‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.46Chapitre 89 sur 97 · GRIMPEREAU · texte numérisé non relu

GRIMPEREAU

Le Grimpereau brachydactyle [Certhia hrachydaclyla Briss.), qui ne diffère (lu préc(!dent que par des particularités de faible importance et entre autres par la teinte rousse des parties inférieures de son corps, est commun pendant toute l'année dans plusieurs de nos départements.

Les Tichodromes {Tichodroma Illig.) ont, comme les Grimpereaux proprement dits {Certhia), le bec mince et arqué, les narines à demi recouvertes par une membrane, les doigts grêles armés d'ongles crochus; mais ils ont la queue plus arrondie et formée de pennes molles, à tige flexible, et le plumage lâche, soyeux et vivement coloré. Ainsi le Tichodrome écheletle {Tichodroma muraria L.), dans sa livrée de noces, a le dessus de la tête et le croupion d'un gris foncé, le dos d'un gris clair, le ventre d'un gris rougeàtre, la gorge, les joues et la queue noires, les ailes en partie de la même couleur, avec des taches et des lisérés d'un rouge vif sur les pennes primaires. Cette belle espèce habite l'Europe méridionale, le nord-est de l'Afrique, le sud et l'ouest de l'Asie ; en France, elle est assez commune dans les Alpes et dans les Pyrénées et se montre à certaines saisons dans nos départements du Centre. Elle niche dans des trous de rochers et pond des œufs blancs et sans taches. Son nom à'Echelette fait allusion à ses allures. En effet, le Tichodrome grimpe le long des rochers les plus escarpés avec autant de célérité et d'adresse que s'il avait à sa disposition les degrés d'un escalier ou les barres d'une échelle. Pour monter, il ne s'appuie pas sur l'extrémité de ses pennes caudales qui n'ont pas la rigidité de celles du Grimpereau, mais il se sert de ses ailes qui battent l'air comme deux palettes et hissent l'oiseau par une série de secousses.

Réuni au. genre Certhia le genre Tichodroma constitue la tribu des Certhiens, ([ui correspond à l'ancien genre Certhia de Linné et qui forme à son tour, avec la tribu des Sittiens, h petite famille des Certhiklés {Cerlhiidae Bp., Certhiadœ\'\§.), équivalant aux Anerpontes de Vieillot et à une partie des Ténuirostres de Duméril. Tous les représentants de ce groupe se ressemblent par les formes générales de leur corps, par la disposition de leurs pattes et par leurs habitudes; mais les Siltiens, qui comprennent plusieurs genres, Sitta, Sitella, etc., ont les ailes plus longues, la queue plus courte, les tarses et les pieds plus robustes que les Certhiens; en outre leur bec, au lieu de s'allonger et de se recourber vers le bas, reste de longueur moyenne et présente une certaine analogie avec celui des Pics, la mandibule supérieure étant droite et la mandibule inférieure l'ormant un coin avec son antagoniste. Cette mandibule inférieure décrit cependant, à quelque distance de son extrémité, un angle qu'on n'observe pas chez la plupart des Pics, dont la queue est d'ailleurs constituée par des pennes extrêmement rigides. Les doigts sont très-allongés; l'interne et le médian sont réunis par une petite membrane, et le médian est soudé à l'externe jusqu'au bout de la première phalange; tous sont armés d'ongles crochus et acérés, et la lace inférieure du pied est couverte de callosités. Quant aux organes internes, ils offrent, d'après Nitsch, la même disposition que dans les oiseaux chanteurs, et le larynx inférieur est, comme chez ces derniers, pourvu de muscles particuliers. La langue est protractile, mais moins que chez les Pics; elle ne remplit au repos que la moitié du bec et se termine en avant par de nombreux filaments.

En dépit de la faible consistance et de la brièveté de leurs pennes caudales, qui ne sauraient leur fournir un point d'appui solide, et malgré la disposition de leur doigt externe, qui n'est pas réversible comme celui des Pics, les Sittiens

GRIMPEURS. 7()r)

grimpent aussi bien et même mieux que ces derniers oiseaux et descendent parfois le long de parois verticales. La longueur de leurs doigts, la force de leurs ongles et la rugosité de la face inférieure de leurs pieds, leur permettent en effet d'embrasser une large surface d'écorce et de s'accrocher à de nombreuses aspérités. Comme les Grimpereaux, ils font la chasse aux petits insectes et à leurs larves, mais ils recherchent aussi les graines des hêtres, des tilleuls, des érables, des pins et des sapins, les glands, l'orge et l'avoine. Ils ne se tiennent pas seulement dans les grandes forêts, mais ils fréquentent aussi les vergers et les jardins et pénètrent quelquefois jusque dans les habitations. Leurs œufs blancs, tiquetés de rouge, sont toujours déposés dans un trou, mais plutôt dans le creux d'un arbre que dans une fente de mur ou de rocher, et, quand l'entrée de cette cavité se trouve trop large, les parents ont soin d'en murer une partie avec de l'argile. C'est à cette habitude qu'une espèce de Sitlien de notre pays, la Sittelle bleue {Sltta cœsia), doit son nom vulgaire de Torchepot.

La Sittelle bleue a le dos d'un gris de plomb tirant au bleu, le ventre roux, le menton blanc, les flancs et la région sous-caudale d'un brun châtain, les ailes et la queue variées de gris, de noir et de blanc. Elle est assez commune dans l'Europe centrale et est remplacée dans le nord par la Silla europœa, dans l'est et le sud-est par la Sitta syriaca qui, comme son nom l'indique, a été signalée primitivement en Syrie. La Sittelle à capuchon [Sitella pileata), qui vit en Australie, appartient à un autre genre, caractérisé par des ailes relativement plus longues et par un bec plus grêle, avec une échancrure en arrière de la pointe de la mandibule supérieure. Elle fait son nid sur les. branches et le construit avec des lambeaux d'écorce et ^des toiles d'araignée.

E. OuSTALET.

Bibliographie. — Ch.-L. Bonaparte. Conspectus aviiim, t. I, 1850. — Degland et Gerbe. Ornithologie européenne, 2' édit., t. I, p. 185, 1867. — Brehm. Vie des animaux, trad. franc, de Z. Gerbe, Oiseaux, p. 51. — H.-E. Dresser. A History of the Birds of Europe, in-4<', avec pi., 1871-1882. E. 0.

GRIMPEURS. Tous les oiseaux dont le doigt externe se dirige en arrière comme le pouce constituaient pour G. Cuvier un ordre particulier qu'il plaçait immédiatement après les Passereaux et qu'il désignait sous ce nom de Grimpeurs ^v^<S\^^,à\'i>'iSSr\\., cette appellation ne convînt pas à tous les représentants de ce groupe et que d'autre part plusieurs oiseaux appartenant à un ordre diftérent fussent également doués de la faculté de grimper. Aux caractères extérieurs tirés de la conformation des pattes G. Cuvier en joignait d'autres fournis par le squelette et notamment par le sternum, généralement pourvu chez les Grimpeurs d'une double échancrure au bord postérieur. Il reconnaissait cependant que ce dernier caractère n'était pas constant, puisque l'échancrure était simple chez les Perroquets et manquait dans beaucoup d'autres espèces.

Parmi les Grimpeurs Cuvier énumérait successivement les Jacamars [Galbula Briss.), les Pics [Picus L.) avec les Picoïdes ou Pics dépourvus de doigt externe, les Torcols [Yunx L.), les Coucous [Cuciilus L.), les Malcohas [Malcoha Vail.), les Scythrops {Scythrops Lath.), les Barbus [Biicco L.), les Couroucous {Trogon L.), les Anis [Crotophaga L.), les Toucans {Rhamphastos L.), les Perroquets {Psittacus L.), puis il ajoutait : « On place communément parmi les Grimpeurs deux oiseaux d'Afrique très-voisins l'un de l'autre qui me paraissent bien plus analogues aux Gallinacés et nommément au genre des

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