L. Hn
HAMOA. Voy. OcÉANIE, p. 140.
HAmOK (Jean). La Faculté de médecine de Paris possède un magnifique portrait de ce médecin, peint par Philippe de Champagne. Au bas on lit cette inscription qui rappelle la vie toute de charité de ce pieux cénobite de Port- Uoyal les Champs, vivant là inconnu du monde, se livrant au travail de la campagne, labourant la terre, ne se chauffant presque jamais, couchant sur un ais, dormant peu, assistant toutes les nuits à matines, et sonnant la cloche à toute volée : Mémorise Joann. Hamon, doctoris medici Parisiensis, qui anno eetatis XXXI II. eloqentiœ laude florem et medendi peritia in dies inclarescens, patrimonii pretio in sinum pauperum effuso, in solitudinem se proripuit; uhi curandis pauperibus addictus ; veste victuque rustico, jejuniis, pervigiliis, lucubrationibus, meditationibus, prope perpetuis, cubatione durissima, longis quotidianis itineribus, aerumnosissimam vitani per annos XXVI liben-
IIAMOM. 169
tissime duxit. Qua ntisericonlias Domini siiavmimi recolen>i, inler hicrymns. votaque fratnim grutulahundus, defunclus est annos iialiis LXIX. Vlîl, Kal. Marlik, [)IC.I[jC.LXX\'lI. Toute la vie monastique — vingt-six ans — de Jean Hamon, au célèbre couvent de Poi t-Royal, est bui-inée dans ces quelques lignes. On aurait pu ajouter que le pieux médecin donna des leçons de vertu à Racine, et que ce dernier voulut être inhumé aux pieds de son précepteur.
Jean Hamon naquit à Cherbourg en IG 18 ; il y a lieu de croire qu'il fut amené dès son jeune âge à Paris, car il fit tant de progrès dans les lettres grecques et latines, qu'il fut choisi pour faire l'éducation d'Achille de Ilarlay, qui dans la suite devint premier président du Parlement de Paris. Dachelier à la Faculté de médecine de Paris (1644), puis licencié, il fut reou docteur sous la présidence de Jean Piètre, le 10 décembre 1646. 11 ne contribua pas peu à entretenir le goiît de la belle littérature, que Fcrnel avait introduit dans les écoles de la rue de la Biîeherie ; et ce fut lui qui, étant encore sur les bancs, en 1645, prononça l'oraison funèbre d'Âmelot , président de l'une des chambres des enquêtes, qui avait acquis des droits à la reconnaissance de l'Université pour les grands services qu'il lui avait rendus. Jean Hamon est mort au Port-Royal, le 22 février 1687, frappé d'un fluxion de poitrine qu'il avait contractée en venant présider, le 30 janvier précédent, une thèse soutenue par Jean-Baptiste Dodart. Car il faut bien se rappeler que Hamon, quoique attaché irrévocablement à un établissement monastique, n'était pas exonéic des devoirs qu'il avait à remplir comme docteur-régent, et qu'il ne manqua jamais à ces devoirs. La thèse doctorale de Jean Ilumon porte ce titre : An in tanta multituâine medentium pauci medici? Thèse qui a été imprimée plusieurs fois, et qui contient des idées remarquables sur l'exercice de la profession. Hamon a aussi écrit un Recueil de divers traités de piété (2 vol. in-12). Divers traités de pénitence; 1754, in-12 ; une Pratique de la prière continuelle, ou Sentiments d'une âme vivement touchée de Dieu; 1702. Bachot a dit, en parlant de lui :
Pauperibus gratis medicinain exercuit unus : Inter tôt inedicos, res nova, sanctus obit.
Boileau a écrit ce sixain :
Tout brillant de savoir, d'esprit et d'éloquence. Il courut au désert cherclur l'obscurité; Aux pauvres consacra ses biens et sa science,
£t, trente ans dans l'obscurité,
Fit son unique volupté
Des travaux de la pénitence.
On trouvera dans le Port-Royal de Sainte-Beuve (t. IV, p. 279) d'intéressants détails sur Jean Hamon. A. G.
HA.1IOXT (Pierre-François). Médecin vétérinaire distingué, mort en août 1848, à l'âge de quarante-trois ans. 11 contribua beaucoup aux progrès de l'art vétérinaire en France et fut appelé en Egypte à diriger les haras du vice-roi; il fonda l'école vétérinaire d'Abou-Zabel, près du Caire. L'Académie royale de médecine lui conféra le titre d'associé étranger.
De retour en France, Hamont prit une grande part aux travaux du congrès de médecine et devint l'un des plus zélés rédacteurs de ÏUnion médicale. Nous citerons de lui :
ï:0 IIANBURY (Les deux).
I. Causes premih-es de la morve et du farcin. Paris. 1842, in-S°. — II. De Ventraineiiient des chevaux, elc. Pari?, ISi2, in-8°. — III. Considérations générales sur l'amélioration des chevaux en France. Paris, 1845, iji-8°. — IV. L'Egypte sous Méhémel-Ali, etc. Paris, 1843, 2 vol. in-8°. — V. Destruction de la peste. Lazarets et quarantaines- Paris, 184'f, in-8'' (exlr. du Bullet. de l'Acad. de méd., t. X, 1844-1845). — VI. Aperçu général sur l'état actuel de l'industrie vétérinaire en France, méni. lu à l'.^cad. de méd. Pai'is, 1845, in-8°. L. ILn.
iiAiiPE (Friedkich-Ll'dwig). Né à Gotlingue en 1780, a fait ses études médicales à lUiùveisité de cette ville où il fut reçu docteur en médecine et en chirurgie en 1801. Il voyagea ensuite en France, visita la Suisse, l'Italie et l'Âulriclie, et alla s'établir, en 1804, à Brème, où il se livra à la pratique de la médecine. Il fut attaché, de 1812 à 1814, comme médecin, aux hôpitaux militaires français de Brème. On cite de lui :
I. Veber die Entstehung, Erkenntniss und Kur der Knochenbriiche, eine theroretischpraktische Abhandlung. Brème, 1805, ia-8°. — II. Nombreux articles dans les HecueiU médicaux. A. D.
IIAIIIXAIRE. Sous le nom à'Hamnlaria hjmphatica, Treutler {Observ. patlt. atiat., 1795, p. 10, lab. Il, f. 27) a décrit et figuré un Ver nématoïde,. (ju'il avait trouvé dans les glandes bronchiales d'un homme exténué par la syphilis. Plus tard, Rudolphi, dans son grand ouvrage sur les Entozoaires, nomma successivement ce même ver Ilainularia subcompressa et Filaria bronchialis. Enfin, Diesing l'a placé définitivement dans le genre Strongylus, sousla dénomination de Strongijlus longevaginatiis {voy. Strongyle). Ed. Lef,
IIAXBI'RT (Les deux).
ilanhur^r (Daniel-Bell). Nous ne saurious passer sous silence ce pharmacien distingué. 11 vint au monde le 8 février 1794, à Londres, et s'appliqua à la pharmacie sous la direction de son oncle, William Allen, qui était en même temps un éminent philanthrope. Il accompagna son oncle dans plusieurs voyages sur le continent et assista avec lui au Congrès réuni à Vérone, en 1822, pour l'abolition de l'esclavage. En 1841, il prit part aux négociations qui aboutirent à la création de la Pharmaceut ical Society. Il lit partie du bureau de la Société dès le début et en fut le trésorier de 1852 à 1867. L'année suivante, il se retira des affaires et aida son fils Daniel dans la rédaction de ses ouvrages. Malheureusement celui-ci mourut prématurément. D.-B. Hanbury, le père, termina sa carrière le 12 février 1882.
Hanbury (Daniel). Fils du précédent, mort à Londres, le 24 mars 1875, âgé seulement de quarante- neuf ans. Ce fut une grande perte pour la pharmacologie. « La richesse de son droguier, l'étendue de ses connaissances, l'autorité de ses avis et, par-dessus tout, son inépuisable complaisance, lui avaient fait une place à part. Ses rapports avec la France étaient particulièrement intimes ; établis d'abord par de fréquents échanges entre sa collection et celle de Guibourt, ils avaient été rendus plus étroits encore par son titre de membre correspondant de la Société de pharmacie de Paris et par l'attention qu'avait eue récemment l'Académie de médecine de se l'attacher comme correspondant étranger. » (Planchon),
Hanbury avait été dirigé dans ses études par son père et par Pereira. Grâce à
HANGHt (anatomie). 171
une rare persévérance et à des relations avec le monde entier, il a pu établir l'origine exacte d'une foule de drogues. Il a inséré un grand nombre de notes el d'articles dans le Pharmaceutical Journal. Nous connaissons encore de lui :
I. Beitruge zur Materia mcdica Chinas... ûbers. von T.-W. C. Marlius. Speyer, 1863, in-8°. — II. On the Manufacture of Balsam of P^ru. London, 1805, in-S». —111. Avec F.-A.Fliickijjer : Pharmacographia. AUislory ofthc Principal Dnigs of Vegclable Origin, etc. London, . 1874, in-S". Trad. en franc, par J.-L. de Lanessan. Paris, 1878, 2 vol. in-8°. L. Hn.
nAXCDE. Laliu coxa, coxendix ; grec l<T/io-j; allemand, Hiifte; anglais Hip; italien et espagnol anca. Sous le nom de hanche les auteurs entendent f^énéralement désigner cette partie du membre inférieur qui le rattache au tronc et renferme sa première articulation ; la hanche est au membre inférieur ce que l'épaule est au membre supérieur. Prise en masse, la hanche est comprise de la même façon par tout le monde, mais, lorsqu'il s'agit d'entrer dans l'étude des détails de la région, les opinions sont différentes. Malgaigne divise les parties molles de la hanche en deux régions : la région de la fesse et celle de laine; un paragraphe spécial est consacré à l'articulation coxo-fémorale. D'autres auteurs, Richet, Tillaux, voient dans la hanche deux régions secondaires : l'une antérieure, la région de Vaine ou inguino-crurale; la seconde postérieure, ou région fessière; la troisième interne, ou région ischio-ptibieiine, puis ils passent à l'examen du squelette de la hanche et aux articulations sacro-iliaque et coxo-fémorale.
Quant à nous, le plan qui nous est imposé pour la rédaction de cet article nous semble limiter singulièrement l'étude de la partie anatomique. Les régions fessière et inguinale étant étudiées ailleurs [voy. les articles Aine et Fessière [Région]), nous pourrons passer rapidement sur la structure des parties molles qui, en avant et en arrière, recouvrent l'articulation coxo-fétnorale. Nous ne mentionnerons qu'en passant et dans ce qu'elles ont d'essentiel et d'intéressant les couches de parties molles qui recouvrent l'articulation coxo-fémorale, muscles, aponévroses, canaux, vaisseaux, nerfs, bourses séreuses, etc., renvoyant pour plus de détails à l'étude des régions déjà citées.
En pathologie, nous devrons étudier successivement : 1° les vices de conformation; 2" les maladies traumatiques; 5" les maladies inflammatoires (coxalgie exceptée); 4" les maladies nerveuses; 5* les affections ou dégénérescences organiques, etc. ; 6° la médecine opératoire.
Les lésions du col fémoral devant être décrites à l'article Cuisse, c'est à sa^ jointure coxo-fémorale seulement et à ses lésions que nous bornerons nos considérations.
§ 1. Anatomie. A. Sqcelette DE l'ârticulation coxo-fémorale. Dépouillé de toutes ses parties molles, le squelette de la hanche présente à considéier deux parties distinctes : d'une part, la cavité cotyldide, partie intégrante de l'os iliaque; d'autre part, la têle fémorale, attachée au corps du fémur par le col fémoral [voy. Ccisse).
1" de la cavité cotyloïde. On nomme ainsi une cavité assez régulièrement arrondie qui occupe les points de jonction des trois os, lesquels piimilivement forment l'os coxal, c'est-à-dire de l'iléon, du pubis et de l'ischion, et réunit les deux portions horizontale et verticale formant l'os de la hanche. Son orihce, sur un homme adulte et bien constitué, présente à peu près 5 centimètres 1/2
in HANCHE (anatomie).
de diamètre en tous sens, avec une profondeur qui, d'après Malgaigne, varie, selon l'exhaussement ou la dopiession de ses bords, de '25 à 54 millimètres, creusée à la face externe de l'os iliaque, et regardant principalement en dehors, mais aussi un peu en bas et en avant. Cependant, d'après les recherches récentes, l'axe de la cavité cotyloïde ou diamètre perpendiculaire au plan d'ouverture présente une inclinaison moyenne de 59 degrés, et l'angle ainsi formé avec l'horizon est ouvert en bas. Le plan vertical qui contient l'axe de la cavité cotyloïde fait, avec le plan vertical et transversal, qui, passant par les deux centres des articulations coxo-fémorales, divise le corps tout entier en deux moitiés postérieure et antérieure, un angle moyen de 20 degrés, ouvert en avant. Cet angle mérite une dénomination spéciale. En assimilant à un méridien le plan vertical et transversal choisi comme repère, comme origine des distances, l'angle exprimant l'une de ces distances peut être appelé angle de déclinaison. L'inclinaison moyenne de l'axe de la cavité cotyloïde est à peu près double de sa déclinaison. Leur somme est sensiblement égale à l'inclinaison moyenne du diamètre sacro-pubien du détroit supérieur du bassin, égale à 59 degrés ou 6U degrés. L'axe de l'arrière-fond, ou diamètre aboutissant à son milieu, est contenu dans le même plan vertical que l'axe de la cavité cotyloïde, €t possède par suite la même déclinaison. Son inclinaison est nulle, c'est-à-dire que l'axe de l'arrière-fond est sensiblement horizontal (Girin, thèse de Paris, 1877).
La cavité cotyloïde est éloignée de la symphyse pubienne d'environ 7 centimètres 1/2, de l'épine iliaque antéro-supérieure de 7 centimètres, de l'échanciure sciatique de 5-4 millimètres, du sommet de la tubérosité sciatique de ■5 centimètres 1/2. Toutes ces dimensions, toutes ces distances, se réduisent naturellement sur des bassins plus petits, sans parler des différences individuelles; les femmes, malgré l'ampleur générale de leur bassin, ont les cavités cotyloïdes plus petites, de même que les fémurs. Sur trois femmes de vingt à vingt-sept ans examinées par Malgaigne, le diamètre de la cavité variait de 58 à 45 millimètres, et sa profondeur de 20 à 25.
La cavité cotyloïde n'est pas régulièrement arrondie ; on peut lui distinguer deux portions, l'une qui occupe son fond et l'autre son pourtour.
Le fond de la cavité présente une surface rugueuse, irrégulière, percée de trous vasculaires nombreux, et remplie à l'état frais par un paquet graisseux qui se continue avec le tissu cellulaire extérieur au moyen de l'écliancrure qui livre passage au ligament rond. Situé sur un plan plus élevé que le pourtour, il est fermé par une lamelle osseuse transparente, et si mince même que chez quelques sujets elle fléchit sous le doigt; il lépond à cette portion de la paroi interne du bassin intermédiaire au trou obturateur et aux échancrures sciatiques.
L'autre portion règne tout autour du cotyle, et n'est interrompue qu'au ■niveau de l'échancrure déjà signalée, oiî elle se termine par deux bourrelets caillants. Elle est lisse et revêtue de cartilage, sans trace de trous vasculaires, ■séparée de la première par un bord sinueux, irrégulier, plus saillant aux deux extrémités de la demi-lune qu'il ne représente qu'à son centre, et repose sur une masse osseuse épaisse et compacte, désignée sous le nom de sourcil cotyloïdien. Ce sourcil constitue réellement la partie la plus résistante de l'os coxal. C'est lui qui détermine la profondeur de la cavité, variable suivant l'inégalité de ses bords. Un simple coup d'œil jeté sur sou contour fait voir que celui-ci s'élève dans trois points bien distincts, et laisse entre ces points trois
llA>"CnE (anato.mie). 175
échancrures non moins marquées, sur lesquelles Mulgaigne insiste beaucoup. La première saillie est supérieure et répond à 18 millimètres en dehors et en arrière de l'éDine iliaque antérieure et inférieure. La seconde, inférieure, est située à peu près directement au-dessus du sommet de la tubcrosité, et presque diamétralement opposée à la première. La troisième enfin est antérieure et formée par Téminence iléo-pectinée. A l'exception de celle-ci qui appartient en commun à l'iléum et au pubis, les deux autres appartiennent spécialement, la supérieure à l'iléum, l'inférieure à l'ischion, de telle sorte que les échancrures qu'elles séparent marquent à peu près les points où les trois os primitifs se sont réunis pour constituer définitivement riliaipie. En conséquence, on peut donner à Féchancrure postérieure le nom iV ilio-ischialique ; l'antérieure et supérieure s'appellera ilio-pubienne, et l'intérieure et inférieure ischiopubienne.
A l'état sec, la cavité cotyloïde a une profondeur moyenne d'environ 29 à 55 millimètres, mesurée à son centre, c'est-à-dire au point d'intersection de deux diamètres, dont l'un, ilio-sciatique de Malgaigne, irait de la saillie supérieure à l'inférieure, et l'autre du centre de l'échancrure ilio-pectinée à l'échancrure postérieure.
Le rebord osseux de la cavité est soutenu en haut, en arrière et en bas, oiî il se confond avec la gouttière de l'obturateur interne. Ce sont, en effet, les parties supérieures et un peu postérieures de ce rebord qui, dans la station, la progression, supportent tout le poids du corps.
A l'état frais, la capacité de la cavité cotyloïde est diminuée d'abord par le cartilage articulaire qui en tapisse les parois, à l'exception du fond et de l'échancrure ischio-pubienne, puis par un paquet adipeux qui occupe le fond de cette cavité, et par le ligament rond couché sur celte graisse. Mais elle est beaucoup plus accrue par le bounelet cotyloïdien, espèce d'anneau fibro-carlilagineux qui s'attache au contour de la cavité par une large base de 6 à 7 millinièlres, et se termine au dehors par un bord libre et tranchant, un peu incliné en dedans. Cet anneau est plus large et aussi plus élevé au niveau des deux échancrures postérieure et ilio-pubiennc: d'autre part, il passe par-dessus l'échancrure ischio-pubienne, de manière à la convertir en véritable trou, et au total à régulariser le rebord cotyloïdien, en lui donnant partout une liauteur égale.
Ce bourrelet cotyloïdien, outre qu'il est destiné à augmenter la profondeur de la portion osseuse articulaire, doit surtout s'appliquer sur la circonférence de la tête fémorale, de manière à assurer l'exactitude du vide dans l'articulation.
Sous ce dernier rapport, fait remarquer M. Ricliet, il représente parfaitement ces bandelettes de caoutchouc qu'on place sur les bords des appareils inflexibles dans lesquels on veut faire le vide, des vento\ises Junod, par exemple. Il ne saurait offrir une grande résistance aux pressions que peut exercer sur lui la tête du fémur, lorsqu'elle est sollicitée par une violence quelconque à sortir de l'articulation. Au niveau de l'échancrure ischio-pubienne, les fibres du bourrelet s'entre-croisent en se portant d'une éminence à l'autre, et constituant un solide ligament au-dessous duquel s'engagent les vaisseaux et nerfs articulaires.
La cavité cotyloïde présente donc deux parties bien distinctes : une inférieure, encroûtée de cartilage, dans laquelle se meut la tête du fémur, et à laquelle le nom d'articulaire conviendrait plus spécialement; une supérieure, siiuée au fond de la cavité, mais occupant un plan plus élevé, isolée de la
17i HANCHE (anatomie).
■première par de la graisse et qu'on pourrait pour cette raison nommer extraarliculaire (Malgaigne).
2" De la tête et du col du fémur. Voy. Fémur.
B. Moyens d'union de F articulation coxo- fémorale. Les moyens d'union du fémur et de la cavité cotyloïde sont : un ligament interarticulaire, ligament rond, et une capsule fibreuse péripliériquc tapissée par une synoviale ; des vaisseaux et nerfs se distribuant à l'articulation et des muscles nombreux destinés à la mouvoir; nous examinerons successivement les uns et les autres.
Le ligament rond est situé dans l'intérieur de l'articulation entre la tète du fémur et le fond de la cavilc cotyloïde. La disposition de ce ligament est singulière, et une certaine obscurité règne encore sur le rôle qu'il est destiné à remplir. Il s'attacbe d'une part à la dépression qui existe un peu au-dessous du centre de la tête du fémur; d'autre part, au pourtour de l'échancrure inférieure du rebord cotyloïdien, et à la bandelette qui convertit en trou cette écliancrure. Il ne s'étend pas directement par le cliemin le plus court aux deux surfaces osseuses contiguës, comme le font les ligaments interosscux : aussi cotte dernière expression ne lui convient-elle nullement, ainsi que le fait remarquer Tillaiix. Le ligament rond, situé dans un plan vertical, est oblique de haut en bas et de dedans en dehors, c'est-à-dire que son insertion au fémur est plus rapprochée du fond de la cavité que son insertion à l'os iliaque. Il en résulte qu'il est en quelque sorte enroulé sur le segment inférieur de la tète du fémur. Ce ligament ne sert donc pas assurément à consolider l'union des surfaces articulaires (Tillaux). Il renferme dans son épaisseur un faisceau vasculo-nerveux assez développé pour s'opposer à la nécrose de la tête fémorale lorsqu'elle est complètement séparée du col. Aussi a-t-onémis diverses opinions au sujet du rôle que joue ce ligament.
Gerdy lui attribuait une certaine action sur la production des luxations. 11 serait destiné à limiter le mouvement d'adduction de la cuisse, mouvement tout naturellement limité par le rapprochement des deux membres inférieurs l'un de l'autre et par la masse des muscles adducteurs : mais, lorsque radduction s'exagère, pensait Gerdy, le ligament se tend, s'applique plus fortement sur la têle fémorule et la repousse en dehors comme ferait une corde tendue d'un bord à l'autre de la cavité cotyloïde.
D'après Sappey, n le ligament rond a pour usage principal de protéger les vaisseaux qui se portent à la tête du fémur » ; cette opinion est assez générale-, ment acceptée en raison de l'importance du faisceau vasculo-nerveux qu'il contient. Mais est-ce là son principal usage?
Tillaux pense qu'il est un ligament d'arrêt, qu'il s'oppose à ce que la tête vienne presser par son sommet sur le fond de la cavité cotyloïde. On comprend dès lors la singulière direction de ce ligament et son interposition entre les surfaces articulaires.
A côté de ces opinions classiques en France, il convient encore de citer celle d'un auteur allemand, Welcker {Zeitschrift fur Anatomie, etc., 1" année, p. 41), pour qui le ligament rond ne servirait ni de frein ni de support aux vaisseaux de la tête du fémur. Son rôle serait d'étendre la synovie sur les surfaces articulaires par le frottement qu'il exerce contre ces dernières, grâce à son mode d'insertion qui lui fait suivre la tête fémorale dans ses mouvements, et contracter des changements de rapport au moyen desquels il balaie l'intérieur de l'articulation. De même, le passage du tendon du biceps dans l'articulation
HANCUE (anatomie). 175
scapulo-humérale aurait pour but d'assurer la répartitiou de la synovie par la compression éventuelle du cul-de-sac de la synoviale avec lequel ce tendon se trouve en rapport.
Savory enfin {Jouni. of Anat. and PlujsioL, XIV, 291) admet que le ligament rond est tendu dans la station debout et qu'il a pour but de soulager le point culminant de la tête du fémur de la pression constante et considérable qu'il subit dans la station debout. S'il en est ainsi, une partie du poids du corps est suspendue aux fémurs par les deux ligaments ronds.
A Welcker on peut répondre que les seuls mouvements de la tète dans sa cavité pourraient suffire à ctt usage qu'il assigne au ligament rond ; que d'ailleurs bien d'autres jointures sont dépourvues de ligament de cette sorte et que leurs surfaces n'en sont pas moins lubrifiées d'une façon constante et suffisante pour les mouvements à remplir.
Enfin, si, comme le pense Savory, le ligament rond était surtout tendu dans la station debout, on pourrait lui attribuer un certain rôle dans la suspension du bassin sur les fémurs, mais c'est l'adduction forcée seule qui produit la tension extrême du ligament; de plus, la tète fémorale ne touche pas la cavité cotyloïde par un point seulement, mais par une surface assez vaste qui comprend la moitié de la surface de la splière renfeimée dans la cavité cotyloïde; on sait en effet, et nous reviendrons sur ce point, que les deux sphères sont de même rayon, qu'elles se touchent conséquemment par tous leurs points; qu'ainsi on peut admettre sans démonstration que. dans la station debout, c'est l'hémisphère supérieur du col qui supporte la partie correspondante de la cavité cotyloïde. Le ligament rond n'a donc plus qu'un faible rôle à remplir pour la suspension du bassin sur la tète fémorale.
Jusqu'à nouvel ordre donc les explications de Sappey et 'filiaux sont encore celles qui rendent le mieux compte du rôle apparent du ligament rond.
La capsule coxo-fémorale est la plus forte de toutes celles du corps humain. Elle s'attache, d'une part, à tout le contour de la cavité cotyloïde, en prolongeant ses fibres sur les rugosités osseuses environnantes, et se confondant au niveau de l'échancrure ischio-pubienne avec le bourrelet cotyloïdien; d'autre part, elle est étroitement fixée autour du col du fémur. Elle présente donc une forme conique comme celle de l'articulation scapulo-humérale, mais, tandis que celle-ci s'attache à la tète humérale par sa base, en sorte qu'une déchirure en ce point ouvrirait à l'os une issue suffisante, l'autre ctreint le col du fémur par sou sommet et pourrait en être entièrement arrachée sans permettre à la tête fémorale de sortir. Aussi, dans les luxations, la déchirure est-elle généralement du côté de la cavité cotvloïde, ou, si elle avoisine le col, elle est agrandie par une deuxième déchirure dans un autre sens (Malgaigne). Cette disposition, dit Malgaigne, doit être également présente à l'esprit du chirurgien dans la désarticulation coxo-fémorale, et Lisfranc a justement noté que la tête du fémur resterait comme étranglée dans sa capsule, si celle-ci n'était coupée en travers assez près du rebord cotyloidien. Mais Richet fait remarquer que ce n'est pas la capsule seule qui retient alors la tête fémorale dans sa cavité, mais bien la pression atmosphérique, si bien que, quand on veut arracher la tète du fémur, il faut d'abord donner accès à l'air, ce qui a lieu dès que l'on a soulevé ou entamé le bourrelet fibreux cotyloidien qui fait l'office de soupape.
La capsule ne se prolonge point également de tous les côtés sur le col fémoral. En haut, elle s'étend à peu près jusqu'au grand trochanter, mais c'est là aussi
iTti Hanche (anatomie).
que le col est le moins long; en arrière, eiie s'arrête vers le milieu du col. En avant, au contraire, elle recouvre le col tout entier, ou va s'insérer à la ligne oblique qui le sépare du grand troelianler ; en bas, elle descend jusqu'à l'union du tiers moyen du col avec son tiers inférieur, et nous avons vu que le Lord inférieur du col est de moitié plus étendu que le supérieur. Au total, de quelque côlé qu'on l'examine, elle est toujours trop courte pour permettre à la tête fémorale de se luxer complètement, fùt-elle divisée aux deux tiers et aux trois quarts, quand la tète sort directement par la décbirnre : mais alors même il y a des degrés dans le déplacement et, comme la capsule est plus courte en haut et en arrière, c'est aussi eu avant et en dedans que la tête peut le moins s'écarter de sa cavité; au contraire, la capsule étant plus longue en bas et en avant, c'est en haut et eu arrière que la tète s'éloigne le plus, et c'est aussi de ce côté que se font le plus souvent les luxations coinplètes (Malgaigne).
La capsule est d'une épaisseur médiocre en arrière et en avant, bien que dans ce dernier sens elle soit fortilîée par quelques libres détachées du haut du trou sous-pubien. Elle est plus faible aussi, en général, vers ses attaches au col du fémur, où elle est percée, surtout au devant, d'un grand nombre d'ouvertures livrant passage à des vaisseaux. Mais c'est en haut et en avant qu'elle offre le plus de résistance; il y a un faisceau fibreux qui s'clend de l'épine iliaque antérieure et inférieure au grand trochanter, Uyamenl de Berlin, qui, selon les frères Wcber, serait le plus épais des ligaments du corps humain; ils lui ont trouvé chez un homme une épaisseur de 8 millimètres. Ils distinguent aussi dans la capsule un ligament annulaire qui, né au-dessous de l'épine iliaque antéro-inférieurc, ne s'insère pas au fémur, mais tourne autour de la tète de cet os comme un anneau et revient à son origine (Malgaigne). M. Paulet décrit encore un autre faisceau moins fort, mentionné par Isnard (de Metz), formant à la partie supérieure de la capsule une espèce de corde peu saillante, tendue entre le grand trochanter et la partie supérieure du sourcil cotyloïdien.
Je dois ajouter que Welcker [loc. cit.) à son tour décrit à la capsule coxofémorale quatre faisceaux de renforcements, modifiant en partie la description donnée par les frères Weber : 1° un ligament ilio-fémoral supérieur qui se rend de l'épine iliaque antcro-inféricure en dehors et en arrière, à la base du grand trochanter; 2" un ligament ilio-fémoral antérieur, même direction que le précédent, mais plus interne; le premier limite l'extension, le second modère l'extension, la rotation en dehors et l'adduction. Outre que ces faisceaux ont chacun un rôle différent, ils se trouvent encore séparés par un intervalle oii les libres capsulaircs ont moins d'épaisseur ; 5"^ le ligament pubio-fénioral s'étend du pectine à un point situé à un pouce au-dessus du petit trochanter, il limite l'abduction; 4" le ligament ischio-fémoral est étendu à la partie postérieure du bassin, d'un point situé entre le bord de la cavité cotyloïde et la base de la branche descendante de l'ischion à la partie supérieure de la cavité digitale; il borne la rotation de la cuisse en dedans. Welcker décrit encore une zone orbiculaire, anneau fibreux fermé, nulle part attaché à l'os, entourant la partie moyenne du col, et se trouvant presque au contact de la synoviale. Le rôle de cet anneau serait de resserrer et d'appliquer contre le col du fémur les fibres longitudinales pour régulariser le mouvement de rotation du col autour de son axe longitudinal et s'associer au mouvement de spirale par lequel s'enroulent autour du col les ligaments cités plus haut.
HANCHE (asatomie). 177
Enfin le professeur H.-J. Bigelow (de Boston) a donné une description d'un ligament de l'articulation coxo-temoralc, liyament dont nous aurons à apprécier l'importance plus loin [voy. Ldxatioiss) : c'est le ligament ilio-fémoral. M. Bigelow, en raison de la forme bifurquée du ligament ilio-fémoral, a proposé la dénomination de ligament en Y renvei'sé {voij. aussi Ilamilton, Traité des fract. et des luxât., trad. Poinsot, p. 1012).
La synoviale articulaire, à partir du cartilage de la tête fémorale, descend sur le col dont elle tapisse le périoste, de là se replie sur la capsule, puis sur les deux faces du bourrelet cotyloïdien, enveloppe le ligament rond, et enfin descend au fond de la cavité cotyloïde où elle recouvre le petit paquet adipeux qui, avec le ligament rond, complète la fossette cotyloïdienne. A peine est-il besoin de dire que sur les cartilages tlle n'existe pas comme membrane, et se trouve réduite à l'état de surface séreuse. Mais il y a quelques points sur lesquels, avec Malgaigne, nous devons attirer plus spécialement l'attention.
D'abord, la synoviale ne saurait se prolonger sur le col qu'autant que la capsule fibreuse s'y prolonge elle-même, et, en conséquence, elle est plus longue en bas qu'en haut, et en avant qu'en arrière. Mais elle ne se prolonge même pas jusqu'aux insertions de la capsule, surtout en avant et en bas, de telle sorte qu'il y a dans ce sens une portion du col revêtue dans un espace de "1 centimètres par la capsule fibreuse qui y adhère, tout en demeurant au dehors de la synoviale. Et, fait observer Malgaigne, comme la capsule ellemême, en arrière et en bas, n'arrive pas jusqu'à la base du col, il y a donc trois sortes de fractures : celles de la base, en dehors à la fois de la capsule et de la synoviale; celles qui sont le plus rapprochées de la lête et qui sont à l'intérieur de la synoviale, et à proprement parler intra-articulaires, tandis qu'en arrière, en avant et en bas, elles seront extra-articulaires. Enfin ces fractures mixtes offrent elles-mêmes deux variétés : ou bien, dans leur portion extra-articulaire, elles se trouveront en dehors de la capsule fibreuse, notamment en arrière et en bas; ou bien elles seront en dedans des limites de la capsule, et c'est à peine si elles pourraient les dépasser à la face antérieure du col. D'oii il suit que les dénominations de fractures intra et extra-capsulaires, introduites par A. Cooper, sont véritablement inexactes, et ainsi que Brun l'a déjà remarqué, mieux vaudraient celles A' intra et extra-articulaires ; mais jusqu'à présent l'usage l'a emporté.
Une particularité importante encore à signaler, c'est que chez certains sujets la synoviale communique avec la bourse séreuse du psoas située en avant, et cela par une ouverture placée au côté externe du ligament de Bertin.
Les muscles qui entourent l'articulation et s'insèrent aux érainences osseuses les plus voisines sont nombreux et puissants. Ces muscles ont été décrits isolément: nous nous bornerons donc à résumer leur situation et leur section.
A ce pomt de vue on peut dire que, suivant leur situation et leur direction par rapport à Tarticulation coxo-fémorale, on trouve successivement :
1" En avant, le psoas et l'iliaque, tous deux fléchisseurs et rotateurs en dehors; 2" en dedans, le pectine et l'obturateur externe, tous deux adducteurs et rotateurs en dehors; le pectine est aussi fléchisseur; 5° en arrière et en bas. le carré, les jumeaux, le pyramidal et l'obturateur interne, tous adducteurs et rotateurs en dehors; 4° en haut et en arrière, les trois muscles fessiers, dont le premier est à la fois rotateur en dehors, abducteur et extenseur; les deux autres sont abducteurs et pour la rotation leurs fibres se balancent. Pour la
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flexion et l'extension, nous avons encore le droit antérieur, le triceps et les trois muscles postérieurs; pour l'adduction, les trois adducteui's et le droit interne. Les trois pi'emiers servent aussi plus ou moins à la rotation en dehors; enfin, pour la rotation en dedans, le muscle du fascia lata (Malgaigne).
Les vaisseaux et nerfs de l'articulation coxo-fémorale sont tous fournis par les artères circonflexes interne et externe et l'obturatrice; le rameau articulaire de la circonflexe interne s'introduit dans la cavité par l'échancrure ischiopubicnne et se distribue au paquet adipeux articulaire, à la synoviale et à la tète du fémur, par l'intermédiaire du ligament rond. Les vaisseaux qui alimentent la capsule, après avoir traversé ses fibres d'implantation, pénètrent dans le col fémoral, disposition importante pour la nutrition de l'extrémité supérieure du fémur et dont il est facile de démontrer l'existence. Lorsqu'on injecte, dit Richet, les artères du membre inférieur avec des substances pénétrantes, comme le vernis ou l'essence de térébenthine, on voit, dans les cas heureux, la surface du grand trochanter et celle du col jusqu'au niveau de l'insertion du cartilage couvertes d'un réseau artériel fin et délié. Dans l'articulation coxo-fémorale pénètrent par l'échancrure ischio-pubienne des artérioles qui se portent les unes, par l'intermédiaire du ligament rond, dans la tète du fémur, et les autres dans le tissu cellulo-graissoux delà dépression cotyloïdienne. Tous ces vaisseaux sont fournis par la circonflexe interne, branche de la fémorale profonde, et par l'obturatrice; quelquefois la circonflexe externe envoie quelques rameaux périostiques sur le grand trochanter. Si l'on fend alors le fémur par le milieu, y compris le grand trochanter, le col et la tète, on peut voir que tous ces vaisseaux, ceux qui pénètrent par le col et le grand trochanter, et ceux qui arrivent par le ligament rond, forment en s'anastomosant dans l'intérieur du tissu osseux un réseau très-riche auquel viennent également aboutir les ramuscules de l'artère nourricière du fémur. Sous le rapport de la richesse vasculaire, la tête du fémur ne le cède donc en rien aux autres parties du tissu osseux, ce que px'ouvent d'ailleurs sans réplique les phénomènes inflammatoires dont elle est si souvent le siège.
Il nous reste à passer rapidement en revue les divers plans de parties molles qui recouvrent l'articulation de tous côtés, non dans l'intention d'étudier en détails les organes qui y siègent, ni les plans anatomiques contenus dans ces régions {voy. les articles Aine et Fessière [Réyion]), mais ce rapide examen nous permettra de voir comment l'article est protégé, et par quels côtés il est le plus facilement accessible au chirurgien, sans lésions des parties molles importantes.
Je néglige à dessein la face interne, peu importante ; de ce côté l'articulation coxo-fémorale est surtout protégée par le rapprochement des deux cuisses et par les puissantes masses musculaires des adducteurs, s'insérant sur les plans osseux sous-jacents, l'ischion et la branche ascendante, le pubis et sa branche descendante; l'obturateur externe et le pectine en partie touchent immédiatement la capsule de ce côté.
En avant, au contraire, se trouve la région de l'aine, importante par les organes qui la traversent, et par ses connexions intimes avec la capsule articulaire, très-superficielle à ce niveau {voy. article Al\e). Les couches successives limitées surtout au triangle de Scarpa sont : la peau, la couche graisseuse sous-cutanée, avec les vaisseaux surtout veineux et les nerfs qui y rampent; de nombreux canaux et ganglions lymphatiques superficiels sont répandus sur ce
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point, en connexion avec d'autres ganglions plus profonds, à travers les interstices de la couche suivante, lefascia cribriformis. Celte aponévrose, qui, à la partie interne du triangle inguino-crural, livre passage à la veine saphcne interne, une fois soulevée, permet de tomber immédiatement dans le canal crural. Ce canal, de forme triangulaire, limité de chaque côté par les aponévroses des muscles psoas et pectine, renferme l'artère crurale en dehors et la veine du même nom en dedans; les muscles psoas et pectine écartés en haut, au niveau de l'arcade crurale, se rejoignent en bas pour constituer le sommet du triangle de Scarpa ; le nerf crural est en dehors du canal, renfermé dans la gaine du psoas, entre ce muscle et son aponévrose. Au-dessous du psoas, et immédiatement en contact avec la capsule coxo-fémorale, est une bourse séreuse assez constante dont nous avons déjà fait mention, et qui communique souvent avec la capsule de l'articulation. L'angle postérieur du canal crural, formé comme nous l'avons dit par la réimion des aponévroses du psoas et du pectine, s'insère directement sur la capsule coxo-fémorale, de sorte que, lorsque le canal crural est débarrassé de ses organes vasculaires, la première couche anatomique qui le recouvre dans le fond du canal, c'est la capsule de l'articulation. Ajoutons toutefois que, dans la station debout, la crête pectinéale et la partie supérieure du rebord cotyloïdien protègent assez efficacement l'articulation à sa face antérieure.
A la. partie postérieure {voy. Fessière [Région]), on rencontre successivement la peau, le tissu cellulaire graisseux sous-cutané très-épais, l'aponévrose du grand fessier et les fibres de ce muscle; celui-ci enlevé, on trouve successivement en haut le moyeu et le petit fessier, le pyramidal; à la partie moyenne, en regard du col et de l'articulation, l'obturateur interne et les jumeaux, et en bas le carré crural ; ajoutez à cela la terminaison des artères circonflexes qui viennent s'épuiser sur le grand trochanler après avoir émergé entre le tendon commun à l'obturateur interne et aux jumeaux et le cari'é crural; nous n'avons à nous occuper ni des artères fessière et ischiatique ni du nerf sciatique. De ce côté donc, si, d'une part, les organes sont moins importants que dans l'aine, d'autre part, l'épaisseur des diverses couches musculaires ne permettrait que très-difficilement d'aborder la jointure.
A \di partie externe, il n'en est plus de même; immédiatement sous la peau est le grand trochanter recouvert de sa bourse séreuse, située entre l'os et la terminaison antérieure de l'aponévrose du grand fessier qui s'y insère. Directement sous la peau est une première bourse séreuse, superficielle, destinée à faciliter le glissement des téguments superficiels sur la saillie osseuse. Puis, sous le tendon du muscle grand fessier, existe une vaste bourse séreuse, destinée à favoriser le glissement de ce muscle sur le grand trochanter. Cette bourse séreuse peut, dans certains cas, être le siège de lésions dont les symptômes peuvent faire croire à l'existence d'une coxalgie. Ovale et allongée, elle repose sur la partie postérieure du grand trochanter. Son extrémité supérieure atteint la partie médiane du tendon du moyen fessier. Son extrémité inférieure s'arrête à 2 centimètres environ de l'insertion du grand fessier. Insufflée, elle prend une forme ovoïde; elle est en quelque sorte cloisonnée, subdivisée par une fausse membrane en deux cavités, la supérieure répondant à la partie postérieure tlu grand trochanter, Tinférieure reposant sur l'extrémité supérieure du vaste interne. Par ses faces, elle adhère d'une part au tendon du grand fessier et de l'autre intimement au périoste ; ses bords sont faiblement unis au tissu cellulaire voisin. Il résulte de cette disposition que les tumeurs dont cette bourse séreuse
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peut être le siège apparaissent en arrière du grand trochanter, entre celte apophyse et la tubérosité de l'ischion ; elles siégeront sur le trajet du grand nerf ischialique : aussi constate-t-on souvent, comme nous le verrons plus tard, une douleur le long du nerf au point de faire croire à l'existence d'une névralgie sciaticpje.
En avant du grand trochanter et dans le même plan que l'apone'vrose du grand fessier, on rencontre l'aponévrose forte et résistante du fascia lata. Au-dessus de ce premier plan musculo-aponévroticjue existe une couche de tissu cellulaire, puis une seconde couche musculaire formée par le bord antérieur du muscle moyen fessier; enfin, tout à fait sur la capsule, on voit la partie supérieure du muscle grand droit antérieur de la cuisse. C'est donc par celte région, un peu en arrière et au-dessus du grand trochanter, que l'articulation coxo-fémorale est le plus abordable, sans risquer de léser un organe dangereux, vaisseau ou nerf.
Indépendamment des bourses synoviales que nous avons signalées (bourse du psoas, bourses du grand trochanter), et dont l'existence est constante, on en rencontre souvent d'autres moins importantes, il est vrai, mais qu'il faut cependant connaître. Tous les muscles de la région pelvi-trochantérienne peuvent en présenter; il y en a presque toujours un entre le tendon du grand fessier et le grand trochanter, un autre au-dessous du petit fessier, souvent un au-dessous du carré crural et de l'obturateur interne.
Si la région pelvi-lrochanlérienne est complètement cachée en avant par h région de l'aine, en arrière par la région fessière, il ne faut cependant pas oublier que la séparation entre ces différentes régions n'est qu'artificielle : aussi est-il à peu près de règle de voir les lésions qui se développent dans la partie centrale ou région pelvi-trochantorienne compromettre l'intégrifé des régions voisines et réciproquement ; la confusion sur l'origine première de la lésion est alors facile. C'est, du reste, ce que démontreront bien plus aisément les considérations pathologiques que nous aurons à aborder dans la suite de cet article.
§ II. Physiologie. Les mouvements d'une jointure peuvent être provoqués de deux façons : soit passivement (pesanteur ou force extérieure), soit activement (action volontaire par l'intermédiaire des muscles). Si ces mouvements actifs sont seuls intéressants à étudier au point de vue du fonctionnement de l'articulation, il n'est cependant pas tout à fait inutile de prêter quelque attention à ceux de la première catégorie, car ils peuvent souvent par leur direction, leur étendue, leurs limites, etc., constatées sur le cadavre, nous donner la clef de ce qui se passe sur le vivant, et nous permettre d'analyser plus minutieusement ce qu'un examen superficiel ne révèle pas suffisamment. Si cela est vrai d'une façon générale, il faut avouer cependant que ces généralités sont surtout applicables à l'articulation coxo-fémorale. Le membre inférieur sert principalement à la marche et à la station debout : le membre est donc le plus souvent dans l'extension ou dans la semi-flexion ; la flexion extrême, comme aussi ladduction ou l'abduction exagérées, ne sont que l'exception; les positions intermédiaires au contraire se reproduisent la plupart du temps; enfin l'articulation coxofémorale est profondément située. Tout se réunit donc pour compliquer l'étude des mouvements déjà si complexes de la jointure. La structure spéciale ellemême de l'articulation vient encore s'ajouter à toutes ces causes, pour rendre sinon obscure, au moins difficile, l'étude des mouvements physiologiques et la
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véritication des lois qui président au fonctionnement de l'articulation coxofémorale.
Tout d'abord, nous étudierons les particularités de structure qui favorisent ,i production des mouvements; nous verrons comment sur le cadavre se comportent, l'un par rapport h l'autre, les surfaces articulaires, comment sur le vivant, dans les diverses attitudes et les différentes fonctions du membre (station debout, marche, etc.). Ces surfaces et leurs parties accessoiies remplissent le rôle qui leur est assigné; enfin, après avoir passé en revue et discuté certaines théories au sujet du mécanisme de la hanche, nous étudierons en dernier lieu les positions que peut affecter le fémur sous l'influence des conditions établies expérimentalement; comme corollaire de ce dernier chapitre, nous devrions déduire et discuter les déformations pathologiques qu'impriment à la hanche les diverses maladies qui peuvent l'affecter; nous nous contenterons de renvoyer à l'excellent article Coxalgie où toutes ces questions se trouvent indiquées et •discutées.
A. Mécanisyne de la hanche h l'état passif. L'anatomie des surfaces <irticulaires nous a montré que la tète fémorale était construite de façon à rouler dans la cavité cotyloïde; la laxité des ligaments et de la synoviale de revêtement nous permettent de prévoir que cette jointure est douée d'un grand nombre de mouvements très-étendus, pouvant se produire suivant une infinité d'axes que l'on réduit pour l'étude à trois pi'incipaux: vertical, antéro-postéi'ieur et transversal.
C'est donc une articulation rentrant dans la classe des diarlhroses et dans le genre des sphères, qui comprennent dans leurs subdivisions les enarlhroses.
Cet énoncé général indique par lui-même les principaux caractères des enarthroses, ceux de la hanclie en particulier : tête roidant dans une cavité et douée d'une infinité de mouvements.
On sait que le segment de sphère pleine représenté par la tète du fémur a plus d'étendue que la cavité cotyloïde osseuse, dont les diamètres ont moins d'une demi-circonférence, mais il faut ajouter que par l'addition du bourrelet cotyloïdien la cavité articulaire constitue plus d'une demi-sphère : on a ainsi une disposition analogue à ce que l'on appelle la noix en mécanique, mais qui en diffère cependant en ce que le bourrelet cotyloïdien n'est pas inflexible, mais élastique. Cette élasticité, impuissante à elle seule, comme nous le verrons, à maintenir la tête fémorale dans la cavité cotyloïde, a cependant un autre but: en effet, l'étendue des mouvements du fémur est augmentée par ce fait que la tête appartient à un plus grand segment de sphère que la cavité et présente une surface articulaire plus étendue : il y a donc une certaine excursion de mouvement possible avant que le col vienne effleurer le bourrelet cotyloïdien : or c'est précisément à ce moment d'affleurement du col et de la crête cotyloïdienne •que la brusquerie possible du choc est atténuée par l'élasticité du bourrelet de revêtement cotyloïdien.
Ceci dit, voyons quels sont les principaux mouvements sur le vivant.
Une observation attentive permet de ramener à trois principaux les axes suivant lesquels le fémur se meut sur le bassin. La direction des principaux mouvements exécutés est perpendiculaire à chacun de ces axes, de telle sorte que chacun d'eux engendrera les mouvements suivants : axe transversal, mouvements de flexion et d'extension; axe vertical, rotation en dehors et en dedans; axe antéro-postérieiir, adduction et abduction. Ajoutons encore le
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mouvement de circumdnction, qui est tout simplement produit par la combinaison des différents mouvements précédents.
a. Axe transversal, flexion et extension. L'axe de chaque côté, prolongé du côté opposé, passe par le centre des tètes des deux fémurs, et chaque tête fémorale roule dans sa cavité sur un axe fictif qui serait celui du col du fémur. L'excursion de ces deux mouvements est de 155 degrés, c'est-à-dire d'un angle droit et demi. Les muscles nombreux qui concourent à produire la flexion sont : le psoas iliaque, le fascia lata, le droit antérieur, le pectine, le couturier et les faisceaux antérieurs du moyen fessier (Beaunis et Bouchard) ; ce mouvement de flexion est limité par la rencontre des faces antérieures de la cuisse ef de l'abdomen. Le mouvement d'extension se fait en sens inverse du précédent; les agents actifs de ce mouvement sont : le grand fessier et les faisceaux postérieurs du moyen fessier; l'intervention du petit fessier et des autres faisceaux du moyen porterait la cuisse dans l'abduction et la rotation en dehors. Ce mouvement d'extension est limité par la tension du ligament antérieur de la capsule articulaire ainsi que par le psoas iliaque. Dans l'extension complète, tous les autres mouvements, sauf la flexion, sont impossibles, ce qui assure la stabilité du tronc dans la station.
b. Axe vertical, rotation en dehors et en dedans. L'axe de rotation, passant par la tête fémorale, est dirigé suivant la longueur de la cuisse, mais non parallèlement à celle-ci, contrairement à l'assertion de A.-D. Valette [Noiiv. Dict. de méd. et de chir. prat., art. Hanche). Aussi les mouvements de rotation en dehors et en dedans, dont l'excursion totale équivaut environ à un angle droit, s'exécutent-ils par un mécanisme particulier; dans la rotation en dehors, la portion coudée du féranr, c'est-à-dire le col, se porte horizontalement en arrière, il se porte en avant dans la rotation en dedans. Grâce à cette disposition, le fémur exécute des mouvements de rotation non pas sur lui-même, mais autour d'un axe fictif qui serait placé parallèlement en dedans de lui (Valette). Faisons seulement remarquer que la diaphyse fémorale se dirige obliquement en dedans et va à la rencontre de l'axe de rotation, par conséquent ne lui est plus parallèle, comme le voudrait Valette; de cette façon il est aisé de comprendre que la rotation totale autour de l'axe vertical, du plan passant par cet axe et le fémur, engendrera un cône dont la base serait au col fémoral et le sommet au point de rencontre de ce même axe vertical avec le fémur; si, au contraire, l'observation de Valette était exacte, le solide engendré par la rotation du plan supposé serait un cylindre.
La rotation en dehors a pour agents les muscles grand fessier, faisceaux postérieurs du moyen et du petit fessier, pyramidal, obturateur interne et jumeau^ carré crural, obturateur externe, adducteurs, psoas et iliaque ; la rotation en dedans est produite par les faisceaux extérieurs du moyen et du petit fessier.
La limite à ces mouvements est imposée par la résistance de la capsule et surtout par le ligament de Berlin.
c. Axe antéro-postérieur, addtiction et abduction. Ces mouvements se passent autour d'un axe antéro-postérieur perpendiculaire à l'axe vertical et ont une excursion de 90 degrés. Pour exécuter les mouvements de flexion et d'extension la tête fémorale roule sur place, sans la moindre tendance à abandonner la cavité, tandis que dans les mouvements d'adduction et d'abduction l'articulation est le centre des mouvements en arc de cercle qu'exécute le fémur et dont le rayon est une ligne qui, de la tête de l'os, aboutirait à l'intervalle des