‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.48Chapitre 17 sur 59 · MESQUINE. GAZEUSE. DU PALMIER · texte numérisé non relu

MESQUINE. GAZEUSE. DU PALMIER

Bicarbonate de chaut "1,070 1,218 0,ol4

— magnésie 0,0o'2 0,0i5 0,030

— soude 1,075 1,390 0,517

— fer 0,120 1,130 O.liiO

Sulfate de chaus 0,102 0,105 0,102

Chlorure de calcium O.Uil 0,3-ll 0,516

— magnésium 0,170 0,162 0,177

— sodium 2,070 2,215 2,013

Silice 0,070 0,075 0,070

Total DES MATIÈRES FIXES. . . . 4,890 6,681 3,839

15» La source Numéro 15 émerge d'une fontaine primitive où les Arabes viennent faire leurs ablutions journalières. Elle est peu gazeuse. Sa réaction est alcaline. Température, 4i",5 centigrade, quelques conferves. Aucun usage thérapeutique.

14» Source Voisine-des-Figuiers. Température 42'',8 centigrade. Goût nullement désagréable et à peine minéralisé. Sa réaction est franchement alcaline. Conferves plus abondantes que dans la source précédente. Elle n'a aucun usage thérapeutique.

15" Source du Rocher, en face du Palmier. Eau claire; goiît fade et peu sucré; réaction alcaline. Quelques bulles gazeuses; température de 59 degrés centigrade. Pétrifications grisâtres en dessus et rouges en dessous. Sans emploi médical.

16" La source Numéro 16 coule du rocher par deux filets qui sont reçus dans la grande tranchée. Son eau sort en nappes, et colore en jaune rougeâtre les objets ou le terrain qu'elle louche. Claire, traversée par des bulles gazeuses assez peu bruyantes, elle est alcaline, et ses pétrifications blanches ne ressemblent à aucune de celles des sources que nous venons de décrire. Elles sont rondes, peu épaisses, et ont la forme d'hosties. Cette source donne naissance aussi à des conferves vertes qui n'apparaissent qu'au bout de son bassin et sur les pierres éloignées de son griffon. Sa températui'e est de 57", 1 centigrade. Son eau n'a aucun usage médical, quoiqu'elle soit la plus minéralisée des sources de Bou-Hadjar.

17" Source dont la saveur est légèrement salée, fade et peu sucrée. Réaction acide. Température 55'', 7 centigrade. Elle donne naissance à des dépôts d'incrustations, et se rend dans le même bassin que toutes les eaux précédentes. L'eau

144 HAMMAMS (Eaux minérales).

de ce bassin a 42'',5 centigrade. Son fond et ses bords sont tapissés d'une couche de conferves d'un très-beau vert qui a 7 centimètres d'épaisseur. Cependant, à gauche du conduit, ces conferves sont plus épaisses. Elles sont douces, onctueuses au toucher, et contiennent comme ù ÎNéris dos bulles gazeuses. Ces conferves deviennent jaunes en vieillissant lorsque surtout elles montent à la surface de l'eau. La densité de la source n° 17 est de 1,00425.

18" Sources de VÉlahlissemenl. Elles émergent par quatre griffons distincts, dont le premier est de beaucoup le plus abondant ; leurs eaux sont inutilisées. Elles ont toutes les mêmes caractères physiques, pas d'odeur, goût à peine prononcé. Réaction alcaline. Température d'environ 57 degrés. Elles laissent déposer de la rouille et produisent des conferves vertes.

19° L'eau de la source fiuméro 19 alimente le réservoir de la buvette de l'établissement. Elle a 59 degrés centigrade. Elle laisse déposer une couche épaisse de rouille qui colore en jaune rougeàtrc le fond du conduit par lequel elle passe. Réaction alcaline, goûl très-ferrugineux.

20" Source d'un goût moins ferrugineux que la source de l'établissement. Elle se rend au même bassin que cette dernière. Son odeur et son goût rappellent l'eau de Rourbon-Lancy. Sa température est de 57", 2 centigrade. ERe rougit légèrement les préparations de tournesol.

21" Une source peu abondante et inutilisée complète le régime des eaux de la station de Rou-lladjar. Elle se rend dans une fontaine naturelle en face de l'angle nord de l'établissement. Son odeur et son goût sont aussi prononcés qu'à Rourbon-Lancy. Cette eau est peu gazeuse ; sa réaction est neutre, et sa température est de 49 degrés centigrade.

Etablissements. Il y a deux établissements, l'un à l'usage des Européens, l'autre réservé aux Arabes seuls. L'installation et l'aménagement y laissent beaucoup à désirer, les baigneurs n'y doivent pas être trop exigeants. Ils sont aUmentés l'un et l'autre par des réservoirs à découvert, où l'on puise l'eau réservée à la boisson. Un conduit de l'^.oO, également découvert, l'ait communiquer le réservoir à deux refroidissoirs ou l'eau séjourne jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à la température des bains.

L'établissement arabe est séparé du précédent par un mur plein. Il renferme des petites piscines où, soit deux hommes, soit deux femmes, peuvent se baigner ensemble.

Les indications thérapeutiques de l'eau des sources de Rou-Hadjar, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, sont loin d'être assez connues pour que nous en esquissions un tableau, qui probablement aurait besoin d'être plusieurs fois retouché. Nous ne pouvons nous empêcher cependant de signaler les analogies des caractères physiques et chimiques de l'eau de Rou-Hadjar avec ceux de l'eau de Karlsbad, de Suint->'ectaire, de Rourbon-Lancy, d'Évaux et de .Xéris, pour nous en tenir aux principales. Nous ne voulons pas non plus passer sous silence une remarque que nous a faite le médecin de colonisation. Ce confrère nous a montré et laissé interroger deux colons, autrefois sourds et qui sont complètement guéris. Us n'ont suivi pour tout traitement que l'usage des bains généraux de Rou-Hadjar, qui ont agi favorablement, et pourtant les auristes et les oculistes rejettent unanimement l'emploi des grands bains ordinaires chauds dans le traitement des affections des oreilles ou des yeux.

Hammam-Bel-Kheir. AmétalUte^ HOU gazeuse. Dans la province d'Oran,

HAMMAMS (Eaux minérales). 145

à 4 kilomètres de Lalla-Maghnia, sur la rive gauche de la Tafna, sur la roule de Nemours. C'est la station la plus rapprochée de la frontière du Maroc. Celte source est tellement abond.^nte qu'elle suffit à faire tourner la roue d'un moulin distant seulement de 500 mètres. Grande et belle piscine de natation que le génie militaire a fait installer pour que les officiers et les soldats puissent s'y baigner à l'eau courante. L'eau arrive claire et limpide, aussi peut-on en suivie facilement le courant jusqu'à sa sortie. Elle laisse bleues les préparations de tournesol. Sa température est de 32 degrés centigrade au point le plus rapproché de son griffon. Elle a 31'',4 centigrade dans la piscine. Pas de goût marqué; elle n'est traversée par aucune bulle gazeuse. Point de conferves, mais seulement quelques pellicules nacrées à la surface. La source a un deuxième filet qui se rend au ruisseau du moulin, à 40 mètres du déversoir de la piscine. L'eau de la source de Klieir, qui n'a jamais été analysée, n'est pas employée en boisson et en douches. Elle ne sert qu'en bains généraux. Le traitement thermal est, à Kheir, plus hygiénique que thérapeutique.

Hammam et Ain-el-Hout-Hammamin. MésoUiermale, aniélalUle noïi gazeuse. Dans la province d'Oran, dans l'arrondissement et à 11 kilomètres de Tlemcen. L'eau de son griffon alimente un bassin naturel dans lequel on prend les bains en commun. A droite de ce bassin a été pratiquée une ouverture suffisante pour qu'un homme puisse entrer dans une excavation qui lui sert de baignoire. Cette source, dont le griffon est plus gros que le corps d'un homme, est très-abondante, d'une extrême limpidité, et non gazeuse. La réaction est alcaline. Ni incrustation ni conferves. Des poissons nagent dans son bassin. Sa température, prise au griffon, est de 51°,5 centigrade, elle n'est plus que de o0^5 centigrade au milieu du grand bassin. On n'en connaît ni la densité ni l'analyse chimique exacte. Ses caractères physiques sont ceux de l'eau de Schiangenbad. Elle sert seulement à arroser plus de 500 hectares de terre. Le sol aux environs est extrêmement fertile et couvert d'une magnifique végétation.

Hammam-Melouane- Hyperthermale ou hypoihermale, chlorurée sodique forte; carbonique moyenyie ou non gazeme. En Algérie, dans la province et à 32 kilomètres d'Alger, à 7 kilomètres 600 mètres de Rovigo, non loin du barrage établi sur l'Harasch, qui rassemble les eaux potables d'Alger et irrigue la partie septentrionale de la plaine de la Mitidja, sous le Sahel.

Cinq sources alimentent ou pourraient alimenter la station d'Hammam Méïouane. Ou les nomme : Source du Marabout Sidi-Soliman (prononcez Sliman), Source Voisine-de-la-Piscine, Source du Milieu, Source du Jardin ou Source Européenne, Source Froide.

1" Source du Marabout-Sidi-Soliman. Son griffon est à 10 mètres de la base du rocher oii est creusée la pi-cine. Son eau se rend à celte piscine, 011 les hommes et les femmes se baignent à des heures différentes. Elle est fumante, claire et limpide, quoiqu'elle laisse déposer une substance ocreuse jaunâtre. Son goût est extrêmement salé; elle n'est pas gazeuse. Elle rougit légèrement les préparations de tournesol. La tempéralure de l'air étant de 26 degrés centigrade, celle de l'eau de la piscine est de 55 degrés centigrade, et celle du griffon est de 42'^, 8 centigrade. Son débit a le volume du bras d'un adulte et est de 2600 litres en vingt-quatre heures. Tripier en a fait l'imalyse DICT. ENC. i' s. Xlf, 10

146 HAMMAMS (Eaux minérales).

chimique et il a trouvé que 1000 grammes contiennent les principes fixes

suivants

Chlorure de sodium 26,0690

— magnésium 0,4ôO

— potassium 0,2438

— calcium I traces.

— ammouiaqua S

Carbonate de chaux 0,1530

— magnéàie traces.

— fer 0,0023

Sulfate de chaux . . 5,1260

Matière organique azolée 1 traces

Silice et arsenic

Total des matièbes fiies 30,0113

2° Source Voisine-de-la-Piscine . Cette eau n'a aucun captage; elle émerge à 90 mètres de la précédente, et forme une mare ronde dont la température est de 35 degrés centigrade. Elle se mêle à la source précédente avant d'arriver au torrent. Elle reste inutilisée, et on n'en connaît pas la composition. Ces deux sources appartiennent à l'Etat.

o" Source du Milieu. Elle n'est pas captée. Elle est très-claire et trèslimpide, légèrement gazeuse. Sa superficie est recouverte d'une couche irisée, jjrohahlement constituée par du bicarbonate de fer. Sa réaction est cependant acide. Sa température est de 58 degrés centigrade, celle de l'air étant de 50 degrés centigrade. On n'emploie encore l'eau de cette source, dont on ne connaît pas d'ailleurs la densité et l'analyse, à aucun usage thérapeutique.

4° Source du Jardin ou source Européenne. Eau trouble, laissant précipiter une couche d'ocre. Bulles de gaz assez grosses, mais rares. Goût encore plus salé que celui de l'eau de la source de Sidi-Soliman. Réaction franchement acide. La température de l'air étant de 29 degrés centigrade, et celle de l'intérieur de la baraque qui la recouvre de 52 degrés centigrade, celle de la source est de 58", 2 centigrade. Sa densité et son analyse ne sont pas connues.

5" Source Froide. Cette eau, d'une température de 26 degrés centigrade, pourrait être très-précieuse pour le coupage des eaux hyperlhermales, si un établissement balnéaire important était construit à Hammam-Mélouane. Jusqu'à présent, elle n'est pas utilisée et l'on n'en a pas cherché la densité et la composition chimique. Le débit de l'eau de toutes les sources réunies d'IIammara- Mélouane est de 21 600 litres en vingt-quatre heures.

Aucun établissement thermal proprement dit n'existe à cette station, et les Européens qui s'y rendent doivent se contenter des sept chambres de la maison Grenier. Trois de ces pièces seulement sont meublées. Les sources de Sidi-Soliman et du Jardin alimentent les deux piscines qui constituent seules les moyens balnéaires de la station d'IIammam-Mélouane. La pièce de la piscine de Sidi-Soliman est entourée de bancs et d'un trottoir de pierre. Les soldats y prennent des bains à des heures déterminées, et les Arabes y sont reçus en payant une redevance de 5 centimes, seulement au moment où la piscine n'est pas occupée. La seconde piscine d'Hammam-Mélouane reçoit l'eau de la source du Jardin. Elle est abritée par la baraque. Cette piscine du Jardin, dallée et entourée d'un trottoir creusé dans le roc, ne peut être vidée. Son eau ne se renouvelle que par son trop-plein, qui se rendàl'Harasch. Les baigneurs à cette piscine doivent être prévenus que son eau est tellement chargée qu'elle occa-

HAMMAMS (Eaux minérales). 147

sionnc une cuisson violente aux endroits où la peau est privée de son épidémie.

Nous ne pouvons que regretter que l'aménagement des sources et l'installation des bains soit si incomplète à Hammam- Mélouane, car nous croyons que cette station a un grand avenir. La température élevée et la composition chimique de l'eau de ces sources chlorurées sodiques fortes carboniques leur réservent une place importante dans le cadre hydrologique de toutes les parties du monde, et surtout dans un pays où elles sont seules de leur espèce. Nous faisons donc des voeux pour qu'un établissement complet s'élève dans le point de la vallée voisin des griffons, qui semble destiné à la construction d'une maison balnéaire pourvue des diverses sections nécessaires à l'application d'un traitement hydrominéral complet.

M. le docteur Berlherand (d'Alger) a proposé de conduire à Rovigo l'eau des sources d'Hammam -Mélouane, comme celles de Pfœfers, qui se rendent à l'établissement de Ragatz. Nous ne croyons pas utile d'entrer dans les détails du mode d'administration, des doses, des effets physiologiques et curatifs des eaux de Sidi-Soliman et du Jardin, car nous serions obligés de répéter les remarques que nous avons faites à propos de Naitheim. Le goût de la Sahhrunnen, à cette dernière station, est pourtant un peu moins désagréable.

Hammam-Blensoura. Ilypothermales, amétaUïles, carboniques moyemies. Dans la province de Constantine et sur la grande route qui va des Portes de Fer aux j'elais de poste composés de quelques maisons, qui se nomment le Petit- Mensoura. Le village du Grand-Mensoura est composé de 500 maisons environ et bâti sur une montagne voisine, à l'ouest de l'émergence des sources. Hammam- Mensoura comprend deux sources :

1" Source de la Piscine -des-Femmes. L'eau de cette source, émergeant par cinq griffons, est claire et limpide à sa sortie, mais elle se trouble bientôt dans la mare à ciel ouvert qui la reçoit. Aucune odeur; saveur de l'eau ordinaire chauffée au même degré ; bulles gazeuses assez grosses, mais assez rares. Réaction acide. Cette eau, dont le jet est gros comme la moitié du petit doigt, ne fume pas pendant la belle saison, mais elle produit pendant la nuit, et surfout en hiver, une buée très-apparente, ce qui fait dire aux Arabes qu'elle est plus active dans ces moments, La température de l'air étant de 9", 7 centigrvide, celle de l'eau est de 25", 4 centigrade. Conferves vertes d'autant plus nombreuses qu'on s'éloigne du griffon. La mare contient de très-grosses grenouilles et des crabes roses. La chaleur de cette eau est plus sensible à la peau qu'au thermomètre.

2» Source de la Piscine-des-Hommes, à environ 1 kilomètre de la Pistinedes-Femmes. Elle émerge par trois griffons qui,. réunis, ont la grosseur du bras. Son eau diffère peu de la précédente par ses caractères physiques. Le gnut en est fade. La température de l'air étant de 14t degrés centigrade, celle de l'eau des griffons est de 26", 5 centigrade.

L'analyse de ces deux sources n'a pas été faite. La station est peu fréquentée par les étrangers, mais très-suivie par les populations voisines. Les seuls moyens balnéaires consistent en deux piscines réservées à l'un et à l'autre sexe. La Piscinedes-Femmes est à ciel ouvert, et les femmes arabes occupent ordinairement le temps de leur bain à laver et à savonner le linge de leur ménage. Les parties non immergées des rochers dans lesquels cette piscine est creusée servent de sièges aux baigneuses. La piscine des hommes est construite en maçonnerie

148 IIAMMAMS (Eaux minérales).

moins grossière et mieux cimentée que la précédente. Son eau est protégée par des branchages et des feuillages. Malgré la température relativement basse de l'eau de la piscine des hommes, elle ne fait pas ressentir à ceux qui y sont plongés une impression de froid assez vive pour qu'ils soient forcés de la quitter, ainsi que pourrait le faire croire la température native de la source.

Les vertus thérapeutiques des sources de Mensoura ne sont connues que par tradition populaire. On leur attribue des propriétés calmantes. Leur eau nous a paru se rapprocher beaucoup, dans ses effets physiologiques et thérapeutiques, de celle de Schlangenbad dans le Nassau.

Hammam-Meskoutine. Hyper thermales, amétalliles, carboniques fortes ou sulfureuses faibles \[Aquœ Tibilitanœ)]. Dans la province de Constantine, dans l'arrondissement et à 19 kilomètres de Guelma. llammam-Meskoutine est une station du chemin de fer dontrembranchement est à Crugs et qui conduit de Guelma à Bônc. Cette station thermo-minérale est certainement la plus importante de foutes celles de l'Algérie, en raison de la température élevée de sou eau, qui est presque aussi chaude que celle des geysers d'Islande. Le dépôt qui se forme dans l'eau de ces sources, et constitue à la longue les travertins, qui deviennent dès éminences et presque des montagnes, étonne les visiteurs.

Les médecins militaires qui ont étudié ces eaux sur place ne sont pas d'accord sur la salubrité du climat. Les uns prétendent on effet que les soldats envoyés à llammam-Meskoutine y contractent assez souvent des tièvres intermittentes paludéennes pour qu'il soit nécessaire de choisir non-seulement les mois, mais encore les heures de la journée oij ils suivent le traitement thermal. D'autres, au contraire, n'ont jamais constaté d'accès fébriles intermittents, et ils s'expliquent malaisément la réputation de cette station, que quelques confrères ont conseillé même, ou de fermer comme malsaine, ou de ne fréquenter qu'avec les plus grandes précautions. i\ous avons profité de notre passage à Hammara- Meskoiitine, le 29 octobre 1879, pour faire une enquête sur cette question si controversée. Nous avons constaté que l'administration du chemin de fer ne laissait pas en général ses employés plus d'un mois à ce poste, pour ne pas les exposer à contracter des fièvres intermittentes. Malgré ces précautions, qui nous renseignaient déjà sur l'insalubrité de la station, nous avons appris du chef de gare qu'il avait renvoyé la veille le préposé aux bagages, trop malade pour continuer son service, et qu'un auxiliaire arrivé depuis quatre jours avait les prodromes très-accentués d'une iièvre d'accès (décoloration générale des tissus, anémie, anorexie, sueurs profuses, frissons erratiques, etc.).

Le chef de gare ajouta d'ailleurs que lui-même souffrait d'une fièvre qui rendait très-difficile la continuation de son service, et qu'il était heureux de voir son mois terminé pour aller se reposer et se soigner dans une contrée où il serait à l'abri de la malaria. Un seul employé, Arabe d'origine, el récemment arrivé, était valide, et voulut bien nous guider dans notre exploration d'flammani- Meskoutine. Nous eûmes le tort de ne pas suivre ses sages conseils, et passâmes toute la journée au milieu des sources sous une pluie fine et par un temps assez lourd. Trois jours après notre visite à la station, nous étant embarqué à Bône pour la Tunisie, nous ressentîmes en mer les premières atteintes d'un impaludisme non douteux. Nous fûmes obligé d'abréger notre séjour à Tunis et aux sources voisines, et de nous rembarquer pour la Corse par le premier bateau en partance. Après une traversée pénible, pendant

HAMMAMS (Kaux minérales). 149

laquelle nous dûmes garder le lit, nous éprouvâmes à Ajaccio des troubles fébriles assez graves pour mettre notre vie en danger. Par tous les renseignements qui précèdent et par les résultats constatés sur nous-mème, nous ne pouvons trop insister sur les précautions à prendre pendant un séjour, si court qu'il soit, à la station d'Ilammam-Meskoutine, exposée aux effluves produits par une terre basse, glaiseuse, constamment imprégnée et souvent recouverte par les flaques d'eau minérale. Ces conditions géologiques et climatologiques constatées, on s'explique sans peine les saisons de l'année pendant lesquelles il est le moins dangereux de suivre une cure thermale à celte station, où l'on transporte quotidiennement un certain nombre de malades de l'hùpital militaire deGuelma. La saison commence le l'i avril et finit le 15 septembre. Gcquenous venons de dire de l'insalubrité du climat nous conduit à souhaiter, les communications étant très-faciles, que les malades arrivent le 15 février et que l'établissement ferme le 15 août. De cette façon, pendant ces mois les plus dangereux, septembre et octobre, la station pourrait n'êlre plus fréquentée.

Cinq sources principales, qui ont de nombreux griffons secondaires, émergent aux environs d'IIammam-Meskoutine. Elles se nomment : Source du Plateau, source des Bains, source de l'Est ou de la Ruine, source Nouvelle, source Ferrugineuse.

1° Source du Plateau. La fumée abondante qui s'en élève la fait découvrir de loin. Son eau est claire et limpide et des bulles gazeuses d'un gros volume viennent incessamment s'épanouir à sa surface. Elles forment un bouillonnement bruyant qui est à son summum au milieu de la mare, autour d'une pierre faisant saillie au-dessus de l'eau. Le fond du bassin naturel est recouvert d'un précipité noir; ses côtés et ses bords sont tapissés d'un dépôt blanchâtre et lamelleux. Aucune odeur, saveur fade et nullement salée. Réaction légèrement acide. A 1 mètre de ce premier bassin, d'autres bulles gazeuses font bouillonner une flaque d'eau, alimentée évidemment par un autre griffon qui vient de la même nappe, et qui a les mêmes caractères physiques et chimiques. Il est probable que ce filet est devenu distinct à la suite d'obstructions fréquentes, occasionnées par les précipités calcaires abondants à toutes les sources d'IIammam- Meskoutine. La température de l'air étant de 21 degrés centigrade, celle de l'eau de la source est de 95 degrés centigrade. Cette température, presque celle de l'eau bouillante, explique l'habitude des Arabes qui y font cuire les œufs, les légumes, etc. Tripier a analysé en 1859 l'eau de la source du Plateau, qui se mêle à celle des sources suivantes, formant la cascade si remarquable que l'on découvre de tous les points d'Hammam-Meskoutine :

Chlorure de sodium 0,41560

— magnésium 0,07864

— potassium 0,01839

— calcium 0,01085

Sulfate de chaux 0,38086

— soude 0,17653

magnésie , 0,00075

Bicarbonate de chauï 0,25722

— magnésie 0,04233

— strontiane 0,00150

Arsenic métallique O.OOOjO

Silice 0,07000

Matière organique 0,06000

Fluorure, oxyde de fer traces.

Total des matièkes fixes 1,51917

150 HAMMAMS (Eaux minérales).

Sur 100 parties :

acide carbonique .... 97,0

Gaz, . . . J — sulfhydrique ... 0,5

azote 2,5

2" Source des Bain^'> Son griffon est deux fois plus volumineux que celui de la source précédente dont il est distant de 4 mètres. Elle lui ressemble beaucoup par ses caractères physiques, bien qu'elle soit plus gazeuse et plus bouillonnante. La saveur semble indiquer qu'elle est plus bicarbonatée et plus sulfatée calcaire, et pourtant elle sort du même rocher. Réaction promptement acide, produite par le gaz qu'elle contient, car les sels à saveur lixivielle sont assurément alcalins. Température prise au milieu du bassin naturel, 97°,! centigrade. Les dépôts de cette eau forment des rognons blanchâtres et promptement solides, qui ressemblent à des cailloux roulés.

3° Source de CEst ou de la Ruine. Le griffon de celte troisième source a un volume deux fois plus considérable que celui de la seconde. 11 émerge du même rocher que les deux premières, et il est encore plus gazeux. Son goût est moins désagréable que celui de la source des Bains, il rappelle au contraire celui de la source du Plateau. Conferves noirâtres, dépôts spéciaux, qui ne sont plus blanchâtres comme dans les sources précédentes, et qui prennent des figures très-diverses. Nous en avons trouvé plusieurs dont les cannelures ressemblaient à des molaires d'enfant. Réaction franchement acide ; température de 97°, 3 centigrade.

4° Sources Nouvelles. Leur bassin, voisin des précédents, est beaucoup moins bouillonnant. Le goût de l'eau des sources Nouvelles est aussi désagréable que celui de la source des Rains. Réaction franchement acide; température de 88°,4 centigrade seulement. Gela tient probablement à ce que le bassin est moins grand et moins profond et à ce que le débit est beaucoup moins abondant. Ce qui distingue les sources Nouvelles, c'est l'aspect du dépôt du fond et des bords de leur bassin de captage. Ainsi sa paroi profonde est recouverte de larges hosties de 30 à 40 centimètres de diamètre et de 5 à 4 millimètres d'épaisseur. D'autres cristaux, plus roussâtres et en forme de coquilles de pèlerin, sont plus rapprochés des points où ces sources sortent du rocher; d'autres enfin sont grenus et ressemblent aux pains de bicarbonate de chaux que l'on trouve dans les pharmacies. Quelquefois le précipité a la forme vermicellaire, surtout au voisinage du griffon.

5" Source Ferrugineuse. Son débit est moindre encore que celui de la quatrième source. Des bulles gazeuses éclatent avec bruit à sa superficie. Goût sensiblement ferrugineux, mais non désagréable. Réaction neutre. Elle n'a aucune influence sur les préparations de tournesol. Température de 90", 2 centigrade. Quoiqu'elle ait 2 degrés de plus que l'eau de la source précédente, elle est moins chaude à la bouche et on peut la boire sans se brûler, ce qu'il n'est possible de faire à aucun des bassins d'IIammam 3Ieskouline. Les cristallisations prennent aussi la forme d'hosties, moins grandes et ayant un reflet brillant et nacré, et l'on en retrouve ici qui sont cannelées et ont l'aspect de dents molaires, mais se touchant à leur bord libre, ce qui les distingue de l'aspect qu'elles ont à la troisième source.

6° Sources sans nom. A 150 mètres du rocher précédent émergent dans un bas-fond et dans des cuvettes spéciales trois sources distinctes. Pour ce qui

1IAM5IAMS (Eadx minkrales). 151

regarde la Première, l'eau est très-claire et très-limpide; dépôts noirâtres, petits rognons au fond du bassin, goût lixiviel très-désagréable, grosses bulles gazeuses. Réaction acide. Température de 96°, 1 centigrade. Pour la Deuxième source, bulles gazeuses plus nombreuses et plus bruyantes, dépôts noirs plus foncés, cristallisations jaunâtres en forme de cailloux roulés, réaction trcs-acidc, température 95 à 96 degrés centigrade. Enfin la Troisième source a les mêmes caractères physiques que les précédentes. Bulles plus nombreuses encore, dépôts en partie blanchâtres, en partie noirâtres. Goût un peu moins désagréable que celui de la première source. Température, 96. degrés centigrade.

L'eau de ces trois petites sources est inutilisée et ne se mêle pas à celle des cinq premières, qui se réunissent dans un même ruisseau. Ce ruisseau les conduit à la belle cascade, dont les eaux fumantes tombent de plus de 50 mètres de hauteur. On les aperçoit des points les plus éloignés de la station et les voyageurs qui passent sur la ligne ferrée les reconnaissent aisément. Cette chute d'eau thermale, ruisselant par saccades d'un rocher où elle rencontre des obstacles, laisse une vive impression.

Nous nous contenterons d'indiquer sans les décrire plusieurs autres griffons inutilisés qui émergent à gauche et à droite de la voie ferrée. Une de ces sources est froide et son eau a une odeur sulfureuse ; elle ne devient hépatique que par l'action des matières organiques sur les sulfates contenus. Les eaux thermo-minérales descendues de la cascade sont reçues dans un ruisseau qui les conduit dans un grand bassin bétonné, où elles se refroidissent avant d'être distribuées dans le petit établissement qui sert aux bains et aux douches des officiers. Ce refroidissoir a 1 1 mètres de longueur, 8 mètres de largeur et 1 mètre 70 centimètres de profondeur. Toute l'eau oui n'est pas nécessaire à son alimentation est emmenée par des tranchées où elle est contenue et où elle sert aux irrigations. Le débit de l'eau de toutes les sources est au moins de 2 400 000 litres en vingt-quatre heures.

Etablissement. 11 se compose de deux piscines de construction romaine qui ont été réparées par le génie et qui sont appropriées aux bains civils et militaires. L'une est réservée aux sous-officiers et aux soldats, et l'autre, plus petite, aux officiers. Des ajutages de douches descendantes sont installés à 1 mètre environ au miUeu de chacune des deux piscines.

Effets thérapeutiques. Tous les états pathologiques qui ont produit un engorgement des viscères abdominaux rentrent dans la sphère d'activité des ■eaux d'Ilammam-Meskoutine, en boisson, en bains et en douches.

Ce que nous avons dit du climat de celte station nous dispense d'insister sur ses dangers et nous conduit à faire des vœux pour son prompt assainissement. L'inclinaison du sol, son drainage, ayant pour conséquence de dessécher les marais de la plaine qui sépare la station du chemin de fer des sources et des établissements, rendront sans péril le séjour d'Hammam-iMeskouline, et pei'meltront d'y obtenir des résultats heureux dans les suites de fièvres intermittentes, si communes en Afrique, et qu'on a vraiment plus de chance maintenant de contracter à ce poste que d'y guérir. Les anciens rhumatismes musculaires et articulaires sont promptement soulagés ou guéris par une saison souvent assez courte dont les bains et les douches constituent le traitement à peu près exclusif. Les suites de blessure par arme de guerre, les ulcères atoniques, les accidents consécutifs à de grands traumatismes, comme les fractures et les luxations, les contractures musculaires et articulaires d'origine interne, ou

152 lUMMAMS (Eaux minérales).

produites par des transitions brusques de tempe'rature, sont encore favorablement traités par une cure externe à Ilamniam-Meskoutine. Les médecins militaires vantent l'action de ces eaux dans les affections dartreuscs, dont ils n'indiquent pas suffisamment les caractères. Nous n'avons pas à cet égard d'expérience personnelle. Aussi ne menlionnons-nous que sous toute réserve les résultats heureux signalés par nos confrères.

Nous persistons dans notre opinion, assez souvent exprimée, et qui consiste à mettre en première ligne contre les accidents cutanés l'utilité des eaux sulfurées et sulfureuses, des bicarbonatées sodiques fortes ou faibles, des eaux amétallites naturellement thermales, suivant les manifestations inflammatoires ou indolentes des maladies de la |ieau, dont l'ancienneté ou l'état récent doivent être pris en sérieuse considération.

Hammam-Oued-Kraied. Hyperthevniales OU pvototJwmtales , amétaUUes, carboniques moyennes. Dans la province d'Oran, dans l'arrondissement et à 12 kilonièlres de Saïda, à 520 mètres de la roule de Mascara, et à 1500 mètres de la ligne du chemin de fer d'Arzew à Saïda, deux sources émergent sur la rive droite de la rivière connue sous le nom à'Oued-Kraled. Elles sortent par une douzaine de griffons. Le débit de tous les griffons est très-considérable, car le réservoir du bassin chaud a un déversoir gros comme la cuisse d'un adulte. Cette eau n'a ni odeur ni saveur marquée. Elle est alcaline et sa température est de 50 degrés centigrade au grillon principal. Elle est très-rarement employée en boisson par les Arabes, qui forment sa clientèle à peu près exclusive. Quelques Européens habitant Saïda ou Mascara viennent cependant quelquefois s'y baigner.

Une deuxième source est reçue dans une excavation creusée dans la terre, qui a 25 centimètres de diamètre et constitue la buvette d'Oued-Kraled. Son eau n'a que 23 degrés centigrade, elle est comme la précédente sans goût accentué, alcaline, et, quoiqu'elle soit très-limpide, elle ternit promptement les verres avec lesquels on la puise. Elle ne forme aucune incrustation, mais elle laisse déposer une boue noiràlre qui se précipite au fond de son bassin naturel. L'eau des deux sources d'Oued-Kraled n'a pas d'indications bien définies : nous n'en avons parlé qu'à cause de leur réputation locale.

Hammam-Righa (les Arabes prononcent Rir'lia). Uyperlhermales ou protothermales, amétallites, carboniques faibles. En Algérie, dans la province d'Alger, à 16 kilomètres de Milianah, on se rend d'Alger à Hammam-Righa par le chemin de fer jusqu'à Bon-Medfa d'où l'on n'est plus qu'à 12 kilomètres de l'établissement; quelques Européens, les Anglais surtout, ont fait de ce poste thermal une station d'hiver. Il est rare qu'il y tombe de la neige, et, même quand cela arrive, la température n'est jamais froide. Elle n'est pas à moins de 15 degrés, en moyenne, pendant les mauvais jouis de l'année. L'atmosphère est d'une sécheresse remarquable, au commencement du jour principalement, ce qui dislingue Hammam-Piigha de tous les autres points de l'Afrique. La chaleur des mois de l'été, tempérée pourtant par le voisinage de hautes montagnes, fait que pendant la fin de juin, les mois de juillet, d'août, et le commencement de septembre, l'établissement est à peu près désert.

L'installation de cette localité, dans les parties habitées par les étrangers, ne le cède en rien aux maisons les mieux tenues de TEurope. Beau

HAMMAMS (Eaux minérales). 155

paysage, beaux jardins, excursions intéressantes, rien n'y manque en effet.

Vingt sources au moins émergent à Ilainmam-Iiiglia ou au voisinage. Nous nous contentons de décrire les quatre principales dont les eaux alimentent les établissements civil, maure et militaire.

1° Sources de V étahlissement civil ou établissonent Arlès-Dufour. L'établissement civil est alimenté par deux sources. L'une sert à la buvette, l'autre aux bains et aux douches. La source de la buvette, la plus à l'ouest et la plus abondante, n'était pas complètement captée au moment de notre visite, le 8 octobre 1879. L'eau, sortant d'un rocber à Heur de terre, est conduite dans une mare à ciel ouvert. Son goût est très-agréable, quoiqu'elle soit chaude à la bouche. Elle n'a aucune odeur. Réaction alcaline; conferves vertes; température 44 degrés centigrade ; le griffon est au moment de sa sortie de la grosseur du bras d'un adulte. L'eau de la Seconde-Source a une saveur fade beaucoup moins agréable que celle de la source de lOuest. Caractères physiques à peu près semblables; elle est claire et transparente. Pas de conferves. Sa température est de 50°, 2 centigrade. Elle alimente les cabinets des bains isolés, les douches et les piscines de l'établissement Arlès-Dufour,

2" Source du Bain-Maure. Une fumée épaisse s'élève du griffon de la source. Aucune odeur, saveur fade. Des corpuscules jaunâtres en plaques ou en fragments flottent à la surface; sédiment d'un jaune ocreux. L'eau bouillonne sans interruption. Nombreuses conferves qui forment de véritables bancs. Température 68 degrés centigrade, descendant à 52 degrés à 12 mètres du griffon, l'air étant à 23 degrés centigrade. Le débit de celte source est de 115 200 litres en vingt-quatre heures, ou de 80 litres par minute. Des tuyaux de fonte conduisent cette eau à l'établissement maure. Elle est beaucoup trop chaude pour être employée tout de suite aux usages balnéaires. Aussi on a laissé à découvert les tuyaux qui la renferment pour qu'elle reste moins longtemps à se refroidir. Elle alimentait autrefois un établissement romain dont on voit encore les ruines.

3° Sources de l' Établissement-Militaire . Elles sont au nombre de quati'e.

a. Source Ferrugineuse (à 20 minutes de l'établissement civil). Cette source est mal captée. A la buvette, une urne à piédestal verse sans cesse une eau limpide, claire, transparente, sans odeur, dont le goût est fortement ferrugineux, et qui rougit le papier de tournesol. La température est de 20'',8 centigrade, celle de l'air du pavillon étant de 21 degrés centigrade.

Tripier, médecin militaire, a fait en 1851 l'analyse chimique de cette source découverte en 1847 par son collègue M. Panier; il a trouvé dans 1000 grammes d'eau :

Chlorure rie sodium 0,1937

— magnésium 0, 18d0

Sulfate de chaux 0,7828

- "magnésie /. q^^^q

— soude I

Bicarbonate d'ammouiaque traces.

— chaux 0,8070

— sirontiane I '

Dépôt ocreux contenant du fer combiné avec les acides organiques azotés, et un peu d'arsenic 0,0300

Total des matières fixes 2,b590

f. ( acide carbonique libre 13",6

^" • • '1 azote 00 ,9

Total des gaz 14",5

154 HAMMAMS (Eaux minérales)

Cette eau est exclusivement employée en boisson. Quoiqu'elle soit ferrugineuse, elle est très-agréable. Elle ne trouble pas le vin rouge, mais elle noircit fortement la liqueur d'absinthe et le cognac. Elle désaltère mal et son eau est plutôt laxative qu'astringente.

b. Trois autres sources, réunies dans deux bassins de captage séparés, alimentent les moyens balnéaires de l'établissement militaire. Ces trois sources n'ont pas de noms particuliers. On les désigne par les numéros d'ordre 8, 8 bis et 9. Les eaux des sources 8 et 8 bis se mêlent dans un enchambrement commun. La source 9 est employée au service des douches, et son eau se rend à un rcfroidissoir spécial. Toutes ces eaux ont les mêmes caractères que ceux que nous avons décrits en parlant des sources de l'établissement civil; elles ne s'en distinguent que par leur température. La source Numéro 8 a 42 degrés centigrade, la source Numéro 8 bis a 42°, 5 centigrade et la source Numéro 9 51 degrés centigrade. Tripier a fait, en 1851, une analyse chimique de l'eau de la source numéro 9, et a trouvé dans 1000 grammes :

Chlorure de sodium 1 ^, ^^^

— magnésium ( '^ '

Sulfate de chaui 0,ôSO

— magnésie ) '

Cai'bonale de chaux i „ ^,„

- magnésie } O'^^O

Total des MAnicnES fixf.s 2,o90

Le débit de toutes les sources de Hammam-Riglia est en vingt-quatre heures de 216 000 litres.

Etablisseme.m civil. La grandeur, l'installation et l'ameublement des pièces communes aux hôtes de l'établissement Arlès-Dufour, appropriées en vue d'une clientèle d'hiver considérable, ne sont pas en proportion avec les moyens balnéaires que nous avons à décrire. La section réservée à la balnéothérapie se compose seulement de six cabinets. Quatre, deux pour chaque sexe, ont deux baignoires. Leurs dimensions sont insuffisantes, ils n'ont pas plus de 2 mètres carrés et A mètres de hauteur. Les deux cabinets réservés aux femmes ont des baignoires de fonte émaillée, ils sont un peu plus grands, plus clairs et mieux ventiles que ceux des hommes, dont les baignoires sont de pierre. La cinquième salle est réservée aux douches en cercle et en pluie, chaudes et froides. La sixième pièce abrite une grande piscine de natation où l'eau courante a 44°, 5 centigrade, et affleure les bords en pierre de taille. Le niveau de l'eau est entretenu par un tuyau toujours ouvert fixé à 2'", 50 au-dessus de la piscine, qui a 5"" 50 de longueur, 5™, 50 de largeur et 1 mètre de profondeur. Le vestiaire, un peu éloigné, contient un appareil pour chauffer le linge au moven de l'hyperthermalité de l'eau minérale.

Une ferme est annexée à l'établissement civil, elle doit devenir un hôpital imposé par le cahier des charges. Un bureau de poste et de télégraphe met en communication facile la station avec tous les points de l'Algérie.

Bain maure. 11 est construit au milieu d'un préau entouré de quatorze pièces où couchent les Arabes, dont les animaux séjournent dans la cour.

Il y a quatre piscines dallées, où l'eau est constamment versée par un tuyau établi à la voûte.

Etablisseme.m militaire. Les moyens balnéaires de cet établissement, parfai-

HAMMAMS (Eaux minérales). 155

tement aménagé, se réduisent à trois piscines dont l'eau thermale a io ou 44 degrés centigrade. La première piscine est réservée aux officiers, celle du milieu est pour les sous-officiers, et la troisième, ou piscine de l'Est, est pour les soldats.

La dure'e des bains à la température élevée que nous venons d'indiquer est de dix minutes seulement, et ils sont difticiles à supporter.

Action ihérapeulique. Les indications des sources hyperthermales d'Hammam-Righa ont de grands points de ressemblance avec celles de Néris.

L'eau de la source ferrugineuse carbonique, qui est à peine tiède, a les mêmes effets physiologiques et curatifs que celles de Renlaigue et du Bussang {voy. ces mots). Les bains de piscine des établissements civil et militaire sont le plus utilement et le plus souvent employés dans les arthrites traumaliques et rhumatismales, dans les rhumatismes généraux subaigus et chroniques articulaires et musculaires, et enfin dans toutes les névralgies et surtout les névralgies rhumatismales. Les plaies anciennes, les trajets fistuleux, les caries, les névroses, les raideurs consécutives aux luxations et aux fractures, sont souvent guéris ou au moins presque toujours soulagés à la suite d'une saison à llammam-Righa.

Quelques médecins militaires ont placé les eaux hyperthermales de cette station à un point élevé de l'échelle hydrologique dans la scrofule et toutes ses manifestations. Le chirurgien-major Renard, qui nous a accompagné dans notre visite à l'établissement militaire, et qui a bien vouhi nous renseigner sur les résultats heureux qu'oQ peut attendre, à l'intérieur et à l'extérieur, des eaux de Hammam-Higlia, nous a assuré qu'il n'avait jamais constaté les effets favorables des eaux hyperthermales de celte station dans le lymphatisme et la scrofule.

On n'exporte pas les eaux hyperthermales des sources d'Ilammam-Righa. On consomme beaucoup sur place, comme eau d'agrément, celle de la source ferrugineuse à l'établissement civil comme à l'établissement militaire. L'emploi en est même exagéré et périlleux, quoiqu'elle soit peu chargée et peu fixe.

Hammam-Roumana. Atliermole, ferrugineuse faible, non gazeuse. Dans la province de Constantine, dans l'arrondissement et à 51 kilomètres de Bougie, sur la route de Sélif et à 150 mètres à gauche de cette ville, à 1 kilomètre de Beni-Smaël.

L'unique griffon donne une eau claire et sans aucun précipité. Son goût est très- ferrugineux et rappelle celui de la source de Takitount, mais la source de Roumana ne semble traversée par aucune bulle gazeuse.

La température au griffon est de 17°,5 centigrade, l'air étant à 21°, 5 centigrade. Sa densité et son analyse chimique ne sont pas déterminées.

Pas d'établissement. L'eau est consommée sur place en boisson seulement. De nombreux projets sont faits pour la construction d'un établissement.

Hammam-sidi-el-Hadj. Hypolhermales, chlorurées sadiques moyennes, sulfatées magnésiennes faibles, non gazeuses. Dans le département de Constantine, dans l'arrondissement et à environ 6 kilomètres de Biskra. C'est au fond d'un ravin qu'existe la mare formée par l'eau de deux sources, ayant chacune le volume du corps d'un homme. La première alimente un moulin situé à 80 mètres de son griffon, et fait tourner une roue à aubes. Son eau ne donne naissance à aucun dépôt, à aucune conferve, mais la terre traversée par son ruisseau, dont les rives ont 5 et 4 mètres de haut, est recouverte de

1Ô6 HAMMAMS (Eaux minérales).

plaques d'un sel blanc ressemblant à du salpêtre. Cette eau très-claire, trèslimpide, engage à la boire ; son goût d'ailleurs est relativement agréable, ni trop fade ni trop salé ; elle désaltère aisément.

Elle n'a aucune odeur et n'est traversée par aucune bulle gazeuse. Elle rougit à peine les préparations de tournesol; température de 27^7 centigrade, l'air étant à 34", 8 cenligrade. La deuxième source ressemble beaucoup à la précédente, avec laquelle elle se mêle. Son débit est environ quatre fois moindre.

L'eau des deux sources a peu d'indications thérapeutiques. Elle sert pour étancher la soif des quelques indigènes qui passent dans les environs, ou viennent s'y baigner et surtout y faire leurs ablutions. Elle est utilisée encore pour la préparation de leurs aliments et l'arrosement des terrains qu'elle peut irriguer. M. Tripier a fait l'analyse de l'eau mêlée des deux sources et a trouvé :

Clilorure de sodium i . gj^

— magnésium I '"

— calcium traces.

Sulfate (le chaux 0,40

— soude 0,25

— magnésie traces.

Carlionale de cliaux 0,15

Matière organi(iue 0,10

Total des mati£;res fixes 2,10

Gaz acide carbonique Comme l'eau ordinaire.

Hamm&m-aidi-Ahdslli (prononcez AhdU). Hypolliemiale, amélallite, carbonique moyenne. Dans la province d'Oran, dans l'arrondissement et à 56 kilomètres de Tlemcen, à deux heures du pont de Tisser, d'où l'on s'y rend à dos de mulet.

On arrive près de deux palmiers voisins des cinq griffons de la source d'Abdelli. Cette eau se réunit dans doux mares : l'une d'elles est abritée par des figuiers. Elle est alimentée par trois griffons, sortant d'un sable grisâtre, et dont le volume égale au moins celui de la cuisse d'un adulte. La seconde mare, dans laquelle reflue le trop-plein de la première, reçoit l'eau de deux griff)ns et de nombreux petits filets spéciaux.

C'est cette grande mare qui est surtout visitée par les indigènes, qui y viennent faire leurs ablutions et y prendre des bains. Son eau est claire, limpide et transparente; aucune conferve ne s'y développe et aucun dépôt ne s'y forme; cependant elle verdit les pierres. Elle n'a aucune odeur. Saveur peu marquée ; on la boit avec plaisir quand on l'a laissée un certain temps en contact avec l'air extérieur. Réaction alcaline. Bulles d'acide caibonique. Sa température est la même aux cinq griffons principaux, 55 degrés centigrade.

Un sixième griffon sort à 500 mètres environ des premiers. Son eau est froide et s'écoule, sans avoir été utilisée, dans un ruisseau qui se mêle bientôt aux lacs thermaux.

Ces sources pourraient être rapprochées de celles de Schlangenbad. Elles sont plus chaudes et ne blanchissent pas la peau comme les eaux du Nassau, et comme celles d'Hammam-bou-Hadjar ou d'Hammam-Kheir.

flammam-sidi-Belhair. Mésothermale , amétùlUte, non gazeuse. Dans la province d'Oran, à 4 kilomètres de Bou-Ghara et à 1 kilomètre de la smula de Chabah, sur le bord et à 100 mètres de la Muilah, que l'on traverse à gué. Une seule source, d'un débit très-peu considérable, émerge dans une mare de 2 mètres

HAMMAMS (Eaux minérales). 157

de diamètre. Son griffon bouillonne et ne laisse s'e'panouir aucune bulle gazeuse. Le Irop-pleia s'écoule dans un ruisseau qui conduit l'eau dans une excavation servant de baignoire aux Arabes. Conferves peu abondantes ; réaction alcaline ; température 52 degrés centigrade, l'air étant à 16", 5 centigrade. Employée en boisson.

La mare thermale de Sidi-Bclhair est principalement visitée par les indigènes qui y viennent laver leurs Imrnous. Sidi-Belliair étant un marabout qui a laissé un grand renom, les musulmans regardent l'eau de cette source comme sainte.

Hammam-sidi'-Seninane OU OuarsenJs. Ihjper thermales, cliîorurées socllques moyennes, non gazeuses. Dans la province d'Alger, dans l'arrondissement et à 55 kilomètres d'Orléansville, se trouve le bordj de Ouarsenis ou maison du commandement, bâtie au pied et sur le versant sud du Djebel-Ouarsenis, dont le pic est à 2000 mètres au-dessus du niveau do la mer. Les sources de Ilammamsidi-Selimane émergent à 8 kilomètres du bordj par cinq griffons.

L'eau des quatre premiers est hypcrtliermale; colle du cinquième est froide et jaillit sur la rive gauche de rOued-el-lIammam. Elle se divise sur les rochers et tombe en pluie fine de 18 mètres de hauteur dans la rivière.

Les quatre autres sources sont sur la rive opposée de l'Oued-el-IIanimam, qui se réunit à l'Oued-Vadda pour se jeter dans le Cbéliff.

Ces sources, captées soigneusement, versent dans un même bassin leur eau, qui de là s'écoule dans une première piscine, puis dans une seconde plus grande, d'où elle se perd dans le ruisseau.

Les sources hyperthermales de Sidi-Selimane ont un débit total d'environ 50 000 litres en vingt-quatre heures. Leur saveur est fade et leur réaction alcaline. Leur température est de 40",5 centigrade. M. Barillé en a fait l'analyse en 1877 :

Chlorure de sodium. 1,3905

— magnésium 0,0270

— potassium 0,0520

Bicarbonate de cliaui 0,3680

— magnésie 0,0ii9

— oxyde de fer 0,0080

Sulfate de cliaux 0,2828

— magnésie 0.1416

Silice 0,0180

Total des matières fixes 2,4928

Un escalier descend au lit du torrent, et permet aux baigneurs de faire suivre leur séjour dans l'eau thermale d'une douche très-froide fournie par la cinquième source.

Une sixième fontaine, dont l'eau athermale est excellente, sert à la boisson des repas et aux usages domestiques.

Les hammams chauds sont à la disposition des officiers et des soldats. Ils sont fréquentés aussi par les Arabes de la contrée aux heures où les piscines sont libres.

Les eaux hyperthermales, chlorurées sodiques moyennes de l'Ouarsenis, sont employées par les indigènes qui ont des maladies cutanées, la syphilis, si commune dans la contrée, et des plaies atoniques. Les médecins militaires, moins confiants, ne les conseillent que dans les accidents rhumatismaux, les

158 HAMMAMS (Eaux minérales).

suites de grands traumatismes, les ankyloses et les engorgements des ganglions et périarliculaires d'origine scroluleuse.

Hammam-sîdJ-Dedeyob. Voy. Reine {Bain de la) et Mers-el-Kebir.

Bammam et Ain-NouUsy. Protothemiale, chlorurée sodique forte, sulfureuse faible. Dans la province d'Oran, dans l'arrondissement et à 16 kilomètres de Mostaganein, à 24 kilomètres de Perregaux, à 6 kilomètres de la mer et de la ligne de chemin de fer d'Arzew. Une source, qui émerge par un griffon unique donne en vingt quatre heures 16 280 litres; eau limpide, odeur manifestement sulfureuse et goût à la fois hépatique, ferrugineux et surtout salé. Réaction alcaline. BliUcs gazeuses qui mettent 15 secondes à monter à la surface. Température, prise au griffon, après que le canal a été complètement vidé, 20°, 2 centigrade, celle de l'air étant de 25°, 5 centigrade. Beaucoup d'expérimentateurs, qui n'avaient probablement pas pris les précautions que nous venons d'indiquer, ont trouvé que cette eau ne marquait que 19 degrés centigrade :

Chlorure de sodium 13,9125

— magnésium 0,1136

— calcium 0,180i

Sulfate (le cliaus 0,2136

Sulfure do calcium 0,(X)3i

Carbonate de chaux 0,2120

— magnésie 0,0630

Alumine et oxyde de fer .... 0,0023

Silice traces.

Matières organiques 0,00*2

Total des matières fixes Ii.76o0

Gaz acide sulfliydrique 4"196"Ï36 = en poids 0e%006492

Un pavillon a été construit sur la source. Il recouvre un bassin dans lequel les eaux ont été conduites. C'est dans ce bassin et dans une petite mare contiguë qu'a lieu la balnéation.

L'Aïn (source) et le Hammam (bain) de Nouissy appartiennent à des colons français, qui ont peut-être fait depuis octobre 1879 de nouveaux aménagements, en acquérant du domaine un terrain voisin. A cette date, l'établissement contenait plusieurs cabinets de bains assez bien installés, mais avec des baignoires trop petites et à demi enfoncées dans le sol, ainsi qu'une piscine très-étroite. Ces baignoires reçoivent, à la volonté des baigneurs, de l'eau chauffée artificiellement, et de l'eau à la température naturelle de la source. La piscine est munie d'une douche.

Si l'on considère les principes fixes et gazeux de l'eau de Nouissy, on est frappé de leur ressemblance avec ceux des eaux d'Uriage et d'Aix-la-Chapelle. Nous renvoyons donc aux articles consacrés à ces sources plutôt que de spécifier en détail les vertus physiologiques et thérapeutiques des eaux d'Aïn-Nouissy, appelées à un grand avenir lorsqu'elles seront pourvues de moyens balnéothérapiques en rapport avec la place importante qu'elles occupent dans le cadre hydrologique.

Hammam-Bouïra. Athemiales, bicarbonatées sodiques ou ferrugineuses faibles, carboniques fortes. Dans la province d'Alger, à 8 kilomètres du bourg de Bouïra, dans une vallée du massif du Djurjura, à 1500 mètres de la route

HAMMAMS (Eaux minérales). 159

d'Aumale, sur le teiritoire de la tribu des Ouled-Belill, près du bordj de Bouïra, émergent les deux sources de cette station minérale, qui se nomment : la source du Uemma et la source ferrugineuse.

l" Source du Uemma. Les nombreux ex-voto de laine rouge et blanche que les Arabes ont suspendus aux branches du figuier-rosier qui ombrage son bassin indiquent que cette source a des vertus cuiatives très-appréciées dans le pays. L'eau du bassin est recouverte d'une mince pellicule bicarbonatée ; des bulles de gaz la traversent. Elle est limpide, n'a aucune odeur, et son goût est piquant, mais aucunement ferrugineux. Sa saveur est plutôt fade. Réaction franchement acide. Le gaz qui s'en dégage n'éteint pas complètement les ciu-ps en ignition. Le débit de la source n'est pas plus gros que le petit doigt. La température de l'air étant de 14 degrés centigrade, celle de l'eau est de 16'*,4 centigrade. Elle est exclusivement employée par les Arabes.

2<* Source ferrugineuse. A 400 mètres de la première. Bassin circulaire à ciel ouvert. Eau recouverte d'une pellicule plus épaisse que sur l'eau précédente et d'une couche verdàtre. Bulles plus nombreuses, agissant de même sur les corps en ignition. Réaction encore plus acide.

L'air extérieur étant à 20°, 5 centigrade, l'eau fait descendre la colonne thermométrique à 47", 5 centigrade. Son débit est le double de celui de la source du Herama. Moins employée, quoiqu'elle soit plus ferrugineuse, elle va se perdre dans le ravin.

L'eau bicarbonatée sodique et carbonique de la source du Herama est surtout usitée dans les dyspepsies et dans tous les accidents du foie et de la rate consécutifs à des fièvres intermittentes paludéennes, si fréquentes à Bouïra et aux environs. L'eau ferrugineuse carbonique de la deuxième source a surtout ses indications dans l'anémie et la chlorose, qu'elle modifie avantageusement, quand elle est prise en boisson pendant un certain temps.

Hammam-Boudzaréah. Athermales, chlorurées faibles, bicarbonatées ferrugineuses faibles, non gazeuses. Dans la province d'Alger, à 9 kilomètres sud-ouest de la ville, au delà du village d'El-Biar. Les sources de la Boudzaréah sont employées en boisson seulement. Ce sont des àin; mais une société doit se constituer et bâtir un ou plusieurs Hammams oh l'eau sera employée à l'extérieur sous toutes ses formes. Trois sources émergent sur le territoire du vallon, elles se nomment : source Ferrugineuse, source du Village, source d'Hakem.

1« Source Ferrugineuse. Elle a cinq griffons. L'eau est recueillie dans une cuvette de pierre ; elle est recouverte d'une pellicule irisée, et laisse déposer un enduit jaune. Pas de bulles gazeuses, limpidité parfaite, aucune odeur, goût ferrugineux, nullement atramentaire ; réaction neutre. La température de l'air étant de 19%4 centigrade, celle de l'eau est de 18", 8 centigrade.

2° Source du Village. Enchambrée dans un bassin de maçonnerie comme la première. Mêmes caractères physico-chimiques ou à peu près. Température 490,3 centigrade.

5° Source cïHakem. ,-Mème captage que ceux des autres sources. Eau louche, d'un goût moins ferrugineux que la précédente. Température 21 degrés centigrade. Réaction alcaline. L'eau de cette source est inutilisée.

La densité de l'eau des trois sources de Boudzaréah est de 1,00776. Morin, pharmacien aide-major, a fait l'analyse de ces eaux, dont 1000 grammes contiennent les principes suivants :

1'>0 HAMMAMS (Eaux minérales).

Bicarbonate de chaux 0,309

— magnésie 0,130

— fer 0,015

— manganèse 0,004

Chlorure de sodium 0,239

Sulfate (le soude 0,038

Sili'ale de potasse 0,03i

lodure alcalin q. traces.

Alumine, matière organique traces.

Total des MAiiiiflEs fixes 0,789

C I oxygène O^'fiOOl = 0"o2

■ ' "1 azote.. . . Oe',0010 = 8"71

Total des gaz Qb'.OOIî = 9"25

Les boues des trois sources de la Boudzaréah sont de deux sortes. L'une est ocreuse et se de'pose dans le premier bassin, l'autre est noire quand on la prend au fond du ruisseau par lequel l'eau s'e'coule. Cette dernière présente l'aspectdu terreau après qu'on l'a dessécbée à l'étuve ; chauffée au rouge, elle noircit et sent la corne brûlée. Elle fait effervescence qunnd on la mouille avec de l'acide chlorhydrique élendu d'eau, et précipite par l'oxalate d'ammoniaque.

La boue recueillie dans le bassin de captage contient en 100 parties les principes suivants :

Silice 42,813

Protoxyde de fer 18,781

Oxyde de manganèse 1,185

Alumine.. 3,259

Carbonate de chaux 10,077

— magnésie 1,010

Eau et matières organiques 22,842

La boue du ruisseau contient sur \ 00 parties les principes qui suivent :

Silice 44,444

Protoxyde de fer 21,549

Oxyde de manganèse 2,020

Alumine 0,536

Carbonate de chaux 11,140

— magnésie 0,015

Eau et matières orguninues . . , , 18,518

L'eau des sources de la Boudzaréah est utilisée en boisson par quelques malades de la contrée qui y viennent faire une cure quand ils digèrent mal, et quand ils sont convalescents, anémiques ou chlorotiques. Mais cette eau est consommée surtout à Alger, oîi elle arrive privée en grande partie de ses principes ferrugineux, et où elle est consommée comme eau d'agrément, chargée ou non de gaz acide carbonique.

Haminam-Berrouagma. Hyperthermules , chlorurées sadiques moyennes, ferrugineuses faibles, sulfureuses ou carboniques faibles. En Algérie, dans la province d'Alger, dans l'arrondissement et à 54 kilomètres de Médéah, sur la route de Blidah à Médéah par les gorges de la Chiffah. A partir d'un point où la diligence' s'arrête, les eaux de la Chiffah changent de couleur, et l'on peut constater à leur dépôt qu'elles deviennent à la fois ferrugineuses et calcaires. Les cailloux se recouvrent d'une couche notable de rouille ou d'incrustations d'un blanc grisâtre, sulfate de chaux à peu près pur. Sur le chemin de Médéah à

IIAMMAMS (Eaux sunéralesJ. 161

Berrouaguia (chef-lieu de colonie pénitentiaire militaire), les pics et les mamelons bordant la route ont une couleur rougeâtre qui renseigne sur la nature ferrugineuse du sol et de la pierre. Deux sources émergent à 5 kilomètres à droite et à gauche du village. L'une se nomme la source Sulfureuse et l'autre la source Ferrucjineuse.

1° Source Sulfureuse. Cette source sort au pied d'une montagne schisteuse nommée Assen-ben-Ali, par plusieurs griffons dont le principal fournit l'eau du bassin, qui est fumante et très-limpide. L'odeur sulfureuse se développe seulement quand l'eau, reçue dans un verre, est restée un certain temps en contact avec l'air. Bulles gazeuses intermittentes; conferves d'un beau vert près desgriifons. Saveur hépatique peu désagréable. Réaction sensiblement alcaline. L'eau contient de la barégine. Température de 40", 5 centigrade, celle de l'air étant de 11 0,8 centigrade. Sa densité est de 1,001 7. Le débit de la source sulfureuse est de 84 000 litres en vingt-quatre heures. Les .\rabes boivent quelquefois l'eau du grand bassin, dans lequel ils se baignent surtout et dans lequel ils viennent faire leurs ablutions journalières. Analyse par M. Forlier, pharmacien-major.

Chlorure de sodiuin 1,780

— magnésium 0,240

Bicarbonate de chaux 0,130

— soude 0,130

— luagné^ie 0,073

— fer trace».

Alumine et silice 0,010

Sulfate de chaux .... 0,013

Matières organiquts azotées 0,004

Total bes uaiièbes Fixt',. . ^,430

( hydio^jènc sulfuré j

Gaz . . .' acide carhonique [ Quantité indéterminée.

f azote 1

12" Source Ferrugineuse. De l'autre côlé du village, sur la route de Méde'ah. Son eau, qui est transparente, laisse déposer cependant une couche notable de rouille. Un petit filet d'eau douce froide s'y mêle et abaisse sa température à 38 degrés centigrade, celle de l'air étant de 24 degrés centigrade. L'eau de cette source est moins gazeuse que la précédente. Sa saveur est désagréable et atramentaire, sa densité de 1,0014 Elle est employée en boisson exclusivement par un très-petit nombre de malades de la contrée.

Les effets thérapeutiques de la source sultureuse de Berrouaguia sont trèsappréciés des Arabes, qui viennent de loin traiter par cette eau, en boisson et surtout en bains, les engorgements des viscères abdominaux et les diverses maladies de peau, qu'ils appellent uniformément la gale. L'eau hyperthermale de la source ferrugineuse est administrée par eux en boisson et quelquefois en bains généraux dans les affections sous la dépendance d'une chlorose ou d'une anémie confirmées.

Hammam-Czenah. Hyperthermcilcs, chlorurées fortes, sulfatées calciques faibles, sulfureuses faibles. Dans l'arrondissement d'Aumale, à 10 kilomètres d'Okhris, près de l'Oued-Hammam. Neuf sources émergent à Hammam-Czenah : source du Torrent, source du Gourbi, source de Nichdem, source du Rocher, source Jaune, source Innommée, source de la Route, source d'El-Jarab et source Froide .

PICT. ESC. r s. XII. n

162 HAMMAMS (Eaux minérales).

I" Source du Torrent (ou source de l'Alfa, parce qu'elle est entourée d'alfa). Fumée épaisse au-dessus de cette fontaine, dont la paroi intérieure est recouverte d'une couche de soufre finement pulvérisé ; des fragments de barégine et de sulfuraire nagent dans le courant de l'eau, qui est néanmoins limpide. Son odeur hépatique est tellement marquée qu'on la perçoit à plus de 200 mètres de distance; saveur fortement salée et très-sulfureuse. Les bords du canal sont tapissés d'un sel blanc et luisant, cristallisé en prismes, qui doit être du chlorure de sodium. Réaction légèrement acide, température variant de 55 à 58 degiés centigrade.

2o Source du Gourbi. Elle émerge à 200 mètres de la première, et forme une cascade en tombant, de plus de 20 mètres de hauteur, du sommet d'un rocher. Tous les points qu'elle baigne sont recouverts d'eiflorescences blanches de 3 à 4 millimètres d'épnisseur, et de conferves vertes. Dépôt de soufre moins abondant que dans la source ])récédonle; saveur aussi salée, mais moins hépatique ; réaction Iranchcment alcaline; température prise au sortir du canal, à ciel ouvert, 38 degrés centigrade. Au fonJ du ruisseau, houppes soyeuses rappelant la couleur qu'on remarque dans les ruisseaux d'écoulement des eaux du Yernet.

C'fSt probablement à cause de celte particularilc' que la source du Gourbi est appelée par les Arabes source China.

3" Source du Nichdem ou source des Boutons. Elle émerge à lleur de terre par deux griffons, à 60 mètres de la source du Gourbi. Le deuxième griffon donne naissance à des cristaux qui recouvi'ent la terre jusqu'à l'endroit où l'eau tombe dans le torrent. Barégine d'un blanc noirâtre comme à certaines des sources de Baréges; eau d'ailleurs limpide; réaction alcaline; odeur très-sulfureuse; saveur aucunement chlorurée, mais semblant plus hépatique qu'aux deux premières sources. La température de l'air étant de 19°, 8 centigrade, celle de l'eau du griffon de gauche est de 54°, 1 centigrade.

4° Source du Rocher ou source Magnifique. Elle sort du même roc que la deuxième. Ses caractères physi([ues et chimiques la font ressembler beaucoup à la source du Torrent, seulement sa barégine et sa sulfuraire sont en filaments plus longs et plus nombreux. Eau d'une extrême limpidité. Réaction légèrement acide. La température est de 55 degrés centigrade au griffon, mais elle n'est plus que de 47 degrés centigrade dans la fontaine où elle tombe d'une hauteur de 5 mèties.

5" Source Jaune. A 40 mètres de la précédente. C'est la belle couleur jaune de son dépôt de fleur de soufre qui lui a fait donner son nom. Les conferves qui y prennent naissance sont noirâtres et ressemblent à celles de la source de San Martino de Bonniu. Sa barégine est plus onctueuse au toucher que celle des autres sources de Czenah. La partie du rocher en contact avec l'eau revêt une couleur gris noirâtre qui est particulière à cette source. Odeur et saveur très-sensiblement sulfureuses. Réaction acide. Température 50 à 52 degrés centigrade.

6° Source Innommée. Elle vient certainement de la même nappe que la précédente. Sa barégine, réunie en houppes, tapisse par endroits la cuvette que celte eau alimente. Réaction légèrement acide. Saveur hépatique, non salée. Température 50 à 51 degrés centigrade.

7" Source de la Route. Ses qualités et son aspect indiquent aussi qu'elle a la même origine que les deux sources précédentes. C'est la première des sources

HAMMAMS (Eaux minérales). 165

Ae Czenah qui est exclusivement employée en boisson. Réaction acide ; température 50°, 6 centigrade.

8° Source d'El-Jarab ou source de la Gale. La barégine à laquelle elle donne naissance est blanche et peu abondante; sa saveur est un peu salée. Du reste, mêmes caractères que précédemment. Température 47", 5 centigrade. Elle est quelquefois employée en boisson et en lotions. Un ruisseau à ciel ouvert, traversant la route, la conduit au toirent.

9" Source Froide. A 1 kilomètre sur la route d'Okhris. Elle est athermale et n'a aucune odeur et aucun goût. C'est une excellente eau potable dont on se sert pour tous les usages culinaires de Ilammam-Czenab. Sa température est de 110,7 centigrade, celle de l'air étant de 21», 5 centigrade.

Établissement. Tout est à l'état rudimentaire: ni buvette ni piscine proprement dites, et pas de baignoires isolées. Le captage et raménagement des sources sont primitifs; une installation convenable rendrait pourtant ces sources précieuses : il y a là pour la population civile et militaire un ressort thérapeutique dont il n'est pas douteux qu'on tire un jour parti. A noire passage en 1879, l'eau des quatre premières sources se réunissait dans un ruisseau thermal commun, qui l'emmenait aux soi-disant piscines du gourbi. La cinquième se rend à une autre piscine construite avec des pierres mal ajustées. Les baigneurs y sont exposés aux rayons du soleil ou à la pluie, bien qu'elle soit recouverte d'une charpente primitive et de branches d'arbres non fixées.

Emploi thérapeutique. 11 suffira de répéter que les eaux de Czenah ont des qualités physiques et chimiques qui les rapprochent de celles d'Uriage, d'Aix-la- Chapelle, de Luchon et de Baréges. Lorsque cette station sera pourvue de salles d'inhalation et de pulvérisation, elle rendra des services dans les affections des voies respiratoires.

Hammam-Oued-Okhris. Athermales, bicarbonatées sadiques, ferrugineuses faibles, non gazeuses. Dans l'arrondissement et à 86 kilomètres d'Aumale. Trois sources sur le caractère desquelles plusieurs auteurs ont été mal renseignés. Elles sont reçues dans des mares distinctes, à ciel ouvert. Ce qu'on a dit de leur thermalité et de leur odeur sulfureuse est de pure fantaisie. Ce sont des eaux légèrement troubles, un peu gazeuses, à goût fade et ferrugineux, à réaction neutre, d'une température de 17",? centigrade, l'air extérieur étant à 21 degrés centigrade. Elles sont exclusivement usitées en boisson. La deuxième source est à peu près inutilisée, parce qu'on ne peut y accéder à travers le marais qu'elle forme. La troisième mare était tarie lors de notre visite. Le rendement des sources d'Okhris est de 460 000 litres en vingt-quatre heures. Aucun établissement n'existe à la station d'Okhris, exclusivement fréquentée par les Arabes, qui y trouvent une eau tonique et reconstituante.

Hammam-Oued-Mlmin. Eypev thermale, ferrugineuse faible, carbonique faible. Dans la province de Constantine, dans l'arrondissement et à 41 kilomètres de Pliilippeville, à 9 kilomètres de Jemmapes. Huit griffons principaux, dont trois sont importants. Eau limpide, mais laissant déposer une couche assez épaisse de boue oci'acée; aspect d'ime teinte rouge jaunâtre. Pas d'odeur, goût ferrugineux et réaction neutre. Sa température varie de 40 à 43 degrés centigrade suivant les griffons.

L'eau de cette source, souvent utilisée en boisson, est reçue dans un réservoir

464 HAMMAMS (Eaux minkrales).

à ciel ouvert. L'établissement se compose de 15 cabinets, 14 sont munis de baignoires, le 15* a un appareil de douches. Les bains d'IIan)mam-Mimin, qu'ils soient pris dans le i)assin qui forme piscine ou dans les cabinets, sont alimentés par une eau d'une température assez élevée pour que les malades aient à observer certaines précautions afin d'en supporter la chaleur. Ils doivent, par exemple, ne pas s'agiter dans l'eau, et il leur faut s'envelopper le corps de couvertures. La station d'Hammam-Mimin a des logements peu confortables et peu nombreux : 50 personnes, en effet, peuvent s'y loger au plus. Les Européens qui habitent les villes deBônc, de Constantine, de Sétif, de Batna, de Philippeville, d'Kl-Arrouch, de Robertville, fournissent principalement les hôtes de celte station thermale. Établissement assez mal tenu; débit des sources insuffisant, mais pouvant être augmenté à peu de frais.

Hammam-Gourbès OU Hammam-Matmata. Hyper thermale, cMorurée sodîque forte, carbonique forte, lui Tunisie, luvl kilomètres de Tunis. La station d'Hammam-Gourbès étant en vue du littoral, on peut s'y lendre indifféremment par terre ou p;ir mer. 11 y émerge une source dont l'eau a une grande limpidité. Son goût est fortement salé et à peine ferrugineux, réaction légèrement acide, bulles gazeuses grosses et assez nombreuses. Température, 49°,8 centigrade ; densité, 1,095. Leprieur en a fait l'analyse en 1857 :

Chlorure de sodium 6,o3243

— mapnésimii 0,60!52i

— cnlciuin 0,74957

Bromure de magnésium 0,015(15

SulfîUc de chaux 1,81519

— soude 0,22828

— potasse. .• 0,16592

Carbonate de chaux 0,3i3S0

— magnésie O.OlSoO

— proloxyde de fer 0,00910

Acide siiicique (races.

— phosphoriquc 0.02o50

Matière or^'anique 0,09000

Perte 0,00532

Total ues matières fixes 10,60000

Gaz acide carbonique libre 95",5

La source est employée en boisson, mais surtout en bains généraux, qui se prennent dans deux grandes et dans quatre petites piscines. La chaleur native de la source d'Haramam-Gourbès rendrait aux Européens très-difficile, sinon impossible, le séjour dans une eau qui n'a pas moins de 44 degrés. Les Arabes eux-mêmes ne peuvent y rester plongés que pendant cinq ou dix minutes.

Les accidents rhumatismaux constituent l'indication la plus formelle de l'eau administrée à l'extérieur. Elle est fort employée aussi contre la scrofule et le lympliatisme, très-fréquents dans la Régence,

L'aménagement et l'installation de la source et de l'établissement d'Hammam- Gourbès témoignent encore de l'abandon dans lequel les a laissés une administration indigène peu éclairée. Souhaitons que le préfectorat français mette en valeur les richesses hydrologiques réelles de la Tunisie.

Hammam-Life. Eijperlhermales, chlorurées sodiques fortes, ferrugineuses faibles, carboniques moyennes. Dans la régence de Tunis et à 15 kilomètres de

HAMMAMS (Eaux minérales). 165

celte ville (station du chemin de fer de Tunis à Bône), deux sources connues sous les noms de Source-de-la Piscine et do, Source-des-Yeux.

1" Source-de-la-Piscine. Eau claire, limpide ; saveur très-désagréable, salée bitumineuse et à peine ferrée. Réaction acide. Aucune bulle gazeuse. La température de l'air étant de 25°,8 centigrade, celle de l'eau est de 45 degrés centigrade.

2» Source-des-Yeux. Les caractères physiques et chimiques de son eau sont les mêmes que ceux de la Source-de-Ia-Piscine, à la seule différence qu'elle rougit plus vite les préparations de tournesol. Sa température est aussi de 4o degrés centigrade.

La densité de l'eau des deux sources d'IIammam-Life est de 1,0107. Analyse chimique publiée en 1857 par M. Guyon, médecin inspecteur des armées, chargé d'une mission à Tunis, et faite par M. Leprieur, pharmacien-major : '

Olilonire de >odium 9,75001)

— calcium 1,09054

— magnésium i),ô3801

— potassium . 0,(lli9t>0

Sulfate de cliaux I,,'i35i0

— poiasse 0,10970

— soude (1,10910

Carbonate de chaux 0,28330

— magnésie 0,120£0

— fer traces.

Bromure de magnésium O.OO'iOO

Acide silicique 0.07000

Total des matjèbes fixes 13,49997

Gaz acide carbonique libre 220" ,6

Le bâtiment destiné aux bains contient deux piscines alimentées chacune par Teau d'une des sources.

La première de ces sources est quelquefois utilisée en boisson, mais elle sert surtout de piscine; le filet d'eau qui l'alimente, tombant d'une hauteur de 15 centimètres, est quelquefois utilisé pour des douches. L'eau de ce jet a 44 degrés centigrade.

La piscine alimentée par la Source-des-Yeux ne peut recevoir que quatre personnes. Cette station est peu fréquentée, mais son voisinage de Tunis et la facilité des communications avec cette grande ville lui réservent un avenir plus brillant. On s'y rend surtout pour la scrofule, les vieux ulcères, les traumalisraes anciens, etc.

Hammam- G' rule (bain de la gale). Protothermale, chlorurée sodiqiie forte, ■carbonique moyenne. Cette source est à 400 mètres cVHainmani-Salahin {voij. plus loin). Elle émerge par 5 à 6 griffons recounaissables à leur bouillonnement et aux bulles gazeuses qui viennent déflagrer à sa surface. L'eau remplit une excavation naturelle, circulaire, d'au moins 300 mètres de diamètre, dont la profondeur est inconnue. C'est un viai lac sur lequel on pourrait conduire une barque. C'est probablement l'orifice d'un cratère de volcan éteint. On ne se baigne pas à son milieu à cause de la profondeur de la nappe d'eau et de l'escarpement et de la hauteur de ses bords. On n'y entre et l'on n'en sort que par la coulée où aboutit le ravin. Celte eau est trouble et d'aspect jaunâtre ; elle u'a pas d'odeur, et son goût salé, aromatique, très-désagréable, ne permet de la corn-

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parer à aucune des eaux que nous avons visitées. Il est à peu près imiiossible de la boire, tant elle est chlorurée et amère. Réaction presque neutre, li'gèrement acide. Elle jaunit la teinture de curcuma. La température de l'air étant de 29 degrés centigrade, celle de l'eau du lac minéral est de 21°, 3 centigrade» Le trop-plein s'écoule par un ruisseau qui fait tourner la roue d'un moulin situé à 100 mètres de distance. Elle est principalement utilisée par les Arabes, qui y viennent faire leurs ablutions religieuses. Quelques malades des environs d'Hammam-G'rule, affectés de maladies de peau, qu'ils regardent à peu près toutes comme la gale, viennent se baigner et reconnaissent comme souveraines, dans ce cas, les eaux de cette source, sacrée pour eux.

Un riche propriétaire de Paris, qui a une splendide habitation à Biskra, amanifesté l'intention d'y amener, par des canaux souterrains, les eaux d'IIaramam-Salahin etr d'Hammam-G'rule, qui alimenteraient des piscines et des baignoires mises gratuitement à la disposition de tous ceux qui voudraient suivre une cure et proflter de l'habitation et de ses dépendances, converties ainsi en un hôpital thermal. Nous indiquons pour ordre ce projet qui, croyons-nous, n'est pas encore près d'être réalisé.

Haimnam-Siâi-BItmoum et Sidi-Mecid ou M'cid. Mésothemiales, amétCllUtes

et carboniques faibles. En Algérie, à 5 kilomètres de Constantine. Les quatre sources, qui émergent dans la vallée du Hummel au pied du rocher sur lequel la ville est bàlie, pourraient être appelées sources de Constantine, mais elles ont reçu les noms spéciaux de Source-de-Sidi-Mimoum, Source-du- Bassinde-la- Troupe, Source-Sainte et Source-Sainte-Françoise.

1° Source-de-Sidi-Mimoum. Le griffon de cette source a disparu, mais on trouve encore aux environs des vestiges d'anciens bains romains.

2° Source- du-Bassin- de-la-T roupe . Elle a un bassin de captage revêtu de l'inscription suivante: « 1" juin 1872, avec le concours du 65*^ de ligne. »

3° Source-Sainte. Un escalier conduit au parvis pavé de briques où les Juifs brûlent constamment de Tencens. Ce prétoire sert à la buvette et est recouvert d'une voûte creusée dans le rocher. Eau claire, transparente; saveur un peu fade, mais nullement désagréable. L'air extérieur étant à 19", 4 centigrade, l'eau est à 31 degrés centigrade.

¥ Source-Sainte-Françoise. L'eau qui n'est pas utilisée en boisson se mêle à celle des autres sources dans un canal de pierre à ciel ouvert par lequel elle s'écoule.

Des couferves vertes se développent dans les bassins de toutes ces fontaines, dont les griffons fournissent 28 800 litres en vingt-quatre heures.

La deuxième source alimente la pi>cine réservée aux soldats. C'est un bassin de natation où l'eau se renouvelle sans cesse. La température y est partout de 50", 6 centigrade. Une autre piscine, réservée aux femmes et aux enfants, est alimentée par la même eau que la précédente, quoiqu'elle ait des griffons particuliers, sortant sous la lame de rocher qui la divise en deux parties à peu près égales.

L'eau de ce bassin est d'une limpidité remarquable et sa température est de 51 degrés centigrade. Les élèves du collège s'y baignent tous les malins.

Les sources et les piscines d'Hamniam-Sidi-Mccid sont fréquentées par les soldats et par quelques habitants, qui y prennent des bains de propreté plutôt que des bains réellement médicaux.

HA.MMEN. 1(37

Bammam-Es-Salahin. Eyperlhermate, chloruree sodique forte, carbonique moyenne et sulfureuse faible. Dans la province de Conslantine, dans l'arrondissement et à 7 kilomètres au nord-ouest de Bibkra,au pied du Djebel-Sfa. Son eau est reçue dans un bassin creusé au centre de la cour extérieure d'un établissement de bains très-peu luxueux. Eau limpide, odeur sulfureuse, goût francberaent salé, réaction acide. Un bouillonnement incessant agite le milieu de sa nappe, et des bulles gazeuses et nombreuses détonent à la surface. Le gaz recueilli éteint les corps en ignition. Conferves vertes en dessous, jaunàlres en dessus. La température de l'air étant de 25", 5 centigrade à l'ombre, celle de l'eau est de 45'^,5 centigrade. Le débit de la source est de 5 600000 litres en vingtquatre heures.

Le bâtiment des bains se compose de cinq cabinets dans chacun desquels est creusée une petite piscine carrée de 4'", 50 de côté et de 80 centimètres de profondeur. La première salle est destinée aux femmes arabes, la deuxième aux hommes, la troisième aux Européens, la quatrième aux femmes européennes. La cinquième pièce est réservée aux officiers, qui seuls en ont la clef.

Du soufre finement pulvérise se précipite sur les parois intérieures dos piscines', et l'on n'en trouve aucune trace sur les murailles du captage de la source.

Les indications thérapeutiques des eaux de Salaliin sont assez mal définies. Elles nous ont paru se rapprocher de celles d'Uriage et convenir principalement dans les affections cutanées et rhumatismales, les maladies de la peau, et sur les sujets lymphatiques et scrofuleux.

Hammam-Salah-Bey. Mésolhermale , amètalUle , carbonique moyenne. Dans la province de Conslantine et à 9 kilomètres de cette ville. Une seule source, dont le débit est de 5 000 000 litres en vingt-quatre heures, émerge à Salah-Bey. Elle a trois griffons qui sortent directement de bas en haut. Eau très-limpide, aucune odeur ; saveur peu prononcée et fade ; réaction acide, bulles gazeuses assez nombreuses. La température de l'air étant de 17^,5 centigrade, celle de l'eau est de 29°, 1 centigrade. Celte température n'empêche pas de nombreuses tortues de vivre dans cette eau minérale. Peu d'Arabes la boivent, mais presque tous la prennent en bain ou y viennent faire leurs ablutions religieuses. L'eau de la source de Salah-Bey alimente une piscine et trois baignoires (trop petites) abritées sous une voûte de maçonnerie qui forme des salles spéciales, sans portes ni fenêtres. Deux ouvertures en plein cintre éclairent et ventilent la piscine, oij les Kabyles sont reçus quand ils le veulent et gratuitement.

L'eau des baignoires se renouvelle sans cesse et vient du trop-plein de la piscine.

Une mare est alimentée par six griffons distincts ; l'eau n'est employée qu'au lavage du linge et à la boisson des animaux.

Les eaux amétallites de Salah-Bey, dont la température native convient aux bains dès leur sortie de terre, n'ont pas d'effets curatifs bien marqués et suffisamment étudiés pour que nous puissions en donner même un aperçu sommaire.

Ces eaux, à peu près exclusivement employées en bains et en lotions, servent plus à l'hygiène qu'à la thérapeutique des populations voisines. A. Rotuueau.

HAIHMe:^ (LtJDWiG von). Médecin allemand, né en 1652, fit ses études à Leyde et à Montpellier et fut reçu docteur dans celte dernière université. 11 fut attaché à la personne de Jean Sobieski, roi de Pologne, et exerça son art à

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