‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.46Chapitre 87 sur 97 · GRIFFE · texte numérisé non relu

GRIFFE

un parallélisme, entre les faits psychiques et les phénomènes physiologiques : ainsi à la fatigue musculaire et à la paralysie motrice il comparait la faiblesse de la volonté et l'absence de celle-ci, aux spasmes toniques l'activité psychique ne s'exerçant que dans une seule direction avec inactivité à tous les autres points de vue, aux mouvements convulsifs les impulsions désordonnées, les troubles passionnels, etc. Il est évident que la science ne saurait progresser, si elle n'avait que de pareils principes pour la guider. Mais Griesinger avait l'esprit trop droit pour se laisser entraîner trop loin dans cette voie. Du reste, ses conceptions, quoique souvent fausses, favorisèrent néanmoins les progrès de la science ou du moins de l'esprit scientifique. C'est ainsi que son Manuel des maladies mentales, qu'il publia après deux ans d'étude seulement, a été le premier ouvrage vraiment scientifique sur la matière, et cela malgré la fausseté à peu près universellement reconnue aujourd'hui du principe psychologique qui en forme le point de départ ; encore de nos jours une classification des maladies mentales plus uniforme paraît difficile à établir. Ce qui précède s'applique également à son Traité des maladies infectieuses. Nous devons nous borner à ces généralités. Une analyse détaillée des travaux de l'éminenl auteur allemand nous entraînerait trop loin.

Griesinger a beaucoup fait pour l'organisation des asiles d'aliénés en Allemagne, mais il a rencontré de nombreux contradicteurs en conseillant une liberté trop grande à l'égard de certaines catégories d'aliénés. On doit dire à sa louange que le premier il a introduit en Prusse l'abolition du restvaint et l'usage de faire examiner le criminel par des médecins experts avant de passer aux débats en justice.

On peut consulter sur la vie et les œuvres de Griesinger : Wunderlich, Wilhelm Griesinger. Biographische Sldz^e (Leipzig, 1809, gr. in-8"); G. Westphal, ISekrolog, nach einer Rede gehalten znr Gedenkfeier fiir Griesinger, in Archiv fur Psychiatrie und Nervenl;ranldieiten, Bd. I, p. 760,1869; M. Lazarus, Rede auf W. Griesinger, ibid., p. 775; A. Brierre de Boismont, Guillaume Griesinger, son esprit et ses travaux, avec une appréciation du Traité des maladies infectieuses par M. le professeur Lasègue. Paris, 1870.

Parmi les travaux de Griesinger, nous mentionnerons :

I. Die Pathologie und Thérapie der psychischen Krankheiten. Stuttgart, 1845, gr. iii-8°; 2. uragearb. und sehr veraiehrte Aull., ibid., 1801, gr. in-S"; 5. Aufl., Braunscliweig, 1871, gr. in-8°. Trad. franc, par Douaiic. Paris, 1864, in-S». — II. Infectionskranklieitcn, dans le

Handbuch der spec. Pathol. u. Thérapie red. von Yirchow. Eilangen, 185C-1857, gr.

in-8°. Trad. d'après la 2" édit. allem..... par G. Lemattre. Paris, 1868, in-8°. Trad. par Vallin. Paris, 1877, in-8°. — III. Ueber die palhologisclie Anatomie des in Egijplen vorkoniinenden biliôsen Tijphoids. AYien, 1852, gr. iii-8° (extr. des Sitzungsber. der k. k. Akad. der Wiss. su Wien, 1852). — IV. Avec Pettenkofer et Wuiiderlich : Ctiolera-Hegulativ. Mûnclien, 1866, 1867, gr. in-8°. — V. Zur Kenniniss der heutigen Psychiatrie in Deutschland. Leipzig, 1868, in-8''. — VI. Griesinger s gesammelte Abhandlungen. Berlin, 1872, 2 vol. gr. in-8° (renferme les mémoires publiés par Griesinger dans les recueils médicaux). — VII. Il rédigea de 18i7 jusqu'à sa mort ï Archiv fiir physiol. Heilkunde, qui en 1860 prit le titre d' Archiv der Heilkunde, et fonda en 1860, l'année même de sa mort, V Archiv far Psychiatrie und Nervenkranklieiten, qui se publie encore de nos jours. L. Hs.

GRIFFE (Chircrgie). Indépendamment des griffes qui peuvent figurer dans divers instruments de chirurgie, un appareil spécial, à griffes, a été imaginé par Malgaigne pour le traitement des fractures de la rotule. On en trouvera la description à l'article Rotule, D-

692 GRIFFITH (Les).

GRIFFE DE LOUP. Nom doiiné'du Lycopode{L7jcopo(lium clavaiumL.).

Pl.

ORlFFliV (William). Médecin irlandais de grand mérite, naquit à Limerick le 25 octobre 1794. Il se destina d'abord à la marine et s'embarqua en 1809 sur le navire « le Vénérable », avec lequel il lit la campagne de Walcheren, puis à son retour fit naufrage. En 1810, il se décida à étudier la médecine et se fit l'aide d'un praticien de Ilolborn et suivit en même temps les services de chirurgie de l'hôpital Saint-Barthélémy oii il eut pour maître Early, Ilarvey et Abernetliy; en 1814, il servit d'assistant à un chirurgien d'East Grimstead, puis en 1816 se rendit à Bruxelles surtout dans le but de prendre du repos; enfin il revint en Irlande ai)rès huit années d'absence. L'année même de son retour, une épidémie de fièvre typhoïde sévit dans le sud de l'Irlande; il la combattit avec succès et fut nommé médecin du Currah Dispensary et, après avoir exercé dans diverses localités des environs de Limerick, se fixa enfin à Pallaskenry, où il fut également médecin à l'hôpital. 11 commença là à recueillir des observations et des matériaux pour le fameux ouvrage qu'il publia dans la suite sur l'irritation spinale. Pendant une maladie qui le força à garder le lit pendant de longs mois il se fit remplacer dans son service d'hôpital par son frère Daniel Griffin, puis en 1825 se rendit à Edimbourg dans le but d'y prendre ses grades. 11 fut reçu la même année membre du Collège de chirurgie et docteur en médecine. Enfin, en 1850, il se fixa définitivement à Limerick et se distingua comme praticien. Il fit beaucoup pour les pauvres, pour lesquels il avait établi des dispensaires.

Grilfin mourut d'une hémorrbagie cérébrale le 9 juillet ]8i8, laissant d'unanimes regrets.

Il écrivit de bonne heure; dès 1818 il publia un mémoire sur la fièvre; on trouve des articles de lui dans le Médical and Physical Journal et surtout dans le Dublin Médical Journal; le dernier mémoire qu'il donna à ce recueil est relatif à l'avortement (1847). Au moment de sa mort, il préparait un ouvrage sur le choléra. Griffin était en outre homme de lettres et poète. Nous ne mentionnerons ici que ses ouvrages les plus importants sur la médecine :

I. A Trealise on Fever, 1818, in-S". — II. An Esuay on the Nature of Pain, wilh some Considérations on ils Principal Varieties, etc. Ediiiburgh, 1826, in-8° (c'est sa thèse : deVolorc, 1820). — III. Observations on Functional Affections 'of thc Spinal Cord and Ganglionic System of Ncrves, in which their Identity witli Sympathetic Nervous and hnitative Diseuses is llhistraled (en commun avec Daniel Griffin). London, 1854, in-8°. — IV. Observations on the CJiolera, as it appeared in Limerick in 18")l-18ô2 ; 1834. — V. Médical and Physialogical Problems, being cliiefly Rescarches for Correct Principles of Treatment in Disputed l'oints of Médical Practice. London, 1845, in-S" (en commun avec Daniel Gri/fin). — YI. Voy. sur Gritfîn une notice très-détaillée dans le Dublin Quarterly Journal of Médical Science, t. VI, p. 485, 1848. L. Hn.

GBIFFITU (Les). Nom d'un grand nombre de médecins anglais, parmi lesquels :

Griffith (Richard). Né vers 1640, reçut sa première éducation à Eton, puis étudia au King's Collège de Cambrigde et, d'après Wood [Fasti Oxon., t. II, p. 805), à rUniversity Collège d'Oxford. Il prit, d'après le même auteur, le diplôme de maître es arts à ce dernier établissement en 1660 et se mit à cultiver la théologie, puis la médecine à Leyde, et s'y fît recevoir docteur. D'après

GRIFFITIIS. 695

les Annales du Collège royal des médecins de Londres, Griffith aurait été reçu docteur à Caen, en Normandie, Je 12 juin 1664, et non à Leyde. Ce Collège l'admet dans son sein comme fellow le 12 avril 1687. D'après la biographie médicale il exerça l'art de guérir à Richemont, dans le comté de Suney, mais il est plus probable qu'il vécut à Londres. Quoi qu'il en soit, on a de lui un ouvrage contre la saignée :

A la Mode Pklebotomij, no Good Fashion, or the Copy of a Leller to Dr. Hungerford complaining of an Instancing m the Phantastical Behaviour and Unfair Dealings of some London Pliysicians, elc. Loiidon, 1081, in-8°. L. ll;f.

Griffith (MosEs). Né vers 1720, fit ses études médicales à Leyde et y fut reçu docteur le 50 décembre 17i4. Reçu licencié du Collège des médecins de Londres le 51 avril 1747, il pratiqua l'art de guérir pendant un grand nombre d'années dans la capitale, puis en 1768 se fixa à Colchester. C'est à Griffith qu'on doit la mixture de fer composée de la pharmacopée britannique. Nous connaissons de lui :

I. Diss. inaiig. med. de abortii praccaveiido. Lugduni Batavorum, 1744, in-4"'. — II. Practical Observations on the Cure of the Uectic and Slow Fevers, avec : A Method of Treating several Kinds of Internai Ilaemorrhages. London, 1775, in-8°. L. Hn.

Griffitli (William). Médecin et botaniste distingué, né en 1810, fit ses études à Londres, puis prit du service dans la marine et se rendit en 1852 à Madras en qualité de chirurgien-adjoint. Peu après, le gouvernement du Bengale le chargea d'étudier la flore et les productions naturelles de la région de Tennassérim.Enl855, il alla, accompagne de Wallich et de Mac-Clelland, explorer le royaume d'Assam pour en étudier la culture, surtout celle du thé. De même, il fut chargé, avec le docteur Bayficld, de parcourir les contrées situées entre le Luddya et l'Ava, qui forme à l'orient la frontière des possessions anglaises de l'Inde. Il visita en outre le Boutan et l'Afghanistan. En 1844, nous le retrouvons à Malacca en qualité de chirurgien militaire. Peu après, il devint directeur du jardin botanique de Calcutta et professeur de botanique au Collège de médecine de cette ville. C'est là qu'une mort bien prématurée vint l'enlever à la science en 1845.

Griffith était doué d'un espi'it d'observation remarquable. Il est vraiment fâcheux pour la science qu'il n'ait pas eu le temps de coordonner et de publier les matériaux qu'il avait accumulés dans ses nombreux voyages d'exploration. On trouvera cependant un certain nombre d'articles intéressants de lui dans les Linneaii Society Transactiojis de Londres et le Journal d'histoire naturelle de Calcutta. L. Hn.

GRIFFITH (Pilules de). Célèbres en Angleterre. Ce sont des pilules ferrugineuses obtenues par la double décomposition du fer et du sous-carbonate de potasse. D.

GRIFFITHS (W.-Handsel). Médecin anglais des plus distingués, mort prématurément le 16 novembre 1877, à l'âge de trente et un ans. 11 fit ses études au Queen's Collège, à Cork, puis au Collège royal de chirurgie d'Irlande, à Londres, et enfin à Edimbourg, oii il obtint en 1871 les diplômes décernés par le Collège de médecine et le Collège de chirurgie. Il se fixa ensuite à ublin et

694 GRILL (Les deux).

fut nommé sous-bibliothécaire du Collège royal de chirurgie; il fut chargé en outre de l'enseignement de la chimie à la Ledwich School of Médecine, dans Peter-street. Malgré son jeune âge, il a publié un grand nombre d'ouvrages médicaux et scientifiques, entre autres : A System of Botanical Analysis, un Synoptical Review of the Pi^eparations of the British Pharmacopœia, Posoîogical Tables, qui arrivèrent rapidement à leur troisième édition, des Notes on the Pharmacopœia (1872), ISotes on Therapeutics, Lessons and Prescriptions, etc., » sans compter les articles de journaux : sur les hémodromomètres {Proceedings of the Royal Irish Academy), sur rhéniodynamique (British and Foreign Medico-Chirurgical Review), puis les Monthly Reports on the Progress of Therapeutics, qui parurent pendant plusieurs années de suite dans Edinhurgh Médical Journal. L. En.

GRILL (Les deux).

Grill (Johaxn-Damel). Né le 21 janvier ISGo, près de Garphytter, de la paroisse d'Orebro. 11 lit ses premières études au Gymnase de cette ville, puis alla étudier la médecine à Upsal, en 1825. Il fut reçu médecin candidat en 1852, puis interne à l'hôpital des Séraphins à Stockholm, puis licencié en médecine le 6 juin 1855, chirurgien-major la même année, et docteur en médecine le 15 juin 1855. 11 prit du service dans le corps de santé militaire et occupa tous les emplois, ceux de médecin de bataillon, de médecin de régiment, de médecin d'hôpital, de médecin de garnison, jusqu'au grade de médecin en chef. 11 fut enfin nommé médecin du roi en 1852. 11 fit divers voyages en Allemagne, en Bohème, en Autriche, en Suisse, en France, en Belgique, en Hanovre et en Danemark, pour visiter les hôpitaux, et remplit pendant deux ans les fonctions de bibliothécaire de la Société de médecine suédoise. 11 est mort à Stockholm, le 10 octobre 185-4.

Nous connaissons de lui :

I. De gaslricismo. Upsal, 1855, in-i". — TL Sjukfôrslag fraan K. allm. Garn. Sjukhus for aar 185i. In Svenska Lakâre Sci/lskcipet .Y. Handlingar, t. I, p. 107; même pour l'année 1855, t. II, p. 117. — III. Pri/iuc linœ of Auscultationstâran, hufvudsakUgen enligt Louis's Min. fôrelâssningar. In Svenska Lakâre Sàllskapet Aarsberâtlelse, 1857, p. 51. — IV. Oljdiicdonsprolokoll. Ibid., 1858, p. 118. — V. Rapport ofver veneriska Sjuke aa K. allm. Gant. Sjukimset aaren 1857. In Ili/giea, t. I, p. '225. — VI. 0»i veneriska Sjukdomen enlight nijare, aasigter, ixijnnerhet dess Behandling. Ibid., t. I, p. 5(36, 421 ; t. H, p. 65, 201, o05, 500; t. lll, p. 554; t. IV, p. 578; t. V, p. 79, 188, 455. — VII. ^aagra ord om spéculum ulcri et vagince. Ibid., t. III, p. 159. A. D.

Grill (.Ioseph-Domiîjique). Né en l/ii, a fait ses études médicales à Augsbourg où il a été reçu docteur. 11 a pratiqué quelque temps la médecine à Munich, puis à Ingolstadt et à Vienne. Il devint médecin d'État et mourut en 1802.

Nous citerons de lui :

I. Kune Geschichte des neueii Flussfiebers oder sogenannten Krtips in den Monaten Mai und Jitnim. Munich, 1788, in-S". — II. Der Bauerndoctor fiir Menschen und Vieil oder allgemeiner Hausvorrath von Gesundheitsregeln ôkonomischen Kiinsten und Wissenscliaflen, gegen aile Bedûrfnisse, die jeder Biirger und Landmann tâglich zu wissen nôlhig hat; darinncn ailes was dem Menschen und Yiehe im gesunden und kranken Zustande zutrâglich ist enthalten ; auch die neuesten Erfahrungen und Verbesserungen in der Landwirthschaft, dem Vichstande Feldbau und hâuslichen Arbeiten. Aus Liebe zuni Wohlslande des

Biirgers und Landmanns, mit vielen Fleisse zusammenqetragen. Munich. 1789, in-S". — IIL Gedanken zur Verbesserung der Krankenhàuser in Munich. Munich, 1794, in-.S°.

GRILLON' {Gryllus). Genre d'Insectes Orthoptères, sauteurs, type de la tribu des Grylliens et olïrant pour caractères : un corps cylindrique, avec la tète grande, presque globuleuse, verticale, à bouche inférieure ; les antennes trèslongues, se'tacées, mulliarticulées, insérées dans une cavité; yeux grands, trois ocelles. Pronotum demi-cylindrique, carré, transverse en dessus ; proslernumpeu apparent, mésosteruum très-grand, métasternum plane comme le mésosternum. Élytres et ailes plus ou moins développées suivant les espèces; élytres des mâles ayant toujours des organes de stridulation. Pattes courtes et robustes; jambes antérieures offrant ordinairement, en haut et en dehors, un tympan ovale, fermé par une membrane ; cuisses postérieures très-dilatées; jambes robustes (Grillons fouisseurs), ou bien assez grêles (Grillons errants), tarses de trois articles. Abdomen composé de 9 segments en-dessus et en-dessous dans les deux sexes; cerques anaux égaux dans les deux sexes, longs, inarticulés. Oviscapte des femelles long et étroit, quadrivalve, les deux valves latérales conniventes, semblant ne former qu'une valve unique.

Les Grillons, reconnaissables à leur grosse tète et à leur forme ramassée, vivent dans les parties chaudes des deux hémisphères, à Sumatra, Java, aux Indes Orientales, dans les deux Amériques, le Brésil, etc. En Europe, ils se trouvent dans toutes les régions, excepté la Laponie, et se rencontrent soit dans des terriers, soit sur la terre, dans les bois, dans les terrains arides, ou sous la mousse. Les mâles stridulent par intervalles, pendant le jour ou après le coucher du soleil.

Les auteurs, comme Audinet-Serville, Fischer (de Fribourg), Burmeister, etc., ont établi des divisions ou des sous-genres dans le gem^e Grillon proprement dit. J'indiquerai seulement les principales espèces, ne donnant que quelques notions sur les autres.

Le plus anciennement connu de tous les Grillons vivant à l'air libre est le Grillon champêtre ; c'est celui dont les mœurs et la structure ont été le plus étudiées.

Le Grillon champêtre, Gryllus campestris Linné, a 18 à 20 millimètres de long; les cerques ont 6 millimètres, la tarière ou oviscapte de 10 à 12 millimètres. La couleur est noirâtre, la tête grosse et brillante, bombée, sans taches, les antennes noires, de la longueur du corps, les yeux jaunes. Corselet court et transversal. Elytres recouvraut l'abdomen dans les deux sexes, d'un gris brunâtre avec une tache mal limitée à la base et jaunâtre ; les ailes sont très-courtes et transparentes. Les jambes antérieures ont des tympans interne et externe ; les cuisses postérieures ferrugineuses en-dessous, suivies par des jambes trèsépineuses. Dessous de l'abdomen villeux ; cerques courts ; oviscapte grêle, droit, un peu lancéolé à l'extrémité. Le Grillon champêtre est très-commun dans toute l'Europe moyenne, méridionale, et en Asie Mineure. En France, il faut le chercher sur les terrains secs, exposés au midi et au levant.

Pendant l'été, près de Paris, mais plutôt dans les régions méridionales de la France, les Grillons adultes creusent des terriers. L'emplacement étant soigneusement choisi, l'insecte coupe ou enlève les tiges de végétaux et forme une aire un peu inclinée. Alors il prend de la terre avec ses mandibules au point déclive et, marchant à reculons sans se retourner, il arrive au bas du petit domainej là.

par une ruade des pattes postérieures, il lance au loin la terre apportée. 11 repart de suite, enlève un nouveau fragment de terre, l'emporte et le jette toujours le plus loin possible. Continuant ainsi et s'aidant de ses pattes de devant, sans s'interrompre, sans se retourner, il achève son travail, et le terrier creusé présente à son ouverture un espace assez large, parfois divisé en deux ou trois avenues par des touffes de gazon. La galerie souterraine, d'abord peu inclinée, s'enfonce brusquement à 5 ou 4 centimètres de l'entrée et décrit une ligne sinueuse, de façon à garantir l'animal de la pluie. Les nymphes et les larves savent de même se creuser des terriers.

La profondeur des terriers est proportionnée à l'âge, c'est-à-dire à la grosseur du Grillon ; elle varie de 10 à 25 centimètres. La largeur du conduit permet à l'insecte d'avancer, mais non de se retourner ; quand il est effrayé, il s'y précipite la tète la première, mais ordinairement c'est à reculons qu'il y entre, fin d'observer à loisir ce qui se passe au dehors; quand il est entré en avant, il ne tarde pas à sortir pour se retourner et entrer en arrière. On fait très-facilement sortir le Grillon de son trou en attachant un petit insecte avec un fil ou un cheveu, une fourmi, par exemple [voij. Fourmis). Le Grillon suit l'insecte que l'on attire à soi. En enfonçant une paille dans le terrier, le Grillon la saisit avec les mandibules et si fortement qu'on le tire au dehors. Il se sauve en sautant plus ou moins prestement.

Les Grillons sont craintifs. Quand ils stridulent, au moindre bruit, ils cessent leur chant et rentrent dans leur trou ; il suffit d'une Araignée (|ui passe {voy. Araignée), d'une Mouche qui vole près de lui {voy. Mouche et Diptères). Yersin, qui a beaucoup étudié les Orthoptères sauteurs {voy. Orthoptères), ne croit pas qu'ils guettent leur proie à l'entrée du terrier, il les regarde comme vivant de végétaux, de jeunes tiges herbacées, de fruits ; ils mangent aussi le sucre, la farine délayée dans l'eau, ils aiment à boire. D'après Yersin, les Grillons ne touchent qu'aux insectes morts ou écrasés, et cela après les avoir longtemps palpés. Ces insectes peuvent supporter de longs jeûnes, ce qui caractérise les animaux chassant à l'aflùt et non à la course. En résumé, ils sont omnivores, mais plutôt phytophages, moins pourtant que la Courtilière {voy. Courtilière).

Le Grillon mâle ne chante pas dans la matinée, il procède, au soleil, à sa toilette. Pour cela, il promène les pattes antérieures sur sa tète d'arrière en avant, il saisit ses antennes à l'aide des crochets des tarses et les amène dans sa bouche; tandis qu'elles y passent, de la base à l'extrémité, les mandibules les touchent à chaque arliculation. Toutes les pattes, même les postérieures, viennent se présenter aux organes masticateurs qui les font jouer et les nettoient comme les antennes.

Le mâle du Grillon champêtre produit la stridulation aiguë et monotone que l'on connaît, et qui constitue son chant d'appel pour l'autre sexe, pendant une grande partie du jour et même de la nuit. 11 fait, à la recherche des femelles, de petites promenades aux environs de son terrier, mais il s'en éloigne peu. Lorsqu'une femelle arrivant au chant d'appel s'approche du mâle, celui-ci vient les antennes en avant; le chant au milieu des notes criardes est plus doux, entremêlé d'un son vif et bref, à intervalles rapprochés. Le mâle, sans cesser de chanter, se retourne et finalement se place sous la femelle qui se soulève sur ses pattes. Il marche à reculons sous la femelle en relevant le bout de son abdomen, qui glisse le long du ventre de la femelle jusqu'à ce qu'il en rencontre

l'extrémité. Les pièces génitales du mâle s'écartent alors et il en surgit un corps ovoïde qui n'est bientôt plus retenu que par un pédicule grêle ; en ce moment le mâle l'implante au-dessous de la base de l'oviscapte de la femelle. Ce corps remarquable est un spermatophore. Si un mâle rencontre un couple près de s'unir, il s'élance contre l'autre mâle en poussant des notes fortes et précipitées, différentes du chant ordinaire. Un combat s'engage, le nouveau venu fuit presque toujours, parfois grièvement blessé. La femelle fécondée dépose ses œufs dans des trous pleins de terre ameublie et en y enfonçant en entier son oviscapte. Une seule femelle de Grillon champêtre peut pondre plusieurs centaines d'œufs qui éclosent au bout d'un mois environ. Le Grillon naissant se colore rapidement ; après quelques heures, il est noir avec les bords du corselet jaunes; le corps est plus étroit que chez l'adulte. Les mues se succèdent de semaine en semaine et elles ont lieu par une fente longitudinale sur le milieu du dos. Les larves des Grillons champêtres sont omnivores comme l'adulte et aiment à boire l'eau pure : elles s'assurent un refuge dans de vieux terriers ou creusent des retraites isolées. Tx'ès-souvent, quand l'hiver est proche, elles se réunissent 5 ou 4' sous une pierre sans provisions, car elles s'engourdissent. Yersin évalue de 9 à 12 les mues ayant lieu avant l'hivernage. Du mois d'avril au mois de juin a lieu la nymphose, et quinze jours après une dernière mue laisse apparaître le Grillon à l'état parfait ou de perfectose ; les rudiments d'élytre de la nymphe se sont retournés et placés au-dessus des ailes. J'ai exposé ces modifications de la nymphose [voy. Orthoptères).

C'est ici le lieu de parler de l'appareil musical ou stridulant du Grillon champêtre mâle qui peut-être regardé comme typique ; on le différenciera de l'appareil de la Cigale, décrit à l'article où il est traité de la Stridulation en général {voy. ce mot). L'élytre examinée avec soin offre un champ discoïdal, formé d'une membrane sèche, mince, translucide, rendant un son net quand on la froisse. On y trouve deux plans sur angle droit, avec arête renforcée par quatre nervures droites, longitudinales et parallèles ; l'un des plans couvre le dos et l'autre le flanc du Grillon ; enfin la région du dos est divisée en un grand nombre d'aréoles par des nervures régulièrement contournées et formant deux systèmes principaux. Le premier système présente 4 nervures ou cordes qui s'appuient sur une nervure remarquable ou archet ; le second système est composé de trois nervures prenant leur origine à une sorte de brosse, ou faisceau de poils courts et raides, située au bord interne, au-dessous de la base de l'archet. Entre ces deux systèmes de nervui es se trouve la chanterelle, espace trigone. plus translucide que le reste de l'aile et circonscrit par une nervure, différant du bout de l'élytre qui est simplement réticulé. On apprécie bien l'archet en l'egai'dant l'élytre en dessous avec une bonne loupe ; la grosse nervure apparaît plus épaissie au milieu, saillante et linement rayée en travers en dents de peigne ou en forte lime.

Si on examine le Grillon captif et chantant, on constate que l'insecte posé à plat, les pattes étendues, l'abdomen un peu relevé, soulève ses élytres et les frotte rapidement l'une contre l'autre. Le son produit est d'autant plus vif et plus fort, que le mouvement est plus rapide et la pression des élytres plus considérable. L'archet de l'élytre supérieure passe sur la chanterelle de l'inférieure, en y excitant des vibrations répétées sur toute l'élytre, de plus l'archet vibre luimême et son élytre pareillement ; en fin de compte, la stridulation résulte de la vibration simultanée des deux élytres. On peut comparer l'appareil musical du

c98 GRILLON.

Grillon champêtre à un tambour de basque, divisé en compartiments par des reliefs de la peau tendue et traversé par une saillie en forme de corde à nœuds, sur laquelle on passerait vivement une lame élastique. Quand l'insecte croise rapidement les éljtres l'une contre l'autre et que l'archet passe dans toute sa longueur sur la chantei'elle, il produit son cri-cri, chant d'appel ordinaire; mais, quand il frotte seulement la brosse contre le bord interne de la chanterelle sur l'élvtre inférieure, le chant s'adoucit et exprime le contentement de l'insecte joyeux d'avoir trouvé une femelle. On peut, du reste, produire artificiellement le chant sur un insecte vivant éthérisé ou chloroformé, comme je l'ai fait plusieurs fois, ou sur l'insecte récemment mort (voy. pour plus de détails Gocreau, Essai sur la stridulation des Insectes [Annales de la Société entomologique de France, t. VI, p. 51, 1857]).

Landois a récemment décrit un organe musical, rappelant les organes sonores abdominaux des Cigales et qu'il a trouvé chez les Grillons champêtre et domestique, ainsi que chez la Courtilière où il est à son maximum de développement. 11 est visible entre les quatrième et cinquième stigmates de l'abdomen, sous la forme d'une membrane plissée comme la timbale des Cigales, et sa base remonte contre la moitié supérieure du second segment de l'abdomen. Il figure ainsi un demi-cercle de chitine, au côté convexe duquel adhère un court manche, chitineux, avec une rainure où s'insère un long muscle. Cliez les Cigales, au lieu d'un demi-cercle, c'est un anneau complet de chitine qui porte la membrane vibrante qui sert ù renforcer le son produit par l'insecte. Quel est son emploi chez le Grillon? (Landois, Sur un organe des Grijlliens indigènes, etc. \Zeitschr. von SIebold und Kôlliker, 1872, S. 548 et Taf. XXVIII.])

Le remarquable spermatophore des mâles du Grillon champêtre, désigné par Yersin sous le nom d'utricule séminal, a été étudié par cet auteur, puis par Lespès. Ce spermatophore est une vésicule brunâtre, de 4 millimètres de longueur, oifrant à une extrémité une papille blanche et à l'autre une lamelle mince prolongée en un tube dans la vésicule, munie de deux cartilages en hameyon pour fixer l'appareil dans le vagin de la femelle. L'intérieur de la vésicule est rempli de sperme blanc ainsi que le tube central de la lamelle. Les zoospermes filiformes ont 40 u. de longueur. La capsule formatrice du spermatophore est une dépendance de l'armure génitale mâle. Un nouveau spermatophore est produit à chaque nouvel accouplement (Ch. Lespès, Mémoire sur les apermatophores des Grillons [Annales des sciences naturelles, Zoologie, 4" série, t. 111, planche 10]).

Nous ne nous arrèierons pas à la splanchnologie du Grillon champêtre, étudiée par Léon Dufour. Rappelons seulement quelques traits : l'œsophage reçoit la salive sécrétée par une glande en grappe, puis vient un jabot dilaté, muni d'une panse latérale. Un gésier musculeux, offrant six séries d'écaillés calleuses, est suivi d'un ventricule à grosses papilles saillantes et isolées. Les vaisseaux de Malpighi forment une houppe de caecums avec un seul conduit excréteur. Chacun des testicules a l'aspect d'un sachet blanchâtre, ovalaire ou piriforme , lors delà turgescence séminale ; il contient 200 capsules spermatiques, allongées et fusiformes. Le canal déférent offre un épididyme enroulé, il n'y a de vésicules séminales que d'un seul ordre. Les ovaires représentent chacun un faisceau spliéroïdal d'un jaune d'ocre, composé de 200 gauies ovigères ayant chacune de 5 à 10 loges. Ces gaines se partagent en 7 ou 8 fascicules, ayant chacun son calice propre et ressemblant à une vessie oblongue sur laquelle [es gaines ovigères s'implantent

comme les piquants sur la peau du Hérisson. Les divers calices confluent en arrière et constituent finalement un col d'aspect multilobe'. L'oviducte est entouré de glandes annexées.

Il me reste actuellement à faire connaître, mais seulement avec les détails caractéristiques indispensables, d'autres espèces du genre Grillon, que l'on peut trouver dans nos climats.

Le G)'i/lliis capemis Fabricius est le plus grand des Grillons d'Europe. Sa longueur est de 2 à 3 centimètres. 11 est noir, glabre, avec les bords du corselet roux ; les élyti'es plus longues que l'abdomen, noires, avec une large tacbe jaune basilaire. Les ailes dépassent au repos l'abdomen de 10 à 12 millimètres. Cette belle espèce est de l'Europe méridionale, de la Corse, de la Sicile, de toute l'Afrique jusqu'au cap de Bonne-Espérance. En Algérie, on le trouve de préférence dans les endroits irais, errant ou cacbé sous les mottes de terre et les tas d'herbes, paraissant ne pas avoir de terrier. Sa stridulation est aiguë, et les enfants le prennent souvent pour le retenir captif et le faire chanter. Selon Brullé, c'est de cette espèce et non du Grillon champêtre que parle Moufett, en disant que cet insecte sert d'objet de commerce au nord de l'Afrique, où on l'élève en cage, a(in d'entendre son chant qui invite au sommeil.

Le GrijUvs burdigalensis Latreille, long de 10 millimètres, avec un oviscapte de 6 centimètres chez la femelle, esi brun en-dessus, gris teslacé en-dessous, à tête noire, biillanle. Le corselet transverse est taché de jaune; les clylres d'un gris obscur, moins longues que l'abdomen dans les deux sexes, les ailes avortées, nulles. Cerques et oviscapte d'un gris-jaunâtre, pattes jaunâtres. Il est de l'Europe australe et du sud-ouest de la France. Je l'ai pris à Saint-Sever avec Léon Dufour et à Agen ; il remonle jusqu'à Tours, au bord de la Loire.

Le GnjUua mtlas Charpentier, long de 12 millimètres, est d'un noir terne. Tète d'un noir luisant; élytreseni'umées, couvrant l'abdomen du mâle, la moitié seulement de l'abdomeu chez la femelle. Les ailes sont dans les deux sexes beaucoup plus courtes que les élytres, presque avortées et presque incolores. Pattes brunes; oviscapte noirâtre, aussi long que le corps, à valves renflées, bihdesà l'extrémité. Espèce du midi de la France et des Pyrénées, d'Andalousie, d'Algéiie, de Dalmatie, etc.

Le Gryllus pipiens Léon Dufour, long de 12 millimètres pour le mâle, de 14 îi 16 millimètres pour la femelle, est glabre, luisant, d'un testacé pâle. Les élytres du mâle, de la longueur de l'abdomen, sont ridées et comme chitfonnées dans presque toute leur étendue; les ailes n'existent pas. La femelle a seulement des élytres rudiraentaires couvrant à peine le troisième segment abdominal. Léon Dufour a découvert ce Grillon en Espagne, sur les collines de l'Aragon et de la Catalogne. C'est au crépuscule et à l'aurore qu'il fait entendre un chant spécial, ressemblant à un sifflement clair, net, et imitant à tel point celui du Bouvreuil ou de la Grive, que dans le lointain les plus lins chasseurs y sont trompés.

Les Nemubius d'Audinet Serville ne sont pas séparés des Grillons par Fischer. Le Grillox des bois, Gryllus {Nemobius) silvestris Fabricius, mesure 8 à 9 millimètres de longueur, avec des cerques de 4 millimètres et un oviscapte de 9. Sa couleur est brune, à tète noire, avec les orbites et une tache jaune sur le front, le corselet jaunâtre, les côtés des élytres et de l'abdomen noirs. Les élytres raccourcies sont plus longues que le corselet chez le mâle, très-ridées et chitfonnées, plus courtes que le corselet chez la femelle. L'oviscapte brun et droit a les valves comprimées, pointues, sans renflement. Cette espèce habite les

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bois de l'Europe moyenne. II est commun à Fontainebleau oij je l'ai vu en si grande quantité, larves et nymphes comprises, que le saut des insectes sur les feuilles sèches imitait le bruit de la pluie. Il ne creuse pas de terriers, vit à l'air et se sauve par des sauts ou des bonds rapides. Sa stridulation est forte et s'entend d'assez loin.

Une espèce intéressante et dont je dois parler en terminant est le Grili.ox DOMESTIQUE, OU dcs foycrs, Gryllus domesticus Linné, connu de tout le monde, comme son congénère champêtre. Il est long d'un centimètre et demi ou un peu plus, l'oviscapte de la femelle est de 12 millimètres, les cerques ont un centiinètre de longueur. Sa couleur est d'un jaune testacé pâle, chez l'insecte vivant, avec 4 bandes transverses brunes sur la tête. Le corselet est taché de brun au milieu; les élytres d'un jaune brunâtre, raccourcies, n'atteignant par l'extrémité de l'abdomen dans les deux sexes ; elles offrent une ligne brunâtre le long de la nervure principale. Tous les appendices sont de la teinte du corps ; l'oviscapte de la femelle est d'un ferrugineux luisant, fort grêle, avec les valves légèrement renflées au bout et bifides.

On ne connaît pas la patrie primitive du Grillon domestique, car on ne le trouve vivant en liberté dans aucun pays. Pour toute l'Europe, sauf la Laponie, il habite dans les maisons où il recherche les endroits les plus chauds, les fentes des murs dos boulangeries et des cuisines, les environs du foyer près des cheminées. Il se reproduit toute l'année, car on trouve ensemble des insectes de tous les âges. Il stridule très-fortement pour sa taille et par intervalles, surtout la nuit; son cri a été regardé tantôt comme d'un présage heureux et, dans certaines localités, tantôt comme funeste. On a prétendu que la chaleur soutenue de son habitat lui fait rechercher l'eau, le lait, et qu'il ronge les vêtements humides ou les étoffes mises à sécher devant le feu ; il ne craint pas les maisons neuves dont le mortier tendre permet le creusement facile des terriers. Ce n'est point un insecte nuisible ; il chasse et court recherchant les miettes de pain et les débris alimentaires. Le Gryllus campestris introduit dans les maisons y détruirait, dit-on, le Gryllus domesticus {voy. Coup.tilière, Sauterelle, Criquet, Orthoptères et Insectes). A. Laboulbène.

GRm4 (Michel-Ange). Maître en chirurgie, chirurgien pensionuaire de l'Ordre de Malte, membre de l'Académie des Apathistes de Florence et de l'Académie de botanique et d'histoire naturelle de Cortone, ce médecin est né à La Vallette, ville et place très-forte, chef-lieu de l'île de Malte. C'est lui-même qui nous l'apprend, mais il ne dit pas l'année; il déclare seulement qu'il étudia la médecine et la chirurgie dans les hôpitaux de Florence. Un de ses mémoires est dédié à son Altesse Sérénissime et Éminentissime Don Emanule Pinto, Grand Maître de la Sacrée Religion de Jérusalem, prince de Rhodes, de Malte, comte de Tripoli, etc., etc. Nous ignorons l'époque de la mort de Michel-Ange Grima, dont les ouvrages portent ces titres :

I. Mémoire sur la sensibilité des tendons. Paris, 1760, in-12. — II. Riflessioni sopra il taglio latérale che pcr estrarre la pielra de/la vesica orinaria pratica il signor Bromfield, 1761, in-4°. — III. Del nuovo e sicura metodo di cucire gV intestini, allora quando in occasione diFerite o dialtro vengan offesti, od allontanati dalla loro nalurale contiguità. Parigi, 1760, in-4°. A. G.

GRIMAUD (Les deux).

Grimaud (Jean-Charles-Marguerite-Guillaume de) . Célèbre professeur à la

GRIMÂUD (Les deux). 701

Faculté fie médecine de Montpellier. Il naquit à Nantes en 1750 et fit ses éludes médicales à Montpellier, où il fut le disciple de prédilection et devint le protégé et l'ami de Barlhez. il mit si bien à profit les quatre années d'études qui précédèrent son doctorat, que sa thèse sur V Irritabilité se fit remarquer comme une œuvre d'érudition aussi étendue que solide. Dès qu'il fut docteur, Grimaud vint à Paris perfectionner ses connaissances. Il était de retour depuis plusieurs années, lorsque, à la sollicitation de Barthez, il fut nommé en 1781 adjoint et survivancier de ce célèbre professeur. La Faculté de Montpellier eut beau protester contre un favoritisme qui brisait l'institution du concours, rien n'y fit, et Grimaud fut maintenu dans ses nouvelles fonctions. Ici, le pouvoir, malgré l'illégalité flagrante, eut la main heureuse; le jeune professeur avait toutes les qualités pour donner un nouveau lustre à l'école, et le cours de physiologie qu'il fit désarma même ses ennemis les plus acharnés. Son succès ne fut pas moins brillant lorsqu'il entreprit un autre cours sur les fièvres. Un mémoire sur la nutrition qu'il soumit au concours ouvert par l'Académie de Saint-Pétersbourg mit le comble à sa réputation. D'une constitution assez faible, miné du reste par l'excès du travail, Grimaud succomba à Nantes, oiî il avait été chercher l'air natal et les consolations de la famille, le 5 aoîit 1799; il n'avait pas encore atteint sa cinquante-neuvième année.

Les doctrines de Grimaud ont été exposées avec talent par Bérard, auquel nous empruntons les lignes suivantes :

« Grimaud commence par établir que la notion de causalité est circonscrite pour nous dans la connaissance des lois que nous avons aperçues et observées dans l'ordre successif des phénomènes que nous présentent les objets de la nature. 11 pense que la véritable manière de raisonner consiste à comparer ces lois les unes aux autres, et à s'assurer de leur ressemblance ou de leur opposition. D'après ces vues, il sépare à jamais les phénomènes vitaux des phénomènes mécaniques. Selon lui, l'histoire aussi exacte que possible des fonctions physiologiques et des maladies est l'unique base de la science de l'homme. Tous les raisonnements, dit-il, qui ne portent pas sur les faits, ne sauraient aboutir qu'à des connaissances vicieuses. La vie nous est absolument inconnue dans sa nature ; tout ce que nous savons se réduit aux phénomènes que nous avons pu saisir, et l'ensemble ou la collection systématique de ces phénomènes observés pendant l'état de santé compose, à proprement parler, tout le fond de notre science physiologique. De même encore, pour acquérir sur l'état de maladie des connaissances sobres, il faut suivre la même route, il faut observer de la même manière, il faut également amasser des faits pour nous procurer des idées; et ces idées seront d'autant plus lumineuses, et elles seront d'autant plus applicables à la pratique, que nous aurons plus multiplié ces faits, et que l'ordre de distribution que nous avons établi entre eux répondra plus exactement à leurs rapports naturels de dépendance et de succession. Toutes les théories qui ne sont pas de simples collections de faits observés, rangés selon l'ordre de subordination naturelle, ne sont que des monuments élevés à l'erreur, monuments d'autant plus funestes qu'ils auront été élevés par des hommes d'un plus grand génie. »

Quant à la médecine pratique, Grimaud adopta l'application de l'analyse telle que Barthez l'avait conçue, et suivit les développements de cette doctrine dans l'étude des fièvres.

702 GRIMM (Les deix). ,

On doit à Grimaud les ouvrages suivants, dont les deux premiers seulement ont été publiés par lui :

I. Te/itanieii de irr/lobililalr. ^\on\p., i776, in-i". — II. Mémoire-'' sur la nutrition, yionlp.. 1787 et 1789, in-8°, '2 parties; Saint-Pétersbourg, in-4'. Le iiremier mémoire obtint des éloges, mais non le prix. La même question ayant été proposée une seconde lois, Grimaud envoya )e second mémoire, qui eut le même succès que le premier. — III. Cours complet des (ictrcs. Montp., 1791, in-S", ô vol. (édition mutilée par des suppressions et des corrections qu'on attiibua à Goguel); Moi;tp., 1791, in-8°. 4 vol. (édition publiée par Dumas, avec un discours préliminaire); Montp., 1815, in-8°, 4 vol. (édition augmentée d'une introduction et de suppléments qui l'endent ce cours complet, par J.-B.-E. Demorcy-Delettre, avec une notice sur Grimaud. — IV. Cours complet de p/njsiologie', distribué en leçons, ouvrage posthume, publié par Lanthois. Paris, 1818, 2 vol. in-8°; 2" édil. Paris, 1824, 2 vol. in-g"-

Grimaud (AiMÉ). Médecin et littérateur français, né à Angers en 17S9, mort à Paris le 10 janvier 1866, où il avait été pendant plusieurs années médecin des bureaux de bienfaisance. Fondateur de \' Indicateur médical, il avait été reçu docleiir à Paris (7 août 1818j; il était, si nous ne nous trompons, 1" arrière-neveu de Grimaud (de Montpellier). Paraissant dans son début vouloir se livrer à l'enseignement, il fit plusieurs cours de palbologie interne et lut, soit à l'Institut, soit à l'ancienne Société de la Faculté, soit enfin à l'Académie de médecine, plusieurs méiuoires intéressants. 11 adressa aussi à l'autorité compétente plusieurs observations sur la nécessité de modifier l'enseignement médical, de créer un comité de médecine, de perfectionner le service des bôpitaux et bospices civils de Paris. Aimé Grimaud s'est ensuite occupé d'opbtbalmologie, des caustiques, de l'astbme, du calarrbe. Il a complété et simplifié la grammaire de Lhomond; il a publié un alpliabel pliilosopiiique ou l'art de lire par les sons; enfin il a sacrifié aux Muses. Ses principaux ouvrages portent les titres suivants :

I. Précis d'une nouvelle doctrine médicale, 1829, in-8°. — II. Découverte de caustiques. 1845. — III. La grammaire latine de Lhomond, mise en ordre, complétée et simplifiée. Paris, 185G, in-S". — IV. Alphabet philosophique, ou art d'écrire par les sons. Paris, 1859, in-8°. — V. Question de médecine légale. Paris, 1855, in-8°. — VI. Traité de la cataracte : moyens nouveaux de la guérir sans opération chirurgicale. Paris, 1842, in-8°. — VU. Découverte de caustiques qui excluent l'instrument tranchant dans la curation des cancers, squirrhes, sco fuies, etc. Paris, 1845, in-8*. — YIII. Charte de la Bépublique française, loi de l'humanité. Paris, 1848, in-8°. — IX. P,ome délivrée, ou le triomphe du christianisme, Poëme épique en vingt chants. Paris, 1852, iii-8'. — \. Dissertation sur Vérgsipèle. Thèses de Paris, 7 août 1818, in-4°. A. C.

GRI1I3I (Les deux).

Cirimm (HEnM\>"N-XiKOLAns). Né à "Wisby, dans l'ile de Gothland, en 1641, était fils d'un médecin du roi de Suède. II a fait ses études médicales en Hollande et a voyagé en qualité de cbirurgien sur un vaisseau boUaiidais. On le trouve à Batavia, en 1666, alors que la peste exerçait ses ravages dans cette ville, et il revint des Indes Orientales après 1671. En 1680, il est admis au Collège des médecins^de Nuremberg, il repart pour les Indes Orientales, revient en Hollande, et reçoit sa nomination de médecin de la province de Sudermanie. En 1685, il est altacbé à la maison du comte d'Ost-Fise, puis peu de temps après est nommé médecin pensionné de la ville de Tonningen, dans le duché de Schleswig. Il quitte cette ville en 1706 pour retourner dans sa patrie, à Stockholm, oîi il devient médecin de la ville, puis médecin du roi. Il y mourut en 1715. On cite de lui :

I. Thésaurus medicus insolœ Ceylaniœ, seu laboratonum Ceylanicum ex inquilinis

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