus fertile de toutes les Cyclades ; île nourrice de Dacchus. Elle est traversée du nord au sud par une chaîne montagneuse dont les ramifications orientales et occidentales descendent à la mer avec une pente douce, forment des vallées arrosées par des eaux abondantes et couvertes de forêtsd'hespéridées, d'oliviers et de grenadiers. L'abondance des eaux amène la formation de petits foyers palustres, surtout au voisinage de la ville de Naxos et dans la commune de Bibles. La vie des habitants (1.") m.) est, en général, assez aisée.
La ville (1870 habitants), située sur le rivage occidental de l'île, a plusieurs maisons bien bâties et spacieuses, mais elle est en grande partie vieille, sale, avec des rues étroites et tortueuses. Les eaux potables dans la ville sont de puits, dans des villages on boit de l'eau de fontaines et même dans quelques endroits de ruisseaux.
Paros (superficie 165 kilomètres carrés). La seconde des Cyclades après Naxos pour la grandeur et la fertilité. La seule montagne de l'île, Marpissa, étendant des ramifications basses dans toute l'île, forme des vallées fertiles, auxquelles succèdent quelques petites plaines. L'île abonde en eaux, qui forment en quelques endroits des marais, surtout près des bourgs de Naoussa (1110 habitants) el de l'arikia. Les eaux potables sont soit des eaui courantes, soit des eaux de puits.
Dans la plupart des villages la constitution des habitants (7400) est affaiblie par l'influence de la malaria. Les habitants du village Aeû/at situé sur la montagne sont vigoureux.
Théra (Santorin). Cette île (superficie 71 kilomètres carrés), autrefois braucoup plus étendue, s'est écroulée en grande partie dans la mer à une époque reculée. Ses bords occidentaux sont ainsi fort abruptes et di-po?és en hémicycle autour d'un golfe très-profond. L'île s'abaisse avec une pente douce vers l'est et se termine en des rivages pour la plupart bas et déployés. A sa partie méridionale s'élève son seul mont, Saint-Élie, formé de calcaire. Peu d'arbres. Manque de fontaines et d'eaux courantes; on n'a ainsi pour boire que de l'eau de pluie, qu'on recueille avec beaucoup de soin dans des citernes. Aucune trace de foyer palustre.
La plupart de ses villages sont bâtis sur les hauteurs de ses bords occidentaux; d'autres sont situés dans des ravins ou sur des collines; un grand nombre des maisons de la ville (Phira, 1100 habitants) sont grandes, spacieuses, bien aérées et bien exposées au soleil. Cependant une grande partie de la ville même et la plupart des villages sont creusés dans la pouzzolane, la couche volcanique supérieure, ce qui les rend très-humides, mal aérés et mal éclairés.
La vie est pénible pour la plupart des habitants à cause de la densité de la population (13 m.), et du manque de la plupart des articles de première nécessité. La nourriture, trèschétive, consiste, chez la classe agricole de 1 île, pendant la plus grande partie de l'année^ presque entièrement en pain d'orge. Le peuple fait un grand abus de poissons salés et de mauvaise qualité. Quoique !e principal produit de l'île soit le vin, on n'en fait, en général, qu'un usage très-modéré. Comparativement aux autres parties de la Grèce, les femmes de Théra apportent un grand soin à l'époque des règles et à l'état puerpéral.
Amorgos (superficie 127 kilomètres carrés). Cette île, la plus orientale des Cyclades, s'étend en longueur du nord-est au sud-ouest. Elle est très-escarpée du côté du sud-est, tandis qu'à l'occident le sol est plus bas et moins rocheux, et contient les champs cultivés, la ville bâtie en amphithéâtre autour d'un rocher, les villages et les ports. L'île donne du vin, de l'huile et d'autres produits, suffisants pour permettre à ses habitants de vivre avec quelque aisance. Les eaux potables sont bonnes. La malaria n'y existe presque pas. Les habitants (3900) sont robustes et beaux.
Milos. L'île de Milos (superlicie 162 kil. carrés) la plus occidentale des Cyclades, est de nature \olcanique. 11 y existe deux monlaf;nes dont la plus élevée, Saint-Élie, occupe, avec ses ramifications, la plus grande partie de la moitié occidentale de l'ile. Prés des côtes et surtout au voisinage du port jaillissent de nomhreuses sources minérales; dans maintes localités se produisent des exhalaisons d'acide carbonique, des vapeurs d'eau, de souftVe', d'acide suliurique, etc. Un foyer palustre important se trouve dans la plaine qui s'étend au fond du port, dont les émanations palustres furent probablement la cause de la dépopulation de la ville importante de Zephyrie au dernier siècle. La plupart des villages actuels de l'île se trouvent sur des points élevés et salubres et ne sont que peu influencés par la malaria- L'Île étant très-feriile (blé, orge, vin, etc.) et riche en troupeaux, la population (■4200/ vit •dans une certaine aisance.
Maladies (Zalonis, Th. Aphentoulis, Apeigis, Decigalla, ïh. Scassis, Chaniartos, Hyp. Campanis, Cobéos). Parmi loiiles les Cyclades, c'est Na.xos qui se trouve sous une iiifluence étendue de la malaria. C'est surtout dans le cheflieu de cette île et dans la commune de Biblos que les affections palustres sont très-communes et prennent souvent le caractère épidémique. Leurs formes pernicieuses, autrefois assez fréquentes, sont à présent rares. La cachexie palustre n'est cependant pas rare. A Tinos (à Livadia et aux villages voisins) les fièvres pernicieuses même sont par années fréquentes. A Paros, quoique la plupart des habitants soient exposés à la malaria, il n'y en a que le dixième qui se trouve sous une influence intense. Parmi les divers types, c'est le type <juotidien qui est de beaucoup le plus fréquent (0,60 à 0,70); dans cette lie les quartes sont rares. Les rémittentes fournissent chaque année assez de malades et elles entrent souvent à peu piès pour le dixième dans le chiffre total <les fièvres palustres. Mais les fièvres pernicieuses y sont devenues rates. Parmi les autres Cyclades, à Andros, ce sont les villages de Steni, Livadia, Arni, ainsi qu'une partie de la ville, qui sont exposés à la malaria. Les formes légères sont aussi fréquentes à Kcos, Kythnos, Milos, mais rares à Théra, à Amorgos, à Syra et à Myconos. Cependant à Théra, elles s'observent en cas fréquerits, quoique toujours bénignes, lorsque vers l'automne le vent du nord souffle et amène le miasme palustre des îles voisines de Naxos et de Jos; elles s'y observent isolées ou bien comme complications d'autres affections fébriles, ainsi que de l'état puerpéral,
La dysenterie n'est fréquente que dans l'ile de Théra et à Naxos ; dans le reste des Cyclades elle est très-rare ou même inconnue. La fièvre typhoïde, rare aussi en général, s'observe cependant de temps en temps dans quelques îles (Kéos, Andros, Théra) en petites épidémies. A Kéos, on observe à la fin •de l'automne et presque tous les ans au commencement de l'hiver quelques cas (10 à 15) avec une mortalité de 0,20 à 0,25. La pyémie et la septicémie sont rares, quoique les moyens antiseptiques soient presque absolument négligés.
Parmi les maladies infectieuses chroniques, la syphilis ne s'observe avec une certaine fréquence que dans l'île de Syra ; dans les autres îles elle est inconnue ou presque, ne s'obscrvant que dans des cas très-rares, chez des personnes venant <lu dehors. La lèpre n'existe aujourd'hui à l'état endémique qu'à Théra. Parmi les autres îles, à Syra, on observe utie dizaine de cas chez des personnes venues pour la plupart de la Crète, \m à Andros et à un Amorgos. La tuberculose est
* 11 est bon de noter que d'après Galland {svii"= siècle), près de la ville de Milos existait un trou d'où sortait des vapeurs sulfuriques. Chaque fois qu'il y avait une épidémie les habitants élargissaient l'orifice pour rendre le dégagement des vapeurs plus abondant. « Le soufre entrait dans les maisons et les purifiait ainsi. »
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très-fréquente, surtout à l'île de Myconos, où elle cause près du quart des décès, et suit le plus souvent une marche rapide. Parmi les autres îles, elle est très-fréquente à flcrmoupolis de Syra, à Siphnos (Castron), à Théra (surtout dans certaines familles de la ville de Tliéra et de Pyrgos). Elle s'observe aussi, mais avec une fréquence moindre, à Kéos, Tinos, Andros, Kythnos et Paros, surtout dans la commune de Marpissa (huniidilé, pauvreté) ; v.e n'est qu'à Amorgos et à Milos qu'elle est relativement rare. La scrofulose suit en général de près la tuberculose quant à la fréquence; à Myconos plus des 0,25 des enfants en sont affectés.
L'anémie et la chlorose sont communes surtout à Myconos et à Siphnos, puis à Kylluios, à Kéos, à iVaxos, à Théra, à Syra et à Amorgos.
Le rachitisme est en général rare; il ne s'observe, avec une certaine fréquence, que dans les îles d'Andros et de ïhéra et surtout dans le village de Potanios d'Amorgos, village peu visité par le soleil, mais sous les formes les plus légères.
Parmi les affections des organes respiratoires, les bronchites et les pneumonies catarrhales, très-fréquentes en général, se présentent parfois en épidémies. Les pneumonies franches, ai[isi que les pleurésies, sont rares dans la plupart des îles. Les premières s'observent cependant avec une certaine fréquence dans l'île d'Andros. La forme inflammatoire des maladies fébriles est la plus fréquente dans la phipart des îles.
Parmi les affections chroniques de l'estomac, les catarrhes sont presque partout fréquents ainsi que la dilatation atrophique, par suite surtout de l'usage de pain d'orge, qui est général dans la plupart des villages. Le cancei n'est pas très-rare à Théra et à Kéos.
Les fièvres gastriques s'observent partout assez fréquemment. La diarrhée infantile de l'été est surtout fréquente à Syra ; viennent ensuite les îles de Kéos, Paros, Andros et Amorgos. A Kéos, elle fiappe tous les ans 80-100 enfants sur 150-150 naissances av';c une mortalité de 0,oj iÀ 0.45. A Andros 4(1 décès environ par an.
Parmi les parasites intestinaux, le ténia solium ne s'observe avec une certaine fréquence que dans 1 île de Syra. Les ascarides sont communs chez les enfants; à l'île d'Amorgos, ils sont fréquents même chez les adultes. Il est à noter que dans l'île de Paros pas un seul cas n'est connu d'helminthiase accompagnée de fièvre et de convulsions.
Les affections chroniques du foie, ainsi que celles des reins, sont rares, en général, La cirrhose d'origine alcoolique s'observe avec une certaine fréquence à Andros.
Les affections organiques du cœur sont fréquentes à l'île de Svra, oii elles causent le plus de décès après la tuberculose pulmonaire. Elles s'observent aussi avec une fréquence assez grande à Théra, à Myconos et à Siphnos. Cependant le rhumatisme articulaire aigu est en général rare. Les rhumatismes articulaires chroniques sont fréquents dans quelques villages humides d'Andros.
Parmi les névroses, l'hystérie est très-commune à l'île de Myconos; viennent ensuite les îles de Syra, Andros et Théra. Elle s'observe aussi assez souvent, quoique plus rarement, à iNaxos et à Paros. L'éclampsie infantile, très-fréquente à Syra, est très-rare à Paros. La chorée n'est pas très-rare dans la première de ces deux îles.
4. Spobades occidentales. Spetsa (Orbndos). Ile située près des parages nord-ouest de TArgolide (superficie 17 kilomètres carrés). Elle est basse en général, son unique montagne, n'ayant pas plus de loi mètres de hauteur, est couverte de pins. Lile est salubre et complétemeiU privée de foyers palustres. Elle na qu'un seul bourg (G500 habitants], dans un site charmant, doucement incliné, à sa partie occidentale Les maisons sont, en général, grandes, exposées au soleil, bien bâties, séparées pour la plupart entre elles par des enceintes de jardins. La propreté dans les maisons est gardée jusqu'à l'excès, malgré la pauvreté où le pays est tombé. L'eau qu'on boit provient de citernes, où elle re^te pendant plusieurs années en croupissant.
Les hommes sont d'une taille moyenne, hâlés, robustes, étant pour la plupart des marins, tandis que ceux qui restent sont anémiques et lymphatiques. Les lemmes sont petites, cbloio-anémiques depuis leur enlance, et portent pour la plupart des traces de scrofulose. Les cheveux commencent à blanchir de bonne heure chez les deux sexes (très-souvent à l'âge de trente-cinq ans]. Plusieurs des habitants et surtout des marins ont déjà perdu leurs dents à l'âge de quarante ans.
Maladies (Orlandos). Des fièvres palustres s'y observent presque exclusivement chez des personnes qui viennent du dehors. Très-souvent la guérison survient simplement après quelque séjour des malades dans cette île. La fièvre typhoïde est très-rare. Le ponos, la maladie de la première enfance, endémique à Spelsa, frappe tous les ans 15-25 enfants (mortalité 0,95 environ).
La diarrhée estivale des enfants, très-commune, s'observe sut tout sous la forme cholérique quand les clialeurs de 1 elé sont très-intenses et longues. Au commencement de la maladie, les convulsions sont constantes, ainsi que dans rhelminthiase (mortahté 0,10). L'ulcère perforant parmi les affections chroniques de l'estomac est fréquent.
Des cas de rhumatismes articulaires aigus, suivis de phénomènes graves du côté du cœur ou du cerveau, sont presque inconnus. L'apoplexie fournit à peu }irès les 0,05-0,08 du nombre total des décès. L'hystérie est très-commune sous toutes les formes. L'épilepsie rare. La chorée fréquente chez les enfants. Les convulsions communes, même pendant les maladies relativement légères de l'enfance.
La tuberculose est très-commune (surtout la tuberculose pulmonaire et la méningite tuberculeuse) et donne les 0,20 des décès aimiiels. C'est surtout sur les femmes que pèse cette mortalité élevée. La tuberculose pulmonaire suit en général une marche très-longue. La « scrofulose » est aussi trèscommune et elle se présente souvent avec les phénomènes les plus graves. La syphilis n'est pas rare. Parmi les affections de la peau l'impétigo, l'eczéma et le pityriasis, s'observent fréquemment. La stérilité est assez commune. Les hernies s'observent très-souvent, surtout chez les marins.
Hydra (Tetsis, Parlssis). Ile rocheuse (superficie 52 kilomètres carrés), âpre, stérile et aride, située à une distance de cinq milles des parages oiientaux du Péloponnèse. La seule montagne de l'ile, Éros, n'a qu'une hauteur de 150 mètres environ. Nulle trace de foyer palustre local.
La ville (6450 habitants) est située au nord-ouest de l'île, près de la mer, sur un terrain rocheux, fort incliné et très-exposé au vent du nord ; ses rues très-propres. Les maisons sont, en général, grandes, spacieuses, à deux étages, mais très-souvent humides, en partie à cause de l'amour excessif de la propreté chez les femmes de l'île.
Les hommes, marins pour la plupart, sont robustes, grands, et ont le thoraxbien développé. L'abus du vin est très- fréquent, beaucoup moins celui des boissons alcooliques. Les femmes, d'une taille en général petite, sont, pour la plupart, anémiques, lymphatiques, et vivent enfermées chez elles. La plupart des habitants sont pauvres à cause du déclin de la navigation à voiles ; la nourriture ordinaire végétale et très-insuûisante.
Maladies (Xanthos, Tetsis). Les lièvres intermittentes rares; elles s'obser-
àtiU ^ GRECE.
vent presque exclusivement chez des personnes qui viennent du dehors, ou chez des personnes couchées pendant la nuit (à la lîn de l'été ou au couimencement de l'automne) à l'air libre. Aucun cas connu de fièvres pernicieuses.
Les maladies contagieuses sont rares dans l'île et, quand elles s'y présentent, lie prennent [las le plus souvent une grande intensité et généralité. La diphlhérie, iiitroduile dans l'île il y a quatorze ans, y persiste à l'état sporadiqiie.
Le ponos est endémique dans l'île et il frappe en moyenne 5-7 enfants par an.
La plupart des femmes et des enfants sont anémiques.
Parmi les maladies chroniques, la tuberculose est très-fréquente; elle s'observe surtout chez les jeunes filles et chez les femmes mariées ayant nourri de nombreux enfants. Elle est rare chez les travailleurs de la mer; plus fréquente chez les hommes qui restent continuellement dans l'île et surtout chez ceux qui mènent une vie sédentaire. La maladie présente en général une marche très-lente; la tuberculose galopante est très-rare. La tuberculose raésaraïque, ainsi que la méningite tuberculeuse, est assez fréquente.
La scrofulose est très-commune, suivie souvent de ses phénomènes les plus graves. Le rachitisme n'est pas rare.
La bicnnorrhagie et la syphilis s'observent assez fréquemment. La lèpre est très-rare : depuis longtemps il n'y a qu'un seul cas connu.
Parmi les affections des organes respiratoires, les pleurésies sont fréquentes pendant l'hiver.
La diarrhée estivale des petits enfants, quoique très-fréquente, n'est pas suivie d'une grande mortalité. Les fièvres gastriques, accompagnées le plus souvent de phénomènes adynamiques, s'observent surtout pendant l'été.
Les affections du foie sont rares, l'alcoolisme proprement dit n'étant pas fréquent dans l'île. Les affections des reins s'observent beaucoup plus fréquemment et surtout la gravelle.
Les affections du cœur, ainsi que les rhumatismes articulaires aigus, sont fréquents. L'apoplexie s'observe très-fréquemment chez les marins, qui sont eh général des grands buveurs de vin et fort irascibles. L'épilepsie, la chorée et surtout l'hystérie, sont fréquentes. Les afiections mentales y sont aussi d'une <:ertaine fréquence. On rencontre dans quelques familles l'idiotie héréditaire, la lipomanie et la monomanie (surtout la monomanie religieuse).
Parmi les dermatoses, en dehors des scrofulides et des syphilides, il faut noter la gale commune chez les pêcheurs d'épongés.
II. Iles Ioniennes. Cor fou (Theotokis, Hennen, P. Typaldos. Zavizianos, etc.). L'île de <;orfou (superficie 712 liiloiaètres carrés), la plus septentrionale des îles Ioniennes, a la forme d'une faux (d'où un de ses noms anciens àpsizi-z-o, faux) et se trouve à une petite distance de l'Épire. Elle est traversée dans presque toute sa longueur par une chaîne de montagnes peu élevées, dont la bauteur va en général en diminuant du A', au S. La plus élevée de ces montagnes, le Pantocrator, est riche en pâturages et couverte en grande partie d'arbres forestiers (chênes, peupliers, etc.). De nombreuses collines et des vallées d'une grande fertilité sont couvertes par des plantations d'oliviers, et, en second lieu, d'orangers, de citronniers, de poiriers; d'autre part, l'ile ne manque point de plaines fertiles en céréales. De la sorte, elle se présente aussi belle que riche en produits, assurant tous les moyens d'existence à ses habitants. Ce sont les oliviers qui constituent la principale ressource de l'ile; viennent ensuite les vignes, le maïs, les pommes de terre, le froment, l'orge, etc. Les légumes sont plus sains et les fruits plus doux et plus agréables que sur le continent voisin. L'ile produit aussi mie grande quantité de vin, qui est cependant, en général, d'une qualité médiocre.
Les ruisseaux et les sources de Corfou ne rendent l'île que médiocrement marécageuse. Néanmoins on y trouve quelques foyers palustres assez considérables. Tels sont le bassin
de Govino, à une distance de quatre milles de la ville de Goi-fou, et le bassin de Cassiope- On a aussi quelques viviers malfaisants (Coryssia, Andinioti, Perama) et certains autres marais (ceux de Ropa, Contokali, Counoupina, Cavrolimni, etc.). En dehors de ces endroits quelques villages à Mesoghi, Leucimné, Agyros, où les cours d'eau sont arrêtés par le limon et les sables du rivage, se trouvent aussi sous l'influence de la malaria. Mais la partie N. E. de File est aussi malsaine, comme exposée par le vent de N. E. aux émanations du vivier de Bouthroton en Épire, lesquelles n'y parviennent pourtant qu'atfaiblies par leur passage à travers la mer.
La ville de Corfou (16 500 habitants) est bâtie pi'ès delà mer presque au milieu de la côte orientale de l'île. C'est une ville surtout commerçante qui compte 'zb 500 habitants avec ses faubourgs. Les maisons y sont pour la plupart hautes, mais serrées, séparées par des rues étroites, tortueuses et sales, et, par suite, mal aérées, mal exposées au soleil et humides. Le peu d'étendue de la ville et le petit nombre des habitations en comparaison avec le chiffre de la population, amènent l'entassement des pauvres dans des maisons exiguës , où se donnent rendez-vous la misère, la malpropreté et les maladies. Toutes ces conditions d'insalubrité se réunissent à un degré élevé dans le quartier Israélite, situé sur un sol creux et humide. La plupart des maladies infectieuses y ont presque toujours trouvé une hospitalité extrême. Une grande et belle place contribue cependant à réduire quelque peu les suites fâcheuses de ces conditions hygiéniques de la ville. La partie septentrionale de la ville est la plus salubre, on y rencontre plusieurs centenaires.
D'autre part, c'est surtout dans quelques fajubougs de la ville (Castrades et Anemomylos), où le sol ne se prête pas au libre écoulement des eaux souterraines, que les lièvres palustres sont plus fréquentes.
La ville et les faubourgs de Corfou sont pourvus d'eau qui y arrive dans des tuyaux eu fer; cette eau est en général limpide, mais cliargée de sels de chaux.
Habitants (Prêt. Typaldos). Les habitants sont, en général, gais, vifs et spirituels, mais prodigues : aussi ne songenl-ils que fort peu à l'avenir et s'abandonnent-ils presque entièrement aux ressources naturelles du pays. Les Corfiotes d'aujourd'hui, comme les Phéaciens d'Homère, aiment les festins, la danse et la musique. — Le paysan de Corfou, riche par une bonne récolte d'huile, est misérable lorsqu'elle lui fait défaut. Dans les années de prospérité il oublie la misère, s'adonne à la bonne chère et laisse ainsi sa maison dans l'état où elle se trouvait auparavant. Toute autre culture alors languit et celle des oliviers se fait plutôt par le travail de la femme. L'excès de travail chez ces dernières, le mauvais état des habitations, l'insuffisance de la nourriture, qui se réduit souvent à un morceau de pain de maïs, tandis que leurs maris cherchent en dehors du ménage une nourriture plus substantielle, telles sont les causes qui rendent leurs organismes plus impressionnables à de nombreuses causes morbifèi-es que ceux des hommes. Cependant dans les villages des montagnes les paysans sont plutôt travailleurs et économes, simples et de mœurs austères. Pain en général de mais.
Maladies (Zavizianos, etc.). Les fièvres palustres s'y observent sous toutes leurs formes, mais les formes pernicieuses sonten général rares. Elles cèdent pour la plupart à l'action de la quinine. Dans la campagne, où elles ne sont pas toujours convenablement traitées, elles deviennent assez souvent opiniâtres. Parmi les fièvres pernicieuses, les moins rares sont les comateuses, les cholériques et les convulsives chez les enfants. Les fièvres rémittentes à forme typhoïde s'observent parfois.
La fièvre typhoïde y est généralement rare', mais dans quelques quartiers, notamment dans le quartier israélile, très-malpropre, on en constate de temps en temps quelques cas sporadiques. La dysenterie s'observe aussi, mais en cas sporadiques et rares.
La tuberculose est peu fréquente dans l'ile. La vie, en général joyeuse et un peu insouciante, des habitants, semble contribuera la rareté relative de cette maladie. La maladie n'est pas cependant rare dans la ville, surtout chez les israélites.
La syphilis et les autres maladies vénériennes ne sont pas rares aussi dans la ville.
' D'après le professeur Typaldos, on observait dans les autopsies faites dans l'École de médecine qui existait jadis les lésions caractéristiques de la maladie, mais cela rarement.
Vers le N. 0. de l'île, on observe '20 lépreux environ. Les villages ont une bonne silualion, des maisons bien aérées, et la vie des habitants, qui retirent de riches produits de la terre, est bien aisée; l'eau potable est très-bonne; leur nourriture et leur manière de vivre ne présentent aucune différence notable avec celles des autres habitants de l'île. Pour la pellagre à Gorfou, voy. p. 559.
Pour ce qui concerne les affections des organes respiratoires, c'est dans les quartiers malpropres, mal aérés et pauvres de la ville, qu'on rencontre le plus souvent les bronchites et les broncho-pneumonies. On observe aussi les mêmes affections, assez fréquemment, au printemps chez les paysans, qui, sous l'influence du travail et de la chaleur, nagent dans leur sueur. Mais la pneumonie franche est rare dans l'île (Pr. Typaldos). La plupart des affections chroniques de l'estomac sont rares aussi.
Parmi les affections du foie la cirrhose atrophique d'origine alcoolique s'observe assez souvent. Les affections rhumatismales sont assez fréquentes. La f;outte, qui était fréquente avant ce siècle (Ilennen), estdepuis longtemps presque inconnue. L'Iiystéiie est fréquente dans la ville.
La gravelle, l'ataxie locomotrice et la sclérose en plaques disséminées, ne sont pas très-rares. Le cancer du sein, qui, d'après Botta, était fréquent à son époque, est très-peu commun, d'après tous les témoignages postérieurs. Les affections mentales sont Iréquentes chez les familles originaires de Parga (Épire).
Leucade ou Sainte-Maure (superficie 285 kilomètres carrés, 23100 habilants). Ile située sui- les parag;es N. 0. de l'Acaniaiiie, dont elle est .séparée par un canal fort étroit ; elle présente une chaîne de monta^'iies dénudées et pierreuses qui la traversent à peu près suivant la direction du N. au S. La plus haute de ces montartnes est Saint-Éiie (1000 mètres) dont les versants septentrionaux surplombent la mer. Viennent ensuite plusieurs cimes coniques qui vont en s'abaissant, tant que l'on s'avance vers le S. — Plusieurs sources donnent naissance dans l'île à des jietits ruisseaux.
Les produits principaux de l'île sont du vin, de l'huile, du raisin de Corinthe, du sel. L'élève du bétail, autrefois florissante, se restreint de jour en jour avec le développement de la culture, qui envahit même les montagnes.
Dans les trente dernières années, des améliorations notables ont été introduites dans les conditions hygiéniques. Tandis que l'île était autrefois très-insalubre et marécageuse, maintenant, par suite de l'extension de la culture, elle ne présente plus que fort peu de marais. Les habitants vivent bien à l'aise; on fait un fréquent usa^e de nourriture animale, ainsi qu'un nsage modéré du vin, tandis qu'autrefois on en abusait.
Le chef-lieu de l'île (5454 habitants] est situé en face et près du continent. C'est une petite ville, avec des maisons en général basses, devant laquelle s'étend une vaste plaine d'une grande fertilité cultivée pour la plus grande partie. Quoique à son voisinage se trouvent des eaux stagnantes et que celles des égouts ne s'écoulent que ditticilenient, par suite de l'égalité du sol, toutefois le bon air dont jouit la ville et l'aisance de ses habitants font que la santé y règne en général.
Maladies (Alvanitis). Les fièvres palustres sont fréquentes dans plusieurs des villages bas de l'île, mais les formes pernicieuses sont rares. Cependant ces formes s'observent presque toutes (algides, dysentériques, hématuriques, comateuses, etc).
Les femmes sont en grande partie anémiques et hystériques. L'hystérie est presque généralisée dans la ville et s'observe même depuis l'enfance, sous toutes ses formes : ainsi l'hystéro-épilepsie y est assez fréquente. On ne connaît que deux ou trois cas d'épilepsie dans l'île.
Autrefois le scorbut était fréquent dans la ville, qui comptait un grand nombre
de marins, et où le peuple se nourrissait surtout de végétaux et habitait des huttes basses, humides et mal aérées. Aujourd'hui dans la ville la maladie est fort rare, tandis que dans la campagne elle est inconnue.
La tuberculose est rare; elle s'observe presque exclusivement dans certaines familles de la ville, avec une marche en général chronique. Dans la ville à peine trouve- t-on 10 phlhisiques. Le rachitisme n'est pas rare, surtout dans des familles pauvres et dans le village de Dragano, où l'on ne fait presque aucunement usage de nourriture animale. Dans l'espace des trente dernières années on n'a observé aucun cas de lèpre ni de pellagre.
On ne connaît que des cas rares rie syphilis, chez des personnes venant du dehors. La blennorrhagie s'observe avec une certaine fréquence.
Les affections chroniques de l'estomac sont très-rares. Dans la ville on ne connaît guère que 5 cas de cancer de l'estomac, observés dans l'espace de trente années. Les rhumatismes articulaires sont assez fréquents, ainsi que les lésions graves du cœur. Parmi les afleclions du foie il n'y a que celles d'origine palustre qui soient fréquentes.
Dans quelques villages la gale est endémique. Les hommes y sont en général malpropres, vivent sous un même toit avec leurs bestiaux, et font un grand abus de fromage fortement salé.
Les dystocies très-rares. Bien des fois les femmes accouchent dans les champs, plusieurs même continuent à travailler immédiatement après leur accouchement. La fièvre puerpérale est rare aussi.
Les hernies inguinales sont fréquentes chez les hommes, surtout celles du côté droit; chez les femmes les hernies crurales.
Parmi les tumeurs malignes le cancer est rare ; les enchondromes et les tumeurs fibreuses sont plus fréquentes.
Quant aux maladies infectieuses, il est à noter que la diphlhérie ne s'est jusqu'à présent observée qu'en cas sporadiques.
Céphalonie (P. Typaldos). L'île de Céphaloiiie (superficie 664 kilomètres carrés), niontueuse et pierreuse, est située en face de l'entrée du golfe de Corinthe. La plus élevée de ses montagnes, l'Énos, s 'étendant du N. 0. au S. E., est couverte de bois de sapins. La partie occidentale de l'île est d'origine volcanique et surtout la presqu'île de Pallé : aussi est-elle sujette à de fréquents tremblements de terre. L'île, quoique montueuse en général, renferme aussi quelques plaines (comine celles de Samé et de Cranœa) et quelques autres terrains cultivables d'une grande fertilité.
Les principaux marais de Céphalonie sont celui de Livadi près de Lixouri et de Coutavos près d'Argostoli, qui rendent les fièvres palustres emiéraiques dans ces villes et dans leurs environs. D'autres marais plus petits tiennent sous l'influence de la malaria les villages de Samé, de Livatbo et autres.
Les habitants (68 200) sont en général spirituels, actifs et laborieux. Par suite de l'àpreté de la plus grande partie du sol, un grand nombre s'en vont dans toutes les directions, sans toutefois oublier leur patrie et leurs parents. De cette manière la vie chez les habitants qui y restent est en géiiéi"al aisée.
11 est encore à noter qu'un grand nombre de cultivateurs de cette île passent chaque année au continent \oisin pour y travailler quelques mois ; cela fait que souvent, en revenant de là, ils apportent des maladies contagieuses.
L'ile possède deux villes : Argostoli (8000 habitants) et Lixouri (6000 habitants). La ville d'Argostoli est bâtie sur le bord oriental d'un golfe qui s'ouvre entre la presqu'île de Pallé et le corps de l'île. Sa partie méridionale, avec des rues sinueuses et étroites, mais en' général propres, se rappi'oche du marais de Coutavos. Elle est ainsi moins saine que la' partie N., de constructions spacieuses. La ville de Lixouri est située sur la presqu'île de Pallé, sur le bord occidental du golfe mentionné. Ses maisons sont pour la plupart basses, par crainte des tremblements de terre, mal aérées et souvent humides. La ville est traversée par un petit ruisseau dont les eaux, presque stagnantes en été, répandent des émanations mal-
saines, auxquelles se joignent celles îles algues niai'ines ((ui s'accumulent au S. de la
ville.
' Les deux villes sont exposées presque à tous les vents. Argostoli est plus affligé par les
vents du sud, qui passent par-dessus le marais de Coutavos ; Lixouri est incommodé par
les vents du >". E. et du N., qui y arrivent après avoir traversé des terrains et des montagnes
échautïés par le soleil.
Maladies (Tsitselis). Les fièvres palustres s'observent dans l'ile sous tous les types et toutes les formes. Parmi les formes pernicieuses, les plus Iréqucnles sont les algides chez les adultes et les convulsives chez les enfants. Dans les villages humides de Livatho on a observé, dans ces dernières années, quelques cas de fièvre hémosphérinurique. La fièvre typhoïde est rare. La dvsenterie n'a été nullement observée pendant les dernières dizaines d'années.
Parmi les maladies inlectieuses chroniques, la tuberculose est très-fréquente dans les villes, ainsi que dans les villages de Livatho. La syphilis s'observe dans les mêmes localités, mais avec une fréquence beaucoup moindre. La lèpre, dont l'existence au village de Pliaraclata est notée par Hennen, est aujourd'hui inconnue dans l'île.
La pneumonie franche est fréquente dans les villages montagneux ; tandis que la pneumonie du sommet, avec phénomènes adynamiques, s'observe assez fréquemment dans les plaines humides et marécageuses.
Parmi les autres affections, on doit noter surtout la grande fréquence des ascarides lombiicoides, même chez les adultes, tandis que chez les enfants elles sont presque généralisées. Aussi les convulsions chez les enfants sont trèsfréquentes; il en est de même de la complication des diverses maladies, plus ou moins fébriles, par des phénomènes cérébraux intenses.
Parmi les affections du cerveau, le ramollissement n'est pas très-rare. La gale était autrefois une maladie très-commune dans l'île : « on l'attribue au grand usage du poisson salé de la Morée, des légumes, du vin, et surtout à la qualité des eaux. Le mal a commencé en effet à devenir plus rare depuis que, comme l'auteur le croit, la nourriture s'est bien améliorée » (A. Grasset de Saint-Sauveur, Voyage historique, etc., 1800, t. III, p. 50).
Ile de Zaïile (Cautakitis, etc.). L'île de Zante (superficie 427 kilomètres carrés, 44 500 liabitanis), connue pour sa beauté sous le nom de « Fleur du Levant », est située en face de l'Êlide. Les deux cinquièmes du sol forment une plaine parsemée de collines verdoyantes. A sa partie N. 0., l'île est entourée par des montagnes d'une hauteur médiocre, de nature aride, dépourvues d'eaux et dénudées d'arbres. Au contraire, le mont de Scopos, situé à la partie S. E., abonde en eaux et se trouve cultivé en grande partie. Ainsi les parties S. et S. E- de l'île sont ornées d'arbres fruitiers de toute espèce, par des plantations d'orangers, d'oliviers et d'autres arbres. La culture du raisin de Corinilie y est aussi assez développée surtout. L'île produit aussi du vin excellent et très-spirilueux, consommé sur place.
Le climat de l'île est bien tempéré et agréable. Toutefois en hiver et en été on a des changements atmosphériques bi'usques.
La ville de Zante (16920 habitants), bâtie sur les rivages orientaux de l'île, s'étend en forme d'amphithéâtre au pied des collines. Elle est bien exposée au soleil et bien aérée. Eaux bonnes et abondantes.
Presque tous les villages de l'île sont exempts de l'influence de la malaria. Dans la ville cependant les havres palustres sont très-lréquentes, à canse de la malpropreté des rues, de la construction défectueuse des égouts, du voisinage de jardins potagers, de la fréquence de petits rassemblements d'eaux stagnantes, et sui'tout à cause de la proximité de la côte malsaine du Péloponnèse, situé en face.
Les habitants des villages, surtout ceux des montagnes, sont en général d'une constitution robuste. Néanmoins, on observe souvent les maladies fébriles aiguës affecter chez eux les formes adynamiques et ataiiques plus aisément que chez les gens de la ville.
Les habitants, en général, d'un caractère joyeux, sont considérés comme des gens de goût, très-sensibles et susceptibles. Ils ont, en général, une imagination vive et de l'amour
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pour la poésie, la musique elles beaux arts. Dans la ville on se nourrit en général de viande et de poisson.
Par suite de la fertilité de l'île et du grand développement de la culture, les agriculteurs vivent en général d'une manière aisée. Cependant, à cause de la densité relative de la population, des milliers de travailleurs sortent chaque année de l'île en été, pour s'engager dans la Grèce Continentale ou dans le Péloponnèse, et y retournent avec la lin des travaux agricoles.
Maladies. Les fièvres palustres s'observent, sous des formes même graves et pernicieuses, dans la ville de Zante, surtout quand, pendant l'été et le commencement de l'automne, les vents du N. soufflent du côté des marais de l'Élide. Parmi les fièvres pernicieuses, les plus fréquentes sont les algides et les cholériques. Dans la campagne, ce sont surtout les habitants de Lithakia qui sont sujets au paludisme, à cause des marais voisins. La dysenterie n'est pas rare chez les enfants pendant l'été.
La tuberculose pulmonaire, la scrofulose et l'anémie, sont très-fréquentes. La syphilis et le rachitisme s'observent avec une certaine fréquence.
Les affections rhumatismales (rhumatisme articulaire aigu et rhumatisme musculaire) sont celles qui affligent le plus le pays, et surtout la ville. Elles sont surtout fréquentes à la fin de l'hiver et à la fin de l'automne. De même les affections organiques du cœur s'observent très-souvent. Les névroses, et surtout l'hystérie, sont très-communes.
Parmi les affections du tube digestif, les dyspepsies sont commîmes.
La lithiase urinaire, autrefois fréquente, est devenue rare depuis que la ville possède des eaux potables d'une bonne qualité provenant des sources.
La diphtilérie, autant qu'on le sache, n'a été observée depuis de longues années qu'en cas sporadiques.
Cythère (Contoléon). Cette île (superficie 97 kilomètres carrés), située près des parages méridionaux de la Laconie, est montagneuse, âpre et sauvage. Les côies abruptes surplombent la mer presque perpendiculairement. Sa nature montueuse fait qu'elle est très exposée à des vents violents. Les produits principaux sont un peu de blé, du vin, de l'huile et du miel.
Les habitants (6650), menant une vie frugale, très-tempérants et trés-endurcis contre les fatigues, parviennent à peine à se procurer le strict nécessaire. Le genre de vie des paysans est par suite mauvais; leur nourriture consiste principalement en pain, en herbaires et secondement en divers légumes et en olives. Grand usage des gesses, cependant le lalhyrisme y est inconnu (Pr. Typaldos). La viande de cochon est un mets très usité, ainsi que le gibier (cailles et tourterelles), dont les insulaires font des provisions en les assaisonnant avec du vinaigre.
Maladie?. (Gontoléon). Les fièvres palustres forment encore dans celte île aride la base de la nosologie locale.
La tuberculose pulmonaire, autrefois rare, est aujourd'hui très-fréquente ; il en est de même pour la scrofulose. Le rachitisme, ainsi que l'hystérie et l'épilepsie, sont rar.s.
Les bronchites et les pleurésies sont fréquentes, surtout pendant l'hiver. Les pneumonies franches et les bronclio-pnenmonies sont relativement rares.
Parmi les affections du tube digestif, les catarrhes intestinaux, simples ou dysentériques, sont fréquents, surtout pendant l'automne. Les fièvres gastriques sont communes pendant le printemps. Le cancer de l'estomac ou d'autres organes n'est pas rare.
La cirrhose atrophique du foie, ainsi que toutes les affections d'origine alcoolique, est presque inconnue.
Les hernies, et surtout les hernies inguinales, sont d'une fréquence très-grande.
III. Cbète. Géographie (Raulin). L'île de Crète (Candie) est traversée de l'est à l'ouest par une longue chaîne de montagnes dont les cimes restent couvertes de neige pendant la plus grande partie de l'année. Sa longueur de l'est à l'ouest est de 245 kilomètres, sa plus grande largeur de 42 kilomètres; sa surlace est de 7800 kilomètres carrés, en y joignant les petites îles qui en dépendent.
Les montagnes qui traversent l'île forment cinq massifs, dont les principaux sont : celui du mont Ida au milieu de l'île (2500 mètres), ceux de Lassithi à l'est (2100 mètres) et les montagnes Blanches à l'ouest (2400 mètres).
Les points les plus élevés de ces divers massifs le plus oriental de fous excepté, se rapprochent plutôt de la (ôte méridionale de l'île. De cette façon les versants méridionaux de l'île sont presque partout plus courts et plus inclinés, tandis que les versants septentrionaux se développent en des parties niontueuses moins élevées et qui forment souvent des petites chaînes, des plateaux et des plaines.
Comparnlivemetit à l'ahondancc des eaux que ses montagnes devraient lui fournir, la
plupart de l'île est aride, son sol étant plein de sillons et de crevasses au voisinage de la côte.
11 en est cependant autrement pour la partie la plus occidentale de l'île, où le sol est
formé de couches imperméables, et les ruisseaux y coulent sans interruption depuis les
sources jusqu'à la mer.
La perméabilité générale du sol de l'île fait f(u'on n'y trouve point de foyers palustres importants, mais seulement de petits marais, qui se forment en grand nombre, surtout pendant les hivers pluvieux, dans les prairies et surtout près des embouchures des cours d'eau. Les principaux sont ceux de Tauroniti, ceux de la partie orientale de la plaine de la Canée. ceux de Mylos, d'Halmyros. de HethymiiC et de la partie occidentale de la plaine de Messara. 1,'île possède aussi quelques lacs, dont les plus grands, étant assez prolonds, n'inléctent que peu leur voisinage. En dehors des foyers palustres cités, le dessèchement des ruisseaux de l'île pendant l'été, de même que les traveaux d'irrigation inliabilement conduits, favorisent aussi le développement de la malaria. De cette manière, plus de la moitié des habitants de l'île se trouvent sous son influence.
CHmai (Sieber, Raulin, Corj. Le climat de la Crète est très-doux dans les parties septentrionales. L'hiver y est simplement l'époque des pluies; l'été, à cause du voisinage de la mer et des hautes montagnes couvertes de neiges, qui protègent ces parties contre les souffles des vents du S., y est aussi très-doux. La partie S. de l'île, au contraire, dont l'étendue est moindre, a un climat d" .Afrique, exposée qu'elle est aux vents souillant de ce continent. Dans les localités basses, la température ne descend que rarement au-dessous de 4 degrés. Le plus froid des mois est février et le plus chaud juillet.
La neige ne descend jusqu'à 400 mètres d'altitude que dans les hivers très-rigoureux, pour disparaître bientôt. Dans les montagnes les plus élevées elle commence à tomber à la lin d'octobre, et disparait presque complètement à la fin du printemps. Les pluies sont le ]>lus souvent torrentielles, mais elles ne se prolongent que rarement pendant plusieurs jours. Au lieu d'autres détails, nous donnons ici quelques résultats des observations rnétéolologiques inédites faites à la Canée par M. Cor, consul de France. Ces données, nous les devons à l'obhgeance de M. Teisserenc de Bort, chef de la météorologie générale au Bureau central de météorologie {voy. aussi le ^Climat).