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DÉCÈS
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U ne s'agit pas ici, comme on peut le voir, du résultat moyen d'une série de chiffres disparates pouvant varier, si l'on englobe dans la série quelques années de plus ou de moins. On peut s'assurer que les résultats sont constants d'année en année et que le résultat moyen n'est bien que la rcpélilion de chacune d'elles prises séparément. Ce résultat me paraît résulter de deux causes : le petit nombre de naissances d'une part, et d'une autre le grand nombre de décès. A quoi peut ê're due d'abord l'iiifériorilé des naissances? Une pensée se présente tout naturellement à l'esprit. Ne serait-ce pas l'insuffisance du nombre des femmes? Les chiffres vont nous permettre d'écarter celte hypothèse. J'ai retrouvé la division par sexe et par âge, pendant quatre des années composant la première période. Or à cette époijiie le nombre moyen entre seize et quarante-cinq ans atteignant presque le chift're de 4000, celui des hommes compris entre les mêmes li.nites étant de 5000 environ, on voit d'après ces données combien le chiffre de 196 naissances est peu en rapport avec une fécondité moyenne de la femme. La cause de la rareté des naissances doit donc être chtrcliée ailleurs, et doit s'expliquer surtout, d'après moi, par le petit nombre d'unions et aussi par les conditions misérables qui étaient le lot de cette population.
(]ependant, malgré les mauvaises conditions, un fait doit nous frapper, c'est la proportion moindre des décès que dans la race blanche, qui jouissait au contraire de tous les avantages. Chez cette dernière, en etfet, pour la môme période, la mortalité s'élève à 06 pour 1000, tandis que dans la race noire elle n'est que de 20. Il faut que la race noire ait une supériorité bien marquée comme résistance au climat, pour que, malgré tous ses désavantages, sa mortalité reste encore si inférieure. L'influence des conditions de bien-être de la race blanche ne se révèle que par une natalité pins considérable. Elle atteint 25,5 chez elle, tandis que dans la même période elle n'est que de \i chez les esclaves et de 20 dms la période suivante. Chez les gens de couleur, elle atteint le chiffre élevé de 29 pour 1000. Une antre observation m'a frappé et, je le crois, elle mérite d'être signalée, c'est qu'à la Guyane, dans la race blanche, comme dans le groupe des esclaves, ce sont les enfants mâles qui dominent. Ainsi, pendant les quatre années de 1825 à 1826, la moyenne des garçons au dessous de quatorze ans, chez les blancs, a été de 134, et celle des filles de 119
seulement. Chez les esclaves, la proportion est un peu moindre, mais la prédominance du sexe masculin est encore très-sensible. La statistique a adopté l'âge de seize ans pour les garçons et de quatorze seulement pour les filles : il y a donc une correction à faire. Or, en retranchant deux années, c'est-à-dire 1/8, du chiffre total des garçons, on réduit le chiffre de 19(J2 à 1724, qui l'emporte encore notaldement sur celui des filles, qui n'est que de 1610.
Ce double résultat chez les races pures est, d'après moi, d'autant plus digne d'intérêt, que les proportions changent quand il s'agit des métis.
Ces statistiques, quoique ne portant que sur quatre ans, nous donnent encore un résultat intéressant relativement à la longévité dans les deux races et selon les sexes. Dans la race blanche de même que dans la race noire, les personnes dépassant soixante ans sont manifestement plus fréquentes dans le sexe féminin que dans l'autre, et cela dans des proportions à peu près identiques. Quant à l'innuence de la race sur la longévité, c'est la race blanche qui l'emporte, mais il y a lieu de tenir un comple sérieux de la différence d'existence.
De ce qui précède il résulte donc qu'à la Guyane, dans la race noire en état d'esclavage, la mortalité dépassait la natalité, que la proportion des naissances était inférieure à celle des blancs, ainsi que celle des décès, que dans les deux races les garçons étaient plus nombreux que les filles, enfin que la longévité était plus fréquente dans la race blanche, mais que cependant elle n'était pas rare dans la race noire.
Immigration africaine. A côté de cette population à l'état d'esclavage, je crois devoir la considérer à l'état d'immigrante. C'est sur l'état de population du !'■' janvier 1854 que cette immigration figure pour la première fois. Elle comptait en ce moment seulement 235 immigrants, mais elle augmente rapidement; de 800 en 1858, elle atteint le chiffre le plus élevé, 1470, en 1861. Puis elle diminue jusqu'en 1881, époque à laquelle elle ne figure plus que pour 266 individus. No;is n'avons pas d'auti'es renseignements sur ce groupe que ceux compris dans celte statistique :