‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.47Chapitre 11 sur 126 · DE LA BASE · texte numérisé non relu

DE LA BASE

IiE LA rOlNTE.

millimètres.

millimèlies.

millimèires.

millimètres.

L'augmentation des dimensions de la portion sous-vaginale est exactement la même (|ue chez les primipares.

Tarnier et Clianlreiiil. dans le deuxième fascicule de leur traité, en exposant et analysant les travaux allemands, admettent l'hypertrophie de la portion vaginale du col pendant la grossesse, mais ne se prononcent pas sur l'évasement de la portion sus-vaginale.

llamburg dans son travail intitulé : Ueber die I Période der meiuchlichen Geburt. Strasbourg, 1882. se montre l'adversaire de Braune et Bandl en s'appuyant sur des considérations physiques et anatomiques.

Tel est le résumé des diflerenles opinions émises sur les modifications portant sur le volume du col pendant la grossesse. Pouvons-nous aujourd'hui affirmer que telle opinion est vraie et telle autre fausse? Non. Cependant nous croyons qu'un fait est acquis définitivement : l'hypertrophie dn col pendant la grossesse.

Nous avons même fait de nombreuses recherches à ce sujet et nous sommes convaicu que le doigt ne peut servir à juger la question. Par l'examen direct, avec des valves métalliques, alors que le doigt nous donnait la sensation d'un col effacé, nous le trouvions mesurant 5 ou i centimètres de longueur. La mollesse excessive fait disparaître pour le doigt la notion de l'étendue.

Donc, nous appuyant sur ce que nous avons constaté directement, nous dirons, avec Martin : pendant la grossesse, le col ne s efface pas, il augmente de volume au contraire. On peut rencontrer avant terme un col effacé, mais alors ou il y a hydro[)isie de l'amnios ou grossesse gémellaire, et dans ces cas le col est plutôt déhiscent qu'effacé; ou bien on peut encore observer l'effacement véritable, mais il y a eu début d'un travail prématuré.

Portion siis-vaginale. D'après ce qui précède, deux opinions restent en présence : l'opinion ancienne, reprise par Braune et Bandl, et celle de Stoltz. Bien que nous n'ayons que quatre autopsies de femmes enceintes mortes dans le dernier mois de la grossesse pour appuyer notre manière de voir, les nombreuses observations que nous avons faites avec le doigt et les instruments nous font penser que la portion sus-vaginale ne s'efface pas plus pendant la grossesse que la portion vaginale et qu'elle ne disparaît qu'au début du travail.

État des orifices. Les détails dans lesquels nous venons d'entrer nous permettront d'être bref sur ce point. Les orifices doivent être étudiés chez les primipares et chez les multipares.

Primipares. L'orifice externe, représenté par une fente linéaire et transversale à l'état de vacuité, s'arrondit et prend une forme ovale ou circulaire pen-

GROSSESSE (piiYsioi.oGiE). ô'o

dant la grossesse. Mais cet orifice reste fermé dans le plus grand nombre des cas jusqu'à la fm de la gestation.

Dubois et Pajot pensent que les exceptions à cette règle sont loin d'être rares. Tarnier et Cliantreuil dirent avoir rencontré « assez souvent le col entr'ouvert, c'est-à-dire admettant la pulpe de l'indicateur, chez des primipares qui étaient dans le courant du neuvième et même du huitième mois de leur grossesse. >' Wieland aurait constaté, d'après de nombreux examens pratiqués à la Maternité de Paris, que chez les primipares l'orifice externe était entr'ouvert dès le septième mois. D'après Martin, l'orifice externe ne resterait fermé pendant toute la durée de la grossesse que 17 fois sur 100.

Cette proportion nous paraît exagérée. Du reste, celte question n'est pas facile à élucider d'une façon complète, carnombre de causes, telles que le toucher digital, les rapprochements sexuels, etc., peuvent modifier et modifient l'état de l'orifice.

Le plus souvent, en pratiquant le toucher, la pulpe du doigt appliquée sur l'orifice externe perçoit une dépression et rien qu'une dépression. Dans d'autres cas, le doigt peut pénétrer et ne tarde pas à être arrêté par un cercle mince et tranchant qui se tend sur le doigt et dont la résistance contraste avec la mollesse des tissus périphériques. Dans tous les cas, l'orifice externe n'est jamais assez ouvert chez les primipares pour permettre au doigt de parcourir toute la longueur du canal cervical.

Multipare!^. L'orifice externe des multipares, limité par les deux lèvres plus ou moins irrégulières, devient plus perméable pendant la grossesse. La cavité du col preud part à l'évasement, mais d'autant moins qu'on se rapproche de l'orifice interne. De sorte que la cavité du col dont le sommet est en haut et la base se confondent avec l'orifice externe. L'orifice interne au contraire leste généralement fermé pendant toute la durée de la grossesse.

Mais parfois l'orifice interne est largement ouvert et le canal cervical l'acilemcut perméable au doigt longtemps avant la fin de la grossesse. Dans ces cas le doigt arrivant directement sur les membranes pourrait faire croire qu'il y a un début de travail, si uu examen attentif ne venait démontrer que le doi<Tt pour arriver là, a un long canal à parcourir.

En résumé, l'orifice interne reste généralement fermé pendant toute la durée de la grossesse chez les primipares et chez les multipares. L'orifice externe est généralement fermé chez les primipares et toujours ouvert et perméable, ainsi que la cavité du col chez les multipares.

Modification de la tunique séreuse de l'utérus. Tous les points de l'utérus recouverts par le péritoine à l'état de vacuiléle sont également lorsque l'utérus est gravide. Est-ce un péritoine d'emprunt dont l'utérus se serait recouvert en attirant à lui et en les dédoublant les ligaments larges, les ligaments utéroutérins et recto-utériiis. qui feraient là l'office de mésentère?

Cette opiuion soutenue autrefois ne peut être vraie qu'en partie, car, suivant 'a juste remarque de Desormeaux, l'insertion des trompes et des li'raments ovariens apparaissait un obstacle absolu à un glissement pareil. 11 faut donc admettre une véritable hypertrophie du péritoine pendant la srossesse. Du reste le péritoine augmente d'épaisseur en devenant moins adhérent surtout au niveau de la face antérieure (Pajotj. Cette expansion du péritoine sans amincissement n'est pas d'ailleurs un fait exceptionnel, car on la trouve dans toutes les hernies volumineuses (Cazeaux). Néanmoins on se tromperait en pensant que

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le péritoine utérin ne subit jamais aucune distension pendant la grossesse, car, suivant la remarque de Jacquemier, on observe quelquefois v( des éraillures, des cicatrices dans le voisinage des trompes, des cordons sus-pubiens et des ligaments de l'ovaire. » Ces éraillures péritonéales non perceptibles pendant la vie doivent être rapprochées des vergetures observées sur la paroi abdominale.

Modification delà tunique miisadeuse. Le parenchyme utérin, formé, pour le corps de l'utérus comme pour le col, par du tissu conjonctif et des faisceaux de fibres musculaires lisses entre-croisées dans divers sens, devient le siège pendant la grossesse d'une hypertrophie considérable. Cette hypertrophie est le résultat d'une part d'un accroissement considérable du volume des éléments déjà existants et delà formation d'éléments fibro-musculaires nouveaux. Les fibres cellules contractiles, au lieu de 0'"™,05 à 0,007 de longueur et O-^^.OOô à 0™",004 de largeur qu'elles présentent habituellement, mesurent au cinquième mois 0"'"\14 à 0""'\27 dans le sens de la longueur, et de 0°'"\00o à 0"'"\02 dans le sens de la largeur. Elles deviennent environ 10 à H fois plus longues et 2 à 7 fois plus larges.

La production de nouvelles fibres musculaires s'observe surtout pendant Ja première moitié de la grossesse et dans la couche interne de la tunique musculeuse. Cette génération de fibres musculaires paraît s'arrêter au sixième mois. A cet accroissement des fibres musculaires correspond celui du tissu conjonctif qui les réunit entre elles; vers la fin de la grossesse, ce dernier présente par place des fibrilles parfaitement distinctes (Kolliker).

Outre l'augmentation de volume, les fibres musculaires, comme Ranvier l'a fait observer depuis longtemps, prennent à la lin de la grossesse une strialion évidente, bien qu'elle soit loin d'être aussi nette que sur les muscles striés ordinaires.

• Les fibres musculaires de la portion de l'utérus où se trouve inséré le placenta augmentent moins de volume que les autres (Pajot).

La texture de l'utérus n'est pas modifiée par le fait de la grossesse, elle devient plus visible et plus facile à étudier, mais voilà tout. Les faisceaux musculaires ne forment pas, quoi qu'on en ait dit, de plans à direction bien déterminée. Les différentes couches obtenues au moyen du scalpel sont constituées par des faisceaux irrégulièrement disposés. Les fibres longitudinales prédominent peut-être un peu dans la partie la plus externe, les fibres horizontales dans les points les plus rapprochés de la muqueuse ; mais il n'y a pas chez la femme des couches proprement dites, dont les libres aient une disposition régulière comme on l'admet en général (de Sinéty). Yoy., pour plus de détails anatomiques, Utérus,

Pour les modifications de la muqueuse, voy. Caduque.

Vaisseaux et >erfs de l'utéris gravide. Les vaisseaux de l'utérus gravide, sanguins et lymphatiques, participent à l'hypertrophie générale de l'organe. Non seulement ils s'accroissent d'une manière considérable, mais un grand nombre de vaisseaux qui n'existaient pas, ou qui n'étaient pas visibles, se développent, et des dispositions toutes nouvelles apparaissent (Jacquemier). L'hypertrophie des artères suffit à leur élongation, car elles conservent en se développant leur disposition flexueuse. Les veines et les lymphatiques subissent également un développement énorme. Les nerfs acquièrent également pendant la grossesse un développement considérable iyoy. Caduque, CoTYLÉDo^'s, Placenta, etc., etc.).

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Modifications des propriétés de l'utérus, lien est des propriéte's de l'utérus pendant la grossesse comme de ses éléments anatomiques; elles existent toutes à l'état rudimentaire chez la femme nuUipare et la grossesse ne fait que les exalter. Le professeur Pajot a donc pu dire avec raison : « La grossesse ne crée aucune propriété nouvelle. »

La sensibilité de l'utérus, nulle à l'état de vacuité, est peu développée pendan la grossesse. L'irritabilité au contraire est très-augmentée par le fait de la gestation, bien qu'il y ait des différences individuelles extrêmement prononcées. Ainsi, tandis que chez certaines femmes la moindre iniluence détermine des contractions douloureuses et provoque l'expulsion intempestive du produit de conception, il en est d'autres chez lesquelles ni les secousses physiques ni les secousses morales ne semblent réagir. Chez ces dernières, un corps étranger introduit entre l'œuf et l'utérus peut séjourner plusieurs jours sans provoquer de contractions (voy. Accouchement provoqué).

La contractilité et la rétractilité sont les deux propriétés les plus développées pendant la grossesse, mais elles ont été déjà étudiées {voi/. Accouchement [Délivrance], etc., etc.).

Modifications des annexes de l'utérus. Les ligaments larges, les ligaments ronds, les trompes et les ovaires, ])articipent au travail d'hypertrophie de l'utérus.

Les ligaments larges changent de direction pendant la grossesse; l'utérus, en s'élevant dans la cavité abdominale, entraîne les ligaments larges, qui lui adhèrent par leur bord interne, de sorte qu'à la fin de la gestation ces ligaments prennent une direction à peu près verticale, s'étendant des flancs au petit bassin. En même temps, tous les éléments anatomiques qui les composent sont le siège d'un travail hyperplasique.

Les ligaments ronds prennent aussi la direction verticale et s'étendent de la région ombilicale au canal inguinal. Nous avons indiqué (p. 18) que leur point d'insertion sur l'utérus change d'une façon très-évidente. L'hypertrophie de leurs fibres musculaires et de leurs vaisseaux est telle que, à terme, ces ligaments atteignent presque le volume du petit doigt. Les ovaires changent également de situation et de direction. Ils remontent dans les flancs en se rapprochant de l'utérus et prennent une direction qui se rapproche sensiblement de la verticale. L'ovaire gauche, le plus souvent par suite du mouvement de rotation de l'utérus sur son axe {voy. p. !2!2), devient antérieur et assez superficiel pour que chez les femmes à paroi abdominale mince la palpation per mette de le reconnaître. Ils sont le siège dune sensibilité spéciale sur laquelle Budin a appelé l'attention.

Le]volumede ces organes est presque doublé pendant la gestation (Jacquemier), bien que leur fonction ovulairesoit suspendue (voy. Ovaire, Menstrcation, etc.).

Les trompes participent à l'hypertrophie générale, leur direction devient, comme celle de l'ovaire, presque verticale. Au lieu d'être, comme dans l'état de vacuité, insérées au niveau des angles latéraux de l'utérus, elles s'insèrent vers l'union du quart supérieur et des trois quarts inférieurs de la hauteur totale de l'utérus. Leur épithélium perd ses cils vibratiles pendant la grossesse, d'après Robin, et devient en grande partie nucléaire. Leur cavité est remplie à la fin de la grossesse par un liquide qui par son aspect ressemble à du pus, mais qui s'en éloigne par sa composition.

Modifications du vagin, de la vulve et du périnée. Le vagin subit des changements de direction, de forme, et des modifications dans ses parois.

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A partir du quatrième mois, l'utérus en quittant l'excavation entraîne et allonge le vagin. Dans les derniers mois, au contraire, la tête du fœtus, en s'engageant dans l'excavation pelvienne, fait descendre le segment inférieur de l'utcrus et sous cette influence le vagin se raccourcit et s'évase, ainsi que le prouvent les plicatures nombreuses que l'on y observe à ce moment. Il n'est pas rare de rencontrer l'un de ces replis, placé généralement à quelques centimètres en avant du col, affectant la forme d'un anneau complet ou incomplet, et qu'un examen superficiel pourrait faire prendre pour l'orifice dilaté.

liouget a démontré l'Iiypertropliie des fibres musculaires du vagin pendant la grossesse, mais cette hypertrophie n'est nullement en rapport avec celle des fibres musculaires de l'utérus.

Le système vasculaire du vagin subit un développement considérable, à ce point que les battements des artères deviennent facilement appréciables au doigt et constituent le pouls vaginal d'Osiander. Les capillaires se dilatent dans la même proportion et donnent à la muqueuse vaginale cette coloration brunâtre violàtre, qui constitue l'un des signes de probabilité de la grossesse, mais qui se rencontre également pendant la période cataméniale.

Les veines se dilatent et deviennent assez souvent variqueuses, par suite de la compression des troncs dans lesquels elles se jettent.

La vulve devient [dus humide et parait souvent gonflée, surtout vers la fin de la grossesse. La peau des grandes lèvres chez les femmes brunes prend une coloration noirâtre due à un dépôt de pigment. Quant à la muqueuse vulvaire, elle offre la coloration violacée du vagin.

Le périnée subit pendant la grossesse des modifications relatives à l'élasticité des tissus qui le composent. Dans de nombreuses recherches expérimentales, dit Tarnier, nous avons souvent essayé de faire des applications de forceps sur des cadavres de femmes non enceintes, et nous avons toujours remarqué dans ces conditions combien le plancher périnéal est plus résistant qu'au moment de l'accouchement. Nous avons fait également, dans les mêmes conditions, bien souvent la même remarque.

Modifications fonctionnelles de l'ovaire et de l'utérus pendant la grossesse. Chez la femme non enceinte, l'utérus est le siège d'une congestion . mensuelle dont le dernier terme est l'Iiémorrhagie. La menstruation cesse dès que la gestation existe. Tel est le fait général. S'il existe des exceptions, il faut reconnaître qu'elles sont peu nombreuses. Aussi le professeur Pajot a-t-il pu dire avec raison : c Les femmes dont les règles se montrent pendant toute la durée de la grossesse égales en quantité, en qualité et en régularité, à ce qu'elles sont hors l'état de gestation, sont des exceptions extrêmement rares. » Parfois, dit Tarnier, les femmes enceintes présentent pendant le premier et même le deuxième mois, beaucoup plus rarement durant cinq à six mois, un écoulement sanguin à peu près périodique qui a les apparences d'un fluxmenstruel. Ce fait, dont la fréquence est singulièrement exagérée par les femmes dans les récits qu'elles se font entre elles, a fait dire que l'apparition des règles pendant la grossesse n'est pas rare. C'est là une erreur contre laquelle on ne saurait trop s'élever. D'une part, ces écoulements sanguins sont exceptionnels; d'autre part, ils ne constituent presque jamais de véritables règles et correspondent très-rarement aux époques cataméniales : il faut donc les considérer comme de véritables hémorrhagies.

Tarnier admet cependant que les règles peuvent se produire pendant la gros-

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sesse, mais, d'après lui, elles seraient modifiées en ce sens que l'écoulement dure moins longtemps.

Cazeaux dit avoir vu plusieurs femmes enceintes qui étaient réglées, certaines pendant quelques mois seulement, d'autres dans tout le cours de la gestation absolument comme avant la grossesse.

On a cité des cas plus extraordinaires encore, dans lesquels des femmes ordinairement non réglées l'auraient été exclusivement pendant la grossesse. Deventer aurait pu constater l'apparition des règles chez la même femme pendant quatre grossesses successives et leur absence dans l'intervalle de ces

grossesses.

D'après Schlichting [Archiv fiir Gynâhologie, Bd. XVI, 1880), 5 femmes seulement sur 10522 auraient été réglées pendant plus ou moins longtemps pendant la première moitié de la grossesse. Nous avons nous-mèmc observe à ce point de vue déjà 5000 femmes environ, et nous n'avons pas encore constaté un seul cas de règles véritables pendant la grossesse.

La seule conclusion véritablement en rapport avec les résultats de milliers d'observations est donc celle-ci : La grossesse suspend la fonction spéciale de l'utérus à l'état de vacuité : la menstruation.

Quant aux ovaires, s'ils deviennent le siège d'un travail particulier, aboutissant à la formation du vrai et du faux corps jaune, leur fonction ovulaire paraît également supprimée [vuij. Menstruation [Corps jaune]).

Modifications des mamelles. Pendant la grossesse et souvent dès le début, ces organes deviennent plus volumineux en même temps que le siège d'une sensibilité très-vive. Les veines deviennent plus apparentes, cl la peau subit assez souvent une distension assez considérable pour qu'il s'y produise des vergelures tout à fait analogues à celles que l'on rencontre à la peau de l'abdomen.

Assez souvent le gontlement des mamelles disparaît vers le quatrième ou cinquième mois, pour reparaître vers la lin de la gestation. Dans la pluralité des cas, après la première moitié de la grossesse, il s'échappe du mamelon, surtout par pression, un liquide plus ou moins coloré en jaune et qui n'est autre que du colostrum.

Le mamelon devient dès les premiers mois plus volumineux, plus sensible et plus éreclile; sa couleur est aussi généralement plus foncée.

Au niveau de l'aréole se produisent des changements qui sont de trois espèces : sa coloration plus foncée, son boursouflement, l'hypertrophie de ses tubercules.

Dès les premières semaines de la gestation, la peau de l'aréole se colore et prend une teinte d'autant plus foncée que la femme est plus brune. Rose chez quelques femmes blondes ou rousses, jaune chez les femmes à cheveux châtains, elle devient d'un noir d'éhènc chez les négresses.

La coloration dont l'aréole a été le siège pendant une première grossesse ne peut plus s'effacer.

Quelquefois le pigment ne se dépose pas seulement au niveau de l'aréole vraie, mais à sa périphérie où il forme ce qu'on appelle l'aréole secondaire, tachetée, mouchetée, tiquée ou pommelée.

Chez certaines femmes, on observe au niveau de l'aréole un boursouflement qui fait sur le reste du globe mammaire une saillie comparable à celle d'un verre de montre.

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Les tubercules de l'aréole, ou tubercules de Montgomery, s'hypertropbienl chez les femmes enceintes et font au niveau de la peau une saillie de plusieurs niiiliniètres. A la fm de la grossesse, on peut par la pression en faire sortir un liquide (|ui a l'aspect, les caractères micrograpliiques et les propriétés du colostrum. Ce liquide devient après raccoucbement du lait parfait, comme nous avons pu l'ol^server chez une femme dont nous avons fait mouler les seins et qui présentait autour de chaque mamelon une douzaine de ces glandes, donnant pendant la grossesse et après l'accouchement du liquide en quantité assez considérable pour que l'enfant les tétàt. Du reste, ainsi que l'a démontré de Sinély, ces glandes ne sont pas autre chose que des glandes mammaires en miniature. Si après l'allaitement ces tubercules diminuent, ils ne disparaissent pas complètement.

Modifitations ilea articulations du bassin. Toutes les articulations du bassin subissent des modifications pendant la grossesse et qui sont en rapport avec la fonction que ce chinai devra remplir au moment de l'accouchement.

La symphyse du pubis est de toutes les articulations pelviennes celle qui présente les modifications les plus accusées. Au niveau de la symphyse [lubierme, le libio-carlilage interpubien augmente de volume dune façon assez prononcée pour que l'on puisse sentir assez facilement avec le doigt la saillie qu'il forme au niveau de la face postérieure de la symphyse.

Les parties ligamenteuses deviennent plus rouges et plus élastiques, et elles s'allongent pour se prêter à l'écarlement des surfaces pubiennes au moment de l'accouchement. Chez les femmes mortes immédiatement après l'accouchement, on a trouvé fréquemment un écartementde il à 15 millimètres (Jacquemier) et quelquefois de 27 millimètres (M"'' Boivin).

l/existence de mouvements au niveau de la symphyse pubienne ne fait plus aujourd'hui doute pour personne. Budin a donné un moyen très-ingénieux pour les constater : La femme étant debout, on introduit le doigt dans le vagin et. la ]iul[)e de l'index étant dirigée en haut, exactement appliquée sous le bord inférieur de la symphyse, on fait marcher la femme. A chaque pas, on sent l'une des branches osseuses qui chevauche sur l'autre, descend considérablement et refoule le doigt en bas; puis cette branche remonte et c'est celle du côté opposé qui descend à son tour. La branche qui reste déviée correspond au membre inférieur qui se déplace et progresse. Budin étudia l'état de la symphyse pubienne sur plus de 80 femmes enceintes et constata chez toutes une certaine mobilité de cette articulation dans les derniers mois de la grossesse; cette mobilité, plus marquée chez les multipares que chez les primipares, s'accuse d'autant plus qu'on se rapproche du terme de la grossesse. .Nous avons vérifié maintes fois les assertions de Budin et toujours nous sommes arrivé au même résultat.

Quelquefois le ramollissement amène une telle déduction des os que la marche devient difficile ou impossible. C'est là un véritable état morbide dont nous auions à nous occuper plus tard.

Les symphyses sacro-iliaques subissent des modifications moins profondes, mais le tissu interarticulaire et les ligaments deviennent également plus souples. Jacquemier a pu constater celait dès le quatrième mois de la grossesse. C'est ce ramollissement des symphyses sacro-iliaques qui permet une certaine mobilité au sacrum pendant l'accouchement.

Les articulations sacro-coccygiennes et intercoccygiennes, déjà si mobiles

GROSSESSE (physiologie). ■Il

chez toutes les femmes non enceintes, le deviennent plus encore pendant la gestation parle lait du ramollissement des tissus articulaires et périarticulaires. Cette mobilité facilite la rétropulsion du coccyx pendant raccouchcment.

Modifications de la paroi abdominale antérieure. La paroi abdominale se laisse plus ou moins distendre par l'utérus gravide. Cette distension varie avec l'attitude de la femme, ainsi que l'a démontré Schrœder, et avec la résistance plus ou moins grande des tissus. Tandis que chez certaines femmes la paroi abdominale conserve sa forme même jusqu'à la tin de la grossesse, chez d'autres elle se laisse distendre avec fav ililé et le ventre fait alors une saillie considérable en avant [ventre en antéversion). Cette différence dans la manière de se comporter de la paroi abdominale a une influence manifeste sur l'attitude du fœtus qu'il est bon de connaître, et sur laquelle nous avons déjà appelé l'attention (voij. Fœtls). La peau de la paroi abdominale olfre à étudier les modifications de la cicatrice ombilicale, les vergelures, la distribution du pigment.

On a dit que pendant les premiers mois de la grossesse la dépression ombilicale devenait plus profonde. Rien n'est moins prouvé. Ce qui est parfaitement exact, c'est l'effacement de la dépression ombilicale au fur et à mesure que l'utérus s'élève dans la grande cavité abdominale. Vers le septième mois généralement l'effacement est complet. Assez souvent, dans les derniers mois la cicatrice ombilicale est même saillante au-dessus de la surface du reste de l'abdomen.

On désigne sous le nom de vergelures, de striœ gravidarum, des stries qui sillonnent la peau de l'abdomen des femmes enceintes. On les observe surtout dans Ja région sous-ombilicale oii elles forment de cba(|ue côté de la région inguinale une sorte d'éventail. Elles sont produites par la distension de la paroi qui amène des éraillures du derme. Le plus souvent légèrement déprimées, elles font quelquefois saillie au-dessus du niveau de la peau, et dans ce cas la saillie anormale tient à l'infiltration séreuse du tissu conjonctif sous-cutané.

Pendant le cours de la giosscsse qui les a produites, les vergetures ont une teinte rosée ou violacée quelquefois rouge bleuâtre.

Nous avons vu récemment une primipare dans noire service à Lariboisière, chez laquelle le pigment s'était déposé au niveau de toutes les vergetures, de sorte que le ventre de cette femme était absolument zébré. Ordinairement, au contraire, le pigment se dépose autour des vergetures.

Le nombre des vergetures est extrêmement variable. Chez quelques femmes une seule grossesse amène des stries véritablement confluentes. Chez d'autres, quel que soit le nombre des grossesses, on n'en observe jamais. Nous en avons montré une à nos élèves qui venait accouclitr pour la quinzième fois et chez laquelle nous ne pûmes découvrir la moindre trace d'éraillures au niveau de la paroi abdominale. Grédéatrouvé queles vergetures faisaient défaut 10 foissur 100. Hecker 6,6 pour 100. Cliez certaines femmes on ne les rencontre pas seulement sur le ventre, mais sur la partie antérieure des cuisses, sur les fesses et même sur le dos.

Après l'accouchement, les vergelures prdissent, diminuent, mais ne disparaissent jamais complètement et restent sur la paroi abdominale comme les stigmates de la maternité. Elles prennent, lorsqu'elles sont distendues par le fait d'une nouvelle gestation, l'aspect nacré.

Chez un grand nombre de femmes, on trouve sur la ligne médiane de l'abdomen

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une raie brune de quelques millimètres à 1 centimètre de large et allant directement du mont de Vénus à l'ombilic, s'inclinant le plus souvent à droite pour regagner la ligne médiane et se continuant quelquefois jusqu'à l'appendice xyplioïde. Cette ligne est généralement d'autant plus marquée que les femmes sont plus brunes. Chez ces dernières, il n'est pas rare de rencontrer des dépôts pigmentaires sur toute la peau du ventre et le haut des cuisses.

Les muscles et les aponévroses de la paroi antéro-latérale de l'abdomen, repoussés en dehors par l'utérus, s'allongent et s'amincissent. La ligne blanche s'écarte et mesure d'après Cazeaux, au niveau de l'ombilic, 1 1 centimètres. Selon Glénard (de Lyon), le losange dessiné par la ligne blanche dilatée a son angle inférieur, à 7 centimètres au-dessus du pubis.

Modifications de l'appareil digesUf. L'appareil digestif offre peu de modifications anatomiques, si ce n'est au niveau du foie. Aussi ne terons-nous que noter les phénomènes de compression exercés par le globe utérin sur la masse intestinale vers la fin de la grossesse, plus spécialement au niveau de l'estomac et du rectum.

Quant au foie, il subit des modifications profondes dans sa trame intime. Signalé déjà par Laennec. l'état graisseux du foie a été bien démontré par Tarnier dans sa thèse inaugurale (Paris, 1857) et dans ces derniers temps bien étudié par le docteur de Sinéty. Tandis que Tarnier avait rattaché la glycosurie des femmes enceintes à l'état graisseux du foie, de Sinéty pense que cet état graisseux ne se développe qu'avec la lactation, progresse pendant toute sa durée et finit avec elle [Comptes rendus de l Académie des sciences, n" 16, 2(3 décembre 1872),

Les modifications de la digestion et de la nutrition peuvent être, selon le professeur Pajot, divisées en trois classes : excitation, diminution, troubles et perversion.

Tantôt l'appétit est augmenté, tantôt le plus souvent diminué dans les premiers mois de la grossesse. Dans la seconde moitié, au contraire, l'excitation des fonctions digestives s'observe le plus souvent. Les troubles et la perversion seront étudiés avec la grossesse utérine pathologique.

La nutrition chez la femme enceinte entraîne une augmentation de poids qui serait, d'après les recherches de Hecker et de Gassner, en moyenne, de 2400 grammes dans le septième mois, de 1691 dans le huitième, de 1540 dans le neuvième mois.

Cette augmentation est plus prononcée chez les multipares que chez les primipares.

La mort du fœtus et sa rétention dans l'utérus amènent une diminution de poids.

Modifications de l'appareil circulatoire. Les modifications subies par l'appareil circulatoire dans le cours de la gestation portent sur le contenu et le contenant. Nous allons donc étudier les modifications du sang, puis nous étudierons l'hypertrophie du cœur et les modifications du système artériel et veineux.

Augmentation de la masse sanguine. Bien que l'augmentation de la masse sanguine n'ait pu être appréciée par des pesées, cependant elle est réelle et surtout accusée dans la deuxième moitié de la grossesse. En effet, dit Tarnier, des sinus utérins nouvellement développés contiennent une grande quantité de sang; d'autre part on constate souvent dans tous les vaisseaux artériels, veineux

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