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Ce tableau nous montre deux faits corrélatifs et peu satisfaisants : le nombre restreint des gens mariés, en regard du chiffre élevé des célibataires. Néanmoins cette population compte beaucoup d'enfants : en 1848, sur 1000 liabitants on trouve 308 enfants de moins de quinze ans (en France 275, en Angleterre 356), également répartis entre les deux sexes. Cette égalité ne persiste pas dans les âges plus avancés où le sexe féminin prédomine. Le chiffre moyen de la natalité pendant la période considérée se trouve être de 29,9 naissances pour 1000 de population générale. Cette proportion tend à s'élever, sauf ]iour une période assez courte correspondant à l'épidémie cholérique qui frappa si cruellement la colonie en 1865. Celte moyenne est supéiieure à la natalité française. Malheureusement les avantages de celte natalité élevée sont compensés par une mortalité plus haute dont la moyenne est 30,3 pour 1000 pour la période. Or si, sur 10 000 individus, 503 meurent chaque année, tandis que 299 viennent à l'existence, c'est un dchcit de 4 êtres humains sur 10 000, soil, pour 130 000 habitants, un déficit annuel de 52. C'est là, comme le dit justement Rey, une situation des plus graves qui appelle l'attention de tous ceux qui prennent part à la direction des choses coloniales.
La malrimonialité, si faible pendant l'époque précédente, nulle même ou à peu près avant 1848, parmi les esclaves, n'est pas beaucoup plus grande dans l'époque suivante, sauf pendant les quelques années qui suivirent l'abolition de l'esclavage. Sur 1000 femmes âgées de plus de quatorze ans, 39 se marient chaque année et l'on finit ainsi par compter, pendant ces premiers temps de la libération, plus de 14 mariages pour 1000 de population générale. Ce beau feu n'a pas duré : de 1853 à 1857, la proportion tombe à 10, puis à 4 de 1858 à 1867 et de 1808 à 1872. Enfin, dans les trois dernières années, la moyenne annuelle n'est plus que de 3 mariages pour 1000 de population générale.
Quelque intérêt que puissent avoir au point de vue purement statistique les faits qui viennent d'être relevés, ils sont loin d'avoir la même importance pour la démographie parce que, comme il a été dit plus haut, ils s'appliquent en bloc à des races différentes, et que nous cherchons à savoir si les divers éléments ethniques se comportent de la même façon ou de manière différente dans les mêmes conditions de milieu. Cette recherche serait absolument impossible, s'il ne nous avait été permis de consulter l'important travail manuscrit que M. le médecin-inspecteur Walthera consacré à la population de la Guadeloupe, à l'occasion de l'épidémie cholérique de 1865'. M. Walther a voulu savoir comment s'étaient comportés les divers groupes naturels qui composent h population de la Guadeloupe en piésence du choléra ; il s'est livré pour cela à une enquête minutieuse qui lui a permis de faire connaître les divers éléments ethniques en présence desquels il se trouvait. Rey a résumé ces indications dans le tableau suivant :
La population de la Guadeloupe se partage en deux ordres d'individus, suivant leur origine : les étrangers à la colonie ou immigrants (Indiens, 53 pour 100 ; Africains, 35 pour 100 ; Européens, 15 pour 100), et les créoles^ terme générique qui, par une légère déviation, universellement admise, de son sens primitif, désigne toutes les personnes nées dans la colonie.
Les immigrants forment le dixième environ, les créoles, les 9 autres dixièmes de la population générale. Les trois groupes entre lesquels se divise
* Ce travail est en cours de publication dans la Revue maritime et coloniale.
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