‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.47Chapitre 74 sur 126 · GUIN · texte numérisé non relu

GUIN

le tout de taffetas gommé. La décoction est également employée en lotions, lavements et injections. Les indications de ces pratiques diverses sont trop nombreuses pour être énumérées ici ; elles rentrent toutes dans celle d'un état plilegmasique. Dans tous les cas, il est bon de renouveler fréquemment la décoction, qui est, nous l'avons dit, assez sujette à s'altérer.

L'emploi de la racine de guimauve en nature trouve son application dans les affections dentaires et gingivales. Outre qu'elle figure parmi les substances qu'on donne quelquefois à màcber aux enfants pour attendrir les gencives et faciliter la dentition, on applique avec avantage sur les abcès gingivaux de petits fragments de racine de guimauve, coupés en lamelles et ramollis dans l'eau, et qu'on renouvelle à mesure que les liquides de la bouche les réduisent en bouillie.

Enfin, la racine de guimauve fortement sécbée, introduite dans les trajets fistuleux, se gonfle assez pour les dilater, comme fait la Laminaria digitata, mais dans une proportion infiniment moindre.

Modes ii'admimstratio>. Tisane de fleurs. Infusion de 5 à 6 grammes dans 1 litre d'eau; laissez infuser une demi-heure et passez.

Tisane de racines. 10 grammes par infusion dans la même quantité d'eau.

Décoction pour l'usage externe. 50 grammes environ pour 1 litre d'eau.

Pondre de guimauve. Employée comme excipient des pilules, ou pour les saupoudrer de manière à les empêcher d'adhérer les unes aux autres. On prépare quelquefois une poudre composée, dite des voyageurs, dans laquelle celle de guimauve est mélangée avec les poudres de gomme, de sucre, de réglisse et de nitrate de potasse. Elle sert à la préparation instantanée d'une tisane rafraîchissante.

Sirop de guimauve. Racine sèche de guimauve incisée, 50 grammes ; eau distillée, 500 grammes; sirop de sucre, 1500 grammes. Faites macérer la guimauve dans l'eau froide pendant douze heures et passez sans expression. Ajoutez le macéré au sirop de sucre et faites cuire jusqu'à ce qu'il marque 1 ,26 à l'aréomètre, et passez (Codex).

Tablettes de guimauve. Racine de guimauve pulvérisée, 100 grammes; sucre pulvérisé 1000 grammes, mucilage de gomme adragante, 50 grammes. Mêlez la poudre de guimauve avec partie égale de sucre, passez au tamis de crin; faites une pâte avec le mucilage et le reste du sucre ; ajoutez-y le mélange précédent et faites des tablettes du poids de 2 grammes (G.).

Pâte de guimauve. La pâte dite de guimauve est de la pâte de gomme.

GUIMAUVE DES IIXDES. ^omdonnéau SidarhumboideaL., dehïamiUe des Malvacées. Pl.

GUIMAUVE VELOUTÉE. Nom donné à VAmbrette {Hibiscus Abelmoschus h.), de la famille des Malvacées. Pl.

GUIN. D'après Mérat et de Lens, ce nom est donné au cerisier dans diverses parties de la France. De là est venu le mot de Guigne ou de Guindoux pour une de ses variétés. Pl-

Bibliographie. — Mérat et de Lens. Bicl. Mat, mêd., III, 459. Pi.

GUI]\DJi]\IT (Toussaint). Médecin du dix-huilième siècle, reçu docteur à la Facultû de Montpellier, agrégé au Collège d'Orléans, médecin en survivance, puis médecin de l'Hôtel-Dieu, membre de la Société royale d'agriculture d'Orléans, a publié :

I. Observatio)ts sur une grossesse compliquée d'une anasarque , d'un érysipcle, d'un ulcère phaffédéniqne et d'un enterilis ou inflammation des intestins, avec un de'voiement continuel. In Journ. de méd., chir. et pharm., t. XXV, p. 206, 1706. — II. Observations sur un tétanos. Ibid., p. 509. — 111. La nature opprimée par la médecine moderne, ou la nécessité à recourir à la méthode ancienne et hippocratirjue dans le traitement des maladies. Paris, 1768, in-12. — lY. Observ. sur une affection vaporeuse. In Journ. de méd., chir., etc., t. XXVII, p. 450, 1767. — V. Exposition des variations de la nature dans l'espèce humaine, etc. Paris, 1771, in-8°. — VI. Examen chimique et pratique des eaux de la Loire et du Loiret et des puits de la ville d'Orléans. Paris, 17G9, in-12.

11 faut distinguer ce médecin de ses homonymes : Guindant (Saint-Louis), qui naquit à Vierzon, le 18 mars 1745, fut docteur de Montpellier et docteur de Paris (11 sept. 1772), et Guindant (Jean-Baptiste), qui vit le jour à Bourges, fut maître es arts de cette ville et prit sa première inscription à la Faculté de méde cine de Paris le 50 mai 1760. L. Hn.

GUIl\[DOULIER. Nom vulgaire donné, dans le Languedoc, au Jujubier [Zizyphus vulgaris Lamk). Ed. Lef.

GVimDRE (Sel de) ou Sel désopilant. Remède autrefois secret, composé de sulfate de soude efdeuri, 24 grammes ; nitrate de potasse, 60 centigrammes; tartre stibié, 25 milligrammes. Les 24 grammes de sulfate de soude effleuri équivalent à environ 55 grammes de sel cristallisé. Le sel de Guindre est donc un émélo-cathartique actif. On le prend dans du bouillon de bœuf ou du bouillon aux herbes.

Lu autre sel a pris ensuite le nom de désopilant. C'est celui d'Audin-llouvier, qui, avec de l'émétique et du sulfate de soude, contient aussi du sulfate de potasse et des chlorures de sodium et de magnésium. D.

GUINÉE. Sous le nom de Guinée, les géographes désignent vaguement les pays qui bordent le littoral de l'Afrique, depuis la Sénégambie jusqu'au Mossamédès. On a divisé cette côte en deux parties. La Guinée septentrionale ou Guinée supérieure s'étend du 10^ parallèle nord à l'équateur, de l'embouchure du Rio-Pongo au cap Lopez, La Guinée méridionale ou Basse-Guinée commence au cap Lopez ei se termine au cap Frio, c'est-à-dire qu'elle s'étend entre le 17'^' et le IS'^ parallèle sud.

La côte de Guinée se développe sur une longueur d'environ 1200 lieues de 25 au degré (1000 lieues marines) ; cette longueur dépasse l'étendue du littoral méditerranéen du continent africain. La Guinée est fort mal connue ; les Européens ne se sont établis que sur quelques points, tous situés près de la mer. Les hardis voyageurs qui se sont enfoncés dans les terres n'ont donné que des renseignements très-incomplets sur l'intérieur du pays. Nous nous occuperons surtout des parties de la côte où se trouvent placés les établissements européens.

I. Géographie. Guinée septentrionale. La côte d'Afrique au sud de la Sénégambie se dirige d'abord directement vers le sud jusqu'au cap Sierra Leone, puis vers le sud-est. Elle reçoit, dans cette partie, le nom de côte de Sierra Leone. Nous avons donné, dans un autre volume de ce Dictionnahe, la descrip-

tion de Sierra Leone, territoire qui peut aussi bien être rattaché à la Séncgambie qu'à la Guinée. Nous ne nous occuperons donc pas de cette porliou de la côte africaine.

Eu descend.int vers l'équateur, après avoir dépassé l'île de Sherboro, qui appartient à la colonie de Sierra Leone, la côte premî le nom de côte du Vent, de Malagnette ou des Graines, et se dirige vers le sud-est. Elle appartient alors à l'éfat de Libéria. Celle colonie de nègres émancipés ou rachetés a été fondée, en 1821, par les Américains, à l'imilation de ce que les Anglais avaient fnit à Sierra Leone. Elle est indépendante. Le territoire Libérien a 800 kilomètres de longueur, il compte 718 500 habitants, dont environ 20 000 civilisés. C'est une plaine marécageuse dont l'intérieur se relève en collines assez escarpées rejoignant les contreforts des monls Kongs.

La capitale Monrovia, située à l'cmbouchnre de la livière Saint-Paul, est un centre important d'une vérit;iblc civilisation qui s'appuie exclusivement sur l'élémenl noir airicaiu (3000 habitants). A l'est de Libéria se trouve une autre petite république, d'origme également américaine, le Maryland, colonie indépendante, en voie de pro,i:rès.

A partir du cap des Palmes, la côte prend une direction générale de l'ouest à l'est avec des inllcxions peu considérables jusqu'au delta formé au l'ond du golfe de Guinée par les nombreuses cniboucliiire!; du iNiger. Celte longue côte, basse et uniforme, a été divi>ée très-arbilrairemonl, sous des appellations différentes emprimlées aux objets servant aux échanges commerciaux avec les indigènes. Au cap des Palmes commence la Côte d'Ivoire, sur laquelle se trouvent les trois comploirs français de Dalou, Grand-Bassam et Assinie. A l'embouchure de la rivière Assinie commence la Côte d' Or ; elle s'étend jusqu'au cap Saint-Paul, un peu au delà de l'embouchure do la rivière Voila. La Côte d'Or est le siège d'un grand nombre de petits comploirs, échangés ou conquis par les Français, les Portugais, les Hollandais, les Danois et les Anglais. Nous énumérerons ces comploirs en exposant la topogniphie de celte paitie delà Guinée. La Côte d'Or est devenue aujourd'hui entièrement anglaise.

Au cap Saint-Paul, le rivage prend le nom de Côte des Esclaves. C'est la partie maritime du grand royaume nèure de Dahomey, dont la principale ville du littoral est Whydah, où les Européens possèdent d'importantes maisons de commerce.

L'établissement anglais de Lagos est situé sur le Rio-Lagos, à l'extrémité orientale de la Côte des Esclaves.

Le rivage se creuse alors vers le nord et forme une concavité qui constitue le golfe de Bénin, puis change de direction et descend vers le sud-est, en prenant le nom de Côte de Bénin. Alors se trouvent de nombreuses embouchures de cours d'eau qui, tous, paraissent être les branches par lesquelles le magnifique IViger se jette dans lOcéan.

Au delà de ces embouchures commence la Cô!e de Calahar. Elle court droit vers l'est et, rencontrant la Côte du Gabon, dirigée du nord au sud, forme le golfe de Biafra. Le golfe de Beniu et celui de Biafra sont ainsi séparés par les nombreux deltas du Niger. La Côte du Gabon s'étend jusqu'au cap Lopez, situé à quelques minutes au sud de l'équateur. Dans l'estuaire du Gabon se trouve l'établissement français du même nom.

Guinée méridionale. Du cap Lopez jusqu'au cap Frio, la côte d'Afrique descend vers le sud en formant une concavité vers l'est. Cette côle a été divisée

en cinq parties : le Loango, le Congo, V Angola, le Benguela cl le Mossnmédès. Au cap Frio s'arrête ce qu'il est convenu d'ap(ieler la Guinée mrrirlionale. Sur celte côte se trouve rembouchiire du grand fleuve du Congo ou Zaïre. La Guinée méridionale fut autrefois témoin de la puissance du Poitugal. Cette nation possède encore les villes de Saint-Pliilippe de Benguela, Saint-Paul de Loanda etMossainédès.

A la Guinée se rattachent un certain nombre d'îles : FernancJo-Poel Annobon aux Espagnols, Vile du Prince et San Thomé aux Portugais.

II. llisiORiQDE. L'exploration du littoral de la côte de Guinée embrasse une période de cent quarante ans, depuis le premier établissement attribué aux Dieppois, en 1354, jusqu'au voyage de Vasco de Gama, qui doubla le cap de Bonne-Espérance en 1498. Ce fut à la côte de Malaguette, occupée actuellement par la colonie de Libéria, que les navigateurs français créèrent ce qu'on nommait alors des loges et ce qu'on appelle aujourd'hui des comptoirs. En 1564, les Dieppois avaient déjà établi un comptoir à Grand-Bassam, sur la côte de Malaguetle. On trouve sur ce rivage des points qui ont été désignés sous les noms de Petit-Paris et Grand-Paris. En 1585, une loge fut établie à la Côie d'Or, sous le nom de la Mine, en raison de la grande quantité d'or qui y fut traitée.

En 1410, la Mine fut abandonnée par les Normands. Les Portugais n'y fondèrent la ville Saint-Georges del Mina qu'en 1471. Si les préientions des Dieppois sont justifiées, le rôle le plus important, dans la découveile et la colonisation, n'en revient pas moins à la nation portugaise.

Les premières tentatives des Anglais sur cette côte remontent seulement à l'année 1555. Depuis ce temps, on peut dire que l'inlluence de l'Angleterre est allée croissant. La suprématie commerciale et les espérances des premiers conquérants tombèrent graduellement sous les elibrts des Anglais. La France porta son activité vers la Sénégambie, où son influence est restée prépondérante, tandis que l'Angleterre domine aciuellement les régions plus méridionales.

Les Hollandais, les Espagnols, les Danois, essayèrent, à plusieurs reprises, de s'établir en Guinée, mais c'est à peine s'il reste queb|ues vestiges de leurs tentatives étoulTées sous la concurrence heureuse de l'Angleterre. La France vient elle-même d'abandonner les trois coiiqitoirs qu'elle possédait à la Côte d'Ivoire et la petite colonie du Gabon reste notre seule possession effective en Guinée. Les tentatives qui se font aciuellement pour fonder des établissements européens au Congo sont encore à la période de tâtonnements.

Nous ne chercherons pas à raconter les tristes luttes des différentes nations européennes entre elles pour établir hur domination sur ces pays. Ce récit ne présenterait d'ailleuis de léel intérêt que relativement aux découvertes des premiers navigateurs qui parurent dans ces régions. L'insalubrité efirayanle de la Guinée a joué le rôle prépondérant dans celte histoire, et c'est surtout ce dont nous devons nous occuper. Cette insalubrité trouve son explication dans la topographie et dans la climatologie de ces régions, aussi insisterons-noussurtout sur cette partie de notre sujet. Notre attention se portera sur les points les mieux connus, où les travaux ont été les plus complets, et sur ceux dont une habitation personnelle nous a permis de coimaitre le sol, les climats, les habitants et les maladies.

III. Topographie. 1" Guinée septentrionale. La première partie de la Guinée est connue sous le nom de Côte d'Ivoire. Cette côte n'offre aux marins

que peu de points de reconnaissance; elle est basse, présente une longue plage de sable, non accidentée, constamment battue par d'immenses lames qui viennent du large et se brisent sur le rivage avec un bruit intense.

Ces lames ou brisants forment, aux embouchures des fleuves, ce qu'on nomme des barres. Elles rendent le débarquement toujours difficile et souvent même impraticable. La descente à terre, dans Jes circonstances les plus favorables, ne peut être tentée qu'à l'aide de pirogues habilement dirigées par les indigènes.

Derrière la ligne écumeuse des brisants, un long ruban jaunâtre forme la plage; au delà un rideau de verdure, partout continu, indique une riche végétation. Bien que l'aspect de la terre laisse croire à la conlinuilé du rivage vers l'intérieur, vu à vol d'oiseau, le pays se présente sous un aspect bien diflérent. La plage sablonneuse, d'une épaisseur variable, est remplacée par des lacs ou lagunes courant parallèlement à la nier. Les terrains situés entre la mer et les lagunes n'offrent qu'une végétation médiocre et souvent même fort pauvre. Au delà de la lagune, la terre est couverte de forêts immenses, coupées de nombreux cours d'eau. L'eau abonde dans ces régions. Les deux rivières les plus considérables sont : l'Akba, à l'embouchure de laquelle se trouve le comptoir de Grand-Ba^sam, et la rivière d'Assinie, ovi l'on voit le poste français du même nom. Ces deux rivières, dont la dernière surtout paraît avoir une assez grande importance, reçoivent de nombreux affliients et communiquent avec les lagunes dont nous avons parlé. La lagune de TEbrié ou de Grand-Bassam s'étend de Test à l'ouest, parallèlement au bord de la mer. Sur la rive nord de l'Ebrié se trouve le poste de Dabou. Décrire le poste de Dabou tel qu'il était lorsque nous y avons vécu, pendant seize mois, c'est donner une idée de ce qu'est, en Guinée, un comptoir européen établi d'une manière aussi confortable que possible, et dans le but d'une possession indétuiic qui fort souvent n'est cependant pas d'une longue durée.

La lagune ou lue Ebrié que parcourent les navires à vapeur de la station française, les goélettes de commerce des traitants et les pirogues des indigènes, est longue de 145 kilomètres sur une largeur variant de 4 ou 5 à 26 kilomètres. Les bords du lac ne sont pas éloignés de plus de 18 kilomètres de la côte et, en certains endroits, la communication avec la mer est presque directe. Le lac est couvert, dans l'ouest, d'îles de grandeurs variables, remarquables par leur riant aspect, qui forme contraste avec la rive sud, dont les bords sont bas, marécageux et couverts de palétuviers, surtout dans le voisinage de Grand-Bassam. La rive nord du lac est remarquable par la belle végétation qui recouvre ses bords. 11 s'y trouve bien quelques marais, mais d'une médiocre étendue. L'aspect de cette partie du pays est très-pittoresque; on y voit quelques monticules boisés, des vallées et des plaines parfaitement cultivées.

Poste de Dabou. Un navire à vapeur, traversant les eaux calmes et limpides de la belle lagune de l'Ebrié, dépose l'Européen au fond d'une magnifique baie, .dont les rives garnies d'arbres cachent les nombreux villages des indigènes. Au sommet d'un coteau s'élevant par une pente rapide, à une trentaine de mètres, on aperçoit une grande maison en pierres, composée d'un rez-de-chaussée et d'un étage protégé contre le soleil par une large galerie à colonnes. Celte maison est entourée d'une muraille de 2 mètres de haut. Aux quatre coins du quadrilatère ainsi formé sont placés de petits bastions armés d'une pièce d'artillerie. -Dans ce fort habitent u)ie vingtaine de soldats européens, 2 officiers et 1 méde-

cin. Le reste de la [garnison se compose de 50 soldats noirs, recrutés au Sénégal.

Du haut de la terrasse couvrant la maison, le coup d'oeil embrasse la baie de Dabou et la lagune qui, en cet endroit, a 10 kilomètres de largeur. Au sud s'aperçoit une terre assez boisée séparant la lagune de la mer. On ne peut voir celle-ci, mais, lorsque le vent souffle du large avec force, le soir, on entend briser les lames. Ce bruit est une harmonie pour l'Européen, songeant sans cesse à l'océan qui lui donnera les moyens de retourner dans sa patrie. Derrière le poste, au nord, on découvre une plaine légèrement ondulée ou, pour parler plus exactement, un immense et splendide parc, une vaste savane parsemée de grands bouquets d'arbres et fermée de tous côtés par des rideaux de bois qui laissent apercevoir à l'est un second plan plus élevé également couvert de végétation. Si loin que nous ayons pu nous enfoncer dans l'intérieur, l'aspect du pays nous a paru toujours le mOme. De nombreux bouquets de beaux arbres au milieu desquels s'élèvent des palmiers à huile, des villages bien bâtis, à voies tracées au milieu de maisons carrées construites en nervures de palmiers. Autour des villages, des plantations de bananiers, d'ignames, de maïs, de manioc; ces cultures sont établies sur des terrains gagnés sur les bois à l'aide du feu. Tel est l'aspect général du pays.

La réputation de Dabou, au point de vue sanitaire, est assez bonne; cependant les deux tiers des soldats européens de la garnison étaient habituellement malades. On ne tiouve pas de véritables marais aux environs de Dabou. La lagune est profonde, ses eaux sont limpides, ses rives sont à peine un peu boueuses. La brise de sud-ouest, qui domine pendant la plus grande partie de l'année, arrive au poste, après avoir passé sur une vaste étendue d'eau profonde sur laquelle elle n'a pu que se dépouiller des principes nuisibles empruntés à la rive opposée. Sur cette rive, nous avons eu à traverser, pour nous rendre au bord de la mer, deux grands marécages aux eaux noirâtres. Lorsque les vents soufflent de terre, ils ont rencontré les forêts avant d'arriver au poste, et c'est alors que les fièvres font invasion à Dabou.

Autour du fort se trouvent groupées quelques maisons en bois ou en paille. La plus grande, habitée par un Européen, contient une factorerie où les indigènes viennent échanger les produits du pays contre les étoffes et les autres objets de traite. Au pied du poste, sur le bord de la lagune, se trouve un beau jardin ■cultivé par la garnison. Les citronniers, les orangers et autres arbres fruitiers y croissent à côté de la vigne et d'un grand nombre de rosiers toujours en fleurs; les légumes d'Europe s'y développent avec la plus grande facilité.

Près de l'embouchure de la rivière l'Akba, avec laquelle communique la lagune de l'Ebrié, se trouve le poste français de Grand-Bassam. Il est établi à d'extrémité de la langue de terre qui sépare l'Ebrié de la mer. Tout autour du poste, ou ne trouve que du sable fin. Il n'y a aucune trace de végétation autre que celle d'un jardin très-misérable, artificiellement établi à l'aide d'une légère touche de terre végétale apportée de loin et disposée en plates-bandes. Le poste de Grand-Bassam peut être pris pour type des établissements provisoires que font les Européens à la côte de Guinée.

Une palissade de pieux, flanquée de bastions, entoure un espace quadrilatère dans lequel s'élève une maison en bois, à un étage, qui sert de logement AUX officiers. Des cases en paille seront à la garnison. A côté du poste se trouve la factorerie, encore moins luxueusement' établie. La configuration de

la langue de sable sur laquelle sont construits le poste et ses dépendances est très-vari;ible. Tantôt la mer entraîne le sable mouvant de la côte; tantôt elle dépose sur le rivage de grandes masses de sable et s'éloigne peu à peu du continent. Pendant les ras de marée, l'eau se rend dans les parties déclives du sol et forme des ilatjucs d'une étendue et d'une durée variables. Ces marais temporaires sont situés au sud-est du poste. Quelques-uns durent assez longtemps pour que la végétation gagne leurs bords et qu'aux eaux basses une grande quantité de vase noire reste à découvert. Deux flaques permanentes, situées au nord du posie, sont le réceptacle de toutes sortes d'immondices. Elles sont poissonneuses, une végétation berbacée croît sur leurs bords. Ces eaux subissent Tiidluence de la marée. Elles sont des foyers permanents de généra- s tions miasmatiques.

A 30 kilomètres à l'est de Grand-Bassam, on découvre l'embouchure de la rivière Assinie et le pays d'Assinie, en langue indigène Aouémi. Baigné par la mer au sud, ce royaume est bordé au nord par le pays des Aschanlis, à l'est par celui d'Apollonic, à l'ouest par le petit royaume d'Aka. Le poste français d'Assinie est situé sur la rive droite de la livière du même nom par 5" 7' lU"de latitude nord et 3° 35' 24" de longitude ouest. 11 fut fondé en 17U6 par les Français, abandonné, puis rétabli en 1845. Il se compose d'une enceinte de piquets formant un quadrilatère de "200 mètres de longueur sur 100 delarj,eur. Au milieu, une maison en bois recouverte en paille, composée d'un rezde-cbaussce et d'un étage, constitue le logement d'un officier. Sur les côtés, plusieurs cabanes servent de casernes, de masasins, de cuisines et d'hôpital. La rivière court de l'est à l'ouest parallèlement à la mer où elle se jette en formant une barre dont les brisants sont très-redoutables. La bande sablonneuse qui sépare la rivière de la mer n'a, en certains endroits, qu'une largeur de 600 mètres. L'embouchure de la rivière se déplace à chaque instant; elle esta environ 12 kilomètres du poste français.

L'eau abonde dans le pays d'Âouémi, c'est un vaste archipel situé sur une mer d'eau douce (Jubelin). De nombreux cours d'eau, dénormes lacs communiquent avec la rivière et servent de déversoir à ses eaux. Au centre du pays est un lac de 18 kilomètres du nord au sud, sur 4 kilomètres de l'est à l'ouest, c'est le lac Ahi. 11 a la forme d'une ellipse à la courbe de laquelle viennent aboutir et d'où partent de nombreux cours d'eau. Deux de ces rivières ont été explorées par les Européens, l'une, pendunt quelques jours, jusqu'à une cataracte de 20 mètres de haut, l'autre, pendant quinze jours, sans qu'on ait rencontié d'obstacle. A l'est du lac Ahi se tiouve un lac non moins considérable .s 'étendant dans le pays d'Apollonie. Lu circonférence de cette mer intérieure est peuplée de nombreux villages qu'eulre-coupent l'épaisse verdure et les belles forêts du rivage qui donnent au pavs l'aspect le plus pittoresque. Nous avons gardé un profond souvenir des paysages enchanteurs de ces rives et de l'impression que nous ont causée les excursions faites au milieu des vieilles forêts auxquelles elles servent de limites. Les trois comptoirs de Dabon, Grand-Bassana et Assinie, viennent d'être évacués par la France au moment oii nous écrivons ces lignes. Mais les grandes richesses que possèdent ces fertiles contrées ne permettent pas de douter que cet abandon ne sera que momentané.

La Côte d'Or commence à l'embouchure de l'Assioie et s'étend jusqu'au cap Saint-Paul. Elle est tout entière sous la domination du pavillon anglais. Suivons-la en marchant de l'ouest vers l'est. Après Assinie vient le pays d'ApoI-

lonie. La côte prend alors un aspect qui diffère sensiblement de celui de la Côte d'Ivoire. Elle est abrupte et rocailleuse. En beamoup d'endroits, elle présente un grand nombre d'îlots ou de rochers délachés du rivajie, se découpe en baies peu profondes et lrès-&ccidentées. Elle est lormée de collines peu élevées, mais qui paraissent d'autant plus hautes que la côte parcourue précédemment est trèsbasse. Les baies que présente la Côte d'Or, les facilités que l'on trouve dans quelques-unes à descendre à terre, ont favorisé l'établissement de nombreux comptoirs européens, dont beaucoup ne sont plus aujourd'hui que des ruines.

On trouve d'abord l'ancien comptoir hollandais à'Axim, puis le fort anglais Discover sur un monticule de 9 mètres de haut, puis le fort à'Elmina aujourd'hui aux Anglais. Elmina contient plusieurs maisons bàlies à l'européenne. Vient ensuite l'établissement du Cape Coast Castle, bien furtilié, et possédant un certain nombre de maisons européennes, des casernes, un hôpital. Le cap Coast est le centre administratif des possessions anglaises de la Guinée.

Le pays où se trouvent Elmina et le cap Coast est celui des Fanlis, une route conduit à la ville de Coomassie, à 180 kilomètres de la mer. Celte ville est la capitale du grand royaume nègre des Aschantis. Ce royaume barbare décrit dans les récits de Boudwin et de Ilulton a été traversé en 1874 par une armée anglaise et est actuellement bien connu.

Revenons à la côte. Elle est peu élevée, la plus haute colline ne dépasse pas 180 mètres. En continuant de s'avancer vers l'est, on trouve les forts d'Acra et de Christianborg. C'est de ce dernier fort que le médecin danois Lert écrivait en 1783 ses intéressantes letlres. Un peu avant d'arriver à rimpoilante rivière Volta, dont l'embouchure sépare la Côte d'Or de la Côte des Esclaves et dont le cours sépare le royaume des Aschantis du royaume de Dahomey, le rivage prend l'aspect que nous avons décrit comme celui de la Côte d'Ivoire, c'est-à-dire que de grands lacs communiquant avec les rivières courent parallèlement à la mer. Le cap Saint-Paul à l'est de l'embouchure de la Volta n'est qu'une courbe régulière produite par l'enfoncement constituant le golfe de Bénin.

Côte des Enclaves. Elle fait partie du puissant royaume nègre de Dahomey, fameux par les grands sac rifices humains qui s'y font encore. Elle se dirige vers l'est en formant par sa concavité le golfe de Bénin et s'arrête au cap Formose. Sa longueur est de 700 kilomètres, elle est basse et très-monotone. C'est une plage de sable blanc sans une seule éniinence. Des broussailles au milieu desquelles se montrent quelques arbres couvrent tout le pays. Un seul cours d'eau, en communication constante avec la mer, existe dans cette partie du golfe de Bénin : c'est la rivière Lagos [Lagos, lac en portugais). Celte grande lagune court paralièlemenl à la mer avec laquelle elfe communique dans la saison des pluies. Les points sur lesquels se tiouvent les principales factoieries européennes sont de l'ouest à l'est : Porto-Novo, le Grand et le Petit-Popo, Lagos.

La plus importante ville du Dahomey est Wliydah, elle renferme 20 000 habitants, des factoreries fortifiées appartenant à la France, au Portugal et à l'Angleterre. La ville est à 4 kilomètres de la plage. Pour y arriver, il faut passer par la lagune située à 300 mètres de la mer. On traverse cette lagune en un ()oint où elle a 250 mètres de largeur. L'aspect de celte eau est noirâtre et, dans certains endroits, une odeur fétide s'exhaîe du fond qui est vaseux. On coupe rarement la lagune en embarcation, le plus souvent on la passe à dos d'homme, en hamac. Tout le pays est plat.

A Porto-Novo, ville de 20 000 âmes, située sur la lagune deLagos, se trouvent ■cinq factoreries françaises, une mission française et des maisons portugaises. En 1875, ce royaume fut le théâtre d'une épouvantable boucherie humaine à propos de la célébration des funérailles des quatre derniers rois. Deux missionnaires français en furent les témoins oculaires.

Lagos appartient aux Anglais depuis 1865. Celte ville, placée sur la rive gauche de la rivière Lagos, est entourée d'eau presque de tous côtés, La rivière peut recevoir des navires d'un tirant d'eau de 5 mètres, son entrée est défendue par une barre très-dangereuse. La ville de Lagos renferme 36 000 habitants dont 80 à 90 Européens. Elle contient de nombreuses factoreries, une mission protestante, une mission catholique, trois hôpitaux: l'hôpital colonial, celui des varioleux et celui de la prison. Le premier de ces établissements est au vent de la ville, dans une excellente position; les salles y soat vastes et bien aérées; la brise du sud-ouest y répand l'air frais de la mer. Cet hôpital nous fournira des renseignements sur l'état sanitaire du pays. Lagos est le chef-lieu d'une colonie anglaise divisée en quatre sections : la ville, ses environs et les possessions du Nord, le district oriental de Palma et de Léké, le district occidental et Badagry.

La Côle de Bénin est constituée par le grand delta du Niger. Elle est basse ■et couverte d'arbres. Le Niger ou Djoliba, d'après les récentes explorations de yweifel et Moustier, naît dans les montagnes du Fouta-Djalon par deux rivières, la plus considérable, nommée Tcmbi, sort du TembiCoundou, la plus petite, la rivière de Falico, se joint au Tembi pour former le Djoliba. Le Tembi Conndou ■est situé à 510 kilomètres à l'est de Freetown, chef-lieu des possessions anglaises de Sierra Leone, et à 120 kilomètres dans le sud du mont Loma où le major Laing avait cru pouvon^ placer les sources du Niger. Le fleuve décrit un immense demi-cercle, passe par Tombouctou, puis se dirige vers le fond du golfe de Guinée. En se jetant à la mer, il forme un réseau composé d'un nombre considérable de branches; ce réseau embrasse 400 kilomètres du littoral. Les embouchures du Niger forment 21 branches portant des noms différents. Le Lagos paraît être une de ces branches. Les plus importantes sont la rivière de Bénin ou Formosa, le Nun ou Quorra ou Niger, le Bony, le Vieux-Calabar, qui donne son nom à une partie de la côte.

Côte de Calabar et golfe de Biafra. Cette côte présente d'abord un aspect semblable à celui de la Côte de Bénin. Ce sont des terrains d'alluvion uniformes et bas. Au moment oh la côte se dirige vers le sud en formant le golfe de Biafra, elle change d'aspect. Les terres s'élèvent en hautes chaînes de montagnes. Le pic le plus nord et le plus élevé du groupe est la montagne de Gamaraos ou Gaméron. Son sommet haut de 4697 mètres (Fleuriot de Langle) est souvent couvert de neige. Il s'aperçoit de plus de 1000 kilomètres au large. Des bois •épais couvrent les montagnes. La direction de la chaîne des Camérons est du nord au sud, inclinant un peu vers l'ouest. Dans le prolongement de la ligne de faîte des monts Camérons se trouvent les îles Fernando-Pô, du Prince, San- Thomé et Annobon, formant dans la mer la suite de cette chaîne de montagnes.

La côte, en descendant vers le sud directement, devient rocailleuse et abrupte. Les falaises qui la forment sont garnies parfois ta leur pied d'une étroite plage de sable. Tous les marins s'accordent pour affirmer que cette partie de la Guinée est salubre relativement aux autres. La nature du sol et son élévation expliquent ce fait.

GUINÉE. -4!^t

La Côte du Gabon succède à la côte du Calabar. La France possède au Gabon un important comptoir, c'est le centre de noire station maritime. Nommé Mpongo par les indigènes, le Gabon est un estuaire situé par 0",oO' de latitude nord et 7 degrés de longitude est. Il pénètre à 55 kilomètres dans l'intérieur des terres, suivant une direction générale du nord-ouest au sud-est. Sa largeur est de 13 kilomètres devant l'établissement français. Il s'élargit un peu plus loin et se termine par un vaste bassin dans lequel se trouvent plusieurs îlots. L'établissement français, devant lequel est mouillé un navire servant d'hôpital flottant, est situé sur la rive droite, à ^2 kilomètres de l'entrée, sur un plateau élevé d'une quarantaine de mètres. Ce poste a été établi eu 1845.

L'estuaire, comparable à la rade de Brest, forme deux vastes bassins dont les bords sillonnés de nombreuses criques sont couverts d'une riche végétation. Dans cet estuaire, viennent se déverser trois grands cours d'eau : le Como, le Romboe et le Bagoué. Le plus long des trois, le Como, prend sa source dans les montagnes de Cristal. A 110 kilomètres, dans l'intérieur de ce fleuve, se trouve mouillée une corvetle française servant de poste avancé. Le Gabon et les pays limitrophes présentent un terrain tourmenté, parsemé de pelits monticules dont le })lus élevé, le mont Bouet, atteint 100 mètres. Ces collines boisées sont séparées par des ravins. Le peu de hauteur des ravins au-dessus de la plage rend l'écoulement des eaux difficile aux époques de sécheresse ; les embouchures étant alors comblées par le sable que charrient les fortes marées. De là stagnation des eaux et formation de marécages d'eau saumàlre dont les bords sont couverts de palétuviers. Les racines adventives ramifiées de ces arbres emprisonnent des couches de limon, mêlé de débris végétaux et animaux. Sous l'influence de la température élevée, ces matières organiques entrent en décomposition et forment un foyer constant d'émanations excessivement délétères. Les <ideurs pernicieuses se font sentir à distance et fatiguent même désagréablement l'odorat.

Au sud du Gabon se trouve le cap Lopez servant de limite à la Guinée septentrionale. Le cap Lopez est à l'extrémité méridionale du grand fleuve de l'Ogowé exploré et décrit par Ballay et Brazza.

2» Iles du golfe de Guinée. Nous avons dit qu'au système de la chaîne des monts Camérons se rattachaient quatre îles, sommets de la chaîne sous-marine qui continue à travers le golfe ce remarquable soulèvement.

Fernando-Pô est la première et la plus importante de ces îles. Elle est située par 6''-20 de longitude est et 5"-28 de latitude nord; à 60 kilomètres de la terre ferme et à 280 kilomètres du Gabon. Elle représente un cari'é allongé du nord-est au sud-ouest, dont le plus grand côté mesure 65 kilomètres et le [ilus petit 53. Sur le littoral nord se dessine la baie de Sainte-Isabelle qui donne son nom au chef-lieu de la colonie. Les habitations s'élèvent sur un plateau, à 55 mètres d'altitude. L'intérieur inexploré est habité par des peuplades demi-sauvages. Une chaîne de montagnes dirigée selon le grand axe de l'Ile forme son arête centrale.

Le sommet le plus élevé, le pic de Sainte-Isabelle, mesure 3108 mètres. Les terres cultivables et habitables s'élèvent à mi-hauteur des montagnes. Fernando-Pô appartient à l'Espagne, mais la ville de S:iinte-Isabelle, que les Anglais nomment Clarence, a été agrandie par ces derniers. L'Espagne a refusé de vendre l'île à l'Angleterre; tout le commerce est dans les mains anglaises; on n'écrit dans le pays et on n'y parle que l'anglais. La colonie, espagnole d'apparence, est anglaise

en réalité, A une hauteur de 660 mètres, s'élève un hôpital militaire po)ir les convalescents; ce sanatorium n'a pas réussi et le médecin de l'île s'est vu obligé de ne plus envoyer ses convalescents à cet établissement, trouvant leur guérison plus assurée à la caserne de Clarence. La cause de cet insuccès, d'après le docteur Quetaiid, serait la faible quantité des terrains défrichés autour de l'établissement et le voisinage des grands bois vierges où le soleil n a jamais pénétré. Ces bois sont couverts de brouillards pendant la plus grande partie de l'année.

Vile du Prince est située au centre de la courbe que décrit la partie de la côte de Guinée formant le golfe de Biafra. l'.lle appartient au Portugal. Quoique lieaucoup plus petite que la précédente, sa fertilité et ses baies vastes et sûres lui donnent une importance au moins égale à celle de Fernando-Pô. Elle a 16 kilomètres de long sur 9 à 10 de large.

L'aspect est le même, quant à la végétation, que celui de Fernando Pô, Des pics étroits et aigus s'élancent verticalement de son intérieur. Le sol consiste en une terre noire mêlée de gravier et d'un peu de sable; il est très- fertile. La plus haute pointe de l'île a 800 mètres d'élévation, La population est d'environ 5000 individus dont seulement 140 blancs et mulâtres. Il n'y a qu'une seule ville, San-Anlonio, bàtiesur une plage sablonneuse où coulent deux peliles rivières.

L'île San-Tlwmé eslhcaucou[i plus grande que l'île du Prince. .Autrefois aux IJollandais, elle appartient actuellement aux Portugais. Sa latitude est presfiue nulle. De forme ovale, elle a 45 kilomètres de long sur 27 de large. La ville de Santa-Anna de Chave dans la baie du même nom s'élève sur vme plage marécageuse et malsaine au nord-est de l'île. La jiopulation totale est d'environ 8000 habitants dont seulement une cinquantaine de blancs ou mulâtres. L'ensemble de cette île montagneuse figure une masse conique. La chaîne principale occupe le centre de l'île et se dirige est et ouest. La cime occidentale et la plus élevée est le pic de San-Thomé, haut de 2135 mètres (Fleuriot de Langle). Le pic de Santa-Anna, situé au centre de l'île, mesure 2107 mètres. Ces pics sont souvent blancs de neige. L'île est couverte d'arbres si serrés qu'on ne peut gravir les sommets sans une extrême difliculté.

L île (l'Annobon, au sud de l'Equateur, est la plus petite du groupe, eile n'a que 6 kilomètres de long sur 2 de large. La surface d'Annobon est entièrement montagneuse, elle n'est constituée que par une seule montagne, le pic Dio-Fogo, qui s'élève à 1000 mètres. Ce pic pyramidal présente à son sommet une plateforme de 10 mètres. L'île, entièrement peuplée par des noirs, appartient à l'Espagne.

3° Guinée jiÉRiDmNALE. Du cap Lopez au cap Frio, la côte d'Afrique reçoit le nom de Guinée méridionale. Elle dessine une courbe rentrante peu prononcée; elle a été divisée, géographiquement, en cinq parties que nous allons décrire en descendant de l'Equateur vers le sud.

Côte de Loango. Elle s'étend du cap Lopez au 5^ degré de latitude sud, se dirige vers le sud et de quelques degrés vers l'est. Elle forme quelques ondulations peu prononcées et présente une étroite plage de sable derrière laquelle s'élèvent des palétuviers. Parfois quelques collines peu élevées donnent au rivage un aspect montueux. Aux environs de la baie de Mnjumba, au 3*^ degré sud, se trouve la limite des grandes pluies équatoriales et la végétation devient moins vigoureuse. Les terres arides commencent à se montrer ainsi que les hauteurs dénudées et à sommets brûlés par l'ardeur du soleil. La

côte présente enfin des caractères d'une sécheresse plus ou moins persistante. Ces caractères deviennent de plus en plus prononcés à mesure que l'on descend vers le sud. C'est alors une ligne interminable de falaises arides, à peine accidentées de quelques masses vertes aux embouclnires des rivières. Les abris pour les navires sont rares et iucouiplets. La cote est presque inabordable. Les dunes et les sables apparaissent; on voit encore çà et là quelques palmiers. La ville de I^oango, capitale du royaume do ce nom, est située à peu près sur le 5" parallèle sud, à 9 kilomètres du rivage. On y trouve des lactoreries portugaises et anglaises. C'est un ancien foyer de traite des nègres. Dans les environs de Loaugo, les terres s'élèvent, on aperçoit dans l'est des montagnes.

Le Congo ou Zaïre est l'un des fleuves de l'Afrique. D'après Caméron, c'est le même fleuve que le Soualaba de Liwingstoue. Il provient du grand lac Tanganyika. Il verse ses eaux limoneuses par une large embouchure à 6 degrés de latitude sud. Ses eaux entraînent des îles de verdure arrachées à ses bords. L'énorme quantité de limonite terreuse qu'elles dissolvent ou tiennent en suspension leur dimne une teinte ocreuse prononcée. Le Congo n'a pas de delta. Le vohime d'eau versé dans l'océan est tel, que la mer est encore teintée par le limon du fleuve à 40 kilomètres au large, et que près de l'embouchure on peut puiser de l'eau douce. Quand on remonte le Congo, son bassin inférieur se préseule sous l'aspect d'une vaste nappe d'eau, d'une sorte de mer mtérieure dont la ceinture est basse et peu accidentée; point de montagnes; c'est à la fois magnifique et monotone.

Le pays appelé Congo, le royaume dont on parle tant dans les collections de voyages, d'après les récits des missionnaires des derniers siècles, est divisé en une ioule de petits Etats très-raiscrables. Les plus grands villages du Congo ont à peine GOO à 800 habitants dans la partie située au-dessous des cataractes. Celte population est bien au-desbous de celle décrite par les mis^ionnaiies dont la domination n'a d'ailleurs laissé dans les mœurs de la population que quelques croix et médailles qui prennent place à côté des anciens fétiches toujours vénérés. L'intérieur du pays, exploré par Stanley et Brazza, paraît plus riche que la cote.

La Côte d'Angola et le royaume du même nom appartiennent aux Portugais. On y remarque l'embouchure d'un grand fleuve, le Coanza, situé à 9 kilomètres au sud de Saint-Paul de Loanda, capitale du pays. Saint-Paul est place à |)eu près sur le 9' parallèle sud, au sommet d'iuie falaise. C'est une grande ville qui renferme de belles maisons et de très-nombreuses églises, mais la plupart des édifices tombent en ruine. La popuLtion est de 8000 âmes, c'était antiefois un centre de la traite des nègres.

La Côte de Benguéla a une étendue de plus de 900 kilomètres; elle a pour limite, au nord, le fleuve Coanza, et s'étend jusqu'au 15'^ degré de latitude sud. Le commerce de ce royaume est presque nul depuis la suppression de la traite des esclaves, qui a elle-même tué pour longtemps toutes les ressources du piys. La capitale est Saint-Philippe de Benguéla, dans le voismage du 12^ parcdièle sud, c'est une ville déchue comme celle de Saint-Paul de Loanda. La complète aridité de cette côte donne une fausse idée de l'intérieur qui est, dit-on, rempli de vastes et belles forêts.

Lu Côte de Mossamédés, au sud de la précédente, se signale par des montagnes élevées. Piien de plus sauvage, de plus aride et de plus accidenté que ces côtes

qui prcsenleiit des cimes de'chirées, des dislocations, des éboulemeiits. Il est diflicile de rêver quelque chose de plus terne et de plus désolé que le spectacle de la petite baie de Mossamédés (15° parallèle sud). Des falaises peu élevées de craie jaunâtre désagrégées, éboulées de toutes parts, du sable partout ; un fort inachevé sur un bloc de roches crayeuses à demi-écroulées ; le long de la plage une file de maisons, quelques cases éparses, des sècheries de poisson, le tout animé par des colons exténués, des bœufs porteurs et des noirs d'une laideur repoussante. Telle est cette limite du désert qui s'étend jusqu'au fleuve Orange.

Les sables tertiaires du Sahara finissent vers le 15« degré de latitude nord; ces sables reparaissent au 15° degré de latitude sud, et recouvrent sur une étendue de plus de 10 degrés une des cotes les plus arides et les plus dévastées du globe.

IV. Géologie. Pour entrer dans quelques développements sur la géologie de la vaste région comprise sous le nom de Guinée, il faudrait posséder sur la nature des terrains, de ses diverses parties, des renseignements qui font presque complètement défaut. Si l'on examine une carte géologique du globe, on voit la grande presqu'île africaine teintée seulement à ses trois angles, tout le reste, les côtes comprises, n'est qu'une vaste surface blanche. Une suite d'archipels volcaniques. Madère, les îles Canaries, les îles du Cap-Vert, Corée, Fernando-Pô, l'île du Prince, San-Thomé, Annobon, forment une ceintui'e extérieure à la partie de la côte occidentale d'Al'rique située au nord de l'Equateur. La côte elle-même, de Sierra Leone au cap des Palmes, est basaltique. Les basaltes et des scories ferrugineuses forment les terrains élevés de la Côte d'Ivoire et de la Côte d'Or. Le fort de Dabou est construit à l'aide d'une pierre identique à la pierre poreuse rouge et ferrugineuse qui constitue le sol de la presqu'île du Cap-Vert, et celui sur lequel s'élève la ville de Sierra Leone. Les îles du golfe de Biafra doivent certainement leur apparition au phénomène qui a fait surgir la masse des Gamérons. Ces îles sont disposées sur une ligne qui affecte précisément la direction qu'Élie de Beaumont assigne au système des Alpes occidentales (N. 26 degrés, E.-S. 20 degrés W.). Le mouvement de l'écorce terrestre, qui leur a donné naissance, se place entre le dépôt de la molasse, que ce mouvement a relevée, et le terrain subapennin. Un remarquable lambeau de terrain lacustre, situé à Clarence-Bay (Fernando-Pô), vient à l'appui de cette théorie (A. Riou).

Ainsi, à une certaine époque, l'écorce terrestre s'est fendue, crevassée sur différents points d'une ligne qui n'a pas moins de 5000 milles géographiques. Ces ouvertures ont donné issue à des matières en fusion liquides ou de consistance pâteuse, et produit ultérieurement la longue chaîne basaltique dont les îles du golfe de Biafra constituent les anneaux.

Ces îles ne contiennent aucun volcan en activité, mais les sommets de leurs montagnes présentent des cratères éteints. Au sommet d' Annobon ou trouve un cratère lac. L'île de Fernando-Pô présente également un cratère éteint dont la nature n'offre aucun doute (W. Daniell). La côte septentrionale du golfe, du cap des Palmes à la rivière Volta, est tout entière composée de terrains ignés, recouverts d'alluvions dans le voisinage de la mer et des fleuves. Les terrains élevés se composent de gneiss et de granit. Ces roches contiennent de larges proportions de feldspath et de mica, elles se décomposent rapidement sous l'influence des agents atmosphériques, et le résultat de cette décomposition est l'origine

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des terrains argileux. En s'éloignant du rivage, on trouve un sol siliceux, mélangé de détritus aniniaiix.et végétaux, et dans lesquels il n'y a de trace ni de granit ni de mica. C'est surtout dans les vallées que les alluvions végétaless'entassent en couches épaisses.

Le contraste entre la Côte d'Or et la Côte des Esclaves est, avons-nous dit, des plus remarquables. Aux petites collines qui forment la première succèdent des terrains bas, l'œil n'aperçoit, dans le lointain, aucune trace d'élévation. Lerivage est entièrement formé d'un sable fin et délié. Plus loin, l'argile constitue la base du sol. La géologie de cette côte et de celle du fond du golfe de Bénin est peu intéressante. Toute cette région paraît n'être formée que d'alluvioiis fluviales. Le continent tend à empiéter sur l'océan, ainsi que le prouve la saillie formée au fond du golfe par le delta du Niger. En comparant les cartes^ modernes aux anciennes cartes portugaises, on trouve que le littoral de Lagos devait être, au moment de la découverte du pays, à 3 ou 4 kilomètres plus au nord. On voit d'anciennes lagunes complètement à sec, mais encore entièrement tracées; d'autres, jadis navigables, ne le sont plus actuellement. En revanche, il est certain qu'il s'en est créé de nouvelles (Féris).

La manière dont les eaux douces sont distribuées sur toute la côte, en lacs^ parallèles à la mer, montre qu'il y a apport constant d'alluvion par les eaux de l'intérieur, d'une part, et dépôt continuel de matières sablonneuses charriées par le courant maritime et par le vent doimant du sud-ouest, d'autre part. Peut-être aussi se fait-il un soulèvement lent de toute la côte.

Dans quelques localités, les coquilles fossiles, les bancs d'huîtres que l'on trouve à une certaine hauteur au-dessus du niveau de la mer, semblent le démontrer. A ces causes générales vient sejoindre, dans quelques parties de la côte de Bénin, la présence de bancs de coraux que l'on reconnaît en creusant le sol à une petite profondeur. 11 est digne de remarque que le mouvement combine des lames de la mer, des rivières africaines et du courant océanien du golfe, rejette les eaux vers l'est. L'Assinie seule forme une exception à cette règle que l'on observe depuis le Sénégal jusqu'à Bénin (Fleuriot de Langle).

Où commence la craie dont le dépôt occupe une si grande étendue au sud de l'Equateur? La rivière Bimbia coule sous le 4*^ degré nord dans un lit de basaltes, beaucoup plus au sud, sous le parallèle de 1 degré nord; la rivière Danger est enfermée dans des murailles crétacées visiblement modifiées par des influences plutoniques. Mais nous ne connaissons pas l'intervalle qui sépare ces deux cours d'eau. Si le terrain de craie s'étend jusqu'au pied des Camérons, ses couches doivent être relevées, le mouvement de cette masse basaltique étant postérieur au dépôt de la craie.

L'entrée de l'estuaire du Gabon présente, sur la rive droite, un entassement de grandes assises de craie, dont les supérieures paraissent avoir été détachées et inclinées par une violente secousse du sol. Le caractère ou du moins l'aspect du terrain est tout autre dans le fond de cette baie. Là c'est de la craie schisteuse, très-dure, très-siliceuse, blanche ou légèrement colorée par l'oxyde de fer, parfois criblée comme la pierre meulière ou pleine de coquilles brisées et de cailloux roulés, renfermant ailleurs des lits peu étendus de silex. Sur cette couche calcaire, légèrement inclinée vers la mer, sont épars çà et là, ou entassés dans les anfractuosités, de gros blocs de minerai de fer. Ces blocs sont rugueux, mamelonnés, généralement ternes ; quelquefois plus métalliques et plus brillants. Plus loin, on voit de longues tables de craie dont la base est usée, rongée.

percée à jour, et dont l'existence révèle un ancien niveau. Tout, dans la disposition du sol et dans ses particularités, porte la trace de dénudation, d'érosion par les enux. Le vaste estuaire du Gabon est le fond d'un grand bassin hydrologique (Griffon (lu Bellay), il a été originairement une vallée d'érosion formée par les eaux de la mer soulevées par un brusque mouvement de l'écorce terrestre. Cette vallée est probablement contemporaine du phénomène qui a fait surgir les Caméroiis.

Les rives du grand lleuve l'Ogovvée se montrent sous l'aspect d'une couche épaisse de sable argileux plus ou moins compacte, d'une couleur ocreuse, dans liKjuelle sont empalés des rognons ferrugineux mamelonnés à la surface, celluleux à l'intérieur. Souvent il s'y mêle des fragments de porphyre rouge ou de quartz. Parfois l'argile change d'aspect, devient plus blanche, plus fine, et passe à l'étal de marne. Dans les points où les rives s élèvent, ce sont des calcaires coquilliers qui en lonl la base ou bien des argiles compactes peuplées d'ammonites. Ces terrains reposent vraisemblablement sur la craie. Ce sont des terrains subapennins.

Les rives du Congo, dans la partie inférieure de son cours, sont formées par des alluvions et par des masses dans lesquelles dominent le mica, l'ardoise, le quariz, la siénile, la terre l'errugineuse. La cataracte de Yellala, qui arrête la navigation de la partie intérieure du lleuve, coule entre deux rochers de siéuile; une île d'ardoise sépare le courant en deux canaux étroits (Tuckey). Au delà des cataractes, on tro(jve des montagnes de gianit, des rochers de quartz et de grandes masses de calcaire. Le fltuve entraîne une énorme quantité de limonite qui donne à ces eaux une teinte ocreu«e prononcée, les terrains de sédiments d'où proviennent ces limoniles doivent former de puissants amas.

Entre le 10'" et le 13° degré de latitude sud, la ente offre un aspect particu-. lièrement aride. Les falaises généralement élevées présentent de grands éboulements de terrains, des failles et des dislocaiions. Le coulournement des couches de craie donne lieu à de nombreuses vallées de plis>ement. Ou ne trouve aucune roche plutonique, si ce n est à la baie des Élépliaals où une coulée d'amphibole s'est fait jour à la surl.ice du sol et s'est largement épanchée sur le calcaire.

11 n'en est plus de même dans l'intéiieur. Banville signale, dans les provinces d'Angola et de Benguéla, des terrains éruptifs. Les granits, les porphyres, les produits volcaniques et les gaz qui, en certains points, s'échappaient par les fissures du sol, ont modilié ou transformé les couches sédimentaires, comme le prouvent l'abondance et la variété des schistes micacés, des calcaires compacts, cristallisés et saccharoïdes. A 550 kilomètres de la mer, près de la rive gauche de la Coanza, existe une montagne de 3400 mètres d'altitude, dont la hase est entourée de laves et de scories : c'est le Zambi. Un autre spécimen de l'aclioa volcanique, dans ces contrées, est le lac Coulïoua, situé vers le 5* degré de latitude sud. Ce lac, vaste volcan effondré, représente un cratère qui mesure 100 kilomètres du noid au sud et 400 de l'ouest à l'est. Sa ceinture de montagnes, coupée de lavins escarpés, forme une masse dont le pied est élevé de 1400 mètres au-dessus de la mer et dont le sommet très inégal est hérissé d'aiguilles trachyliques. Des flancs de ces montagnes s'exhalent des vapeurs sullùreuses. Les eaux du lac, imprégnées de substances bitumineuses, ne nourrissent aucun aninnl. En plusieurs points de cette côte, l'étage supérieur du terrain tertiaire, ainsi que le terrain quaternaire, y sont largement représentés, d'après les descriptions de Banville.

GULNÉE. 497

La côte du vieux Benguéla est constituée par un terrain sensiblement horizontal couvert de sable ferrugineux, semé de blocs erratiques, de galets et de sables mouvants.

La baie des Eléphants, située vers le 15'= degré de latitude sud, présente un aspect très-tourmenté; l'ensemble est de la craie. La roche calcaire est brune ou de teinte sombre considérablement durcie et criblée comme la pierre meulière.

Au 15° degré, à Mossamédés, se trouve la limite du désert qui s'étend jusqu'au fleuve Orange. On trouve du sable partout et des falaises peu élevées de craie jaunâtre désagrégée. Les sables tertiaires paraissent au 15' degré de latitude sud.

Voici le résumé des études géologiques de Riou sur la côte de Guinée : La côte de Bénin est formée d'alluvions anciennes et modernes. La masse des Gamérons et les îles du golfe de Biafra sont constituées par des terrains volcaniques anciens, du basalte (période pliocène). A Fcrnando-Po, on voit les couches les plus modernes du terrain subapennin formant une partie de la baie de Clarence. Les bords de l'Ogowai sont aussi du terrain subapennin. Les falaises de Saint-Paul de Loanda sont du terrain crétacé supérieur. Dans les régions plus au sud, on trouve des calcaires à ammonites et à grains verts (terrain crétacé inférieur), puis de la craie modifiée par des influences plutoniques, des roches métamorphiques et des preuves d'une grande action de transport accusée par la couche supérieure du terrain tertiaire et du terrain quaternaire. Les falaises de Mossamédés sont des calcaires à cérithes et à cythérées. Les montagnes de cette dernière région sont du nouveau grès rouge (terrain permien) superposé au granit et au schiste paléozoïque. Enfin au 15'^ degré sont les sables tertiaires du terrain subapennin.

Des tremblements de terre ont été signalés sur toute la côte. En 1855, la ville de Sierra Leone fut effrayée par une secousse dirigée de l'est à l'ouest. A Acra, à la Côte d'Or, on a ressenti des secousses de tremblement de terre en 1861, 1862 et 1863. Au poste français d'Assinie, le 19 juillet 1862, on constata une légère secousse. Le mois suivant, plusieurs secousses furent ressenties à Acra. La première fut si forte qu'elle détruisit les constructions en pierre et les fortilications de Christiansborg. Elle fut ressentie sur une étendue de plus de 800 kilomètres, sur la côte, et fort loin dans l'intérieur des terres. Un bruit comparable à celui d'un train de chemin de fer passant sous un tunnel accompagna cette secousse.

V. Climatologie. La situation de la Guinée, dans la zone équatoriale, donne à toute cette région une température élevée. Baignées par les eaux de l'océan, les ■côtes présentent l'uniformité propre à tous les climats marins, uniformité encore exagérée par la prédominance des vents de la mer et, sur la plus grande partie de la Guinée septentrionale, par la présence d'une chaîne de montagnes qui, à une certaine distance, court parallèlement au rivage et arrête les vents continentaux.

Les observations météorologiques faites à la côte de Guinée, quoique peu nombreuses et recueillies irrégulièrement, suffisent pour obtenir sur l'état climatologique de celte partie du globe des notions d'une certaine valeur. Elles se contrôlent mutuellement, et l'analyse que nous avons pu faire des observations françaises, anglaises, espagnoles, danoises et portugaises, nous permet d'exposer d'une manière synthétique les principaux traits du climat ou, pour mieux dire, DICT. ENC. 4° s. XI. 32

des climats de cette partie de la côte d'Afrique. Nous étudierons successivement les éléments météorologiques de la Guinée et nous terminerons par un aperçu général des saisons qui y régnent.

Presùon atmosphérique. Au voisinage de l'équateur les variations accidentelles de la pression barométrique, si considérables dans nos régions tempérées, sont presque nulles, et il est Irès-l'acile d'observer l'oscillation diurne normale qu'éprouve régulièrement la pression atmosphérique. C'est à l'équateur que cette oscillation l'égulière est le plus considérable, elle dépasse 2 millimètres et est vingt fois plus étendue que dans le nord de l'Europe. 11 y a cliaque jour deux niinima barométriques, vers quatre heures le matin et le soir, et deux maxima vers dix lieures le matin et le soir. Le double mouvement de la pression s'observe facilement sur la côte de Guinée.

La pression atmosphérique est plus l'aible vers l'équateur que partout ailleurs, elle va en augmentant à mesure que l'on remonte vers les régions tempérées. La moyenne annuelle, à 0 degré et au niveau de la mer, doit être à l'équateur d'environ 758 millimètres. D'après Poggendorff, elle est de 758,16 à Cliristianborg.

La jdupart des observations barométriques faites en Guinée ont été données sans corrections de la température, de sorte qu'elles ne peuvent être utilisées. De plus, le manque de comparaison entre les instruments des différentes stations ne permet pas de rapprocher l'une de l'autre les moyennes annuelles obtenues dans les différentes localités. Cependant toutes les observations, depuis le nord de la Guinée jusqu'à Loanda, accusent un double mouvement annuel de la pression atmosphéri(|ue dans cette partie de l'Afrique. Les plus basses pressions s'observent eu décembre, on constate un premier maximum en février ou mars, puis le baromètre baisse et, en avril, il y a un second minimum moins accusé que le premier. La pression s'élève alors rapidement pendant les mois correspondant à notre été, puis baisse jusqu'en décembre. C'est en juillet et août qu'a lieu le second maximum, celui qui est le plus accentué. 11 y a donc en Guinée, comme en Sénégambie, un double mouvement barométrique annuel, de même qu'un double mouvement diurne.

Température. La valeur absolue des résultats fournis par les observations tliermométriques faites en Guinée ne peut être précisée. Les thermomètres dont se servaient les observateurs n'ont presque jamais été décrits. Il est impossible de savoir de quelles erreurs instrumentales ils pouvaient être entachés, comme ils le sont presque tous. Cette erreur est toujours dans le sens positif. Aussi doit-on considérer les séries donnant, dans une même localité, les températures les plus basses, comme obtenues avec les instruments les mieux gradués. Il ne nous est donc pas possible de connaître la valeur absolue des températures indiquées comme moyennes mensuelles ou annuelles des diverses localités, et, par conséquent, il est impossible fie comparer, avec l'exactitude désirable, les localités les unes aux autres sous le rapport de leur température absolue. La valeur relative de ces observations est au contraire assez grande. Un instrument indiquant une température trop élevée permet encore de connaître avec exactitude la marche de la température dans un lieu. Or les différentes données que nous avons pu recueillir nous renseignent, d'une manière très-nette, sur la marche horaire et sur la marche annuelle de la température. Bien que ces observations aient été prises à des époques diverses, grâce là l'uniformité climatologique propre aux régions équatoriales, les courbes représentant la marche de la température

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