S GUEVARA
naturelle. Il vint à Paris étudier la médecine et, une fois reçu docteur, il se livra entièrement aux sciences naturelles sous la direction de Réauniur et fut reçu, en IT^o, à l'Académie des sciences comme botaniste. Le duc d'Orléans, fils du régent, lui confia la garde d'une collection d'objets d'bisloire naturelle qu'il avait réunie au couvent de Sainte-Geneviève, et {j[u'il lui légua par testament. Gueltard renonça à ce legs en faveur du iils du duc d'Orléans, qui le nomma garde de son cabinet, avec une pension modeste et un logement au Palais-Royal. 11 resta dans cette position jusqu'à sa mort. Aucun autre fait saillant n'est à noter dans la carrière de ce savant de premier ordre.
Guettard a publié une foule de mémoires sur la zoologie, la botanique, la pliysiologie végétale, la paléontologie, la géologie, la minéralogie et la médecine.
En botanique, il étudia particulièrement les glandes des végétaux, la transpiration des végétaux avec les fonctions importantes qu'y jouent les feuilles, découvrit dans la racine des Galium indigènes une matière colorante analogue à celle de la garance.
En zoologie, ce sont surtout les animaux fossiles qui attirèrent son attention ; à son époque, une foule de personnes voyaient encore dans les fossiles des jeux de la nature; Voltaire lui-même défendait cette opinion. Les travaux de Guettard vinrent rectifier les idées du public sur ce point ; dans les ardoisières d'Angers, il découvrit les trilobites, dont il reconnut les affinités avec les Crustacés; il contribua puissamment à faire connaître la vraie nature des polypiers et des éponges fossiles, qui jouent un rôle si considérable dans les formations géologiques; près d'Étampes, il découvrit un bois fossile de renne, et cette découverte fit grand bruit, et le premier il attira l'attention sur les ossements fossiles du gypse de Montmartre, où Guvier trouva après lui une si riche moisson.
Mais c'est surtout en géologie et en minéralogie que Guettard excellait; nous ne dirons rien ici des magnifiques découvertes qu'il fit dans ce domaine, ajoutons seulement que c'est à lui qu'est due la première ébaucbe d'une carte géologique de France, que c'est lui qui découvrit en France la matière à faire de la pori'.elaine, le kaolin.
I. Mémoires sur les corps glanduleux des plantes et sur l'usage qu'on peut faire de ces parties dans l'établissement des genres (dix mémoires); publiés de 1749 à ITS'Z dans les Mc'ntoires de l'Acad. des sciences. — II. Mcnicire sur la transpiration insensible des plantes. In Mc'ni. de l'Acad. des se, ilh'l-ïlhô. — III. Expériences par lesquelles on fait voir que les racines de plusieurs plantes de la famille de la garance rougissent aussi les os, et que cette projiriété paraît être commune à toutes les plantes de cette classe, fn Mém. de l'Acad. des se, 1751. — IV. Mémoire sur les effets de la poudre de la racine de caillelail, donnée à une lapine pleine, dont le lait fut coloré en rose assez vif, et les os des petits furent également colorés sa7is que ceux de la mère eussent changé de couleur. la Mém. de l'Acad. des se, 1752. — V. Mémoires sur diverses questions d'histoire naturelle, de science et d'art, 6 vol. in-4°. L. Hn.
GUEULE DE Lioi\. GUEULE DE LOUP. Noms vulgaires de YAntirrhinum majus L., de la famille des Scrophulariacées. Pl.
GUEULE MOIRE. Nom donné au fruit de ï Airelle ( Vaccinium Myrtilliis L. ) , de la famille des Éricacées-Yacciniées. Pl.
GUEVARA. (Alfo^so-Rodriguez de). Médecin espagnol du seizième siècle,
UUGLIELMlNr. i'iîl
né à Grenade, commença l'e'tude de l'art de guérir en Espagne, puis alla en Italie pour se perfectionner. Au bout de deux ans, il revint dans su patrie et fut nommé professeur à l'Univcrsilé de Yalladolid. Il démontra sur le cadavre l'anatomie humaine et vit ses cours suivis par les médecins les plus instruits. Plus tard, le roi Don Juan III, de Portugal, l'appela à Coimbre, oij il professa à l'Université et devint médecin de la reine, doua Catalina, à laquelle il dédia l'ouvrage suivant :
Alphonsi Rod. de Guevara Granalensis, in Academia Conimbricensi medicincte professai is et incbjlae Reglnae inedici plùsici, in pluribus ex ils gidbus Galenus iiiipiu/natur ah Andréa Vesalio Bruxlensi in conslructione et itsu parlium corporis hiimani, dc/ciisio; et nonnullorum quae in analome deficere videbantur supplcmentuni. Coimbfe, '15."i9, in-i"; ibid , ir.9'2, in-4°. L. Ih.
GUGGEXBiJiIL (J.). Médecin suisse, né le 16 août -1816 à Mailen, sur le lac de Zurich, lit ses études à Zurich sous des maîtres tels que Sclionlcin, Oken, etc. Il résida deux ans à Kleinlhal, canton de Glarus, et y lit ses premiers essais sur le traitement médical du crétinisme. En 1859, nous le retrouvons à Ilofwyl continuant ses recherches sons la direction d'Emmanuel von Follenberg. L'année suivante, il fonda sur l'Abendberg, près d'Intcrlaken, un établissement d'éducation et d'instruction pour les crétins. Il se vit exposé bientôt à toutes sortes d'attaques et de critiques, contre lesquelles il se défendit mal. Il a eu néanmoins le mérite d'attirer l'attention sur la question des crétins et des idiots et les services qu'il a rendus ne doivent pas tomber dans l'oubli. Guggenbùhl mourut à Montreux, le 2 février 1865, laissant :
I. Der Alpenslich endemisch im Hochçiebirije dcv Schivciz and seine Verhreitungen, mit einem Vorwort von Troxler. Ziiricli, 1838. — II. FAiropus ersle Colonie fur llcilanrj des Cretinismiis aufdem Abendberrje im Berner OLerlantl. in llaeser's Arcltiv, 1840. — lit. L'Abendberg, établissement pour la guérison et l'c'ducalion des enfants crétins. . . Premier rapport trad. de ralleni, sur le manuscrit inédit de l'aïUeur par Berchtold-Beaiipré. Fribourp, 1844. — IV. Du cre'linismc, de son histoire et de son traitement. In Bibl. univ. de Genève, 1850. — V. Die lieilung und Verhïdung des Crelinismus und ikre neueslen Fortschritte. Mittheilungen an die schweizerisclic y'attirforsc/ieude Gesellscltafl. Bern u. St.-Gallen, 1855, 10-4°. L. [I\.
GUCiLBEL:ui\I (DoMENico). Né à Bologne, le 27 septembre 1655. Fit de bonne heure d'excellentes éludes qui eurent surtout pour objet les sciences mathém:itiques et la médecine; à l'âge de vingt-deux ans, il publia, sous les auspices de son maître Montanari, disent les biographies, un Traité de flammâ volante, qui eut beaucoup de succès. Il donna des cours de mathématiques, et fut reçu bientôt docteur es arts et docteur en médecine, sous la présidence de Malpighi. II s'était occupé d'astronomie et, après avoir publié divers mémoires et notes sur les météores lumineux, les éclipses de soleil, il fut nommé, en 1686, intendant général des eaux de la province de Bologne, position dans laquelle il déploya une grande activité. En 1690, il joignit à cette fonction celle de professeur de mathématiques à Bologne et, en 1694, il fut nommé professeur d'hydrométrie, nom et place aussi nouveaux l'un que l'autre, dit Fontenelle, qui a publié l'éloge de Guglielmini. Il avait fait imprimer un Traité d'astrologie, qu'on ne lirait pas sans étonnement aujourd'lmi, mais il avait aussi publié les moyens de chiffrer avec exactitude le mouvement et la quantité d'eau qui coule, publication qui fut l'occasion d'une savante discussion avec Denis Papin. Un Traité sur la nature des fleuves suivit bientôt, En 1698, il est nommé profesmr.T. K-vf <' " VI 29
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seur de malhémaliques à Padoue, tout en conservant son titre et ses honoraires à l'Université de Bologne. En 1702, il succède à Pompée Sacchi, comme professeur de médecine, s'adonne à peu près exclusivement aux travaux que nécessitent ses nouvelles fonctions, sans négliger les mathématiques. Pour lui, la fermentation dans le sang est chose naturelle, elle est due à une matière subtile et à des particules sïilines qui l'entretiennent et qui, sous l'empire de diverses circonstances, provoquent une fermentation contre-naturelle, c'est-à-dire la fièvre. Il veut expliquer toutes les modifications du corps animal par les lois de la statique et de l'hydraulique. Guglielmini mourut dans sa chaire de médecine, à la suite d'excès de travail, le 12 juillet 1710. Les services qu'il avait rendus à son pays continuellement ravagé par les eaux l'avaient rendu populaire. Toutes les villes d'Italie réclamaient son concours, tous les grands de la terre, tous les savants correspondaient avec lui, et il fut nommé membre des plus célèbres académies scientiiiqucs de l'Europe. Fontenellc, Morgagni etFabroni, ont publié son éloge. Nous citerons de lui :
I. Vu/aiilis flamma' a perilliistri et excelleiiti D. Geminiano Monianario Boiwniensis
Archigi/iniiasii, profcssore mathcmatico oplice geomelrice e.ramiiiatœ epytropia. Conclu-
sionrs a Domini(o Giilielmino propuf/iiajidœ. Bologne, 1677, in-4''. — II. Dr cotnetarum
nalurâ et ovlu epistolica disscrtalio, occasione iiovissiniœ cometfv sub flnem superioris
amiict inler initia currentis ohservatœ cotiser ipla. Bologne, 1081, )n-4°. — III. Observalio
Solaris olipsis aniii 'K)Si, Bononiac liabita die Vl jidii. Bologne, 1684, in-i"; Padoue, 1711,
in-4''. — IV. IMflessioni filosofic/w de dette dalle figure de' sali, expresse in un discorso
recitato nclV Academia filosophica esperimentale de Monsig. Archidiacone Marsigli, la
sera degli 'il Marso 1088. Bologne, 1088, in-4''. Padoue, 1706, in-4''. — V. Aguarum fiuen-
tium mensura nova methodo inquisita. Bologne, 1690, in-4"'. Pars altéra. Bologne, 1691,
in-4''. — VI. Epistolœ duœ hydiostaUcœ, altéra apologeiica advcrsus observntiones contra
mensuram aqtiar. fluentiuni à Cl. V. Dyonisio Papino factas, et aclis erud. Llps. anni 1691
i7isertas, altéra de velocitale et motu fiuidorum in sifonibus recurris suctoriis. Ces deux
lettres et l'ouvrage précédent sont insérés dans les Miscellanœ ital. physic. matliem. coll.
a Gaudentio lioberto. Bologne, 1692, in-4°. — VII. Delta natura de' fiumi, trattato fisico-
matemalico. Bologne, 1697, in-4''. Ibid., 1759. — La première édition renferme 15 planches,
la deuxième 18. Celle-ci contient des notes et additions dues à Eustache Manfredi. — VIII. De
sanguinis natura et conslitutione exercitatio physico-medica . Venise, 1701, in-S"; Utrecht,
1 704, in-S". — IX . Pro theoria medica adversus empiricam sectam prœlectio habita Palavii,
duni a matliematicorum scientiaruin ratliedra ad primant theoreticœ medicinœ transitium
fecil. Venise, 1702, in-8''. Utrecht, 1704, in-S". — X. De salibus disscrtatio epistolaris
physico-medieo-mecanic<c. Venise, 1705, in-S"; Leyde, 1707, in-8''. — XL Lettres de G- DeS'
noues, et de Guglielmini et antres savants sur différentes nouvelles découvertes. Rome,
1706, in-S". — XII. Josephi Danzelli sytnjjosiuni, etc., medicum, sive quœstio convivialis
de usu matheniatum in arte medica. Venise, 1707, in-8'' (ouvrage attribué en grande partie
à Guglielmini). — XllI. Exercitatio de idearum vitiL", correctioncetusu, ad statuendam et
inquirendam morborum naturam. Padoue, 1707, in-8'>. — XIV. De principio sulfiireo
dissertationes, quibus mantissce loco accessit dissertatiodc œthcre, opus postliitmum. Venise,
1710, in-8°. — XV. Epislula ad G.-G. Leibnitium de aquaruni flnentlum mensura, quâ
respondit epistolœ Dionysii Papiiii ad Ilugeniuni. In Miscellame berolinens. Berlin, 1710,
10-4". — XVI. Domini Gulielmini opéra omnia vudhemaiica, hydraulica, medica eiphysica,
in duos tomos digesta, accessit ejus vila a Joli. Daptista Morgagni scripta. Genève, 1719,
2 vol. in-4''. A. D.
GIJGUL, GOGVL, GKGULU, GUGULA. Noms indigènes dnBdellium et (?) de certaines sortes de Myrrhes. II. Bs.
GUI ou GUY {Viscum Tourn.). Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Loranthacées. Les fleurs, régulières, sont unisexuées, monoïques ou dioïques. Les mâles, dépourvues de corolle et d'étamines individualisées, sont réduites à un calice composé de quatre sépales à préOoraison valvaire ;