DES
ORo:\Diivs. Le nom grec de Trigle {■zpiyM)^ qui appartenait incontestablement au Rouget-barbet on Miillus [voij. Percoïdes), a été donné à tort par Linné à des Poissons Acanlhoptérygiens qui sont remarquables par leur tête cubique et cuirassée, leur corps épais en avant et fortement aminci en arrière, leurs nageoires pectorales Irès-développées et souvent parées des plus brillantes couleurs.
Chez les Trigles ou Grondins, la tète, de forme parallélipédique, a le profil antérieur déclive ; elle est armée d'épines plus ou moins fortes et recouverte de plaques osseuses ciselées, striées ou granuleuses ; le museau, généralement fort court, est crénelé, ordinairement échaiicré dans sa partie médiane; le premier sous-orbilaire, très-développé, vient recouvrir la joue d'une large plaque; les naseaux, soudés en une grande plaque, recouvrent la plus grande partie du museau; les mâchoires sont garnies de petites dents en velours, dents qui se trouvent également sur le chevron du vomer ; la fente des ouïes est fort large ; il existe des pseudo-branchies.
Les dorsales sont au nombre de deux et peuvent se loger dans un sillon bordé par les saillies que font les interépineux. En dessous des pectorales, qui soni très-grandes, se voient des rayons libres et articulés, au nombre de trois, qui servent à l'animal pour explorer le sol sur lequel il marche; ces rayons se composent de deux pièces mobiles mues par des muscles spéciaux et reçoivent de gros filets nerveux partant des rendements ganglionnaires, au nombre de quatre à six, qui se trouvent à l'origine de la moelle, en arrière du Calamus scriptorius ; ces renflements que l'on trouve également chez des poissons appartenant à une tout autre famille, chez les Polynèmes, qui ont aussi des rayons détachés aux pectorales, sont les origines apparentes du trijumeau et du pneumogastrique; ils donnent naissance aux nerfs des trois premières paires spinales, la troisième de ces paires étant destinée aux rayons libres.
Le corps est couvert de petites écailles, qui tantôt sont imbriquées, tantôt DICT. ENC. i' s. XI. i
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forment des bandes verticales ou des anneaux verticillés. La ligne latérale est parfois armée d'épines saillantes.
L'estomac, qui est en forme de cul-de-sac, est large; il existe de 5 à 12 appendices au pylore. La vessie natatoire, très-dé veloppce, a une forme différente suivant les espèces, souvent même suivant l'âge et le sexe; elle est pourvue de muscles à fibres striées et peut vibrer au gré de l'animal, de telle sorte que les Trigles font entendre un grognement plus ou moins fort, d'où leur nom de Grondins, de Groulitis, de Grouans; les corps rouges sont trèsgrands.
On trouve huit espèces de Trigles sur nos côtes. Le Trigle pin [Trigla pini Bl.), ou Rouget commun de Paris, se reconnaît à sa belle coloiation d'un rouge clair et aux stries transversales que forment les écailles; ces stries, dans cette espèce, ne s'étendent que sur les flancs, tandis qu'elles entourent complètement le corps chez le Rouget camard {Trigla lineala Walvb.), dont la couleur est d'un rouge très-vif, ce qui lui a fait donner le nom d'hnbriago ou Ivrogne. Les stries formées par les écailles n'existent pas chez les autres espèces, parmi lesquelles nous citerons le Trigle milan [Trigla cuciilus Riss.), qui a la deuxième épine dorsale allongée en un long filament, le Grondin gris [Trigla gurnanhis Lin.), souvent apporté sur les marchés de l'intérieur et facile à reconnaître à sa. coloration terne et aux grosses écailles épineuses qui forment la ligne latérale, la Lyre [Trigla lijra Lin.), aux pectorales ornées de bandes bleues, à l'épine coracoïdienne très-longue, le Corbeau [Trigla corax Bnp.), très-commun sur toutes nos côtes et qui a le dos d'un rose jaunâtre, les flancs étant d'un rose doré. H.-E. Sauvage.
HiBLioGRAPHiE. — Belon. Lu nutuve et (UversUé des poissons, 1555. — Pondelet. Histoire entière des poissons, 1558. — Linné. Syst. nat., p. 497, 1766. — Tiedemann. Von den Hirn und den fingerfôrmigen Fortzâtyen der Trigla. In Meckcl's Arch., 1816. — Cuvier. Règne animal, t. II, p. 158, 1829. — Cuvieù et Valenciennes. Hist. nat. des poissons, p. IV, p. 1, 1829. — E.-E. Deslongchamps. Observations pour servir à l'histoire anatomique des Jmgles. In Mém. Soc. Linn. de Normandie, t. Vil. — Jobert. Etudes d'anatomie comparc'e sur les organes du toucher, la Annal, se. nat., t. XVI, 1872. — E. Moread. Histoire naturelle des poissons de la France, t. H, p. 265, 1881. E. S.
GROIVOVIA (L.). Genre de plantes, de la famille des Loasacées, qui a aussi des rapports avec les Cucurbitacées auxquelles on l'avait jadis rapporté. On n'en connaît qu'une espèce, le G. scandens L. C'est une herbe grimpante, à feuilles alternes, rudes, à fleurs 5-mères, dont l'ovaire infère ne renferme qu'un ovule descendant, dans une loge unique. Son fruit est coriace et monosperme. Cette plante, assez souvent cultivée dans nos jardins, et qui croît du Texas au Venezuela, a été, d'après CandoUe [Essai, 192), employée au traitement des affections vénériennes invétérées. C'est le seul renseignement qu'on possède sur ses usages. H. Bn.
Bibliographie. — L., Gen., n. 282. — Mér. et de L., Dict. Mat. méd.,lll, 427. — H. B.\, in Adansonia, V, 191; Hisi. des pi. , VIII. II. Bn.
GROl\'OVIUS OU GROl\ov (Les). Célèbre famille de savants, établis en Hollande, mais d'origine allemande.
GronoTius (Jean-Frédéric). Il naquit à Hambourg, le 8 septembre 1611, et mourut à Leyde, le 28 décembre 1671, après y avoir tenu une chaire de
GRO.NOVIUS (Les). 3
professeur. Critique et humaniste du premier ordre, il a laissé un yrand nombre d'ouvrages dont la liste se trouve dans le Dictionnaire de Cliauffcpié; nous citerons entre autres : Diatribe in Statii poetœ Sijlvas. La Haye, 1G57, in-S". — De sexterciig sive suhsecivarum pecuniœ veteris grœcœ et rornanœ, lib. IV. Deventer, 1643, in-4°. Observationum iibri IV. Deventer, i66!2, in-i2. — Laudatio funebri^ J. Galii. Leyde, 1668, in-8°. — De musœo Alexandrino exercit. acad. (inséré dans le tome YIII du Thesaur. antiq. gvœcarian). — Lectiones Plautinœ. Amsterd., 1668, in-8". Gronoviusa revujie texte d'un grand nombre de classiques latins, qu'il a publies ensuite avec des notes, et qui font presque tous partie de la collection Variorinn. A. C.
«ronovius (Jacqdes). Fils du précédent, et comme lui savant critique, né à Deventer, en 1645, professait les belles-lettres à Leyde, et mourut dans cette même ville, en 1716. Il est auteur d'un grand nombre d'écrits, dont le plus important est son Thésaurus antiq. grœcarum, Leyde, 1697 et années suivantes, ô vol. in-fol., rédigé sur le plan de celui de Grœvius. Il fut l'éditeur de plusieurs auteurs anciens commentés par son père, et il en a commente lui-même un grand nombre, tels que : Polybe, Tacite, Cicéron, Quinle-Gurce, Suétone, Hérodote. A. C.
Gronov'itis (Jea.n-Abuaham-Frédép.ic). Philologue et médecin néerlandais distingué, né à Leyde en 1695, était le fds aîné du précédent. Il exerça longtemps la médecine en Angleterre et en Hollande et devint plus tard bibliothécaire de l'Université de Leyde. Il s'est surtout fait connaître par ses travaux littéraires et par des éditions estimées de Justin, de Tacite, de Pomponius Melo, d'ÉUen, dont il publia entre autres les Varice historiée, Leyde, 1731, 2 vol. in-4'', qui font partie de la collection des Variorum, et des éditions du traité : De natura animalium (Londini, 1744, 2 vol. in-4; Basileae, 1750, 2 vol. in-4°). Gronovius mourut le 17 août 1775.