GREW
qui devail tuer une nature comme la sienne, et cfuelques années après il mourait vaincu par le chagrin et la maladie, laissant la réputation de l'un des premiers poêles de son temps.
L'Olympe de Jacques Grévin, avec tous les autres poèmes de l'auteur, a été publié à Paris, en 1560, in-S» :
Mon Olympe, venez, venez me secourir,
Ou faites tout au moins que je puisse mourir
Aux pieds de la beauté qui m'a l'âme ravie.
D'Olympe vient ma muse, Olympe est le s«ul mont
Où j'appris à toucher lesjcordes de la lyre,
Et où j'ay commencé d'essayer à bien dire :
C'est mon seul Hélicon, Parnasse à double front.
Mon Bien, mon Mal, ma Mort, ma Vie,
Ma Compaigne, mon ennemie,
Ma Toute douce, ma Rigueur,
Mon Amertume, ma Douceur,
Mon Tout, mon Dieu, et ma Parfaicte,
Ma Gentillesse, ma Doucette,
Ma Gaillardise, ma Brunette,
Ma Fière, hélas! me luerez-vous
D'un seul regard, à tous les coups I
Nous avons, dans le Parnasse médical (1874, in-S", p. 269), donné la liste des ouvrages en vers composés par Grévin. Voici ceux qui se rapportent à la médecine :
I. Apologia adversus Lannœum empyricum Rupellatum , de facidlatibus antimonii, in-S". — II. Apologie sur les vertus et facultés de V antimoine , auquel est sommairement traité de la nature des mine'raux, venins, pestes, et de plusieurs autres questions naturelles et médicinales , pour confirmation de l'avis des médecins de Paris contre ce qu'a écrit Loys de Lannay, empirique. Paris, 1568, in-S". — III. Deux livres des venins avec les œuvres de Nicandre, traduction du grec en vers français. Anvers, 1568, in-4°. IV. De venenis libri duo gallicè scripli, et postmodwn opéra Hiermiœ Martii Augusiani, in lalinum sermonem cotiversi, quibus adjuncius est ejusdem de antimonio tractatus, eodem interprète. Anvers, 1571, in-4°. — V. Parlium corporis humani, tum simplicium luni couipositarum, brevis elucidatio, cum epitome Vesalii. Anvers, 1565 et 1572, in-lbl. Gel ouvrage a paru en français, à Paris, en 1569, in-fol., sous ce titre : Les portraicts anatoniiques de toutes les parties du corjjs humain^ graves en taille douce par le commandement de feu Henry huictiesme, roy d'Angleterre, enseîuble l'abrégé de André Visai et l'explication d'iceux, accompagnée d'une déclaration anatomique. Paris, 15G9, in-fol. A. G.
GREW (Nehemiah). Médecin et botaniste célèbre, naquit à Goventry vers 1628. On a prétendu qu'il lit toutes ses études hors d'Angleterre; cependant il est plus probable qu'il étudia à Pembroke-hall, Cambridge, car un Nehemiah Grew y est inséré sur les registres comme ayant été reçu bachelier es arts en 1661. Il paraît avoir étudié la médecine sur le continent. Après avoir pris le bonnet de docteur, il revint se fixer à Goventry, mais peu après passa à Londres, où il fut reçu felloiv de la Société royale en 1672, puis en devint le secrétaire en 1677, à la mort d'Oldenburgh. En 1680, il devint membre honoraire du Collège des médecins de Londres. La Société royale lui confia en 1082 la direction de son cabinet des raretés. Enfin Grew mourut subitement le 25 mars 1712.
Dès 166i, Grew avait porté spécialement son attention sur la structure des plantes, il poussa ses études plus loin et devint très-habile dans l'examen microscopique des organes. « Linné, en mémoire des importants services qu'il avait rendus à la science des végétaux, lui consacra un genre de plantes {Grewia) de la famille des Tiliacées. Aucime des théories de ce botaniste ne mérite
086 (;rewia.
aujourd'hui qu'on y ait égard; mais ses observations sont encore du plus haut intérêt, pleines de sagacité et d'oiiginalité. On distingue surtout celles qui ont rapport à l'eiu'oulenient des feuilles dans les bourgeons, à la texture du bois et à la composition organique des semences. Le premier il a connu l'albumen des graminées, qu'il désignait sous le nom de vitellus. Il soupçonna les sexes (les plantes, et, suivant lui, ce n'est pas le pollen en nature, mais seulement un effluve subtil et vivifiant qui opère la fécondation; cette opinion a été longtemps celle d'un grand nombre de physiologistes. » On cite de lui :
I. The Anatomy of Vegetnbles begiin witha General Account of Végétation founded thereon. I.ondon, 1672, in-S". — II. Anatomy of Plants. London, 1(372, in-8". — III. An Iclea of l'hijlological History of Plants, togcther witli a Conliniia'ion of the Anatomy of Planta prosectitcd upon Roots. Loiidon, 1675, in-fol. — IV. The Comparative Anatomy ofTrunks, uith an Account oft/teir f'ei/etatio?!. London, 1675, in-S". — V. Muséum Regalis Societatis. A Catalogue and Desa-iptiun of t/te ISalioal and Arttficial Rareties belunging to t lie Royal Society, with a Comparative Anatomy of Stomachs and Guts. London, 1681, in-fol. — YI. The Anatomy, with an Idca of a Philosophical History of Plants. London, 1682, in-fol. — VII. A Treatise of the Nature and Use of the Bilter Purging Sait. London, 1697, in-12. — VIII. Cosmologia Sacra, or a Discourse of the Universe, as it is the Créature and Kingdom ofGod. London, 1701, in-fol. — IX. Experiments on the Affusion of severat Menstniunis uponatl Sorts of Bodies. London, 1675, in-12. L. 11>.
UKE\VIA (L.). Ce genre, dédié au célèbre Grew, appartient à la famille des Tiliacées, série des Tiliées, et a même, pour certains auteurs, donné son nom à une tribu des Grewiées, caractérisée principalement par la forme du réceptacle lloral. L'insertion de la corolle et celle des étamines s'y trouvent sé[)arées l'une de l'autre par une sorte d'entre-nœud dont le sommet se dilate plus ou moins et se revêt souvent d'un disque glanduleux. A la base de cette colonne se voient des fossettes ou des dépressions qui répondent à la base des pétales. Ceux-ci sont valvaires ou imbriqués, parfois nuls. Les étamines sont liypogynes, en nombre indéfini, et l'ovaire, à 4, 5 loges oppositipétales, renferme dans chacune d'elles deux ovules ascendants ou en nombre indéfini d'ovules bisériés. Le fruit est drupacé, entier ou lobé, 2-5-loculaire, et les graines ont un albumen copieux, peu abondant ou nul. Les Grewia habitent tous les pays chauds du ]iionde; ce sont des arbres ou des arbustes, à poils souvent étoiles, à feuilles alternes, entières ou serrées, 5-7-nerves à la base, avec ou sans stipules. Les Heurs sont axillaires ou terminales, solitaires, ou en cymes ou en grappes de cymes. Le genre comprend au moins Q() espèces. Les plus employées dans la médecine des pays chauds sont : en Asie, les Grewia orientalis L. et Jtlicrocos L., qui sont astringents. Les G. asiatica L. et columnaris Sw. le sont également. Le G. asiatica est même réputé antisyphilitique. Le G. megalocarpos J. passe dans l'Inde pour toxique; Rheede affirme même que le G. orientalis L., le Conradi des indigènes, sert, au Malabar, au traitement de la goutte {Hort. malab., V., t. 46). Le Kell du Sénégal est un Grewia; il est, d'après Adanson, usité dans le traitement des affections vénériennes. Beaucoup d'autres espèces sont aromatiques-amères. Plusieurs ont des fruits charnus et comestibles. Ceux du G. megalocarpa servent à préparer des sorbets rafraîchissants. On consomme ceux du G. hirsuta Vahl, iiliœfolia Yahl, sapida Roxb. Le G. elastica Royl., le Dhamnao de l'Inde, est remarquable par la souplesse de son bois. H. Bx.
Bibliographie. — L., Gen., n. 1026, part. — G.ert\., Fruct., l, 273, t. 57. — Mér. et de L., Dict. Mat. méd., III, 426. — Rosesth.. Syn. plant, diaphor., 752, 1148. — H. Bx, Hist. des pi., IV, 168, 181, 191, fig. 195, 196. H. B.n.
GRIESBACH (Eaux minérales de). 687
GRIAS. Le G. cauliflora L. {Spec. pi., 752) est un arbre des Antilles, de la famille des Myrtacées et du groupe des Barringtoniées, dont le fruit charnu est la Poire d'anchoix des colons [Anchovy Pear) et sert à faire des conserves; mais en dehors de ses usages alimentaires il est sans intérêt pour la médecine.
Bibliographie. — Sloane, Hist. Jam., II, 122, t. 217, fif?. 1, 2. — P. Biiowne, Jam., 245. — LuNAx, Hart. jam., I, 19. — DC, Prodr., III, 296. — Bot. Mag., t. S022. — Mér. et de L., Dict.Mat. méd., III, 426. — PvOsenth., Syii. lAanl. diaphor., dil. — II. Bn., Hist. des pi., VI, 526, 547, 575. H. Bn.
GRIESBACH (EaUX MINÉRALES ET CURES DE PETIT-LAIT DE). Atkemiales OU
hypothermales ., bicarbonatées calciques moyennes ou silicatées moyennes, carboniques fortes; en Allemagne, dans le grand-duché de Bade, dans le bailliage d'Oberkirch, dans la vallée de la Rench, sur la route de Strasbourg à Stutlj^art, à la jonction du Giiesbach, qui descend à l'est de la Leopoldshohe, pic de 1064 mètres de hauteur, et de la petite rivière la Rench, dont la source est au nord-ouest du Kniebis, d'une hauteur de 1084 mètres, entre le Rossbiihl, qui a 1075 mètres, et l'Alexanderschanze, d'une élévation de 990 mètres. Des bois couronnent les montagnes escarpées que nous venons de nommer et les maisons du village, peuplé de 790 habitants, sont groupées à leur base. Les promenades et les excursions que les hôtes de Griesbach aiment le mieux à faire sont : Rippoldsau et Antogast {voy. ces mots) à 8 et 9 kilomètres, la cascade de Teufelskanz, la chaire du Diable, rocher escarpé au-dessus duquel s'élève en forme de toit un bloc énorme sur lequel on jouit d'une vue magnifique (chemin de fer de Paris à Strasbourg, Kehl, Appenweier, d'où une diligence conduit en quatre heures à Griesbach). Griesbach, à 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, a un climat très-agréable dont la température annuelle moyenne est de 10 degrés centigrade; la température moyenne des mois de juin et de juillet est de 17 à 20 degrés centigrade. Le mois de septembre est peutêtre le plus beau mois de l'année à Griesbach, où émergent du gneiss et du granit deux sources exploitées depuis le dixième siècle. La première se nomme Trinkquelle (source de la boisson) et la seconde Badquelle (source du bain). Elles ont un débit journalier de 6 050 000 litres.
1° Trinkquelle. Elle est la source athermale de la station, c'est elle qui a contribué surtout à sa réputation. Son eau est d'une clarté et d'une transparence complètes, et cependant elle colore fortement en jaune-rougeâtre la paroi intérieure de son bassin de captage, elle est incolore et n'a pas d'odeur, des bulles gazeuses la traversent et viennent incessamment s'épanouir à sa surface ou s'attacher en perles brillantes et nombreuses sur les verres avec lesquels on la puise ; son goût est piquant, salé, mais surtout styptique et ferrugineux et pourtant agréable. Sa température est de ll^S centigrade et sa densité de 1,0047; nous donnons son analyse chimique en même temps que celle de la source suivante.
2° Badquelle. L'eau de Trinkquelle, ainsi que son nom l'indique, est presque exclusivement employée en boisson, celle de la Badquelle est réservée pour les bains et les douches. Son eau a un goût la moitié moins ferrugineux que celui de la source de la Buvette, elle est aussi beaucoup moins gazeuse; sa température est de 26 degrés centigrade et sa densité de 1,0025. Bunsen a fait en 1855 l'analyse de l'eau des deux sources de Griesbach; cet habile chimiste a trouvé dans 1000 grammes les principes suivants ;
688 GRIESBACH (Eaux minérales de).
TniNKQl'ELLE. BADQUELLE.
Bicarbonate de chaux 1,592142 0,929900
— magnésie 0,091771 0,08il90
— fer . 0,078151 0,032659
— manganèse 0,000911 0,002206
Sulfate de soude 0,788283 0,449193
— chau'^ 0,28l>298 0,242511
— magnésie 0,195035 0,085714
Clilorure de pota^ium ... ... 0,023225 0,015851
— sodium 0,011150 0,019234
Alumine 0,002945 0,001519
Silice 0,0-15500 1,576910
Acide aisénique • • • • traces sens. traces sens.
— crénique et apocrénique traces. traces.
Total des matières fixes. . . . 5,116474 5,437887
y acide carbonique libre.. 2,413478 -
Gaz ] azote 0,000569
( oxygène 0,000035
Total des i,AZ 2,415880 .
Établissement. L'établissement est entouré de très-beaux jardins d'où l'on jouit d'un point de vue remarquable; il contient 150 chambres destinées au logement des baigneurs, une buvette avec Trinklialle et -40 cabinets pour les bains et pour les douches d'eau, pour les bains avec décoction de bourgeons de sapin, pour les bains et les douches de gaz. Le pavillon de la Trinkquelle est situé dans le bâtiment supérieur et on y a installé aussi le petit-lait que les malades peuvent boire pur ou coupé avec l'eau minérale de la buvette de Griesbacli.
Mode d'administration et dose. La dose de l'eau de la Trinkquelle à l'intérieur varie de quatre à huit et même dix verres, pris le matin à jeun et de quart d'heure en quart d'heure. Certains malades en coupent leur boisson aux repas. Comme l'eau de cotte source est Irès-fortement carbonique, plusieurs buveurs reçoivent le conseil de laisser évaporer une partie du gaz en excès avant de l'ingérer, quelques-uns doivent faire chauffer cette eau afin de la débarrasser plus complètement du principe gazeux qu'elle tient en suspension. La durée des bains généraux d'eau de la Badquelle, dont on a arliliciellement élevé la température de 6 à 8 degrés centigrade, est d'une heure en général. L'administration dts douches d'eau dure d'un quart d'heure à vingt minutes. Les bains entiers avec le gaz acide carbonique se prennent pendant vingt minutes ou une demi-heure. Les douches gazeuses locales varient de dix minutes à un quai't d'heure. Nous n'avons rien de particulier à dire sur le petit-lait et les bains minéraux ou d'eau ordinaire, composés d'une décoction plus ou moins concentrée de bourgeons de sapin ; ces moyens sont employés à Griesbach comme dans les autres établissements où ils font partie de la cure.
Emploi thérapeutique. L'eau de la Trinkquelle de Griesbach est une des plus ch.irgées en principes ferrugineux de toute l'Europe, et elle l'emporte sur les eaux d'Allemagne les plus chalybées, comme le sont celles de Schwalbach et de Pyrmont, par exemple. La Trinkquelle est, pour ainsi dire, le type des eaux ferrugineuses fortes; comme son eau contient une très-grande quantité de gaz acide carbonique dissous et surtout en liberté, son goût styptique et atramentaire très-prononcé est beaucoup moins désagréable et la rend d'une digestion plus facile. Son fer et son gaz en quantité relativement considérable expliquent l'action physiologique et curative de l'eau de la Trinkquelle de Griesbach,
GRIESINGER. G83
qui est à la fois excitante, tonique, analeptique, astringente, diurétique et reconstituante à un très-haut degré, c'est-à-dire qu'elle agit puissamment sur l'hématose, ce qui explique aisément que, dans certains cas, elle semble arrêter ou modérer des accidents nerveux qui ne reconnaissaient pour cause qu'un grand appauvrissement des matériaux plastiques du sang, sanguis moderator nervorum.
Les résultats produits par l'eau de Griesbach à l'intérieur et à l'extérieur sur l'homme en santé conduisent directement à leur application thérapeutique. Il est inutile, par conséquent, d'insister longuement sur les états morbides auxquels elle convient. L'anémie, quelle que soit sa cause, la chlorose et toutes ses complications, sont avant tout du ressort de l'activité de l'emploi interne et externe de l'eau de Griesbach. Ses indications conduisent à ses contre-indicalions. Ainsi, la grande proportion de fer et de gaz qu'elles contiennent en rende l'administration dangereuse à tous ceux dont la constitution fait redouter une congestion ou une apoplexie. Les graveleux et ceux qui ont dans les reins de petits calculs n'ayant pas un calibre trop considérable pour pouvoir être expulsés par leurs voies naturelles se trouvent bien aussi des bains et surtout de la boisson de l'eau de la Trinkquelle, alors surtout que leur diathèse urique est accompagnée de faiblesse et d'atonie générales.
La durée de la cure est d'un mois.
On exporte beaucoup l'eau de la Trinkquelle de Griesbach. A. Roturea.u.
Bibliographie. — Tabersamontanus (Th.). a. a. 0. cap. lxxiii, S. 427. — Du même. Von dem Greysbacher uiid vom Sanct-Petcrsbrunnen , beyde in dem Schwartzwald nicht weit von d. Slâltleiii Oppenaw gclegen. Strassburg, 1590. — Gr/ESecus (G.). Scatebra pelrina seu acidularum D. Pétri et Griesbacens descriptio. Argentorati, 1607, teutscli, 1(325. — Hildanus (Guill.-F.). Bc thermis valesianis, acidulis Griesbacentibus, Hem therniis Piperinis, adjecta illarum thermarum tabula genuiiia. Francof., 1629. — Du hèsie. Observationes medicochirurg. lib. H. Francof., 1640. — Rhdmei.ius (J.-Ph.). Thermarum et acidularum descriptio, vornehmlich aber auf den Griesbacher, Petersthaler uiul Egrischen Sauerbrunnen gerichtet. Tubingen, 1631. — Stenzel ^J.-B.). Lebensbalsam in der Diât und Universaltinctur so in dem Griesbacher Sauerbrunnen bestehet. Strasburg, 1714. — Dd même. Des deux fonts dites de Griesbach et de Saint-Pierre qui se trouvent dans la Forêt Noire proche de la petite ville d'Oppenau. Strasbourg, 1719. — Sebitz (M.). Beschreibung und Wiederlegung der Missbrâuche beini Gebrauch der Sauerbrunnen. Strasburg, 1747, S. 24 u. f. — Bôckmann (G.-W.). Phijsikalische Beschreibung der Gesundbrunnen und Bàder Griesbach, Petersthal und Antogast. Carlsrnhe, 1810. — Zentner. Bas Renchthal und seine Bàder, Griesbach, Petersthal, Antogast, Freierbach und Suhbach, mit einem botan. Anhange. — Kôlreuter. A. A. 0., I Jahrg., S. 146-153; II. Jahrg., S. 36, 57, 215-229. — Robekt (A.). Guide du médecin et du touriste aux bains de la vallée du Rhin, etc. Paris et Strasbourg, 1857.
GRIESI1\GER (Wilhelm). Célèbre médecin allemand, naquit à Stuttgart le 29 juillet 1817. U fit ses humanités au gymnase de sa ville natale, où il eut pour condisciples Roser et Wunderlich, qui furent par la suite ses meilleurs amis. En 1834, il se rendit à l'université de Tubingue et plus tard à Zurich où il eut pour maître le célèbre Schonlein. En 1838, il fut reçu docteur et soutint à cette occasion une thèse sur la diphthérie ; par une fatalité singulière, il était destiné à succomber à des accidents diphthéritiques.
Après avoir fait un court séjour à Paris, Griesinger vint s'établir, en 1839, à Friedrichshafen, dans le but d'y faire de la pratique médicale. Mais peu après, sur le conseil de Wunderlich, il brigua le poste à'assisfent à l'établissement des aliénés de Winnenthal, dans le Wurtemberg, et l'obtint; il passa deux ans dans cette maison, alors dirigée par le savant aliéniste Zeller, dont il sut gagner toute " - ^ 4i
€90 GRIE SINGER.
l'amitié. En 1842, il se rendit à Paris, et à son retour fil unbref séjour à Vienne et enfin se fixa à Stuttgart.
Un an après, WunderJich l'appela auprès de lui en qualité d'assistant de clinique, et à la même époque il se fit nommer privat-docent. Il devint professeur extraordinaire en 1847, puis en 1849 fut nommé professeur ordinaire de clinique médicale à Kiel en même temps que membre du Collège sanitaire. Il ne resta à Kiel que quelques mois et le h''' mai 1850 se démit de ses fonctions pour se rendre au Caire avec le titre de président du Conseil de santé et de directeur de l'École de médecine, en même temps qu'il reçut la charge de médecin particulier dn vice-roi d'Égyple Abbas- Pacha. Il passa deux ans au Caire, où il recueillit les matériaux de son remarquable Traité des maladies infectieuses, qui parut en 1850-1857. 11 revint dans le Wurtemberg en 1852 et fut appelé en 1854 à occuper la chaire de clinique médicale à l'université de Tubingue devenue vacante par le départ de Wunderlich nommé à Leipzig. En même temps il fréquenta l'établissement des idiots de Mariaberg et y recueillit de nombreux matériaux qu'il utilisa pour la seconde édition de son Traité de pathologie mentale. Lorsiju'en 1859, par suite de la mise à la retraite d'Autenrielh, la policlinique devint vacante, Griesinger fit des efforts pour la réunir à sa clinique, souvent trop dépourvue de malades, mais il n'y réussit point et résolut de quitter Tubingue. Dès l'année suiviiute, en 18(iO, il accepta la chaire de clinique médicale de Zurich. 11 eut la satisfaction de voir s'édifier les années suivantes un asile d'aliénés construit complètement selon ses idées, et en 1865 commença des cours de clinique psychiatrique à l'ancien asile. Enfin, en 1805, il fut appelé à Berlin.
Là il occupa la chaire de clinique médicale et dirigea en même temps la policlinique. Ce))endant il ne conserva pas longtemps cette dernière et se livra exclusivement à l'étude des maladies mentales et nerveuses. Il mourut le 26 octobre 1868 des suites d'un abcès de l'appendice vcrmiculaire ouvert par lioser ; la mort était due à des complications diphthéritiques.
Au début de ses études, Griesinger subit l'influence de Schonlein, et daa« tous ses écrits on retrouve la trace des tendances philosophiques et spéculatives que son maître avait fait naître en lui ; c'est aussi de Schonlein qu'il tenait cet esprit de généralisation qui lui permit si souvent de réunir en corps de doctrine les faits épars et souvent les plus disparates en apparence.
Griesinger a été l'un des représentants les plus autorisés de la médecine physiologique, doctrine qui n'a guère de commun que le nom avec le système inauguré en France par Broussais ; les Allemands gardèrent l'idée même de ce système, mais se réservèrent la liberté d'en déduire à leur gré les conséquences. Henle fut le promoteur de ce mouvement si fécond en résultats. Griesinger, pas plus que ses collaborateurs aux Archives de médecine physiologique, Wunderlich, Vierordt, etc., ne se laissa entrahrer au delà des limites raisonnables ; entre ses mains, la médecine ne devint pas une science purement expérimentale comme la physiologie ; il resta toujours fidèle à la méthode d'observation, il resta clinicien, en un mot. Chaque fois qu'il se trouvait en présence de faits bien établis, acquis ù la science, son esprit éminemment pliuosophique lui permettait d'en dégager aussitôt l'élément commun et de grouper ces faits d'une manière rationnelle ; c'est en quoi consistait la supériorité de son esprit. Dans la pathologie^ mentale, il s'égara cependant plus d'une fois, en voyant des analogies là où il ne s'agissait que de simples comparaisons : telle a été sa tentative d'établir