GUYON
Guyon (Jean-Lolis-Geneviève). D'une autre famille que celle tlu précédent, est né le o avril 1791, à Olbut (Somme). Entré de bonne heure dans le corps de santé militaire, puisqu'il fut nommé chirurgien sous-aide le 6 juin 1811, à l'âge de dix-sept ans, il fut d'abord envoyé en Holbmde et occupé dans les hôpitaux de rUe de Wacheren, où il séjourna jusqu'au 1" juin 1814. Il partit ensuite pour la Martinique et la Guadeloupe, obtenant successivement les grades d'aide-major provisoire, le 23 mai 1815, grade confirmé le 18 septembre suivant, puis celui de chirurgien-major, le 21 janvier 1822. C'est en juin de cette même année que, après avoir étudié très-attentivement la fièvre jaune, Guyon se fit inoculer, à Thôpital de Fort-Royal, et à plusieurs reprises, de la matièi'e prise sur la peau en suppuration de malades atteints de celte maladie, et même de la matière noire, recueillie dans l'estomac de sujets qui venaient de succomber, couchant aussi dans le lit des défunts, portant plusieurs jours sur sa peau nue les vêtements, chemises, etc., encore imprégnés de la sueur, du sang et des excrétions de ces malades. Après avoir fait diverses expéditions et publié des mémoires sur ou plutôt contre la contagion immédiate, il revint en France en 182G, et fut envoyé en Espagne, à l'armée d'occupation, où il séjourna du 25 août 1827 au M mars 1829, ayant été chargé, dans l'intervalle, en 1828, en raison de sa compétence, d'une mission médicale à Gibraltar, afin d'y étudier la fièvre jaune qui sévissait alors dans celte ville. Du IS juin 1851 au 12 mars 1852, Guyon voyagea en Pologne, en Autriche et en Hongrie, comme membre de la Commission médicale envoyée par le Ministre de la guerre. C'est pendant son séjour eu Pologne qu'il s'est fait inoculer, a\ec d'autres médecins courageux, du sang de cholérique et du mucus intestinal. Revenu en France, il la quitta bientôt pour l'Algérie, oîi il fut occupé du 21 juin 1855 au 8 mars 1858. Le 9 mars 1834, il fut nommé chirurgien principal et premier professeur aux hôpitaux d'instruction d'Alger. Il fait les deux expéditions de Bône et de Const;intine, est chargé des fonctions de chirurgien en chef du corps d'occupation, le 9 mai 1858, fait partie de l'expédition aux Portes de Fer, en 1859, où il est cité à l'ordre du jour et enfin confirmé comme officier en chef de santé de l'armée, le 12 avril 1840. Jusqu'en 1845, il prit part à diverses expéditions et, entassant mémoires sur mémoires, doué d'une activité exceptionnelle, il est nommé membre d'une grande Commission chargée de recherches et d'explorations scientifiques et médicales, à l'occasion du choléra, part pour Lisbonne en 1857, pour y étudier une épidémie de fièvre jaune, et revient en Algérie. L'un des premiers, il fait connaître que l'inoculation est connue de longue date chez les Kabyles, qui l'appellent le greffage de la variole. Élevé le 25 mars 1852 au grade de médecin-inspecteur, il est nommé membre correspondant de l'Institut (Académie des sciences), le 25 février 1856 ; admis à taire valoir ses droits à la retraite le 8 mai 1858, après quarante-sept ans de services, Guyon est mort le 24 août 1870, après une vie honorablement et laborieusement ^-emplie. Travailleur infatigable, il a publié un grand nombre de mémoires sur la médecine, la chirurgie, la botanique, la zoologie, qui, la plupart, sont encore consultés. Nous indiquerons seulement les principaux ;
I. Du pernicieux emploi du suc de citron dans la fièvre jaune. In Journ. de la Martinique, 22 janv. 1822. — II. Sur la contagion de la fièvre jaune. In Revue médicale, sept. 1822. — III. Note sur quelques phénomènes qui surviennent pendant la strangulation. Ibid., sept. 1823. — IV. Essai sur la topographie de la Désirade, l'une des petites Antilles, avec l'historique et la slatistique de sa léproserie en 1824. Paris, 1825, in-S». — V. Sur le traitement de la fièvre jaune, à l'occasion d'un opuscule de M. Moreau de Jonnès. In Journ. de la
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Martinique, i" nov. 1825. — \I. De la saignée et du kinkina dans le traitement de la fleure jaune. Paris, 182G, in-S°. — VII. Nos mesures contre l'importation de la fièvre jaune sont-elles nécessaires? — VIII. Notice sur Gibraltar cl la maladie de cette ville en 1828. In Annal, maritimes et coloniales, 1829. — IX.. Sur le mal de montagne à la Martinique. In Revue médicale, 1851. — X. Sur les larves trouvées dans les ycu.r et dans les pustules des varioleux à la Guadeloupe. Ibid. — XI. Sur une larve sortie de l'oreille d'un enfant ■à la mamelle, à la Martinique. Ibid. — XII. Sur des vers trouvés en grand nombre sous la membrane clignotante des volailles, dans une épizootie de la Martinique. Ibid. — XIII. L'origine de la maladie de Gibraltar en 18J8. Ibid., 18ôl. — XIV. La nature de la fièvre jaune. Ibid. — XV. Sur les cadavres des cholériques. Ibid. — XVI. Des moyens curatifs et préservatifs du choléra observé en Pologne. Paris, 18.'i2, iii-S". — XVII. Sur la pliquc polonaise. Lettre au baron Alibert. Paris, 1832. — XVIII. Lettre au baron Alibert sur la marche du choléra en Europe. Paris, 1832, iii-S". — XIX. Sur la dernière invasion ■du choléra à Vienne [.\utriche) en 1832. In Gaz. médicale, 1855. — XX. Sur la transmission du choléra à bord de la frégate « la Melpomèiie », en rade de Toulon, et dans le lazaret de cette ville, en 1855. In Arch. gén. de méd., 1855. — XXI. Des accidents produits chez l'homme et dans les trois premières classes des animaux vertébrés ])ar le
venin de la vipère fer de lance [Amérique], Trigonocephalus lanccolatus. Montpellier, 1(S54.
XXII. Mémoire pour servir à l'histoire naturelle et médicale du ver Macaque ou larve de ■l'œstre humain. Toulon, 1850, in-8°. — XXIII. Nouvelles observations sur le ver .Macaque. In Gaz. médicale, 1856. — XXIV. Notice médicale sur un voyage dans le petit Atlas et le Belad-el-Djerid ou pnys des dattes. Ibid. — XXV. Relation médicale et chirurgicale de l'expédition dirigée de Roue sur Constantine en 1850. Paris, 1857. — XXVI. Sur deux vcis vivant entre la conjonctive et la sclérotique, chez une négresse de la Martinique, avec présentation de ces deux vers. In Compt. rend, de l'Acad. d. se, 1838. — XXVII. Influence du choléra sur les militaires blessés, etc. In Gaz. médicale, 1838. — XXVIII. Sur le Dragonueau Filaria. Ibid. — XXIX. Sur l'.^traclylis gummifera, l'Aded des Arabes de l'Algérie. Ibid. — XXX. Mém. sur l'Hcemopix vorax, sangsue des bords de la Méditerranée Ibid. — XXXI. Sur le Bars ou Baras des indigènes de V Algérie. Ibid., t. X. — XLII. Jnoculalion de la variole, à Alger, sur un lépreux des montagnes de Berigie. Ibid. — XXXIII. Stir la dernière épidémie de fièvre jaune à la Guadeloupe en 1858. In Joiirn. des connaissances médico-chiruigicales. 1^59. — XXXIV. Iconographie des différentes races du nord de l'Afrique, dep^as le littoral jusque vers le 20° degré de latitude. In Compt. rend, de lAcad. d. se, 1859. — XXXV. Aperçu sur la dernière épidémie de fièvre jaune à la Guadeloupe. In Journ- des connaiss. médico-chirurgicales, 1839. — XXXVI. Sur une fille bicorps née à Alger et sur une fille à deux têtes née en Corse. In Compt. rend, de l'Acad. des sciences -1840. — XXXVIl. Observations médicales faites à la suite de l'armée qui, en octobre 1859 a traversé les Portes de Fer. Paris, 1840, in-8°, et Mém. de médecine et de pharmacie milit., t. XL"VII!, 1840. — XXXVUI. Sur une maladie connue, dans les régions tropicales, sous le nom de Dicho de cul, ou ver au fondement. In Compt. rend, de l'Acad. des se, t. XII 1840. — XXXIX. Sur l'ilœmopis vorax trouvée en grand nombre dans le larynx et la tvachéeurtère d'un bœuf, la Compt. rend, de l'Acad. des se, t. XIV, 1841. — XL. Autre communication sur le même sujet. Ibid. — XI.I. Suppression de la quarantaine de l'Algérie. In Moniteur algérien, "ib mai ei1'2 ')u'in 1841. — \L\l. Sur la plUlùsie dans le nord deV Afrique. In Gaz. méd., 1842. — XLIII. Sur les cagots des Pyrénées. In Compt. rend, de l'Acad. des se, t. XVI. 1842. — XLIV. Sur la piqûre du scorpion roussutre (Androctonus occitanus). Ibid., t. XV. — XLV. Sur l'utilité du trépan dans les fractures du crâne. Ibid., t. XVII 1845. — XLVI. Sur un cas de morve précédé de farcin à Alger. Ibid., t. XVIII, et Journ. de méd. et de chir., sept. 1843. — XLVII. Nouvelle méthode pour V amputation des membres, particulièrement applicable à l'amputation de la cuisse et du bras. Ibid. — XLVIII. Sur là nature de l'alimentation de l'Ibis sacrée (Ibis religiosa). Ibid., t. XIX, 1844. — XLIX. Sur les anciens Maures du nord de l'Afrique. Ibid. — L. Des caractères distinctifs de trois races humaines du Nord de l'Afrique. Ibid — LI. Sur la race blanche des monts Aurès (Algérie). Ibid. — LU. Sur une maladie des régions tropicales dans laquelle la muqueuse du gros intestin est frappée de sphacèle. Ibid., t. XXI, 1843. — LUI. Des causes du goitre. Ibid. — LIV. Du goitre et du crélinisme en Algérie. Ibid. — LY. Sur les derniers cas d' hydrophobie observés en Algérie. Ibid. — LVI. De la nature de la maladie connue des Anciens sous le nom de scelotyrbe ou sceletyrben. Ibid., t. XXII, 1846. — LVII. Sur les Chaouia, habitants des monts Aurès. Ibid., t. XXVII, 1848. — LVIII. Sur le Tkapsia garganica et le Teuoium moschatum. In Monit. algérien du 5 mars 1849. — LIX. Sur le choléra observé dans la régence de Tunis en 1850. In Gaz. méd., 1850. — LX. Sur le choléra dans le Djérid [pays des Dattes) tunisien, 1855-1856. Ibid., 1850. — LXI. Voyage d'Alger aux Ziban, l'ancien Zebe, en 1847. Alger, 1852, in-8°, et atlas. — LXIl. Piqûres de scorpion [Buthus supertus Lucas) chez l'homme, terminées par la mort, avec des expé-