NOMBRE
B.\RO.MÈTi!E
TEMPÉRATURE
RÉDOII A 0°
Joins.
DE
TEMPERATOBE.
DE LAIB.
DE l'eU'.
fi
Pluviométrie. L'étude des pluies offre d'autant plus d'intérêt dans les fiuyanes qu'au milieu de l'uniformité presque complète que présente la température elles constituent le seul phénomène météorologique permettant d'établir des saisons, et cela d'autant plus sûrement quelles suivent une marche trèsrégulière.
Elles sont excessives dans les trois Guyanes. A Cayenne, sur dix-huit années prises dans la période qui s'étend de 1847 à 1875, la moyenne annuelle minimum a été de 2",49 (1872), la moyenne maximum de 4'",19 (1874) et la moyenne générale de ô™,52, soit presque 1 centimètre par jour. Mais ce n'est l»as avec cette uniformité que la nature les prodigue à ces terres.
MOIS
.NOMCRE
IiE JOURS I)E l'LUlE
(c.aykn.ne)
MOYENNES
J;uivier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin ...
IS
Juillet
Août .... ....
Septembre . .
Octobre . .
Novembre
Décembre
TofAliX
Comme on le voit par ces tableaux, la répartition des pluies ne permet de diviser l'année qu'en deux saisons, contrairement à quelques auteurs qui voudraient en admettre quatre. De ces deux saisons l'une, très-longue, s'étend de décembre à juin inclusivement, et l'autre, sèche, ne comprend que les trois mois d'août, de septembre et d'octobre. Les mois de juillet et de novembre établissent lu transition.
Les observations faites dans la Guyane hollandaise donnent des résultats à peu près semblables. C'est ce qui ressort des chiffres suivants résumant les observations de huit ans, faites dans cinq stations différentes :
Janvier 0,2740
Février 0,2154
Mars 0.2654
Avril 0,2464
Mai 0.5870
Juin 0,5164
Juillet 0,23«8
Août 0.1196
Septembre 0,058
Octobre 0,0510
Novembre 0,0952
Décembre 0,2424
La moyenne annuelle de ces cinq stations a été de 2,52, c'est-à-dire sensiblement inférieure à celle que nous avions trouvée pour nos possessions, 5'"," 2 ; mais, si la quantité annuelle d'eau est inférieure, la répartition mensuelle est à peu près identique, et de plus les limites des saisons sont les mêmes. Comme précédemment, en effet, nous voyous que l'année ne se divise qu'en deux périodes : l'une pluvieuse, de décembre à juin, et l'autre sèche, composée des mois d'aoiit, septembre et octobre; juillet et novembre sont également intermédiaires. Dans la Guyane hollandaise, comme pour la nôtre, la division en deux saisons seulement me paraît découler de cette statistique, et nous l'avons établie par une étude détaillée dans notre traité sur les maladies paludéennes des Guyanes.
Mais, dans la Guyane anglaise, si la quantité d'eau tombée chaque année se rapproche de ce que nous observons à Cayenne (elle a été de o'",27 en 1871), les auteurs s'entendent pour admettre qu'il existe réellement quatre saisons au lieu de deux. « L'année, écrit Schomburgh, est partagée en deux saisons de sécheresse et deux autres de pluie. Toutefois, ces divisions n'ont pas été régulières pendant ces dernières années. La grande saison de sécheresse commence vers la fin août et se prolonge jusqu'à la fin de novembre; des ondées se
succèdent jusqu'à la fin de janvier, puis la sécheresse recommence au milieu de février, et continue jusqu'au milieu d'avril, époque où les pluies tombent par torrents et font déborder les rivières. » La même opinion est reproduite par Âviille dans une étude publiée en 1880 : « L'année se divise en deux saisons sèches et deux saisons pluvieuses. A Georgetown, la petite saison sèche est en mars et avril, et la grande d'août à novembre; la grande saison pluvieuse est en mai, juin, juillet, et la petite du milieu de novembre à la fin février. » Il paraît donc y avoir une différence avec les deux précédentes. La longue saison des pluies serait interrompue par une courte période de sécheresse. Mais celte différence est la seule et il faudrait de plus le remarquer; Schomburgh avoue lui-même que celle régularité a été mise en défaut dans la période de son observation, et Avalle, écrivant à un tout autre point de vue que la climatologie, ne s'est peut-être pas livré à des recherches très-complètes à ce sujet. Il pourrait donc se faire que des statistiques bien faites en vinssent à établir que celle division en quatre saisons n'est pas toujours marquée, la petite saison sèche faisant souvent défaut. Cependant, nous allons le voir, si cette petite saison qui a été admise à toit, d'après moi, par certains auteurs, pour les trois Guyanes, existe, elle doit s'observer d'une manière bien plus marquée pour la Guyane anglaise que pour les deux autres. C'est ce qui va ressortir des considérations suivantes.
Pour comprendre, en effet, le régime des pluies dans ces régions, il faut se rappeler qu'entre les alizés nord et les alizés sud il existe une bande de calme caractérisée par des pluies constantes : bande de calme dont le milieu passe un peu au nord de l'équateur, et qui, suivant le mouvement du soleil, s'élève de quelques degrés dans l'hémisphère nord pendant l'élé, et descend do quelques degrés vers le sud pendant l'hiver. Les Guyanes étant comprises dans cette bande de calme, assez étroite sur ce point, il en résulte que le mouvement d'oscillation dû au passage alternatif du soleil dans les deux hémisphères aurait pour résultat, s'il était accentué, de les découvrir deux fois dans le courant de l'année, les plaçant, pendant l'été dans la zone des alizés sud, et, pendant l'hiver, dans celle des alizés nord. On aurait donc ainsi deux saisons pluvieuses dues au passage de la bande des calmes, et deux sèches, l'une avec les alizés N. E. et l'autre avec les alizés S. E.
C'est ce qui peut arriver pour la Guyane anglaise qui s'élève plus au nord. Mais pour les deux autres, et surtout pour la nôtre, seule l'oscillation vers le nord étant assez prononcée, il en résulte qu'il n'existe réellement qu'une période de sécheresse et de vent E. et S. E., correspondant à peu près aux mois les plus chauds de l'hémisphère nord, juillet, août et septembre. A partir de ce moment, la bande des calmes descend vers le sud, atteint les Guyanes et les inonde de ses grains. Mais, tandis que l'oscillation vers le nord est suffisante pour découvrir- complètement les trois Guyanes, celle vers le sud, moins étendue, n'atteint ([ue le littoral de notre Guyane, et n'arrive à découvrir d'une manière assez marquée que celle de la Guyane anglaise, la laissant ainsi jusqu'au retour de la bande des calmes dans une zone de sécheresse.
La Guyane hollandiise occuperait une situation intermédiaire. C'est celte seconde période de sécheresse, qui est d'autant moins marquée qu'on descend plus au sud, que l'on a désignée sous le nom d'été de mars. Il se traduit assez souvent dans les possessions anglaises par une baisse sensible des hauteurs [)luviométriques, et, dans es deux autres Guyanes. seulement par une série de
belles journées, sans que les hauteurs pluviomélriques permettent de considérer cette période comme sèche. C'est ce qui ressort, bien évident, des deux séries d'observations prises à Paramaribo et à Nicterie publiées par van Leent et dues à Schomburgh. Les beaux jours, dans celte période de l'année, sont beaucoup plus rares dans notre colonie.
Telle est la loi qui régit le mouvement des pluies dans les Guyanes. Or, ce qui lui donne encore plus d'importance, c'est que ce ne sont pas seulement les Guyanes qui y sont soumises, mais aussi, comme j'ai pu m'en convaincre en résumant des statistiques nombreuses, tous les pays, îles ou terres fermes, baignés par l'océan Atlantique et compris entre les deux tropiques.
Hygrométrie. Les observations hygrométriques que j'ai pu recueillir porlent sur huit années. Ce sont : 1860, 1861, 1862, 1865, 1872, 1875, 1874 et 1875.
Celles des quatre premières années comprennent, en même temps, et la tension de la vapeur deau et Ihumidité relative exprimée en centièmes, mais ne donnent que la moyenne diurne. Celles des quatre dernières, au contraire, si elles ne contiennent que l'humidité relative, ont l'avantage de donner les résultats pris cinq ou six fois par jour.
Or, l'élude attentive de ces diverses observations fait ressortir quelques faits importants dont le plus saillant est la marche invariable de l'humidité relative dans une période diurne.
Les moyennes de tous les mois établissent que c'est à six heures du matin qu'on trouve l'humidité la plus considérable, qu'elle diminue jusqu'à une heure de l'après midi et qu'à partir de ce moment elle augmente jusqu'au lendemain matin. Toutefois, l'augmentation d'une heure à quatre heures de laprès-midi est généralement peu marquée, à ce point qu'elle peut quelquefois être nulle et que, même dans les mois d'avril, de mai, juillet et août, l'humidité relative peut descendre jusqu'après quatre heures. C'est ce qui est arrivé pendant quelques-uns de ces mois dans les années 1872, 1874 et 1875. Pour tous les aulres mois, la loi que je viens d'indiquer n'a subi aucune exception. Du reste, même pour ces mois, les différences sont insignifianles et disparaissent dans les totaux annuels, qui viennent ainsi à l'appui de la loi que j'ai formulée. Les moyennes de ces quati'e années sont les suivantes : six heures du matin, 86,51 ; dix heures du matin, 83, 55; une heure du soir, 81.14; quatre heures du soir, 85,07; dix heures du soir, 85,48.
L'influence des saisons sur l'humidité relative est moins manifeste. Cependant, soit en parcourant les années séparément, soit en faisant les moyennes, on découvre que l'humidité relative la moins grande correspond aux trois mois d'août, de septembre et d'octobre, composant la saison d'extrême sécheresse.
Quant à l'humidité de l'atmosphère considérée en elle-même, toutes les observations prouvent (qu'elle est extrême. Qu'il me suffise de rappeler que parmi les observations mensuelles, tandis qu'on ne trouve jamais une moyenne au-dessous de 77, celles au-dessus de 85 sont fréquentes et que la moyenne annuelle de ces huit années atteint 83,10.
Ce résultat se rapproche beaucoup de celui obtenu dans la Guyane hollandaise. La moyenne annuelle dans cette colonie d'après van Leent serait de 82°,5.
AsÉMOGRAPHiB. Lcs ouragaus qui ravagent si souvent les Antilles sont in-
710 GUYAiNES (LES).
connus dans les Guyanes. Sur le litloral et la mer qui la baij,^ne, les vents ne dépassent que rarement la jolie brise. Mais plus rarement encore Irouve-t-on du calme. Ce que j'ai dit sur les pluies semblait faire [irévoir que, de même qu'elles, les vents devaient être soumis à des lois invariables. U n'en est réellement ainsi que pour noire Guyane. Il est vrai que c'est la seule pour laquelle j'aie pu consulter des statistiques assez étendues.
« Durant cette époque, dit Scliomburgh en parlant de la Guyane anglaise (de février à avril), le vent souffle souvent de l'ouest et du sud-ouest. Venant de terre, il est moins sain que la brise de mer qui pendant les chaleurs se fait sentir depuis dix on onze heures du matin jusqu'au soleil couchant, tt quelquefois même pendant la nuit. Les mois d'octobre et de novembre sont les plus agréables de l'année. Alors le ciel est pur, la chaleur modérée, et le thermomètre de Fahrenheit ne s'élève pas à midi au-dessus de 85 degrés. Pendant la saison pluvieuse, de novembre à fin janvier, le poids écrasant de l'atmosphère est tempéré par les brises du nord, qui, depuis septembre jusqu'en novembre, soufflent de l'est et du sud-est. Comme elles ont traversé une vaste étendue d'eau, elles rafraîchissent l'air au point que l'on a vu le thermomètre descendre, pendant la nuit, à 74 degrés (Fahrenheit).
Je ne sais si les observations ultérieures ont corroboré celles de Scbnmburgh, elles ne concordent pas toujours avec celles que nous donnerons pour noire colonie. L'opinion de van Leent sur la Guyane hollandaise est plus conforme à ce que j'ai trouvé. D'après cet auleur, pendant les grandes saisons pluvieuses, d'avril à fin juillet, les pluies s'accompagnent de bourrasques du nord et du nord-est, et la fui de celte saison serait caractérisée par des vents chauds et accablants du sud-est» Aux mois de décembre et de janvier, ajoute-t-il, lorsque le soleil a atteint sa plus grande déclinaison méridionale, les vents de mer persislent souvent jour et nuit. Ils atteignent leur apogée à dix ou onze heures du matin et faiblissent dans la soirée.
Enfin, dans notre Guyane, je résumerai de la manière suivante dix-huit années d'observations relevées par jour et par mois. Pendant le mois de janvier, c'est-à-dire pendant que le soleil est dans l'hémisphère sud, le vent dominant est le nord-est, avec une certaine tendance à tomber vers lest. En février, cette prédominance du nord-est s'accentue. Mais en mars et avril, tout en se maintenant, elle diminue et les vents oscillent autour de cette aire, en passant souvent soit au nord-nordest, soit à l'ost-nord-est. En mai et en juin, ces trois aires de vents se partagent presque également les jours, quoique en juin la prédominance passe à l'est. C'est là (ju'elle reste pendant les mois de juillet, août et septembre. De plus à cette époque, pendant laquelle le soleil a entraîné vers le nord la bande de calme, les vents de lest-sud-est, du sud-esl et du sud, se montrent assez souvent, tandis que dans les mois précédents ils constituent de véritables exceptions. En octobre et en novembre, c'est toujours le vent d'est qui domine, mais, d'une part, les vents joufllant du sud deviennent plus rares, et de plus ceux du nord-est et de l'est-nord-est augmentent de fréquence. Enfin, en décembre le nord-est, l'est-nord-est et l'est, se partagent les jours d'une manière presque égale, toutefois avec une certaine prédominance du nord-est, qui l'emporte d'une manière définitive en janvier.
Parmi les différents tableaux relatifs à l'anémomélrie, nous publierons le suivant qui nous appartient, qui est le plus récent et un des plus complets : il est tiré des Archives du Conseil de santé de Cayenne :
DIRECTION DES VENTS PENDANT LES QUATRE ANNÉES 1872, 1873, l87l ET 1875
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Décembre
' 5 août 1822.
= 2 juillet 1872.
^irtf rfw ci'e/ et du temps. Je donne ici succinctement les observations que j'ai faites à Cayenne, à Saint- Laurent et au large. Je compte les publier ailleurs plus en détail :