blILLEMEAU (Les
Iils de JeanGuillemeau, également docteur de Montpellier et pratiquant à Niort, et de Catherine Boursault. Docteur de Montpellier (24 juillet 1758), il voyagea en Angleterre et en Italie, où il recueillit un grand nombre d'observations en tous genres, car ses connaissances étaient très-variées. Il avait appris les langues anciennes, parlait avec facilité les langues modernes, et joignait à la culture (les lettres celle des sciences naturelles. Après avoir rempli pendant longtemps les fonctions de médecin militaire, il revint dans sa patrie, où il contribua beaucoup à la fondation de l'Athénée de Niort, dont il fut souvent président. C'est là f|u'il mourut le 18 octobre 1823, léguant à cette ville sa bibliothèque composée de près de 3000 volumes. Littérateur distingué, versificateur facile, il a écrit plusieurs ouvrages, entre autres :
Le Chardoniiet, conte arabe; Jeanne Fouquet, ou le siège de Beaiivais ; un Mémoire sur l'Egypte et la Guyane; Des moyens de cultiver la garance avec succès dans les Deux- Sèvres; une Notice sur Jacques Gâteau, de Niort, mort en i6'2(3, prêtre de l'Oratoire; un Tableau de la vie des champs; Des inconvénients de la saignée dans l'apoplexie; un youveau si/slcme de génération et de pneumogénésic ; Sur une perte de mémoire singulière, à la suite d'une apoplexie, dans une personne gui n'était pas réglée. In Journ. de méd., t. XX, p. 01, jnnv. 176i.
Plusieurs de ces ouvrages sont restés manuscrits.
J.-.I. Daniel Guillemcau avait épousé Françoise-Madeleine Lcnoir, fille de Louis- Nicolas Lenoir, médecin à Niort; il était membre correspondant de la Société académique de Montpellier, et de celle d'agriculture de La Rochelle.
Guillemcau (Jean-Louis-Marie). Neveu du précédent. Né à Niort le 5 juin 1766, mort en août 1852. Docteur de la Faculté de Montpellier (1789), ancien médecin des armées du Rhin et de l'Ouest, il alla s'établir dans sa ville natale, où il obtint bientôt les titres de membre du jury médical des Deux- Sèvres, médecin des épidémies, secrétaire de l'Athénée de Niort. Ami passionné de la nature, botaniste habile, il a laissé plusieurs ouvrages fort estimés, qui montrent la variété de ses connaissances :
I. Calendrier de Flore des environs de ISiort. >'iort, an IX (1801), in-12. — II. Essai sur l'histoire naturelle des oiseaux du département des Deux-Sèvres. Niort, an XIV (180 >), iii.g». — m. Annua'ire statistique du département des Deux-Sèvres. Mort, 1802-1803, 2 vol. in-12. — IV. Coup d'œil historique, topographique et médical sur la ville de Niort et ses environs, 1793, in-12. — V. Essai sur les minéraux et les fossiles des départements de la Vendée, des Deu.r-Sèvres et de la Vienne. Niort, 1708, in-8». — YI. Histoire naturelle de la Rose. Paris, 1801, in-8°. — VII. Quod cogitant auctorcs de hymene et de tiignis virginitatis diversis. Montp-, 1788, in-S". — YIII. Le Chardonnet, conte arabe faisant suite à ceux intitulés : Les mille et une nuits. Niort, 1847, in-S". — IX. Histoire admirable et prodigieuse des tribulations et maux divers éprouvés par Pierre Creuzé, natif de Niort, i/ui, en esprit, fut transporté dans des lieux obscurs et ténébreux, assista au Sabbat, descendit aux enfers, et fit plusieurs autres choses aussi merveilleuses que surnaturelles en apparence. Niort, 1846, in- 8°. — X. Des inconvénients de la saignée dans l'apoplexie. Niort, 1843, in-8°. — XI. Météorologie élémentaire, terminée par un petit traité d'uranographie. Paris, 1846, in-8^ — XII. Notice sur les funestes effets du défrichement des forêts et sur les moyens d'y remédier dans le département des Deux-Sèvres, comme dans toute la France. Niort, 1843, in-8''. — XIII. Notice sur quelques manuscrits de la bibliothèque de Niort. Niort, 1840, in-S". — XIV. Nouveau système de génération, ou Pneumogénésic . Niort, 1844, in-8°. — XY. Pensées et réflexions Niort, 1852, in-8°. — XYI. Petit catéchisme d'agriculture. Niort, 1842, in-S". — XVII. La pohjgénésie, ou Avis aux époux dont l'union, jusqu'à ce jour, a été frappée de stérilité. Niort, 1848, in-8°. — XVIII. Rapport fait à M. de Saint-Georges, préfet des Deux-Sèvres, sur une angine gangreneuse qui a régné dans la commune d'Échiré. Niort, 1845, in-8°. — XIX. Tableau de la vie des champs. Niort, 1840, in-S". — XX. Quelques fables, 1846, in-12 de 175 pp. ; l'ouvrage est divisé en huit livres, et comprend quatre-vingts fables. Nous l'avons fait connaître dans le Parnasse
'itédicat, 1874, in-8', p. 274. — XXI. Guillemeau a encore lu à l'Atliénée de Niort, séance du 8 mai 1808, un mémoire intitulé : De l'influence physique des astres sur l'économie unimale. In Magas. encijclop., 3" année, 1808, t. III, p. 400. — XXII. Il a aussi charmé les membres de la Société' libre des arts et sciences du dcparlement des Deux-Sèvres, séance du 29 floréal 1801, par ces deux lectures : Des oiseaux voyageurs et sédentaires. La Rose et le Buisson; fable en vers, imitée de l'italien de Pignotti. In Magas. encyclop., 7'= année, 1801, t. VI, p. 514. A. C.
Gniilemean (Jea>-François). « Le dernier des Guillemeau », comme on l'a appelé. Fils de Jean-Jacques Daniel et de Françoise-Madeleine Lenoir, il naquit à Niort le 18 mars 177!2. C'est au collège de Reinies que Jean-François commença ses études; le 6 octobre 1791, il parlait, simple fusilier volontaire, avec les artilleurs du premier bataillDU des Deux-Sèvres ; nommé sous-lieutenant, puis capitaine, il as^ista à la bataille de Valmy. Le 2 floréal an VI (l" mai 1798), il •obtenait son congé de réforme. Venu alors à Paris, pour y étudier la médecine, le grade de docteur lui l'ut donné le 3 messidor an IX (22 juin 1801). Des dissentiments de famille ne lui permettant pas d'aller s'établir dans sa ville natale, il se décide à s'expatrier, et part pour l'Ile-de-France (Ifi juin 1802). La conquête de l'Ile par les Anglais (1810) le force à rentrer en Europe, et vers la fin de 1811 il était de retour à Paris, qu'il quitta de nouveau en ISÏh pour s'expatrier une seconde fois, et le 19 mars 1816 il s'installait à Maurice. La fortune lui sourit, et ce ne fut qu'en 1856 qu'il rentra à Paris qu'il ne devait plus quitter. II y est mort le 28 avril 1860.
Dissertation sur Vasthme. Th. de Paris, 3 messidor an IX. A. C.
GUlLLEmiV (Jean- Antoine). Naturaliste distingué, né à Pouilly-sur-Saône, le 20 janvier 1796. II fit ses premières études à Seuire, apprit la pharmacie à Dijon et par la suite la botanique sous Vauclier et De Candolle à Genève. Vers 1819, il vint à Paris et devint en 1827 le conservateur des collections de Delessert. Nommé peu après aide-naturaliste au Muséum, il enseigna, de 1850 à 1854, la botanique à l'Institut horticole de Fromont. Auguste Saint-Ililaire l'engagea à se rendre au Brésil pour en rapporter des plantes de thé; il partit en 1858 avec le jardinier lloulet, pour Rio de Janeiro, visita Saint-Paul, puis la Serra dos Orgàos, enfin en 1859 revint en France, avec 1500 plantes de thé, les seules qu'il eût pu sauver pendant la traversée. Il rapportait en outre 150 espèces de bois, des gommes, des résines, des écorces, des fruils. II se retira à Montpellier où il mourut en janvier 1842. Nous citerons de lui :
I. Mémoire sur l'hybridilé des plantes et particulièrement des gentianes, avec J. Dumas. In Mém. de la Soc. nat. de Paris, t. I, 18'23. — II. Notice sur une monstruosité des fleurs de l' Euphorbia esula, ibid. — III. Recherches microscopiques sur le pollen. Paris 1825 in-4°, avec pi. — IV. Icônes Ulhograptiicae planlarum AuUraliae rariarum, décades duae. Ibid., 1852, in-4''. — V. Notice sur une ntonslruosité du Syrlnga vutgaris. lu Mém. de la Soc. d'hist. nat., 1828. — VI. Considérations sur l'amertume des végétaux. Paris, 1832 in-i°. — VII. Énumération des plantes découvertes dans les îles de la Société et surtout à Taïti. In Annal, de la Nat., 183 » et 1S37. — VIll. Rapport à M. le ministre de l'Agriculture et du Commerce sur la ?n/ssion au Brésil ayant pour objet principal des l'echerclies sur les cultures et la préparation du thé et le transport de cet arbuste en France, inséré dans la seizième livraison de la hevue agricole. — IX. Giiillemin a collaboré à Florae Senegambiae Tentamen. Paris, 1830 à 1833; aux Icônes Plantarum de B. Delessert; aux Plantes grasses de Redouté; au Dict. des drogues de .A. Chevalier et Richard 11 a dirigé les Archives de botanique, et publié beaucoup d'articles dans les Annal, des se. nat. L. H\.
GUILLE.YIOT. Les Guillemots sont des Palmipèdes [voy. ce mot) qui sont
propres aux régions les plus foides de rin'inisfjlière boréal et qui, tout en offrant dan>leur aspect extérieur certaines analogies avec les Pingouins {voij. ce mot), diflèrent assez de ces derniers oieaux pour mériter d'être placés dans une famille particulière. Cetle famille, désignée pur Kanp sous le nom d'ijriidés ([/r«Viae), comprend une quinzaine d'espèces rlunt la taille varie entre celle d'une Caille et celle d un Pigeon, et dont la livrée n'offre jamais de couleurs vives. Le noir bleuâtre, le brun fuligineux, le gris et le blanc pur, sont les teintes ordinaires du plumage de ces oiseaux, plumage qui varie du reste suiv;iiit l'âge et suivant les saisons. Le bec, ndalivement court, est comprimé sur les côtés, légèrement arqué en dessus et anguleux sur le bord inférieur ; il se terniine par une pointe précédée d'une petite écliancrurc, et à la base de sa mandibule supérieure viennent s'ouvrir les narines sous la forme de deux fenies étroites que recouvre en partie une membrane emplumée. La tète est assez grosse, le cou très-court, le corps robuste; les ailes, taillées en pointe et munies de pennes rigides, constitueraient d'excellents propulseurs, si leurs dimensions étaient un peu mieux en rappor' avec celles^ de l'oiseau, mais la queue, quoiipie nommlemcnt constituée et lormée de 12 à M pennes, j^araît trop réduite poin- ^crvir de gouvernail. Quant aux pattes, elles sont évid.'mmenl destinées à agir plulôt comme organes de locomotion aquatique que comme organes de locomotion terrestre: elles se trouvent en effet rejetées, comme chez les Grèbes et chez les Pingouins, dans la réj:ion postérieure du corps, et sont aplaties latéralement dans la portion correspondant aux tarses-, enfiii leurs doigts, réduits au nombre de trois par l'atrophie du pouce, sont largement unis par des membranes natatoires.
Le ciànc des Guillemots oll're dans la région frontale des cavités destinées à recevoir les glandes nasales et dans la région occipitale de fortes saillies où prennent atta^ lie les muscles releveurs de lu tète ; les vertèbres cervicales ^~ont au nombre de 14, les vertèbres dor>ales au nombre de 10, et le sternum, extrêmement long et assez étroit, est pourvu d'un bréchet bien développé et montre, à son bord postérieur, une double écliancrure. Par sa forme ce bouclier rajipelle la pièce correspondante du squelette des Plongeons, mais cette dernière est plus i*ilalée vers le bas; elle ressemble aussi au sternum des Macareux, qui cependant poite généralement 4 écliancrures postérieures. L'os furcuiaire est peut-être encore plus robuste q\ie chez les Plongeons, et dessine un U dont la courbuie inférieure vient s'appuyer sur la sternum. Enfin les os des pattes ont une forme assez caractéristique, le tarso-métataisien ayant 4 faces nettement accusées et étant très-comptinié dans sa portion inférieure, la trochlée digitale interne se trouvant rejetée beaucoup plus en arrière que chez les Mouettes et les Sternes, et la gouttière tendineuse étint presque fermée au lieu de rester ouverte,^ comme chez les Macareux ou les Pingouins.
Les Guillemots sont des oiseaux de mer par excellence ; ils vivent continuellement dans l'eau salée, sauf pendant la saison de la reproduction, époque à laquelle ils viennent par centaines, ou plulôt par milliers, nicher dans les anfracluosités des falaises. Même en d'autres saisons, on les lencoiitre du reste en troupes plus ou moins nombreuses, car ils sont doués d'un n.iturel éminemment sociable. Ainsi, pour se livrer à la pêche ils se réunissent généralement à d'autres individus de leur espèce. Leur nourriture se compose de frai de poissons de mer, de vers, de mollusques et de petits crustacés ipiils vont recueillir à nue grande profondeur. Ils plongent, en effet, et nagent avec brancouj) d'aisance, mais ils ne volent pas très-loin d'une seule traite, et ils ne marchent qu'avec
une certaine difficulté eu appuyant une partie du tarse sur le sol. Peut-être même est-ce à celte démarclie enibarrasso'e qu'ils doivent leur ré|uitatiou de stupidité, car leurs sens, relativement subtils, semblent dénoter une certaine intelliiience.
Les Guillemols, dont la chair huileuse est fortement imprégnée d'une odeur de poisson, entrent pour une large part, avec les l'hoques, dans l'alimentation des pauvres peuplades qui habitent les régions boréales. Au Groenland, on abat ces oiseaux par centaines de mille, au moyen d'armes à feu, ou bien encore en cernant les rochers escarpes sur lesquels ils se sont réunis pour niclier, et en les cfh ayant si bien par des cris et des détonations qu'ils se laissent choir tout éperdus et se brisent la tête contre les blocs de glace. Ailleurs on rechercbe surtout les œuis des Guillemols que l'on expédie à de grandes distances, et les jeunes que l'on sale pour les conserver comme provisions d'Iiiver. Ainsi, aux îles Féroë. il y a toute une classe de la population qui vit exclusivement de l'exploitation des montagnes d'oiseaux, c'est-à-dire des falaises où sont installées les colonies innombrables de Guillemols, de .Mouettes, de Sternes et d'auins oiseaux de mer. « Ces oiseleurs, » dit M. Brelim, « brasent tous les dangers et voient la mort sous toutes ses faces, « pendant qu'ils se livrent à leur industrie : aussi c'est à peine s'il en meurt un i( dans son lit. Ils giavissent les rochers depuis le bas, ou se laissent descendre ii au moyen de longues cordes. Ils se suspendent à des hauleuis de 17 mètres, <{ pour atteindre la retraite où se font les couvées; ils posent les pieds sur des <( corniches où les oiseaux ont à peine assez de place, el accomplissent des tours -« de force (|ui semblent impossibles. »
D'autre part, les Guillemols ont encore pour ennemis les Stercoraires, les Corbeaux et les Labbes, et cependant on prétend que leur nombre ne diminue pas •d'une manière sensible sur les terris glacées où se trouve leur principale, mais non leur unique résidence. En effet, si la plus grande masse de ces oiseaux séjourne, pendant les trois quarts de l'année, dans les limites du cercle polaire, et ne descend vers le sud que par les hivers rigoureux, des représentants assez nombreux de ce groupe se reproduisent dans diverses contrées de l'Euiopf septentrionale et même sur nos côtes de la Manche et de l'Océan. Les Guillemols qui sont dans ce cas appartiennent généralement à l'espèce appelôe tria troile L. et portent, dans leur livrée de noces, un c:ipuchon et un manteau de brun fuligineux, à retlets veloutés, et un large plastron blanc s'avançant en pointe du côté de la gorge et marqué de raies foncées sur les lianes. Leur bec est noirâtre en dehois, jaune vif en dedans, el leurs pattes, jaunâtres sur le devant des tarses el sur les doigts, sont teintées de noir eu arrière et sur les membranes iiataloires.
Dans la livrée d'hiver, ces mêmes oiseaux, mâles et femelles, ont au contraire les parties supérieures du corps tachetées de blanc et nuancées de gris cendré, et les parties inlérieures blanches avec un demi-collier de chaque côté de la poitrine et des maïques noires sur les flancs. Enfin les jeunes de l'année offrent des teintes encore plus brouillées que les adultes en coslunie d'iiiver.
Les Uria troile, que l'on désigne vulgairement sous le nom de Guillemots à capuchon, sont communs en hiver dans la Uallique, sur les côtes de la Hollande, de la Belgique, de l'Angleterre et de la France, et nichent ou nichaient naguère encore sur les Aiguilles d'Elretal, sur les falaises de Boulogne et de Douvres et 5ur les côtes de la Bretagne. Dans celte espèce la femelle ne pond qu'un seul <Euf, qu'elle dépose dans un trou de rocher et qui est très-gros, fusiforme, et
marqué de taches, de raies ou de lignes brisées sur un fond gris, verdâtre» bleuâtre ou jaunâtre.
Plusieurs auteurs considèrent comme une simple race du Guillemot à capucho» le Guillemot bridé {Uria rhinçjvia Brûnn. ou U. /acrî/mans La Pyl.), qui habite à peu près les mêmes régions et qui doit son nom vulgaire à la présence, en arrière de l'œil, d'une bride ou d'un trait blanc se détachant sur la teinte noirâtre du capuchon. Au contraire, ils reconnaissent comme espèce le Guillemot de Bri'innich {Uria arra Pall., U. Brihinichii Sab.), que l'on rencontre dans le nord de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique, et qui est particulièrement commun au Groenland, au Spitzberg, sur les bords de la baie de Bafûn, aux îles Féroë et en Islande. Ce Guillemot se distingue facilement par la forme de son bec, relativement plus court et plus épais, et par les teintes plus foncées des parties supérieures de son corps. Il est particulièrement connu des habitants des contrées septentrionales sous le nom de Lumme. qui a clé appliqué plus tard, par extension, aux autres espèces du même genre. Parmi ces espèces nous citerons encore le Guillemot à miroir blanc [Uria gri/lle L.), qui dans sa livrée d'été porte en effet, sur la partie antérieupe de l'aile, une large tache blanche ou moirée contrastant avec la teinte noire du reste du plumage, mais qui, dans son costume d'hiver, a le dessous du corps d'un blanc pur, et le dessus complètement maculé de blanc et de noir. Cette espèce, dont la patrie se trouve dans les parages du cercle polaire, visite assez régulièrement les côtes de France, vers le mois de novembre. Elle est représentée au Spitzberg par une race assez mal caractérisée, le Guillemot de Mandt [Uria Mandtii Licht.) et sur les côtes du Kumtschatka, de l'Amérique russe et'des îles Aléouliennes, par des espèces distinctes, Uria columba Pall. et U. carho Pall.
Les Mergules {Mergulus V.) sont de taille beaucoup plus petite que les Guillemots ; ils ont aussi le bec bien plus court, plus renflé, plus convexe et plus élargi à la base, l'angle de la mandibule inférieure plus marqué, les narines amples, arrondies et operculées, et les tarses largement scutellés sur la face antérieure et finement réticulés sur les côtés et sur la face postérieure, par conséquent ils méritent d'être rangés dans un genre particulier. Leur régime n'est d'ailleurs pas tout à fait celui des Guillemots, car ils vivent plutôt de petits crustacés que de poissons. On n'en connaît qu'une seule espèce, qui est appelée Mergule nain {Mer giilm aile L.) et qui est extrêmement abondante au Groenland, au Spitzberg, à la Nouvelle-Zemble, tandis qu'elle ne se montre qu'accidentellement dans nos contrées, à la fin de l'automne ou pendant les hivers rigoureux.
Les Mergules portent une livrée de deux couleurs, d'un blanc pur sur les parties inférieures du corps et d'un noir profond (surtout en hiver) sur les parties supérieures. Ils nichent dans des trous de rochers et pondent un seul œuf d'un gris azuré ou d'un vert sale, ordinairement sans taches. Leurs mouvements sont vifs et gracieux ; ils marchent à petits pas, se faufilent adroitement entre les pierres, nagent avec une agilité extraordinaire, même par les plus gros temps, s'enlèvent dans les airs sans beaucoup d'efforts, et volent en battant des ailes^ avec rapidité. Dans les pays du nord on leur fait une chasse active et on en abat quelquefois 20 ou 50 d'un seul coup de fusil.
Les Biachyrhamphes [Brachyhamphus Brandt ou mieux Brachyrhamphus) sont des Uriidés de petite taille qui ont, comme leur nom même l'indique, le bec extrêmement réduit et abondamment garni de plumes à la base. Leur mandibule supérieure est recourbée, leur mandibule inférieure excavée, leur tète relative-
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ment grosse, leur corps Irapu, leur queue courte ; leurs ailes, de longueur médiocre. Unissent en pointe, et leurs pattes, comprimées dans la région tarso-métatarsienne, se tei'minent par des doigts grêles, largement palmés. Enfin, chez quelques représentants de ce groupe, les plumes frontales prennent un développement inusité et se recourbent au-dessus de la base du bec. C'est ce que l'on observe notamment dans l'espèce du nord-ouest de l'Amérique, du Japon cl du nord de l'Asie, que Temmincka décrite sous le nom de Wumizuzume {Brachyrhamphus ou Synthlibovhamphus Wumizuzume). Au contraire cliez le Brachijrhamphus marmoratus Lath.), qui se trouve principalement sur les côtes septentrionales et occidentales de l'Amérique du Nord et qui est probablemeni sédentaire dans le Puget's Sound, on ne remarque pas de semblables ornements. Ce Brachyrhamphus marmoratus est un petit oiseau de 25 centimètres de long, ayant le manteau d'un noir nuancé de cendré, les épaules blancbes, la poitrine et le ventre blancs. 11 a des habitudes essentiellement aquatiques, comme tous les oiseaux de la même famille et se nourrit exclusivement d'animaux marins.
E. Ol'stalet.
Bibliographie. — Buisson. Ornithologie, t. VI, p. 70 et suiv., 17C0. — BrOnxich. Ornilhologia borealis, p. 27 el suiv., 1764. — Linné. Systema natiirae, édit. XII, t. I, p. 211 et 2'iO. 176G. — Daleenton. Planches enluminées de Bulfon, pi. 905 et 017, "1770. — I'allas. Spicit. zooL, t. V, p. 53, 1767-1774, et Zoologia rosso-asialica, t. II, p. 5i7, 1811. — Tejiminck. Manuel d'ornilhologie, 1" édit., p. 607, 1815. — Sabine. Transacl. Linn. Soc, t. XIl. p. 558, 1818. — La PïLAiE. In Choris, Voy. pitt. autour du monde, 1822. — Vieillot et OoDART. Galerie des Oiseaux, pi. 29i et 205, 1854. — Brandt. Dull. de l'Acad. des se. de Saint-Pélersbourg, t. Il, p. 545, 1857. — J.-J .\ldubon-. Ornith. biogr., t. V, p. 100 et 251, pi. 402 et 439, 1839, et Birds uf Americ., 8' édit., t. VII, pi. 470 et 475. — Tehminck et Schlechl. In Siebold, Faun. Jap., Avcs, pi. 81. — W. Jardine. Birds of Greal Britain. lu Nat. Libr., t. IV, p. 214 et suIt., 1800. — Brehm. Vie des animaux, édil. franc- de Z. Gerbe, Oiseaux, t. II, p. 869. — H. Dresser. A Ilistory of the Biids of Europe, 1871-1882, etc.
€iL'ILLEi\ (Les DEtJX).
Goilien (Fra.\scisco-Xime\es). Médecin espagnol du dix-septième siècle, né à Séville et reçu docteur à l'Université de sa ville natale. Il exerça son art à Séville et fut nommé médecin de l'hôpital de l'Esprit-Saiut. On cite de lui :
Animadversiones, acerca de la recela del ungiiento de mercurio que el Dr. Andres Hurtado de Tapia usaba en el hospital del Espiritu Sanio, etc. Sevilla, 1626, in-4''. L. Un.
Guillen y Ansel (DoMi>Go). Autre médecin espagnol, né à Salvatierra, vers 1657, d'une famille illustre. 11 fit ses études à l'Université de Saragosse et y prit le grade de docteur Je 20 septembre 1692. Il occupa à la même Université la chaire d'anatomie et la première chaire de médecine, et obtinl sa retraite en 1 721 .
Guillen ftit en outre maître et examinateur en philosophie, ministre et médecin de l'Inquisition en Aragon, premier médecin de ce royaume, médecin de la chambre du roi Philippe V, etc. En 17H, il guérit la reine d'Espagne, Marie- Louise-Gabrielle de Savoie, d'une fièvre grave. Étant atteint lui-même d'un cancer, il coupa de sa propie main, avec le rasoir de son barbier, toute la partie malade. Il survécut plusieurs années à celte horrible opération.
Nous ne connaissons de lui que :
Triaca magua de les antiguos aprobada de los modernos, y en justicia y conciencia defendida cou autoridad, esperiencia y ra2o«. Zar a goza, 1724, in-4°. L. Un.
GVILLIÉ (Sébastien). Médecin cl homme de leltres, né à Cordeaux le 24 août 1780, commença ses éludes sous le célèbie Descze, puis vint à Paris où il fut reçu docteur en 1807, api es avoir soutenu une thèse sur h Pleurésie et la péripneumonie inflammatoires. Moins de deux ans après, en 1808, il était en Espaf^neniédt'cin en chef des hôpitaux militaires. Le 25 octobre 1812, il fui arrêté à Paris, comme complice du géncjal Malel. le conspirateur, et enfermé au donjon de Vincennes pendant un an; on le rehkha par insulfisance de preuves. Après les Cent Joins, il publia une relation historique de ceite conspiration qu'il était à même de connaître dans tous ses détails, vu l'amitié qui le hait avec Malet.
Guillié fut nommé, en 1814, par M. de Montulivet, médecin en chef de l'instilulion des Aveugles-nés réunis aux Quinze-Vingts; il fit même une tentative ingénieuse pour mettre ses aveugles en connu unical ion avec les sourds-muets. En 1816, il lit des leçons pulliipies ei pratiques sur les maladies des yeux, et, le premier, il fonda à Paris, en 1818, nue clinique pour letiaitoment deccs maladies. Peu après, de 1820 à 1821, il piddia, de concert avec Dupuylren, Parisot et Lucas, un recueil périodique intitulé Uibliothèriiie ophOialmologique.
Guillié était médecin oculiste de Madame, duchesse d'Angoulènie. Il fut nommé (hevalier de la Légion d'honneur le 5 août 1814, officier vers 1850. Une tache dans la vie de Guillié, c'est d'avoir patronné une eau-de-vie purgative quelconque sous le nom d'élixir antiglaireux. Il a fait fortune par ce moyen. Il mourut à Asnières en novembre 1865. Outre des Rapports orfi(iels au ministre, l'article Ir.iTis paru dans le Dictionnaire des sciences médicales de Panckoucke, et un mémoire sur i Innocuité de la vaccination pour lequel il reçut une médaille du ministre de l'intérieur, on peut citer de Guillié :
L Essai sur l'inslrtiction des aveugles, ou Exposé auali/tiquedes procédés employés pour les instruire. l'ari*, 1817, in-S", '23 pi. — II. Recherches sur la calaracle et la goutte sereine. Paris, 1818, inS°. — IIL Traité de l'origine des glaires, de. leurs effets, etc., iO' cdit. laiis, 1827. in-12; 31» édit., ibid., 1854, in-1'2. — IV. Traité des maladies chroniques, de leurs causefi et de leurs coniplicalious, elc. Paris, 1841, in-12. L. II.v.
GLilLLiER.>lO\D. Pharmacien distingué, né au Pont-Saint-Esprit en déiembre 1776, se livra à l'étude de la pharmacie à Nîmes, puis à Bourg Saint- Andéol, et après avoir servi dans l'armée et terminé ses études à Lyon et à Paris se fixa dans la premièiede ces villes. 11 y mourut en avril 1865. 11 mérite d'être signalé surtout jiour ses recherches sur le quinquina, l'opium et leurs alcaloïdes, reiherches qui ont élé le point de départ de découvertes importantes et ont servi de base pour la préparation et les procédés de dosage de ces deux précieux médicaments [Journ. de pharni., 1811, 1815, 1819, 1828,1832, 1849). L. ll.v.
GUILLOIN' (François-Gabriel). Né à Chançay, canton de Château-la- Vallière, près de Tours (Indre-et-Loire), le 21 janvier 1793. 11 commença ses études médicales à Tours, les termina à Paris, où il fut reçu docteur le 4 août 1820. Il avait élé chirurgien militaire et suc( essivement aide-major et majo'r du 7" régiment de lanciers lithuaniens, du 7'' régiment de chevau-légeis et des hussards de la Girde royale. H fit les campagnes de 1812, de 1813 et 1814, et se trouvait à Hambourg, avec le maréchal Uavout, où, assiégé dans cette ville, il demeura seul des chirurgiens de la garnison, ses collègues ayant tous succombé, pour soigner les malades blessés atteints du typhus qui sévissait avec rigueur. Cité à l'ordre du jour pour sa belle conduite, il fut proposé pour la décoration.
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Il quitta l'armée et vint habiter Paris, afin de se faire recevoir docteur et y exercer la médecine, se livrant à peu près exclusivement au tiaitement des voies iirinaires. 11 a inventé et pertectionné divers instruments, tels que : les bougies et sondes élastiques à bout olivaire, les bougies filiformes en baleine et à renllemcnls successifs, un brise-pierre à levier avec évacuateur, heureux perfectioimemeiit du lithotriteur de Heurleloup, divers appareils pour le redressement et le trailemcnt des fractures, un insufllateur pour le traitement de l'angine diplilliérilique, un spéculum-urèthre, un p>rle-causli(|ue à tenètre. Eu 1847, il reçut une mention honorable à l'Académie des sciences, pour son travail relatif au broiement de la pierre dans la vessie; en 1850, une seconde mention, pour ^on brise-pierre pulvéïisateur et évacuateur, et en 1860, un encouragement pour son procédé de dil dation des rétrécissements de l'urèthre, procédé qu'il nommait (( sa méthode de stricturotomie iutra-urélhrale d'arrière en avant ». Il fut moins heureux à l'Académie de médecine où il obtint cependant plusieurs rapports favorables. On peut lire à cet égard les Bulletins de celte Compagnie et, dans ses Contributiom à la chirurgie, l'iiistoire de ses démêlés avec ce corps savant. En juillet 1830, il établit spontanément une ambulance au Palais de la Bourse, qui reçut bieu vite de nombreux bles'^és, et il leur prodigua ses soins. Louis-Philippe, (jui vint la visiter, nomma Guillon, en récompense de son zèle, chirurgien consultant de sa maison, poste qu'il occupa jusqu'en 1845. Très-toucbé de la bienveillance de la famille royale, pendant les dix-liuit années de son règne, il refusa le même poste à l'avénemenl de Napoléon III. Néanmoins, il fut appelé pins lard à soigner passagèrement l'Empereur à Vichy et à Biarritz. Guilb'n avait connu à Tours Bretoimeau, Trousseau et Yelpeau, et il aimait à rappeler que le savant chirurgien de la Charité lui avait tenu l'étrier, alors que Velpeau était simplement l'aide d'un maréchal-ferrant. Il est mort à Paris, depuis lon^; temps retiré de la [)ratique active, le 17 avril 1881, dans sa quatre-vingt-neuvième année. Nous connaissons de lui :
I. Observations pratiques. Th. de doct. Paris, 1820, in-4°. — II. Appareils pour l'inhalation du cliloro forme. In Bull, de VAcad. de me'd , t. XIII, p. 452, 1847. — III. Guc'rison prompte des rétre'cissements au moyen des incisions intra-uréthrales. Il)id., t. XV, p. Il, 1850. — IV. Lettre à L'Académie de médecine <tur une nouvelle méthode de guérison des rét)écissements fibreux de l'urèlhre. Paris. 1850. — V. Cathétérismes pouvant éviter la ponction de la vessie et l'uréthrotomie périneale. In Monit. des liôp., p. 550, 1x58. — V. De la guérison complète et rapide des rétrécissements de l'urèthre. Paris, 1800. — Vil. De la .guérison de l'anf/iiie couenneuse et du croup membraneux par l'insuf/lalion du nitrate d'argent pulvérisé Ibid., p. 1100. — VllI. Même sujet in tievue viédicale, 15 jnin î86t). — IX. Contributions à la chirurgie des voies urinaires, suivies de mémoires sur divers sujets de médecine et de chirurgie. Paris, 1879, in-8 . i'.ei ouvrage contient les mémoires ci-après, quelques-uns déji insérés dans des journanx de médecine de date autéi'ieure : 1" Cathétérisme : '2° Stricturotomie intra-urétlirale; 5° Lithrolitie; 4' Redressement des fractures mat consolidées; h° Bandage pour la fracture de la clavicule; 6' Emploi des cataplasmes à l'intérieur et des injections utérines, contre les affections du rectum el de l appareil lecto-ur inaire; 7° Nouveau t'ailenient de la diphthérite ; 8' Procréation des sexes à volonté ; d" Appendice. Documents justificatifs et historiques. Prix fl'Argpnteuil et Barbier. Récompenses à l'Académie des sciences. A propos de la mort de Napoléon III. A. D.
GlILLO' (Eau miaér.ale, établisseme.nt hydrothérapique, cure de petit- L.AiT de), alhermale, sulfatée calcique faible, sulfiireuae, carbonique et azotée faible. Dans le département du Poubs, à 52 kilomètres de Besançon, dans Parrondissemeut et à 7 kilomètres de Baume les-l'ames, à 500 mètres du villuge de Guillon, dans un très-beau vallon arrosé par le Cuisancin, l'un des sept aflluents
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du Doubs (chemin de fer de Dijon à Belfort, station de Baume-les-Dames, d'où' une voiture conduit en trois quarts d'heure à l'établissement de Guillon). Les hôtes de cette station occupent aisément les heures laissées libres par leur traitement en faisant de charmantes promenades ou des excursions qui offrent un grand intérêt. Ainsi, le rocher creux, appelé les Narines du diable, le village de Guillon, les deux sources du Cuisancin, le hameau de Cuisance, qui est à 5 kilomètres de la maison des bains, le mont Guillon, Montivernage et sa grotte souterraine aux magnifiques stalactites et stalagmites, éclairées par les torches des guides, l'abbaye, ancien cloître des trappistes, et la glacière de la Grâcede-Dieu, dont la caverne, de 28 mètres de profondeur, est soutenue par descolonnes de glace qui ressemblent à du cristal, les grottes de Buin et d'Osclle, le Saut-du-Doubs auquel conduit la vallée de Morteau, où se réunit tous les^ ans, le deuxième dimanche du mois de juillet, la jeunesse française et suisse, et enfin Baume-les-Dames et Besançon, sont visités tour à tour par les baigneurs de l'établissement de Guillon. La saison commence avec le mois de juin et finit avec le mois d'octobre. Une seule source, nommée autrefois fontaine puante, très-anciennement connue, exploitée seulement par les gens du voisinage dès 1780, et utilisée surtout en thérapeutique hydro-minérale depuis 1824, émerge à Guillon du terrain jurassique, à calcaire oolithique. Son eau traverse un banc de gypse, de sel gemme et de lignite ; elle est claire, limpide, transparente et incolore, son odeur est manifestement sulfureuse, sa saveur est assez agréable, quoiqu'elle soit un peu sucrée et légèrement amère ; des bulles' gazeuses, les unes très-fines, les autres plus grosses, la traversent et viennent s'épanouir à sa surface. L'ébuUition trouble sa limpidité et chasse le gaz acide carbonique, mais n'altère que médiocrement son principe sulfureux; elle marque 13 degrés centigrade, et sa densité est de 1,017. Son débit est de 56000 litres en vingt-quatre heures. Henry (Ossian) en a fait, sur place, l'analyse chimique en 1871, et il a trouvé que 1000 grammes de l'eau de la source sulfureuse de Guillon renferment les principes suivants :
Sulfure de chaux 0,01d40
— magnésie indices.
Bicarbonale de chaux 0,18100
— magnésie 0,07400
Sullale de chaux et de soude 0,02000
Chlorure de sodium 0,31900
— polassium Irace sensihle.
Silicate terreux 0,03000
Bromure alcalin, fur, pho.-phate de chaux traces.
Total des MAiiÈrtEs fîtes 0,63940
grammes.
! acide sulfhydrique libn; 0,00285 — carbonique 0,01100 azote 0,00-200
Total des gaz 0,01585
La façade de l'établissement est tournée du côté du mont Guillon, sa terrasse donne du côté opposé ou au nord, elle domine la rivière et le griffon de la source. Ses vastes bâtiments sont entourés de beaux arbres, le pavillon carré du milieu renferme la chapelle, le grand salon et le cabinet de lecture, à droite les salles de bains, de douches et d'inhalation, et enfin, en bas et au nord, la grotte et les bassins de la source de Guillon. La division réservée à l'hydrothérapie et à la gymnastique est au voisinage de la buvette.
GUILLO^ (Eau minérale de). 475-
Mode d'admimstration et boses. L'eau minérale de Guillon s'emploie en boisson, en bains et en douches d'eau et de vapeur, en inhalation et en pulvérisation.
Cette eau se prend à l'intérieur de deux façons : ou le matin à jeun, pure ou coupée de lait, à une dose qui varie de deux à huit et dix verres ingérés à un< quart d'heure d'intervalle, ou au repas, le plus souvent mélangée avec du vin.
Les cabinets de bains sont bien éclairés et bien ventilés, mais ils n'ont pas de vestiaires. Ils ont l'avantage d'être de plain-pied avec le grand salon et les logements des baigneurs, de chaque côté d'une galerie sur laquelle ils accèdent, ce qui permet aux malades de suivre leur traitement par tous les temps et aux heures les plus matinales, en évitant les transitions brusques de température qui les exposeraient à des accidents ou les forceraient de prendre des précautions inutiles à Guillon. Les baignoires de zinc, recouvertes d'un vernis ou émaillées à l'intérieur, sont alimentées par deux robinets qui versent l'eau à la température de la source, ou chauffée artificiellement, mais en vase hermétiquement clos. La durée des bains d'eau est d'une heure en général. Les bains de vapeur sèche ou humide ont leurs appareils à l'étage immédiatement au-dessus des bains d'eau. Ils s'administrent par encaissement, ou dans des étuves; ils ont une durée ordinaire de vingt minutes et sont habituellement suivis d'un emmaiilottement d'une heure à une heure et demie.
Le quartier des douches d'eau comprend : des vestiaires convenables et une grande pièce qui renferme des appareils fixes, en pluie, en colonne, en nappe, en cercle, à jets brisés, simples ou multiples, ascendants ou descendants, etc.; des douches mobiles avec tous les ajutages les plus variés, une piscine de marbre blanc assez vaste et assez profonde pour qu'on y puisse nager et faire de la gymnastique, et enfin des robinets pour les affusions froides ou chaudes, générales et partielles. On prend les douches gazeuses locales dans la section des bains de vapeur. La salle spéciale pour les inhalations et les pulvérisations est pourvue des appareils Charrière, et les malades y restent d'une demi-heure à une heure, suivant les affections qu'on y veut guérir.
Nous n'avons rien de particulier à dire de la partie de l'établissement de Guillon consacrée à l'hydrothérapie; elle renferme tous les engins nécessaires et son installation laisse peu à désirer. Elle est alimentée soit par l'eau de la source sulfureuse, soit par l'eau du Cuisancin, qui est un peu plus froide qu'elle, puisqu'elle n'a guère que 9",5 centigrade.
Emploi thérapeutique. L'action physiologique principale de l'eau sulfureuse de Guillon s'exerce sur la peau et les membranes muqueuses : aussi amènet-elle quelquefois la poussée et rend-t-elle plus active la circulation cutanée ; elle stimule la sécrétion des membranes muqueuses, ce qui fait qu'elle augmente les crachats chez les personnes qui ont des affections chroniques des voies^ aériennes, et ramène l'appétit chez des anorexiques et des dyspeptiques qui l'ont perdu depuis longtemps. Les résultats produits par les eaux de Guillon sur l'enveloppe externe et les membranes muqueuses de l'arbre respiratoire, desvoies digestives et urinaires, expliquent sou indication dans les maladies de la peau sécrétantes ou sèches, les laryngites, les bronchites, les pharyngites et les affections de l'estomac ou de l'intestin où il est nécessaire d'agir sur la nature ou la quantité des sécrétions du tube digestif, et enfin dans les états pathologiques des reins, des uretères, de la vessie ou de l'urèthre, principalement caractérisés par une production anormale de mucus ou de pus.
476 GLILLOT.
On peut suivre aussi à Guillon une cure par le pelit-lait de vaches dont la conleclion, l'adminislrution et l'emploi lliérapeulique n'ollVent rien de particulier.
La durée de la cure est d'un mois.
On w'exporle que très-peu l'eau de Guillon, qui se conserve pourtant assez longtemps sans éprouver une altéraliou notable de ses principes essentiels.
A. liOTURtAU.
Bibliographie. — Damotte. Mémoire sur l'eau de Guillon, sa nature sulfureuse, diverses cures obtenues par l'usage de celte eau, "ITBO. — UtLAPoniE et Foi'rcuoy. Ba/j/ioii sur le mémoire iirrcedeiil. Paris, 13 juin 178(). — Action favorable de l'eau de la finlai ne sulfureuse de Guillon. prt'S de Bnume-les Dames, sur les plaies de guerre. In Annuaire statistique du déiinrli-nienl du Doubs, an. XII, p. 11. — Thénabh. Analijse du résidu de 2> litres d'eau de Guillon. l'iris, 1820. — Au'orisation donnée le 25 septembre 1824 d'exploiter les eaux sulfureuses médicinale-'i de Guillon. Iii Annuaire statisti(/ue du Doubs, p. 201), 1824. — Henrv (Ossiiin). Analyse complrte /aile sur place de l'eau sul/ureuse de Guillon, près de Baume-les-Damss (Doubs), 20 août 1871. — Eaux minérales de Guillon, près de Baume-les- Dames [Doubs), sur la ligne de Dijon à Delfort. Nice, 1872. — (Jhapot (Léon). Guillon, près de Baume-ks- Dames [Doubs], ses eaux minérales, son hydrollicrapie, ses environs. Paris, 1878. A. R.
GUILLOT (Natahs). Savant médecin français et dont toute la carrière a été celle de renseignement et des travau.v scientifiques. Il naquit à Paris, en avril 1804. A peine sorti des études littéraires, il commença l'élude de la médecine, non pas dans le but de se créer une clientèle Iruclueuse, mais bien décidé à suivie la voie de tous les savants qui veulent tenir leur position du travail et (pii savent que cette manièrd de l'acquérir est la plus certaine, quoi(|ue la plus pénible. Les hommes avec lesquels il entretenait de continuelles relations, et qui appartenaient tous à l'école anatomo-physiologique, lui firent compreiulre (|ue ces deux sciences, l'écondécs par les éludes micrograpliiques, le conduiraient à des découvertes utiles : aussi est-ce dans cette voie qu'il s engagea d'abord. Il était, d'ailleurs, aidé dans celle direction par une connaissance exacte du dessin qu'il savait appliquer avec le plus grand succès à ses travaux d'anatomie et de physiologie. Reçu docteur en 1829, agrégé à h Faculté de médecine de Paris en 1852, médecin des hôpitaux en 1837, il se fit lemar- ■<}uer, parmi tous ses compétiteurs, par son él culion facile; en 1852, au derniei ■de tous les concours soutenus à la Faculté de médecine, il lutta encore avec ■éclat, et plus lard, lorsqu'en 1855 la chaire de pathologie interne fut donnée sans concours, ce fut lui qui l'obtint. Puis, dans ses dernières années, après avoir enseigné longtemps la pathologie interne, Guillot désira remplir les l'oQCtions de professeur de clinique, car il aimait beaucoup l'enseignement et la jeunessH de l'École lui était très-sympalhi |ue. Toujours enfermé dans son laboratoire, exempt de ces perles énormes de temps, si préjudiciables au vrai travailleur, il a pioiluit un très-grand nombre d'œuvres anatomi(iues et physiologiques de longue haleine. Rien ne lui coùail pour poursuivre ses recherches; il les aimait avec une prédilection sans égale; sa fortune modique lui permettait de satisfaire ses goùls et de renoncer en partie aux avantages de sa position. Guillot avait une autre passion, il aimait les sciences zoologitjues et s'en était toujours oi-cupé dès ses premières années. C'est surtout dans sou travail sur le cervoaii des quatre classes des animaux vertébrés, c'est sur le réservoir de l'appareil vasculaire des raies et sur l'appareil de la respiration dans les oiseaux, qu'il avait dé\eloppé son talent descriptif et ses connaissances en histoire naturelle.
GUILLOTfN. 477
Nalalis Gnillot est mort à Nice, le 14 octobre 1866, onze jours après Rostan, son niaUie et ami. Ses ouvrages portent ces titres :
I. Exsai. sur le cerveau. Th. île l*aris. doctorat, 23 janv. 1829, iii-4». — II. Exposition analiimiqne de l'organisation du centre ncrvi'ux dans les quatre classes d animaux vertébrés. P.iris, 1814, 111-4°, pi., fi°r. — m. An nliqaando morbi natiira et therapeia in causa polius quam in siimptomatibus et lœsinuilius quœrendœ? Ih. de Paris, agi'c;^afioTi, 1829, in-4">. — IV. Des syniplôntes des maladies considérés dans leur rapport avec les Usions analondques. Th. de l'aria, Birréu^aiion, 18V2, xn-i". — V. De l'influence de l'analomie patliolog que sur la thérapeutique. Tli. de Pari-;, profe.'isorat, 1840. iri-4°. — VI. I,a lésion, la maladie Tli. de Pari>, prolessoiat, 1851, iii-4°. — VII. Observations sur quelques phénomènes de lu circulation. Paris, 1831, in-'<'' — VlH. Mémoire sur la structure du foie des animaux vrrtél/7 es Paris, 1848, in-S". — IX. lîccherches sur la genèse ri léolution des dents et des môchoires, in-8°. — X. Description des vaisseaux particuliers qui naissent dans les poumons tuberculeux, in-S", 1838 — XI. Me'moire sur les phénomènes analoniiques que proiluit le développement de la matière tuberculeuse autour des articulations des membres et des os. Paris, 185'.', iii-8°. A. C.
GUlLi>orilV (.Ioseph-Tgnace). Le i " décembre i789, à l'Assemblée nationale, un di''puté montait à la tribune et prononçait un discours sur le Gode pénal. Après avoir rappelé les décri'ts sur les droits de l'Iiomiue, par une transilion rapide et lietirense, il démontra la nécessité de rrformer ce code: « La loi, a-t il dit, soit (ju'elle punisse, soit (pi'ellc protège, doit être égale poiu* tons les citoyens, sans aucune exception ». Conlorniétncnt K la vérité de ce principe, il ))roposa ces articles : « Les déllls du même genre seront punis du même genre de supplice, quels que soient le rang et Célat du coupable; dans tous les cas ail la loi prononcera la peine de mort, le supplice sera le même {décapitation), et l'exécution se fera par un simple mécanisme ». Puis l'orateur lit la description de la mécanique à c^ouper les télés : « La mécanique tombe commo la foudre, s'est-il écrié, la tête vole, le sang jaillit, l'homme n'est plus ». Ce| endaiit vingt mois s'écoulèrent avant que l'Assemblée nationale adoptai déliiiilivement les idées émises par l'un de ses membr>js, et ce ne fut que le 27 avril 1792 que la mécanique lit son premier coup d'essai sur un criminel nommé Lepellelier. C'est qu'on uî s'attendait pas à rencontrer les diliicultés sans nombre qui se piésentèreut dans la const-uction de ladite micliine; les hommes alo.s au pouvoir: Verrier, couiinissaiie du roi près le tribunal criminel de Paris, Duport, ministie de la jusiice, les administrateurs composant le Directoire du dépirleineut de Paris, le bi>nrreau lui-même, étaient fort anxieux. On dut s'adresser à un illuslre cliirurfiicn, à Louis, secrétaire perpétuel de l'Académie de cliiiur^ie, qui a publié sur ce sujet un longniémoire (7 mars 1791). dans lequel il a exposé toutes les coudilions pour qu'une machine à décapiter reujplîl bien son but, notaimnent l'obliipiité à donner au tranchant du couperet. 11 iiillul ausn trouver un inventeur d'il i bon appareil; et, le croirait-on ! cet inventeur fut un facteur de pianos, Tobiis Schmidt, déjà connu par ses cheminées écononiii|ues, son gril aérien, son piano-harmonium. L'ingénieux mécanicien lit adopter son engin, qii l'ut essayé .ivec succès, à Bicêlre, sur des m)utons, et qui, construit par le menuisier Clairin, entra défmilivement dans la pratique. Dès sa naissance, la machine .à décoller reçut, de la voie publique, tantôt le nom (le Guillotine, tantôt celui de Loaiselle, Louison; on somlail ainsi misérablement deux hommes, justeineiit cél^ibres par leur savoir et leur amour du bien, à un instrument de deslructioii. Guillotin dut souffrir cruellement de ce rapprochement, lui qu'une uobL; pensée avait guidé, et qui, devant le maintien en France de la peine de mort, avait voulu rendre son application sûre, rapide.
■exempte de douleurs et e'gale pour tous les criminels. Qui pouvait prévoir à cette époque les excès monstrueux de la Louiselte? Quelles tortures a àù éprouver cet liomme boa eutre tous, ce philanthrope ardent, en voyant la mégère répandre des flots de sang et déshonorer la Révolution ! Le peuple, peu soucieux des droits de l'histoire, ne voit dans Guillotin que l'inventeur brutal, le mécanicien qui a appris aux hommes à couper facilement le cou à leurs semblables. Il ne saisit pas l'élément vraiment philosophique qui a guidé cet homme de bien, ni les vues élevées dont il s'est fait l'éloquent avocat. Pendant vingt-cinq ans, le célèbre député de Paris a entendu grincer autour de lui ce bruit sec de guillotiae; il a assisté aux orgies épouvantables de l'affreuse viaiden; le (( simple mécanisme » destiné aux grands coupables a fait sentir son tranchant à de nobles victimes ; entraîné, dominé par les événements extraordinaires qui ont signalé la fin du dix-huitième siècle, Guillotin a vu s'appesantir sur lui une sorte de fatalité inexplicable; et son âme, déjà endolorie par tant d'illusions perdues, a bu encore à une coupe plus amère, lorsque, par une aberration incroyable, le genre de supplice qu'il avait proposé au profit des principes éternels de la morale, de la légalité et de l'Immunité, fut signalé, par une science déviée de sa voie, comme un genre de mort douloureux.
Joseph-Ignace Guillotin naquit à Saintes, département de la Charente-Inférieure, le 28 mai 1738; son père, Joseph-Alexandre Guillotin, était un avocat accrédité ; sa mère était une demoiselle Catherine-Agathe Martin. Après avoir lait ses études préliminaires à Bordeaux, il fut reçu maître es arts au collège d'Aquitaine, le 11 décembre 1761. Il résolut alors de se consacrer à l'étude et à la pratique de la médecine, profession qui convenait si bien à la douceur de son caractère, au talent d'observation dont il était doué et à son ardent amour de l'humanité. Rassemblant ses ressources patrimoniales, il se rendit à Reims et y acquit le grade de docteur en médecine (7 janvier 1768) ; puis, la même année, il débarque à Pai'is et se fait immatriculer sur les registres de la Faculté de médecine. Ses débuts furent un coup de maître, car après un concours brillant (27 janvier 1768) il est proclamé pupille de l'école, avec dispense de tous les dioits attachés à robtenlion des grades. Le 26 octobre 1770, le noble jeune homme recevait des mains de Poissonnier le bonnet de docteur en médecine, Nous passons rapidement les quatorze années qui suivirent le doctorat de Guillotin et qui ne sont guère signalées, en ce qui le concerne, que par le rôle qu'il joua au sein de la commission nommée par le roi, pour se prononcer définitivement sur le mérite d'une découverte dont on disait à la fois tant de bien et tant de mal. U est à croire que l'esprit si net, si précis et si pratique du médecin de Saintes, ne contribua pas peu à mettre à nu les absurdités mesmériennes, et à limiter tous les phénomènes du magnétisme animal à la puissance de l'imagination. Mais la Révolution encore à l'horizon grondait sourdement; Guillotin en adopta avec une foi ardente les principes, et, presque ignoré, il débute par un coup de hardiesse qui va le lancer d'un seul bond dans le tourbillon. On considère, en effet, et ave^ raison, sa Pétition des citoyens domiciliés à Paris (8 décembre 1788, in4°), comme la première de toutes les professions de foi qui préparèrent le grand mouvement révolutionnaire. Le 26 avril 1789, les électeurs, rassemblés à l'archevêché, le nomment secrétaire avec Bailly; le 5 mai suivant, il siégeait à Versailles, comme le dixième député de Paris. On a vu le rôle qu'il a joué relativement aux réformes apportées dans la jurisprudence criminelle et le Gode pénal. La fin de l'Assemblée constituante (29 septembre
GUIMAUVE (bot.vnique). 479
1791) a vu aussi la fin de la carrière politique de Guillotin, qui rentra dans la vie privée et re^ta dans l'ombre durant la tourmente révolutionnaire. Inquiété, incarcéré au temps de la Terreur, mis en liberté au IX tbermidor, il ne s'occupa plus que de l'exercice de sa profession. Sou savoir, son affabilité, une grande variété de connaissances, un discernement très-fin, lui acquirent la confiance de plusieurs personnes distinguées. Propagateur zélé de la vaccine, fondateur d'une Académie de médecine qui n'eut qu'une durée éphémère, il mourut à Paris, le 26 mars 1814, à trois heures du soir, rue Saint-llonoré, au coin de la rue de la Sourdière. 11 avait épousé, le 14 juillet 1787, Marie-Louise Saugrain, qui appartenait à une famille notable de libraires de Paris, étant fille d'Antoine Saugrain, maître libraire, et de Marie Brunet. 11 n'en eut pas d'enfants. A. G.
GUILLOTIIVl:. Voy. Supplice.
GUIMAUVE. § I. Botanique. AltJiœa L. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Malvacées.
Ges plantes présentent avec les caractères principaux de la famille des Malvacées : corolle régulière à 5 pétales, étamines nombreuses, monodelphes, à une seule loge réniforme, les caractères particuliers suivants : calice doublé d'un calicule formé de 6 à 9 folioles, tandis qu'on n'en trouve que 3 chez les Mauves; carpelles nombreux, capsulaires, monospermes, disposés circulairement autour de l'axe •central.
Les espèces sont toutes remarquables, comme d'ailleurs la plupartdes Malvacées, 'par le mucilage qu'elles contiennent, ce qui leur donne des propriétés émollientes.
Parmi ces espèces, la plus connue et la plus intéressante est :
La Guimauve officinale, Altliœa officinalis L., répandue dans les endroits humides ou marécageux de l'Europe tempérée, et fréquemment cultivée dans les jardins.
Elle a une racine fusiforme, épaisse, blanche en dedans, d'un gris jaunâtre à l'extérieur; une lige haute de 1 mètre à l'",50, portant de nombreuses feuilles alternes, munies à la base de stipules subulées, qui tombent de bonne heure. Ges feuilles sont pctiolées, ovales ou ovales cordiformes, tantôt simplement dentées ou crénelées, le plus souvent superficiellement trilobées. Leurs faces sont couvertes d'un tomentum blanchâtre, qui leur donne une couleur grise et les rend douces au toucher. Les fleurs axillaires sont fasciculées ; elles ont un calicule à 7-9 divisions étroites, linéaires-lancéolées, plus courtes que le calice ; un calice à 5 lobes ovales brièvement acuminés ; une corolle à 5 pétales, d'un blanc rosé, deux fois plus longs que le calice, cunéiformes, émarginés au sommet.
La Guimauve est connue depuis la plus haute antiquité: c'est l'àîi&ata de Théophraste, ['Hibiscus viridis de Virgile. Dans la liste des plantes que Gharlema^ne fait cultiver dans ses maisons de campagne elle est désignée sous le nom delbischa Mismalva; enfin son nom vulgaire de Guimauve paraît venir de bimauve ou double mauve. G'est enfin le Bismalva de Gérard et de quelques auteurs des douzième et dix-septième siècles.
A côté de VAllhœa officinalis nous devons citer comme ayant des propriétés analogues:
UAUhcea hirsuta L., déplus petites dimensions, hispides, les inférieures orbiculaires-réniformes, à 5 lobes superficiels ; les supérieures palmatipartites.
UAllhœa cannabina L. du midi de la France, atteignant la taille d'un homme
480 GUIMAUVE (emploi médical).
à feuilles profondénieat découpées, ou diyilées, à folioles lancéolées, incisées, dentées. C'est le y.âwKêi; àypix de Dioscoriie.
Les espèces précédentes appiirtienuent au vrai genre Althcea de Linné. Les botanistes y joignent d'ordinaire. les Alcea de cet auteur, qui ne se distinguent des i///ift'af| ne parce que leur^'carpellcs sont bordés d'une marge membraneuse sillonnée. C'est dans celle division du geiue que se trouve la plante inléressante connue sous le nom de Passe-Rose, Rose Tréniière, et dont le nom botanique est AUhœa rosea Guv. [Alcea rosea L.).
C'est une espèce ori-inairc d'Orient, mais cultivée dans tous nos jardins comme plante ornementale. Elle produit de sa racine une ou yjliisieurs tiges hautes de 2 mètres à 2'", 50, druiles, velues, garnies de larges feuilles, rugueuses,, cordiformes, arrondies, à 5 ou 7 lobes crénelés, couverts de poils sur les deux faces. Les fleurs sont grandes, de couleurs varices, blanches, jaunes, brunes, rougeàires, ou d'un pourpre presque noir. Elles sont presque sessiles dans l'aisselle des ieudles supérieures, et elles forment, par leur rapprochement, un long épi termiiud. Ellesont un calicule à G divi-idus, plus coui tes que celles du calice ; et des pétales grands, larges, ccliancrés au sommet et réunis à leur base par un grand tube résultant de la soudure des fdels des élamines.
La saveur des diverses |)arties de la plante est mucilagineuse. Les racines sont quelquefois substituées dans le commerce à celles de la Guimauve. Elles sont plus ligneuses, moins blamhes, d'une saveur moins douce, et hérissées d'ordinaire à la surface de fibres couveiles et emmêlées. Pl.
BiDLioGRAruiE. — TiiÉoPiiuASTE. IHst. plant., IX, 17. — Dioscoride. Mal. mr'd., III, 1C6. — * VmGiLE. E;4l(p{î. Il, y. 50; Eglog. X, v. 1\. — Spuengel. Iligt. Rei herbar., 1, 220. — LEMEit\. Dit t. (les drugues, 30. — tiNNÉ. Gênera, 830; Species, 930. — C.WANrLLEs. Hisiei-l., II, lab. 29, lig. 1. — Db Candolle. Flore française, 4)18. — Lamauck. Encycnpédie UicL, IV, p. 50. — Grenier et Godros. Flore de Fr., I. — Goibourt. Drog. sinipl., 1' éd., III, 643. Pl.
§ IL Emploi médical. On emploie, de la guimauve, les feuilles, les fleurs et la racine, mais principalement cette dernière, tantôt fraîche, tantôt sèche. Quiiid on la fait sécher au feu, on s'expose à lui faire prendre la couleur et l'odeur du roussi. On la lave, et on la coupe en pelits morceaux après avoir divisé dans bur longueur les plus grosses racines. La blancheur qu'elle offre ordinairement vient de ce qu'on la ratisse ou pèle légèiemenl, mais il faut savoir qu'on la blanchit quelquefois au carbonate de chaux, ce qui coublitue une véritable adultération, facile, du reste, à constater. En faisant macérer la racine .dans l;!acide acétique affaibli et en ajoutant à la liqueur de Toxalale d'ammoniaque, on produit un précipité blanc d'oxalate de chaux, qu'on peut cbnveitir en chaux vive par la calcination. On a vu plus haut qu'on subslilu'^ quelquefois à VAlthœa officinalis une alcée, mais celle sorte de falsilication n'a pus grande importance.
La lacine de guimauve do^t être conservée à l'abri de l'humidité ; elle moisit facilement, et sa décoction s'altère alors avec une grande rapidité : aussi est-il bon, quand on la possède depuis un certain temps, d'en (nlever les couches superticielles avant de s'en servir. Elle a élé souvent analysée, et on y a trouvé de la gouiuie, de l'amidon, une matière colorante jaune, une matière azotée, de YaUhœine (qui n'est autre que l'asparagine), du sucre cristal li»able, une huiîe li.xe, du sulfate et du phosphate de potasse, et du chlorure de potassium. L'herbe et les fleurs sont mucilagineuses comme la racine; il est probable qu'elles
GUIMAUVE (emploi médic\l). 481
contiennent en partie au moins les mêmes principes, mais nous ne voyons pas qu'on s'en soit assuré directement par une analyse cl)imi(|ue compare'e.
La guimauve, sous les noms A'Alcée, de Mauve sylvestre, avait, chez les Anciens, à peu près le même usage qu'aujourd'hui. On l'employait comme tisane adoucissante et comme topique émollient.
Administrée à l'intérieur, surtout en infusion ou décoction, la guimauve a des propri 'tés qui ne permettent pas de l'assimiler complètement à la gomme ou à la graine de lin. Elle est douée d'un odeur aromatique siii generis, assez désagréable même, dont il faut tenir compte, et qui la rapproche un peu des balsamiques. Les sels qu'elle renferme, s'ils établissent une analogie avec la graine de lin, la différencient de la gomme et ne peuvent être absolument étrangers à l'action thérapeutique. Enfin il y aurait à voir si le mucilage abondant de la racine de guimauve résiste plus ou résiste moins, soit à la destruction nutritive, soit à l'absorption, que le mucilage gommeux ayant le degré de viscosité qu'il doit avoir dans une tisane. C'est une question non résolue encore expérimentalement.
Quoi qu'il en soif, il est vrai que l'infusion ou la décoction de racine de Guimauve en boisson agit principalement à la manière des autres boissons mucibi gineuses, c'est-à-dire en lubrifiant la muqueuse gastro-intestinale, en y calmani l'irritation et l'infiammalion, et en s'opposant à l'exosmose. Elle convient donc contre l'entérite, la diarrhée catarrhale, la dysenterie, et en général contre les troubles intestinaux qui peuvent se ramener à l'augmentation de la sensibilité et à la colique. Il faut dire seulement que la guimauve parait sensiblemcrM moins efficace que la gomme contre la diarrhée, de même que, dans l'état de santé ordin lire, elle produit moins aisément la constipation. C'ed un fait à noter en attendant réc!aircis?3ment physiologique indiqué tout à l'heure.
D innée contre les affections aiguës des voies respiratoires, en boisson ou en gargarisme, la guimauve agit sur la gorge comme sur l'intestin,- elle dépose sur la surface enllammée une sorte d'enduit calmant et tend à diminuer la sécrétion. Quant à son action sur les bronches et les poumons, elle est celle de toutes les substances émollientes, augmentée peut-être d'une légère action résolutive, due à la présence des principes aromatiques, des sels de potasse et du chlorure de potassium. Cette double action, du reste, ne peut s'exercer sérieusement que par l'emploi de la racine en décoction ou en forte infusion chaude.
Grâce à ces mêmes sels et à l'aspnragine qu'elle renferme, la guimauve a autant de droits à entrer dans la classe des diurétiques que beaucoup d'autres médicaments qui ont reçu d'elles cet honneur, à commencer peut-être par l'asperge.
Mais c'est principalement par Vusage externe que la guimauve rend des services à la thérapeutique. Les cataplasmes de feuilles; les cataplasmes de fécule ou de farine de graine de lin, faits avec la décoction de racine de "uimauve • les compresses ou la charpie, ou le coton hydrophile, tremjiés dans la même décoction, fournissent d'excellents topiques contre les parties enllammées, qu'elles amollissent et qu'elles soustraient au contact de l'air extérieur, sans qu'il soit besoin de renouveler souvent le pansement, le mucilage ne s'absorbant ni ne s'évaporant comme un liquide simplement aqueux. C'est m 'me un bon moyen de maintenir une surface en contact prolongé avec un médicament liquide, comme la décoction de pavot ou de sureau, que d'y mêler une certaine quantité d'un forte décoction de racine de guimauve, surtout si l'on prend la précaution de recouvrir iiicT. E.Nc. 4« s. XI. 51