‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.47Chapitre 64 sur 126 · L. Pl · texte numérisé non relu

L. Pl

Bibliographie. — Mérat et de Lens. Dict. Mat. méd., III, 438. Pl.

GVERIVESEY (Ile de), Station marine. 5armm/ des Romains, G?'0??;-s'-ei/ (l'ile verte) des Scandinaves, sur la Manche, en vue des côtes françaises, mais sous la protection de l'Angleterre, à 52 kilomètres au nord de Cherbourg et à 420 kilomètres de l'île de Portland, en face de l'île d'Aurigny. Guernesey a en ce moment environ 51000 habitants, dont 5000 sont exchisivement employés sur les bateaux pêcheurs. Sa ville principale est Saint-Pierre-Port, où l'on trouve de très-bons hôtels d'où partent tous les jours des voitures-omnibus, qui visitent pour un prix modique les points principaux de l'île dont les côtes échancrées sont remarquables et dont les ports et les baies sont nombreux, d'un abord facile et d'un mouillage très-sùr. Le climat de Guernesey est remarquablement doux, mais humide, ce qu'explique facilement d'ailleurs l'influence du Gulf-slream ; il est mis à profit pour la culture de plusieurs plantes tropicales que l'on est étonné de rencontrer dans une île anglaise. Des serres non chauffées contiennent des vignes qui alimentent Paris pendant l'hiver de raisins ma-

GUERNESEY (ILE DE). ii5

gnifiques. Les communications sont faciles et rapides entre Guernesey, Jersey, Clierbourg, Granville et Saint-Malo. L'île de Guernesey faisait aulrefois partie du duché de Normandie, ce qui explique pourquoi la langue française est exclusivement employe'e dans les actes judiciaires de la Cour royale. Cette île a été réunie par Henri I" à la couronne d'Angleterre à laquelle elle a toujours appartenu, malgré les efforts des Français qui ont essaye plusieurs fois de la reprendre et notamment en 1780. Guernesey est pourvue d'un Lieutenant-Gouverneur et de deux assemblées distinctes, dites Etats d'élection et Etats de délibération, qui se composent du bailli, du procureur, de jurés, des recteurs et constables de paroisse. Des bateaux à vapeur spéciaux mettent en communication fréquente les deux îles de Jersey et de Guernesey, qui ne sont qu'à trois heures Tune de l'autre. Des navires français, et surtout anglais, abordent à ces îles plusieurs fois par semaine, et font un service régulier entre plusieurs points de la côte britannique, Londres et Southampton et nos ports de la Basse-Manche. Guernesey, la seconde île de l'Archipel en étendue, est beaucoup moins cultivée que Jersey qui est la première, mais ses prairies sont plus nombreuses, plus grandes et au moins aussi verdoyantes. Les arbres qui bordent ses champs sont des ormes dont le feuillage touffu ne se ressent pas du voisinage de la mer ; des pommiers vigoureux sont plantés de distance en distance dans les cultures, et entourent les fermes; leur agglomération constitue des vergers comme en Normandie. L'inclinaison de l'île va du sud-ouest au nord-est, c'est à ses limites occidentales que se trouvent les carrières de granit, de gneiss, de porphyre et de trapp, qui sont employés à Londres surtout pour le pavage des rues et la construction des hôtels. Des rochers à fleur d'eau indiquent que l'ancien littoral à l'ouest de l'île avançait jadis beaucoup plus dans la mer.

Les promeneurs visitent moins souvent Guernesey que Jersey, et ils ont grand tort, car l'aspect de l'antique Guernesey est beaucoup plus sauvage et a un cacl)ct original que n'a plus l'île trop policée de Jersey, qui ressemble à un grand parc tenu avec une recherche peut-être un peu monotone. Les coutumes sont restées presque féodales comme au temps des anciens ducs de Normandie dont les prérogatives sont revendiquées par la couronne d'Angleterre. L'apparence extérieure même des habitants de Guernesey a été peu altérée par les nombreux croisements des Anglais et des Normands. Les insulaires sont petits et leur teint est en général basané, leurs yeux et leurs cheveux sont ou noirs ou bruns comme ceux de la race bretonne, dont le langage est dérivé du celtique comme beaucoup des mots du patois guernésien. On trouve aussi dans plusieurs points de l'île des cromlechs, des menhirs, des dolmens et des pierres branlantes. Saint-Pierre, la ville principale, est bâtie en amphithéâtre à la pointe orientale de Guernesey; c'est un port très-siir et abordable à toutes les heures de la marée ; son activité commerciale avec l'Angleterre et le Continent est assez considérable à cause surtout de l'entrepôt des vins, qu'y ont établi plusieurs grands négociants de Londres et de Southampton, qui s'y approvisionnent de vins de France, d'Espagne et de Portugal, afin de profiter de la franchise accordée aux îles an"lo-françaises. Le climat convient très-bien d'ailleurs à l'amélioration des vins qui gagnent à être longtemps conservés.

Un certain nombre d'Anglais et quelques Français viennent habiter Guernesey et surtout Saint-Pierre-Port, pendant la saison d'été, à cause du bon marché d'une vie confortable, et de la facilité qu'ils trouvent à se baigner sur les plages nombreuses et unies de certains points du littoral. A. Piotukeal".

44G GUERSE.M (Les).

GUERSEXT (Les deux).

Gucrsent (Louis-Bi:.noit). 11 naquit à Dreux le 29 avril 1777 et il n'avait que neuf ans quand il perdit son père, qui était médecin. Après avoir terminé ses premières éludes, il se rendit ù Rouen pour y suivre l'enseignement de Lcmoiinier, habile chirurgien et excellent anatomiste, particulièrement connu par les admirables préparations qu'il a faites en cire, et qui sont encore l'ornement des cabinets de la Faculté de médecine de Paris. 11 vint à Paris en 1 79 i. Chose singulière! Guersent, qui était destiné à acquérir une si haute position en qualité de médecin des enfants, dirigea d'abord ses vues du côté de l'étude de la botanique en compagnie de son ami Duméril. Aussi le voit-on, en l'an Vil (1798), postuler et obtenir la chaire d'histoire naturelle à l'école centrale de Houen, laissée vacante par le départ de Savigny pour l'Egypte, puis, en 1804, recevoir le titre de professeur de botanique au Jardin des Plantes de la même ville. C'est à dater de cetle époque que ce jardin prit un développement considérable et conquit le premier rang parmi les écoles botaniques de nos provinces. Au reste, en l'an II, Guersent était venu à Paris pour obtenir le grade de docteur en médecine. Mais la position fort honorable, fort enviée, mais peu rétribuée, ([u"il occupait à Rouen, ne suffisait pas pour entretenir convenablement sa famille — car Guersent était marié; il avait épousé sa cousine, sœur de Picard, le spirituel auteur de la Petite ville et d'une foule de jolies pièces — et il prit le parti de venir s'établir à Paris. Les premières années furent assez dures; l'ex-proiesseur de Rouen dut accepter une place de médecin du bureau de bienfaisance du septième arrondissement, fonctions qu'il remplit seul pendant plusieurs années. On l'en récompensa en le taisant succéder à son oncle Asselin, comme médecin du petit hôpital de Saint-Merry. Mais une occasion se présenta bientôt, qui le mit en relief et lui fit déployer toute son énergie et toute son intelligence. Une terrible épidémie de typhus, apportée en 1815 par les prisonniers espagnols, désolait les départements de l'Yonne et de la Côted'Or. A la recommandation de la Faculté de médecine, le ministre de l'intérieur le choisit, avec Nysten et Savary, pour fixer et diriger le meilleur traitement à mettre en usage; il remplit celte périlleuse mission avec le plrs grand succès, et ce service rendu à l'État l'ayant fait admettre, à son retour, parmi les médecins des hôpitaux civils de Paris, il fut d'abord nommé médecin-adjoint de la Maison de santé du faubourg Saint-Denis. Peu après, plusieurs vacances successives lui ouvrirent, en mai 1818, les portes de l'hôpital des Enfants-Malades, et le placèrent sur le théâtre où il devait surtout s'illustrer. Enfin, d'autres honneurs vinrent le trouver : memU'e de la Société de médecine établie dans le sein de la Faculté (1814) ; membre de l'Académie de médecine dès l'origine de cetle compagnie (1820); agrégé pour la chaire de thérapeutique et d'histoire naturelle (1825); médecin consultant des demoiselles de la Légion d'honneur de Saint-Denis (octobre 1829); médecin consultant du roi Louis-Piiilippe. Il succomba le 25 mai 1848, emporté par une pneumonie du sommet du poumon

droit.

Outre un assez grand nombre d'articles d'histoire naturelle publiés dans les bulletins de la Société d'émulation de Rouen, et dans ceux de l'Académie des sciences et belles-lettres de la même ville, L.-B. Guersent a donné :

I. Essai sur les e'pizooties. Paris, 1815, in-8". — II. Quels sont les caractères des propriétés vitales dans les végétaux. Tli. de Taris, 2G prairial on XI, in- 8°, 84 pp. — 111. Discours

GUETTAUD. 447

prononcé sur la lombc de J.-D.-C Asselin. Paris, IS'iG, in-4''. — IV. Observations pratiques. In Arch. gén. de mcd., t. XV, p. 5, '20, 1827; t. XVII, p. 493-512, 18-28. — V. Notes sur quelques observations recueillies à la clinique de perfectionnement. \n Arch. ge'n. de mc'd., t. XY, p. 378-395, 1825. — VI. Observation sur une rupture de l'œsophage à la suite de vomissement. In Journ. de Leroux, t. Xllt, p. 75-76, 1807. — VII. Rapport sur la maladie contagieuse qui a rcgnc dans le département de l'Yonne. . . In Journ. de Leroux, t. XXIV, p. 157-151, 1812. — VIII. Anévrysme du cœur, pér'icarditc et péritonite hépatique, suivies

d'ascitc In Journ. de Leroux, t. XXVI, p. 215-223, 1815. — IX. Du furoncle aloniqur.

In Arch. gén. de mcd., t I, p. 5jij-5i0, 1825. — X. Notice sur les eaux de Plombières. Paris, 1838, in-S". — XI. Principaux articles dans le Dictionnaire des sciences médicales : Baume, Bell.voone, Bière, Bismctii, Cidre, Cigl'ë, Couenne, Cruor, GtivRE, Degré, Discussir, DoicE-AMÈRE, EcoRCE, Épizootie, Gastrite, Lncisif, Lvcoxtixenxe, Lait, Maladies laiteuses, Métlorisme, Œsophage, Péritonite, Saignée, etc., etc. — XII. Articles du Dictionnaire en 21 volumes : Absorbants, Acidulés, Acupuncture, Affu^ion, Altérants, Amers, A.mulette, .analytiques. Angines pseddo-jiejiiïraneuses et gangreneuses, Antilaitecx, Astiscobbdtiqdes, Antispasmodiques, Apéritits, Aphthes, Béchiques, Caljuxs, Caumixatifs, Carreau, Cataplas.mes, Cérat, Clystèhes, Collyre, Contro-stisulants, Croup, Débilitans, Délayans, Dentition, Diurétiques, Eaux minérales, Emménagogues, Emolliens, Étiier, Exutoires, Ters, Ferrugineux, Fièvre céréuralk, Gargarisme, IIvduocépiiale aigué, Injection, Iode, Maniluves, Masticatoires, Méningite, Moxa, Muguet, Musc, Opium, Pjediatiue, Pédilcves, Purgatifs, Raciiitis, Répercussifs, Révulsifs, Révulsion, Rubéfiais, Roséole, Rougeole, Quinouina, Saignée, Scarlatine, Scrofules, Sétun, Sin'apismes, Stimulais, Stomatite, Sudouifiques, Tiiéhapeutique, Tiiériaquë, Toniques, Topiques, Vaccine, Varicelle, Variole, Ventouses, Vésicaxs, Vésicatoires, Vers, Vermifuges, Vomitifs. A. C.

(iiicrscnt (P.\i'l-Loi;is-Be>oit). Fils du précédent, né à Rouen, le 18 mars 1800. 11 fut reçu docteur à Paris le 5 mars 1828, après avoir été interne des hôpitaux, élève de l'École pratique, chef de clinique chirurgicale à l'hospice de perfectionnement; nommé chirurgien du hureau central en 1856, il fut, l'année suivante, chargé du service de chirurgie à Bicêlre, puis de celui de l'hôpital des Enfants. II est mort à Paris, le l''"' octohre 1869. Guersent fut l'un des membres fondateurs de la Société de chirurgie, créée en 1845.

Livré complètement à sa pratique, plus soucieux des enseignements cliniques que des inspirations de la théorie, Guersent fils a peu écrit. On ne cite guère que sa thèse inaugurale : Essai sur les avantages et les inconvénients de la lithotomie, comparés à ceux de la lithotritie (thèses de Paris, 5 mars 1828, in-4"), quelques comptes rendus des leçons de clinique qu'il a faites à l'hôpital des Enfants, et qui ont été recueillies par la Gazette des hôpitaux, et un livre intulé : Notices sur la chirurgie des enfants, Paris, 1864-1867, in-8'\ de 598 pages. A. C.

GUÊTRES. Pour limiter les mouvements de l'articulation tibio-tarsieimc à la suite des entorses, ou pour la soutenir dans les cas de relâchement des lif^aments ou de faiblesse des muscles, on confectionne des guêtres soit en tissu élastique, soit en peau de chien, soit en toile ; dans ces deux derniers cas. la guêtre se lace sur le côté externe de la jambe.

La difficulté de distribuer uniformément la compression avec les guêtres lacées, les plis que ceux-ci forment presque toujours au niveau du cou-de-pied, les ont fait généralement abandonner pour les guêtres élastiques {voij. Élastiques). D.

GUETTARD (Jean-Etienne). Médecin et naturaliste distingué, né à Étampes le 22 septembre 1715, mort à Paris le 8 janvier 1786. Il était le fils d'un pharmacien et le petit-fils d'un médecin d'Étampes, nommé Descurais, et c'est dans la conversation de son grand-père qu'il prit le goiit de l'histoire

Page 1